Après plusieurs semaines de blocages et de manifestations, les lycéens sont de nouveau appelés à se mobiliser mardi 13 octobre. Manque de professeurs, classes surchargées, journées interminables : derrière les slogans, les témoignages racontent aussi un quotidien scolaire qui s’est sérieusement dégradé.
Le gouvernement espérait que le mouvement s’essoufflerait. Il faudra encore attendre. Mardi 13 octobre, lycéens et étudiants sont une nouvelle fois appelés à manifester partout en France. Des enseignants doivent également rejoindre le mouvement. À Paris, un rassemblement est notamment prévu place d’Italie.
Ce sera l’« acte V » d’une contestation commencée à la mi-septembre et dont l’exécutif espère désormais la décrue. Mais lorsqu’on écoute les élèves, les raisons de la colère apparaissent moins abstraites que les habituels mots d’ordre syndicaux.
« Depuis six mois, nous n’avons pas de professeur »
Devant le lycée Henri-IV à Paris, un lycéen en filière technologique a raconté à Euronews une situation assez difficile à imaginer pour une matière du baccalauréat. « Depuis six mois, nous n’avons pas de professeur, il n’y a pas de remplaçant », explique-t-il. Et le bac approche.
Le même élève évoque des journées se terminant à 17 h 45, voire 18 heures. « Pour être honnête, nos conditions de vie ne sont pas bonnes », résume-t-il.
Ailleurs, ce sont les effectifs qui reviennent dans les conversations. À Nîmes, quatre lycéens interrogés pendant une précédente journée de mobilisation racontaient être jusqu’à 36 par classe. Aux problèmes de professeurs s’ajoutent les bâtiments vétustes, les emplois du temps et Parcoursup. Le mouvement ne se limite donc plus à une revendication unique. C’est aussi ce qui le rend difficile à éteindre.
Des enseignants rejoignent les élèves
Autre évolution notable, les lycéens ne manifestent plus seuls. Des enseignants ont commencé à rejoindre les cortèges. Une professeure interrogée par Public Sénat résumait ainsi la situation : « Ce qu’ils revendiquent, on le revendique aussi en tant que profs. »
Dans plusieurs villes, les précédentes journées ont également été marquées par des tensions avec les forces de l’ordre. À Rennes, quatre lycéennes racontaient encore récemment avoir été profondément marquées par l’intervention des CRS devant leur établissement. « On ne devrait pas avoir peur de la police à 16 ans ! », expliquait l’une d’elles au Monde.
Ces épisodes ont contribué à élargir le mouvement à des parents et à des adultes qui, au départ, n’avaient pas prévu de manifester.
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Manifestation du 13 octobre : le gouvernement joue gros mardi
L’exécutif assure avoir entendu une partie des revendications et a promis un plan destiné notamment à répondre au problème des enseignants absents. Mais mardi donnera surtout une indication beaucoup plus simple : combien de jeunes seront encore prêts à bloquer leur établissement ou à descendre dans la rue après plusieurs semaines de mobilisation ?
La question dépasse désormais l’Éducation nationale. Car une autre date circule déjà massivement sur les réseaux sociaux : celle du samedi 17 octobre, autour cette fois du pouvoir d’achat et d’un possible retour des Gilets jaunes. Si les deux colères finissaient par se croiser, le mouvement changerait de nature.




