Notre amie Sophie de Menthon lance jeudi sa 24e Fête des entreprises. 72% des salariés déclarent « J’aime ma boîte », révèle-t-elle.
La France vit et meurt de son rapport au travail et à l’entreprise. L’entreprise est la nounou et la bonne à tout faire du pays, même si elle prend ce rôle avec sérieux et même un certain plaisir — à condition de ne pas être matraquée fiscalement à chaque coin de rue ! Elle veille à la santé de ses salariés, elle cultive les jeunes qu’elle accueille (jusqu’à faire des dictées pour éviter les mails d’illettrés qui partent de la boîte !). Elle enseigne l’économie basique à ceux qu’elle rémunère (insuffisamment, du fait des prélèvements exorbitants). Elle console, elle promeut, elle explique, elle accompagne, elle engueule, elle félicite…
Une majorité de bons patrons, une minorité de bons politiques
Cela fait 24 ans qu’est née la « Fête des Entreprises » sur le slogan « J’aime ma boîte », malgré la réaction du vice-président du MEDEF d’alors qui m’avait dit : « On n’est pas là pour être aimés » — c’était une erreur majeure. Il y a comme une nostalgie de paternalisme que les salariés apprécient beaucoup et demandent de plus en plus. Cette année, fêtez-la le jeudi 15 octobre.
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Le dernier sondage IFOP/JAIMEMABOITE2026, dont voici les conclusions majeures, est très révélateur. À la fois de l’inquiétude suscitée par l’international et de la prise de conscience qu’il y a une majorité de bons patrons et une minorité de bons politiques. L’entreprise, de façon incompréhensible, est ignorée de ceux qui nous gouvernent : ils doivent bien y penser de temps en temps, mais pourquoi n’en parlent-ils jamais ? Comment se permettent-ils de jouer les shérifs en imposant aussi bien la mixité des WC que leur séparation, en réglementant les tickets-restaurants et leurs usages possibles, ou en décidant des congés des femmes pour règles douloureuses, etc. ?
Une année toute en contrastes pour « La Fête des Entreprises », car plus on déteste les politiques, plus on aime sa boîte. 72 % des Français ont répondu « oui » à la question : « Aujourd’hui, diriez-vous « j’aime ma boîte » ? ».
Rôle structurant essentiel dans la société française

Cela signifie aussi que l’aspect affectif a gagné du terrain au fil des années. C’est bien d’attachement à l’entreprise dont on parle ; d’ailleurs, ils le confirment à 79 % en considérant que les entreprises représentent un repère important pour la France (et pour eux personnellement, à 70 %). C’est un repère parce que, selon eux, les entreprises jouent un rôle structurant essentiel dans l’économie et la vie des Français. En revanche, ce ne serait pas un repère pour le personnel politique selon 44 % des interviewés… D’où le slogan de l’agence de pub Belinda Média : « L’entreprise, notre boussole à tous ». Ils sont 69 % à considérer que leur niveau de vie dépend de l’activité des entreprises.
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Le travail toutefois est un peu dissocié de l’entité entreprise, puisqu’ils ne sont que 64 % à penser que le travail lui-même est un ancrage dans la vie des individus. Un petit caillou dans la chaussure des dirigeants d’entreprise, car ils sont 52 % à estimer que les dirigeants ne s’appliquent pas assez à ce que leurs salariés soient plus épanouis (48 % en revanche pensent que oui).
L’actualité pourrait nuire au fait que l’entreprise soit une institution rassurante face aux bouleversements du monde. Ils sont 31 % à estimer que, face à tout cela, leur entreprise les rassure moins qu’auparavant. Mais 41 % estiment qu’elle les rassure autant qu’avant.
Comment mieux rémunérer les salariés ?
20 % des salariés ne sont pas contents de leur rémunération, et c’est bien normal puisque le sujet réside dans la différence entre ce que l’entreprise leur verse et ce qu’il reste dans leur poche. 36 % des interrogés considèrent leur rémunération comme suffisante, tandis que 64 % la trouvent insuffisante.
Une véritable satisfaction citoyenne, en revanche, à la question : « Estimez-vous que votre entreprise, quelle que soit sa taille et son secteur, est utile à la France en ce moment ? ». 82 % des interviewés répondent « oui » (4 % « non, pas du tout »). C’est la preuve que les Français jugent leur travail utile, tout comme leur rôle personnel. Un véritable socle qu’il convient de ne pas dégrader. Que l’on soit boulanger ou directeur d’une boîte du CAC 40, on a la même perception de sa propre utilité et de celle de sa boîte. Victoire !
Enfin, une déclaration d’amour à l’entreprise n’est pas inutile une fois par an ! 62 % des Français pensent que « La Fête des Entreprises » est une bonne idée, sachant que le secteur public aime tout autant son entreprise que le secteur privé…
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