Liberté d’expression. À la suite d’un contentieux avec le rectorat de Versailles portant sur ses interventions à la radio, l’essayiste est mise à pied pendant six mois sans traitement
On vient d’apprendre que l’ex « Grande Gueule » de RMC Barbara Lefebvre, qui, en dehors de ses activités médiatiques, est professeur titulaire d’histoire-géographie dans un collège d’Ile-de-France, a été exclue de l’Education nationale pour une durée de douze mois, dont six fermes. La sanction a été prise par une commission disciplinaire académique qui s’est réunie au début de l’été (comme nous l’avions alors rapporté), mais qui a notifié sa décision à la rentrée.
Le tort d’avoir des idées de droite ?
Deux faits sont reprochés à Barbara Lefebvre. D’une part d’avoir collaboré pendant sept ans aux « Grandes Gueules » sans en avoir demandé l’autorisation à sa hiérarchie. D’autre part d’avoir, en avril 2024, tenu à l’antenne de l’émission animée par Alain Marschall et Olivier Truchot des propos polémiques au sujet de personnes appartenant à la communauté des Gens du voyage qui venaient de commettre une agression contre un brancardier en Vendée.
C’est peu dire que, dans cette affaire, l’essayiste fait l’objet d’un féroce acharnement administratif. En France, nombreux sont les professeurs de secondaire et du supérieur qui, comme elle, cumulent leur métier d’enseignant avec une activité médiatique sans pour autant avoir reçu la permission expresse de l’Education nationale. Probablement n’ont-ils pas le tort d’assumer des idées de droite.
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Mais c’est surtout le fait de sanctionner Barbara Lefebvre pour des déclarations publiques n’ayant aucun lien avec sa profession d’enseignante et n’ayant fait l’objet d’aucune plainte au sein de la communauté éducative où elle exerce, qui est choquant. Car les propos incriminés valent déjà à l’essayiste des poursuites judiciaires : le 15 avril, elle a été condamnée par la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris à une amende 1000 euros pour injure publique (elle a, depuis, fait appel du jugement).
Administration cynique
Immédiatement après avoir appris sa mise à pied disciplinaire, Barbara Lefebvre a saisi le tribunal administratif de Versailles, afin de faire valoir que la suspension de son traitement l’expose à une situation de précarité financière, mais aussi qu’il existe un doute quant à la légalité de la double peine infligée respectivement par le tribunal et le rectorat. Le 5 octobre, le juge des référés a rejeté sa requête. S’il a semblé reconnaître la validité du premier argument (la fragilité financière), il a infirmé le second.
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On notera que pendant l’audience, le représentant de la Rue-de-Grenelle a affirmé que Barbara Lefebvre n’avait pas de problèmes d’argent puisqu’une cagnotte de soutien a été ouverte en ligne à son bénéfice. Un argument d’un cynisme ahurissant ! Non seulement, cette cagnotte a n’a pas été lancée à l’initiative de l’essayiste. Mais surtout, elle vise à l’aider à payer ses avocats dans des procédures judiciaires intentées par des députés LFI, dont nous nous étions fait l’écho la semaine dernière. Cette cagnotte n’a donc pas pour objectif de subvenir aux besoins de sa famille à charge.
Le dossier de la mise à pied de Barbara Lefebvre n’est cependant pas clos. La justice administrative n’a pas encore instruit le cas sur le fond. Souhaitons qu’elle puisse à terme reconnaître le traitement de défaveur subi par l’essayiste. Rendez-vous dans plusieurs mois, voire plusieurs années. Le locataire de la rue de Grenelle, voire du rectorat, aura sans doute changé d’ici là.
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