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Quand ma muse m’amuse


Quand ma muse m’amuse
D.R.

L’Union européenne donne 1,5 million d’euros à l’université de Tours pour mener une étude sur les femmes et l’humour. Une excellente occasion de vérifier si le rire a lui aussi un sexe.


Le Conseil européen de la recherche (ERC) vient d’accorder une aide de 1,5 million d’euros à un programme postdoctoral de l’université de Tours à première vue gaguesque, mais en réalité passionnant. Dans un jargon hélas inévitablement woke, les cinq chercheurs du projet LaughtHER se proposent, d’ici cinq ans, de « renouveler la compréhension de l’humour à l’époque moderne dans une perspective de genre ». Ce qui veut dire, traduit en des termes moins précieux et moins ridicules, qu’ils veulent montrer la contribution du beau sexe à la culture comique occidentale depuis la fin du Moyen-Âge. Pour ce faire, l’équipe étudiera des sources variées allant de la prose satirique aux comédies du répertoire en passant par les formes hybrides liées à la fête et au divertissement. Le but de l’exercice est, selon la directrice du programme Erica Ciccarella, de « replacer les femmes au cœur de cette histoire, non plus seulement comme objets de représentations comiques, mais comme actrices, autrices et productrices de pratiques du rire ». Et si elle avait raison ?

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Certes notre littérature et notre théâtre fourmillent de personnages féminins hilarants, dotés de la plus étincelante des ironies et de la plus cinglante des reparties, telles la Colombine de la commedia dell’arte, la Béatrice de Beaucoup de bruit pour rien ou la Toinette du Malade imaginaire. Mais on peine à trouver parmi les classiques du genre des œuvres ou des spectacles signés par des femmes. S’ils sont bien menés, les onéreux travaux d’Erica Ciccarella et ses collègues devraient nous permettre de redécouvrir des écrivains génialement drôles et sarcastiques comme Marguerite de Navarre, la marquise de Sévigné ou Madame du Deffand. Et, sait-on jamais, ils conduiront peut-être les néoféministes à cesser de nous assommer avec leur esprit de sérieux en comprenant enfin que, depuis la nuit des temps, il existe une arme redoutable pour aller contre les hommes (voire tout contre pour les moins furieuses) : le rire.

Octobre 2026 - #149

Article extrait du Magazine Causeur




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est journaliste.

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