Accueil Site Page 1390

Russie: la Constitution définit désormais le mariage comme «une union entre un homme et une femme»


Une majorité de Russes s’obstine à désapprouver l’idée de mariage homosexuel


Les associations pro-LGBT ne cessent de nous le rabâcher : la Russie serait désespérément homophobe. Du moins pas assez « gay-friendly » pour complaire aux standards occidentaux.

« Parent un et parent deux », pas le truc des Russes

Et la réforme constitutionnelle récemment votée par les députés de la Douma n’arrange rien. Comme l’avait annoncé le président Vladimir Poutine dans son discours à la nation du 15 janvier, la Constitution définit désormais le mariage comme « une union entre un homme et une femme ». D’après la députée Russie unie (pro-Poutine) Olga Batalina, cet amendement prémunit la Fédération russe contre le mariage gay, l’homoparentalité et l’usage de formules aussi absurdes que « parent un et parent deux ».

À lire aussi: Le British Museum invente l’art LGBT

Horreur, malheur ! Sans craindre l’amalgame, le Center for Independant Social Research dénonce une propagande antigay faisant le lit des violences homophobes. À en croire cette ONG basée à Saint-Pétersbourg, les crimes contre les gays et les lesbiennes n’auraient fait qu’augmenter depuis la loi de 2013 interdisant « l’information auprès de mineurs au sujet des relations sexuelles non traditionnelles ». En attendant d’être rééduqués en hôpital psychiatrique, une majorité écrasante de Russes s’obstine à désapprouver l’idée même de mariage homosexuel.

L’homosexualité dépénalisée par Poutine

L’Église orthodoxe, réputée conservatrice, corsèterait-elle les consciences ? Pas sûr. En pleine répression stalinienne antireligieuse (1934), Gorki condamnait l’homosexualité dans des termes que le Kremlin n’oserait aujourd’hui jamais employer : « Dans les pays fascistes, l’homosexualité ruineuse pour la jeunesse fleurit partout impunément, dans les pays où le prolétariat s’est audacieusement emparé du pouvoir, l’homosexualité est un crime social et est sévèrement punie. »

L’État russo-poutinien a dépénalisé l’homosexualité en 1993.

Greta, intersectionnels, indigénistes : ils vomissent l’Occident


Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel.


Lors de son dernier discours à Madrid, puis dans une tribune de Project Syndicate (29 novembre 2019) Greta Thunberg a déclaré : « La crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. »

Adèle Haenel en pointe

La rapidité avec laquelle certaines idées circulent puis s’intègrent dans un discours anti-Occident est stupéfiante. Ainsi, en sus de son combat pour l’écologie, dans un mouvement « intersectionnel » perpétuel, Greta Thunberg est-elle parvenue à désigner les fautifs : les anciens pays colonisateurs (uniquement les pays occidentaux), les racistes (uniquement les Blancs) et les systèmes patriarcaux (hormis ceux de la tradition coranique).

De la même manière, dans un entretien donné au New York Times, Adèle Haenel a pu expliquer que la « vraie censure dans le cinéma français, c’est l’invisibilisation » ; puis questionner : « Où sont les gens racisés dans le cinéma ? » ; et conclure : « Pour l’instant, on a majoritairement des récits classiques, fondés sur une vision androcentrée, blanche, hétérosexuelle ». (sic)

Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel. Et il cumule ces tares sur une seule aire géographique : l’Occident. Selon ce mythe, lui seul a colonisé des terres. Lui seul a conquis des territoires. Lui seul a fait de la traite des noirs africains un commerce monstrueux et lucratif. Lui seul a condamné les femmes aux pires tourments et à « l’invisibilisation ». Et lui seul a des comptes à rendre.

A lire aussi : Les damnés de la France

Stratégie de pouvoir

L’excellent livre d’Anne-Sophie Nogaret et Sami Biasoni, Français malgré eux, montre comment fonctionne, jusqu’à la bêtise, ce mouvement qui aimerait bien passer pour révolutionnaire, mais qui n’est en réalité qu’une façon de prendre le pouvoir (ou de garder un poste) en différents points stratégiques, l’université en tête ; ou de faire briller la coquille vide du « moi », ce « moi » qui ne regarde que lui et a trouvé dans le discours victimaire et « intersectionnel » le moyen de faire croire qu’il regardait aussi, de temps en temps, ailleurs, c’est-à-dire hors de lui, voire loin de lui. Ce qui n’est pas le cas.

Cette double ambition, pouvoir pragmatique et valorisation du « moi », n’est pas antinomique, et la « pensée » intersectionnelle est une arme efficace qui sert aussi bien l’une que l’autre. À l’intersection des potentielles et supposées discriminations auxquelles m’exposent ma couleur de peau, mon orientation sexuelle, mon obésité, mon handicap, mon accent, mon âge, mon « genre »…, je peux exhiber mon « moi » unique et égoïste, étaler une fausse compassion, cacher un véritable ressentiment, et bousculer ce que j’appelle l’ordre établi et dominant, lequel est idéalement représenté par l’homme blanc hétérosexuel occidental de plus de cinquante ans que je peux chasser pour prendre sa place.

Macron contre les « mâles blancs »

Ainsi voyons-nous aujourd’hui, en France, de plus en plus souvent, des ateliers non-mixtes ou des camps décoloniaux refuser leur accès aux Blancs, ou aux hommes, ou aux hétérosexuels, sous prétexte de « se défaire du joug de “l’influence du dominateur” ».

Ainsi avons-nous entendu le président de la République évoquer à deux reprises les « mâles blancs » quadras ou quinquagénaires (lors de son discours au Collège de France sur l’Intelligence artificielle et lors de la présentation du plan « banlieues »).

Ainsi, nous rappellent les auteurs de Français malgré eux, lors d’un colloque à l’université Paris 1 intitulé « Approches phénoménologiques du genre et de la race », la « philosophe » Manon Garcia a-t-elle pu asséner : « Je ne suis pas sûre que la femme dans son harem ait tellement moins de liberté que la catholique versaillaise mère au foyer, en fait ».

A lire aussi, Céline Pina: Il semble que les César n’auront pas lieu finalement

Ainsi, la « philosophe » Marion Bernard, lors du même colloque durant lequel l’alcool a dû couler à flots, narrant une expérience de rencontre avec une « nounou » noire dans un jardin public, a-t-elle pu tituber à voix haute : « Je deviens moi-même un personnage en deux dimensions […] en couleur, ou plutôt en non-couleur. Non-couleur qui décolore mon fils du même coup, le blanchit et le sépare de moi […] Nous avons ce lien nouveau entre nous, désagréable et honteux, qui me fait peur, la blancheur en partage, visible et gênante. Tout à coup, il est moins là que les autres enfants. » (sic, sic, sic !).

SOS universalisme

Sous l’influence de « concepts » anhistoriques, anachroniques et « intersectionnellement » victimaires, Greta Thunberg, Adèle Haenel, Delphine Ernotte, Eric Fassin, Rokhaya Diallo, Manon Garcia et mille autres, participent au même mouvement de dénonciation du même coupable et jubilent de voir leur moiversalisme bavard et flou remplacer cet encombrant, historique et philosophique universalisme. La quête de vérité, la saine curiosité, l’envie de lire autre chose que des tracts, les notions de bien et de mal, se voient évincées par des valeurs progressistes portées en étendard et variant au gré des modes ou des ambitions personnelles. Le « moi » décomplexé et ignorant a des combats dont il est fier et qui finissent en parades. Cela suffit à le satisfaire.

Mais ces luttes « intersectionnelles » et factices ne tromperont leur monde que le temps nécessaire à l’étalage total de leur bêtise. Déjà, Etienne Balibar, qui n’est pas réputé pour son conservatisme ou son esprit réactionnaire, a réagi très vivement lors d’un débat entre étudiants et universitaires plus ou moins « racisés » mais totalement « décoloniaux » lorsqu’un intervenant a réclamé « le meurtre du philosophe blanc hétérosexuel » (?!) : « Le livre de Norman (Norman Ajari, auteur du livre débattu ce soir-là), a tenu alors à préciser vertement Etienne Balibar, ne contient pas un seul bloc d’argumentation qui ne vienne pas de la raison classique. Il n’y a pas un seul raisonnement, il n’y a pas une seule construction de pensée, pas une seule critique dont vous pourrez dire “Ah oui, là, ça vient du fond de l’Afrique !” Pas du tout ! tout ça provient de Hegel, à travers Fanon ». À force de pousser pépère dans les orties, même le plus conciliant des pépères se rebiffe !

100% de dette: pourquoi c’est un problème ?

0

Emmanuel Macron réalise un double exploit. Celui du manque de sérieux et du mépris des Français.


Loin d’améliorer la situation des finances publiques comme il s’y était engagé, Emmanuel Macron nous a au contraire confortablement installé dans le club très fermé des pays dont la dette publique dépasse les 100% du PIB. Ce seuil, ô combien symbolique, marque en soi le renoncement d’un président qui a « laissé filer » les comptes de la nation dans l’unique objectif d’atténuer son impopularité. Celle-ci est la fille d’une certaine forme d’arrogance du président dans ses manières vis-à-vis des Français et, plus fondamentalement, de la décision absurde prise en 2018 de relever la taxation des carburants. Cette double faute, de forme et de fond, a embrasé la révolte populaire des Gilets Jaunes qui a fait très peur au locataire de l’Élysée, sommé et contraint, non seulement d’abandonner les hausses de taxes prévues, mais aussi de sortir un Canadair budgétaire fait de distribution de pouvoir d’achat et baisses d’impôts, pour éteindre cet incendie social menaçant. En face, la dépense publique, elle, n’a fait que croître et ce, malgré la chute du coût annuel de notre dette publique qui est passé de 44 milliards d’euros en 2016 à 38 milliards d’euros selon les prévisions pour 2020 ! 6 milliards d’économies donc, entièrement englouties dans les dépenses courantes.

De la poudre aux yeux

Cette stratégie budgétaire du gouvernement parvient à maintenir artificiellement un taux de croissance légèrement au-dessus de 1% et faire un peu baisser le chômage, mais au prix de déficits abyssaux (environ 100 milliards d’euros), et d’une dette qui continue à enfler. Paradoxalement, le monde économique ne s’en alarme plus. Alors que pendant des années, on nous expliquait qu’au niveau de 100% du PIB la dette publique devenait insoutenable et que les risques inhérents au franchissement des critères de Maastricht et du fameux ratio de 60% de dette sur PIB, véritable « frontière du raisonnable », étaient cataclysmiques, subitement, être à 100% de dette/PIB n’est plus un problème. Pourquoi ? Parce que grâce aux tombereaux de liquidités déversées par les principales banques centrales du monde, les investisseurs nationaux et mondiaux se ruent sur les dettes publiques considérées comme « sûres ». L’Allemagne, les Pays-Bas et quelques autres pays « vertueux » empruntent à 10 ans à des taux franchement négatifs. La France fait un petit peu moins bien puisqu’elle se situe marginalement en dessous de 0. Cette exubérance atteint d’ailleurs des sommets d’irrationalité, comme en Grèce. Pays tombé en faillite en 2011 et toujours lesté d’un ratio de dette sur PIB à 180%, il doit s’acquitter d’un taux de… 0,9% par an pour sa dette à 10 ans !

Nos amis européens font mieux

Ainsi conforté par la complaisance des marchés financiers, Jupiter se dit : « pourquoi s’en faire ? »

Hollande avait déjà franchi ce seuil symbolique durant son quinquennat. Mais en 2017, les Français ne pensaient-ils pas avoir installé à l’Élysée un président «sérieux»?

Pourtant ce je-m’en-foutisme ne semble pas être partagé par la plupart de nos partenaires européens.

En mettant de côté nos amis italiens qui gèrent leurs finances publiques avec le sérieux de la Commedia Del Arte, le reste de l’UE s’est engagé dans une vigoureuse politique de réduction de sa dette. En témoigne l’évolution du ratio de dette sur PIB de l’Union Européenne (Royaume-Uni exclu) de fin 2014 à 2019 (3ème trimestre) : une baisse de 86,4% à 79,5%. Idem pour la zone euro : de 92,8% à 86,1%.

À lire aussi: Italie : monnaie européenne, dette nationale

Il est possible d’admettre que ces résultats sont largement imputables à l’Allemagne qui réalise une performance incroyable, celle de faire baisser sur cette période son taux d’endettement de près de 14,5 points (de 75,7% à 61,2%). Toutefois, cet argument perd de sa consistance car, dans ce processus de désendettement, l’Allemagne n’est pas seule: les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Portugal et hors zone euro, la Suède, la Pologne et le Danemark contribuent à cette réduction. De son côté le Royaume-Uni est bien moins endetté que nous, à 84,2%.

Un long chemin de croix

Pour la France, en revanche, les chiffres n’ont cessé de se détériorer. De 64,7% à l’aube de la crise en 2007, le ratio dette/PIB bondit à 94,9% en 2014. À compter de cette date et alors que la baisse s’amorce sur le continent, la trajectoire de la dette française poursuit sa dérive pour atteindre 98,4% du PIB à la fin de 2017, première année de la présidence Macron, pour atteindre 100,5% au terme du 3ème trimestre 2019. Hollande avait déjà franchi ce seuil symbolique durant son quinquennat. Mais en 2017, les Français ne pensaient-ils pas avoir installé à l’Élysée un président « sérieux » ?

À lire aussi, Louis Aliot: Macron a échoué en Europe

Le danger que représente ce niveau de dette n’est pas tellement son énormité, et pas davantage la violente et rapide remontée des taux d’intérêts à craindre, pour l’heure heureusement assez hypothétique. Non, le danger provient de l’absence totale de marge de manœuvre dont dispose désormais le gouvernement pour le cas, beaucoup moins hypothétique celui-là, où une récession / crise économique venait à nouveau nous frapper. Celle de 2008 avait déjà fait exploser notre endettement. Imaginons un instant ce qui se passerait si un tel retournement de cycle se reproduisait. Quel serait alors notre niveau de dette publique ? 110, 120 ou 130% du PIB ?

L’Allemagne et ses satellites eux, disposent de matelas leur permettant au besoin de relancer leur économie par le déficit budgétaire s’ils sont touchés par une récession car ils ont reconstitué leur coussin de sécurité. Pas nous. Nous sommes même « au taquet ».

Ce qu’on ne veut pas voir

Mais pourquoi craindre une crise, nous dira-t-on ?

Tout d’abord, l’économie mondiale vient de connaitre près de 10 ans de croissance vigoureuse et comme l’énonce le dicton, « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Ensuite, les « bazookas monétaires » des banques centrales inondent les marchés de liquidités et génèrent, ce faisant, de graves déséquilibres financiers. À titre d’exemple, favorisé par des taux d’intérêt ultra-bas, l’endettement des ménages et des entreprises atteint selon le FMI 188.000 milliards, soit 230% du PIB mondial. Un niveau quasi inédit depuis la Deuxième Guerre mondiale.

La valeur des entreprises en bourse est également à un niveau extrêmement élevé, particulièrement aux USA. Quant à l’immobilier, il est à des prix dangereusement stratosphériques dans toutes les grandes métropoles du monde. Sans compter les « cygnes noirs » – phénomènes imprévisibles – qui peuvent faire dérailler l’économie mondiale, comme cette crise du coronavirus dont les conséquences aussi bien sanitaires qu’économiques sont encore incalculables.

Le pire n’est jamais sûr mais à ce degré de non-préparation, le moindre choc peut devenir systémique. Emmanuel Macron n’est pas sérieux. En refusant de s’attaquer à ce qui ruine la France (immigration, concurrence déloyale, fraude sociale et fiscale, contribution nette au budget de l’UE, « mille-feuille administratif », etc.) il nous laisse vulnérables. Et de la part du président « sérieux, compétent et rigoureux », c’est intolérable.

Rien dans le Slip français


Le made in France en prend un sacré coup. Face aux desiderata de la bien-pensance, le Slip français tend la joue gauche.


Depuis le début de l’année, une méchante affaire secoue Le Slip français®, marque symbole du « made in France ». Aux premiers jours de janvier, circulent sur Facebook des vidéos où l’on voit trois joyeux drilles avinés, l’un grimé en noir, l’autre déguisé en singe, danser sur fond de Saga Africa en mimant des cris simiesques. En quelques jours, la Toile identifie deux des salariés du Slip français. Si ces derniers évoquent une « simple soirée entre potes » et se désolent qu’elle ait été « mal interprétée », SOS Racisme sort les grandes orgues de l’indignation tout en se félicitant de la réaction du Slip français. Par la voix de son PDG, le groupe a fait savoir que les salariés incriminés avaient été convoqués et suspendus à titre conservatoire. Interrogé par Causeur, le service presse de la marque n’a pas précisé s’ils avaient été licenciés.

Pour faire bonne figure, le Slip français s’est engagé à mettre en place avec SOS Racisme « un programme de sensibilisation aux problématiques du racisme et des discriminations » au sein de l’entreprise. Juridiquement, sur le site Droit Travail France, l’avocate Ingrid Tonet s’interroge : les comportements privés, aussi répréhensibles soient-ils, justifient-ils des sanctions professionnelles ? Réponse : oui en cas de « trouble objectif », en l’occurrence les dégâts causés à l’image du Slip français. Le problème, c’est qu’au nom de cette notion floue, un patron peut interdire à ses salariés de manifester le week-end ou d’afficher un peu trop bruyamment leur orientation sexuelle. Quant à l’apologie de la haine raciale, il revient aux tribunaux de la juger.

À lire aussi: Une carte pour relancer le Made in France?

Ce n’est pas la première fois que le slip tricolore s’incline devant les oukases de l’antiracisme. Il y a un an et demi, sa direction s’était excusée après la publication d’une publicité sans représentant de la diversité. Aux yeux de certains clients prêts à débourser une somme conséquente pour soutenir ce qu’il reste de textile hexagonal, la potion ne passe plus. Pour preuve, voici un des nombreux messages de récriminations envoyés au Slip français : « Bonjour, je vous remercie de vous être une nouvelle fois pliés comme des larves devant le politiquement correct et l’antiracisme idéologique. […] Je vais de ce pas visiter une dernière fois votre site Internet pour trouver l’adresse où renvoyer votre slip gauchiste. Je ne vous salue pas et vous souhaite un bon effondrement. » Le slogan du SF plastronne : « Vous voulez changer le monde. Commencez par changer de slip. » Il est peut-être plus urgent de le remplir.

Emmanuel Macron invoque la République… et oublie la France


Retour sur le discours de Mulhouse: de l’incapacité d’Emmanuel Macron de parler de « la France »


S’il y a un domaine où le président Macron ne pratique pas le « en même temps », c’est dans sa manière de parler de la France, en évitant systématiquement de la désigner.

En effet, en recherchant toutes les occurrences du mot « France » dans le discours du 18 février 2020 que le président de la République a prononcé à Mulhouse sur le séparatisme islamiste, on s’aperçoit qu’Emmanuel Macron ne l’utilise que comme complément circonstanciel de lieu (« en France ») ou comme complément de nom, pour parler par exemple des musulmans de France. En revanche, il n’utilise jamais le nom « France » pour parler de notre pays et lui préfère systématiquement le vocable très politico-administratif de « République » (79 occurrences dans tout le discours). Une seule exception à cette règle linguistique auto-imposée figure dans son intervention, vers la fin, mais justement pour dire du mal de la France.

Identité, le mot n’est pas sale: la France ce n’est pas seulement la République

Après avoir annoncé les mesures prises pour lutter contre le « séparatisme islamiste », le président Macron revient, dans des termes à vrai dire assez peu clairs, sur la manière dont le problème islamiste – dont il reconnaît l’ancienneté – a été traité jusque-là, en « stigmatisant », mais, ajoute-t-il, cette stigmatisation « rassurait une partie de la France parce qu’il en humiliait une autre ». Ainsi donc, quand Emmanuel Macron désigne « la France », ce n’est que pour évoquer ses prétendus relents racistes. Mais quand il s’agit pour le président de parler de notre pays pour ce qui doit en être préservé et protégé, il ne reste plus que « la république », les institutions en somme, débarrassées de tout l’aspect charnel, affectif, émotionnel, débarrassées aussi des 1300 ans d’histoire qui ont précédé l’instauration de la première république en 1792, et qui constituent pourtant tout ensemble le cœur battant de la nation et son ciment fédérateur.

Il n’y a pas une culture française…

Ces omissions sémantiques pourraient être considérées comme anecdotiques si elles n’étaient pas l’écho d’un invariant chez le président de la République. Comme le rappelle très justement le journaliste Yves Mamou dans le portrait qu’il dresse de notre président dans Le grand abandon – les élites françaises et l’islamisme (L’Artilleur, 2018), Emmanuel Macron a plusieurs fois démontré son scepticisme quant à l’existence d’une identité culturelle française à préserver. Début février 2017, en pleine campagne électorale, le voilà qui affirme sans ambages « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse ». Quelques jours plus tard, à Londres, Macron récidive : « l’art français, je ne l’ai jamais vu ». Mais surtout, Macron se montre convaincu de la responsabilité de la société française dans le terrorisme dont elle est victime : « Quelqu’un sous prétexte qu’il a une barbe ou un nom à consonance qu’on pourrait croire musulmane a quatre fois moins de chances d’avoir un entretien d’embauche qu’un autre » (ce qui est d’ailleurs faux) ; « Nous avons construit la capacité à fermer la porte ».

A lire aussi, Michel Onfray: Le gauchisme tendance rend possible tous les délires

La conviction du président que la France est un pays qui mériterait presque son malheur djihadiste est déjà là. D’autant qu’à ces expressions de sollicitude envers la diversité se mêlent plusieurs anecdotes illustrant le profond mépris d’Emmanuel Macron pour les « les gens qui ne sont rien », les « illettrés », les « fainéants », ces « salariés » dont il juge la vie bien plus douce que « les entrepreneurs ». Pas avare de contradictions, il a beau prétendre, à l’aube du premier tour, pour amadouer les lecteurs conservateurs du magazine Causeur, que « la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle », il aura pourtant hurlé à Marseille, quelques jours avant, « je vois les Arméniens, les Comoriens, les Italiens, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, (…), je vois quoi, je vois des Français ! », déclaration auquel fera écho son adresse au « peuple de France » – au pluriel peut-être ? – plutôt qu’au peuple français dans son discours de l’entre-deux tours.

Numéro 45, avril 2017 © Causeur
Numéro 45, avril 2017 © Causeur

Ces Français « de souche » méritent-ils ce si pesant mépris présidentiel ? Ils sont pourtant loin d’être intolérants, comme le démontrent année après année les rapports annuels sur la question de la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’homme). Aucune « ratonnade », aucune explosion des crimes et délits à l’encontre des musulmans n’ont accompagné la vague d’attentats islamistes effroyables que la France a connu et son long cortège de victimes. Tout cela alors que notre beau pays, qui a été le premier d’Europe à accueillir des immigrés en nombre dès le milieu du 19è siècle, compte aujourd’hui l’un des pourcentages de musulmans le plus élevé des pays occidentaux.

Le malaise des Français d’abord

Non, Emmanuel Macron, les Français n’ont aucune satisfaction à voir les musulmans dans leur globalité, « humiliés » comme il l’a prétendu à Mulhouse. Il y a en revanche un vrai malaise des Français, dans des proportions qui dépassent largement le clivage gauche-droite, devant les expressions de l’islam fondamentaliste, comme l’analyse très justement Philippe d’Iribarne dans son livre Islamophobie, Intoxication idéologique (Albin Michel, 2019) ainsi que dans les colonnes du Figaro en novembre 2019.

A lire aussi, Jérôme Leroy: Avec le président, luttons contre le séparatisme!

S’ils sont tolérants, les Français n’en restent pas moins profondément attachés à leur identité culturelle. Leurs préventions contre l’islam fondamentaliste apparaissent bien légitimes dans la mesure où elles sont issues, non pas de leur hostilité vis-à-vis des musulmans en général, mais de l’inquiétude qu’ils ont quant à la préservation de leur mode de vie, au respect de l’histoire et d’eux-mêmes en tant que peuple issu de cette histoire. C’est tout l’objet de l’analyse de Laurent Bouvet dans son essai L’insécurité culturelle (Fayard, 2015). On aurait espéré qu’Emmanuel Macron, reconnaissant enfin le problème du « séparatisme islamiste », comprenne que la séparation suppose l’existence de ce dont on veut se séparer, et que cela, précisément, c’est la France, au sens à la fois historique et quotidien, au sens des us, des coutumes et des mœurs, au sens du peuple qui l’incarne, de tout ce qui le caractérise et le distingue des autres peuples du monde, au sens de son identité profonde en somme – le mot n’est pas sale ; ce n’est pas seulement « la république ».

La France ne peut pas se résoudre à se passer d’elle-même

Dans La cause du peuple (Perrin, 2016), Patrick Buisson explique comment Nicolas Sarkozy a suscité l’enthousiasme des Français par une campagne électorale fondée notamment sur leur aspiration commune à « l’antépathie » – l’attachement au passé – et à « l’incarnation hiératique » d’une certaine idée de la France qu’ils attendent de leur président. Assez logiquement, l’échec du même en 2012 est avant tout la sanction d’une mandature au cours de laquelle le président n’a rien su conserver de la hauteur, de la verticalité et de la densité dont il avait, en tant que candidat, fait la promesse implicite aux Français. L’historien Vincent Duclert s’appuie sur les mots du Général De Gaulle en ouverture de ses Mémoires de guerre (« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France… Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la France ») pour expliquer que « la première des exigences qui fondent la France telle qu’elle existe aujourd’hui réside bien dans cet engagement des personnes à penser et à imaginer la nation. Cette donnée cardinale est une disposition intellectuelle, c’est la raison critique grâce à laquelle les Français ont toujours pu conjurer la disparition des valeurs qui les maintiennent ensemble ».

A lire aussi: Macron a trouvé sa Léonarda

Emmanuel Macron devrait se rappeler des enseignements de la campagne Sarkozy et se méfier de ses penchants modernistes, pour ne pas dire post-modernistes, et des ambitions multiculturalistes qui en découlent. Ce pays aux racines judéo-chrétiennes et gréco-latines, à l’histoire et à la culture si riches et si remarquables, ne se résoudra pas à se passer aussi facilement de lui-même. C’est en reconnaissant que l’on est comptable d’un passé, d’une histoire, d’une identité que l’on peut prétendre à élaborer un projet pour l’avenir. Macron devrait ainsi méditer cette réflexion du grand écrivain anglais G.K. Chesterton : « De toutes les raisons de mon scepticisme devant cette habitude moderne de tenir les yeux fixés sur l’avenir, il n’est pas de plus forte que celle-ci : tous les hommes qui, dans l’histoire, ont une action réelle sur l’avenir avaient des yeux fixés sur le passé. »

La cause du peuple

Price: ---

0 used & new available from

Le grand abandon: Les élites françaises et l'islamisme

Price: ---

0 used & new available from

Islamophobie: Intoxication idéologique

Price: ---

0 used & new available from

L'insécurité culturelle

Price: ---

0 used & new available from

Enquête sur l’œuvre artistique de Piotr Pavlenski


La chute de Benjamin Griveaux a fait connaître aux Français l’étrange visage de Piotr Pavlenski. D’abord qualifié d’artiste, puis de pseudo-artiste, il est désormais principalement désigné comme activiste. Ce flottement sémantique traduit une difficulté à comprendre le personnage. Si, au plan moral et politique, chacun peut se faire un avis, sa dimension artistique reste passablement hermétique.


Né en 1984, Piotr Pavlenski fait des études d’art à Saint-Pétersbourg, avant de se faire connaître par des actions publiques retentissantes conjuguant nudité, automutilation et incendies volontaires. Ainsi, en 2012, se coud-il les lèvres en protestation contre la condamnation d’un groupe punk, les Pussy Riots. En 2013, il se cloue nu par les testicules sur la place Rouge. En 2015, il met le feu au FSB (ex-KGB). Il est, en outre, accusé de diverses agressions sexuelles qu’il nie, attribuant ces accusations à une volonté du régime de lui nuire. En 2017, s’attendant à être lourdement condamné, il s’enfuit, d’ailleurs assez facilement. Il obtient l’asile politique en France et s’installe dans le 19e arrondissement de Paris où il occupe diverses maisons avec jardin, se présentant courtoisement à ses voisins en tant que « squatter ».

Pavlenski a une vision mystique de notre pays. Il ne digère pas que la France, « Alma mater de la Révolution », permette l’installation d’une banque (de France) place de la Bastille. Il y met le feu fin 2017 avec un certain sens de la mise en scène. Cela l’amène en prison. Peu après sa sortie, il participe au fameux réveillon du 31 décembre 2019 où il est soupçonné d’avoir blessé deux personnes à coups de couteau, dont une gravement – une exception dans ses méfaits à visée artistico-politique. Enfin, avec l’affaire Griveaux, il vole une vidéo intime pour concocter une séquence d’« art politique ».

Le Russe Pyotr Pavlensky (photographié ici en 2012) est un agitateur suspecté d'avoir organisé la diffusion de la vidéo volée olé olé de Benjamin Griveaux © ENPOL/SIPA Numéro de reportage : 00669975_000001
Le Russe Pyotr Pavlensky (photographié ici en 2012) est un agitateur suspecté d’avoir organisé la diffusion de la vidéo volée olé olé de Benjamin Griveaux © ENPOL/SIPA Numéro de reportage : 00669975_000001

Ce qu’ignore peut-être le commun des mortels, c’est que nombre de critiques d’art, universitaires et fonctionnaires de la culture considèrent Pavlenski comme un artiste important. Fin 2016, il est invité à l’École des beaux-arts de Paris à la suite de la publication de ses pensées par un éditeur parisien. Sa demande d’asile politique en 2017 est relayée par les milieux artistiques. En 2018, après l’incendie et l’incarcération de Pavlenski, une conférence est organisée à La Colonie barrée (Paris 10e) pour dénoncer ce pays où règne une « culture démagogique ennemie du risque et de l’audace ».

À lire aussi: Ce n’est pas le grivois Griveaux qui me désespère!

Son principal soutien est Paul Ardenne, historien de l’art qui a beaucoup théorisé sur l’art d’intervention et l’art contextuel, qui ne cherchent pas à produire des œuvres au sens classique mais à mener des actions qui peuvent éventuellement nuire. Paul Ardenne a par exemple relayé l’installation d’Hervé Paraponaris intitulée Tout ce que je vous ai volé (voir Causeur no 74), à Marseille, qui rassemblait les fruits de larcins réels opérés par l’artiste. Paul Ardenne vante également une intervention « extrême » du groupe Fluxus : un artiste y joue pour de vrai à la roulette russe devant son public. Pour le critique d’art, les actions de Pavlenski s’inscrivent dans la « grande tradition des œuvres provocatrices » depuis l’actionnisme viennois.

Les risques d’une morale au-dessus de la morale

Toute « action » provoque le même cycle : elle paraît d’abord choquante, voire douloureuse, blessant le sens moral du public ordinaire. Le scandale enfle. Puis l’artiste ou ses truchements expliquent que ce n’était pas ce qu’on croyait, mais l’expression d’une prise de conscience. L’artiste se pose en autorité morale, voire en justicier.

Cette posture n’est ni nouvelle ni dénuée de risques. Dostoïevski décrit ce genre de personnages. Paul Ardenne rapproche d’ailleurs Pavlenski du prince Mychkine, qui joue dans L’Idiot un rôle de révélateur des imperfections du monde. Je pencherais plutôt pour le Raskolnikov de Crimes et Châtiments, nihiliste qui s’arroge des droits supérieurs à ceux du commun des mortels – jusqu’à ce que son acte le sape de l’intérieur.

Les personnages de ces romans n’agissent toutefois pas en tant qu’artistes. On est au xixe siècle. Il en va tout autrement, en 2011, dans la série britannique Black Mirror. Dès le premier épisode, intitulé « L’Hymne national », tout y est : les réseaux sociaux, les politiques et l’art contemporain. C’est l’histoire d’une princesse kidnappée dont le ravisseur exige que le Premier ministre ait une relation sexuelle avec une truie, en direct sur toutes les chaînes. On pense avoir affaire à un terroriste. L’opinion s’émeut, les réseaux sociaux s’enflamment. On refuse d’abord de céder au chantage, puis, au fil des péripéties, on se range à l’idée que le Premier ministre doit sauver la princesse. Il s’exécute. À la fin, l’émission s’achève, puis on découvre que la jeune femme a été libérée bien avant et qu’elle errait en ville sans trouver personne à qui s’adresser. Tout aurait pu être évité si le voyeurisme n’avait scotché le pays entier devant les écrans. On apprend aussi qu’il ne s’agit pas de terrorisme, mais d’un acte artistique visant à faire comprendre à la société son avilissement général. On saisit par la même occasion l’abjection d’une partie de l’art contemporain.

Les malentendus liés à la réattribution du nom d’art

Le référent désigné par le signifiant « art » a longtemps été clair et stable. De Giotto à Hopper, il y a des différences de manière et de sujet, mais il s’agit toujours de figuration et de représentation. Avec Pavlenski et beaucoup d’autres, le mot désigne des choses qui n’ont plus rien à voir avec ce sens ordinaire. Cela ne signifie pas que ces pratiques soient dénuées d’intérêt, mais qu’elles sont de nature extraordinairement différente de l’art stricto sensu ou, pour reprendre le terme de Nathalie Heinich, qu’elles relèvent de paradigmes distincts, voire incompatibles.

À lire aussi: Une affaire en forme de «poupées russes»

En 1972, Vito Acconci, un des piliers de l’art-performance, se masturbe dans une galerie. Il entend paraît-il montrer que l’art, comme la masturbation, fait partie de la vie quotidienne. La critique salue un geste artistique très nouveau. Cependant, dans l’Antiquité grecque, des philosophes cyniques copulent ou se masturbent dans l’espace public avec des objectifs assez voisins. On y voit des exercices philosophiques. La seule nouveauté avec Acconci est que cela s’appelle « art ».

Après tout dira-t-on, qu’importe la taxinomie si la performance est efficace. Malheureusement, ces activités philosophico-politiques ont une présence et une dynamique fortes qui tendent à éclipser les artistes stricto sensu, lesquels, tels des oisillons, doivent partager leur nid avec des coucous. Ils sont serrés. Ils étouffent. Les institutions culturelles, comme les parents passereaux, préfèrent donner la becquée aux gros nouveaux. Tout se passe en fin de compte comme si le prestigieux terme « art » était réattribué.

Cette confusion sémantique rend presque incompréhensible le cas Pavlenski. Comme le remarque Yves Michaud, il est possible qu’il soit à la fois un artiste et un voyou.

Docteur Jekyll et Mister Blanquer


Coronavirus. La psychose gagne les parents d’élèves, et Jean-Michel Blanquer a les bras croisés. Le ministre de l’Éducation nationale prétend que des consignes claires ont été données et immédiatement appliquées. Il n’en est rien. Espérons que la pneumonie de Wuhan épargne bien les enfants, car le ministre se contente pour l’instant de parier sur la fameuse « intelligence des acteurs de terrain ».


Rodé aux opérations de communication, Jean-Michel Blanquer déroule sans ciller l’histoire officielle de son action dans la crise du coronavirus. De reportages en articles de presse, les Français peuvent entendre et lire que dès le lundi 24 février, les procédures sont parties du ministère de l’Education nationale. Petit à petit s’insinue dans les esprits que tout a été fait en temps et en heure, faisant oublier qu’à l’origine, le ministre s’est surtout employé à rassurer l’usager sur la continuité du service par le recours au CNED. Pourtant, des cours d’écoles, remonte une toute autre réalité.

L’astuce est habile : Jean-Michel Blanquer affirme, avec ce ton patiné par le media training propre aux orateurs macronistes, que les consignes ont été transmises par la rue de Grenelle, le 24 février, jour de la rentrée des vacances d’hiver pour la zone Paris/Occitanie.

Du retard à l’allumage

Interprétant l’implicite, les journalistes et auditeurs, assez naturellement, en déduisent que les destinataires, sur le terrain, savaient ce qu’ils avaient à faire dès l’ouverture du portail. Il n’en est rien. Dans les faits, après un détour par les services académiques, les informations ne sont arrivées qu’en fin de journée, vers 19h dans certains endroits. Nous voilà bien loin des messages promptement transmis par SMS lors des exercices d’alerte, sur les téléphones portables personnels dont les directeurs sont tenus de communiquer le numéro à leur hiérarchie. Par ailleurs, bon nombre d’entre eux, qui assument en totalité ou en partie la classe, ont attendu leur jour de « décharge » ou la coupure du mercredi pour ouvrir leur messagerie ou  pour agir, retardant d’autant les mesures à prendre. Un rapide sondage auprès des parents d’élèves des différents départements permet de se rendre compte que les informations sanitaires ont été mises à leur disposition entre le mardi 25 et le vendredi 28 février, ce qui est bien loin de l’implicite véhiculé par les propos du ministre. Les élèves et personnels,  parmi lesquels d’heureux vacanciers rentrant de voyage en zone à risque ont ainsi pu se côtoyer en milieu confiné, au minimum pendant une journée, de l’ouverture de la garderie du matin à la fermeture de celle du soir, soit pendant 10 heures.

A lire aussi: Coronavirus: la Chine s’estime victime du racisme des pays occidentaux

Mais la diversité des situations  ne se limite pas au temps de mise en route. Durant le stade 1, le document communiqué aux directeurs n’était que celui du ministère des Solidarités et de la Santé et sa formulation ne contenait aucune directive pour les personnels. Il indiquait : « En conséquence et sur les recommandations du MSS les enfants qui reviendraient de ces destinations [Chine continentale, Hong Kong, Macao, de Singapour, de Corée du Sud, ou des régions de Lombardie et de Vénétie en Italie], ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée pendant les 14 jours qui suivent leurs retours. Ils sont soumis aux mêmes préconisations que celles rappelées ci-dessus.

De même, les personnels relevant du ministère de l’Education nationale et de la jeunesse doivent être soumis aux mêmes préconisations, dès lors qu’ils reviennent des zones à risque ».  « Ne pas être envoyés » par les parents ne signifie pas « ne pas être accueillis » par l’école. Une telle formulation n’est pas une consigne donnée aux directeurs d’interdire l’accès des salles de classe à des élèves potentiellement porteurs du virus.

La psychose s’empare des parents

Dès lors, l’interprétation personnelle de chacun a fait son œuvre.  Ceux qui en avaient les moyens ont imprimé le courriel officiel pour toutes les familles. Les adeptes du « pas de vagues », ignorant le rôle des réseaux sociaux décrit par Martin Pimentel, l’ont discrètement affiché, espérant qu’il soit confondu avec les comptes rendus des conseils d’école que personne ne lit. Ici les parents de certains élèves ont été appelés, ailleurs on a fermé les yeux. Désormais, certains demandent vaguement  de penser à se laver les mains quand d’autres exigent de leurs élèves qu’ils passent toutes les heures leurs mains au gel hydro alcoolique. Mais, comme souvent, la volonté de ne pas affoler a pris le dessus sur celle d’une prévention efficace.

A lire aussi: Ivan Rioufol: «Le coronavirus révèle la fragilité du mondialisme»

L’hétérogénéité des pratiques signe donc une absence de volonté de cadrage clair en haut lieu et une confiance aveugle en la responsabilité individuelle et la fameuse « intelligence des acteurs de terrain ». Ceci est d’autant plus dommageable que le civisme sanitaire n’entre pas dans la culture française. Contrairement à la Finlande, où venir travailler malade constitue une faute en raison des risques de contagion que cela leur fait courir aux enfants dont on a la charge, une étude de la MGEN montre que 69% des enseignants déclarent être déjà venus travailler malades. Culpabilisés par l’assèchement du vivier de remplaçants qui condamne leurs élèves à des coloriages au fond de la classe d’un collègue, ou contraints financièrement par le jour de carence, ils sont donc nombreux à disséminer les virus dans les établissements. De même, il est courant qu’un enfant dopé aux antipyrétiques soit déposé souffrant au portail de l’école, dans l’espoir que la chimie masquera suffisamment longtemps sa fièvre et retardera l’appel inévitable de son enseignant pour venir le récupérer. Qui n’a pas entendu  à l’heure de la sonnerie  « Il avait mal au ventre et a vomi cette nuit, mais ce matin ça va » suivi du plaisir d’éponger le vomi et de chercher des sous-vêtements de rechange tout en faisant classe ? Et que dire d’un ministère qui semble découvrir à la télévision l’état des équipements sanitaires de certains établissements scolaires ? L’état-major ignore-t-il vraiment qu’aucun cahier des charges ne définit les moyens matériels minimaux à prévoir dans une école?

Les personnels fragiles négligés

Les propos et la gestuelle étudiés de Jean-Michel Blanquer ne masqueront pas la grande leçon à retenir des choix opérés face à l’épidémie : la culture de l’usager a conduit l’institution à préférer assurer la satisfaction de la clientèle en planifiant des cours par correspondance, plutôt que de s’inquiéter du sort des enseignants, cette ressource dont le ministre prétendait rendre la gestion plus humaine. Aucune information n’a donc été transmise aux plus fragiles d’entre eux alors que les études internationales mettent en lumière la surmortalité constatée chez les plus de 60 ans, les diabétiques, les personnes atteintes d’hypertension, de pathologies pulmonaires chroniques, de maladies cardiovasculaires ou de cancers. L’absence de médecine du travail dans l’Education nationale n’a pas permis de faire émerger le sujet, pas plus que d’appliquer un principe de précaution ciblé. Ces profils plus sensibles que d’autres ont donc continué à moucher des nez, essuyer des larmes, consoler des chagrins, soigner des plaies  et dispenser des consignes penchés sur le bureau des enfants.  Alors que les épidémiologistes reconnaissent le rôle des écoles dans la propagation de la grippe, peut-on réellement penser qu’il en ira différemment  avec  le coronavirus? Dès lors, sans aller jusqu’à la fermeture systématique des écoles, le ministre n’aurait-il pas dû faire preuve d’une attention plus particulière pour les enseignants appartenant aux catégories à risque?

A lire aussi: Voile: l’ambigu Monsieur Blanquer

Sans doute rassuré par les études qui montrent que les enfants développent rarement des formes sévères de la maladie, Jean-Michel Blanquer a  fait le choix de laisser les personnels fragiles au contact d’une population enfantine qui pourrait se révéler asymptomatique mais néanmoins infectée, donc contagieuse. C’est un pari risqué. L’avenir nous dira si c’était une erreur, mais quoiqu’il advienne, les enseignants savent désormais qu’aujourd’hui comme hier ils ne sont que des pions dont la santé importe peu.

« Le Monde » ne tourne pas rond


Le journal du soir reprend une fake news du collectif #noustoutes sur le consentement.


« Neuf femmes sur 10 disent avoir subi une pression pour avoir un rapport sexuel, selon une enquête ». Ce titre, paru dans le Monde daté du 4 mars, devrait entrer dans les annales des fake news. Tout est bidon. Il ne s’agit pas d’une enquête, mais d’une compilation de témoignages. Ce ne sont pas 90% des femmes qui disent avoir subi de telles pressions, mais, nuance, 90% des femmes ayant répondu à l’appel lancé par l’association #noustoutes. Bien sûr, cela n’empêche pas #noustoutes d’afficher sur les réseaux des punchlines comme « 1 femme sur 6 déclare que son premier rapport sexuel n’était pas consenti et désiré » ou « 70 % des femmes déclarent avoir eu un rapport sexuel, sans pression de leur partenaire alors qu’elles n’en avaient pas envie »

Les néo-féministes ont une vision déprimante des relations entre hommes et femmes et une conception terriblement normative des relations sexuelles

C’est pas des méthodes!

Le travail dont il est question n’est donc ni une enquête scientifique, ni un sondage, mais une compilation de témoignages. Les « répondantes » ne constituent nullement un échantillon représentatif, à partir duquel on pourrait extrapoler la position « des Françaises ». Il ne s’agit même pas d’un radio-trottoir, où on peut toujours espérer que le hasard vous fera tomber sur un spécimen représentatif d’homme de la rue.

Le questionnaire de #noustoutes reposait sur la base du volontariat. Celles qui ont choisi de répondre sont évidemment celles qui pensent qu’il y a un problème autour du consentement. En l’occurrence, ce sont surtout des jeunes femmes : sur les 100 000 qui ont répondu, les trois quarts ont moins de 35 ans et 42% moins de 25 ans. Soit parce que, comme le dit drôlement Mimie Mathy, il y a des physiques et des âges qui attirent plus « la pression », soit parce qu’elles sont plus endoctrinées que leurs aînées – soit pour un peu toutes ces raisons. 

A lire aussi: Yann Arthus-Bertrand féministe

En somme, on demande aux femmes qui pensent être victimes de témoigner et ensuite on dit : vous voyez bien que les femmes sont victimes. C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice.

On dira que les 100 000 femmes qui ont répondu ont bien subi des pressions, parfois des viols conjugaux. 

Comme toujours, on mélange tout. Le scandale réside précisément dans cette confusion entre les fameuses « pressions » et les « pénétrations non consenties » comme elles disent, avec entre les deux, toutes les phases de la torture sexuelle, comme la caresse non précédée d’une requête et d’un consentement explicites (j’exagère à peine).

Ne baratinons pas, on change d’époque

S’agissant des « pressions », on atteint le comble du ridicule. Ce ne sont pas 90% mais 100% des femmes qui ont déjà subi des pressions pour avoir un rapport sexuel et pardon, je crois savoir que pas mal aimeraient que ça continue. On pourrait ajouter que nombre d’hommes, les fourbes, mentent pour obtenir des faveurs sexuelles. Après tout, un type qui vous jure le grand amour et disparaît le lendemain matin, c’est traumatisant. Dommage, #noustoutes a oublié de demander aux filles si elles s’étaient déjà fait baratiner. 

La pression pour avoir du sexe, c’est l’histoire de l’humanité – et de la littérature. Les hommes insistent, les femmes font des mines. Grâce aux progrès de l‘égalité, les rôles peuvent être inversés : désormais les hommes aussi subissent des pressions. Je ne sache pas qu’ils s’en plaignent.

A lire aussi: César 2020: « Pas une révolte partagée par nous toutes »

Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de véritables abus et crimes. Leurs victimes devraient se rendre à la police au lieu de se plaindre à #noustoutes ou de balancer sur les réseaux. 

Caroline De Haas propose ses services

Il existe cependant un véritable problème chez les jeunes. La pression du groupe, des réseaux sociaux, sans oublier l’invasion du porno qui fait qu’on s’envoie des sextapes comme autrefois des billets doux, poussent des jeunes filles à accepter trop tôt des expériences dont elles ne veulent pas – au risque de se retrouver en prime exhibées par un mufle dans le cadre d’une « vengeance porno ». Caroline De Haas, qui aimerait peut-être ouvrir de nouveaux marchés à sa société Egae, en conclut qu’il faut imposer partout une « éducation au consentement » – ce qui est en fait le cœur de l’éducation. 

Sauf que notre marchande d’égalité est la dernière personne à qui on voudrait confier les générations futures. Les néo-féministes ont une vision déprimante des relations entre hommes et femmes et une conception terriblement normative des relations sexuelles. Un exemple, encore pêché chez #noustoutes : À la question, « Un partenaire vous a-t-il déjà pénétrée sans votre accord préalable alors que vous étiez éveillée ? », un quart des « répondantes » disent « oui ». Sauf que cela peut être brutal ou tendre selon les circonstances. De même, est-il choquant de se forcer un peu pour faire plaisir à son coquin ou à sa coquine – n’oublions pas que l’appétit peut venir en mangeant ? 

Alors moi aussi j’ai mené une enquête. Cent pour cent des femmes voudraient que De Haas et les autres arrêtent de s’occuper de leurs fesses.  

>>> En kiosque maintenant, Causeur #77 : Michel Onfray: «Le gauchisme rend possible tous les délires» <<<

Ivan Rioufol: «Le coronavirus révèle la fragilité du mondialisme»

0

L’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol fait désormais partie des intervenants de la webtélé des mécontemporains REACnROLL (5€ par mois). Lors de son dernier passage, auprès de Jean-Baptiste Roques, il est revenu sur l’épidémie de coronavirus qui nous menace.


 

Causeur vous propose de lire un extrait de leur échange. Vous pouvez trouver l’ensemble de la conversation et de nombreuses autres émissions ici pour 5€ par mois.

Verbatim

Jean-Baptiste Roques. Vous consacrez ce vendredi votre « Bloc-notes » sur votre blog du Figaro au sujet du coronavirus, avec le titre suivant « Le mondialisme victime du coronavirus ».

Ivan Rioufol. Oui, ce virus inattendu naturellement est révélateur des excès et de la fragilité du mondialisme. C’est particulièrement vrai pour la fragilité économique du mondialisme. On voit aujourd’hui que les bourses chancellent, on s’aperçoit que nous sommes très dépendants de la Chine qui a fermé une partie de ses unités de production automobiles, d’avions, de pièces détachées, d’électronique mais également de médicaments.

On a appris à cette occasion que l’Europe était dépendante de ce pays pour 80% des médicaments qui sont vendus chez nous (même l’aspirine, le doliprane, etc.) ! Si l’on doit se soigner, théoriquement, nous n’aurons plus accès direct à ces médicaments qui sont produits en Chine. C’est tout à fait effarant. Au nom du mondialisme, on a confié notre destin à des sources qui sont assez vulnérables.

D’ailleurs, Bruno Le Maire, notre ministre de l’économie, a eu raison de dire dès mardi qu’il fallait envisager des relocalisations, en induisant que les souverainetés avaient au fond quelque chose de bon. Enfin ! C’est ceci que j’analyse dans mon bloc-notes : le mondialisme dans sa structure idéologique ne peut pas répondre à cette crise dans la mesure où le mondialisme a fait précisément l’éloge d’un monde sans frontières, de la diversité, de la non-discrimination. Or si vous voulez, pour lutter face au poison du coronavirus, il faut naturellement ériger des protections, sans aller jusqu’à fermer les frontières, mais se replier, accepter qu’il y ait des discriminations, que l’on choisisse d’inviter qui l’on veut inviter… En résumé, aller à rebours de tout ce que l’on nous a appris à ne pas faire.

Les réticences de ceux qui parlent au nom du gouvernement, afin de nous faire comprendre que la frontière n’a rien à voir avec tout cela, sont intéressantes.

Sur le même sujet, l’éditorial d’Elisabeth Lévy: Médecins sans frontières

J’ai entendu lundi le ministre de la santé Olivier Veran nous dire que le coronavirus était à nos portes, mais qu’il n’était pas envisageable de fermer les frontières, car ça n’aurait pas de sens… Mais enfin ce qui n’a pas de sens c’est de dire qu’il y a des portes et qu’on ne va fermer les frontières. Jeudi matin, Sibeth Ndiaye de communiquer semblablement la même chose, en disant que les frontières physiques n’ont pas de sens pour un virus. Cette insistance-là et ces éléments de langage persistants me font comprendre que le pouvoir macronien qui s’est construit sur le mondialisme, sur le sans frontiérisme et sur la souveraineté européenne, craint par-dessus tout d’avoir à renier ses propres préceptes.

Retrouvez l’ensemble de l’émission du 28 février 2020 avec Ivan Rioufol
– Le coronavirus et la mondialisation
– La cérémonie des Césars et Roman Polanski
Rendez-vous sur RNR.tv

D’autant que j’ai vu qu’Israël a bel et bien fermé ses frontières concernant les Italiens. Les Israéliens font donc cette analyse que je partage : la frontière peut protéger d’un virus. Je mets donc en garde contre l’idéologie qui commence à aveugler me semble-t-il ce gouvernement et lui fait prendre des décisions incohérentes. À vérifier par la suite des évènements naturellement.

(…)

Je crains que ce gouvernement-là n’ait fait le pari que cette épidémie serait une épidémie bénigne, – elle n’a fait que deux morts pour l’instant en France [propos tenus le 28/02/2020 NLDR] – mais on voit bien avec quelle fulgurance elle s’installe, et je pense qu’il n’est pas raisonnable de se laisser bercer par des idéologies confortables en disant que le mondialisme malgré tout doit continuer à être défendu dans ses préceptes universalistes et dans cette abolition des frontières, des nations, des peuples, etc. Tout ce qui a fait précisément les faiblesses qui apparaissent aujourd’hui à travers cet événement dérisoire qu’est le coronavirus…

Jean-Baptiste Roques. Je note quand même que vous donnez un bon point à Bruno Le Maire pour sa remise à l’honneur d’une « souveraineté pharmaceutique » ?

Ivan Rioufol. Oui, c’était assez surprenant mais il l’a fait d’une manière très claire en disant qu’il n’est pas sain et en effet ce n’est pas sain d’avoir mis une partie de nos sources industrielles en pièces détachées et en médicaments au cœur de cette usine du monde qu’est devenue la Chine, qui grosso modo doit représenter à peu près 20 ou 30 % de l’activité mondiale aujourd’hui. Je me réjouis que le ministre de l’économie envisage aujourd’hui de revoir une politique économique dont certains disaient en effet qu’il fallait la revoir de toute façon. Je pense qu’il faut le faire assez vite.

>>> Retrouvez la suite de l’échange sur RNR.tv <<<

Les Traîtres

Price: ---

0 used & new available from

Paris, Lyon, Besançon: qui profitera de l’échec de LREM aux municipales?

0

Paris, Lyon et Besançon constituent le « triangle des Bermudes » des municipales pour la Macronie. Alors que la vie politique française n’est plus régie par l’opposition gauche / droite de l’ancien monde, il est difficile de savoir qui remportera la mise. David Desgouilles dévoile les coulisses de ces trois scrutins.


Nous vous avions laissés il y a quatre mois, sur la situation de ce « triangle des Bermudes » municipales d’Emmanuel Macron : Paris-Lyon-Besançon. Nous vous avions promis d’y revenir. Depuis novembre, de l’eau a coulé sous les ponts. De la Seine, du Rhône et de la Saône, et du Doubs enfin.

Le vote utile anti-Hidalgo n’est plus celui qu’on croyait

A Paris, nul ne l’ignore plus, Benjamin Griveaux a dû laisser la place à Agnès Buzyn. L’ancien porte-parole du gouvernement, avant qu’il ne décide de jeter l’éponge, n’était guère en bonne position dans les sondages. Non seulement, il ne parvenait pas à distancer le dissident Cédric Villani, mais il était carrément dépassé par Rachida Dati. Pendant que la candidate LR se tenait à une stratégie claire mise en œuvre par sa directrice de campagne Nelly Garnier, dont nous avions fait la recension de la note sur le vote de droite dans les métropoles, Benjamin Griveaux croyait bien faire en martelant l’idée que le bulletin qui porterait son nom constituait le seul vote utile pour battre Anne Hidalgo, et pratiquait du débauchage d’élus à droite et à gauche. L’inconvénient de cette idée de vote utile, c’est qu’elle ne fait véritablement effet qu’au moment du vote. Et que nul ne sait qui sera le bénéficiaire du fameux vote utile. Griveaux aurait dû savoir que c’est seulement dans les derniers jours, alors que les derniers sondages sont connus qu’il faut user de cette méthode. Maintenant que le message a infusé, l’idée de vote utile ne profite plus qu’à Rachida Dati, laquelle n’a même pas besoin de l’invoquer elle-même. Dommage LREM !

La droite parisienne semble rentrer dans le rang, Villani perd son capital sympathie

Notons avec un léger sourire que les pontes de LR, Sarkozy et Baroin en tête, viennent aujourd’hui au secours des excellents sondages de Rachida… Elle ne bénéficiait pas d’autant d’égards en novembre, quand le très sarkozyste Frédéric Péchenard, par exemple, ne faisait allégeance qu’à son maire d’arrondissement, évitant de citer la candidate. D’autres maires d’arrondissement, dans le 6e ou le 17e, n’excluaient pas non plus de négocier avec Griveaux.

A lire aussi: Aurélien Pradié (LR): «La métapolitique, je m’en contrefous!»

Aujourd’hui, certaines études placent Dati devant Anne Hidalgo, laquelle plafonne et ne semble devoir son salut qu’à un éventuel ralliement des écologistes entre les deux tours. Quant à Agnès Buzyn, si elle n’arrive pas à freiner la progression de Dati, elle a repris quelques points à Cédric Villani qui s’effondre. La valeur ajoutée « sympa » du mathématicien a disparu avec le renoncement de Griveaux.

La métropole lyonnaise promise à Collomb, pour la municipalité c’est moins sûr

Dans la capitale des Gaules, on aura deux bulletins. L’un pour la Ville, l’autre pour la Métropole. Rappelons-le, Gérard Collomb ne voulait que la seconde et c’est d’ailleurs ce qui a déclenché la dissidence de David Kimelfeld, lassé de passer pour une annexe de Manpower. Pour le vote direct à la Métropole, l’ancien ministre de l’Intérieur fait encore figure de favori.

A relire: Si seulement Gérard Collomb avait été ministre de l’Intérieur…

En revanche, le jeu paraît bien plus ouvert pour la conduite de la municipalité lyonnaise. Yann Cucherat semble avoir été choisi par Gérard Collomb en raison du peu d’ombre qu’il pourrait lui faire. Et comme dans d’autre grandes villes, tout cela profite à une gauche ayant porté à sa tête de liste un représentant d’EELV. Grégory Doucet fait donc pour l’instant la course en tête.

Le candidat LR Etienne Blanc semble en moins bonne posture que Rachida Dati à Paris. Comme on voit mal ce proche de Laurent Wauquiez fusionner ou appeler à voter LREM pour faire barrage à la gauche, son maintien au 2e tour rend le résultat final plus qu’incertain. Aussi, la perspective d’assister à une cohabitation entre Collomb à la Métropole et un écologiste à la ville-centre semble aujourd’hui très probable. De quoi alimenter les gazettes entre Rhône et Saône pendant six ans, et maudire celui qui a eu l’idée de ce double-vote…

À Besançon aussi, EELV séduit. Mais attendons que les électeurs découvrent les idées farfelues de sa candidate

À Besançon, la protégée du maire sortant LREM Jean-Louis Fousseret a finalement lancé sa liste en décembre. Alexandra Cordier n’apprécie certes pas qu’on rappelle qu’elle a brigué l’investiture du parti macroniste dont elle a été la référente depuis sa création dans le Doubs. Mais aujourd’hui exclue par LREM, elle mène une campagne « sans étiquette », faisant comme si elle n’avait jamais été membre de ce parti.

Le dernier sondage, publié fin janvier, ne la situait qu’à 6%, mais elle continue d’afficher un optimisme à toute épreuve.

A lire aussi: Municipales: qui n’a pas son voile ?

Le candidat macroniste officiel, Eric Alauzet, semble porter sur ses épaules le lourd fardeau d’une investiture qu’il a pourtant obtenue de haute lutte. Comme à Paris et à Lyon, représenter le parti du président de la République n’a rien d’une sinécure ces temps-ci. Sa chance est sans doute d’avoir des concurrents dotés d’un charisme encore inférieur au sien, ce qui n’était pas couru d’avance. Celle qui caracole en tête du sondage de janvier est Anne Vignot, candidate EELV de la gauche unie. De la tendance Julien Bayou dans le parti écologiste, c’est-à-dire de la frange au « gauchisme culturel » le plus marqué, elle fait diablement penser à Eva Joly en 2012 sur le mode: « En général, on ne comprend rien à ce qu’elle dit mais quand on comprend, c’est encore pire » ! Sa première proposition médiatisée avait été de créer une pièce d’identité municipale permettant aux transgenres de se prévaloir de droits que la carte d’identité nationale ne permet pas. Gageons que si elle est élue, et qu’un grand moustachu souhaite s’inscrire au club féminin de basket-ball en se prévalant de ladite pièce d’identité locale, la vie bisontine risque d’être animée, ainsi que le prétoire du tribunal administratif de la ville.

Mais c’est finalement Yannick Jadot qui nous a donné des motifs d’être rassuré. Cité par la page 2 du Canard Enchaîné, il aurait expliqué que le vote écolo était surestimé en attendant que les électeurs fassent vraiment connaissance avec les candidats EELV. Peu aimable avec ses amis, mais lucide ?

À Besançon, on a l’étiquette LR honteuse

Enfin, le candidat LR Ludovic Fagaut a fait le choix de mettre son drapeau dans sa poche, contrairement à Rachida Dati et à Etienne Blanc. Il a même débauché une élue ex-PS qui, une semaine avant, était photographiée tout sourire dans la permanence… d’Alexandra Cordier.

Malgré des projets intéressants, comme Port-Citadelle ou la constitution à moindre coût d’autoroutes cyclables, il a souhaité faire campagne au centre, pourtant déjà embouteillé par Alauzet et Cordier.

Le RN bisontin se frotte les mains…

Tout cela pourrait bien profiter au candidat RN Jacques Ricciardetti qui capitalise sur le feuilleton policier du quartier de Planoise. Plusieurs blessés par balle ont déjà alimenté la chronique et rappellent furieusement les règlements de compte des quartiers Nord de Marseille. Dans une telle ambiance, le RN n’a même pas besoin de faire campagne pour espérer participer au second tour.

Arrivé à la fin de cette chronique sur ce fameux « triangle des bermudes LREM » Paris, Lyon, Besançon, force est de constater que dans ces trois villes, aucun favori ne se dégage clairement. Une étude parue récemment chez nos confrères du Monde indiquait que 49% des électeurs n’avaient pas encore pris leur décision. Le même sondage montrait aussi que ce sont les listes de gauche qui étaient les plus fragilisées par ces incertitudes de vote, au contraire du RN, de LR et de LREM (plus de 60% de sûreté).

Reste enfin une dernière incertitude qui pourrait bouleverser le scrutin partout : celui du coronavirus. Où en sera l’épidémie dans dix jours ? Poussera-t-elle l’électorat âgé, d’habitude le plus assidu aux urnes, à rester à la maison ? Il nous faudra sans doute y revenir. Dans les colonnes de Causeur, dès le lendemain du premier tour, si vous en êtes d’accord.

Leurs guerres perdues

Price: ---

0 used & new available from

Russie: la Constitution définit désormais le mariage comme «une union entre un homme et une femme»

0
© Omer Messinger/ NurPhoto/ AFP

Une majorité de Russes s’obstine à désapprouver l’idée de mariage homosexuel


Les associations pro-LGBT ne cessent de nous le rabâcher : la Russie serait désespérément homophobe. Du moins pas assez « gay-friendly » pour complaire aux standards occidentaux.

« Parent un et parent deux », pas le truc des Russes

Et la réforme constitutionnelle récemment votée par les députés de la Douma n’arrange rien. Comme l’avait annoncé le président Vladimir Poutine dans son discours à la nation du 15 janvier, la Constitution définit désormais le mariage comme « une union entre un homme et une femme ». D’après la députée Russie unie (pro-Poutine) Olga Batalina, cet amendement prémunit la Fédération russe contre le mariage gay, l’homoparentalité et l’usage de formules aussi absurdes que « parent un et parent deux ».

À lire aussi: Le British Museum invente l’art LGBT

Horreur, malheur ! Sans craindre l’amalgame, le Center for Independant Social Research dénonce une propagande antigay faisant le lit des violences homophobes. À en croire cette ONG basée à Saint-Pétersbourg, les crimes contre les gays et les lesbiennes n’auraient fait qu’augmenter depuis la loi de 2013 interdisant « l’information auprès de mineurs au sujet des relations sexuelles non traditionnelles ». En attendant d’être rééduqués en hôpital psychiatrique, une majorité écrasante de Russes s’obstine à désapprouver l’idée même de mariage homosexuel.

L’homosexualité dépénalisée par Poutine

L’Église orthodoxe, réputée conservatrice, corsèterait-elle les consciences ? Pas sûr. En pleine répression stalinienne antireligieuse (1934), Gorki condamnait l’homosexualité dans des termes que le Kremlin n’oserait aujourd’hui jamais employer : « Dans les pays fascistes, l’homosexualité ruineuse pour la jeunesse fleurit partout impunément, dans les pays où le prolétariat s’est audacieusement emparé du pouvoir, l’homosexualité est un crime social et est sévèrement punie. »

L’État russo-poutinien a dépénalisé l’homosexualité en 1993.

Greta, intersectionnels, indigénistes : ils vomissent l’Occident

0
greta intersectionnalite occident nogaret biasoni
Grea Thunberg reçue à la Commission européenne par la présidente Van Der Leyen, mars 2020. Auteurs : Sierakowski/Isopix/SIPA. Numéro de reportage : 00948150_000009

Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel.


Lors de son dernier discours à Madrid, puis dans une tribune de Project Syndicate (29 novembre 2019) Greta Thunberg a déclaré : « La crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. »

Adèle Haenel en pointe

La rapidité avec laquelle certaines idées circulent puis s’intègrent dans un discours anti-Occident est stupéfiante. Ainsi, en sus de son combat pour l’écologie, dans un mouvement « intersectionnel » perpétuel, Greta Thunberg est-elle parvenue à désigner les fautifs : les anciens pays colonisateurs (uniquement les pays occidentaux), les racistes (uniquement les Blancs) et les systèmes patriarcaux (hormis ceux de la tradition coranique).

De la même manière, dans un entretien donné au New York Times, Adèle Haenel a pu expliquer que la « vraie censure dans le cinéma français, c’est l’invisibilisation » ; puis questionner : « Où sont les gens racisés dans le cinéma ? » ; et conclure : « Pour l’instant, on a majoritairement des récits classiques, fondés sur une vision androcentrée, blanche, hétérosexuelle ». (sic)

Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel. Et il cumule ces tares sur une seule aire géographique : l’Occident. Selon ce mythe, lui seul a colonisé des terres. Lui seul a conquis des territoires. Lui seul a fait de la traite des noirs africains un commerce monstrueux et lucratif. Lui seul a condamné les femmes aux pires tourments et à « l’invisibilisation ». Et lui seul a des comptes à rendre.

A lire aussi : Les damnés de la France

Stratégie de pouvoir

L’excellent livre d’Anne-Sophie Nogaret et Sami Biasoni, Français malgré eux, montre comment fonctionne, jusqu’à la bêtise, ce mouvement qui aimerait bien passer pour révolutionnaire, mais qui n’est en réalité qu’une façon de prendre le pouvoir (ou de garder un poste) en différents points stratégiques, l’université en tête ; ou de faire briller la coquille vide du « moi », ce « moi » qui ne regarde que lui et a trouvé dans le discours victimaire et « intersectionnel » le moyen de faire croire qu’il regardait aussi, de temps en temps, ailleurs, c’est-à-dire hors de lui, voire loin de lui. Ce qui n’est pas le cas.

Cette double ambition, pouvoir pragmatique et valorisation du « moi », n’est pas antinomique, et la « pensée » intersectionnelle est une arme efficace qui sert aussi bien l’une que l’autre. À l’intersection des potentielles et supposées discriminations auxquelles m’exposent ma couleur de peau, mon orientation sexuelle, mon obésité, mon handicap, mon accent, mon âge, mon « genre »…, je peux exhiber mon « moi » unique et égoïste, étaler une fausse compassion, cacher un véritable ressentiment, et bousculer ce que j’appelle l’ordre établi et dominant, lequel est idéalement représenté par l’homme blanc hétérosexuel occidental de plus de cinquante ans que je peux chasser pour prendre sa place.

Macron contre les « mâles blancs »

Ainsi voyons-nous aujourd’hui, en France, de plus en plus souvent, des ateliers non-mixtes ou des camps décoloniaux refuser leur accès aux Blancs, ou aux hommes, ou aux hétérosexuels, sous prétexte de « se défaire du joug de “l’influence du dominateur” ».

Ainsi avons-nous entendu le président de la République évoquer à deux reprises les « mâles blancs » quadras ou quinquagénaires (lors de son discours au Collège de France sur l’Intelligence artificielle et lors de la présentation du plan « banlieues »).

Ainsi, nous rappellent les auteurs de Français malgré eux, lors d’un colloque à l’université Paris 1 intitulé « Approches phénoménologiques du genre et de la race », la « philosophe » Manon Garcia a-t-elle pu asséner : « Je ne suis pas sûre que la femme dans son harem ait tellement moins de liberté que la catholique versaillaise mère au foyer, en fait ».

A lire aussi, Céline Pina: Il semble que les César n’auront pas lieu finalement

Ainsi, la « philosophe » Marion Bernard, lors du même colloque durant lequel l’alcool a dû couler à flots, narrant une expérience de rencontre avec une « nounou » noire dans un jardin public, a-t-elle pu tituber à voix haute : « Je deviens moi-même un personnage en deux dimensions […] en couleur, ou plutôt en non-couleur. Non-couleur qui décolore mon fils du même coup, le blanchit et le sépare de moi […] Nous avons ce lien nouveau entre nous, désagréable et honteux, qui me fait peur, la blancheur en partage, visible et gênante. Tout à coup, il est moins là que les autres enfants. » (sic, sic, sic !).

SOS universalisme

Sous l’influence de « concepts » anhistoriques, anachroniques et « intersectionnellement » victimaires, Greta Thunberg, Adèle Haenel, Delphine Ernotte, Eric Fassin, Rokhaya Diallo, Manon Garcia et mille autres, participent au même mouvement de dénonciation du même coupable et jubilent de voir leur moiversalisme bavard et flou remplacer cet encombrant, historique et philosophique universalisme. La quête de vérité, la saine curiosité, l’envie de lire autre chose que des tracts, les notions de bien et de mal, se voient évincées par des valeurs progressistes portées en étendard et variant au gré des modes ou des ambitions personnelles. Le « moi » décomplexé et ignorant a des combats dont il est fier et qui finissent en parades. Cela suffit à le satisfaire.

Mais ces luttes « intersectionnelles » et factices ne tromperont leur monde que le temps nécessaire à l’étalage total de leur bêtise. Déjà, Etienne Balibar, qui n’est pas réputé pour son conservatisme ou son esprit réactionnaire, a réagi très vivement lors d’un débat entre étudiants et universitaires plus ou moins « racisés » mais totalement « décoloniaux » lorsqu’un intervenant a réclamé « le meurtre du philosophe blanc hétérosexuel » (?!) : « Le livre de Norman (Norman Ajari, auteur du livre débattu ce soir-là), a tenu alors à préciser vertement Etienne Balibar, ne contient pas un seul bloc d’argumentation qui ne vienne pas de la raison classique. Il n’y a pas un seul raisonnement, il n’y a pas une seule construction de pensée, pas une seule critique dont vous pourrez dire “Ah oui, là, ça vient du fond de l’Afrique !” Pas du tout ! tout ça provient de Hegel, à travers Fanon ». À force de pousser pépère dans les orties, même le plus conciliant des pépères se rebiffe !

100% de dette: pourquoi c’est un problème ?

0
Bercy, ministère de l'économie et des finances. © Mario FOURMY/ SIPA

Emmanuel Macron réalise un double exploit. Celui du manque de sérieux et du mépris des Français.


Loin d’améliorer la situation des finances publiques comme il s’y était engagé, Emmanuel Macron nous a au contraire confortablement installé dans le club très fermé des pays dont la dette publique dépasse les 100% du PIB. Ce seuil, ô combien symbolique, marque en soi le renoncement d’un président qui a « laissé filer » les comptes de la nation dans l’unique objectif d’atténuer son impopularité. Celle-ci est la fille d’une certaine forme d’arrogance du président dans ses manières vis-à-vis des Français et, plus fondamentalement, de la décision absurde prise en 2018 de relever la taxation des carburants. Cette double faute, de forme et de fond, a embrasé la révolte populaire des Gilets Jaunes qui a fait très peur au locataire de l’Élysée, sommé et contraint, non seulement d’abandonner les hausses de taxes prévues, mais aussi de sortir un Canadair budgétaire fait de distribution de pouvoir d’achat et baisses d’impôts, pour éteindre cet incendie social menaçant. En face, la dépense publique, elle, n’a fait que croître et ce, malgré la chute du coût annuel de notre dette publique qui est passé de 44 milliards d’euros en 2016 à 38 milliards d’euros selon les prévisions pour 2020 ! 6 milliards d’économies donc, entièrement englouties dans les dépenses courantes.

De la poudre aux yeux

Cette stratégie budgétaire du gouvernement parvient à maintenir artificiellement un taux de croissance légèrement au-dessus de 1% et faire un peu baisser le chômage, mais au prix de déficits abyssaux (environ 100 milliards d’euros), et d’une dette qui continue à enfler. Paradoxalement, le monde économique ne s’en alarme plus. Alors que pendant des années, on nous expliquait qu’au niveau de 100% du PIB la dette publique devenait insoutenable et que les risques inhérents au franchissement des critères de Maastricht et du fameux ratio de 60% de dette sur PIB, véritable « frontière du raisonnable », étaient cataclysmiques, subitement, être à 100% de dette/PIB n’est plus un problème. Pourquoi ? Parce que grâce aux tombereaux de liquidités déversées par les principales banques centrales du monde, les investisseurs nationaux et mondiaux se ruent sur les dettes publiques considérées comme « sûres ». L’Allemagne, les Pays-Bas et quelques autres pays « vertueux » empruntent à 10 ans à des taux franchement négatifs. La France fait un petit peu moins bien puisqu’elle se situe marginalement en dessous de 0. Cette exubérance atteint d’ailleurs des sommets d’irrationalité, comme en Grèce. Pays tombé en faillite en 2011 et toujours lesté d’un ratio de dette sur PIB à 180%, il doit s’acquitter d’un taux de… 0,9% par an pour sa dette à 10 ans !

Nos amis européens font mieux

Ainsi conforté par la complaisance des marchés financiers, Jupiter se dit : « pourquoi s’en faire ? »

Hollande avait déjà franchi ce seuil symbolique durant son quinquennat. Mais en 2017, les Français ne pensaient-ils pas avoir installé à l’Élysée un président «sérieux»?

Pourtant ce je-m’en-foutisme ne semble pas être partagé par la plupart de nos partenaires européens.

En mettant de côté nos amis italiens qui gèrent leurs finances publiques avec le sérieux de la Commedia Del Arte, le reste de l’UE s’est engagé dans une vigoureuse politique de réduction de sa dette. En témoigne l’évolution du ratio de dette sur PIB de l’Union Européenne (Royaume-Uni exclu) de fin 2014 à 2019 (3ème trimestre) : une baisse de 86,4% à 79,5%. Idem pour la zone euro : de 92,8% à 86,1%.

À lire aussi: Italie : monnaie européenne, dette nationale

Il est possible d’admettre que ces résultats sont largement imputables à l’Allemagne qui réalise une performance incroyable, celle de faire baisser sur cette période son taux d’endettement de près de 14,5 points (de 75,7% à 61,2%). Toutefois, cet argument perd de sa consistance car, dans ce processus de désendettement, l’Allemagne n’est pas seule: les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Portugal et hors zone euro, la Suède, la Pologne et le Danemark contribuent à cette réduction. De son côté le Royaume-Uni est bien moins endetté que nous, à 84,2%.

Un long chemin de croix

Pour la France, en revanche, les chiffres n’ont cessé de se détériorer. De 64,7% à l’aube de la crise en 2007, le ratio dette/PIB bondit à 94,9% en 2014. À compter de cette date et alors que la baisse s’amorce sur le continent, la trajectoire de la dette française poursuit sa dérive pour atteindre 98,4% du PIB à la fin de 2017, première année de la présidence Macron, pour atteindre 100,5% au terme du 3ème trimestre 2019. Hollande avait déjà franchi ce seuil symbolique durant son quinquennat. Mais en 2017, les Français ne pensaient-ils pas avoir installé à l’Élysée un président « sérieux » ?

À lire aussi, Louis Aliot: Macron a échoué en Europe

Le danger que représente ce niveau de dette n’est pas tellement son énormité, et pas davantage la violente et rapide remontée des taux d’intérêts à craindre, pour l’heure heureusement assez hypothétique. Non, le danger provient de l’absence totale de marge de manœuvre dont dispose désormais le gouvernement pour le cas, beaucoup moins hypothétique celui-là, où une récession / crise économique venait à nouveau nous frapper. Celle de 2008 avait déjà fait exploser notre endettement. Imaginons un instant ce qui se passerait si un tel retournement de cycle se reproduisait. Quel serait alors notre niveau de dette publique ? 110, 120 ou 130% du PIB ?

L’Allemagne et ses satellites eux, disposent de matelas leur permettant au besoin de relancer leur économie par le déficit budgétaire s’ils sont touchés par une récession car ils ont reconstitué leur coussin de sécurité. Pas nous. Nous sommes même « au taquet ».

Ce qu’on ne veut pas voir

Mais pourquoi craindre une crise, nous dira-t-on ?

Tout d’abord, l’économie mondiale vient de connaitre près de 10 ans de croissance vigoureuse et comme l’énonce le dicton, « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Ensuite, les « bazookas monétaires » des banques centrales inondent les marchés de liquidités et génèrent, ce faisant, de graves déséquilibres financiers. À titre d’exemple, favorisé par des taux d’intérêt ultra-bas, l’endettement des ménages et des entreprises atteint selon le FMI 188.000 milliards, soit 230% du PIB mondial. Un niveau quasi inédit depuis la Deuxième Guerre mondiale.

La valeur des entreprises en bourse est également à un niveau extrêmement élevé, particulièrement aux USA. Quant à l’immobilier, il est à des prix dangereusement stratosphériques dans toutes les grandes métropoles du monde. Sans compter les « cygnes noirs » – phénomènes imprévisibles – qui peuvent faire dérailler l’économie mondiale, comme cette crise du coronavirus dont les conséquences aussi bien sanitaires qu’économiques sont encore incalculables.

Le pire n’est jamais sûr mais à ce degré de non-préparation, le moindre choc peut devenir systémique. Emmanuel Macron n’est pas sérieux. En refusant de s’attaquer à ce qui ruine la France (immigration, concurrence déloyale, fraude sociale et fiscale, contribution nette au budget de l’UE, « mille-feuille administratif », etc.) il nous laisse vulnérables. Et de la part du président « sérieux, compétent et rigoureux », c’est intolérable.

Rien dans le Slip français

0
© D.R.

Le made in France en prend un sacré coup. Face aux desiderata de la bien-pensance, le Slip français tend la joue gauche.


Depuis le début de l’année, une méchante affaire secoue Le Slip français®, marque symbole du « made in France ». Aux premiers jours de janvier, circulent sur Facebook des vidéos où l’on voit trois joyeux drilles avinés, l’un grimé en noir, l’autre déguisé en singe, danser sur fond de Saga Africa en mimant des cris simiesques. En quelques jours, la Toile identifie deux des salariés du Slip français. Si ces derniers évoquent une « simple soirée entre potes » et se désolent qu’elle ait été « mal interprétée », SOS Racisme sort les grandes orgues de l’indignation tout en se félicitant de la réaction du Slip français. Par la voix de son PDG, le groupe a fait savoir que les salariés incriminés avaient été convoqués et suspendus à titre conservatoire. Interrogé par Causeur, le service presse de la marque n’a pas précisé s’ils avaient été licenciés.

Pour faire bonne figure, le Slip français s’est engagé à mettre en place avec SOS Racisme « un programme de sensibilisation aux problématiques du racisme et des discriminations » au sein de l’entreprise. Juridiquement, sur le site Droit Travail France, l’avocate Ingrid Tonet s’interroge : les comportements privés, aussi répréhensibles soient-ils, justifient-ils des sanctions professionnelles ? Réponse : oui en cas de « trouble objectif », en l’occurrence les dégâts causés à l’image du Slip français. Le problème, c’est qu’au nom de cette notion floue, un patron peut interdire à ses salariés de manifester le week-end ou d’afficher un peu trop bruyamment leur orientation sexuelle. Quant à l’apologie de la haine raciale, il revient aux tribunaux de la juger.

À lire aussi: Une carte pour relancer le Made in France?

Ce n’est pas la première fois que le slip tricolore s’incline devant les oukases de l’antiracisme. Il y a un an et demi, sa direction s’était excusée après la publication d’une publicité sans représentant de la diversité. Aux yeux de certains clients prêts à débourser une somme conséquente pour soutenir ce qu’il reste de textile hexagonal, la potion ne passe plus. Pour preuve, voici un des nombreux messages de récriminations envoyés au Slip français : « Bonjour, je vous remercie de vous être une nouvelle fois pliés comme des larves devant le politiquement correct et l’antiracisme idéologique. […] Je vais de ce pas visiter une dernière fois votre site Internet pour trouver l’adresse où renvoyer votre slip gauchiste. Je ne vous salue pas et vous souhaite un bon effondrement. » Le slogan du SF plastronne : « Vous voulez changer le monde. Commencez par changer de slip. » Il est peut-être plus urgent de le remplir.

Emmanuel Macron invoque la République… et oublie la France

0
Le président français en déplacement à Mulhouse le 18 février 2020 © Jean-Francois Badias/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22429774_000009

Retour sur le discours de Mulhouse: de l’incapacité d’Emmanuel Macron de parler de « la France »


S’il y a un domaine où le président Macron ne pratique pas le « en même temps », c’est dans sa manière de parler de la France, en évitant systématiquement de la désigner.

En effet, en recherchant toutes les occurrences du mot « France » dans le discours du 18 février 2020 que le président de la République a prononcé à Mulhouse sur le séparatisme islamiste, on s’aperçoit qu’Emmanuel Macron ne l’utilise que comme complément circonstanciel de lieu (« en France ») ou comme complément de nom, pour parler par exemple des musulmans de France. En revanche, il n’utilise jamais le nom « France » pour parler de notre pays et lui préfère systématiquement le vocable très politico-administratif de « République » (79 occurrences dans tout le discours). Une seule exception à cette règle linguistique auto-imposée figure dans son intervention, vers la fin, mais justement pour dire du mal de la France.

Identité, le mot n’est pas sale: la France ce n’est pas seulement la République

Après avoir annoncé les mesures prises pour lutter contre le « séparatisme islamiste », le président Macron revient, dans des termes à vrai dire assez peu clairs, sur la manière dont le problème islamiste – dont il reconnaît l’ancienneté – a été traité jusque-là, en « stigmatisant », mais, ajoute-t-il, cette stigmatisation « rassurait une partie de la France parce qu’il en humiliait une autre ». Ainsi donc, quand Emmanuel Macron désigne « la France », ce n’est que pour évoquer ses prétendus relents racistes. Mais quand il s’agit pour le président de parler de notre pays pour ce qui doit en être préservé et protégé, il ne reste plus que « la république », les institutions en somme, débarrassées de tout l’aspect charnel, affectif, émotionnel, débarrassées aussi des 1300 ans d’histoire qui ont précédé l’instauration de la première république en 1792, et qui constituent pourtant tout ensemble le cœur battant de la nation et son ciment fédérateur.

Il n’y a pas une culture française…

Ces omissions sémantiques pourraient être considérées comme anecdotiques si elles n’étaient pas l’écho d’un invariant chez le président de la République. Comme le rappelle très justement le journaliste Yves Mamou dans le portrait qu’il dresse de notre président dans Le grand abandon – les élites françaises et l’islamisme (L’Artilleur, 2018), Emmanuel Macron a plusieurs fois démontré son scepticisme quant à l’existence d’une identité culturelle française à préserver. Début février 2017, en pleine campagne électorale, le voilà qui affirme sans ambages « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse ». Quelques jours plus tard, à Londres, Macron récidive : « l’art français, je ne l’ai jamais vu ». Mais surtout, Macron se montre convaincu de la responsabilité de la société française dans le terrorisme dont elle est victime : « Quelqu’un sous prétexte qu’il a une barbe ou un nom à consonance qu’on pourrait croire musulmane a quatre fois moins de chances d’avoir un entretien d’embauche qu’un autre » (ce qui est d’ailleurs faux) ; « Nous avons construit la capacité à fermer la porte ».

A lire aussi, Michel Onfray: Le gauchisme tendance rend possible tous les délires

La conviction du président que la France est un pays qui mériterait presque son malheur djihadiste est déjà là. D’autant qu’à ces expressions de sollicitude envers la diversité se mêlent plusieurs anecdotes illustrant le profond mépris d’Emmanuel Macron pour les « les gens qui ne sont rien », les « illettrés », les « fainéants », ces « salariés » dont il juge la vie bien plus douce que « les entrepreneurs ». Pas avare de contradictions, il a beau prétendre, à l’aube du premier tour, pour amadouer les lecteurs conservateurs du magazine Causeur, que « la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle », il aura pourtant hurlé à Marseille, quelques jours avant, « je vois les Arméniens, les Comoriens, les Italiens, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, (…), je vois quoi, je vois des Français ! », déclaration auquel fera écho son adresse au « peuple de France » – au pluriel peut-être ? – plutôt qu’au peuple français dans son discours de l’entre-deux tours.

Numéro 45, avril 2017 © Causeur
Numéro 45, avril 2017 © Causeur

Ces Français « de souche » méritent-ils ce si pesant mépris présidentiel ? Ils sont pourtant loin d’être intolérants, comme le démontrent année après année les rapports annuels sur la question de la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’homme). Aucune « ratonnade », aucune explosion des crimes et délits à l’encontre des musulmans n’ont accompagné la vague d’attentats islamistes effroyables que la France a connu et son long cortège de victimes. Tout cela alors que notre beau pays, qui a été le premier d’Europe à accueillir des immigrés en nombre dès le milieu du 19è siècle, compte aujourd’hui l’un des pourcentages de musulmans le plus élevé des pays occidentaux.

Le malaise des Français d’abord

Non, Emmanuel Macron, les Français n’ont aucune satisfaction à voir les musulmans dans leur globalité, « humiliés » comme il l’a prétendu à Mulhouse. Il y a en revanche un vrai malaise des Français, dans des proportions qui dépassent largement le clivage gauche-droite, devant les expressions de l’islam fondamentaliste, comme l’analyse très justement Philippe d’Iribarne dans son livre Islamophobie, Intoxication idéologique (Albin Michel, 2019) ainsi que dans les colonnes du Figaro en novembre 2019.

A lire aussi, Jérôme Leroy: Avec le président, luttons contre le séparatisme!

S’ils sont tolérants, les Français n’en restent pas moins profondément attachés à leur identité culturelle. Leurs préventions contre l’islam fondamentaliste apparaissent bien légitimes dans la mesure où elles sont issues, non pas de leur hostilité vis-à-vis des musulmans en général, mais de l’inquiétude qu’ils ont quant à la préservation de leur mode de vie, au respect de l’histoire et d’eux-mêmes en tant que peuple issu de cette histoire. C’est tout l’objet de l’analyse de Laurent Bouvet dans son essai L’insécurité culturelle (Fayard, 2015). On aurait espéré qu’Emmanuel Macron, reconnaissant enfin le problème du « séparatisme islamiste », comprenne que la séparation suppose l’existence de ce dont on veut se séparer, et que cela, précisément, c’est la France, au sens à la fois historique et quotidien, au sens des us, des coutumes et des mœurs, au sens du peuple qui l’incarne, de tout ce qui le caractérise et le distingue des autres peuples du monde, au sens de son identité profonde en somme – le mot n’est pas sale ; ce n’est pas seulement « la république ».

La France ne peut pas se résoudre à se passer d’elle-même

Dans La cause du peuple (Perrin, 2016), Patrick Buisson explique comment Nicolas Sarkozy a suscité l’enthousiasme des Français par une campagne électorale fondée notamment sur leur aspiration commune à « l’antépathie » – l’attachement au passé – et à « l’incarnation hiératique » d’une certaine idée de la France qu’ils attendent de leur président. Assez logiquement, l’échec du même en 2012 est avant tout la sanction d’une mandature au cours de laquelle le président n’a rien su conserver de la hauteur, de la verticalité et de la densité dont il avait, en tant que candidat, fait la promesse implicite aux Français. L’historien Vincent Duclert s’appuie sur les mots du Général De Gaulle en ouverture de ses Mémoires de guerre (« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France… Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la France ») pour expliquer que « la première des exigences qui fondent la France telle qu’elle existe aujourd’hui réside bien dans cet engagement des personnes à penser et à imaginer la nation. Cette donnée cardinale est une disposition intellectuelle, c’est la raison critique grâce à laquelle les Français ont toujours pu conjurer la disparition des valeurs qui les maintiennent ensemble ».

A lire aussi: Macron a trouvé sa Léonarda

Emmanuel Macron devrait se rappeler des enseignements de la campagne Sarkozy et se méfier de ses penchants modernistes, pour ne pas dire post-modernistes, et des ambitions multiculturalistes qui en découlent. Ce pays aux racines judéo-chrétiennes et gréco-latines, à l’histoire et à la culture si riches et si remarquables, ne se résoudra pas à se passer aussi facilement de lui-même. C’est en reconnaissant que l’on est comptable d’un passé, d’une histoire, d’une identité que l’on peut prétendre à élaborer un projet pour l’avenir. Macron devrait ainsi méditer cette réflexion du grand écrivain anglais G.K. Chesterton : « De toutes les raisons de mon scepticisme devant cette habitude moderne de tenir les yeux fixés sur l’avenir, il n’est pas de plus forte que celle-ci : tous les hommes qui, dans l’histoire, ont une action réelle sur l’avenir avaient des yeux fixés sur le passé. »

La cause du peuple

Price: ---

0 used & new available from

Le grand abandon: Les élites françaises et l'islamisme

Price: ---

0 used & new available from

Islamophobie: Intoxication idéologique

Price: ---

0 used & new available from

L'insécurité culturelle

Price: ---

0 used & new available from

Enquête sur l’œuvre artistique de Piotr Pavlenski

0
Piotr Pavlenski. © Martini Virgilio/ SIPA

La chute de Benjamin Griveaux a fait connaître aux Français l’étrange visage de Piotr Pavlenski. D’abord qualifié d’artiste, puis de pseudo-artiste, il est désormais principalement désigné comme activiste. Ce flottement sémantique traduit une difficulté à comprendre le personnage. Si, au plan moral et politique, chacun peut se faire un avis, sa dimension artistique reste passablement hermétique.


Né en 1984, Piotr Pavlenski fait des études d’art à Saint-Pétersbourg, avant de se faire connaître par des actions publiques retentissantes conjuguant nudité, automutilation et incendies volontaires. Ainsi, en 2012, se coud-il les lèvres en protestation contre la condamnation d’un groupe punk, les Pussy Riots. En 2013, il se cloue nu par les testicules sur la place Rouge. En 2015, il met le feu au FSB (ex-KGB). Il est, en outre, accusé de diverses agressions sexuelles qu’il nie, attribuant ces accusations à une volonté du régime de lui nuire. En 2017, s’attendant à être lourdement condamné, il s’enfuit, d’ailleurs assez facilement. Il obtient l’asile politique en France et s’installe dans le 19e arrondissement de Paris où il occupe diverses maisons avec jardin, se présentant courtoisement à ses voisins en tant que « squatter ».

Pavlenski a une vision mystique de notre pays. Il ne digère pas que la France, « Alma mater de la Révolution », permette l’installation d’une banque (de France) place de la Bastille. Il y met le feu fin 2017 avec un certain sens de la mise en scène. Cela l’amène en prison. Peu après sa sortie, il participe au fameux réveillon du 31 décembre 2019 où il est soupçonné d’avoir blessé deux personnes à coups de couteau, dont une gravement – une exception dans ses méfaits à visée artistico-politique. Enfin, avec l’affaire Griveaux, il vole une vidéo intime pour concocter une séquence d’« art politique ».

Le Russe Pyotr Pavlensky (photographié ici en 2012) est un agitateur suspecté d'avoir organisé la diffusion de la vidéo volée olé olé de Benjamin Griveaux © ENPOL/SIPA Numéro de reportage : 00669975_000001
Le Russe Pyotr Pavlensky (photographié ici en 2012) est un agitateur suspecté d’avoir organisé la diffusion de la vidéo volée olé olé de Benjamin Griveaux © ENPOL/SIPA Numéro de reportage : 00669975_000001

Ce qu’ignore peut-être le commun des mortels, c’est que nombre de critiques d’art, universitaires et fonctionnaires de la culture considèrent Pavlenski comme un artiste important. Fin 2016, il est invité à l’École des beaux-arts de Paris à la suite de la publication de ses pensées par un éditeur parisien. Sa demande d’asile politique en 2017 est relayée par les milieux artistiques. En 2018, après l’incendie et l’incarcération de Pavlenski, une conférence est organisée à La Colonie barrée (Paris 10e) pour dénoncer ce pays où règne une « culture démagogique ennemie du risque et de l’audace ».

À lire aussi: Ce n’est pas le grivois Griveaux qui me désespère!

Son principal soutien est Paul Ardenne, historien de l’art qui a beaucoup théorisé sur l’art d’intervention et l’art contextuel, qui ne cherchent pas à produire des œuvres au sens classique mais à mener des actions qui peuvent éventuellement nuire. Paul Ardenne a par exemple relayé l’installation d’Hervé Paraponaris intitulée Tout ce que je vous ai volé (voir Causeur no 74), à Marseille, qui rassemblait les fruits de larcins réels opérés par l’artiste. Paul Ardenne vante également une intervention « extrême » du groupe Fluxus : un artiste y joue pour de vrai à la roulette russe devant son public. Pour le critique d’art, les actions de Pavlenski s’inscrivent dans la « grande tradition des œuvres provocatrices » depuis l’actionnisme viennois.

Les risques d’une morale au-dessus de la morale

Toute « action » provoque le même cycle : elle paraît d’abord choquante, voire douloureuse, blessant le sens moral du public ordinaire. Le scandale enfle. Puis l’artiste ou ses truchements expliquent que ce n’était pas ce qu’on croyait, mais l’expression d’une prise de conscience. L’artiste se pose en autorité morale, voire en justicier.

Cette posture n’est ni nouvelle ni dénuée de risques. Dostoïevski décrit ce genre de personnages. Paul Ardenne rapproche d’ailleurs Pavlenski du prince Mychkine, qui joue dans L’Idiot un rôle de révélateur des imperfections du monde. Je pencherais plutôt pour le Raskolnikov de Crimes et Châtiments, nihiliste qui s’arroge des droits supérieurs à ceux du commun des mortels – jusqu’à ce que son acte le sape de l’intérieur.

Les personnages de ces romans n’agissent toutefois pas en tant qu’artistes. On est au xixe siècle. Il en va tout autrement, en 2011, dans la série britannique Black Mirror. Dès le premier épisode, intitulé « L’Hymne national », tout y est : les réseaux sociaux, les politiques et l’art contemporain. C’est l’histoire d’une princesse kidnappée dont le ravisseur exige que le Premier ministre ait une relation sexuelle avec une truie, en direct sur toutes les chaînes. On pense avoir affaire à un terroriste. L’opinion s’émeut, les réseaux sociaux s’enflamment. On refuse d’abord de céder au chantage, puis, au fil des péripéties, on se range à l’idée que le Premier ministre doit sauver la princesse. Il s’exécute. À la fin, l’émission s’achève, puis on découvre que la jeune femme a été libérée bien avant et qu’elle errait en ville sans trouver personne à qui s’adresser. Tout aurait pu être évité si le voyeurisme n’avait scotché le pays entier devant les écrans. On apprend aussi qu’il ne s’agit pas de terrorisme, mais d’un acte artistique visant à faire comprendre à la société son avilissement général. On saisit par la même occasion l’abjection d’une partie de l’art contemporain.

Les malentendus liés à la réattribution du nom d’art

Le référent désigné par le signifiant « art » a longtemps été clair et stable. De Giotto à Hopper, il y a des différences de manière et de sujet, mais il s’agit toujours de figuration et de représentation. Avec Pavlenski et beaucoup d’autres, le mot désigne des choses qui n’ont plus rien à voir avec ce sens ordinaire. Cela ne signifie pas que ces pratiques soient dénuées d’intérêt, mais qu’elles sont de nature extraordinairement différente de l’art stricto sensu ou, pour reprendre le terme de Nathalie Heinich, qu’elles relèvent de paradigmes distincts, voire incompatibles.

À lire aussi: Une affaire en forme de «poupées russes»

En 1972, Vito Acconci, un des piliers de l’art-performance, se masturbe dans une galerie. Il entend paraît-il montrer que l’art, comme la masturbation, fait partie de la vie quotidienne. La critique salue un geste artistique très nouveau. Cependant, dans l’Antiquité grecque, des philosophes cyniques copulent ou se masturbent dans l’espace public avec des objectifs assez voisins. On y voit des exercices philosophiques. La seule nouveauté avec Acconci est que cela s’appelle « art ».

Après tout dira-t-on, qu’importe la taxinomie si la performance est efficace. Malheureusement, ces activités philosophico-politiques ont une présence et une dynamique fortes qui tendent à éclipser les artistes stricto sensu, lesquels, tels des oisillons, doivent partager leur nid avec des coucous. Ils sont serrés. Ils étouffent. Les institutions culturelles, comme les parents passereaux, préfèrent donner la becquée aux gros nouveaux. Tout se passe en fin de compte comme si le prestigieux terme « art » était réattribué.

Cette confusion sémantique rend presque incompréhensible le cas Pavlenski. Comme le remarque Yves Michaud, il est possible qu’il soit à la fois un artiste et un voyou.

Docteur Jekyll et Mister Blanquer

0
Jean-Michel Blanquer dans son bureau, le 12 février 2020 © ROMUALD MEIGNEUX/SIPA Numéro de reportage: 00944879_000006

Coronavirus. La psychose gagne les parents d’élèves, et Jean-Michel Blanquer a les bras croisés. Le ministre de l’Éducation nationale prétend que des consignes claires ont été données et immédiatement appliquées. Il n’en est rien. Espérons que la pneumonie de Wuhan épargne bien les enfants, car le ministre se contente pour l’instant de parier sur la fameuse « intelligence des acteurs de terrain ».


Rodé aux opérations de communication, Jean-Michel Blanquer déroule sans ciller l’histoire officielle de son action dans la crise du coronavirus. De reportages en articles de presse, les Français peuvent entendre et lire que dès le lundi 24 février, les procédures sont parties du ministère de l’Education nationale. Petit à petit s’insinue dans les esprits que tout a été fait en temps et en heure, faisant oublier qu’à l’origine, le ministre s’est surtout employé à rassurer l’usager sur la continuité du service par le recours au CNED. Pourtant, des cours d’écoles, remonte une toute autre réalité.

L’astuce est habile : Jean-Michel Blanquer affirme, avec ce ton patiné par le media training propre aux orateurs macronistes, que les consignes ont été transmises par la rue de Grenelle, le 24 février, jour de la rentrée des vacances d’hiver pour la zone Paris/Occitanie.

Du retard à l’allumage

Interprétant l’implicite, les journalistes et auditeurs, assez naturellement, en déduisent que les destinataires, sur le terrain, savaient ce qu’ils avaient à faire dès l’ouverture du portail. Il n’en est rien. Dans les faits, après un détour par les services académiques, les informations ne sont arrivées qu’en fin de journée, vers 19h dans certains endroits. Nous voilà bien loin des messages promptement transmis par SMS lors des exercices d’alerte, sur les téléphones portables personnels dont les directeurs sont tenus de communiquer le numéro à leur hiérarchie. Par ailleurs, bon nombre d’entre eux, qui assument en totalité ou en partie la classe, ont attendu leur jour de « décharge » ou la coupure du mercredi pour ouvrir leur messagerie ou  pour agir, retardant d’autant les mesures à prendre. Un rapide sondage auprès des parents d’élèves des différents départements permet de se rendre compte que les informations sanitaires ont été mises à leur disposition entre le mardi 25 et le vendredi 28 février, ce qui est bien loin de l’implicite véhiculé par les propos du ministre. Les élèves et personnels,  parmi lesquels d’heureux vacanciers rentrant de voyage en zone à risque ont ainsi pu se côtoyer en milieu confiné, au minimum pendant une journée, de l’ouverture de la garderie du matin à la fermeture de celle du soir, soit pendant 10 heures.

A lire aussi: Coronavirus: la Chine s’estime victime du racisme des pays occidentaux

Mais la diversité des situations  ne se limite pas au temps de mise en route. Durant le stade 1, le document communiqué aux directeurs n’était que celui du ministère des Solidarités et de la Santé et sa formulation ne contenait aucune directive pour les personnels. Il indiquait : « En conséquence et sur les recommandations du MSS les enfants qui reviendraient de ces destinations [Chine continentale, Hong Kong, Macao, de Singapour, de Corée du Sud, ou des régions de Lombardie et de Vénétie en Italie], ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée pendant les 14 jours qui suivent leurs retours. Ils sont soumis aux mêmes préconisations que celles rappelées ci-dessus.

De même, les personnels relevant du ministère de l’Education nationale et de la jeunesse doivent être soumis aux mêmes préconisations, dès lors qu’ils reviennent des zones à risque ».  « Ne pas être envoyés » par les parents ne signifie pas « ne pas être accueillis » par l’école. Une telle formulation n’est pas une consigne donnée aux directeurs d’interdire l’accès des salles de classe à des élèves potentiellement porteurs du virus.

La psychose s’empare des parents

Dès lors, l’interprétation personnelle de chacun a fait son œuvre.  Ceux qui en avaient les moyens ont imprimé le courriel officiel pour toutes les familles. Les adeptes du « pas de vagues », ignorant le rôle des réseaux sociaux décrit par Martin Pimentel, l’ont discrètement affiché, espérant qu’il soit confondu avec les comptes rendus des conseils d’école que personne ne lit. Ici les parents de certains élèves ont été appelés, ailleurs on a fermé les yeux. Désormais, certains demandent vaguement  de penser à se laver les mains quand d’autres exigent de leurs élèves qu’ils passent toutes les heures leurs mains au gel hydro alcoolique. Mais, comme souvent, la volonté de ne pas affoler a pris le dessus sur celle d’une prévention efficace.

A lire aussi: Ivan Rioufol: «Le coronavirus révèle la fragilité du mondialisme»

L’hétérogénéité des pratiques signe donc une absence de volonté de cadrage clair en haut lieu et une confiance aveugle en la responsabilité individuelle et la fameuse « intelligence des acteurs de terrain ». Ceci est d’autant plus dommageable que le civisme sanitaire n’entre pas dans la culture française. Contrairement à la Finlande, où venir travailler malade constitue une faute en raison des risques de contagion que cela leur fait courir aux enfants dont on a la charge, une étude de la MGEN montre que 69% des enseignants déclarent être déjà venus travailler malades. Culpabilisés par l’assèchement du vivier de remplaçants qui condamne leurs élèves à des coloriages au fond de la classe d’un collègue, ou contraints financièrement par le jour de carence, ils sont donc nombreux à disséminer les virus dans les établissements. De même, il est courant qu’un enfant dopé aux antipyrétiques soit déposé souffrant au portail de l’école, dans l’espoir que la chimie masquera suffisamment longtemps sa fièvre et retardera l’appel inévitable de son enseignant pour venir le récupérer. Qui n’a pas entendu  à l’heure de la sonnerie  « Il avait mal au ventre et a vomi cette nuit, mais ce matin ça va » suivi du plaisir d’éponger le vomi et de chercher des sous-vêtements de rechange tout en faisant classe ? Et que dire d’un ministère qui semble découvrir à la télévision l’état des équipements sanitaires de certains établissements scolaires ? L’état-major ignore-t-il vraiment qu’aucun cahier des charges ne définit les moyens matériels minimaux à prévoir dans une école?

Les personnels fragiles négligés

Les propos et la gestuelle étudiés de Jean-Michel Blanquer ne masqueront pas la grande leçon à retenir des choix opérés face à l’épidémie : la culture de l’usager a conduit l’institution à préférer assurer la satisfaction de la clientèle en planifiant des cours par correspondance, plutôt que de s’inquiéter du sort des enseignants, cette ressource dont le ministre prétendait rendre la gestion plus humaine. Aucune information n’a donc été transmise aux plus fragiles d’entre eux alors que les études internationales mettent en lumière la surmortalité constatée chez les plus de 60 ans, les diabétiques, les personnes atteintes d’hypertension, de pathologies pulmonaires chroniques, de maladies cardiovasculaires ou de cancers. L’absence de médecine du travail dans l’Education nationale n’a pas permis de faire émerger le sujet, pas plus que d’appliquer un principe de précaution ciblé. Ces profils plus sensibles que d’autres ont donc continué à moucher des nez, essuyer des larmes, consoler des chagrins, soigner des plaies  et dispenser des consignes penchés sur le bureau des enfants.  Alors que les épidémiologistes reconnaissent le rôle des écoles dans la propagation de la grippe, peut-on réellement penser qu’il en ira différemment  avec  le coronavirus? Dès lors, sans aller jusqu’à la fermeture systématique des écoles, le ministre n’aurait-il pas dû faire preuve d’une attention plus particulière pour les enseignants appartenant aux catégories à risque?

A lire aussi: Voile: l’ambigu Monsieur Blanquer

Sans doute rassuré par les études qui montrent que les enfants développent rarement des formes sévères de la maladie, Jean-Michel Blanquer a  fait le choix de laisser les personnels fragiles au contact d’une population enfantine qui pourrait se révéler asymptomatique mais néanmoins infectée, donc contagieuse. C’est un pari risqué. L’avenir nous dira si c’était une erreur, mais quoiqu’il advienne, les enseignants savent désormais qu’aujourd’hui comme hier ils ne sont que des pions dont la santé importe peu.

« Le Monde » ne tourne pas rond

0
"Le Verrou" Jean Honoré Fragonard - Musée du Louvre D.R

Le journal du soir reprend une fake news du collectif #noustoutes sur le consentement.


« Neuf femmes sur 10 disent avoir subi une pression pour avoir un rapport sexuel, selon une enquête ». Ce titre, paru dans le Monde daté du 4 mars, devrait entrer dans les annales des fake news. Tout est bidon. Il ne s’agit pas d’une enquête, mais d’une compilation de témoignages. Ce ne sont pas 90% des femmes qui disent avoir subi de telles pressions, mais, nuance, 90% des femmes ayant répondu à l’appel lancé par l’association #noustoutes. Bien sûr, cela n’empêche pas #noustoutes d’afficher sur les réseaux des punchlines comme « 1 femme sur 6 déclare que son premier rapport sexuel n’était pas consenti et désiré » ou « 70 % des femmes déclarent avoir eu un rapport sexuel, sans pression de leur partenaire alors qu’elles n’en avaient pas envie »

Les néo-féministes ont une vision déprimante des relations entre hommes et femmes et une conception terriblement normative des relations sexuelles

C’est pas des méthodes!

Le travail dont il est question n’est donc ni une enquête scientifique, ni un sondage, mais une compilation de témoignages. Les « répondantes » ne constituent nullement un échantillon représentatif, à partir duquel on pourrait extrapoler la position « des Françaises ». Il ne s’agit même pas d’un radio-trottoir, où on peut toujours espérer que le hasard vous fera tomber sur un spécimen représentatif d’homme de la rue.

Le questionnaire de #noustoutes reposait sur la base du volontariat. Celles qui ont choisi de répondre sont évidemment celles qui pensent qu’il y a un problème autour du consentement. En l’occurrence, ce sont surtout des jeunes femmes : sur les 100 000 qui ont répondu, les trois quarts ont moins de 35 ans et 42% moins de 25 ans. Soit parce que, comme le dit drôlement Mimie Mathy, il y a des physiques et des âges qui attirent plus « la pression », soit parce qu’elles sont plus endoctrinées que leurs aînées – soit pour un peu toutes ces raisons. 

A lire aussi: Yann Arthus-Bertrand féministe

En somme, on demande aux femmes qui pensent être victimes de témoigner et ensuite on dit : vous voyez bien que les femmes sont victimes. C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice.

On dira que les 100 000 femmes qui ont répondu ont bien subi des pressions, parfois des viols conjugaux. 

Comme toujours, on mélange tout. Le scandale réside précisément dans cette confusion entre les fameuses « pressions » et les « pénétrations non consenties » comme elles disent, avec entre les deux, toutes les phases de la torture sexuelle, comme la caresse non précédée d’une requête et d’un consentement explicites (j’exagère à peine).

Ne baratinons pas, on change d’époque

S’agissant des « pressions », on atteint le comble du ridicule. Ce ne sont pas 90% mais 100% des femmes qui ont déjà subi des pressions pour avoir un rapport sexuel et pardon, je crois savoir que pas mal aimeraient que ça continue. On pourrait ajouter que nombre d’hommes, les fourbes, mentent pour obtenir des faveurs sexuelles. Après tout, un type qui vous jure le grand amour et disparaît le lendemain matin, c’est traumatisant. Dommage, #noustoutes a oublié de demander aux filles si elles s’étaient déjà fait baratiner. 

La pression pour avoir du sexe, c’est l’histoire de l’humanité – et de la littérature. Les hommes insistent, les femmes font des mines. Grâce aux progrès de l‘égalité, les rôles peuvent être inversés : désormais les hommes aussi subissent des pressions. Je ne sache pas qu’ils s’en plaignent.

A lire aussi: César 2020: « Pas une révolte partagée par nous toutes »

Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de véritables abus et crimes. Leurs victimes devraient se rendre à la police au lieu de se plaindre à #noustoutes ou de balancer sur les réseaux. 

Caroline De Haas propose ses services

Il existe cependant un véritable problème chez les jeunes. La pression du groupe, des réseaux sociaux, sans oublier l’invasion du porno qui fait qu’on s’envoie des sextapes comme autrefois des billets doux, poussent des jeunes filles à accepter trop tôt des expériences dont elles ne veulent pas – au risque de se retrouver en prime exhibées par un mufle dans le cadre d’une « vengeance porno ». Caroline De Haas, qui aimerait peut-être ouvrir de nouveaux marchés à sa société Egae, en conclut qu’il faut imposer partout une « éducation au consentement » – ce qui est en fait le cœur de l’éducation. 

Sauf que notre marchande d’égalité est la dernière personne à qui on voudrait confier les générations futures. Les néo-féministes ont une vision déprimante des relations entre hommes et femmes et une conception terriblement normative des relations sexuelles. Un exemple, encore pêché chez #noustoutes : À la question, « Un partenaire vous a-t-il déjà pénétrée sans votre accord préalable alors que vous étiez éveillée ? », un quart des « répondantes » disent « oui ». Sauf que cela peut être brutal ou tendre selon les circonstances. De même, est-il choquant de se forcer un peu pour faire plaisir à son coquin ou à sa coquine – n’oublions pas que l’appétit peut venir en mangeant ? 

Alors moi aussi j’ai mené une enquête. Cent pour cent des femmes voudraient que De Haas et les autres arrêtent de s’occuper de leurs fesses.  

>>> En kiosque maintenant, Causeur #77 : Michel Onfray: «Le gauchisme rend possible tous les délires» <<<

Ivan Rioufol: «Le coronavirus révèle la fragilité du mondialisme»

0
Le président Macron visite le Centre operationnel de regulation et de reponse aux urgences sanitaires et sociales, le 3 mars 2020. Il est accompagné de Olivier Veran le ministre de la Santé, et de Jerome Salomon, Directeur général de la Santé © Eliot Blondet/Pool/SIPA Numéro de reportage: 00948132_000014

L’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol fait désormais partie des intervenants de la webtélé des mécontemporains REACnROLL (5€ par mois). Lors de son dernier passage, auprès de Jean-Baptiste Roques, il est revenu sur l’épidémie de coronavirus qui nous menace.


 

Causeur vous propose de lire un extrait de leur échange. Vous pouvez trouver l’ensemble de la conversation et de nombreuses autres émissions ici pour 5€ par mois.

Verbatim

Jean-Baptiste Roques. Vous consacrez ce vendredi votre « Bloc-notes » sur votre blog du Figaro au sujet du coronavirus, avec le titre suivant « Le mondialisme victime du coronavirus ».

Ivan Rioufol. Oui, ce virus inattendu naturellement est révélateur des excès et de la fragilité du mondialisme. C’est particulièrement vrai pour la fragilité économique du mondialisme. On voit aujourd’hui que les bourses chancellent, on s’aperçoit que nous sommes très dépendants de la Chine qui a fermé une partie de ses unités de production automobiles, d’avions, de pièces détachées, d’électronique mais également de médicaments.

On a appris à cette occasion que l’Europe était dépendante de ce pays pour 80% des médicaments qui sont vendus chez nous (même l’aspirine, le doliprane, etc.) ! Si l’on doit se soigner, théoriquement, nous n’aurons plus accès direct à ces médicaments qui sont produits en Chine. C’est tout à fait effarant. Au nom du mondialisme, on a confié notre destin à des sources qui sont assez vulnérables.

D’ailleurs, Bruno Le Maire, notre ministre de l’économie, a eu raison de dire dès mardi qu’il fallait envisager des relocalisations, en induisant que les souverainetés avaient au fond quelque chose de bon. Enfin ! C’est ceci que j’analyse dans mon bloc-notes : le mondialisme dans sa structure idéologique ne peut pas répondre à cette crise dans la mesure où le mondialisme a fait précisément l’éloge d’un monde sans frontières, de la diversité, de la non-discrimination. Or si vous voulez, pour lutter face au poison du coronavirus, il faut naturellement ériger des protections, sans aller jusqu’à fermer les frontières, mais se replier, accepter qu’il y ait des discriminations, que l’on choisisse d’inviter qui l’on veut inviter… En résumé, aller à rebours de tout ce que l’on nous a appris à ne pas faire.

Les réticences de ceux qui parlent au nom du gouvernement, afin de nous faire comprendre que la frontière n’a rien à voir avec tout cela, sont intéressantes.

Sur le même sujet, l’éditorial d’Elisabeth Lévy: Médecins sans frontières

J’ai entendu lundi le ministre de la santé Olivier Veran nous dire que le coronavirus était à nos portes, mais qu’il n’était pas envisageable de fermer les frontières, car ça n’aurait pas de sens… Mais enfin ce qui n’a pas de sens c’est de dire qu’il y a des portes et qu’on ne va fermer les frontières. Jeudi matin, Sibeth Ndiaye de communiquer semblablement la même chose, en disant que les frontières physiques n’ont pas de sens pour un virus. Cette insistance-là et ces éléments de langage persistants me font comprendre que le pouvoir macronien qui s’est construit sur le mondialisme, sur le sans frontiérisme et sur la souveraineté européenne, craint par-dessus tout d’avoir à renier ses propres préceptes.

Retrouvez l’ensemble de l’émission du 28 février 2020 avec Ivan Rioufol
– Le coronavirus et la mondialisation
– La cérémonie des Césars et Roman Polanski
Rendez-vous sur RNR.tv

D’autant que j’ai vu qu’Israël a bel et bien fermé ses frontières concernant les Italiens. Les Israéliens font donc cette analyse que je partage : la frontière peut protéger d’un virus. Je mets donc en garde contre l’idéologie qui commence à aveugler me semble-t-il ce gouvernement et lui fait prendre des décisions incohérentes. À vérifier par la suite des évènements naturellement.

(…)

Je crains que ce gouvernement-là n’ait fait le pari que cette épidémie serait une épidémie bénigne, – elle n’a fait que deux morts pour l’instant en France [propos tenus le 28/02/2020 NLDR] – mais on voit bien avec quelle fulgurance elle s’installe, et je pense qu’il n’est pas raisonnable de se laisser bercer par des idéologies confortables en disant que le mondialisme malgré tout doit continuer à être défendu dans ses préceptes universalistes et dans cette abolition des frontières, des nations, des peuples, etc. Tout ce qui a fait précisément les faiblesses qui apparaissent aujourd’hui à travers cet événement dérisoire qu’est le coronavirus…

Jean-Baptiste Roques. Je note quand même que vous donnez un bon point à Bruno Le Maire pour sa remise à l’honneur d’une « souveraineté pharmaceutique » ?

Ivan Rioufol. Oui, c’était assez surprenant mais il l’a fait d’une manière très claire en disant qu’il n’est pas sain et en effet ce n’est pas sain d’avoir mis une partie de nos sources industrielles en pièces détachées et en médicaments au cœur de cette usine du monde qu’est devenue la Chine, qui grosso modo doit représenter à peu près 20 ou 30 % de l’activité mondiale aujourd’hui. Je me réjouis que le ministre de l’économie envisage aujourd’hui de revoir une politique économique dont certains disaient en effet qu’il fallait la revoir de toute façon. Je pense qu’il faut le faire assez vite.

>>> Retrouvez la suite de l’échange sur RNR.tv <<<

Les Traîtres

Price: ---

0 used & new available from

Paris, Lyon, Besançon: qui profitera de l’échec de LREM aux municipales?

0
Rachida Dati, maire du 7eme et candidate LR pour Paris, arpente le marché de Charonne avec Nelly Garnier, candidate LR du 11eme arrondissement, février 2020 © Olivier Coret/SIPA Numéro de reportage: 00946638_000002

Paris, Lyon et Besançon constituent le « triangle des Bermudes » des municipales pour la Macronie. Alors que la vie politique française n’est plus régie par l’opposition gauche / droite de l’ancien monde, il est difficile de savoir qui remportera la mise. David Desgouilles dévoile les coulisses de ces trois scrutins.


Nous vous avions laissés il y a quatre mois, sur la situation de ce « triangle des Bermudes » municipales d’Emmanuel Macron : Paris-Lyon-Besançon. Nous vous avions promis d’y revenir. Depuis novembre, de l’eau a coulé sous les ponts. De la Seine, du Rhône et de la Saône, et du Doubs enfin.

Le vote utile anti-Hidalgo n’est plus celui qu’on croyait

A Paris, nul ne l’ignore plus, Benjamin Griveaux a dû laisser la place à Agnès Buzyn. L’ancien porte-parole du gouvernement, avant qu’il ne décide de jeter l’éponge, n’était guère en bonne position dans les sondages. Non seulement, il ne parvenait pas à distancer le dissident Cédric Villani, mais il était carrément dépassé par Rachida Dati. Pendant que la candidate LR se tenait à une stratégie claire mise en œuvre par sa directrice de campagne Nelly Garnier, dont nous avions fait la recension de la note sur le vote de droite dans les métropoles, Benjamin Griveaux croyait bien faire en martelant l’idée que le bulletin qui porterait son nom constituait le seul vote utile pour battre Anne Hidalgo, et pratiquait du débauchage d’élus à droite et à gauche. L’inconvénient de cette idée de vote utile, c’est qu’elle ne fait véritablement effet qu’au moment du vote. Et que nul ne sait qui sera le bénéficiaire du fameux vote utile. Griveaux aurait dû savoir que c’est seulement dans les derniers jours, alors que les derniers sondages sont connus qu’il faut user de cette méthode. Maintenant que le message a infusé, l’idée de vote utile ne profite plus qu’à Rachida Dati, laquelle n’a même pas besoin de l’invoquer elle-même. Dommage LREM !

La droite parisienne semble rentrer dans le rang, Villani perd son capital sympathie

Notons avec un léger sourire que les pontes de LR, Sarkozy et Baroin en tête, viennent aujourd’hui au secours des excellents sondages de Rachida… Elle ne bénéficiait pas d’autant d’égards en novembre, quand le très sarkozyste Frédéric Péchenard, par exemple, ne faisait allégeance qu’à son maire d’arrondissement, évitant de citer la candidate. D’autres maires d’arrondissement, dans le 6e ou le 17e, n’excluaient pas non plus de négocier avec Griveaux.

A lire aussi: Aurélien Pradié (LR): «La métapolitique, je m’en contrefous!»

Aujourd’hui, certaines études placent Dati devant Anne Hidalgo, laquelle plafonne et ne semble devoir son salut qu’à un éventuel ralliement des écologistes entre les deux tours. Quant à Agnès Buzyn, si elle n’arrive pas à freiner la progression de Dati, elle a repris quelques points à Cédric Villani qui s’effondre. La valeur ajoutée « sympa » du mathématicien a disparu avec le renoncement de Griveaux.

La métropole lyonnaise promise à Collomb, pour la municipalité c’est moins sûr

Dans la capitale des Gaules, on aura deux bulletins. L’un pour la Ville, l’autre pour la Métropole. Rappelons-le, Gérard Collomb ne voulait que la seconde et c’est d’ailleurs ce qui a déclenché la dissidence de David Kimelfeld, lassé de passer pour une annexe de Manpower. Pour le vote direct à la Métropole, l’ancien ministre de l’Intérieur fait encore figure de favori.

A relire: Si seulement Gérard Collomb avait été ministre de l’Intérieur…

En revanche, le jeu paraît bien plus ouvert pour la conduite de la municipalité lyonnaise. Yann Cucherat semble avoir été choisi par Gérard Collomb en raison du peu d’ombre qu’il pourrait lui faire. Et comme dans d’autre grandes villes, tout cela profite à une gauche ayant porté à sa tête de liste un représentant d’EELV. Grégory Doucet fait donc pour l’instant la course en tête.

Le candidat LR Etienne Blanc semble en moins bonne posture que Rachida Dati à Paris. Comme on voit mal ce proche de Laurent Wauquiez fusionner ou appeler à voter LREM pour faire barrage à la gauche, son maintien au 2e tour rend le résultat final plus qu’incertain. Aussi, la perspective d’assister à une cohabitation entre Collomb à la Métropole et un écologiste à la ville-centre semble aujourd’hui très probable. De quoi alimenter les gazettes entre Rhône et Saône pendant six ans, et maudire celui qui a eu l’idée de ce double-vote…

À Besançon aussi, EELV séduit. Mais attendons que les électeurs découvrent les idées farfelues de sa candidate

À Besançon, la protégée du maire sortant LREM Jean-Louis Fousseret a finalement lancé sa liste en décembre. Alexandra Cordier n’apprécie certes pas qu’on rappelle qu’elle a brigué l’investiture du parti macroniste dont elle a été la référente depuis sa création dans le Doubs. Mais aujourd’hui exclue par LREM, elle mène une campagne « sans étiquette », faisant comme si elle n’avait jamais été membre de ce parti.

Le dernier sondage, publié fin janvier, ne la situait qu’à 6%, mais elle continue d’afficher un optimisme à toute épreuve.

A lire aussi: Municipales: qui n’a pas son voile ?

Le candidat macroniste officiel, Eric Alauzet, semble porter sur ses épaules le lourd fardeau d’une investiture qu’il a pourtant obtenue de haute lutte. Comme à Paris et à Lyon, représenter le parti du président de la République n’a rien d’une sinécure ces temps-ci. Sa chance est sans doute d’avoir des concurrents dotés d’un charisme encore inférieur au sien, ce qui n’était pas couru d’avance. Celle qui caracole en tête du sondage de janvier est Anne Vignot, candidate EELV de la gauche unie. De la tendance Julien Bayou dans le parti écologiste, c’est-à-dire de la frange au « gauchisme culturel » le plus marqué, elle fait diablement penser à Eva Joly en 2012 sur le mode: « En général, on ne comprend rien à ce qu’elle dit mais quand on comprend, c’est encore pire » ! Sa première proposition médiatisée avait été de créer une pièce d’identité municipale permettant aux transgenres de se prévaloir de droits que la carte d’identité nationale ne permet pas. Gageons que si elle est élue, et qu’un grand moustachu souhaite s’inscrire au club féminin de basket-ball en se prévalant de ladite pièce d’identité locale, la vie bisontine risque d’être animée, ainsi que le prétoire du tribunal administratif de la ville.

Mais c’est finalement Yannick Jadot qui nous a donné des motifs d’être rassuré. Cité par la page 2 du Canard Enchaîné, il aurait expliqué que le vote écolo était surestimé en attendant que les électeurs fassent vraiment connaissance avec les candidats EELV. Peu aimable avec ses amis, mais lucide ?

À Besançon, on a l’étiquette LR honteuse

Enfin, le candidat LR Ludovic Fagaut a fait le choix de mettre son drapeau dans sa poche, contrairement à Rachida Dati et à Etienne Blanc. Il a même débauché une élue ex-PS qui, une semaine avant, était photographiée tout sourire dans la permanence… d’Alexandra Cordier.

Malgré des projets intéressants, comme Port-Citadelle ou la constitution à moindre coût d’autoroutes cyclables, il a souhaité faire campagne au centre, pourtant déjà embouteillé par Alauzet et Cordier.

Le RN bisontin se frotte les mains…

Tout cela pourrait bien profiter au candidat RN Jacques Ricciardetti qui capitalise sur le feuilleton policier du quartier de Planoise. Plusieurs blessés par balle ont déjà alimenté la chronique et rappellent furieusement les règlements de compte des quartiers Nord de Marseille. Dans une telle ambiance, le RN n’a même pas besoin de faire campagne pour espérer participer au second tour.

Arrivé à la fin de cette chronique sur ce fameux « triangle des bermudes LREM » Paris, Lyon, Besançon, force est de constater que dans ces trois villes, aucun favori ne se dégage clairement. Une étude parue récemment chez nos confrères du Monde indiquait que 49% des électeurs n’avaient pas encore pris leur décision. Le même sondage montrait aussi que ce sont les listes de gauche qui étaient les plus fragilisées par ces incertitudes de vote, au contraire du RN, de LR et de LREM (plus de 60% de sûreté).

Reste enfin une dernière incertitude qui pourrait bouleverser le scrutin partout : celui du coronavirus. Où en sera l’épidémie dans dix jours ? Poussera-t-elle l’électorat âgé, d’habitude le plus assidu aux urnes, à rester à la maison ? Il nous faudra sans doute y revenir. Dans les colonnes de Causeur, dès le lendemain du premier tour, si vous en êtes d’accord.

Leurs guerres perdues

Price: ---

0 used & new available from