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Il est libre, Palmade!

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L’humoriste renouvelle avec bonheur l’art du stand-up dans un mélange de poésie et d’absurde, loin des cases où on voudrait l’enfermer.


Le petit théâtre de l’Européen à Paris, place de Clichy, a des allures de refuge par les temps qui courent : Pierre Palmade y joue ses sketches cultes devant un parterre de boomers acquis. Spectacle sans promotion qu’il a décidé de monter sur une impulsion, car l’envie de jouer se faisait pressante. Et il illumine la scène de sa présence lunaire, savant mélange de mime Marceau expressif et de réincarnation de Sylvie Joly, sa figure tutélaire.

L’humoriste sort d’une sale période

Il est vrai que Palmade a davantage occupé l’espace médiatique ces dernières années avec ses frasques amoureuses et sa consommation de substances qu’avec ses performances artistiques. Et il veut tirer un trait : « Maintenant, je voudrais que le nom de Palmade soit associé à humoriste, acteur, auteur, et pas à homosexuel cocaïnomane ».

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De cette période « maudite », on retiendra cependant sa prestation chez Ruquier en avril dernier où il présentait son livre-confession : Dites à mon père que je suis célèbre. Il a apporté sur le plateau sa fraîcheur et sa franchise – à propos de laquelle il déclare : « Je n’ai pas de filtres, c’est comme une maladie, j’ai besoin de tout dire, je confonds les médias avec ma mère ». Sincérité, mais aussi courage, car il y osé dire ne pas se sentir gay, mais homo et a même lâché qu’il aurait préféré être hétérosexuel, sacrilège en ces temps de néo-maccarthysme communautariste. Bien sûr, le lobby LGBT n’a pas tardé à lui envoyer des volées de bois vert. Il a alors compris qu’à l’ère des réseaux sociaux, on ne pouvait plus se permettre d’être sans filtre. Cette sincérité élevée au rang des beaux-arts, au mépris des conventions progressistes, est cependant touchante.

Artiste paradoxal, solaire et angoissé, Palmade a l’éducation bourgeoise qui lui colle à la peau. Elle ne l’a pas détourné des provocations du show-biz, ni de la sexualité ambiguë. Il accepte avec bonheur la comparaison avec Jacques Chazot, dont il a joué le rôle dans le biopic de Diane Kurys sur Sagan : « C’est vrai, j’ai la même complicité avec Véronique Sanson que celle qu’il avait avec Sagan. »

Un comique à l’ancienne

Mais revenons à l’humoriste biberonné aux émissions de Maritie et Gilbert Carpentier et au théâtre de boulevard. Héritage qu’il assume avec une certaine fierté : « J’étais déjà un comique à l’ancienne il y a vingt ans, c’est un genre d’humour que j’ai peut-être modernisé, et il faut faire de la résistance face au stand-up ». Le stand-up, qu’il semble apprécier pour ses grands noms comme Blanche Gardin ou même Jamel Debbouze, est selon lui devenu un genre trop fourre-tout, nourri par YouTube qui génère 25 nouveaux comiques par jour, dont beaucoup n’ont rien à dire. C’est un peu l’art contemporain du rire. « Il faut distinguer un humoriste d’un déconneur », conclut-il.

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L’auteur va donc prendre le pas sur le comédien, La Troupe à Palmade se reforme, avec une foultitude de noms prestigieux, d’Isabelle Nanty à Muriel Robin. À partir de fin avril, cette troupe oubliée du public va égrainer sur scène de petites saynètes absurdes et poétiques. Car la poésie, il dit l’avoir toujours eu en lui : « Aujourd’hui, j’ai envie de parler à une chaise, de cultiver mes non-dits et mes silences ». Il relance également, pour une émission qui sera diffusée sur M6, « Le Grand Restaurant » au titre délicieusement vintage, qui fait référence à un film avec Louis de Funès et Bourvil. Soutenu par l’humour exigeant de François Rollin, il y campe un directeur de restaurant qui virevolte de table en table, où des couples interprétés par des comédiens prestigieux devisent sur l’amour, la mort, la vie. Ce défi l’angoisse et fait passer une ombre dans ses yeux limpides.

François Bott ou la liberté du goût

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Avec un recueil de critiques littéraires et un autre de nouvelles, François Bott nous gâte. Son élégance érudite est un bonheur.


On a tendance à oublier, ces temps-ci, que la littérature est d’abord une affaire de goût. On aime, ou on devrait aimer les écrivains, pour le plaisir qu’ils nous donnent. Le problème est que la littérature, aujourd’hui, est devenue un champ de bataille comme les autres. On ne finira par lire que les livres écrits par ceux qui mettent dans l’urne le même bulletin que nous. La littérature s’est idéologisée, au plus mauvais sens du terme, et la critique littéraire, dans la presse, a de fait perdu une certaine liberté d’esprit. François Bott, lui, a dirigé les pages littéraires de L’Express et du Monde a une époque, déjà lointaine, où on ne vérifiait pas les papiers d’identité des auteurs qu’ils soient vivants ou morts car on sait que désormais même les auteurs morts peuvent être convoqués, à l’occasion d’une réédition ou d’une commémoration, devant ces nouveaux tribunaux populaires que sont les réseaux sociaux.

Une promenade entre Descartes et Valéry

François Bott publie d’ailleurs aujourd’hui un livre délicieux qui prouve qu’il est encore possible d’aimer des écrivains à proportion de ce qu’ils nous donnent et non de qui ils sont. On recommandera donc vivement Il nous est arrivé d’êtres jeunes qui est un herbier charmant, érudit et léger. En deux ou trois pages à chaque fois, d’Aragon à Stéphane Zweig, il réussit à nous donner envie de lire ou de relire. Ici, il imagine une promenade entre Descartes et Valéry et « Tant pis pour le décalage horaire, la différence d’âge, la différence de siècle. »  C’est que la littérature est une machine à remonter le temps, pour François Bott. Il se souvient ainsi du hussard Nimier et de son livre le plus méconnu, Traité d’indifférence : « Ce prétendu éloge du détachement nous rappelle surtout que Nimier avait l’art des commencements qui vont vite. » et Bott de citer la première phrase du Traité d’indifférence : « Nous savons à peu près que nous sommes en vie. » Tout, bien entendu est dans cet « à peu près ».

Mais continuons de feuilleter. Tiens, Jean-Paul Sartre… Il n’était pas franchement la tasse de thé de Nimier même s’il lui dédicaça L’étrangère, son premier roman, sans doute ironiquement. Que nous dit Bott de Sartre ? Il rappelle qu’il n’est pas pour rien dans « la guerre civile » qui enflamma la littérature française d’après-guerre, sans atteindre, pourtant, la violence d’aujourd’hui. Alors que les événements qui avaient vu les écrivains se répartir entre collaboration et résistance étaient pourtant plus proches. Mais Bott nous rappelle que Sartre est aussi l’auteur des Mots, une des plus belles autobiographies de la langue française et qu’il est aussi celui qui savait aimer ses amis, comme Nizan. Vertu assez rare qui fait dire à Bott : « Sartre for ever ».

Sartre… et Drieu

Et pourtant, cela ne l’empêche pas d’admirer Morand, « Les départs le délivraient de la pesanteur, comme les amants le matin des coups de foudre » ou Drieu : « Même lorsqu’il manquait de jugement, Drieu avait de la plume. » Complaisance pour les collabos ? Alors comment expliquer ce goût pour Jean Genet, voleur, provocateur, homosexuel, en rupture radicale avec toutes les conventions mondaines et esthétiques, inventant un théâtre nouveau et radical. Parce que Genet est aussi et surtout « une énigme, avec ses contradictions, sa brutalité, son lyrisme, son visage de boxeur et cette voix mêlée d’enfance. »

Comme un bonheur ne vient jamais seul, on pourra compléter la lecture de ce Lagarde et Michard intime avec un recueil de nouvelles Un amour à Waterloo dont un certain nombre tourne autour de la figure de Bonaparte, ou plutôt des étranges répercussions sentimentales que cette figure peut avoir sur la vie de certains de nos contemporains et  même d’un GI débarquant en Normandie en 1944. Bott conclut ce recueil par une série de portraits de femmes, un peu à la manière d’Emmanuel Berl dans Rachel et autres grâces, des femmes qu’on aimerait rencontrer comme cette Simone fugitive qui renonce à la fuite, car de toute manière, « on revient de tout, même des Bahamas. » 

Il nous est arrivé d’être jeunes de François Bott (Table Ronde/La Petite Vermillon)

Un amour à Waterloo de François Bott (Table Ronde)

Autocritique

Une faute d’orthographe à la une de Causeur : j’ai longuement hésité entre le hara-kiri, le confinement à vie et l’autocritique publique. J’ai retenu cette dernière solution.

Voilà trois jours que ma première pensée, au réveil, est pour ce maudit « s » manquant : « Le gauchisme tendance rend possible tous les délires » – bien sûr, il fallait écrire « possibles ».

Comment avons-nous pu laisser passer une telle faute ? Je l’ignore. La fatigue et la presse ne justifient rien. Et que cela tombe sur la couverture où figurent trois penseurs rend la vexation encore plus cuisante.

Depuis deux jours, mes camarades m’envoient gentiment des « unes » de confrères comportant des fautes encore plus laides que la nôtre. Cela ne me console pas.

Nous nous employons tous à traquer les tournures fautives et autres lourdeurs de forme – qui sont toujours le reflet d’un défaut de la pensée. Notre correcteur Frédéric Baquet également (la justice exige que je précise qu’il n’a pas vu passer cette « une »). Bien sûr, la perfection n’est pas de ce monde et, tous les éditeurs le savent, le « zéro faute » presque hors d’atteinte. Cependant, d’une façon générale, nous avons l’immodestie de penser que Causeur est l’un des titres les mieux écrits de la presse. Du reste, on nous en fait souvent compliment. La mortification d’avoir failli est à la hauteur de ces gratifications.

Le contrat entre Causeur et ses lecteurs comporte le respect de notre belle langue. Je vous présente donc mes excuses, ainsi qu’à Michel Onfray, pour cette faute lamentable en « une ». C’était la première fois en douze ans. Ce sera la dernière.

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Hidalgo soutenue par Lula: est-ce bien légal?


La maire de Paris a nommé l’ex-président brésilien citoyen d’honneur de la capitale avant que ce dernier ne la soutienne en meeting. Une ambiguïté potentiellement contraire au Code électoral.


Lundi dernier, l’ancien Président du Brésil Lula visitait Paris. A cette occasion, Anne Hidalgo l’a nommé citoyen d’honneur de la ville avant de le convier à un meeting de soutien à sa campagne au Théâtre du Gymnase.

Un mélange des genres problématique

Coïncidence ou mélange des genres ? En tout cas, il existe assurément une ambiguïté. Certes, rien n’interdit à ce qu’un maire en exercice attribue une distinction honorifique à un ancien chef d’Etat étranger. Et tout candidat aux élections peut recevoir le soutien de personnalités politiques de son choix.

Mais la simultanéité des deux événements pose plusieurs questions. Tout d’abord, qui a payé les frais de transport et d’hébergement de Lula ? Ensuite, pourquoi a-t-il été nommé citoyen d’honneur si promptement, en pleine campagne municipale ? Ne pouvait-on attendre un peu ? Même un esprit réfractaire au complotisme peut faire l’hypothèse d’un accord conclu entre Anne Hidalgo et Lula da Silva : une médaille décernée par Madame la maire contre un soutien affiché à la candidate.

A lire ensuite, David Desgouilles: Paris, Lyon, Besançon: qui profitera de l’échec de LREM aux municipales?

Juridiquement, cela soulève un problème. Rappelons que l’article L. 52-8 du Code électoral interdit expressément à toute personne morale (à l’exception des partis ou groupements politiques) de participer au financement de la campagne électorale d’un candidat et de lui consentir des dons sous quelque forme que ce soit. Les communes, personnes morales de droit public, ont ainsi expressément interdiction de financer ou d’octroyer un avantage quelconque à la campagne d’un candidat. Or, on pourrait qualifier la réception de Lula d’aide indirecte accordée par la ville de Paris à la candidate Anne Hidalgo. Si la ville de Paris assure que Lula da Silva a pris en charge ses frais de déplacement, l’organisation d’une cérémonie à l’Hôtel de Ville en l’honneur de celui qui quelques heures plus tard s’affiche ouvertement soutien d’une candidate, s’apparente à une aide de la commune.

Inéligible ?

En cas d’irrégularité avérée, les conséquences seraient fâcheuses pour la maire de Paris. En premier lieu, l’ensemble des sommes dépensées par la ville pour la venue de l’ancien président du Brésil devrait réintégrer le compte de campagne de la candidate. Si le concours financier se révélait important, il pourrait même entraîner le rejet pur et simple du compte de campagne. Voire l’inéligibilité de la candidate.

Bref, les soupçons d’irrégularité troublent la campagne au risque de menacer la confiance nécessaire entre élus et citoyens.

Municipales: halte au clientélisme!

 


Les prochaines élections municipales sont l’occasion rêvée pour tous les citoyens d’adresser à la classe politique dans son ensemble un message clair: halte au clientélisme !


On aurait tort de négliger le poids des maires et de leurs équipes dans la vie de notre pays car c’est avant tout localement que nous pouvons vivre et faire vivre la démocratie. Loin des considérations politiciennes, nombre d’élus locaux font de la politique au sens noble, souvent dans de petites communes, où leur dévouement, aux côtés de fonctionnaires encore attachés à l’éthique de leurs missions, donne corps et crédibilité à la République. Des maires, même de petits villages, se révèlent de bien plus grands hommes d’Etat que certains chefs d’Etat…

Les ennemis de la République et de la France en embuscade

Mais hélas, l’échelon communal peut aussi être celui d’une corruption abjecte, qui sans être toujours illégale n’en est pas moins odieuse. Elle incarne l’abandon de la politique au profit d’un vulgaire marketing électoral, le renoncement à l’intérêt général au profit d’un carriérisme construit en flattant des intérêts particuliers contraires au bien commun.

Mila a été le révélateur d’une ligne de fracture profonde traversant notre société et la plupart des partis politiques. Qui a choisi de dire #JeSuisMila dès la première heure ? Qui a joué le couplet lâche du «oui, mais…»?

Les ennemis de la République et de la France l’ont d’ailleurs bien compris. Je pense à la vieille technique du chantage à l’emploi, rapport de force délétère à ne surtout pas confondre avec un partenariat honnête et légitime entre une commune et des entreprises. Je pense aussi à l’entrisme communautariste et islamiste dans certaines équipes municipales, et à ce clientélisme éhonté qui, presque toujours, accompagne mine ces « territoires perdus » qui ne sont pas perdus pour tout le monde.

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A cet égard, les révélations d’Eve Szeftel sur Bobigny sont glaçantes. Mais on peut aussi évoquer le cas de la candidate LREM à Lille, qui même sans lien connu avec des réseaux criminels, courtise sans vergogne les milieux islamistes, d’un bon nombre de candidatures sous l’étiquette LFI – sans surprise après leur participation à la marche de la honte du 10 novembre – et tant d’autres, jusqu’à Saint-Étienne-du-Rouvray, lieu du martyr du Père Hamel. Oui, ils osent tout, et on se souvient de la citation d’Audiard à ce sujet.

Un site vigie

Je ne saurais trop, à cet égard, recommander le site Onvousvoit.fr, plateforme résolument non partisane et rigoureusement factuelle consacrée aux prochaines élections. Un vrai travail de salubrité démocratique !

A moins de trouver le candidat idéal, il me semble indispensable d’avoir des priorités claires.

D’abord, cela devrait être évident, le refus de pactiser avec les ennemis de la France. Il y a des clientélismes qui ne sont pas seulement des malhonnêtetés mais des trahisons. Voter pour quelqu’un qui offre des prébendes aux islamistes, abreuve de subventions leurs associations, ou donne des tribunes au racialisme décomplexé des indigénistes et autres décoloniaux, est moralement et civiquement criminel.

L’affaire Mila comme révélateur

A mes yeux, il est critère aussi simple que fondamental : quel a été l’attitude de tel ou tel candidat pendant l’affaire Mila ? La liberté d’expression est la mère de toutes les batailles, car sans cette liberté, il est impossible de livrer les autres batailles sans se mettre dans l’illégalité. Or, Mila a été le révélateur d’une ligne de fracture profonde traversant notre société et la plupart des partis politiques. Qui a choisi de dire #JeSuisMila dès la première heure ? Qui en revanche a longuement attendu, que ce soit pour sentir le sens du vent ou en espérant échapper à l’obligation de se positionner clairement ? Qui a joué le couplet lâche du « oui, mais » ? Qui, enfin, se sent manifestement plus proche de ceux qui menacent Mila que de ceux qui partagent son besoin de liberté ?

Citons les plus dignes : Georges Kuzmanovic, Amine El Khatmi, Aurore Bergé, Joachim Son-Forget, Frédérique Calandra, Lydia Guirous, Valérie Boyer, Marine Le Pen, Jean Messiha…. Je veux rappeler l’incompréhensible et long silence du gouvernement – mais qu’espérer d’autre, quand le Président parle de combattre l’islam théocratique en s’appuyant sur le CFCM d’Abdallah Zekri, aux propos aussi odieux qu’imbéciles ? Je veux redire la compromission de LFI – mais qu’attendre d’autre du parti qui envoie Danièle Obono à l’Assemblée ?

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Non au racisme !

Car c’est un autre critère : le racisme ne doit pas avoir sa place dans le gouvernement de notre pays, à quelque niveau que ce soit. Or, son visage le plus répandu aujourd’hui n’est plus celui d’une ultra-droite résiduelle, mais bien celui du racialisme complaisamment accueilli en son sein par une trop grande part de la gauche. Non, le racisme n’est pas du côté de ceux qui défendent l’intégration et l’assimilation ! Ceux pour qui l’essentiel est d’adopter pleinement la France pour être adopté par elle s’intéressent à « qui vous êtes », aux choix que vous faites, et non à « d’où vous venez ». Le racisme n’est pas du côté de cette France que nos ennemis disent « rance » mais qui, qu’elle partage ou non leurs idées, considère – et ajoutera même « évidemment » – comme des Français à part entière Eric Zemmour, Jean Messiha, Lydia Guirous, Zohra Bitan, Fatiha Boudjahlat, Amine El Khatmi, et tant d’autres. Le racisme est plutôt dans cet « antiracisme » dévoyé, friand d’assignations identitaires : pour lui, « qui vous êtes » est à jamais déterminé par « d’où vous venez ». Le racisme est du côté de cette idéologie qui croit les « racisés » incapables d’aimer la France, et traite de « collabeurs » ou de « bounty » ceux qui préfèrent l’universalisme républicain à l’enfermement dans une appartenance tribale.

Ne nous leurrons pas : voter pour quelqu’un qui courtise les « indigénistes » et autres « décoloniaux », fussent-ils parés de titres universitaires d’un sérieux d’ailleurs souvent douteux, c’est voter pour le racisme, pour la dislocation de la nation, pour la soumission de l’intérêt général à la dictature des minorités.

Les poids-lourds après l’essentiel

Bien évidemment, je n’ai aucune envie d’un maire qui risque de modifier le plan de circulation de la commune pour faire passer les poids-lourds devant chez moi plutôt que devant chez lui. Au quotidien, c’est important ! Mais je sais que si nous laissons gagner ceux qui voulaient faire taire Mila, ou qui n’ont opposé aux menaces contre elle qu’un silence lâche ou calculateur, ceux qui se plient aux caprices des racialistes, ceux qui pactisent avec les islamistes voire avec des assassins avérés, la circulation des camions sera le cadet de mes soucis.

La droite et la gauche républicaine sont toutes deux nécessaires, et la dynamique de leur affrontement dans le débat d’idées reste indispensable à une démocratie saine. Ce n’est donc pas le positionnement droite/gauche ni les querelles d’appareils qui doivent primer dans nos choix. Il nous faut profiter des élections municipales pour dire, sans aucune ambiguïté, une chose simple : nous ne confierons notre destin collectif qu’à des personnes qui aiment la France et qui défendent ce qu’il y a de plus noble dans ses valeurs.

Coronavirus: ma quête de gel antibactérien dans Paris


Alors que le coronavirus s’étend et bien que se laver les mains au savon soit suffisant, le gel hydroalcoolique apparaît comme l’eau bénite des temps nouveaux. Mais la pénurie est déjà là. Notre chroniqueur se lance à sa recherche dans le Paris de 2020.


Le lundi 2 mars, je rentre non sans entrain dans une pharmacie du XIIIème arrondissement parisien.

« Bonjour Madame, auriez-vous du gel pour les mains ?

– Non on n’en a pas, Monsieur, me rétorque la patronne aux cheveux blancs avec une mine déconfite. On n’en a plus, ajoute-t-elle ensuite avec une bonne dose d’agacement. C’est marqué sur la porte d’entrée. Vous êtes au moins la centième personne à me demander ça depuis ce matin.

Pourvu que le prochain client ne soit pas un de ces emmerdeurs paniqués qui vienne demander du gel antibactérien, a-t-elle dû prier avant.

« Moi aussi c’est ce que je cherche »

Dans une autre pharmacie située à deux pas du théâtre du Châtelet, le patron trentenaire a le teint hâlé. En pleine forme, il semble revenir tout droit de Courchevel.

« On n’en a plus, Monsieur », m’informe-t-il avec courtoise.

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Au Monoprix situé à côté, un Maghrébin pas très carré, un peu plus court que moi avec une courte barbe : « Justement, moi aussi c’est ce que je cherche, me confie-t-il. Je viens d’aller dans la pharmacie d’à côté, y’ a plus rien. Et c’est dix euros les huit masques, maintenant ».

« Qu’est-ce qu’on va devenir ? »

À deux pas de l’Assemblée Nationale, là où nos charmants députés décident de notre sort : « Auriez-vous de la cire d’abeille ?, demande une femme d’une cinquantaine d’années, écharpe relevée jusqu’au yeux.

– Non Madame, répond la patronne sexagénaire.

– Du gel antibactérien ?

– Non plus Madame.

– Et des masques ? Y’a plus rien nulle-part. Qu’est-ce que c’est que cette histoire, qu’est-ce qu’on va devenir ?!, s’inquiète la cliente. Je ne dis rien mais je n’en pense pas moins.

À la pharmacie d’à côté, un Monsieur septuagénaire semble prendre la vie avec plus de sérénité : « Vous auriez du gel Mademoiselle ?, demande-t-il un brin charmeur.

– Non Monsieur, répond-elle d’un air enchanté, c’est fini jusqu’à mercredi.

– Ce n’est pas bien grave, ça peut attendre, dit-il avec nonchalance et un sourire en rebroussant chemin.

Un Français sur quatre ne se lave pas tous les jours

Le lendemain, mardi 3 au matin, je tente à nouveau ma chance, cette fois près de la station Glacière, dans le XIIIème arrondissement parisien. Le patron a mon âge, une barbe de trois jours, son allure vestimentaire d’amateur de skateboard tranche avec le genre pincé des pharmaciens rencontrés jusqu’alors. « Auriez-vous du gel antibactérien, Monsieur ?

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En guise de réponse, il me montre du doigt des flacons posés sur le comptoir, où il est écrit sur l’étiquette « gel hydroalcoolique désinfectant ». Le Graal ! « J’ai plus que ceux-là, se justifie-t-il.

Cela fera l’affaire : « Formidable !, lui dis-je. Vous êtes les premiers ! » Il ne répond rien et encaisse la monnaie : deux euros et quatre-vingt-dix centimes. Pas grand-chose, je sais, il ne fera pas ses choux gras avec des clients comme moi. La prochaine fois, j’achèterai  des suppléments vitaminés au zinc, une crème antirides (il n’est jamais trop tôt pour s’y mettre), un dentifrice au charbon de bois, un shampoing réparateur aux extraits de romarin et d’orties, des pastilles pour les digestions difficiles et évidemment, une bonne boite d’antidépresseurs pour terminer l’hiver. Sans doute recevrai-je plus de considération.

D’après un sondage Ifop, un Français sur quatre ne se lave pas tous les jours. À ceux-là, s’ils lisent ces lignes et sont définitivement réfractaires aux charmes des salles de bain : faites comme moi, utilisez du gel antibactérien. Vous ne vous ruinerez guère, notre État va encadrer son prix. Ni eau, ni savon, ni gel douche, ni serviette. Et surtout, vous donnerez le sourire à des petits commerçants bien utiles : les pharmaciens!

Espagne: les trous de mémoire de la gauche

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Depuis une quinzaine d’années, l’utilisation de l’histoire à des fins politiques est devenue la marque indélébile du parti socialiste espagnol (PSOE) et de l’extrême gauche cryptocommuniste (réunie aujourd’hui sous le sigle Podemos-Izquierda Unida). Les mêmes faits sont sempiternellement évoqués par les autorités politiques et les grands médias : la répression « franquiste » contre les gauches pendant la guerre civile et la dictature de Franco. En revanche, c’est sur la pointe des pieds que la répression des droites par les gauches est décrite. Dans leur cas – dit-on- le « deuil » a déjà été fait sous la dictature.


Au fil des ans, l’idéologie mémorialiste de la gauche espagnole n’a cessé de se durcir. L’histoire, qui, bizarrement, serait dominée par la droite, est devenue une matière suspecte. Elle a été remplacée par la « mémoire historique et démocratique ». Fondée sur des mémoires individuelles et subjectives, celle-ci ne se soucie pas d’expliquer et de comprendre mais de sélectionner, de condamner et de dénoncer.

Le pardon et la concertation, c’est fini

Au lendemain de la dictature franquiste, de 1976 à 1982, deux principes ont animé « l’esprit de la transition démocratique » : le pardon réciproque et la concertation entre gouvernement et opposition. Il ne s’agissait pas d’oublier le passé, mais de le surmonter et de regarder résolument vers l’avenir. Il n’y a pas eu alors, comme les autorités se plaisent à le dire aujourd’hui, « d’amnésie volontaire », ni de « pacte du silence ». Bien au contraire, la transition démocratique reposait sur une parfaite conscience des échecs du passé et sur la volonté de les dépasser. Il ne s’agissait pas d’imposer le silence aux historiens et aux journalistes, mais de les laisser débattre et de refuser que les politiciens s’emparent du sujet pour leurs luttes partisanes. Il n’y eut donc pas d’oubli mais au contraire une attention particulière accordée à l’histoire et un nombre impressionnant de publications sans doute comme il n’y en a jamais eu.

Mais à partir des années 1990, et en particulier à partir de la campagne électorale de 1993, l’attitude du parti socialiste s’est infléchie. Un raz-de-marée culturel néo-socialiste et postmarxiste a bientôt submergé le pays. L’histoire manichéenne des premières années du franquisme, que l’on croyait définitivement enterrée avec lui, a resurgie mais sous une autre forme. Avec la Loi de Mémoire historique de 2007, de José Luis Zapatero, une nouvelle impulsion a été donnée aux arguments de la « Memoria histórica » et une véritable atmosphère de pré guerre civile s’est installée peu à peu dans le pays.

Amnésie mémorielle

En décembre 2008, le groupe parlementaire socialiste a présenté au Parlement une nouvelle proposition de loi pour réformer et amplifier la loi de 2007. Dans sa première mouture, ce projet de loi prévoyait une Commission de la vérité (sic !) composée de onze membres désignés par le Parlement pour dire la vérité historique. Il prévoyait également des amendes jusqu’à 150 000 euros, des peines de prison jusqu’à 4 ans, la destruction des ouvrages publiés et la déchéance, jusqu’à dix ans, des enseignants jugés coupables. Par chance, cette monstruosité antidémocratique a été remaniée et à ce jour c’est une nouvelle rédaction plus « soft » qui est  en attente d’être examinée et votée par les parlementaires.

Contrairement à ce qu’affirmait récemment le titre d’un journal du soir parisien, ce n’est pas l’interdiction du culte de Franco qui divise  l’Espagne, mais la définition ou le sens que le nouveau projet de loi de mémoire entend donner à « l’apologie du franquisme ». Il est en effet singulier et inquiétant de voir des partis de gauche devenus amnésiques, présenter un projet de loi prétendument démocratique qui n’est au fond qu’une étape vers l’instauration d’une sorte de soviétisme soft. Il est ahurissant de voir des partis de gauche se réclamer de la IIe République et de la démocratie en oubliant ou camouflant leur propre mémoire historique.

Les crimes des gauches

Comment pourrait-on oublier la part de responsabilité des gauches dans l’origine de la guerre civile  alors que le mythe révolutionnaire de la lutte armée, était partagé par toutes les gauches ? Comment oublier que la démocratie libérale n’était perçue, par le parti socialiste bolchevisé, par le parti communiste et par les anarchistes, que comme un moyen de parvenir à leurs fins : la « démocratie populaire » ou l’État socialiste ? Comment oublier le recours à la violence politique massive du parti socialiste lors du putsch d’octobre 1934 contre le gouvernement libéralo-centriste du radical Alejandro Lerroux dont le parti était nourri de francs-maçons ? Comment oublier que lors des élections du Front populaire de février 1936, 50 sièges de droite ont été invalidés et accordés systématiquement à la gauche pour que celle-ci puisse avoir la majorité ? Comment oublier que le Président de la République, Niceto Alcalá Zamora, jugé trop conservateur, a été limogé « en violation de la constitution » après un véritable « putsch parlementaire », selon ses propres dires ? Comment oublier la terreur dans la rue (plus de 300 morts en trois mois), la marginalisation et l’exclusion de l’opposition parlementaire en juin ?

Des exactions dans les deux camps

Comment oublier que les exactions et les exécutions extrajudiciaires  ont été aussi terribles et nombreuses dans un camp comme dans l’autre? Comment oublier que les pères fondateurs de la République, les intellectuels Marañon, Perez de Ayala, Ortega y Gasset, ou encore Unamuno, les véritables libéraux et démocrates de l’époque, se sont opposés au Frente Popular et ont fait le choix du camp national ?  Pourquoi répandre l’idée que depuis le début de l’instauration de la démocratie les Espagnols ont été  incapables de surmonter le passé, que la Transition a été une lâcheté et que la droite continue pour l’essentiel d’être franquiste ?  Pourquoi délégitimer la démocratisation de l’Espagne et miner la Constitution de 1978 ? Pourquoi enfin ne pas laisser définitivement les morts enterrer les morts ? En 1547, après s’être emparé de la ville de Wittenberg, Charles V visita la tombe de celui qui avait été son plus dur ennemi Martin Luther. Certains conseillers lui suggéraient de brûler les restes de l ’ « hérétique ». Magnanime, l’empereur répondit : “Il a trouvé son juge. Moi je fais la guerre aux vivants, pas aux morts”.

La Constitution de 1978 bafouée

L’historien de la guerre civile ne peut souscrire à une entreprise de haine et de démolition. Il sait trop bien qu’il ne faut pas confondre les origines et les antécédents de la guerre civile avec le putsch du 18 juillet 1936, ni la guerre civile avec la dictature de Franco ; que ce sont des faits qui sont tous bien distincts et qu’en tant que tels ils peuvent être jugés et interprétés de manières très différentes. En confondant tout, en sombrant dans l’amalgame, on se condamne à ne rien comprendre. Adéquatement, l’article 16 (alinéa 1) de la Constitution de 1978 garantit la liberté d’expression, la liberté idéologique et de culte sans autres restrictions possibles que celles qui découlent du maintien de l’ordre public protégé par la loi. Souhaitons que les parlementaires espagnols s’en souviennent à l’heure d’examiner et de voter ce nouveau projet de loi de mémoire si peu démocratique.

La guerre d'Espagne revisitée

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Gainsbourg, comme un boomerang

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L’artiste a disparu il y a 29 ans.


Lundi 2 mars, le 5 bis rue de Verneuil pleurait son locataire éternel, l’un des Français les plus marquants de la culture pop, l’homme qui inventa un style inimitable, grandiose et populaire, ironique et ombrageux, le juif russe qui a grandi dans la France occupée sous son nom de naissance Lucien Ginsburg, le peintre avorté qui a « retourné sa veste parce qu’elle était doublé de vison », le prince des dandys qui détestait qu’on lui accolât l’image de poète assassiné par la société de consommation.

Serge Gainsbourg célébrait son 29ème anniversaire dans le cœur des français à qui il manque même lorsqu’ils ne l’ont pas connu. Comme seuls quelques grands, il laisse un héritage à toute la nation et un clan talentueux qui porte magnifiquement ses couleurs, en la personne de Charlotte Gainsbourg, de Jane Birkin ou de Lulu.

Le rock de Nerval

Gainsbourg est l’inventeur d’une posture artistique. Venu de la génération des colosses de la chanson française – il est né la même année que Brel, cinq ans après Brassens et Aznavour –, Gainsbourg a foulé de ses Repettos zizis tous les styles musicaux qui ont traversé la France pour en faire de nouvelles figures littéraires, depuis Ronsard 58 jusqu’à You’re Under Arrest (1987) qui préfigure le slam et l’arrivée du hip-hop. Le compositeur disait lui-même que si l’on écrivait l’histoire de la chanson française dans un cahier, il faudrait le mettre en marge. Il n’y a en effet aucun artiste comparable à Gainsbourg : aucun compositeur aussi prolifique, aucun interprète aussi éclectique, aucun artiste aussi complet.

Un homme aussi libre serait aujourd’hui comme un éléphant dans le magasin de porcelaine de la modernité où sont alignées sur des étagères les petites préciosités de chaque communauté…

Il introduit dans la chanson moderne et post-68 une hauteur, une métrique littéraire rigoureuse et incisive, nourrissant les bas instincts d’un public qu’il lui arrivait de mépriser tout en revenant à des projets qui renouaient avec ses premières amours pour le classique et la littérature romantique. Loin de ces artistes qui ne parlent que de subjectivité pour mieux cacher leur médiocrité objective, Gainsbourg mêlait Dvorak, Rachmaninoff ou son fidèle Chopin à des paroles de variété, il mettait les rythmes afro-cubains au service de la Nuit d’Octobre de Musset ou du Serpent qui danse de Baudelaire. Il est l’auteur d’une œuvre importante dont le fameux Histoires de Mélodie Nelson, écoulé à peu d’exemplaires à l’époque (à son grand dam) et qualifié de premier poème symphonique de l’âge pop, continue d’inspirer toute la musique française de Sébastien Tellier à Benjamin Biolay, de Philippe Katherine ou M.

Cet élitisme, ce sens des hiérarchies qui le faisait dire qu’il ne pratiquait en la chanson qu’un art mineur, n’est plus de notre temps, où chacun donne tant de lustre à ce qu’il fait et où l’on tire une preuve de qualité de son succès commercial.

Ecce homo Par hasard et pas rasé

La personne de Gainsbourg est également tout ce qui manque à notre époque et pourtant l’insupporte : sans parler du personnage provocateur qui fumait et buvait en lançant à Whitney Houston qu’il voulait « fuck with her » sur le plateau de Michel Drucker – son amour des femmes, ses paroles et citations frôlant la misogynie romantique d’un Albert Cohen, son mépris pour les fans du yéyé à qui il voulait faire livrer « des wagons de sucettes », ses paroles à double sens, son patriotisme et son engagement pour Giscard et Israël de 1967, tout cela pouvait s’épanouir et susciter la polémique, le scandale n’ayons pas peur de ces mots, et parfois l’émotion et la grâce. La provocation était pour lui une méthode : « On secoue les gens, et il y a des tas de choses qui tombent de leurs poches », disait-il à Sabatier. Autant dire qu’un homme aussi libre serait comme un éléphant dans le magasin de porcelaine de la modernité où sont alignées sur des étagères les petites préciosités de chaque communauté.

Avec la liberté de ton et l’irrévérence qui le caractérisait, Gainsbourg avait le don d’anoblir la bouse et d’en faire de l’art, ainsi qu’un Baudelaire suggérait qu’il n’y avait pas de sujets poétiques ou non, mais simplement des manières poétiques de traiter les sujets.

Gainsbourg était un géant qui passait en un instant de Huysmans au prout-prout, avec une délicatesse et un charisme qui continue de toucher au cœur les vieux prolétaires comme les jeunes bourgeois.

Comme le maitre nous avait appris, avec sa Pauvre Lola, qu’il fallait savoir s’étendre sans se répandre, on en restera là avec la concision française qu’il n’a cessé d’honorer : merci p’tit gars.

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Russie: la Constitution définit désormais le mariage comme «une union entre un homme et une femme»


Une majorité de Russes s’obstine à désapprouver l’idée de mariage homosexuel


Les associations pro-LGBT ne cessent de nous le rabâcher : la Russie serait désespérément homophobe. Du moins pas assez « gay-friendly » pour complaire aux standards occidentaux.

« Parent un et parent deux », pas le truc des Russes

Et la réforme constitutionnelle récemment votée par les députés de la Douma n’arrange rien. Comme l’avait annoncé le président Vladimir Poutine dans son discours à la nation du 15 janvier, la Constitution définit désormais le mariage comme « une union entre un homme et une femme ». D’après la députée Russie unie (pro-Poutine) Olga Batalina, cet amendement prémunit la Fédération russe contre le mariage gay, l’homoparentalité et l’usage de formules aussi absurdes que « parent un et parent deux ».

À lire aussi: Le British Museum invente l’art LGBT

Horreur, malheur ! Sans craindre l’amalgame, le Center for Independant Social Research dénonce une propagande antigay faisant le lit des violences homophobes. À en croire cette ONG basée à Saint-Pétersbourg, les crimes contre les gays et les lesbiennes n’auraient fait qu’augmenter depuis la loi de 2013 interdisant « l’information auprès de mineurs au sujet des relations sexuelles non traditionnelles ». En attendant d’être rééduqués en hôpital psychiatrique, une majorité écrasante de Russes s’obstine à désapprouver l’idée même de mariage homosexuel.

L’homosexualité dépénalisée par Poutine

L’Église orthodoxe, réputée conservatrice, corsèterait-elle les consciences ? Pas sûr. En pleine répression stalinienne antireligieuse (1934), Gorki condamnait l’homosexualité dans des termes que le Kremlin n’oserait aujourd’hui jamais employer : « Dans les pays fascistes, l’homosexualité ruineuse pour la jeunesse fleurit partout impunément, dans les pays où le prolétariat s’est audacieusement emparé du pouvoir, l’homosexualité est un crime social et est sévèrement punie. »

L’État russo-poutinien a dépénalisé l’homosexualité en 1993.

Greta, intersectionnels, indigénistes : ils vomissent l’Occident


Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel.


Lors de son dernier discours à Madrid, puis dans une tribune de Project Syndicate (29 novembre 2019) Greta Thunberg a déclaré : « La crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. »

Adèle Haenel en pointe

La rapidité avec laquelle certaines idées circulent puis s’intègrent dans un discours anti-Occident est stupéfiante. Ainsi, en sus de son combat pour l’écologie, dans un mouvement « intersectionnel » perpétuel, Greta Thunberg est-elle parvenue à désigner les fautifs : les anciens pays colonisateurs (uniquement les pays occidentaux), les racistes (uniquement les Blancs) et les systèmes patriarcaux (hormis ceux de la tradition coranique).

De la même manière, dans un entretien donné au New York Times, Adèle Haenel a pu expliquer que la « vraie censure dans le cinéma français, c’est l’invisibilisation » ; puis questionner : « Où sont les gens racisés dans le cinéma ? » ; et conclure : « Pour l’instant, on a majoritairement des récits classiques, fondés sur une vision androcentrée, blanche, hétérosexuelle ». (sic)

Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel. Et il cumule ces tares sur une seule aire géographique : l’Occident. Selon ce mythe, lui seul a colonisé des terres. Lui seul a conquis des territoires. Lui seul a fait de la traite des noirs africains un commerce monstrueux et lucratif. Lui seul a condamné les femmes aux pires tourments et à « l’invisibilisation ». Et lui seul a des comptes à rendre.

A lire aussi : Les damnés de la France

Stratégie de pouvoir

L’excellent livre d’Anne-Sophie Nogaret et Sami Biasoni, Français malgré eux, montre comment fonctionne, jusqu’à la bêtise, ce mouvement qui aimerait bien passer pour révolutionnaire, mais qui n’est en réalité qu’une façon de prendre le pouvoir (ou de garder un poste) en différents points stratégiques, l’université en tête ; ou de faire briller la coquille vide du « moi », ce « moi » qui ne regarde que lui et a trouvé dans le discours victimaire et « intersectionnel » le moyen de faire croire qu’il regardait aussi, de temps en temps, ailleurs, c’est-à-dire hors de lui, voire loin de lui. Ce qui n’est pas le cas.

Cette double ambition, pouvoir pragmatique et valorisation du « moi », n’est pas antinomique, et la « pensée » intersectionnelle est une arme efficace qui sert aussi bien l’une que l’autre. À l’intersection des potentielles et supposées discriminations auxquelles m’exposent ma couleur de peau, mon orientation sexuelle, mon obésité, mon handicap, mon accent, mon âge, mon « genre »…, je peux exhiber mon « moi » unique et égoïste, étaler une fausse compassion, cacher un véritable ressentiment, et bousculer ce que j’appelle l’ordre établi et dominant, lequel est idéalement représenté par l’homme blanc hétérosexuel occidental de plus de cinquante ans que je peux chasser pour prendre sa place.

Macron contre les « mâles blancs »

Ainsi voyons-nous aujourd’hui, en France, de plus en plus souvent, des ateliers non-mixtes ou des camps décoloniaux refuser leur accès aux Blancs, ou aux hommes, ou aux hétérosexuels, sous prétexte de « se défaire du joug de “l’influence du dominateur” ».

Ainsi avons-nous entendu le président de la République évoquer à deux reprises les « mâles blancs » quadras ou quinquagénaires (lors de son discours au Collège de France sur l’Intelligence artificielle et lors de la présentation du plan « banlieues »).

Ainsi, nous rappellent les auteurs de Français malgré eux, lors d’un colloque à l’université Paris 1 intitulé « Approches phénoménologiques du genre et de la race », la « philosophe » Manon Garcia a-t-elle pu asséner : « Je ne suis pas sûre que la femme dans son harem ait tellement moins de liberté que la catholique versaillaise mère au foyer, en fait ».

A lire aussi, Céline Pina: Il semble que les César n’auront pas lieu finalement

Ainsi, la « philosophe » Marion Bernard, lors du même colloque durant lequel l’alcool a dû couler à flots, narrant une expérience de rencontre avec une « nounou » noire dans un jardin public, a-t-elle pu tituber à voix haute : « Je deviens moi-même un personnage en deux dimensions […] en couleur, ou plutôt en non-couleur. Non-couleur qui décolore mon fils du même coup, le blanchit et le sépare de moi […] Nous avons ce lien nouveau entre nous, désagréable et honteux, qui me fait peur, la blancheur en partage, visible et gênante. Tout à coup, il est moins là que les autres enfants. » (sic, sic, sic !).

SOS universalisme

Sous l’influence de « concepts » anhistoriques, anachroniques et « intersectionnellement » victimaires, Greta Thunberg, Adèle Haenel, Delphine Ernotte, Eric Fassin, Rokhaya Diallo, Manon Garcia et mille autres, participent au même mouvement de dénonciation du même coupable et jubilent de voir leur moiversalisme bavard et flou remplacer cet encombrant, historique et philosophique universalisme. La quête de vérité, la saine curiosité, l’envie de lire autre chose que des tracts, les notions de bien et de mal, se voient évincées par des valeurs progressistes portées en étendard et variant au gré des modes ou des ambitions personnelles. Le « moi » décomplexé et ignorant a des combats dont il est fier et qui finissent en parades. Cela suffit à le satisfaire.

Mais ces luttes « intersectionnelles » et factices ne tromperont leur monde que le temps nécessaire à l’étalage total de leur bêtise. Déjà, Etienne Balibar, qui n’est pas réputé pour son conservatisme ou son esprit réactionnaire, a réagi très vivement lors d’un débat entre étudiants et universitaires plus ou moins « racisés » mais totalement « décoloniaux » lorsqu’un intervenant a réclamé « le meurtre du philosophe blanc hétérosexuel » (?!) : « Le livre de Norman (Norman Ajari, auteur du livre débattu ce soir-là), a tenu alors à préciser vertement Etienne Balibar, ne contient pas un seul bloc d’argumentation qui ne vienne pas de la raison classique. Il n’y a pas un seul raisonnement, il n’y a pas une seule construction de pensée, pas une seule critique dont vous pourrez dire “Ah oui, là, ça vient du fond de l’Afrique !” Pas du tout ! tout ça provient de Hegel, à travers Fanon ». À force de pousser pépère dans les orties, même le plus conciliant des pépères se rebiffe !

Il est libre, Palmade!

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Sylvie Joly et Pierre Palmade en 2006, Medaille de Chevalier des arts et lettres. © LECOEUVRE PHOTOTHEQUE / Collection ChristopheL

L’humoriste renouvelle avec bonheur l’art du stand-up dans un mélange de poésie et d’absurde, loin des cases où on voudrait l’enfermer.


Le petit théâtre de l’Européen à Paris, place de Clichy, a des allures de refuge par les temps qui courent : Pierre Palmade y joue ses sketches cultes devant un parterre de boomers acquis. Spectacle sans promotion qu’il a décidé de monter sur une impulsion, car l’envie de jouer se faisait pressante. Et il illumine la scène de sa présence lunaire, savant mélange de mime Marceau expressif et de réincarnation de Sylvie Joly, sa figure tutélaire.

L’humoriste sort d’une sale période

Il est vrai que Palmade a davantage occupé l’espace médiatique ces dernières années avec ses frasques amoureuses et sa consommation de substances qu’avec ses performances artistiques. Et il veut tirer un trait : « Maintenant, je voudrais que le nom de Palmade soit associé à humoriste, acteur, auteur, et pas à homosexuel cocaïnomane ».

A lire aussi: Virginie Despentes: Le degré zéro de la littérature et du cinéma

De cette période « maudite », on retiendra cependant sa prestation chez Ruquier en avril dernier où il présentait son livre-confession : Dites à mon père que je suis célèbre. Il a apporté sur le plateau sa fraîcheur et sa franchise – à propos de laquelle il déclare : « Je n’ai pas de filtres, c’est comme une maladie, j’ai besoin de tout dire, je confonds les médias avec ma mère ». Sincérité, mais aussi courage, car il y osé dire ne pas se sentir gay, mais homo et a même lâché qu’il aurait préféré être hétérosexuel, sacrilège en ces temps de néo-maccarthysme communautariste. Bien sûr, le lobby LGBT n’a pas tardé à lui envoyer des volées de bois vert. Il a alors compris qu’à l’ère des réseaux sociaux, on ne pouvait plus se permettre d’être sans filtre. Cette sincérité élevée au rang des beaux-arts, au mépris des conventions progressistes, est cependant touchante.

Artiste paradoxal, solaire et angoissé, Palmade a l’éducation bourgeoise qui lui colle à la peau. Elle ne l’a pas détourné des provocations du show-biz, ni de la sexualité ambiguë. Il accepte avec bonheur la comparaison avec Jacques Chazot, dont il a joué le rôle dans le biopic de Diane Kurys sur Sagan : « C’est vrai, j’ai la même complicité avec Véronique Sanson que celle qu’il avait avec Sagan. »

Un comique à l’ancienne

Mais revenons à l’humoriste biberonné aux émissions de Maritie et Gilbert Carpentier et au théâtre de boulevard. Héritage qu’il assume avec une certaine fierté : « J’étais déjà un comique à l’ancienne il y a vingt ans, c’est un genre d’humour que j’ai peut-être modernisé, et il faut faire de la résistance face au stand-up ». Le stand-up, qu’il semble apprécier pour ses grands noms comme Blanche Gardin ou même Jamel Debbouze, est selon lui devenu un genre trop fourre-tout, nourri par YouTube qui génère 25 nouveaux comiques par jour, dont beaucoup n’ont rien à dire. C’est un peu l’art contemporain du rire. « Il faut distinguer un humoriste d’un déconneur », conclut-il.

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L’auteur va donc prendre le pas sur le comédien, La Troupe à Palmade se reforme, avec une foultitude de noms prestigieux, d’Isabelle Nanty à Muriel Robin. À partir de fin avril, cette troupe oubliée du public va égrainer sur scène de petites saynètes absurdes et poétiques. Car la poésie, il dit l’avoir toujours eu en lui : « Aujourd’hui, j’ai envie de parler à une chaise, de cultiver mes non-dits et mes silences ». Il relance également, pour une émission qui sera diffusée sur M6, « Le Grand Restaurant » au titre délicieusement vintage, qui fait référence à un film avec Louis de Funès et Bourvil. Soutenu par l’humour exigeant de François Rollin, il y campe un directeur de restaurant qui virevolte de table en table, où des couples interprétés par des comédiens prestigieux devisent sur l’amour, la mort, la vie. Ce défi l’angoisse et fait passer une ombre dans ses yeux limpides.

François Bott ou la liberté du goût

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François Bott. Sipa/BALTEL. Numéro de reportage : 00625285_000023

Avec un recueil de critiques littéraires et un autre de nouvelles, François Bott nous gâte. Son élégance érudite est un bonheur.


On a tendance à oublier, ces temps-ci, que la littérature est d’abord une affaire de goût. On aime, ou on devrait aimer les écrivains, pour le plaisir qu’ils nous donnent. Le problème est que la littérature, aujourd’hui, est devenue un champ de bataille comme les autres. On ne finira par lire que les livres écrits par ceux qui mettent dans l’urne le même bulletin que nous. La littérature s’est idéologisée, au plus mauvais sens du terme, et la critique littéraire, dans la presse, a de fait perdu une certaine liberté d’esprit. François Bott, lui, a dirigé les pages littéraires de L’Express et du Monde a une époque, déjà lointaine, où on ne vérifiait pas les papiers d’identité des auteurs qu’ils soient vivants ou morts car on sait que désormais même les auteurs morts peuvent être convoqués, à l’occasion d’une réédition ou d’une commémoration, devant ces nouveaux tribunaux populaires que sont les réseaux sociaux.

Une promenade entre Descartes et Valéry

François Bott publie d’ailleurs aujourd’hui un livre délicieux qui prouve qu’il est encore possible d’aimer des écrivains à proportion de ce qu’ils nous donnent et non de qui ils sont. On recommandera donc vivement Il nous est arrivé d’êtres jeunes qui est un herbier charmant, érudit et léger. En deux ou trois pages à chaque fois, d’Aragon à Stéphane Zweig, il réussit à nous donner envie de lire ou de relire. Ici, il imagine une promenade entre Descartes et Valéry et « Tant pis pour le décalage horaire, la différence d’âge, la différence de siècle. »  C’est que la littérature est une machine à remonter le temps, pour François Bott. Il se souvient ainsi du hussard Nimier et de son livre le plus méconnu, Traité d’indifférence : « Ce prétendu éloge du détachement nous rappelle surtout que Nimier avait l’art des commencements qui vont vite. » et Bott de citer la première phrase du Traité d’indifférence : « Nous savons à peu près que nous sommes en vie. » Tout, bien entendu est dans cet « à peu près ».

Mais continuons de feuilleter. Tiens, Jean-Paul Sartre… Il n’était pas franchement la tasse de thé de Nimier même s’il lui dédicaça L’étrangère, son premier roman, sans doute ironiquement. Que nous dit Bott de Sartre ? Il rappelle qu’il n’est pas pour rien dans « la guerre civile » qui enflamma la littérature française d’après-guerre, sans atteindre, pourtant, la violence d’aujourd’hui. Alors que les événements qui avaient vu les écrivains se répartir entre collaboration et résistance étaient pourtant plus proches. Mais Bott nous rappelle que Sartre est aussi l’auteur des Mots, une des plus belles autobiographies de la langue française et qu’il est aussi celui qui savait aimer ses amis, comme Nizan. Vertu assez rare qui fait dire à Bott : « Sartre for ever ».

Sartre… et Drieu

Et pourtant, cela ne l’empêche pas d’admirer Morand, « Les départs le délivraient de la pesanteur, comme les amants le matin des coups de foudre » ou Drieu : « Même lorsqu’il manquait de jugement, Drieu avait de la plume. » Complaisance pour les collabos ? Alors comment expliquer ce goût pour Jean Genet, voleur, provocateur, homosexuel, en rupture radicale avec toutes les conventions mondaines et esthétiques, inventant un théâtre nouveau et radical. Parce que Genet est aussi et surtout « une énigme, avec ses contradictions, sa brutalité, son lyrisme, son visage de boxeur et cette voix mêlée d’enfance. »

Comme un bonheur ne vient jamais seul, on pourra compléter la lecture de ce Lagarde et Michard intime avec un recueil de nouvelles Un amour à Waterloo dont un certain nombre tourne autour de la figure de Bonaparte, ou plutôt des étranges répercussions sentimentales que cette figure peut avoir sur la vie de certains de nos contemporains et  même d’un GI débarquant en Normandie en 1944. Bott conclut ce recueil par une série de portraits de femmes, un peu à la manière d’Emmanuel Berl dans Rachel et autres grâces, des femmes qu’on aimerait rencontrer comme cette Simone fugitive qui renonce à la fuite, car de toute manière, « on revient de tout, même des Bahamas. » 

Il nous est arrivé d’être jeunes de François Bott (Table Ronde/La Petite Vermillon)

Un amour à Waterloo de François Bott (Table Ronde)

Autocritique

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Elisabeth Lévy Hannah Assouline

Une faute d’orthographe à la une de Causeur : j’ai longuement hésité entre le hara-kiri, le confinement à vie et l’autocritique publique. J’ai retenu cette dernière solution.

Voilà trois jours que ma première pensée, au réveil, est pour ce maudit « s » manquant : « Le gauchisme tendance rend possible tous les délires » – bien sûr, il fallait écrire « possibles ».

Comment avons-nous pu laisser passer une telle faute ? Je l’ignore. La fatigue et la presse ne justifient rien. Et que cela tombe sur la couverture où figurent trois penseurs rend la vexation encore plus cuisante.

Depuis deux jours, mes camarades m’envoient gentiment des « unes » de confrères comportant des fautes encore plus laides que la nôtre. Cela ne me console pas.

Nous nous employons tous à traquer les tournures fautives et autres lourdeurs de forme – qui sont toujours le reflet d’un défaut de la pensée. Notre correcteur Frédéric Baquet également (la justice exige que je précise qu’il n’a pas vu passer cette « une »). Bien sûr, la perfection n’est pas de ce monde et, tous les éditeurs le savent, le « zéro faute » presque hors d’atteinte. Cependant, d’une façon générale, nous avons l’immodestie de penser que Causeur est l’un des titres les mieux écrits de la presse. Du reste, on nous en fait souvent compliment. La mortification d’avoir failli est à la hauteur de ces gratifications.

Le contrat entre Causeur et ses lecteurs comporte le respect de notre belle langue. Je vous présente donc mes excuses, ainsi qu’à Michel Onfray, pour cette faute lamentable en « une ». C’était la première fois en douze ans. Ce sera la dernière.

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Hidalgo soutenue par Lula: est-ce bien légal?

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lula anne hidalgo paris bresil
Anne Hidalgo et Lula., mars 2020, Paris. Auteurs : Michel Euler/AP/SIPA. Numéro de reportage : AP22434321_000009

La maire de Paris a nommé l’ex-président brésilien citoyen d’honneur de la capitale avant que ce dernier ne la soutienne en meeting. Une ambiguïté potentiellement contraire au Code électoral.


Lundi dernier, l’ancien Président du Brésil Lula visitait Paris. A cette occasion, Anne Hidalgo l’a nommé citoyen d’honneur de la ville avant de le convier à un meeting de soutien à sa campagne au Théâtre du Gymnase.

Un mélange des genres problématique

Coïncidence ou mélange des genres ? En tout cas, il existe assurément une ambiguïté. Certes, rien n’interdit à ce qu’un maire en exercice attribue une distinction honorifique à un ancien chef d’Etat étranger. Et tout candidat aux élections peut recevoir le soutien de personnalités politiques de son choix.

Mais la simultanéité des deux événements pose plusieurs questions. Tout d’abord, qui a payé les frais de transport et d’hébergement de Lula ? Ensuite, pourquoi a-t-il été nommé citoyen d’honneur si promptement, en pleine campagne municipale ? Ne pouvait-on attendre un peu ? Même un esprit réfractaire au complotisme peut faire l’hypothèse d’un accord conclu entre Anne Hidalgo et Lula da Silva : une médaille décernée par Madame la maire contre un soutien affiché à la candidate.

A lire ensuite, David Desgouilles: Paris, Lyon, Besançon: qui profitera de l’échec de LREM aux municipales?

Juridiquement, cela soulève un problème. Rappelons que l’article L. 52-8 du Code électoral interdit expressément à toute personne morale (à l’exception des partis ou groupements politiques) de participer au financement de la campagne électorale d’un candidat et de lui consentir des dons sous quelque forme que ce soit. Les communes, personnes morales de droit public, ont ainsi expressément interdiction de financer ou d’octroyer un avantage quelconque à la campagne d’un candidat. Or, on pourrait qualifier la réception de Lula d’aide indirecte accordée par la ville de Paris à la candidate Anne Hidalgo. Si la ville de Paris assure que Lula da Silva a pris en charge ses frais de déplacement, l’organisation d’une cérémonie à l’Hôtel de Ville en l’honneur de celui qui quelques heures plus tard s’affiche ouvertement soutien d’une candidate, s’apparente à une aide de la commune.

Inéligible ?

En cas d’irrégularité avérée, les conséquences seraient fâcheuses pour la maire de Paris. En premier lieu, l’ensemble des sommes dépensées par la ville pour la venue de l’ancien président du Brésil devrait réintégrer le compte de campagne de la candidate. Si le concours financier se révélait important, il pourrait même entraîner le rejet pur et simple du compte de campagne. Voire l’inéligibilité de la candidate.

Bref, les soupçons d’irrégularité troublent la campagne au risque de menacer la confiance nécessaire entre élus et citoyens.

Sainte Anne !

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Municipales: halte au clientélisme!

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Gérard Collomb à la mosquée de la Duchere (Lyon) face au recteur Kamel Kabtane.

 


Les prochaines élections municipales sont l’occasion rêvée pour tous les citoyens d’adresser à la classe politique dans son ensemble un message clair: halte au clientélisme !


On aurait tort de négliger le poids des maires et de leurs équipes dans la vie de notre pays car c’est avant tout localement que nous pouvons vivre et faire vivre la démocratie. Loin des considérations politiciennes, nombre d’élus locaux font de la politique au sens noble, souvent dans de petites communes, où leur dévouement, aux côtés de fonctionnaires encore attachés à l’éthique de leurs missions, donne corps et crédibilité à la République. Des maires, même de petits villages, se révèlent de bien plus grands hommes d’Etat que certains chefs d’Etat…

Les ennemis de la République et de la France en embuscade

Mais hélas, l’échelon communal peut aussi être celui d’une corruption abjecte, qui sans être toujours illégale n’en est pas moins odieuse. Elle incarne l’abandon de la politique au profit d’un vulgaire marketing électoral, le renoncement à l’intérêt général au profit d’un carriérisme construit en flattant des intérêts particuliers contraires au bien commun.

Mila a été le révélateur d’une ligne de fracture profonde traversant notre société et la plupart des partis politiques. Qui a choisi de dire #JeSuisMila dès la première heure ? Qui a joué le couplet lâche du «oui, mais…»?

Les ennemis de la République et de la France l’ont d’ailleurs bien compris. Je pense à la vieille technique du chantage à l’emploi, rapport de force délétère à ne surtout pas confondre avec un partenariat honnête et légitime entre une commune et des entreprises. Je pense aussi à l’entrisme communautariste et islamiste dans certaines équipes municipales, et à ce clientélisme éhonté qui, presque toujours, accompagne mine ces « territoires perdus » qui ne sont pas perdus pour tout le monde.

A lire aussi, Caroline Valentin: Emmanuel Macron invoque la République… et oublie la France

A cet égard, les révélations d’Eve Szeftel sur Bobigny sont glaçantes. Mais on peut aussi évoquer le cas de la candidate LREM à Lille, qui même sans lien connu avec des réseaux criminels, courtise sans vergogne les milieux islamistes, d’un bon nombre de candidatures sous l’étiquette LFI – sans surprise après leur participation à la marche de la honte du 10 novembre – et tant d’autres, jusqu’à Saint-Étienne-du-Rouvray, lieu du martyr du Père Hamel. Oui, ils osent tout, et on se souvient de la citation d’Audiard à ce sujet.

Un site vigie

Je ne saurais trop, à cet égard, recommander le site Onvousvoit.fr, plateforme résolument non partisane et rigoureusement factuelle consacrée aux prochaines élections. Un vrai travail de salubrité démocratique !

A moins de trouver le candidat idéal, il me semble indispensable d’avoir des priorités claires.

D’abord, cela devrait être évident, le refus de pactiser avec les ennemis de la France. Il y a des clientélismes qui ne sont pas seulement des malhonnêtetés mais des trahisons. Voter pour quelqu’un qui offre des prébendes aux islamistes, abreuve de subventions leurs associations, ou donne des tribunes au racialisme décomplexé des indigénistes et autres décoloniaux, est moralement et civiquement criminel.

L’affaire Mila comme révélateur

A mes yeux, il est critère aussi simple que fondamental : quel a été l’attitude de tel ou tel candidat pendant l’affaire Mila ? La liberté d’expression est la mère de toutes les batailles, car sans cette liberté, il est impossible de livrer les autres batailles sans se mettre dans l’illégalité. Or, Mila a été le révélateur d’une ligne de fracture profonde traversant notre société et la plupart des partis politiques. Qui a choisi de dire #JeSuisMila dès la première heure ? Qui en revanche a longuement attendu, que ce soit pour sentir le sens du vent ou en espérant échapper à l’obligation de se positionner clairement ? Qui a joué le couplet lâche du « oui, mais » ? Qui, enfin, se sent manifestement plus proche de ceux qui menacent Mila que de ceux qui partagent son besoin de liberté ?

Citons les plus dignes : Georges Kuzmanovic, Amine El Khatmi, Aurore Bergé, Joachim Son-Forget, Frédérique Calandra, Lydia Guirous, Valérie Boyer, Marine Le Pen, Jean Messiha…. Je veux rappeler l’incompréhensible et long silence du gouvernement – mais qu’espérer d’autre, quand le Président parle de combattre l’islam théocratique en s’appuyant sur le CFCM d’Abdallah Zekri, aux propos aussi odieux qu’imbéciles ? Je veux redire la compromission de LFI – mais qu’attendre d’autre du parti qui envoie Danièle Obono à l’Assemblée ?

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Non au racisme !

Car c’est un autre critère : le racisme ne doit pas avoir sa place dans le gouvernement de notre pays, à quelque niveau que ce soit. Or, son visage le plus répandu aujourd’hui n’est plus celui d’une ultra-droite résiduelle, mais bien celui du racialisme complaisamment accueilli en son sein par une trop grande part de la gauche. Non, le racisme n’est pas du côté de ceux qui défendent l’intégration et l’assimilation ! Ceux pour qui l’essentiel est d’adopter pleinement la France pour être adopté par elle s’intéressent à « qui vous êtes », aux choix que vous faites, et non à « d’où vous venez ». Le racisme n’est pas du côté de cette France que nos ennemis disent « rance » mais qui, qu’elle partage ou non leurs idées, considère – et ajoutera même « évidemment » – comme des Français à part entière Eric Zemmour, Jean Messiha, Lydia Guirous, Zohra Bitan, Fatiha Boudjahlat, Amine El Khatmi, et tant d’autres. Le racisme est plutôt dans cet « antiracisme » dévoyé, friand d’assignations identitaires : pour lui, « qui vous êtes » est à jamais déterminé par « d’où vous venez ». Le racisme est du côté de cette idéologie qui croit les « racisés » incapables d’aimer la France, et traite de « collabeurs » ou de « bounty » ceux qui préfèrent l’universalisme républicain à l’enfermement dans une appartenance tribale.

Ne nous leurrons pas : voter pour quelqu’un qui courtise les « indigénistes » et autres « décoloniaux », fussent-ils parés de titres universitaires d’un sérieux d’ailleurs souvent douteux, c’est voter pour le racisme, pour la dislocation de la nation, pour la soumission de l’intérêt général à la dictature des minorités.

Les poids-lourds après l’essentiel

Bien évidemment, je n’ai aucune envie d’un maire qui risque de modifier le plan de circulation de la commune pour faire passer les poids-lourds devant chez moi plutôt que devant chez lui. Au quotidien, c’est important ! Mais je sais que si nous laissons gagner ceux qui voulaient faire taire Mila, ou qui n’ont opposé aux menaces contre elle qu’un silence lâche ou calculateur, ceux qui se plient aux caprices des racialistes, ceux qui pactisent avec les islamistes voire avec des assassins avérés, la circulation des camions sera le cadet de mes soucis.

La droite et la gauche républicaine sont toutes deux nécessaires, et la dynamique de leur affrontement dans le débat d’idées reste indispensable à une démocratie saine. Ce n’est donc pas le positionnement droite/gauche ni les querelles d’appareils qui doivent primer dans nos choix. Il nous faut profiter des élections municipales pour dire, sans aucune ambiguïté, une chose simple : nous ne confierons notre destin collectif qu’à des personnes qui aiment la France et qui défendent ce qu’il y a de plus noble dans ses valeurs.

Coronavirus: ma quête de gel antibactérien dans Paris

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Une devanture de pharmacie à Paris, mars 2020 © RICCARDO MILANI / HANS LUCAS

Alors que le coronavirus s’étend et bien que se laver les mains au savon soit suffisant, le gel hydroalcoolique apparaît comme l’eau bénite des temps nouveaux. Mais la pénurie est déjà là. Notre chroniqueur se lance à sa recherche dans le Paris de 2020.


Le lundi 2 mars, je rentre non sans entrain dans une pharmacie du XIIIème arrondissement parisien.

« Bonjour Madame, auriez-vous du gel pour les mains ?

– Non on n’en a pas, Monsieur, me rétorque la patronne aux cheveux blancs avec une mine déconfite. On n’en a plus, ajoute-t-elle ensuite avec une bonne dose d’agacement. C’est marqué sur la porte d’entrée. Vous êtes au moins la centième personne à me demander ça depuis ce matin.

Pourvu que le prochain client ne soit pas un de ces emmerdeurs paniqués qui vienne demander du gel antibactérien, a-t-elle dû prier avant.

« Moi aussi c’est ce que je cherche »

Dans une autre pharmacie située à deux pas du théâtre du Châtelet, le patron trentenaire a le teint hâlé. En pleine forme, il semble revenir tout droit de Courchevel.

« On n’en a plus, Monsieur », m’informe-t-il avec courtoise.

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Au Monoprix situé à côté, un Maghrébin pas très carré, un peu plus court que moi avec une courte barbe : « Justement, moi aussi c’est ce que je cherche, me confie-t-il. Je viens d’aller dans la pharmacie d’à côté, y’ a plus rien. Et c’est dix euros les huit masques, maintenant ».

« Qu’est-ce qu’on va devenir ? »

À deux pas de l’Assemblée Nationale, là où nos charmants députés décident de notre sort : « Auriez-vous de la cire d’abeille ?, demande une femme d’une cinquantaine d’années, écharpe relevée jusqu’au yeux.

– Non Madame, répond la patronne sexagénaire.

– Du gel antibactérien ?

– Non plus Madame.

– Et des masques ? Y’a plus rien nulle-part. Qu’est-ce que c’est que cette histoire, qu’est-ce qu’on va devenir ?!, s’inquiète la cliente. Je ne dis rien mais je n’en pense pas moins.

À la pharmacie d’à côté, un Monsieur septuagénaire semble prendre la vie avec plus de sérénité : « Vous auriez du gel Mademoiselle ?, demande-t-il un brin charmeur.

– Non Monsieur, répond-elle d’un air enchanté, c’est fini jusqu’à mercredi.

– Ce n’est pas bien grave, ça peut attendre, dit-il avec nonchalance et un sourire en rebroussant chemin.

Un Français sur quatre ne se lave pas tous les jours

Le lendemain, mardi 3 au matin, je tente à nouveau ma chance, cette fois près de la station Glacière, dans le XIIIème arrondissement parisien. Le patron a mon âge, une barbe de trois jours, son allure vestimentaire d’amateur de skateboard tranche avec le genre pincé des pharmaciens rencontrés jusqu’alors. « Auriez-vous du gel antibactérien, Monsieur ?

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En guise de réponse, il me montre du doigt des flacons posés sur le comptoir, où il est écrit sur l’étiquette « gel hydroalcoolique désinfectant ». Le Graal ! « J’ai plus que ceux-là, se justifie-t-il.

Cela fera l’affaire : « Formidable !, lui dis-je. Vous êtes les premiers ! » Il ne répond rien et encaisse la monnaie : deux euros et quatre-vingt-dix centimes. Pas grand-chose, je sais, il ne fera pas ses choux gras avec des clients comme moi. La prochaine fois, j’achèterai  des suppléments vitaminés au zinc, une crème antirides (il n’est jamais trop tôt pour s’y mettre), un dentifrice au charbon de bois, un shampoing réparateur aux extraits de romarin et d’orties, des pastilles pour les digestions difficiles et évidemment, une bonne boite d’antidépresseurs pour terminer l’hiver. Sans doute recevrai-je plus de considération.

D’après un sondage Ifop, un Français sur quatre ne se lave pas tous les jours. À ceux-là, s’ils lisent ces lignes et sont définitivement réfractaires aux charmes des salles de bain : faites comme moi, utilisez du gel antibactérien. Vous ne vous ruinerez guère, notre État va encadrer son prix. Ni eau, ni savon, ni gel douche, ni serviette. Et surtout, vous donnerez le sourire à des petits commerçants bien utiles : les pharmaciens!

Espagne: les trous de mémoire de la gauche

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franco espagne guerre civile
Halloween à Malaga, 2019.. Auteurs : Jesus Merida / SOPA Images/Sipa /SIPA. Numéro de reportage : SIPAUSA30188092_000007.

Depuis une quinzaine d’années, l’utilisation de l’histoire à des fins politiques est devenue la marque indélébile du parti socialiste espagnol (PSOE) et de l’extrême gauche cryptocommuniste (réunie aujourd’hui sous le sigle Podemos-Izquierda Unida). Les mêmes faits sont sempiternellement évoqués par les autorités politiques et les grands médias : la répression « franquiste » contre les gauches pendant la guerre civile et la dictature de Franco. En revanche, c’est sur la pointe des pieds que la répression des droites par les gauches est décrite. Dans leur cas – dit-on- le « deuil » a déjà été fait sous la dictature.


Au fil des ans, l’idéologie mémorialiste de la gauche espagnole n’a cessé de se durcir. L’histoire, qui, bizarrement, serait dominée par la droite, est devenue une matière suspecte. Elle a été remplacée par la « mémoire historique et démocratique ». Fondée sur des mémoires individuelles et subjectives, celle-ci ne se soucie pas d’expliquer et de comprendre mais de sélectionner, de condamner et de dénoncer.

Le pardon et la concertation, c’est fini

Au lendemain de la dictature franquiste, de 1976 à 1982, deux principes ont animé « l’esprit de la transition démocratique » : le pardon réciproque et la concertation entre gouvernement et opposition. Il ne s’agissait pas d’oublier le passé, mais de le surmonter et de regarder résolument vers l’avenir. Il n’y a pas eu alors, comme les autorités se plaisent à le dire aujourd’hui, « d’amnésie volontaire », ni de « pacte du silence ». Bien au contraire, la transition démocratique reposait sur une parfaite conscience des échecs du passé et sur la volonté de les dépasser. Il ne s’agissait pas d’imposer le silence aux historiens et aux journalistes, mais de les laisser débattre et de refuser que les politiciens s’emparent du sujet pour leurs luttes partisanes. Il n’y eut donc pas d’oubli mais au contraire une attention particulière accordée à l’histoire et un nombre impressionnant de publications sans doute comme il n’y en a jamais eu.

Mais à partir des années 1990, et en particulier à partir de la campagne électorale de 1993, l’attitude du parti socialiste s’est infléchie. Un raz-de-marée culturel néo-socialiste et postmarxiste a bientôt submergé le pays. L’histoire manichéenne des premières années du franquisme, que l’on croyait définitivement enterrée avec lui, a resurgie mais sous une autre forme. Avec la Loi de Mémoire historique de 2007, de José Luis Zapatero, une nouvelle impulsion a été donnée aux arguments de la « Memoria histórica » et une véritable atmosphère de pré guerre civile s’est installée peu à peu dans le pays.

Amnésie mémorielle

En décembre 2008, le groupe parlementaire socialiste a présenté au Parlement une nouvelle proposition de loi pour réformer et amplifier la loi de 2007. Dans sa première mouture, ce projet de loi prévoyait une Commission de la vérité (sic !) composée de onze membres désignés par le Parlement pour dire la vérité historique. Il prévoyait également des amendes jusqu’à 150 000 euros, des peines de prison jusqu’à 4 ans, la destruction des ouvrages publiés et la déchéance, jusqu’à dix ans, des enseignants jugés coupables. Par chance, cette monstruosité antidémocratique a été remaniée et à ce jour c’est une nouvelle rédaction plus « soft » qui est  en attente d’être examinée et votée par les parlementaires.

Contrairement à ce qu’affirmait récemment le titre d’un journal du soir parisien, ce n’est pas l’interdiction du culte de Franco qui divise  l’Espagne, mais la définition ou le sens que le nouveau projet de loi de mémoire entend donner à « l’apologie du franquisme ». Il est en effet singulier et inquiétant de voir des partis de gauche devenus amnésiques, présenter un projet de loi prétendument démocratique qui n’est au fond qu’une étape vers l’instauration d’une sorte de soviétisme soft. Il est ahurissant de voir des partis de gauche se réclamer de la IIe République et de la démocratie en oubliant ou camouflant leur propre mémoire historique.

Les crimes des gauches

Comment pourrait-on oublier la part de responsabilité des gauches dans l’origine de la guerre civile  alors que le mythe révolutionnaire de la lutte armée, était partagé par toutes les gauches ? Comment oublier que la démocratie libérale n’était perçue, par le parti socialiste bolchevisé, par le parti communiste et par les anarchistes, que comme un moyen de parvenir à leurs fins : la « démocratie populaire » ou l’État socialiste ? Comment oublier le recours à la violence politique massive du parti socialiste lors du putsch d’octobre 1934 contre le gouvernement libéralo-centriste du radical Alejandro Lerroux dont le parti était nourri de francs-maçons ? Comment oublier que lors des élections du Front populaire de février 1936, 50 sièges de droite ont été invalidés et accordés systématiquement à la gauche pour que celle-ci puisse avoir la majorité ? Comment oublier que le Président de la République, Niceto Alcalá Zamora, jugé trop conservateur, a été limogé « en violation de la constitution » après un véritable « putsch parlementaire », selon ses propres dires ? Comment oublier la terreur dans la rue (plus de 300 morts en trois mois), la marginalisation et l’exclusion de l’opposition parlementaire en juin ?

Des exactions dans les deux camps

Comment oublier que les exactions et les exécutions extrajudiciaires  ont été aussi terribles et nombreuses dans un camp comme dans l’autre? Comment oublier que les pères fondateurs de la République, les intellectuels Marañon, Perez de Ayala, Ortega y Gasset, ou encore Unamuno, les véritables libéraux et démocrates de l’époque, se sont opposés au Frente Popular et ont fait le choix du camp national ?  Pourquoi répandre l’idée que depuis le début de l’instauration de la démocratie les Espagnols ont été  incapables de surmonter le passé, que la Transition a été une lâcheté et que la droite continue pour l’essentiel d’être franquiste ?  Pourquoi délégitimer la démocratisation de l’Espagne et miner la Constitution de 1978 ? Pourquoi enfin ne pas laisser définitivement les morts enterrer les morts ? En 1547, après s’être emparé de la ville de Wittenberg, Charles V visita la tombe de celui qui avait été son plus dur ennemi Martin Luther. Certains conseillers lui suggéraient de brûler les restes de l ’ « hérétique ». Magnanime, l’empereur répondit : “Il a trouvé son juge. Moi je fais la guerre aux vivants, pas aux morts”.

La Constitution de 1978 bafouée

L’historien de la guerre civile ne peut souscrire à une entreprise de haine et de démolition. Il sait trop bien qu’il ne faut pas confondre les origines et les antécédents de la guerre civile avec le putsch du 18 juillet 1936, ni la guerre civile avec la dictature de Franco ; que ce sont des faits qui sont tous bien distincts et qu’en tant que tels ils peuvent être jugés et interprétés de manières très différentes. En confondant tout, en sombrant dans l’amalgame, on se condamne à ne rien comprendre. Adéquatement, l’article 16 (alinéa 1) de la Constitution de 1978 garantit la liberté d’expression, la liberté idéologique et de culte sans autres restrictions possibles que celles qui découlent du maintien de l’ordre public protégé par la loi. Souhaitons que les parlementaires espagnols s’en souviennent à l’heure d’examiner et de voter ce nouveau projet de loi de mémoire si peu démocratique.

La guerre d'Espagne revisitée

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Gainsbourg, comme un boomerang

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Serge Gainsbourg en concert au Palace, Paris,1978 © Patrick SICCOLI/SIPA Numéro de reportage: 00776259_000016

L’artiste a disparu il y a 29 ans.


Lundi 2 mars, le 5 bis rue de Verneuil pleurait son locataire éternel, l’un des Français les plus marquants de la culture pop, l’homme qui inventa un style inimitable, grandiose et populaire, ironique et ombrageux, le juif russe qui a grandi dans la France occupée sous son nom de naissance Lucien Ginsburg, le peintre avorté qui a « retourné sa veste parce qu’elle était doublé de vison », le prince des dandys qui détestait qu’on lui accolât l’image de poète assassiné par la société de consommation.

Serge Gainsbourg célébrait son 29ème anniversaire dans le cœur des français à qui il manque même lorsqu’ils ne l’ont pas connu. Comme seuls quelques grands, il laisse un héritage à toute la nation et un clan talentueux qui porte magnifiquement ses couleurs, en la personne de Charlotte Gainsbourg, de Jane Birkin ou de Lulu.

Le rock de Nerval

Gainsbourg est l’inventeur d’une posture artistique. Venu de la génération des colosses de la chanson française – il est né la même année que Brel, cinq ans après Brassens et Aznavour –, Gainsbourg a foulé de ses Repettos zizis tous les styles musicaux qui ont traversé la France pour en faire de nouvelles figures littéraires, depuis Ronsard 58 jusqu’à You’re Under Arrest (1987) qui préfigure le slam et l’arrivée du hip-hop. Le compositeur disait lui-même que si l’on écrivait l’histoire de la chanson française dans un cahier, il faudrait le mettre en marge. Il n’y a en effet aucun artiste comparable à Gainsbourg : aucun compositeur aussi prolifique, aucun interprète aussi éclectique, aucun artiste aussi complet.

Un homme aussi libre serait aujourd’hui comme un éléphant dans le magasin de porcelaine de la modernité où sont alignées sur des étagères les petites préciosités de chaque communauté…

Il introduit dans la chanson moderne et post-68 une hauteur, une métrique littéraire rigoureuse et incisive, nourrissant les bas instincts d’un public qu’il lui arrivait de mépriser tout en revenant à des projets qui renouaient avec ses premières amours pour le classique et la littérature romantique. Loin de ces artistes qui ne parlent que de subjectivité pour mieux cacher leur médiocrité objective, Gainsbourg mêlait Dvorak, Rachmaninoff ou son fidèle Chopin à des paroles de variété, il mettait les rythmes afro-cubains au service de la Nuit d’Octobre de Musset ou du Serpent qui danse de Baudelaire. Il est l’auteur d’une œuvre importante dont le fameux Histoires de Mélodie Nelson, écoulé à peu d’exemplaires à l’époque (à son grand dam) et qualifié de premier poème symphonique de l’âge pop, continue d’inspirer toute la musique française de Sébastien Tellier à Benjamin Biolay, de Philippe Katherine ou M.

Cet élitisme, ce sens des hiérarchies qui le faisait dire qu’il ne pratiquait en la chanson qu’un art mineur, n’est plus de notre temps, où chacun donne tant de lustre à ce qu’il fait et où l’on tire une preuve de qualité de son succès commercial.

Ecce homo Par hasard et pas rasé

La personne de Gainsbourg est également tout ce qui manque à notre époque et pourtant l’insupporte : sans parler du personnage provocateur qui fumait et buvait en lançant à Whitney Houston qu’il voulait « fuck with her » sur le plateau de Michel Drucker – son amour des femmes, ses paroles et citations frôlant la misogynie romantique d’un Albert Cohen, son mépris pour les fans du yéyé à qui il voulait faire livrer « des wagons de sucettes », ses paroles à double sens, son patriotisme et son engagement pour Giscard et Israël de 1967, tout cela pouvait s’épanouir et susciter la polémique, le scandale n’ayons pas peur de ces mots, et parfois l’émotion et la grâce. La provocation était pour lui une méthode : « On secoue les gens, et il y a des tas de choses qui tombent de leurs poches », disait-il à Sabatier. Autant dire qu’un homme aussi libre serait comme un éléphant dans le magasin de porcelaine de la modernité où sont alignées sur des étagères les petites préciosités de chaque communauté.

Avec la liberté de ton et l’irrévérence qui le caractérisait, Gainsbourg avait le don d’anoblir la bouse et d’en faire de l’art, ainsi qu’un Baudelaire suggérait qu’il n’y avait pas de sujets poétiques ou non, mais simplement des manières poétiques de traiter les sujets.

Gainsbourg était un géant qui passait en un instant de Huysmans au prout-prout, avec une délicatesse et un charisme qui continue de toucher au cœur les vieux prolétaires comme les jeunes bourgeois.

Comme le maitre nous avait appris, avec sa Pauvre Lola, qu’il fallait savoir s’étendre sans se répandre, on en restera là avec la concision française qu’il n’a cessé d’honorer : merci p’tit gars.

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Russie: la Constitution définit désormais le mariage comme «une union entre un homme et une femme»

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© Omer Messinger/ NurPhoto/ AFP

Une majorité de Russes s’obstine à désapprouver l’idée de mariage homosexuel


Les associations pro-LGBT ne cessent de nous le rabâcher : la Russie serait désespérément homophobe. Du moins pas assez « gay-friendly » pour complaire aux standards occidentaux.

« Parent un et parent deux », pas le truc des Russes

Et la réforme constitutionnelle récemment votée par les députés de la Douma n’arrange rien. Comme l’avait annoncé le président Vladimir Poutine dans son discours à la nation du 15 janvier, la Constitution définit désormais le mariage comme « une union entre un homme et une femme ». D’après la députée Russie unie (pro-Poutine) Olga Batalina, cet amendement prémunit la Fédération russe contre le mariage gay, l’homoparentalité et l’usage de formules aussi absurdes que « parent un et parent deux ».

À lire aussi: Le British Museum invente l’art LGBT

Horreur, malheur ! Sans craindre l’amalgame, le Center for Independant Social Research dénonce une propagande antigay faisant le lit des violences homophobes. À en croire cette ONG basée à Saint-Pétersbourg, les crimes contre les gays et les lesbiennes n’auraient fait qu’augmenter depuis la loi de 2013 interdisant « l’information auprès de mineurs au sujet des relations sexuelles non traditionnelles ». En attendant d’être rééduqués en hôpital psychiatrique, une majorité écrasante de Russes s’obstine à désapprouver l’idée même de mariage homosexuel.

L’homosexualité dépénalisée par Poutine

L’Église orthodoxe, réputée conservatrice, corsèterait-elle les consciences ? Pas sûr. En pleine répression stalinienne antireligieuse (1934), Gorki condamnait l’homosexualité dans des termes que le Kremlin n’oserait aujourd’hui jamais employer : « Dans les pays fascistes, l’homosexualité ruineuse pour la jeunesse fleurit partout impunément, dans les pays où le prolétariat s’est audacieusement emparé du pouvoir, l’homosexualité est un crime social et est sévèrement punie. »

L’État russo-poutinien a dépénalisé l’homosexualité en 1993.

Greta, intersectionnels, indigénistes : ils vomissent l’Occident

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greta intersectionnalite occident nogaret biasoni
Grea Thunberg reçue à la Commission européenne par la présidente Van Der Leyen, mars 2020. Auteurs : Sierakowski/Isopix/SIPA. Numéro de reportage : 00948150_000009

Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel.


Lors de son dernier discours à Madrid, puis dans une tribune de Project Syndicate (29 novembre 2019) Greta Thunberg a déclaré : « La crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. »

Adèle Haenel en pointe

La rapidité avec laquelle certaines idées circulent puis s’intègrent dans un discours anti-Occident est stupéfiante. Ainsi, en sus de son combat pour l’écologie, dans un mouvement « intersectionnel » perpétuel, Greta Thunberg est-elle parvenue à désigner les fautifs : les anciens pays colonisateurs (uniquement les pays occidentaux), les racistes (uniquement les Blancs) et les systèmes patriarcaux (hormis ceux de la tradition coranique).

De la même manière, dans un entretien donné au New York Times, Adèle Haenel a pu expliquer que la « vraie censure dans le cinéma français, c’est l’invisibilisation » ; puis questionner : « Où sont les gens racisés dans le cinéma ? » ; et conclure : « Pour l’instant, on a majoritairement des récits classiques, fondés sur une vision androcentrée, blanche, hétérosexuelle ». (sic)

Si l’on suit la pensée dominante et « intersectionnelle » qui inonde le décolonialisme, le féminisme radical et l’antiracisme dévoyé, on peut esquisser le portrait-robot du coupable : c’est un homme, blanc, raciste, hétérosexuel. Et il cumule ces tares sur une seule aire géographique : l’Occident. Selon ce mythe, lui seul a colonisé des terres. Lui seul a conquis des territoires. Lui seul a fait de la traite des noirs africains un commerce monstrueux et lucratif. Lui seul a condamné les femmes aux pires tourments et à « l’invisibilisation ». Et lui seul a des comptes à rendre.

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Stratégie de pouvoir

L’excellent livre d’Anne-Sophie Nogaret et Sami Biasoni, Français malgré eux, montre comment fonctionne, jusqu’à la bêtise, ce mouvement qui aimerait bien passer pour révolutionnaire, mais qui n’est en réalité qu’une façon de prendre le pouvoir (ou de garder un poste) en différents points stratégiques, l’université en tête ; ou de faire briller la coquille vide du « moi », ce « moi » qui ne regarde que lui et a trouvé dans le discours victimaire et « intersectionnel » le moyen de faire croire qu’il regardait aussi, de temps en temps, ailleurs, c’est-à-dire hors de lui, voire loin de lui. Ce qui n’est pas le cas.

Cette double ambition, pouvoir pragmatique et valorisation du « moi », n’est pas antinomique, et la « pensée » intersectionnelle est une arme efficace qui sert aussi bien l’une que l’autre. À l’intersection des potentielles et supposées discriminations auxquelles m’exposent ma couleur de peau, mon orientation sexuelle, mon obésité, mon handicap, mon accent, mon âge, mon « genre »…, je peux exhiber mon « moi » unique et égoïste, étaler une fausse compassion, cacher un véritable ressentiment, et bousculer ce que j’appelle l’ordre établi et dominant, lequel est idéalement représenté par l’homme blanc hétérosexuel occidental de plus de cinquante ans que je peux chasser pour prendre sa place.

Macron contre les « mâles blancs »

Ainsi voyons-nous aujourd’hui, en France, de plus en plus souvent, des ateliers non-mixtes ou des camps décoloniaux refuser leur accès aux Blancs, ou aux hommes, ou aux hétérosexuels, sous prétexte de « se défaire du joug de “l’influence du dominateur” ».

Ainsi avons-nous entendu le président de la République évoquer à deux reprises les « mâles blancs » quadras ou quinquagénaires (lors de son discours au Collège de France sur l’Intelligence artificielle et lors de la présentation du plan « banlieues »).

Ainsi, nous rappellent les auteurs de Français malgré eux, lors d’un colloque à l’université Paris 1 intitulé « Approches phénoménologiques du genre et de la race », la « philosophe » Manon Garcia a-t-elle pu asséner : « Je ne suis pas sûre que la femme dans son harem ait tellement moins de liberté que la catholique versaillaise mère au foyer, en fait ».

A lire aussi, Céline Pina: Il semble que les César n’auront pas lieu finalement

Ainsi, la « philosophe » Marion Bernard, lors du même colloque durant lequel l’alcool a dû couler à flots, narrant une expérience de rencontre avec une « nounou » noire dans un jardin public, a-t-elle pu tituber à voix haute : « Je deviens moi-même un personnage en deux dimensions […] en couleur, ou plutôt en non-couleur. Non-couleur qui décolore mon fils du même coup, le blanchit et le sépare de moi […] Nous avons ce lien nouveau entre nous, désagréable et honteux, qui me fait peur, la blancheur en partage, visible et gênante. Tout à coup, il est moins là que les autres enfants. » (sic, sic, sic !).

SOS universalisme

Sous l’influence de « concepts » anhistoriques, anachroniques et « intersectionnellement » victimaires, Greta Thunberg, Adèle Haenel, Delphine Ernotte, Eric Fassin, Rokhaya Diallo, Manon Garcia et mille autres, participent au même mouvement de dénonciation du même coupable et jubilent de voir leur moiversalisme bavard et flou remplacer cet encombrant, historique et philosophique universalisme. La quête de vérité, la saine curiosité, l’envie de lire autre chose que des tracts, les notions de bien et de mal, se voient évincées par des valeurs progressistes portées en étendard et variant au gré des modes ou des ambitions personnelles. Le « moi » décomplexé et ignorant a des combats dont il est fier et qui finissent en parades. Cela suffit à le satisfaire.

Mais ces luttes « intersectionnelles » et factices ne tromperont leur monde que le temps nécessaire à l’étalage total de leur bêtise. Déjà, Etienne Balibar, qui n’est pas réputé pour son conservatisme ou son esprit réactionnaire, a réagi très vivement lors d’un débat entre étudiants et universitaires plus ou moins « racisés » mais totalement « décoloniaux » lorsqu’un intervenant a réclamé « le meurtre du philosophe blanc hétérosexuel » (?!) : « Le livre de Norman (Norman Ajari, auteur du livre débattu ce soir-là), a tenu alors à préciser vertement Etienne Balibar, ne contient pas un seul bloc d’argumentation qui ne vienne pas de la raison classique. Il n’y a pas un seul raisonnement, il n’y a pas une seule construction de pensée, pas une seule critique dont vous pourrez dire “Ah oui, là, ça vient du fond de l’Afrique !” Pas du tout ! tout ça provient de Hegel, à travers Fanon ». À force de pousser pépère dans les orties, même le plus conciliant des pépères se rebiffe !