Le journal du soir reprend une fake news du collectif #noustoutes sur le consentement.


« Neuf femmes sur 10 disent avoir subi une pression pour avoir un rapport sexuel, selon une enquête ». Ce titre, paru dans le Monde daté du 4 mars, devrait entrer dans les annales des fake news. Tout est bidon. Il ne s’agit pas d’une enquête, mais d’une compilation de témoignages. Ce ne sont pas 90% des femmes qui disent avoir subi de telles pressions, mais, nuance, 90% des femmes ayant répondu à l’appel lancé par l’association #noustoutes. Bien sûr, cela n’empêche pas #noustoutes d’afficher sur les réseaux des punchlines comme « 1 femme sur 6 déclare que son premier rapport sexuel n’était pas consenti et désiré » ou « 70 % des femmes déclarent avoir eu un rapport sexuel, sans pression de leur partenaire alors qu’elles n’en avaient pas envie »

Les néo-féministes ont une vision déprimante des relations entre hommes et femmes et une conception terriblement normative des relations sexuelles

C’est pas des méthodes!

Le travail dont il est question n’est donc ni une enquête scientifique, ni un sondage, mais une compilation de témoignages. Les « répondantes » ne constituent nullement un échantillon représentatif, à partir duquel on pourrait extrapoler la position « des Françaises ». Il ne s’agit même pas d’un radio-trottoir, où on peut toujours espérer que le hasard vous fera tomber sur un spécimen représentatif d’homme de la rue.

Le questionnaire de #noustoutes reposait sur la base du volontariat. Celles qui ont choisi de répondre sont évidemment celles qui pensent qu’il y a un problème autour du consentement. En l’occurrence, ce sont surtout des jeunes femmes : sur les 100 000 qui ont répondu, les trois quarts ont moins de 35 ans et 42% moins de 25 ans. Soit parce que, comme le dit drôlement Mimie Mathy, il y a des physiques et des âges qui attirent plus « la pression », soit parce qu’elles sont plus endoctrinées que leurs aînées – soit pour un peu toutes ces raisons. 

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En somme, on demande aux femmes qui pensent être victimes de témoigner et ensuite on dit : vous voyez bien que les femmes sont victimes. C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice.

On dira que les 100 000 femmes qui ont répondu ont bien subi des pressions, parfois des viols conjugaux. 

Comme toujours, on mélange tout. Le scandale réside précisément dans cette confusion entre les fameuses « pressions » et les « pénétrations non consenties » comme elles disent, avec entre les deux, toutes les phases de la torture sexuelle, comme la caresse non précédée d’une requête et d’un consentement explicites (j’exagère à peine).

Ne baratinons pas, on change d’époque

S’agissant des « pressions », on atteint le comble du ridicule. Ce ne sont pas 90% mais 100% des femmes qui ont déjà subi des pressions pour avoir un rapport sexuel et pardon, je crois savoir que pas mal aimeraient que ça continue. On pourrait ajouter que nombre d’hommes, les fourbes, mentent pour obtenir des faveurs sexuelles. Après tout, un type qui vous jure le grand amour et disparaît le lendemain matin, c’est traumatisant. Dommage, #noustoutes a oublié de demander aux filles si elles s’étaient déjà fait baratiner. 

La pression pour avoir du sexe, c’est l’histoire de l’humanité – et de la littérature. Les hommes insistent, les femmes font des mines. Grâce aux progrès de l‘égalité, les rôles peuvent être inversés : désormais les hommes aussi subissent des pressions. Je ne sache pas qu’ils s’en plaignent.

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Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de véritables abus et crimes. Leurs victimes devraient se rendre à la police au lieu de se plaindre à #noustoutes ou de balancer sur les réseaux. 

Caroline De Haas propose ses services

Il existe cependant un véritable problème chez les jeunes. La pression du groupe, des réseaux sociaux, sans oublier l’invasion du porno qui fait qu’on s’envoie des sextapes comme autrefois des billets doux, poussent des jeunes filles à accepter trop tôt des expériences dont elles ne veulent pas – au risque de se retrouver en prime exhibées par un mufle dans le cadre d’une « vengeance porno ». Caroline De Haas, qui aimerait peut-être ouvrir de nouveaux marchés à sa société Egae, en conclut qu’il faut imposer partout une « éducation au consentement » – ce qui est en fait le cœur de l’éducation. 

Sauf que notre marchande d’égalité est la dernière personne à qui on voudrait confier les générations futures. Les néo-féministes ont une vision déprimante des relations entre hommes et femmes et une conception terriblement normative des relations sexuelles. Un exemple, encore pêché chez #noustoutes : À la question, « Un partenaire vous a-t-il déjà pénétrée sans votre accord préalable alors que vous étiez éveillée ? », un quart des « répondantes » disent « oui ». Sauf que cela peut être brutal ou tendre selon les circonstances. De même, est-il choquant de se forcer un peu pour faire plaisir à son coquin ou à sa coquine – n’oublions pas que l’appétit peut venir en mangeant ? 

Alors moi aussi j’ai mené une enquête. Cent pour cent des femmes voudraient que De Haas et les autres arrêtent de s’occuper de leurs fesses.  

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