Alors que la présidentielle approche, Grand Corps Malade s’est découvert une nouvelle vocation: sauver la France du RN. Néanmoins, personne n’est parfait, et la vedette a par ailleurs fait repentance dans Libé pour l’achat récent d’une grosse berline allemande.
Libération a récemment consacré une page entière à Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade. Salué par ses pairs comme un emblème et une source d’inspiration, ce parfait exemple d’artiste sensible et engagé revient de Montréal, où il a passé un an et a pu apprécier « une culture de l’accueil qui, estime-t-il, manque cruellement à la France ». Et toc ! Le poète-slameur est intraitable avec son pays d’origine, auquel il reproche par ailleurs son inaction face « au réchauffement climatique » et « aux violences faites aux femmes ». Il se dit dégoûté par « le racisme décomplexé qu’on voit et qu’on entend partout », notamment par les « attaques racistes » dont a été victime son ami, le « charismatique et combatif » maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. L’artiste sait pertinemment, et depuis longtemps, d’où vient ce vent mauvais : à 15 ans, il écrivait déjà un pamphlet contre le Front national. Ô précoce sagacité ! Libé semble hésiter : du courage ou de la lucidité, qu’est-ce qui l’emporte chez cet homme ? N’écoutant que sa conscience, ce dernier critique en effet ouvertement, désormais, les médias Bolloré. La voix grave, il « exhorte ses compatriotes à réagir » et les appelle à un « sursaut contre l’extrême droite ». Car les élections approchent et Grand Corps Malade a peur. Oh, pas pour lui personnellement. Mais « pour la culture en général, pour les minorités, pour les plus fragiles ».
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Défenseur acharné des droits des femmes, il conteste modestement l’étiquette de féministe : « Je ne sais pas si je la mérite. » Désarmant de sincérité, celui qui affirmait à la radio que « question écologie, on va laisser un monde de merde à nos enfants » avoue ne pas avoir toujours une conduite exemplaire : il aime écouter du rap avec ses deux jeunes fils, « en particulier en voiture, lieu d’inspiration qu’il chérit, même s’il aimerait pouvoir s’en passer pour des raisons écolos ». Touchante confession ! Surtout que notre troubadour a dû se résoudre à acheter une grosse berline allemande : « Sinon, à quatre, avec deux mecs de 1,94 m, c’est compliqué », se justifie-t-il, l’air contrit. Mais comment ne pas pardonner cette petite concession au confort à un artiste qui ose s’engager sur une trajectoire militante si singulière et périlleuse ?




