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Le Théâtre américain de la Danse d’Alvin Ailey

Alvin Ailey American Dance Theater, cette semaine au Palais des Congrès à Paris


Le Théâtre américain de la Danse d’Alvin Ailey
© Dario Calmese

Des danseurs magnifiques, un répertoire voulu séduisant: la marque de fabrique du Théâtre américain de la Danse d’Alvin Ailey.


À l’époque des combats pour l’égalité des droits civiques aux États-Unis, c’était un acte véritablement politique que la fondation à New York de l’Alvin Ailey Dance Theater en mars 1958. Une compagnie de danseurs exclusivement noirs, comme le sera onze ans plus tard le Dance Theater of Harlem, première compagnie de danse classique composée uniquement d’artistes afro-américains et créée à la suite de l’assassinat de Martin Luther King.

Ségrégation raciale

Aux États-Unis s’imposait une ségrégation raciale qui sévissait surtout dans le sud. Mais elle n’était pas inexistante à New York même, de façon beaucoup moins marquée évidemment que dans les anciens États esclavagistes. Si les plus grands chorégraphes américains, horrifiés par le racisme, comme Martha Graham et plus tard Alwin Nikolaïs ou Merce Cunningham, engagèrent des danseurs noirs, il demeurait toutefois difficile pour les artistes afro-américains de se faire une place sur les scènes du pays, d’autant que les tournées des compagnies new-yorkaises se heurtaient dans certains États de l’Union à des problèmes insoutenables, là où les hôtels et les restaurants refusaient farouchement de recevoir des Noirs.

Ambassadeur de la culture américaine

Acte politique donc de la part d’Alvin Ailey (1931-1989), mais qui bien vite s’infléchira quand, quelques années après sa fondation, sa troupe recevra en son sein des artistes de multiples origines. Aujourd’hui cependant, elle brille tout particulièrement avec danseurs noirs ou métis.

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Voilà donc 70 ans que la compagnie existe, et près de 40 ans qu’elle perdure après la mort de son fondateur, ce qui est un réel exploit dans un pays où la survie des artistes est livrée au bon vouloir des publics ou des éventuels mécènes, et où les subventions régulières n’existent pas. De huit danseurs à l’origine, l’Alvin Ailey American Dance Theater (c’est son nom actuel, depuis que la compagnie a été consacrée comme ambassadeur culturel des États-Unis par le Congrès à Washington) en comprend trente aujourd’hui. Elle est flanquée d’une compagnie junior composée d’une douzaine de très jeunes interprètes et son siège  sur la 9e avenue / 55e rue abrite de surcroît une école de danse renommée qui reçoit 13000 élèves par an.

Un répertoire mêlant optimisme et grands sentiments

Pour s’imposer et durer, il a fallu créer un répertoire typiquement américain, mêlant optimisme, joie de vivre affirmée, dynamisme obligé, effets à couper le souffle, pathos aussi et grands sentiments. Un répertoire volontairement séduisant, destiné à plaire au plus grand nombre et à être exécuté par des techniciens exceptionnels comme les danseurs savent l’être aux États-Unis, à défaut parfois d’autre chose. Ce répertoire fut l’œuvre d’Alvin Ailey qui composera plus de 70 chorégraphies pour sa troupe ou de Judith Jamison qui lui succédera. Mais ils inviteront aussi de nombreux autres créateurs à l’enrichir. C’est d’ailleurs une sorte d’anthologie de tous ces ouvrages que présente la compagnie lors de ses deux programmes parisiens.

L’éclat de danseurs aux corps magnifiquement travaillés, leur virtuosité qui semble sans faille, leur énergie paraissant inépuisable sont la force, la marque de fabrique de la compagnie. L’AAADT ne révolutionne rien, mais elle séduit. Avec des danseurs, une fois encore, exceptionnels.

Alvin Ailey American Dance Theater
Du 7 au 11 octobre. Palais des Congrès, à Paris. Direction artistique Alicia Graf Mack. À partir de 29€



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