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Un vent d’Irlande souffle sur Paris

"Focus Irlande", aux Théâtres de la Ville et des Abbesses, jusqu'au 5 décembre


Un vent d’Irlande souffle sur Paris
Le danseur Jimmy Southward © Michael Keegan-Dolan

Théâtre, danse, musique: avec Focus Irlande, l’île dont la harpe celtique est l’emblème déploie à Paris une production artistique profondément originale…


Des poèmes dits en gaélique et qui appellent avec vigueur au rejet de la domination anglaise et de la langue honnie de l’occupant ; d’autres odes ou ballades versifiées par William Butler Yeats, Eavan Boland, Seamus Heaney ou Derek Mahon, prononcées en anglais par Stephen Rea ou en français par Isabelle Huppert ; des compositions irlandaises d’époques diverses exécutées à la harpe celtique (Eimar McDonagh) comme au violon (Eadaoin McDonagh) et qui délivrent le parfum si spécifique des musiques du pays du trèfle à trois feuilles ; des créations chorégraphiques de Michael Keegan-Dolan, Jean Butler ou Oona Doherty, profondément originales, aussi volontaires que solidement structurées et qui traduisent avec énergie l’identité d’un peuple combatif : des artistes des deux Irlandes ont fait salle comble au Théâtre de la Ville, là où s’est inauguré ce Focus Irlande présenté en complicité étroite avec le Centre culturel irlandais.

JENNIFER WALSHE – Ensemble Contrechamps © Guillaume Collignon

De jolies révélations

Il est toujours surprenant de pouvoir découvrir en une seule matinée, et d’une façon si convaincante, tout un pan de l’identité d’un pays par l’intermédiaire de ses créations artistiques. Mais cette journée inaugurale n’était qu’un avant-goût de toute une série de manifestations se déroulant jusqu’au 5 décembre, qui saluent la fin de la présidence de l’Union européenne assumée depuis juillet par l’Irlande et permettent de jolies révélations au public français.

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Elles débutent, ces manifestations, avec La Dernière bande de Samuel Beckett (Krapp’s Last Tape), monologue mis en scène par Vicky Featherstone et porté par l’une des grandes figures du cinéma irlandais, Stephen Rea (du 3 au 7 novembre, au Théâtre des Abbesses).

Une œuvre inclassable

Au théâtre succède la musique expérimentale avec la voix de Jennifer Walshe accompagnée de l’Ensemble Contrechamps, de Genève (Some Thinking and Feeling, le 18 novembre aux Abbesses), puis la danse avec un solo, Hope Hunt and the Ascension into Lazarus, de la chorégraphe Oona Doherty qui y parodie « la masculinité surjouée des bandes de garçons de Belfast » (du 24 au 27 aux Abbesses).

Sur la grande scène du Théâtre de la Ville va se déployer « une œuvre inclassable qui repousse les frontières de l’opéra », The Curing Line de Michael Gallen, où instruments traditionnels et bruits industriels, musique pop et chant lyrique se mêlent dans un maelström d’images et de sonorités (les 27 et 28 novembre).

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Outre deux productions voulues pour un public d’enfants, The Maker (Le Créateur) de Dan Colley où s’illustrent deux figures clownesques (du 5 au 8 novembre à diverses heures, salle de la Coupole au Théâtre de la Ville) et How to Catch a Star (Comment attraper une étoile), un spectacle créé pour des marionnettes (du 20 au 23 novembre, Théâtre de la Ville), le Focus Irlande s’achève avec force et fracas sur 1975 et Naoi Déag Seachtó Cúig, de Michael Keegan-Dolan, deux productions pour sept danseurs du Teac Damsa où 1975 représente une « Irlande rebelle et libre » (du 2 au 5 décembre, Théâtre de la Ville).

Jamais en France on n’aura eu une aussi belle opportunité de découvrir la production contemporaine de l’île d’Oscar Wilde, de James Joyce, de Bram Stoker, de Francis Bacon ou de Saint-Patrick. L’annonce peut-être d’échanges artistiques plus denses entre les deux pays.

EMILY TERNDRUP (c) Photo : Marcin Lewandowski

Focus Irlande
Théâtres de la Ville et des Abbesses, Paris. 01 42 74 22 77.



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