Keffieh sur les épaules et diatribe anti-flic : en s’invitant à Saint-Denis, Greta Thunberg est venue tancer la police et épauler les élèves lors des manifestations de ce 13 octobre. Reste à savoir si la présence de la militante au lycée Paul-Éluard aidera vraiment les étudiants à obtenir des professeurs…
Il est à peine huit heures du matin et le parvis du lycée Paul-Éluard est déjà bloqué. Entre deux conteneurs de poubelles barrant l’accès et les fumigènes, les revendications des élèves comme des enseignants restent concrètes, souligne Midi Libre : classes surchargées, vétusté des bâtiments et professeurs non remplacés. Ce mardi 13 octobre, néanmoins, l’attention médiatique ne porte pas seulement sur le taux de grévistes ou l’ampleur du blocus. Non, la scène est surtout marquée par la présence, distincte mais simultanée, de figures extérieures venues s’afficher auprès des lycéens.
Greta Thunberg s’invite au lycée Paul-Eluard
C’est le premier événement de la matinée. Arrivée sur place en toute discrétion, Greta Thunberg s’est mêlée aux rangs des étudiants. Sa venue dans la banlieue parisienne, vêtue d’un keffieh, a immédiatement transformé le piquet de grève en événement national.
Interrogée devant le lycée Paul-Eluard (Saint-Denis), Greta Thunberg a délivré un message de soutien : « Je suis extrêmement fière des étudiants français », a-t-elle déclaré. Elle a aussi attaqué verbalement la police, qu’elle juge « extrêmement violente comme d’habitude ». « Une telle violence, cela montre tout d’eux et qui ils protègent vraiment. Ils sont censés protéger les jeunes, protéger leurs droits humains, et c’est juste une autre gifle et une trahison pour les jeunes qui voient déjà leur avenir leur être volé et ne peuvent pas aller à l’école avec assez de moyens », a-t-elle ainsi ajouté, non sans insister sur l’idée d’un futur « volé » à des jeunes qui selon elle ne seraient pas considérés comme une priorité des politiques aujourd’hui menées, rapporte Le Monde.
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Le « bouclier » des avocats en robe
À quelques mètres de là, une autre apparition singulière a marqué le rassemblement. Une vingtaine d’avocats du Barreau de la Seine-Saint-Denis, revêtus de leur robe d’audience, ont formé un cordon symbolique autour des lycéens.
Leur objectif était clair : observer et prévenir les tensions lors des interventions policières. À la suite des précédentes journées de mobilisation marquées par des interpellations de mineurs aux abords des lycées, ces professionnels du droit sont venus marquer leur rôle de vigilance citoyenne et de « bouclier juridique » pour l’encadrement des manifestations.
Les politiques locaux et le rendez-vous de l’après-midi
Pour compléter ce tableau, plusieurs figures politiques locales ont également fait le déplacement. Des députés de la Seine-Saint-Denis, à l’image des élus insoumis, sont venus apporter leur soutien formel aux revendications scolaires des élèves de Paul-Éluard.
Alors que les rassemblements parisiens de l’après-midi donneront une mesure plus nationale de la contestation, l’assemblage de Saint-Denis offre une image rare de la diversité des soutiens à la contestation lycéenne. Entre figures internationales, observateurs juridiques et relais politiques, le piquet de grève du 13 octobre restera comme l’un des plus encadrés de ce début d’année scolaire.
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