Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu lundi matin au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne. Le principal et une enseignante ont été blessés. Aucun élève n’a été touché. Devant l’établissement, parents et collégiens ont raconté une matinée de panique.
« Elle m’a appelée en panique. » Comme beaucoup de parents du collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, Maryline a abandonné ce qu’elle était en train de faire lundi matin pour rejoindre au plus vite l’établissement de sa fille, scolarisée en cinquième.
Quelques minutes auparavant, un élève de troisième âgé de 14 ans avait ouvert le feu avec un fusil de chasse de calibre 12 dans l’enceinte du collège. Le principal de 53 ans a été atteint par des plombs dans le bas du corps. Une enseignante de 37 ans a également été touchée à la cuisse. Une troisième personne a été légèrement éraflée. Le pronostic vital des deux principales victimes n’est pas engagé et aucun élève n’a été blessé.
« Il y a du sang partout »
Le récit fait par Maryline à l’AFP donne une idée de la confusion qui s’est emparée de l’établissement. Sa fille l’appelle et lui dit, affolée, qu’« il y a du sang partout ». L’adolescente pense alors assister à un attentat. Sa mère quitte immédiatement son travail.
Devant le collège, une autre mère raconte que son fils s’est retrouvé face au tireur. Selon son témoignage, l’adolescent aurait tiré en l’air avant de lui dire qu’il ne lui ferait rien. Le mobile du tireur reste, à ce stade, inconnu.
Le préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Witkowski a indiqué que l’adolescent n’était jusqu’ici connu ni pour des faits de délinquance ni pour une radicalisation. Il était normalement scolarisé dans l’établissement. Ce détail rend la scène encore plus difficile à comprendre pour les familles. Comment un garçon de 14 ans a-t-il pu arriver dans son collège avec un fusil de chasse ? Où a-t-il trouvé l’arme ? Pourquoi a-t-il tiré ? L’enquête devra désormais répondre à ces questions.
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Le CPE maîtrise le tireur
L’attaque aurait commencé vers 10 heures. Selon le récit livré par le préfet, le collégien a d’abord tiré sur le principal, puis sur une professeure, avant de faire feu une troisième fois dans un couloir.
Il n’a finalement pas été neutralisé par la police. C’est un membre du personnel de l’établissement qui l’a maîtrisé. La mairie d’Aubagne indique qu’il s’agit du conseiller principal d’éducation du collège. L’adolescent a ensuite été interpellé et placé en garde à vue.
Pendant ce temps, les parents commençaient à affluer devant Joseph-Lakanal pour récupérer leurs enfants. Les pompiers ont installé une cellule psychologique pour les élèves, notamment ceux qui ont directement assisté à la scène. « Mes enfants vont bien mais ma fille est en pleurs », a raconté une autre mère de deux collégiens à CNEWS.
Tirs au collège Lakanal, à Aubagne : aucun lien établi avec la mobilisation lycéenne
L’attaque intervient dans un contexte particulièrement tendu pour l’Éducation nationale, alors qu’un mouvement lycéen se poursuit depuis plusieurs semaines en France. Mais les autorités appellent à ne pas mélanger les deux événements.
« Ce n’est pas lié au mouvement lycéen », a affirmé le préfet des Bouches-du-Rhône. Le collège Joseph-Lakanal n’était d’ailleurs pas touché lundi matin par les blocages.
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’Enseignement et à la Formation professionnels, doivent se rendre à Aubagne dans l’après-midi. Pour les familles, l’urgence est pour l’instant ailleurs. Comprendre ce qui s’est passé et ramener les enfants chez eux.
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