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15 arguments à opposer aux Tartuffes qui défendent le port de l’abaya à l’école

Céline Pina a pensé à tout : elle nous propose, en cette veille de week-end, l’argumentaire idéal à dérouler devant votre beau-frère mélenchoniste lors du repas familial de dimanche…


L’interdiction du port de l’abaya à l’école divise à gauche, comme en son temps la question de l’interdiction du port du voile. Mais pas chez LFI, où l’on milite le petit doigt sur la couture du pantalon et où les convictions sont indexées sur l’humeur du petit père des Insoumis. Des Insoumis qui se révèlent fort serviles en interne. Il faut dire que LFI a besoin, pour dominer à gauche, de continuer à investir sur le vote musulman. Les études, montrant que presque 70% de cette communauté ont voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, ont impressionné à gauche. Le vote musulman est donc devenu une martingale dans cette partie de l’échiquier politique pour peser dans le débat public. Or les dirigeants des partis de gauche n’ignorent pas qu’une partie notable de ces voix est due à la mobilisation des réseaux islamistes, notamment frères musulmans. Cette mobilisation s’est faite par le biais d’appels à voter diffusés via les mosquées et a été relayée par les personnalités de la sphère islamiste. A gauche, certains sont donc tiraillés entre intérêt électoral et conscience humaniste et universaliste (PS et PC), mais la plupart font passer leurs intérêts personnels immédiats avant l’intérêt général. A LFI, notamment, on n’a aucun mal à reprendre et à diffuser les arguments des islamistes. Et surprise ! ce sont les mêmes que pour le voile. Il faut dire que l’offensive sur les abayas se déroule selon le même schéma.

  • 1er argument : ce n’est pas un vêtement religieux

L’islam n’est pas organisé en clergé, à ce titre il n’y a pas de tenue type et même les voiles sont différents selon les pays ou la pratique, mais c’est toujours au nom de la religion que la femme doit cacher ses cheveux et son corps. Elle doit être dérobée à la vue, car elle est considérée comme impure, provocante, source de désordre et parce qu’elle ne s’appartient pas mais appartient avant tout à sa communauté. Voile comme abaya sont liés à une vision précise de la femme, de son statut et de son rôle. Ces signes d’appartenance religieuse témoignent de l’infériorité de la femme et de son impureté et cette vision est liée à la place de la femme dans la religion, l’islam étant à la fois religion et source du droit.

Notons qu’aux Emirats Arabes Unis, on prête une abaya à chaque femme qui veut visiter la mosquée d’Abu Dhabi pour que sa tenue soit « en accord avec la religion islamique ».

  • 2ème argument : ce n’est pas un vêtement religieux (bis)

Voile comme abaya ne sont pas des vêtements. Ce sont des signes, des marqueurs identitaires basés sur la religion. Peu importe les raisons qu’a une femme de les porter, ces tenues envoient un message univoque vers l’extérieur : le refus de l’égalité à travers l’infériorisation de la femme au nom de la religion.

  • 3ème argument : cela prouve que la France a un problème avec les musulmans, qu’elle n’accepte pas l’identité musulmane

C’est quoi l’identité musulmane ? Est-ce-que cela signifie respecter la culture et les mœurs des pays où l’islam est religion d’État ? Autrement dit, accepter que les femmes n’aient pas les mêmes droits que les hommes, créer des statuts de dhimmi  (le dhimmi paye une taxe pour avoir le droit de vivre en terre d’islam, car il n’est pas musulman et a moins de droits que les musulmans), rétablir l’interdiction du blasphème, réprimer l’homosexualité, faire de l’antisémitisme un marqueur culturel ?

Bref qu’entend-on par « identité musulmane » ? Le mot est utilisé par les islamistes pour faire croire à une persécution des musulmans quand ils attaquent de front les fondamentaux de notre contrat social. Or quel pays accepterait de tels coups de boutoir portés sur les fondamentaux de son contrat social et les bases de sa civilisation ?

Quant à la France, elle n’a pas de problème avec les musulmans, mais elle en a avec les islamistes. Il se trouve juste que ceux-ci sont de plus en plus influents dans la communauté musulmane. Depuis 2012, cette idéologie a coûté la vie à de nombreuses personnes, à coups attentats, de crimes politiques, le tout aux cris d’Allah Akbar, mais les Français ont toujours distingué les musulmans des islamistes. Cette idéologie nourrit la violence, le pillage et pèse sur l’école, l’université, crée des conflits dans le travail, au sein de l’espace public… Et c’est nous qui aurions un problème ?

  • 4ème argument : « Les accusations de séparatisme sont délirantes »

Ces tenues visent à distinguer la musulmane du reste des femmes. Ils marquent une identité religieuse qui se traduit en impossibilité d’intégration et d’assimilation. Pourquoi vouloir que l’on sache qu’une femme est musulmane au premier coup d’œil? Pour que la clôture communautaire devienne infranchissable. Les interdits alimentaires et vestimentaires visent à empêcher l’alliance hors de la communauté d’origine. Ils visent à créer une séparation, des distinctions qui empêchent de partager la même nourriture, de se marier, de faire société et cantonnent chacun dans une identité particulière plus forte que la communauté nationale. Elles exacerbent les différences et subliment les origines pour empêcher la naissance du commun.

Pour cela on remplace la distinction entre le bien et le mal, par celle entre le pur et l’impur. Or la distinction entre le bien et le mal est une démarche universelle, liée au libre arbitre et qui met en jeu la responsabilité. En revanche la distinction entre pur et impur dépend du suivi précis de prescriptions extérieures religieuses, elle réclame la soumission et l’abandon d’une pensée en propre. C’est une rupture anthropologique qui empêche l’accès à la notion de citoyenneté et le fait de penser la notion d’intérêt général.

C’est en cela que voile et abaya sont incompatibles avec la laïcité car ils font passer le dogme avant la loi, l’appartenance cultuelle avant la communauté nationale et sont un des marqueurs du refus d’accorder aux êtres humains la même dignité.

  • 5ème argument : cette interdiction est un dévoiement de la laïcité

Ceux qui expliquent cela définissent la laïcité comme la société protectrice des religions, devant veiller à leur expression et à leur égalité. Ils présentent l’obligation de neutralité comme l’obligation de laisser les religions intervenir comme elles le souhaitent sur le territoire et l’obligation d’accepter toutes les cultures.

Or la neutralité des agents du service public vient du fait que les religions ne sont pas reconnues comme jouant un rôle dans la sphère publique, elles n’ont donc pas à être prises en compte, ce sont des opinions personnelles. Les invoquer ne permet pas d’échapper à ses obligations légales.

Quand l’idéologie islamiste constitue la base de groupes organisés, qui remettent en cause nos fondamentaux politiques, au premier chef l’égalité, ou servent de justification au refus de respecter la loi, alors il n’est plus question de neutralité mais d’imposer la loi. Et nous en sommes bien là.

Il faut dire que la laïcité à la française n’est pas toujours bien comprise. Elle se nourrit du constat que les religions sont incapables d’accomplir la concorde civile (les Français l’ont compris lors des guerres de religion) et d’une certaine idée de l’homme émancipé, capable de forger ses propres lois. La base de la laïcité est de rompre avec la légitimation du pouvoir et des obligations sociales par l’instrumentalisation du divin. Les hommes, au sein de l’État, ne sont pas liés entre eux par la religion mais par l’exercice de la raison et leurs capacités créatrices. Ils bâtissent ainsi un mode de représentations et d’obligations communes qui une fois créées les dépassent et les obligent. Cette loi commune s’impose à tous dans la sphère publique, elle n’est donc pas neutre. Elle implique que personne ne peut revendiquer des aménagements particuliers au nom de sa culture d’origine, de sa foi, de ses traditions. Elle implique d’en rabattre sur ses particularismes au nom du commun. Un pays où chacun voudrait avoir soi pour loi serait invivable. La laïcité ce n’est pas la neutralité envers la religion mais bien la domination de la loi sur la religion dans la sphère publique et la relégation du religieux à la sphère privée et à l’individu.

  • 6ème argument : la France est un pays de liberté, elle doit défendre la liberté religieuse

En France les religions ne sont pas reconnues, ce sont les cultes qui sont mentionnés. Quoi qu’il en soit, personne ne peut s’appuyer sur son culte pour déroger à la loi commune. Or c’est exactement ce que réclament les tenants de l’affichage des codes sociaux islamiques : que leurs ressortissants échappent aux obligations de discrétion et de respect de la loi au sein des établissements scolaires. Ils réclament de déroger à la loi au nom de la liberté de faire prévaloir leur culte sur leurs obligations citoyennes.

Ils brandissent ainsi la liberté contre l’égalité et la laïcité. Or, les conflits de valeurs sont inhérents aux sociétés humaines. Ce qui explique qu’aucune valeur ne soit absolue. La liberté connait des limites et les libertés ne sont pas toutes égales. Nous plaçons en occident la liberté de conscience au-dessus de la liberté religieuse, la loi au-dessus du dogme. C’est l’essence de notre civilisation et la source de notre organisation sociale. Comme il existe une hiérarchie des normes, il existe une hiérarchie des lois et la façon dont nous tranchons ces conflits de valeurs est révélatrice de notre culture.

  • 7ème argument « Les femmes ont le droit de s’habiller comme elles le veulent »

En général, il y a des codes sociaux, des obligations et des nécessités qui font que personne ne s’habille tout le temps comme il lui sied. On ne va pas en string à paillettes à un enterrement, ni en robe de soirée pour couler du béton sur un chantier, encore moins à un entretien d’embauche en claquettes-chaussettes. A l’école, réclamer une tenue adaptée n’est pas délirant. Cela fait partie des codes sociaux à transmettre et à acquérir.

Le voile comme l’abaya ne sont pas des vêtements mais des symboles. Ils sont utilisés par les islamistes pour faire peser un contrôle social fort sur les femmes, dans les quartiers notamment. Ils sont les marqueurs de l’imprégnation islamiste dans un territoire. D’ailleurs essayez donc de porter le voile trois jours pour l’enlever le lendemain, le remettre deux jours après, l’enlever ensuite… Vous verrez tout de suite la différence entre un marqueur politico-religieux et un accessoire de mode ! Un vêtement n’envoie aucun message, un signe identitaire ou religieux, si.

  • 8ème argument : « mon corps, mon choix »

Cet argument est particulièrement choquant car il reprend un slogan féministe en faveur du droit à l’avortement pour en faire un manifeste islamiste en faveur de signes sexistes.

Or faire du port du voile ou de l’abaya une liberté, est une forfaiture. On n’est pas libre quand on est conditionnée depuis toute petite à voir en la femme voilée, la femme respectable. Pour qu’un choix soit libre, il faut qu’il y ait équivalence morale entre les deux options. Si je dois choisir entre études de littérature ou études scientifiques, aucun choix n’est marqué moralement. En revanche, il n’y a pas véritablement choix quand une option est valorisante et l’autre infamante. Si se voiler ou porter l’abaya, c’est être vu par sa communauté comme une bonne musulmane, une femme respectable et une femme qui ne trahit pas ses origines et que ne pas être voilée ou complétement couverte, c’est se comporter comme une pute, faire « sa Française » en reniant ses racines et insulter sa religion, alors on voit bien que le choix n’est pas réel ; et que ce que l’on appelle ici liberté est un consentement à sa propre oppression.

  • 9ème argument : « C’est la police du vêtement »

Il existe une police du vêtement, mais c’est justement dans l’Etat islamique, dans les pays du golfe ou en Iran par exemple qu’on peut la rencontrer. Et justement, elle est chargée de veiller à faire respecter la conformité des tenues au dogme islamique.

En revanche, en Occident aucun policier ne se balade dans les rues avec un mètre de couture et des ciseaux pour raccourcir les jupes et accentuer les décolletés des filles pas assez provocantes. Aucun n’arrête les femmes dans la rue pour les obliger à troquer leurs baskets pour des talons de 12 cm. Là où l’islamisme règne, on peut mourir pour une tenue islamique mal portée, être défiguré par un jet d’acide, être réellement violenté…

  • 10ème argument : le voile et l’abaya ne sont pas plus oppressants pour les femmes que les talons aiguilles et les mini jupes, c’est le même patriarcat à la manœuvre

Ah ! le patriarcat, c’est devenu le nouveau Grand Satan. Sauf que là on atteint des sommets dans le foutage de gueule. Au nom des inégalités qui existent encore (notamment en matière salariale), on nous explique que la situation des femmes est équivalente en occident et dans un pays musulman. Or c’est faux. La condition des femmes n’est pas la même là où l’égalité en droit est la base de la société et là où la femme est infériorisée ou réduite à l’état d’éternelle mineure. Et cela se voit.

  • 11ème argument : « Il y a des choses plus importantes », « c’est une diversion pour ne pas parler des vrais problèmes »

Si la restauration de l’autorité est un des problèmes de l’école, demander le respect de la laïcité est une bonne base pour restaurer la qualité du système scolaire.

Mais surtout on est ici au cœur du problème. La tentative d’instaurer le port de l’abaya à l’école n’est pas une initiative individuelle d’élèves un peu exaltés. Elle est liée à une offensive idéologique dont on observe les ravages sur les enseignements et qui font peser des menaces sur les professeurs. L’assassinat de Samuel Paty est parti d’une fatwa lancée contre lui sur un réseau islamiste et qui a trouvé un exécutant.

Autre point : l’aspect concerté et politique de la provocation liée aux abayas raconte quelque chose du travail de radicalisation réalisé sur une population ciblée et identifiée. C’est pour contester l’école et marquer le rejet de la France et de ses lois que ces tenues fleurissent. Cette logique alimente une grande partie des tensions à l’école : le refus de certains enseignements en histoire ou en sciences, les revendications du hallal à la cantine pour imposer les interdits alimentaires communautaristes par exemple… L’objectif est ici clairement séparatiste, à l’heure où justement les enfants sont censés faire l’apprentissage de la socialisation et apprendre et comprendre les fondamentaux de leur civilisation.

  • 12ème argument : cela va empêcher l’intégration des jeunes filles musulmanes

L’argument est amusant s’agissant d’une tenue liée à un travail de radicalisation politique bâti sur le refus d’accepter justement l’intégration, au nom de la religion ! Refus qui se traduit par des revendications sexistes, par la contestation de notre égalité, le refus de nos libertés, la tentative de toujours opposer le dogme contre la loi.

  • 13ème argument : les jeunes filles musulmanes vont se sentir rejetées et cela va affecter leur réussite

L’interdiction du voile à l’école est corrélée avec une « amélioration spectaculaire, massive et durable » des performances des filles musulmanes à partir de 1994, date de la circulaire Bayrou. Rien de tel ne s’observe pour le groupe non musulman, ni sur le groupe des garçons musulmans. C’est ce que révèle une étude d’Eric Maurin, 3 leçons sur l’école républicaine, au Seuil. Le fait d’être libérées d’un conflit de loyauté a permis aux filles musulmanes de trouver toute leur place à l’école, et de s’y épanouir.

  • 14ème argument : Cette interdiction va nourrir l’extrémisme de droite

Toute opposition à l’offensive islamiste serait donc d’extrême-droite ? Beau cadeau que la gauche fait à cette mouvance qu’elle dit détester mais dont elle est en train de devenir le meilleur agent électoral.

En fait, c’est tout l’inverse. Une étude a par exemple démontré que quand la justice est vue comme efficace, les partisans de la peine de mort baissent drastiquement. Dans le cas de l’offensive islamiste, c’est la même chose. Quand les politiques font leur travail et protègent la société – ici c’est en interdisant l’imposition de signes sexistes à l’école – les électeurs ont moins tendance à exprimer un vote protestataire et à voter pour les extrêmes.

  • 15ème argument : L’interdiction de l’abaya serait, selon Clémentine Autain, « symptomatique du rejet des musulmans »

Donc s’opposer à un signe sexiste et misogyne reviendrait à rejeter tous les musulmans ? Mais, en même temps, l’abaya ne serait pas un vêtement religieux ? On s’y perd… Est-ce à dire qu’une partie de la gauche soutient l’infériorisation de la femme et sa représentation comme impure contre la logique d’émancipation qu’elle est censée porter ? La gauche serait-elle plus réactionnaire que l’extrême-droite qu’elle ne cesse de dénoncer ?

Une partie de la gauche perd son honneur en choisissant de se faire les « idiots utiles » des islamistes. Mais pour l’instant cela rapporte électoralement à la LFI, alors tant pis pour l’émancipation, pour l’égalité des femmes, pour les droits des homosexuels. Pour cette gauche-là, on l’a bien compris, l’intérêt électoral passe avant l’intérêt général.

Silence coupable

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Kamasutra scolaire

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Assis, debout ou à genoux: dans l’école flexible dont rêve Emmanuel Macron, c’est comme on le sent. La fin de l’universel, en somme, et une philosophie de l’apprentissage en contradiction totale avec le souhait présidentiel de rétablir l’autorité, analyse cette contribution.


Le président Macron profite de cette fin d’été pour accorder une interview au journal Le Point. Les propos sur la politique intérieure et extérieure mériteraient sans doute notre attention. Mais ce sont les quelques pages consacrées à l’éducation qui nous interpellent plus encore, notamment car l’école devrait constituer un des leviers principaux pour instaurer de nouveau une forme d’autorité, de discipline et de civilité. Mais paradoxe (contradiction?), le président affirme : « Quand il n’y a plus de cadre, plus d’éducation, plus de rapport à l’autorité qui vous ramène à une forme de raison, vous arrivez [au désœuvrement de la jeunesse et à “l’ensauvagement de la société”] », et il propose en même temps avec le plus grand sérieux du monde de tester “l’école flexible”. Ce qui signifie ici que l’élève peut choisir sa position : debout, assis ou à genoux. Vivent les scolioses intellectuelles! Cela pourrait paraître anecdotique, ce petit kamasutra scolaire; mais faute d’un propos bien consistant sur l’école, analysons cette miette de proposition qui, en réalité, en dit long sur la vision que le chef de l’Etat a de l’école.

Assis, debout ou à genoux: c’est “comme tu le sens”. La fin de l’universel

Premier point : nous quittons l’universel en miniature que devrait constituer toute classe pour se réfugier dans l’océan des particularismes. Chacun a bien le droit de se tenir comme il le souhaite en classe. C’est donc le triomphe de l’individualisme et du désir particulier sur le bien commun. Car personne ne conçoit que, pour le bien de la totalité que constitue cette entité à part entière qu’est la classe, il serait mieux que tout le monde soit assis, tourné ensemble dans la même direction, vers un but commun (et non pas, par pitié, en îlots comme le veulent encore quelques pédagos qui ne semblent pas comprendre que tout temps passé ainsi ne sert qu’à bavarder, désœuvré, ou à se regarder, ennuyé, en chien de faïence).

Assis, debout ou à genoux: le bien-être, pas l’instruction

Accordons nous déjà sur le fait que, si on autorise la position à genoux, il n’y a qu’un coude avant de se vautrer par terre. On se souvient de la scène du Péril jeune de Klapisch où le professeur de maths un peu laxiste force les élèves à s’allonger pour se détendre avant l’interrogation. (“Nous ne commencerons pas l’interrogation tant que tout le monde ne sera pas détendu!”) Les résultats sont probants : Tomasi et Chabert s’endorment – les joints aidant – quand Léon et Christine, couchés tout près l’un de l’autre, se jettent de timides regards emplis de désir. Le sommeil, l’avachissement et l’attirance sexuelle seraient-ils immédiatement propices à une instruction efficace ? A l’inverse, assis, pas trop avachis si possible, on conserve une position un peu moins confortable mais qui, par ce même fait, nous permet d’aiguiser au maximum notre attention. Le confort, l’aisance à outrance, le bien-être complet ne permettent pas l’apprentissage, ils l’empêchent au contraire. Si un minimum de confort est exigé, il ne doit jamais aller jusqu’au tiède amollissement qui endort. Voilà pourquoi les chaises en bois ont du bon.

A lire aussi: Réforme du bac et Parcoursup: la philosophie au placard!

Assis, debout ou à genoux: la fin de l’écriture

La seule position idoine pour écrire, c’est d’être assis. Si écrire debout semble encore concevable, tout le reste est à proscrire. Mais peut-être est-ce là le problème : la pédagogie actuelle juge l’écriture démodée et préfère l’oral (écouter vaguement et parler la langue que nous entendons quotidiennement). Peut-être faut-il remonter à la commission Rouchette (1963-1966) pour voir ce mépris grandissant pour la langue écrite et ce tournant vers les “compétences orales” que les actuels INSPE obligent les professeurs à faire travailler, au détriment d’une connaissance précise de l’orthographe, de la grammaire et du style écrit. À l’INSPE, l’an dernier, j’ai ainsi appris qu’il vaut mieux un exposé oral où l’apprenant improvise très médiocrement à partir de trois mots clefs qu’un excellent exposé lu à l’oral mais où l’élève se serait un peu trop appuyé sur ses excellentes notes écrites. Étrange inversion. Pourtant, écouter distraitement et parler (mal) au lieu d’écrire, c’est sans doute le triomphe de la passivité sur l’activité, de l’éparpillement sur la concentration, de la facilité qui dégoûte sur la difficulté qui stimule. Car il est plus complexe de mettre correctement en forme ses pensées à l’écrit tandis que la médiocrité passe plus facilement inaperçue à l’oral, ce pour quoi elle est précisément prisée. Et rappelons une évidence : écrire, prendre des notes est une activité qui suppose des capacités de concentration, de compréhension, de synthèse voire d’interrogation et de critique et permet la mémorisation.

Assis, debout ou à genoux: discipline et autorité

Si, prenant un peu de hauteur, on cherche à saisir un “enjeu majeur” dégagé par le président au cours de cette longue interview, il s’agirait de restaurer l’autorité, celle de l’État, celle des professeurs et du savoir. Mais l’autorité, c’est-à-dire la capacité à commander légitimement, suppose d’emblée une forme de discipline chez chacun afin de ne pas y rester imperméable. Par la discipline tout enfant se prépare à obéir à une règle de conduite imposée, à l’intérioriser puis à en comprendre le bien fondé. La clé de la discipline ? L’éducation des parents bien sûr. Et si l’école doit prendre la suite, c’est encore grâce à la position assise. Ainsi Kant, au tout début de son Traité de pédagogie insiste sur ce point :

« La discipline empêche l’homme de se laisser détourner de sa destination, de l’humanité, par ses penchants brutaux. (…)La discipline soumet l’homme aux lois de l’humanité et commence à lui faire sentir la contrainte des lois. (…) On envoie d’abord les enfants à l’école, non pour qu’ils y apprennent quelque chose, mais pour qu’ils s’y accoutument à rester tranquillement assis et à observer ponctuellement ce qu’on leur ordonne, afin que dans la salle ils sachent tirer à l’instant bon parti de toutes les idées qui leur viendront. »

S’habituer à obéir, à rester assis, ne pas changer de position dès qu’on le désire, faire l’apprentissage du délai, de l’attente, de la frustration peut-être, apprendre le calme et la discipline, tout cela constitue la condition de notre sensibilité future à l’autorité et à sa légitimité. Mais, à l’école, une telle discipline reste encore insuffisante et il reste à savoir de quelle autorité nous parlons. Car elle peut tout aussi bien désigner tel professeur qui jouit d’une grande autorité au sens où son savoir et ses cours le rendent admirable et respecté, qu’une autorité qui impose arbitrairement son commandement et exige la soumission. L’école n’admet finalement que la première et, si la discipline est d’abord exigée, c’est pour permettre l’éveil de l’intelligence. L’élève est-il assis, je m’adresse à un esprit, est-il à genoux, je m’adresse à un esclave. Cette communauté des esprits, cette République des intelligences, on ne l’obtient que face à une classe, face à des élèves assis mais dont on fait s’élever l’intelligence.

Assez critiqué. Remercions Emmanuel Macron qui va réinstaurer en juin (nous l’espérons) les épreuves du baccalauréat qui étaient, pour la majeure partie, placées en mars et qui tentera ainsi la “reconquête” de la fin de l’année scolaire. Visiblement il tentera aussi de conquérir le mois d’août, entreprise sans doute plus contestable, puisque le temps du professeur est aussi celui du loisir qui permet son perfectionnement intellectuel. Enfin, une dernière question : qui peut vraiment croire que M. Macron a préparé l’ENS et l’ENA en restant à genoux ?

École: éducation à la sexualité ou au genre?

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Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé une grande réforme de l’éducation à la sexualité pour l’année 2023-2024. S’agira-t-il de généraliser un programme axé sur le bon sens et la prévention des dangers pour les jeunes (grossesse non désirée, maladies, agressions…) ou d’imposer les folies de la théorie du genre?


Fin juin, avant son départ en tant que ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye a annoncé « un plan national ambitieux » de formation d’intervenants préposés à l’enseignement de l’éducation à la sexualité. En mars, trois associations, SOS Homophobie, Sidaction et le Planning familial, ont porté plainte contre l’État, car ce dernier ne respecte que de manière très inégale l’obligation d’assurer un minimum de trois séances annuelles, au premier et au second degrés, consacrées à l’éducation à la sexualité.

Certes, jusqu’ici, il y avait un manque de clarté : qui est-ce qui précisément devait assurer ces séances ? Quel devait en être le contenu ?

Anguille sous roche ?

Le nouveau « plan ambitieux », qui doit être finalisé en novembre, est censé donc dissiper cette incertitude et établira un programme précis. Parmi les objectifs fixés : encourager l’égalité filles-garçons et sensibiliser les enfants à la notion de consentement dans les relations sexuelles. Tant mieux ! Mais un autre objectif vise « la lutte contre toutes les formes de discrimination liées à l’identité de genre ou l’orientation sexuelle réelle ou supposée ».

C’est ici qu’il pourrait y avoir anguille sous roche, et il faudra que les parents et les citoyens en général soient vigilants. Car, pour lutter contre les discriminations concernant l’identité de genre, il faut familiariser les enfants avec cette notion qui, sous la forme promue par les idéologues, n’est jamais simple. Selon la doxa en cours, il y a quatre éléments à prendre en compte pour définir chaque individu :

  • Le sexe biologique (qui représente peu de chose aux yeux des idéologues) ;
  • L’orientation sexuelle (l’attraction et les pratiques sexuelles) ;
  • L’identité de genre (comment on se sent dans son for intérieur) ;
  • L’expression de genre (comment on se comporte et se présente : vêtements, maquillage, gestuelle…). Elle peut être différente de l’identité.

En particulier, cette distinction entre identité et expression de genre peut laisser perplexe un adulte ; imaginons la confusion dans la tête d’un préadolescent ou d’un jeune ado.

A lire aussi, du même auteur: Enquête sur le lobby trans: l’argent n’a pas de sexe

Les documents et les ressources pédagogiques du ministère de l’Éducation sont déjà infectés par ce vocabulaire et ces concepts. On peut craindre que le nouveau programme officialise et impose une fois pour toutes ces notions déroutantes.

D’autant que les lobbyistes, militants et associations qui promeuvent l’idéologie du genre exercent une pression constante sur les autorités publiques dans tous les pays occidentaux, pression visant trois buts : mettre la notion de genre au centre de l’éducation sexuelle, sexualiser les enfants en parlant du sexe, imposer l’éducation sexuelle le plus tôt dans la vie. Nous savons que les effets de cette pression se font déjà ressentir. En septembre 2021, le Bulletin officiel a publié des lignes directrices enjoignant aux enseignants de respecter le questionnement des enfants concernant leur genre et même, à l’occasion, de respecter leur transidentité.

Franc Tireur surveille les parents vigilants

En mars, Causeur a publié un dossier rassemblant des témoignages sur ce qui se passait dans certaines écoles, témoignages recueillis par « Parents Vigilants », une initiative lancée par le parti d’Éric Zemmour, « Reconquête ! ». Prenons deux exemples. Un garçon de cinq ans a dit à sa mère : « Tu sais maman, un garçon peut devenir une fille, et une fille un garçon ». Une infirmière a annoncé à une classe de CM1 que les garçons pouvaient porter des robes s’ils voulaient. Ce sont peut-être des anomalies, mais le nouveau programme que prépare le ministère va-t-il les supprimer une fois pour toutes ou les transformer en la norme universelle ? La semaine dernière, l’hebdomadaire centriste, Franc-Tireur, a proclamé sur sa une, à côté d’un portrait d’Éric Zemmour, « École : panique puritaine ». La double page consacrée à cette affaire accuse « Parents vigilants » de s’immiscer « dans la vie scolaire partout en France » afin de faire « régner intimidations et menaces ». À l’appui de cette charge, le journal macroniste cite des exemples concernant, non pas « Parents vigilants », mais Civitas, une organisation que tout le monde peut d’emblée condamner.


Tout l’argumentaire de l’article est fondé ainsi sur la mauvaise foi. Selon la feuille centriste, qui bien sûr n’a pas daigné faire référence au dossier de Causeur, Zemmour et « Reconquête ! » agiraient « sous prétexte de lutter contre une fantasmagorique propagande LGBT ». Pourtant, il existe une différence évidente entre l’acceptation sociale de l’homosexualité, qui fait partie intégrante des valeurs démocratiques modernes, et l’initiation à l’idéologie du genre qui inquiète beaucoup de parents – et pour cause, puisqu’elle encourage un certain nombre d’enfants à se mettre sur la voie de la transition de genre !

A lire aussi, Laurence David: Et une fois les abayas remisées au placard, Monsieur Attal?

Don’t say « gay »

Le refus de cette distinction transparait dans quelques paragraphes accordés par Franc-Tireur à la Loi sur les droits parentaux en matière d’éducation promulguée l’année dernière par le gouverneur de l’Etat de Floride, Ron DeSantis. Réduisant la loi au surnom qui lui a été collé par les idéologues du genre, « Don’t say « gay » » (ne prononcez pas le mot « gay »), l’auteur (Paloma Clément-Picos) essaie de lancer son propre mouvement de panique à propos d’une prétendue menace d’extrême droite qui sévirait simultanément des deux côtés de l’Atlantique. Pourtant, la loi de DeSantis ne vise pas spécifiquement l’homosexualité mais interdit toute discussion en classe de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle (même hétéro), depuis la maternelle jusqu’à l’âge de huit ans.

On pourrait choisir d’ignorer cette diatribe, mais Franc-Tireur est un baromètre assez fidèle de l’esprit « en même temps ». L’indulgence qu’on y trouve envers les extrémistes du genre est assez caractéristique de l’attitude générale des pouvoirs en place, qui semblent ignorer les leçons à tirer de l’expérience américaine et britannique. D’ici novembre, il faudra rester tous très vigilants quant à ce que le ministère va produire !

La fabrique de l’enfant transgenre

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2027: Nicolas Sarkozy ne votera pas David Lisnard

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Cela dit, il semble que pour David Lisnard, Nicolas Sarkozy n’est plus un sujet…


Rien n’est jamais innocent dans les propos de Nicolas Sarkozy. Questionné par Pascal Praud, sur Europe 1, l’ancien président a mentionné quatre personnalités talentueuses et plausibles pour 2027 : Gérald Darmanin, son préféré, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez et Edouard Philippe. Ce dernier, dans un sondage récent, est largement en tête, en tout cas dans le camp macroniste. Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas cité David Lisnard, le maire de Cannes, qui va se représenter à la présidence de l’AMF et qui, à l’évidence, depuis quelques mois, sur le plan des idées, du projet et de l’organisation de son mouvement, paraît ne plus se désintéresser de l’échéance de 2027 ? D’abord, il me semble que pour David Lisnard, Nicolas Sarkozy n’est plus un sujet. Il ne le critique pas, il ne le loue pas: son attitude est d’indifférence. Je suis persuadé que ce n’est pas le meilleur moyen de mobiliser Nicolas Sarkozy à votre égard !

David Lisnard contre les petits hommes gris

Ensuite, David Lisnard ne participe pas aux jeux d’appareil – en tout cas, pas encore, mais je doute qu’il s’y livre même un jour – et ce n’est pas lui qui, comme Eric Ciotti, se mettra ostentatoirement au service d’un autre candidat, en l’occurrence Laurent Wauquiez. Que Nicolas Sarkozy préfère Gérald Darmanin qui n’est plus chez LR n’émouvra pas davantage David Lisnard ! Par ailleurs, il y a dans la démarche de David Lisnard une manière de penser et de faire qui ne relève pas des processus traditionnels de conquête. Maire de Cannes, s’appuyant sur son action exemplaire et largement plébiscitée, président, avec pugnacité et courtoisie, de l’AMF, structurant son microparti Nouvelle énergie, il avance pas à pas, sans affirmer prématurément une ambition présidentielle. Il est clair que cette stratégie, même en fuyant les éclats, les provocations et les promesses inconsidérées, n’a de sens que portée par une finalité qui trouvera son issue en 2027.

Probablement y a-t-il dans cette rectitude discrète, cette constance dans son adhésion aux Républicains sans la moindre équivoque ni tentation clientéliste, un comportement qui déplaît à Nicolas Sarkozy dont les sinuosités – caractérisées notamment par un abandon de son camp quand ce dernier a eu besoin de lui – tranchent avec la clarté de David Lisnard ?

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Sur un autre plan qui est capital, David Lisnard appartient à une catégorie politique, dans laquelle se trouve également Bruno Retailleau, qui mêle intimement et profondément la réflexion sur la politique et le pouvoir et le pragmatisme face au réel. Il y a chez le maire de Cannes une tentation d’être un intellectuel au regard de l’ensemble des problématiques qui concernent, entravent ou bouleversent la France et le monde, heureusement compensée par une efficacité et des résultats démontrant qu’il ne se paie pas de mots. Il suffit pour s’en convaincre de lire le remarquable entretien qu’il a donné à Valeurs actuelles, avec notamment ce double constat : « Nous sommes en déclassement depuis cinquante ans et en chute libre depuis dix ans » et « Il nous faut en finir avec le régime des technocrates de même qu’il fallait en finir avec le régime des partis en 1958 ». Ceux que Pascal Praud nomme « les petits hommes gris ».

À quand le pas décisif?

Que Nicolas Sarkozy n’ait pas fait allusion à David Lisnard pour la joute finale de 2027 est d’autant plus une aberration, voire une injustice que, contrairement à ce que croient certains, on ne pourra pas départager les concurrents pour 2027 au sein de LR sans une véritable et authentique primaire. À la supposer restreinte aux certitudes d’aujourd’hui, elle aurait cependant de l’allure entre Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et David Lisnard. On ne peut plus se permettre à droite la multiplication de choix erratiques quoique validés: Ciotti à la place de Retailleau, Valérie Pécresse dont la campagne a démontré la faiblesse dans l’argumentation et l’oralité. Il sera d’autant plus fondamental de favoriser un débat partisan de grande qualité que du côté des transfuges d’hier nous avons virtuellement en lice Édouard Philippe, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire. Avec la consolation que probablement la gauche et l’extrême gauche ne seront pas de la partie au second tour et la certitude que Marine Le Pen y sera avec – je le maintiens – une nouvelle et dernière déconfiture.

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J’ai parfois jugé que David Lisnard était tellement précautionneux, scrupuleux, nuancé et complexe qu’il me donnait l’impression d’hésiter face à l’échéance fondamentale de 2027: celle à partir de laquelle on pourra espérer un vrai changement par rapport à ce que David Lisnard avait si lucidement qualifié, dans « Bilger les soumet à la question » (vidéo ci dessous), de « théâtralité narcissique » à propos d’Emmanuel Macron. Dans sa tête, je suis convaincu qu’il a déjà fait le pas supplémentaire et décisif qui convenait. Oublié par Nicolas Sarkozy, ce ne sera pas grave, si demain, avec ses concurrents LR, il n’est pas oublié par le peuple français…

Le Mur des cons

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La France en miettes

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Le huis clos de Saint-Denis, fausse concorde nationale

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Ce n’est qu’au petit matin fatigués que les chefs de parti conviés par le président Macron à Saint-Denis ont pu sortir, retrouver du réseau mobile (des brouilleurs téléphoniques ayant été installés pour empêcher que la discussion ne soit diffusée à l’extérieur) et rentrer chez eux. Lors des échanges, Éric Ciotti de LR et Jordan Bardella pour le RN ont à nouveau proposé un référendum sur l’immigration, auquel l’exécutif est défavorable.


Le huis clos de douze heures s’est terminé hier jeudi à 3 heures du matin. Les rencontres de Saint-Denis, menées par Emmanuel Macron, pourraient « marquer l’histoire politique », a estimé Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement : la Macronie n’a jamais eu peur des mots, ni des mascarades liées à la perpétuation de la politique-spectacle.

Mise en scène

L’« initiative politique d’ampleur », promise par le chef de l’État pour la fin août, aura surtout été l’occasion pour le président de se replacer au centre du débat politique, dans une mise en scène d’union nationale. Reste l’image symbolique d’une classe politique physiquement claquemurée dans un entre soi qui l’isole le plus souvent du monde réel et de la vie des gens ordinaires. Comme l’explique le sociologue Michel Maffesoli dans son nouvel essai (1) « (…) la doxa du pouvoir politique et économique n’est plus en phase avec les aspirations populaires, avec l’imaginaire populaire, avec la puissance populaire. Il n’y a donc plus d’accord entre les élites et le monde tel qu’il est. Ils sont repliés sur eux-mêmes, avant tout attentifs à préserver leur pouvoir, perclus d’une arrogance folle qui les rend aveugles au monde tel qu’il est ». Le curieux projet, défendu par Véran, d’instituer un « préférendum », procédure qui simulerait un dialogue avec les citoyens, illustre la réticence des macroniens à se confronter à l’avis des Français oubliés.

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Une insincérité entache l’initiative présidentielle. Si Macron plaide pour la « concorde » et le « rassemblement », dans une dramatisation dont il a le secret, il définit parallèlement le périmètre de l’ « arc républicain » en y excluant le RN et l’extrême gauche. Certes, les partis représentés à l’Assemblée ont tous accepté, raisonnablement, de jouer néanmoins le jeu du dialogue. Mais les déceptions risquent d’être grandes, dans cet état d’esprit présidentiel d’exclusion idéologique.

Faire nation

D’autant que, sur l’immigration, le président s’est déjà engagé sur une poursuite du processus qu’il dit en même temps vouloir « réduire ». C’est lui qui a signé le Pacte de Marrakech qui fait l’éloge de la société ouverte et diversitaire. Dans le Figaro Magazine du 4 août, Macron assure faussement : « Nous avons toujours été un pays d’immigration et nous continuerons de l’être ». Sa « politique de peuplement » sera poursuivie par la « répartition des difficultés », c’est-à-dire par l’installation des migrants sur l’ensemble du territoire national.

Comment le président peut-il prétendre « faire nation », ce nouveau cliché masquant le délitement de la France, tout en poursuivant sa politique du déni d’une crise existentielle, civilisationnelle, et tout en louant la souveraineté européenne ? Dans ce huis-clos de Saint-Denis, proche du gisant de Charles Martel abrité dans la basilique des rois de France, la France silencieuse a été priée de rester à la porte. C’est elle qu’il faut entendre.


(1) Le Grand Orient, Les lumières sont éteintes, Editions Guy Trédaniel

Kleinfontein, une enclave sud-africaine blanche dans la tourmente

Dernière enclave afrikaner à refuser la fin du régime sud-africain de ségrégation raciale, Klenfontein est désormais menacée d’être incorporée à la métropole de Tshwane (Pretoria) en raison de profondes divisions au sein de son comité de direction. 


Lorsque le régime de ségrégation raciale prend fin en Afrique du Sud en 1994, certaines familles Afrikaners décident de se réunir en coopérative, achetant collectivement des hectares de terres afin de s’y établir et préserver ainsi leur mode de vie traditionnel. Plusieurs villes vont alors surgir de terre et s’ériger en pseudo-républiques indépendantes sans que le nouveau pouvoir n’entende remettre en question ces incongruités administratives. Kleinfontein est une de ces villes parmi tant d’autres et ne fait pas exception à la règle. Située à l’est de Pretoria, elle s’est rapidement développée et compte aujourd’hui plus de 1500 habitants qui vivent comme « au bon vieux temps ». 

Au premier regard, rien ne la distingue des autres bourgades. Si ce n’est que ses résidents sont tous des Afrikaners pur jus, descendants des premiers Européens qui ont colonisé cette partie de l’Afrique australe. Condition sine qua non pour résider dans ce volkstaat dont l’accès est protégé par un imposant portail gardé par des hommes armés. Ici, vous ne trouverez pas un seul Africain cohabitant avec les blancs.  Au centre de la ville, des statues du président Paul Kruger et du Premier ministre Hendrik Verwoerd accueillent les habitants. Deux héros du panthéon afrikaner symbolisant à la fois la résistance et la tragédie d’un peuple chahuté par les affres de l’histoire. Le lieu de Kleinfontein n’a pas été d’ailleurs choisi au hasard par ses membres fondateurs, puisque c’est sur cet emplacement que s’est déroulée une importante bataille entre Anglais et Afrikaners lors de la guerre Anglo-boer, en juin 1900. C’est aussi là que le général Manie Maritz a orchestré sa rébellion contre le gouvernement sud-africain en 1914. Tout est dans la symbolique dans cette république hors du temps.

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La ville est gérée par Jan Groenewald depuis trois décennies. C’est un boer au pedigree politique éloquent. Ancien adhérent du Herstigte Nasionale Party (Parti National réunifié) et de l’Afrikaner Weerstands Beweging (Mouvement de résistance afrikaner), deux partis d’extrême-droite indissociables de la vie politique sud-africaine, c’est un partisan acharné du régime d’Apartheid. Il a même fini par fonder son propre mouvement radical qui a su trouver son public dans une terre largement acquise au conservatisme blanc. « Kleinfontein a été fondée avec de bonnes intentions ; un endroit où principalement des retraités pourraient vivre ensemble en sécurité et en harmonie. Elle met l’accent sur la culture et le christianisme afrikaner, où les résidents peuvent célébrer comme profiter de leur foi et de la tradition afrikaner », reconnaît un habitant de la ville, Paul McMenamin, interrogé par le média en ligne Ground Up. Mais ce qui ressemble de loin à un havre de paix pour nostalgiques du développement séparé et adeptes du tout sécuritaire, est désormais menacé par une partie de ses habitants qui ne se retrouvent plus dans la gestion de Kleinfontein. 

Les membres de la Kleinfontein Residence Association (KRA) ont porté plainte contre la direction de l’entreprise Kleinfontein Aandeleblok (Pty) Ltd qui gère les services de la ville, dénonçant de potentielles malversations financières. Dans des documents de 2022, transmis au tribunal compétent, l’entreprise s’est défendue en affirmant que l’association tentait de « saboter » le système mis en place et démentait les allégations portées contre elles. Des accusations qui ont contraint plusieurs habitants à cesser de payer leurs cotisations (prélèvements et redevances pour services) à l’entreprise, comme l’affirme Ground Up. Pis, le volkstaat n’étant pas reconnu comme entité administrative autonome, les nouveaux habitants qui ont fait construire de somptueuses maisons, auraient découvert qu’ils n’étaient pas réellement propriétaires de leurs biens et qu’ils ne pouvaient donc pas les revendre le cas échéant. « Kleinontein a été développé sur des terres agricoles et il n’y a jamais eu de demande réelle d’officialisation de la colonie. Il s’agit donc pratiquement d’une colonie illégale » admet Paul McMenamin. « Je suis un agriculteur et un homme d’affaires à la retraite. Je n’ai pas reçu de titre de propriété et cela m’a beaucoup affecté. Je fais partie de ceux qui ont initié ce procès et nous voulons vraiment que cet endroit soit enfin officialisé » ajoute Henk Celliers, âgé de 73 ans, autre résident. 

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Cité comme second défendeur dans cette affaire, la métropole de Tshwane admet que le dossier est difficile. Sa porte-parole, Lindela Mashigo, a déclaré qu’actuellement, la ville ne fournit à Kleinfontein aucun service de base, comme l’électricité, la collecte des ordures, l’eau du robinet ou le traitement des eaux usées et qu’elle est de facto totalement autonome. « La communauté de Kleinfontein est installée sur des terres privées », explique Mme Mashigo qui reconnaît toutefois que « les propriétaires ont la responsabilité d’aménager ou d’officialiser le terrain conformément aux règlements d’aménagement du territoire ». Dans des documents judiciaires transmis aux avocats, la société qui gère le volkstaat a déclaré qu’elle « s’était lancée dans une campagne déterminée afin de formaliser la municipalité de Kleinfontein, finaliser les procédures incomplètes, obtenir toutes les approbations nécessaires, se conformer à toutes les exigences légales et autres, et que des progrès significatifs avaient été réalisés à cet égard ». Même « si elle n’y est pas obligée aux termes de son acte constitutif, rappelle-t-elle. Dont acte ! 

Mais en cas d’échec, la métropole de Tshwane pourrait arguer de l’illégalité des ventes et des constructions, forçant ainsi le volkstaat à intégrer son propre giron administratif, et mettre fin aux rêves des derniers tenants de l’Apartheid.

Madagascar: « Une opposition irresponsable désinforme à l’approche de l’élection présidentielle »

A l’approche des élections à Madagascar, prévues le 9 novembre 2023, la directrice de cabinet du président malgache, Lova Hasinirina Ranomaro, dénonce le comportement déloyal de l’opposition, qu’elle accuse de propager de la désinformation pour perturber l’élection à venir.


Cette semaine encore, plusieurs médias ont prêté écho à une fausse convocation d’Andry Rajoelina, président de la République de Madagascar, devant la Tribunal de Première Instance, sur la base d’un document qui aurait donc fuité en toute illégalité. Cette méthode et la date de la convocation, dernier jour de dépôt des dossiers pour se porter candidat à l’élection présidentielle, devait inciter à la prudence. Les campagnes de désinformation sont malheureusement monnaie courante à Madagascar, notamment sur les réseaux sociaux, débridés, où faux comptes et vraies infox menées depuis l’étranger, tentent de pousser le pays à la division. Peine perdue.

La procureure de la République de Madagascar Rakotoniaina Narindra, a rétabli la vérité et démenti lors d’une déclaration officielle qu’un tel document ait été émis. Elle a rappelé l’absence de base légale pour qu’une telle convocation voie le jour. Encore une fois, l’opposition malgache, à court d’arguments, tente d’instrumentaliser par tous les moyens le non sujet de la double nationalité du président Andry Rajoelina – débat pourtant tranché par un arrêt de la Haute Cour Constitutionnelle de la République de Madagascar le 22 août.

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Pourtant de nombreux juristes ont déjà étudié la question : ce document n’a aucune valeur juridique. Sans décret du gouvernement autorisant la perte de nationalité, le président, comme des dizaines de milliers de concitoyens, peuvent porter la double (voire la triple) nationalité.

Que cette polémique ait pris, depuis son origine médiatique étrangère suspecte, cette portée politique auprès d’une opposition désarmée sinon disqualifiée, envers et contre tous les éléments juridiques à disposition des citoyens, n’est en rien étranger à l’échéance électorale à venir. Si le président ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat à sa réélection, ces attaques sont le signe d’une manœuvre stérile pour éviter d’avoir à l’affronter, une démarche lâche et peureuse. La faiblesse de ces gesticulations rappelle ce mot de Coluche : « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison. »

Il y a quelques semaines, Siteny Randrianasoloniaiko, candidat à l’élection mais surtout président du Comité olympique de Madagascar, surenchérissait en expliquant qu’il n’y avait que 2% de chances pour que les Jeux des Îles se tiennent. L’événement se déroule pourtant comme prévu, avec une clôture festive ce dimanche 3 septembre.

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Pendant que le président élu et en exercice court le pays, sans chercher à se pavaner sous les lumières des Jeux organisés dans son pays, pour inaugurer là un guichet unique permettant à la population d’une ville de province de traiter plus simplement et à proximité leurs démarches administratives quotidiennes, ailleurs des centres de santé attendus depuis des décennies, il semble que la désinformation et les polémiques qui circulent sur les réseaux sociaux soient la première, et seule, arme à disposition d’une opposition atomisée, sans chef, sans relais populaires, sans ambitions et unie seulement dans son incapacité à donner sens à une alternative politique.

Face à cela, je côtoie au quotidien un président serein, concentré, avec nos équipes, tant à la Présidence qu’au Gouvernement. Le déroulement des Jeux des Îles fait l’objet d’une grande implication depuis des mois et leur réussite est d’ailleurs saluée par les délégations et les athlètes.

Le prix du livre, pas si unique

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La crise covid nous a permis d’apprendre que le livre est un « produit de première nécessité ». Et pour aider nos libraires de quartier à faire face aux crocs d’Amazon, les députés ont voté la loi Darcos censée encadrer le coût des frais de port. Mais ont-ils bien lu le texte ?


En 2020, le premier quinquennat Macron affrontait sa deuxième crise majeure après les gilets jaunes. Le pays se retrouvait sous la coupe d’un virus incontrôlable. Masques introuvables obligatoires, couvre-feu comme à la belle époque, contrôles aux frontières renforcés, une école supprimée puis rétablie (à demi-jauge !), vaccinations bureaucratiquement inorganisées, on multiplia les mesures.

En France, il ne faut surtout pas contrarier la rue Sébastien-Bottin

Une péripétie avait indigné. Cataloguées commerces non-essentiels, les librairies avaient dû rester closes. De quoi, non essentielles ? Au pays de Montaigne et de Victor Hugo, le petit commerce de la Culture pas mieux considéré qu’un salon de coiffure ou qu’une auto-école ? Déjà qu’on fermait les bars…

Même si un tiers de nos concitoyens lit moins de cinq livres par an (en comptant les ouvrages pratiques, les collections Harlequin et les ouvrages de Guillaume Musso), l’affaire fut considérée comme une gaffe.

Notre régime présidentiel comporte une particularité : le président y est devenu responsable de tout, à commencer de chaque couac. Emmanuel Macron fut désigné comme un obscurantiste mal intentionné, ennemi patenté de la Culture et suppôt néo-libéral du commerce en ligne. Il en fut contrarié. En politique élevé aux valeurs de la bourgeoisie lettrée, il savait qu’il ne faut jamais désespérer la rue Sébastien-Bottin.

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En juin 2021 sonna la fin de la pénitence. Les vacances arrivaient et la prochaine élection présidentielle approchait. Il s’agissait désormais d’organiser la bonne humeur généralisée et de lever les mesures démoralisatrices. On rouvrit les librairies, et l’on rameuta les troupes. Il fallait faire un geste en faveur des libraires, assorti d’une médiatisation maximale. Justement, leur syndicat avait pondu un rapport mal ficelé censé dénoncer un scandale : celui des frais d’envoi des livres en France. Pour expédier les ouvrages commandés par quelques milliers de leurs clients allergiques au e-commerce et incapables de se déplacer jusqu’à leurs boutiques, les librairies traditionnelles devaient avancer des frais élevés (répercutés parfois aux destinataires), alors que, de son côté, le fourbe Amazon les offrait à ses consommateurs. (Plus exactement, afin de contourner la loi Lang, il les facturait 0,01 euros !) Une concurrence estimée inéquitable.

Les libraires de quartier condamnés à la ruine ?

En réalité, le sujet était restreint. L’immense majorité des livres achetés en librairie sont emportés, ou commandés et récupérés, sur place. Il existait sans doute d’autres priorités pour la France. Mais pour regagner des opinions positives sur la rive droite comme sur la rive gauche, une pièce devait se jouer. Dans le rôle de la victime : le pauvre libraire de quartier condamné à la ruine. Dans celui du grand méchant loup : comme toujours, Amazon.

Il n’aurait pas été si compliqué de faire pression sur la Poste pour faire réduire ces fameux frais. Ceux-ci sont déjà très faibles pour les livres et revues expédiés à l’étranger. Mais c’eut été trop simple. Pour faire le show, rien ne vaut une loi. En moins de trois mois, on en torcha une, baptisée loi Darcos, qui fut adoptée à l’unanimité par l’assemblée, toutes tendances confondues. Les médias, tout aussi emballés applaudirent à leur tour. Et le syndicat des libraires se félicita avec lyrisme d’une immense victoire. Aujourd’hui, après avoir franchi les objections de Bruxelles, la loi va être mise en application. Rima Abdul Malak et M. Le Maire, ministres obéissants, l’ont annoncé en grande pompe. Les frais de port passent officiellement à trois euros minimum à compter d’octobre prochain. Ce tarif ne concernera que les livraisons inférieures à 35 euros. 

Il y a fort à parier qu’au moment du vote, nos représentants n’ont pas vraiment regardé le contenu d’un texte à visée prioritairement démagogique, rédigé à la va-vite et aux implications absurdes… Car cette loi est truffée de biais.

Un. La victime de la nouvelle loi, c’est d’abord le consommateur. 3,50 euros de supplément pour l’achat d’un Balzac en livre de poche à 6,60, c’est une sacrée augmentation. Tant pis pour la promotion de la lecture.

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Deux. Outre les livres numériques en constante progression, la mesure exclut de son champ d’application les livres d’occasion. Voici qui encourage des ventes sur lesquelles les auteurs ne touchent rien mais qui se soucie des auteurs ?

Trois. Amazon, s’il le désire, saura adapter ses pratiques. Exemple : la réduction du montant de ces fameux frais pour tout achat de panier groupé avec d’autres articles. Résultat : une loi inopérante.

Quatre. Le e-commerce est international. Les sites des pays frontaliers où passer commande de ses livres – pour continuer à se les faire livrer gratuitement – ne manquent pas.

Cinq. L’avantage réel pour les libraires sera faible. Il s’agit pour beaucoup d’une activité marginale. Et les autres trouvent que trois euros, c’est insuffisant…

Une loi-gag

Ne plaignons cependant pas trop la librairie traditionnelle. Elle a, et c’est heureux, les reins plus solides qu’on ne le laisse croire. Après une vague de banqueroutes, le secteur avait su s’adapter aux nouvelles donnes du marché. Même en 2020, en dépit de plusieurs mois de fermeture, et toujours selon leur propre syndicat, leur volume moyen d’activité annuel n’avait baissé que de 3,3% pour se raffermir les années suivantes. Et rappelons que le Centre national du Livre distribue généreusement des aides à la filière.

Ironiquement, le grand gagnant de cette loi-gag, c’est… Amazon ! Pour le choix, la livraison, la praticité, les consommateurs ont déjà plébiscité le géant de l’e-commerce. Les jeux sont faits. Ses coûts de livraison sont depuis longtemps intégrés dans son modèle économique, et voici qu’on lui offre un cadeau non demandé de trois euros par envoi. Et, avec le seuil de 35 euros, les consommateurs sont incités à augmenter le montant de leurs achats. Belle promo.

Touche finale : la voix pateline du président France d’Amazon qui se pose en défenseur des lecteurs et déplore que la loi Darcos se révèle inflationniste. Fortifié par les réticences à la loi exprimées par les institutions européennes, il tente maintenant d’en obtenir l’annulation auprès du Conseil d’État.

On le comprend.

LA VILLE DES ÂNES. Roman.

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#Je suis à Bahia 🌴

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Il n’est désormais plus question de parler d’islamo-gauchisme au sujet de LFI. Ils sont, au cœur des institutions, les infiltrés soumis et zélés des islamistes, allant jusqu’à jouer les VRP dociles de l’industrie textile des barbus…


À quelques heures d’une rentrée scolaire placée sous le signe de l’inflation galopante et donc, plus que jamais, de l’inégalité des chances, ces gauchistes “d’extrême-droite” tricotent des abayas à l’atelier Mélenchon. Alors que des gamines en Iran, subissent encore les foudres de la répression, ils osent l’innommable et devront un jour rendre des comptes et leurs bons de commande.

Avant que ces histoires de chiffon finissent mal, c’est inéluctable, il faut dans l’immédiat trouver un moyen pacifique pour combattre le forcing sectaire de l’islamisme. Si le manque d’humour et de dérision, ne parlons même pas d’auto-dérision (faut pas déconner), est la marque d’usine de cette fabrique à clones, éclairons les ténèbres avec un rayon de lumière tropicale. J’oppose donc dans l’urgence, le hashtag #je suis à Bahia à l’étau d’abayas qui va pendant des semaines nous presser le cortex.

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Des cheveux sur la langue. Ce n’est pas banal l’obsession des musulmans pour les cheveux de la femme. Prenez deux garçons hétéros, placez-les sur un banc public devant une foule de piétons. Quelles que soient leur couleur, leur nationalité, leur religion, l’islam mis à part, devant le passage d’une jolie fille le dialogue sera peu ou prou le même. “Pow, pow, pow, vise un peu le c.., putain les n…”. Ça ne fait pas un Prix Nobel à Oslo mais c’est relativement sain et universel. Vu l’attraction des muslims pour le casque des femmes, on peut imaginer le verbatim de leur conversation dans la même situation. “Pow, pow, pow, vise un peu les cheveux gras à bâbord. Je lui ferai bien un shampoing!” “Moi je préfére les cheveux secs, avec la pointe qui fourche. Je sors ma paire… de ciseaux et je lui fais un balayage.” “Et l’autre là-bas, je vais lui faire la frange avant l’after!” “C’est quoi l’after?” “Un après-shampoing!”… Bref, de la racine à la pointe du cheveu, si l’on ne se destine pas à bosser dans un salon de coiffure à la coupe, à la couleur ou au shampoing, il y a quand même une incompréhension devant la voracité des musulmans à couper les cheveux en quatre.

En rire avant d’en pleurer. Bahia donc. Même si elle reste imaginaire, il y a en matière de sensualité et d’esthétisme, pire comme destination. La paillote Mélenchon, par exemple. Panot aux fourneaux, Rousseau au micro, Obono au vestiaire, Bompard au comptoir, Tondelier aux platines, Faure à la plonge, et les barbus pour relever les compteurs. Vous je ne sais pas, mais moi ça me fait peur. Alors direction la plage de Corumbao, pour déguster un Bobo de Camarao, crevettes, purée de manioc et lait de coco, à l’ombre d’un manguier, un bouquin de Jorge Amado dans la main gauche, un verre de caïpirinha dans la droite, une mélodie de Gilberto Gil aéroportée par l’alizée, avant de sombrer dans le sommeil accompagné par le chant des baleines à bosse.

Bref, face à l’archaïsme sectaire des Fréristes et de leurs cousins en place, le hashtag #je suis à Bahia pourrait porter une première banderille à leur funeste entreprise ! À considérer, ce qui est mon cas, que le ridicule tue.

«Tous les Français se sentent représentés par l’équipe de France de rugby»

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Une semaine avant le coup d’envoi de la Coupe du Monde de rugby, entretien avec le journaliste Philippe David.


Causeur. En France, depuis 2020, on constate un engouement grandissant pour le rugby. Pourquoi ? Faut-il uniquement l’attribuer au fait que la Coupe du Monde se déroule chez nous ?

Phillipe David. C’est multifactoriel. D’abord, l’équipe de France a vécu dix années de vaches maigres, la décennie 2010-2020 : de sa défaite en finale de 2011 face à la Nouvelle-Zélande jusqu’à l’arrivée d’une génération géniale, à l’image d’Antoine Dupont (élu meilleur joueur du monde 2021), et de Fabien Galthié aux manettes. Cette période était vraiment la pire de nos 60 dernières années. On a fait un grand chelem[1] en 68, en 77, un autre en 81, puis en 87… Bref, on a eu un grand chelem à chaque décennie, et patatras, 12 ans sans gagner le moindre tournoi, mais un grand chelem en 2022 pour enfin regagner quelque chose. Aujourd’hui, on a une belle équipe, qui nous fait rêver, et qui joue la Coupe du monde chez elle !

Philippe David D.R.

Une partie du public dit ne plus se reconnaître dans l’équipe de France de football, n’y a-t-il pas une explication plus « sociologique » (peut-être, parce que le football est gangrené par le fric ou l’esprit banlieusard) ?

Je vais être un peu chauvin, j’ai des origines dans le sud-ouest, et, en France, le rugby a clairement un côté « terroir ». À part les deux clubs de Paris (le Racing 92 et le Stade français), tous les autres clubs viennent du sud de la Loire ! Dans le football, de Lille à Toulouse, de Strasbourg à Brest, les clubs de ligue 1 sont mieux répartis sur le territoire national. Mais, paradoxalement, tous les Français se sentent représentés par l’équipe de France de rugby. Surtout, c’est la mentalité propre au rugby qui fait toute la différence. Quand Neymar se fait effleurer dans la surface de réparation, et se tord de douleur, on prépare une civière et on appelle un croque-mort ! Quand un joueur de rugby lambda se prend 140 kg dans le buffet (eh oui, ça fait partie de son quotidien), il se relève au bout de quelques secondes.

Et en quoi la passion des fans de rugby est-elle différente de celle des fans de foot ?

J’ai vu des centaines de matchs de foot, et des dizaines de matchs de rugby au stade. Ce n’est pas la même mentalité. Ce que j’aime, c’est que même pour une rencontre choc, au rugby, où il y a des supporters de clubs ultra-rivaux, il n’y a pas un CRS, et les supporters peuvent boire un coup ensemble avant et après le match. Lors d’un PSG-OM, on a 1000 CRS, 300 gardes mobiles, des barrières anti-émeutes, etc. Disons les choses : pour la fête, le rugby vaut vachement mieux que le foot.

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Quel est votre pronostic pour la France lors de cette Coupe du monde ?

Dans les 20 sélections, il y a quatre équipes au-dessus du lot. Deux de l’hémisphère nord, l’Irlande et la France, et deux de l’hémisphère sud, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. La France a la chance énorme de jouer à domicile. Pas uniquement pour une question d’ambiance. En 87, en finale de Coupe du monde, en 1987, on aurait dû obtenir un essai de pénalité en première mi-temps contre les All Blacks pour une mêlée effondrée plusieurs fois, mais on ne l’a pas eu, car on jouait chez eux ; en 95, lors de la demi-finale, on s’est fait voler parce que l’Afrique du Sud, étant à la maison, devait gagner ; en 2011, rebelote, on s’est fait voler notre finale face aux All Blacks, en Nouvelle-Zélande. Au pire, pour nous, aujourd’hui l’arbitrage sera équilibré. Le rugby est un sport d’Anglo-Saxon fait par et pour les Anglo-Saxons, c’est son défaut. Alors, imaginer un non Anglo-Saxons gagner une finale – la France en somme -, c’est comme un cheveu sur la soupe… Notre réel point fort, en plus d’avoir un des meilleurs joueurs du monde, c’est qu’on a une vraie équipe, un formidable collectif : quand un joueur perd la balle, deux viennent la récupérer. On a des stars, mais la vraie star c’est notre équipe. Chacun joue pour l’équipe, et ça n’a pas de prix. Pas d’ego, tout pour le maillot. Nous avons tous été peinés pour la blessure de Romain Ntamack, le demi-d’ouverture de l’équipe qui ne participera pas à la compétition. Mais j’ai vu Matthieu Jalibert, son remplaçant, répondre présent, contre l’Australie le 27 août. Et en plus, derrière il y a encore du niveau… En fait, après une telle décennie de vaches maigres, je ne pensais pas qu’on aurait le droit à une génération aussi forte. La preuve, sur les dernières années, la France a gagné les quatre Coupes d’Europe, notamment avec un club qui n’en avait jamais gagné une, et qui était encore en Pro D2 en 2014, le Stade rochelais. En quart de finale, on prendra les Irlandais ou l’Afrique du Sud. Si on passe ces quarts, la finale est à nous.

Quel est le dispositif chez SudRadio pour couvrir le mondial ?

On a un dispositif énorme, avec d’excellents consultants : Alexandre Priam, François Trillo. Daniel Herrero et son bandeau mythique qu’on ne présente plus, Éric Bonneval, Yoann Huget, Julien Tomas, et l’ancien ouvreur All Black, Andrew Mehrtens… Bref, on a un dispositif d’enfer et on va se régaler… Rendez-vous le 28 octobre pour la victoire !

Vous l’avez dit : le rugby a longtemps été un sport associé au Sud-Ouest. Est-ce moins le cas aujourd’hui ? Les fédérations nationale et mondiale sont-elles parvenues à intéresser les Français à ce sport ? 

Oui. Ce qu’il faut retenir, c’est que le rugby est un sport national au même titre que le foot. Il y a aujourd’hui par exemple un très bon club de rugby qui s’appelle… Vannes ! Le rugby est en train de se répandre sur le territoire. Mais les terres historiques sont tellement ancrées dans le sud-ouest, que c’est dur de faire sa place. Vannes a quand même failli monter en top 14 ! Dans les prochaines semaines, je pense que notre pays pourrait revivre le syndrome 98. On en parle peu pour l’instant, mais si cette équipe de France se met à gagner, et joue aussi bien qu’elle est capable de le faire, il y aura un engouement général.

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À l’inverse du rugby, où, à vous entendre, tous les espoirs semblent promis à la France, on peut déplorer notre maigre bilan au Mondial d’athlétisme à Budapest (seulement une médaille pour nos athlètes). À moins d’un an des Jeux olympiques… Amélie Oudéa-Castéra devrait-elle s’inquiéter ?

Il faut s’inquiéter, c’est notre plus mauvaise performance depuis les premiers championnats du monde d’athlétisme en 87 où on était carrément revenus la besace vide… Comment expliquer que la France soit aussi mauvaise dans ce sport ? La Jamaïque, moins de 3 millions d’habitants, a ramené 12 médailles et nous une seule – heureusement gagnée par notre relais 4×400 masculin le dernier soir. L’athlétisme est pourtant avec la gymnastique et la natation le plus gros pourvoyeur de médailles olympiques. À moins d’un an, il y a franchement urgence… « Ce n’est pas comme si on était les États-Unis ou la Jamaïque » minimise la ministre de façon peu convaincante.

Si on met l’affaire Mohammed Aouas de côté, le rugby semble être moins touché par les scandales que le foot. Les histoires du « baiser volé » du président de la fédération espagnole de foot ou des comptes de l’Olympique lyonnais l’illustrent encore ! Quel regard portez-vous sur l’affaire du bisou qui émeut tant nos voisins espagnols ?

Rubiales s’est comporté de manière totalement inadéquate. Il doit selon moi quitter la tête de la Fédération espagnole. Enfin : on n’embrasse pas devant des millions de téléspectateurs sur la bouche, de manière non consentie, une joueuse quand on est président de fédération ! Imaginez qu’elle ait un compagnon. Celui-ci peut pourrait penser qu’elle le trompe avec son président de fédération et passerait pour le cocu de service aux yeux de la planète entière ! Il faut que Rubiales fasse ses valises, et s’il ne les fait pas tout seul, à la FIFA et à l’UEFA de faire en sorte qu’il parte.

Philippe David anime les Vraies Voix de 17h à 19h, avec Cécile de Ménibus, sur SudRadio (Paris 99.9 FM)


[1] Un Grand Chelem de rugby à XV se produit lorsqu’une équipe gagne tous ses matchs lors d’un Tournoi des Six Nations ou d’une tournée contre des nations britannique et irlandaise.

15 arguments à opposer aux Tartuffes qui défendent le port de l’abaya à l’école

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L'essayiste Céline Pina. Photo: Hannah Assouline

Céline Pina a pensé à tout : elle nous propose, en cette veille de week-end, l’argumentaire idéal à dérouler devant votre beau-frère mélenchoniste lors du repas familial de dimanche…


L’interdiction du port de l’abaya à l’école divise à gauche, comme en son temps la question de l’interdiction du port du voile. Mais pas chez LFI, où l’on milite le petit doigt sur la couture du pantalon et où les convictions sont indexées sur l’humeur du petit père des Insoumis. Des Insoumis qui se révèlent fort serviles en interne. Il faut dire que LFI a besoin, pour dominer à gauche, de continuer à investir sur le vote musulman. Les études, montrant que presque 70% de cette communauté ont voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, ont impressionné à gauche. Le vote musulman est donc devenu une martingale dans cette partie de l’échiquier politique pour peser dans le débat public. Or les dirigeants des partis de gauche n’ignorent pas qu’une partie notable de ces voix est due à la mobilisation des réseaux islamistes, notamment frères musulmans. Cette mobilisation s’est faite par le biais d’appels à voter diffusés via les mosquées et a été relayée par les personnalités de la sphère islamiste. A gauche, certains sont donc tiraillés entre intérêt électoral et conscience humaniste et universaliste (PS et PC), mais la plupart font passer leurs intérêts personnels immédiats avant l’intérêt général. A LFI, notamment, on n’a aucun mal à reprendre et à diffuser les arguments des islamistes. Et surprise ! ce sont les mêmes que pour le voile. Il faut dire que l’offensive sur les abayas se déroule selon le même schéma.

  • 1er argument : ce n’est pas un vêtement religieux

L’islam n’est pas organisé en clergé, à ce titre il n’y a pas de tenue type et même les voiles sont différents selon les pays ou la pratique, mais c’est toujours au nom de la religion que la femme doit cacher ses cheveux et son corps. Elle doit être dérobée à la vue, car elle est considérée comme impure, provocante, source de désordre et parce qu’elle ne s’appartient pas mais appartient avant tout à sa communauté. Voile comme abaya sont liés à une vision précise de la femme, de son statut et de son rôle. Ces signes d’appartenance religieuse témoignent de l’infériorité de la femme et de son impureté et cette vision est liée à la place de la femme dans la religion, l’islam étant à la fois religion et source du droit.

Notons qu’aux Emirats Arabes Unis, on prête une abaya à chaque femme qui veut visiter la mosquée d’Abu Dhabi pour que sa tenue soit « en accord avec la religion islamique ».

  • 2ème argument : ce n’est pas un vêtement religieux (bis)

Voile comme abaya ne sont pas des vêtements. Ce sont des signes, des marqueurs identitaires basés sur la religion. Peu importe les raisons qu’a une femme de les porter, ces tenues envoient un message univoque vers l’extérieur : le refus de l’égalité à travers l’infériorisation de la femme au nom de la religion.

  • 3ème argument : cela prouve que la France a un problème avec les musulmans, qu’elle n’accepte pas l’identité musulmane

C’est quoi l’identité musulmane ? Est-ce-que cela signifie respecter la culture et les mœurs des pays où l’islam est religion d’État ? Autrement dit, accepter que les femmes n’aient pas les mêmes droits que les hommes, créer des statuts de dhimmi  (le dhimmi paye une taxe pour avoir le droit de vivre en terre d’islam, car il n’est pas musulman et a moins de droits que les musulmans), rétablir l’interdiction du blasphème, réprimer l’homosexualité, faire de l’antisémitisme un marqueur culturel ?

Bref qu’entend-on par « identité musulmane » ? Le mot est utilisé par les islamistes pour faire croire à une persécution des musulmans quand ils attaquent de front les fondamentaux de notre contrat social. Or quel pays accepterait de tels coups de boutoir portés sur les fondamentaux de son contrat social et les bases de sa civilisation ?

Quant à la France, elle n’a pas de problème avec les musulmans, mais elle en a avec les islamistes. Il se trouve juste que ceux-ci sont de plus en plus influents dans la communauté musulmane. Depuis 2012, cette idéologie a coûté la vie à de nombreuses personnes, à coups attentats, de crimes politiques, le tout aux cris d’Allah Akbar, mais les Français ont toujours distingué les musulmans des islamistes. Cette idéologie nourrit la violence, le pillage et pèse sur l’école, l’université, crée des conflits dans le travail, au sein de l’espace public… Et c’est nous qui aurions un problème ?

  • 4ème argument : « Les accusations de séparatisme sont délirantes »

Ces tenues visent à distinguer la musulmane du reste des femmes. Ils marquent une identité religieuse qui se traduit en impossibilité d’intégration et d’assimilation. Pourquoi vouloir que l’on sache qu’une femme est musulmane au premier coup d’œil? Pour que la clôture communautaire devienne infranchissable. Les interdits alimentaires et vestimentaires visent à empêcher l’alliance hors de la communauté d’origine. Ils visent à créer une séparation, des distinctions qui empêchent de partager la même nourriture, de se marier, de faire société et cantonnent chacun dans une identité particulière plus forte que la communauté nationale. Elles exacerbent les différences et subliment les origines pour empêcher la naissance du commun.

Pour cela on remplace la distinction entre le bien et le mal, par celle entre le pur et l’impur. Or la distinction entre le bien et le mal est une démarche universelle, liée au libre arbitre et qui met en jeu la responsabilité. En revanche la distinction entre pur et impur dépend du suivi précis de prescriptions extérieures religieuses, elle réclame la soumission et l’abandon d’une pensée en propre. C’est une rupture anthropologique qui empêche l’accès à la notion de citoyenneté et le fait de penser la notion d’intérêt général.

C’est en cela que voile et abaya sont incompatibles avec la laïcité car ils font passer le dogme avant la loi, l’appartenance cultuelle avant la communauté nationale et sont un des marqueurs du refus d’accorder aux êtres humains la même dignité.

  • 5ème argument : cette interdiction est un dévoiement de la laïcité

Ceux qui expliquent cela définissent la laïcité comme la société protectrice des religions, devant veiller à leur expression et à leur égalité. Ils présentent l’obligation de neutralité comme l’obligation de laisser les religions intervenir comme elles le souhaitent sur le territoire et l’obligation d’accepter toutes les cultures.

Or la neutralité des agents du service public vient du fait que les religions ne sont pas reconnues comme jouant un rôle dans la sphère publique, elles n’ont donc pas à être prises en compte, ce sont des opinions personnelles. Les invoquer ne permet pas d’échapper à ses obligations légales.

Quand l’idéologie islamiste constitue la base de groupes organisés, qui remettent en cause nos fondamentaux politiques, au premier chef l’égalité, ou servent de justification au refus de respecter la loi, alors il n’est plus question de neutralité mais d’imposer la loi. Et nous en sommes bien là.

Il faut dire que la laïcité à la française n’est pas toujours bien comprise. Elle se nourrit du constat que les religions sont incapables d’accomplir la concorde civile (les Français l’ont compris lors des guerres de religion) et d’une certaine idée de l’homme émancipé, capable de forger ses propres lois. La base de la laïcité est de rompre avec la légitimation du pouvoir et des obligations sociales par l’instrumentalisation du divin. Les hommes, au sein de l’État, ne sont pas liés entre eux par la religion mais par l’exercice de la raison et leurs capacités créatrices. Ils bâtissent ainsi un mode de représentations et d’obligations communes qui une fois créées les dépassent et les obligent. Cette loi commune s’impose à tous dans la sphère publique, elle n’est donc pas neutre. Elle implique que personne ne peut revendiquer des aménagements particuliers au nom de sa culture d’origine, de sa foi, de ses traditions. Elle implique d’en rabattre sur ses particularismes au nom du commun. Un pays où chacun voudrait avoir soi pour loi serait invivable. La laïcité ce n’est pas la neutralité envers la religion mais bien la domination de la loi sur la religion dans la sphère publique et la relégation du religieux à la sphère privée et à l’individu.

  • 6ème argument : la France est un pays de liberté, elle doit défendre la liberté religieuse

En France les religions ne sont pas reconnues, ce sont les cultes qui sont mentionnés. Quoi qu’il en soit, personne ne peut s’appuyer sur son culte pour déroger à la loi commune. Or c’est exactement ce que réclament les tenants de l’affichage des codes sociaux islamiques : que leurs ressortissants échappent aux obligations de discrétion et de respect de la loi au sein des établissements scolaires. Ils réclament de déroger à la loi au nom de la liberté de faire prévaloir leur culte sur leurs obligations citoyennes.

Ils brandissent ainsi la liberté contre l’égalité et la laïcité. Or, les conflits de valeurs sont inhérents aux sociétés humaines. Ce qui explique qu’aucune valeur ne soit absolue. La liberté connait des limites et les libertés ne sont pas toutes égales. Nous plaçons en occident la liberté de conscience au-dessus de la liberté religieuse, la loi au-dessus du dogme. C’est l’essence de notre civilisation et la source de notre organisation sociale. Comme il existe une hiérarchie des normes, il existe une hiérarchie des lois et la façon dont nous tranchons ces conflits de valeurs est révélatrice de notre culture.

  • 7ème argument « Les femmes ont le droit de s’habiller comme elles le veulent »

En général, il y a des codes sociaux, des obligations et des nécessités qui font que personne ne s’habille tout le temps comme il lui sied. On ne va pas en string à paillettes à un enterrement, ni en robe de soirée pour couler du béton sur un chantier, encore moins à un entretien d’embauche en claquettes-chaussettes. A l’école, réclamer une tenue adaptée n’est pas délirant. Cela fait partie des codes sociaux à transmettre et à acquérir.

Le voile comme l’abaya ne sont pas des vêtements mais des symboles. Ils sont utilisés par les islamistes pour faire peser un contrôle social fort sur les femmes, dans les quartiers notamment. Ils sont les marqueurs de l’imprégnation islamiste dans un territoire. D’ailleurs essayez donc de porter le voile trois jours pour l’enlever le lendemain, le remettre deux jours après, l’enlever ensuite… Vous verrez tout de suite la différence entre un marqueur politico-religieux et un accessoire de mode ! Un vêtement n’envoie aucun message, un signe identitaire ou religieux, si.

  • 8ème argument : « mon corps, mon choix »

Cet argument est particulièrement choquant car il reprend un slogan féministe en faveur du droit à l’avortement pour en faire un manifeste islamiste en faveur de signes sexistes.

Or faire du port du voile ou de l’abaya une liberté, est une forfaiture. On n’est pas libre quand on est conditionnée depuis toute petite à voir en la femme voilée, la femme respectable. Pour qu’un choix soit libre, il faut qu’il y ait équivalence morale entre les deux options. Si je dois choisir entre études de littérature ou études scientifiques, aucun choix n’est marqué moralement. En revanche, il n’y a pas véritablement choix quand une option est valorisante et l’autre infamante. Si se voiler ou porter l’abaya, c’est être vu par sa communauté comme une bonne musulmane, une femme respectable et une femme qui ne trahit pas ses origines et que ne pas être voilée ou complétement couverte, c’est se comporter comme une pute, faire « sa Française » en reniant ses racines et insulter sa religion, alors on voit bien que le choix n’est pas réel ; et que ce que l’on appelle ici liberté est un consentement à sa propre oppression.

  • 9ème argument : « C’est la police du vêtement »

Il existe une police du vêtement, mais c’est justement dans l’Etat islamique, dans les pays du golfe ou en Iran par exemple qu’on peut la rencontrer. Et justement, elle est chargée de veiller à faire respecter la conformité des tenues au dogme islamique.

En revanche, en Occident aucun policier ne se balade dans les rues avec un mètre de couture et des ciseaux pour raccourcir les jupes et accentuer les décolletés des filles pas assez provocantes. Aucun n’arrête les femmes dans la rue pour les obliger à troquer leurs baskets pour des talons de 12 cm. Là où l’islamisme règne, on peut mourir pour une tenue islamique mal portée, être défiguré par un jet d’acide, être réellement violenté…

  • 10ème argument : le voile et l’abaya ne sont pas plus oppressants pour les femmes que les talons aiguilles et les mini jupes, c’est le même patriarcat à la manœuvre

Ah ! le patriarcat, c’est devenu le nouveau Grand Satan. Sauf que là on atteint des sommets dans le foutage de gueule. Au nom des inégalités qui existent encore (notamment en matière salariale), on nous explique que la situation des femmes est équivalente en occident et dans un pays musulman. Or c’est faux. La condition des femmes n’est pas la même là où l’égalité en droit est la base de la société et là où la femme est infériorisée ou réduite à l’état d’éternelle mineure. Et cela se voit.

  • 11ème argument : « Il y a des choses plus importantes », « c’est une diversion pour ne pas parler des vrais problèmes »

Si la restauration de l’autorité est un des problèmes de l’école, demander le respect de la laïcité est une bonne base pour restaurer la qualité du système scolaire.

Mais surtout on est ici au cœur du problème. La tentative d’instaurer le port de l’abaya à l’école n’est pas une initiative individuelle d’élèves un peu exaltés. Elle est liée à une offensive idéologique dont on observe les ravages sur les enseignements et qui font peser des menaces sur les professeurs. L’assassinat de Samuel Paty est parti d’une fatwa lancée contre lui sur un réseau islamiste et qui a trouvé un exécutant.

Autre point : l’aspect concerté et politique de la provocation liée aux abayas raconte quelque chose du travail de radicalisation réalisé sur une population ciblée et identifiée. C’est pour contester l’école et marquer le rejet de la France et de ses lois que ces tenues fleurissent. Cette logique alimente une grande partie des tensions à l’école : le refus de certains enseignements en histoire ou en sciences, les revendications du hallal à la cantine pour imposer les interdits alimentaires communautaristes par exemple… L’objectif est ici clairement séparatiste, à l’heure où justement les enfants sont censés faire l’apprentissage de la socialisation et apprendre et comprendre les fondamentaux de leur civilisation.

  • 12ème argument : cela va empêcher l’intégration des jeunes filles musulmanes

L’argument est amusant s’agissant d’une tenue liée à un travail de radicalisation politique bâti sur le refus d’accepter justement l’intégration, au nom de la religion ! Refus qui se traduit par des revendications sexistes, par la contestation de notre égalité, le refus de nos libertés, la tentative de toujours opposer le dogme contre la loi.

  • 13ème argument : les jeunes filles musulmanes vont se sentir rejetées et cela va affecter leur réussite

L’interdiction du voile à l’école est corrélée avec une « amélioration spectaculaire, massive et durable » des performances des filles musulmanes à partir de 1994, date de la circulaire Bayrou. Rien de tel ne s’observe pour le groupe non musulman, ni sur le groupe des garçons musulmans. C’est ce que révèle une étude d’Eric Maurin, 3 leçons sur l’école républicaine, au Seuil. Le fait d’être libérées d’un conflit de loyauté a permis aux filles musulmanes de trouver toute leur place à l’école, et de s’y épanouir.

  • 14ème argument : Cette interdiction va nourrir l’extrémisme de droite

Toute opposition à l’offensive islamiste serait donc d’extrême-droite ? Beau cadeau que la gauche fait à cette mouvance qu’elle dit détester mais dont elle est en train de devenir le meilleur agent électoral.

En fait, c’est tout l’inverse. Une étude a par exemple démontré que quand la justice est vue comme efficace, les partisans de la peine de mort baissent drastiquement. Dans le cas de l’offensive islamiste, c’est la même chose. Quand les politiques font leur travail et protègent la société – ici c’est en interdisant l’imposition de signes sexistes à l’école – les électeurs ont moins tendance à exprimer un vote protestataire et à voter pour les extrêmes.

  • 15ème argument : L’interdiction de l’abaya serait, selon Clémentine Autain, « symptomatique du rejet des musulmans »

Donc s’opposer à un signe sexiste et misogyne reviendrait à rejeter tous les musulmans ? Mais, en même temps, l’abaya ne serait pas un vêtement religieux ? On s’y perd… Est-ce à dire qu’une partie de la gauche soutient l’infériorisation de la femme et sa représentation comme impure contre la logique d’émancipation qu’elle est censée porter ? La gauche serait-elle plus réactionnaire que l’extrême-droite qu’elle ne cesse de dénoncer ?

Une partie de la gauche perd son honneur en choisissant de se faire les « idiots utiles » des islamistes. Mais pour l’instant cela rapporte électoralement à la LFI, alors tant pis pour l’émancipation, pour l’égalité des femmes, pour les droits des homosexuels. Pour cette gauche-là, on l’a bien compris, l’intérêt électoral passe avant l’intérêt général.

Trois Leçons sur l'école républicaine

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Kamasutra scolaire

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Image d'illustration Unsplash

Assis, debout ou à genoux: dans l’école flexible dont rêve Emmanuel Macron, c’est comme on le sent. La fin de l’universel, en somme, et une philosophie de l’apprentissage en contradiction totale avec le souhait présidentiel de rétablir l’autorité, analyse cette contribution.


Le président Macron profite de cette fin d’été pour accorder une interview au journal Le Point. Les propos sur la politique intérieure et extérieure mériteraient sans doute notre attention. Mais ce sont les quelques pages consacrées à l’éducation qui nous interpellent plus encore, notamment car l’école devrait constituer un des leviers principaux pour instaurer de nouveau une forme d’autorité, de discipline et de civilité. Mais paradoxe (contradiction?), le président affirme : « Quand il n’y a plus de cadre, plus d’éducation, plus de rapport à l’autorité qui vous ramène à une forme de raison, vous arrivez [au désœuvrement de la jeunesse et à “l’ensauvagement de la société”] », et il propose en même temps avec le plus grand sérieux du monde de tester “l’école flexible”. Ce qui signifie ici que l’élève peut choisir sa position : debout, assis ou à genoux. Vivent les scolioses intellectuelles! Cela pourrait paraître anecdotique, ce petit kamasutra scolaire; mais faute d’un propos bien consistant sur l’école, analysons cette miette de proposition qui, en réalité, en dit long sur la vision que le chef de l’Etat a de l’école.

Assis, debout ou à genoux: c’est “comme tu le sens”. La fin de l’universel

Premier point : nous quittons l’universel en miniature que devrait constituer toute classe pour se réfugier dans l’océan des particularismes. Chacun a bien le droit de se tenir comme il le souhaite en classe. C’est donc le triomphe de l’individualisme et du désir particulier sur le bien commun. Car personne ne conçoit que, pour le bien de la totalité que constitue cette entité à part entière qu’est la classe, il serait mieux que tout le monde soit assis, tourné ensemble dans la même direction, vers un but commun (et non pas, par pitié, en îlots comme le veulent encore quelques pédagos qui ne semblent pas comprendre que tout temps passé ainsi ne sert qu’à bavarder, désœuvré, ou à se regarder, ennuyé, en chien de faïence).

Assis, debout ou à genoux: le bien-être, pas l’instruction

Accordons nous déjà sur le fait que, si on autorise la position à genoux, il n’y a qu’un coude avant de se vautrer par terre. On se souvient de la scène du Péril jeune de Klapisch où le professeur de maths un peu laxiste force les élèves à s’allonger pour se détendre avant l’interrogation. (“Nous ne commencerons pas l’interrogation tant que tout le monde ne sera pas détendu!”) Les résultats sont probants : Tomasi et Chabert s’endorment – les joints aidant – quand Léon et Christine, couchés tout près l’un de l’autre, se jettent de timides regards emplis de désir. Le sommeil, l’avachissement et l’attirance sexuelle seraient-ils immédiatement propices à une instruction efficace ? A l’inverse, assis, pas trop avachis si possible, on conserve une position un peu moins confortable mais qui, par ce même fait, nous permet d’aiguiser au maximum notre attention. Le confort, l’aisance à outrance, le bien-être complet ne permettent pas l’apprentissage, ils l’empêchent au contraire. Si un minimum de confort est exigé, il ne doit jamais aller jusqu’au tiède amollissement qui endort. Voilà pourquoi les chaises en bois ont du bon.

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Assis, debout ou à genoux: la fin de l’écriture

La seule position idoine pour écrire, c’est d’être assis. Si écrire debout semble encore concevable, tout le reste est à proscrire. Mais peut-être est-ce là le problème : la pédagogie actuelle juge l’écriture démodée et préfère l’oral (écouter vaguement et parler la langue que nous entendons quotidiennement). Peut-être faut-il remonter à la commission Rouchette (1963-1966) pour voir ce mépris grandissant pour la langue écrite et ce tournant vers les “compétences orales” que les actuels INSPE obligent les professeurs à faire travailler, au détriment d’une connaissance précise de l’orthographe, de la grammaire et du style écrit. À l’INSPE, l’an dernier, j’ai ainsi appris qu’il vaut mieux un exposé oral où l’apprenant improvise très médiocrement à partir de trois mots clefs qu’un excellent exposé lu à l’oral mais où l’élève se serait un peu trop appuyé sur ses excellentes notes écrites. Étrange inversion. Pourtant, écouter distraitement et parler (mal) au lieu d’écrire, c’est sans doute le triomphe de la passivité sur l’activité, de l’éparpillement sur la concentration, de la facilité qui dégoûte sur la difficulté qui stimule. Car il est plus complexe de mettre correctement en forme ses pensées à l’écrit tandis que la médiocrité passe plus facilement inaperçue à l’oral, ce pour quoi elle est précisément prisée. Et rappelons une évidence : écrire, prendre des notes est une activité qui suppose des capacités de concentration, de compréhension, de synthèse voire d’interrogation et de critique et permet la mémorisation.

Assis, debout ou à genoux: discipline et autorité

Si, prenant un peu de hauteur, on cherche à saisir un “enjeu majeur” dégagé par le président au cours de cette longue interview, il s’agirait de restaurer l’autorité, celle de l’État, celle des professeurs et du savoir. Mais l’autorité, c’est-à-dire la capacité à commander légitimement, suppose d’emblée une forme de discipline chez chacun afin de ne pas y rester imperméable. Par la discipline tout enfant se prépare à obéir à une règle de conduite imposée, à l’intérioriser puis à en comprendre le bien fondé. La clé de la discipline ? L’éducation des parents bien sûr. Et si l’école doit prendre la suite, c’est encore grâce à la position assise. Ainsi Kant, au tout début de son Traité de pédagogie insiste sur ce point :

« La discipline empêche l’homme de se laisser détourner de sa destination, de l’humanité, par ses penchants brutaux. (…)La discipline soumet l’homme aux lois de l’humanité et commence à lui faire sentir la contrainte des lois. (…) On envoie d’abord les enfants à l’école, non pour qu’ils y apprennent quelque chose, mais pour qu’ils s’y accoutument à rester tranquillement assis et à observer ponctuellement ce qu’on leur ordonne, afin que dans la salle ils sachent tirer à l’instant bon parti de toutes les idées qui leur viendront. »

S’habituer à obéir, à rester assis, ne pas changer de position dès qu’on le désire, faire l’apprentissage du délai, de l’attente, de la frustration peut-être, apprendre le calme et la discipline, tout cela constitue la condition de notre sensibilité future à l’autorité et à sa légitimité. Mais, à l’école, une telle discipline reste encore insuffisante et il reste à savoir de quelle autorité nous parlons. Car elle peut tout aussi bien désigner tel professeur qui jouit d’une grande autorité au sens où son savoir et ses cours le rendent admirable et respecté, qu’une autorité qui impose arbitrairement son commandement et exige la soumission. L’école n’admet finalement que la première et, si la discipline est d’abord exigée, c’est pour permettre l’éveil de l’intelligence. L’élève est-il assis, je m’adresse à un esprit, est-il à genoux, je m’adresse à un esclave. Cette communauté des esprits, cette République des intelligences, on ne l’obtient que face à une classe, face à des élèves assis mais dont on fait s’élever l’intelligence.

Assez critiqué. Remercions Emmanuel Macron qui va réinstaurer en juin (nous l’espérons) les épreuves du baccalauréat qui étaient, pour la majeure partie, placées en mars et qui tentera ainsi la “reconquête” de la fin de l’année scolaire. Visiblement il tentera aussi de conquérir le mois d’août, entreprise sans doute plus contestable, puisque le temps du professeur est aussi celui du loisir qui permet son perfectionnement intellectuel. Enfin, une dernière question : qui peut vraiment croire que M. Macron a préparé l’ENS et l’ENA en restant à genoux ?

École: éducation à la sexualité ou au genre?

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Douai, septembre 2021 © FRANCOIS GREUEZ/SIPA

Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé une grande réforme de l’éducation à la sexualité pour l’année 2023-2024. S’agira-t-il de généraliser un programme axé sur le bon sens et la prévention des dangers pour les jeunes (grossesse non désirée, maladies, agressions…) ou d’imposer les folies de la théorie du genre?


Fin juin, avant son départ en tant que ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye a annoncé « un plan national ambitieux » de formation d’intervenants préposés à l’enseignement de l’éducation à la sexualité. En mars, trois associations, SOS Homophobie, Sidaction et le Planning familial, ont porté plainte contre l’État, car ce dernier ne respecte que de manière très inégale l’obligation d’assurer un minimum de trois séances annuelles, au premier et au second degrés, consacrées à l’éducation à la sexualité.

Certes, jusqu’ici, il y avait un manque de clarté : qui est-ce qui précisément devait assurer ces séances ? Quel devait en être le contenu ?

Anguille sous roche ?

Le nouveau « plan ambitieux », qui doit être finalisé en novembre, est censé donc dissiper cette incertitude et établira un programme précis. Parmi les objectifs fixés : encourager l’égalité filles-garçons et sensibiliser les enfants à la notion de consentement dans les relations sexuelles. Tant mieux ! Mais un autre objectif vise « la lutte contre toutes les formes de discrimination liées à l’identité de genre ou l’orientation sexuelle réelle ou supposée ».

C’est ici qu’il pourrait y avoir anguille sous roche, et il faudra que les parents et les citoyens en général soient vigilants. Car, pour lutter contre les discriminations concernant l’identité de genre, il faut familiariser les enfants avec cette notion qui, sous la forme promue par les idéologues, n’est jamais simple. Selon la doxa en cours, il y a quatre éléments à prendre en compte pour définir chaque individu :

  • Le sexe biologique (qui représente peu de chose aux yeux des idéologues) ;
  • L’orientation sexuelle (l’attraction et les pratiques sexuelles) ;
  • L’identité de genre (comment on se sent dans son for intérieur) ;
  • L’expression de genre (comment on se comporte et se présente : vêtements, maquillage, gestuelle…). Elle peut être différente de l’identité.

En particulier, cette distinction entre identité et expression de genre peut laisser perplexe un adulte ; imaginons la confusion dans la tête d’un préadolescent ou d’un jeune ado.

A lire aussi, du même auteur: Enquête sur le lobby trans: l’argent n’a pas de sexe

Les documents et les ressources pédagogiques du ministère de l’Éducation sont déjà infectés par ce vocabulaire et ces concepts. On peut craindre que le nouveau programme officialise et impose une fois pour toutes ces notions déroutantes.

D’autant que les lobbyistes, militants et associations qui promeuvent l’idéologie du genre exercent une pression constante sur les autorités publiques dans tous les pays occidentaux, pression visant trois buts : mettre la notion de genre au centre de l’éducation sexuelle, sexualiser les enfants en parlant du sexe, imposer l’éducation sexuelle le plus tôt dans la vie. Nous savons que les effets de cette pression se font déjà ressentir. En septembre 2021, le Bulletin officiel a publié des lignes directrices enjoignant aux enseignants de respecter le questionnement des enfants concernant leur genre et même, à l’occasion, de respecter leur transidentité.

Franc Tireur surveille les parents vigilants

En mars, Causeur a publié un dossier rassemblant des témoignages sur ce qui se passait dans certaines écoles, témoignages recueillis par « Parents Vigilants », une initiative lancée par le parti d’Éric Zemmour, « Reconquête ! ». Prenons deux exemples. Un garçon de cinq ans a dit à sa mère : « Tu sais maman, un garçon peut devenir une fille, et une fille un garçon ». Une infirmière a annoncé à une classe de CM1 que les garçons pouvaient porter des robes s’ils voulaient. Ce sont peut-être des anomalies, mais le nouveau programme que prépare le ministère va-t-il les supprimer une fois pour toutes ou les transformer en la norme universelle ? La semaine dernière, l’hebdomadaire centriste, Franc-Tireur, a proclamé sur sa une, à côté d’un portrait d’Éric Zemmour, « École : panique puritaine ». La double page consacrée à cette affaire accuse « Parents vigilants » de s’immiscer « dans la vie scolaire partout en France » afin de faire « régner intimidations et menaces ». À l’appui de cette charge, le journal macroniste cite des exemples concernant, non pas « Parents vigilants », mais Civitas, une organisation que tout le monde peut d’emblée condamner.


Tout l’argumentaire de l’article est fondé ainsi sur la mauvaise foi. Selon la feuille centriste, qui bien sûr n’a pas daigné faire référence au dossier de Causeur, Zemmour et « Reconquête ! » agiraient « sous prétexte de lutter contre une fantasmagorique propagande LGBT ». Pourtant, il existe une différence évidente entre l’acceptation sociale de l’homosexualité, qui fait partie intégrante des valeurs démocratiques modernes, et l’initiation à l’idéologie du genre qui inquiète beaucoup de parents – et pour cause, puisqu’elle encourage un certain nombre d’enfants à se mettre sur la voie de la transition de genre !

A lire aussi, Laurence David: Et une fois les abayas remisées au placard, Monsieur Attal?

Don’t say « gay »

Le refus de cette distinction transparait dans quelques paragraphes accordés par Franc-Tireur à la Loi sur les droits parentaux en matière d’éducation promulguée l’année dernière par le gouverneur de l’Etat de Floride, Ron DeSantis. Réduisant la loi au surnom qui lui a été collé par les idéologues du genre, « Don’t say « gay » » (ne prononcez pas le mot « gay »), l’auteur (Paloma Clément-Picos) essaie de lancer son propre mouvement de panique à propos d’une prétendue menace d’extrême droite qui sévirait simultanément des deux côtés de l’Atlantique. Pourtant, la loi de DeSantis ne vise pas spécifiquement l’homosexualité mais interdit toute discussion en classe de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle (même hétéro), depuis la maternelle jusqu’à l’âge de huit ans.

On pourrait choisir d’ignorer cette diatribe, mais Franc-Tireur est un baromètre assez fidèle de l’esprit « en même temps ». L’indulgence qu’on y trouve envers les extrémistes du genre est assez caractéristique de l’attitude générale des pouvoirs en place, qui semblent ignorer les leçons à tirer de l’expérience américaine et britannique. D’ici novembre, il faudra rester tous très vigilants quant à ce que le ministère va produire !

La fabrique de l’enfant transgenre

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2027: Nicolas Sarkozy ne votera pas David Lisnard

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David Lisnard et Nicolas Sarkozy à Cannes, 2016 © BEBERT BRUNO/SIPA

Cela dit, il semble que pour David Lisnard, Nicolas Sarkozy n’est plus un sujet…


Rien n’est jamais innocent dans les propos de Nicolas Sarkozy. Questionné par Pascal Praud, sur Europe 1, l’ancien président a mentionné quatre personnalités talentueuses et plausibles pour 2027 : Gérald Darmanin, son préféré, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez et Edouard Philippe. Ce dernier, dans un sondage récent, est largement en tête, en tout cas dans le camp macroniste. Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas cité David Lisnard, le maire de Cannes, qui va se représenter à la présidence de l’AMF et qui, à l’évidence, depuis quelques mois, sur le plan des idées, du projet et de l’organisation de son mouvement, paraît ne plus se désintéresser de l’échéance de 2027 ? D’abord, il me semble que pour David Lisnard, Nicolas Sarkozy n’est plus un sujet. Il ne le critique pas, il ne le loue pas: son attitude est d’indifférence. Je suis persuadé que ce n’est pas le meilleur moyen de mobiliser Nicolas Sarkozy à votre égard !

David Lisnard contre les petits hommes gris

Ensuite, David Lisnard ne participe pas aux jeux d’appareil – en tout cas, pas encore, mais je doute qu’il s’y livre même un jour – et ce n’est pas lui qui, comme Eric Ciotti, se mettra ostentatoirement au service d’un autre candidat, en l’occurrence Laurent Wauquiez. Que Nicolas Sarkozy préfère Gérald Darmanin qui n’est plus chez LR n’émouvra pas davantage David Lisnard ! Par ailleurs, il y a dans la démarche de David Lisnard une manière de penser et de faire qui ne relève pas des processus traditionnels de conquête. Maire de Cannes, s’appuyant sur son action exemplaire et largement plébiscitée, président, avec pugnacité et courtoisie, de l’AMF, structurant son microparti Nouvelle énergie, il avance pas à pas, sans affirmer prématurément une ambition présidentielle. Il est clair que cette stratégie, même en fuyant les éclats, les provocations et les promesses inconsidérées, n’a de sens que portée par une finalité qui trouvera son issue en 2027.

Probablement y a-t-il dans cette rectitude discrète, cette constance dans son adhésion aux Républicains sans la moindre équivoque ni tentation clientéliste, un comportement qui déplaît à Nicolas Sarkozy dont les sinuosités – caractérisées notamment par un abandon de son camp quand ce dernier a eu besoin de lui – tranchent avec la clarté de David Lisnard ?

A lire aussi : Le huis clos de Saint-Denis, fausse concorde nationale

Sur un autre plan qui est capital, David Lisnard appartient à une catégorie politique, dans laquelle se trouve également Bruno Retailleau, qui mêle intimement et profondément la réflexion sur la politique et le pouvoir et le pragmatisme face au réel. Il y a chez le maire de Cannes une tentation d’être un intellectuel au regard de l’ensemble des problématiques qui concernent, entravent ou bouleversent la France et le monde, heureusement compensée par une efficacité et des résultats démontrant qu’il ne se paie pas de mots. Il suffit pour s’en convaincre de lire le remarquable entretien qu’il a donné à Valeurs actuelles, avec notamment ce double constat : « Nous sommes en déclassement depuis cinquante ans et en chute libre depuis dix ans » et « Il nous faut en finir avec le régime des technocrates de même qu’il fallait en finir avec le régime des partis en 1958 ». Ceux que Pascal Praud nomme « les petits hommes gris ».

À quand le pas décisif?

Que Nicolas Sarkozy n’ait pas fait allusion à David Lisnard pour la joute finale de 2027 est d’autant plus une aberration, voire une injustice que, contrairement à ce que croient certains, on ne pourra pas départager les concurrents pour 2027 au sein de LR sans une véritable et authentique primaire. À la supposer restreinte aux certitudes d’aujourd’hui, elle aurait cependant de l’allure entre Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et David Lisnard. On ne peut plus se permettre à droite la multiplication de choix erratiques quoique validés: Ciotti à la place de Retailleau, Valérie Pécresse dont la campagne a démontré la faiblesse dans l’argumentation et l’oralité. Il sera d’autant plus fondamental de favoriser un débat partisan de grande qualité que du côté des transfuges d’hier nous avons virtuellement en lice Édouard Philippe, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire. Avec la consolation que probablement la gauche et l’extrême gauche ne seront pas de la partie au second tour et la certitude que Marine Le Pen y sera avec – je le maintiens – une nouvelle et dernière déconfiture.

A lire aussi : Darmanin, le petit Nicolas (édition poche)

J’ai parfois jugé que David Lisnard était tellement précautionneux, scrupuleux, nuancé et complexe qu’il me donnait l’impression d’hésiter face à l’échéance fondamentale de 2027: celle à partir de laquelle on pourra espérer un vrai changement par rapport à ce que David Lisnard avait si lucidement qualifié, dans « Bilger les soumet à la question » (vidéo ci dessous), de « théâtralité narcissique » à propos d’Emmanuel Macron. Dans sa tête, je suis convaincu qu’il a déjà fait le pas supplémentaire et décisif qui convenait. Oublié par Nicolas Sarkozy, ce ne sera pas grave, si demain, avec ses concurrents LR, il n’est pas oublié par le peuple français…

Le Mur des cons

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La France en miettes

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Le huis clos de Saint-Denis, fausse concorde nationale

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Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, le 31 août 2023 sur France info, a estimé que le dîner de Saint-Denis « pourrait bien marquer l’histoire » politique de la France... Image: capture France info.

Ce n’est qu’au petit matin fatigués que les chefs de parti conviés par le président Macron à Saint-Denis ont pu sortir, retrouver du réseau mobile (des brouilleurs téléphoniques ayant été installés pour empêcher que la discussion ne soit diffusée à l’extérieur) et rentrer chez eux. Lors des échanges, Éric Ciotti de LR et Jordan Bardella pour le RN ont à nouveau proposé un référendum sur l’immigration, auquel l’exécutif est défavorable.


Le huis clos de douze heures s’est terminé hier jeudi à 3 heures du matin. Les rencontres de Saint-Denis, menées par Emmanuel Macron, pourraient « marquer l’histoire politique », a estimé Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement : la Macronie n’a jamais eu peur des mots, ni des mascarades liées à la perpétuation de la politique-spectacle.

Mise en scène

L’« initiative politique d’ampleur », promise par le chef de l’État pour la fin août, aura surtout été l’occasion pour le président de se replacer au centre du débat politique, dans une mise en scène d’union nationale. Reste l’image symbolique d’une classe politique physiquement claquemurée dans un entre soi qui l’isole le plus souvent du monde réel et de la vie des gens ordinaires. Comme l’explique le sociologue Michel Maffesoli dans son nouvel essai (1) « (…) la doxa du pouvoir politique et économique n’est plus en phase avec les aspirations populaires, avec l’imaginaire populaire, avec la puissance populaire. Il n’y a donc plus d’accord entre les élites et le monde tel qu’il est. Ils sont repliés sur eux-mêmes, avant tout attentifs à préserver leur pouvoir, perclus d’une arrogance folle qui les rend aveugles au monde tel qu’il est ». Le curieux projet, défendu par Véran, d’instituer un « préférendum », procédure qui simulerait un dialogue avec les citoyens, illustre la réticence des macroniens à se confronter à l’avis des Français oubliés.

A lire aussi, Aurélien Marq: Darmanin, le petit Nicolas (édition poche)

Une insincérité entache l’initiative présidentielle. Si Macron plaide pour la « concorde » et le « rassemblement », dans une dramatisation dont il a le secret, il définit parallèlement le périmètre de l’ « arc républicain » en y excluant le RN et l’extrême gauche. Certes, les partis représentés à l’Assemblée ont tous accepté, raisonnablement, de jouer néanmoins le jeu du dialogue. Mais les déceptions risquent d’être grandes, dans cet état d’esprit présidentiel d’exclusion idéologique.

Faire nation

D’autant que, sur l’immigration, le président s’est déjà engagé sur une poursuite du processus qu’il dit en même temps vouloir « réduire ». C’est lui qui a signé le Pacte de Marrakech qui fait l’éloge de la société ouverte et diversitaire. Dans le Figaro Magazine du 4 août, Macron assure faussement : « Nous avons toujours été un pays d’immigration et nous continuerons de l’être ». Sa « politique de peuplement » sera poursuivie par la « répartition des difficultés », c’est-à-dire par l’installation des migrants sur l’ensemble du territoire national.

Comment le président peut-il prétendre « faire nation », ce nouveau cliché masquant le délitement de la France, tout en poursuivant sa politique du déni d’une crise existentielle, civilisationnelle, et tout en louant la souveraineté européenne ? Dans ce huis-clos de Saint-Denis, proche du gisant de Charles Martel abrité dans la basilique des rois de France, la France silencieuse a été priée de rester à la porte. C’est elle qu’il faut entendre.


(1) Le Grand Orient, Les lumières sont éteintes, Editions Guy Trédaniel

Kleinfontein, une enclave sud-africaine blanche dans la tourmente

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L'enclave Afrikaner de Kleinfontein, située à 20 minutes de Pretoria, en Afrique du Sud, photographiée en 2013 © Denis Farrell/AP/SIPA

Dernière enclave afrikaner à refuser la fin du régime sud-africain de ségrégation raciale, Klenfontein est désormais menacée d’être incorporée à la métropole de Tshwane (Pretoria) en raison de profondes divisions au sein de son comité de direction. 


Lorsque le régime de ségrégation raciale prend fin en Afrique du Sud en 1994, certaines familles Afrikaners décident de se réunir en coopérative, achetant collectivement des hectares de terres afin de s’y établir et préserver ainsi leur mode de vie traditionnel. Plusieurs villes vont alors surgir de terre et s’ériger en pseudo-républiques indépendantes sans que le nouveau pouvoir n’entende remettre en question ces incongruités administratives. Kleinfontein est une de ces villes parmi tant d’autres et ne fait pas exception à la règle. Située à l’est de Pretoria, elle s’est rapidement développée et compte aujourd’hui plus de 1500 habitants qui vivent comme « au bon vieux temps ». 

Au premier regard, rien ne la distingue des autres bourgades. Si ce n’est que ses résidents sont tous des Afrikaners pur jus, descendants des premiers Européens qui ont colonisé cette partie de l’Afrique australe. Condition sine qua non pour résider dans ce volkstaat dont l’accès est protégé par un imposant portail gardé par des hommes armés. Ici, vous ne trouverez pas un seul Africain cohabitant avec les blancs.  Au centre de la ville, des statues du président Paul Kruger et du Premier ministre Hendrik Verwoerd accueillent les habitants. Deux héros du panthéon afrikaner symbolisant à la fois la résistance et la tragédie d’un peuple chahuté par les affres de l’histoire. Le lieu de Kleinfontein n’a pas été d’ailleurs choisi au hasard par ses membres fondateurs, puisque c’est sur cet emplacement que s’est déroulée une importante bataille entre Anglais et Afrikaners lors de la guerre Anglo-boer, en juin 1900. C’est aussi là que le général Manie Maritz a orchestré sa rébellion contre le gouvernement sud-africain en 1914. Tout est dans la symbolique dans cette république hors du temps.

A lire aussi : Seins nus contre abayas

La ville est gérée par Jan Groenewald depuis trois décennies. C’est un boer au pedigree politique éloquent. Ancien adhérent du Herstigte Nasionale Party (Parti National réunifié) et de l’Afrikaner Weerstands Beweging (Mouvement de résistance afrikaner), deux partis d’extrême-droite indissociables de la vie politique sud-africaine, c’est un partisan acharné du régime d’Apartheid. Il a même fini par fonder son propre mouvement radical qui a su trouver son public dans une terre largement acquise au conservatisme blanc. « Kleinfontein a été fondée avec de bonnes intentions ; un endroit où principalement des retraités pourraient vivre ensemble en sécurité et en harmonie. Elle met l’accent sur la culture et le christianisme afrikaner, où les résidents peuvent célébrer comme profiter de leur foi et de la tradition afrikaner », reconnaît un habitant de la ville, Paul McMenamin, interrogé par le média en ligne Ground Up. Mais ce qui ressemble de loin à un havre de paix pour nostalgiques du développement séparé et adeptes du tout sécuritaire, est désormais menacé par une partie de ses habitants qui ne se retrouvent plus dans la gestion de Kleinfontein. 

Les membres de la Kleinfontein Residence Association (KRA) ont porté plainte contre la direction de l’entreprise Kleinfontein Aandeleblok (Pty) Ltd qui gère les services de la ville, dénonçant de potentielles malversations financières. Dans des documents de 2022, transmis au tribunal compétent, l’entreprise s’est défendue en affirmant que l’association tentait de « saboter » le système mis en place et démentait les allégations portées contre elles. Des accusations qui ont contraint plusieurs habitants à cesser de payer leurs cotisations (prélèvements et redevances pour services) à l’entreprise, comme l’affirme Ground Up. Pis, le volkstaat n’étant pas reconnu comme entité administrative autonome, les nouveaux habitants qui ont fait construire de somptueuses maisons, auraient découvert qu’ils n’étaient pas réellement propriétaires de leurs biens et qu’ils ne pouvaient donc pas les revendre le cas échéant. « Kleinontein a été développé sur des terres agricoles et il n’y a jamais eu de demande réelle d’officialisation de la colonie. Il s’agit donc pratiquement d’une colonie illégale » admet Paul McMenamin. « Je suis un agriculteur et un homme d’affaires à la retraite. Je n’ai pas reçu de titre de propriété et cela m’a beaucoup affecté. Je fais partie de ceux qui ont initié ce procès et nous voulons vraiment que cet endroit soit enfin officialisé » ajoute Henk Celliers, âgé de 73 ans, autre résident. 

A lire aussi : Le drapeau de l’apartheid interdit en Afrique du Sud

Cité comme second défendeur dans cette affaire, la métropole de Tshwane admet que le dossier est difficile. Sa porte-parole, Lindela Mashigo, a déclaré qu’actuellement, la ville ne fournit à Kleinfontein aucun service de base, comme l’électricité, la collecte des ordures, l’eau du robinet ou le traitement des eaux usées et qu’elle est de facto totalement autonome. « La communauté de Kleinfontein est installée sur des terres privées », explique Mme Mashigo qui reconnaît toutefois que « les propriétaires ont la responsabilité d’aménager ou d’officialiser le terrain conformément aux règlements d’aménagement du territoire ». Dans des documents judiciaires transmis aux avocats, la société qui gère le volkstaat a déclaré qu’elle « s’était lancée dans une campagne déterminée afin de formaliser la municipalité de Kleinfontein, finaliser les procédures incomplètes, obtenir toutes les approbations nécessaires, se conformer à toutes les exigences légales et autres, et que des progrès significatifs avaient été réalisés à cet égard ». Même « si elle n’y est pas obligée aux termes de son acte constitutif, rappelle-t-elle. Dont acte ! 

Mais en cas d’échec, la métropole de Tshwane pourrait arguer de l’illégalité des ventes et des constructions, forçant ainsi le volkstaat à intégrer son propre giron administratif, et mettre fin aux rêves des derniers tenants de l’Apartheid.

Madagascar: « Une opposition irresponsable désinforme à l’approche de l’élection présidentielle »

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Andry Rajoelina au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial. Paris, le 23 juin 2023. © AP Photo/Lewis Joly, Pool)/PAR114/23174270679780/POOL PHOTO/2306230935.

A l’approche des élections à Madagascar, prévues le 9 novembre 2023, la directrice de cabinet du président malgache, Lova Hasinirina Ranomaro, dénonce le comportement déloyal de l’opposition, qu’elle accuse de propager de la désinformation pour perturber l’élection à venir.


Cette semaine encore, plusieurs médias ont prêté écho à une fausse convocation d’Andry Rajoelina, président de la République de Madagascar, devant la Tribunal de Première Instance, sur la base d’un document qui aurait donc fuité en toute illégalité. Cette méthode et la date de la convocation, dernier jour de dépôt des dossiers pour se porter candidat à l’élection présidentielle, devait inciter à la prudence. Les campagnes de désinformation sont malheureusement monnaie courante à Madagascar, notamment sur les réseaux sociaux, débridés, où faux comptes et vraies infox menées depuis l’étranger, tentent de pousser le pays à la division. Peine perdue.

La procureure de la République de Madagascar Rakotoniaina Narindra, a rétabli la vérité et démenti lors d’une déclaration officielle qu’un tel document ait été émis. Elle a rappelé l’absence de base légale pour qu’une telle convocation voie le jour. Encore une fois, l’opposition malgache, à court d’arguments, tente d’instrumentaliser par tous les moyens le non sujet de la double nationalité du président Andry Rajoelina – débat pourtant tranché par un arrêt de la Haute Cour Constitutionnelle de la République de Madagascar le 22 août.

A lire aussi : L’opposition sud-africaine en rangs serrés face à l’ANC

Pourtant de nombreux juristes ont déjà étudié la question : ce document n’a aucune valeur juridique. Sans décret du gouvernement autorisant la perte de nationalité, le président, comme des dizaines de milliers de concitoyens, peuvent porter la double (voire la triple) nationalité.

Que cette polémique ait pris, depuis son origine médiatique étrangère suspecte, cette portée politique auprès d’une opposition désarmée sinon disqualifiée, envers et contre tous les éléments juridiques à disposition des citoyens, n’est en rien étranger à l’échéance électorale à venir. Si le président ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat à sa réélection, ces attaques sont le signe d’une manœuvre stérile pour éviter d’avoir à l’affronter, une démarche lâche et peureuse. La faiblesse de ces gesticulations rappelle ce mot de Coluche : « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison. »

Il y a quelques semaines, Siteny Randrianasoloniaiko, candidat à l’élection mais surtout président du Comité olympique de Madagascar, surenchérissait en expliquant qu’il n’y avait que 2% de chances pour que les Jeux des Îles se tiennent. L’événement se déroule pourtant comme prévu, avec une clôture festive ce dimanche 3 septembre.

A lire aussi : La fausse sprinteuse qui a humilié la Somalie

Pendant que le président élu et en exercice court le pays, sans chercher à se pavaner sous les lumières des Jeux organisés dans son pays, pour inaugurer là un guichet unique permettant à la population d’une ville de province de traiter plus simplement et à proximité leurs démarches administratives quotidiennes, ailleurs des centres de santé attendus depuis des décennies, il semble que la désinformation et les polémiques qui circulent sur les réseaux sociaux soient la première, et seule, arme à disposition d’une opposition atomisée, sans chef, sans relais populaires, sans ambitions et unie seulement dans son incapacité à donner sens à une alternative politique.

Face à cela, je côtoie au quotidien un président serein, concentré, avec nos équipes, tant à la Présidence qu’au Gouvernement. Le déroulement des Jeux des Îles fait l’objet d’une grande implication depuis des mois et leur réussite est d’ailleurs saluée par les délégations et les athlètes.

Le prix du livre, pas si unique

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D.R.

La crise covid nous a permis d’apprendre que le livre est un « produit de première nécessité ». Et pour aider nos libraires de quartier à faire face aux crocs d’Amazon, les députés ont voté la loi Darcos censée encadrer le coût des frais de port. Mais ont-ils bien lu le texte ?


En 2020, le premier quinquennat Macron affrontait sa deuxième crise majeure après les gilets jaunes. Le pays se retrouvait sous la coupe d’un virus incontrôlable. Masques introuvables obligatoires, couvre-feu comme à la belle époque, contrôles aux frontières renforcés, une école supprimée puis rétablie (à demi-jauge !), vaccinations bureaucratiquement inorganisées, on multiplia les mesures.

En France, il ne faut surtout pas contrarier la rue Sébastien-Bottin

Une péripétie avait indigné. Cataloguées commerces non-essentiels, les librairies avaient dû rester closes. De quoi, non essentielles ? Au pays de Montaigne et de Victor Hugo, le petit commerce de la Culture pas mieux considéré qu’un salon de coiffure ou qu’une auto-école ? Déjà qu’on fermait les bars…

Même si un tiers de nos concitoyens lit moins de cinq livres par an (en comptant les ouvrages pratiques, les collections Harlequin et les ouvrages de Guillaume Musso), l’affaire fut considérée comme une gaffe.

Notre régime présidentiel comporte une particularité : le président y est devenu responsable de tout, à commencer de chaque couac. Emmanuel Macron fut désigné comme un obscurantiste mal intentionné, ennemi patenté de la Culture et suppôt néo-libéral du commerce en ligne. Il en fut contrarié. En politique élevé aux valeurs de la bourgeoisie lettrée, il savait qu’il ne faut jamais désespérer la rue Sébastien-Bottin.

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En juin 2021 sonna la fin de la pénitence. Les vacances arrivaient et la prochaine élection présidentielle approchait. Il s’agissait désormais d’organiser la bonne humeur généralisée et de lever les mesures démoralisatrices. On rouvrit les librairies, et l’on rameuta les troupes. Il fallait faire un geste en faveur des libraires, assorti d’une médiatisation maximale. Justement, leur syndicat avait pondu un rapport mal ficelé censé dénoncer un scandale : celui des frais d’envoi des livres en France. Pour expédier les ouvrages commandés par quelques milliers de leurs clients allergiques au e-commerce et incapables de se déplacer jusqu’à leurs boutiques, les librairies traditionnelles devaient avancer des frais élevés (répercutés parfois aux destinataires), alors que, de son côté, le fourbe Amazon les offrait à ses consommateurs. (Plus exactement, afin de contourner la loi Lang, il les facturait 0,01 euros !) Une concurrence estimée inéquitable.

Les libraires de quartier condamnés à la ruine ?

En réalité, le sujet était restreint. L’immense majorité des livres achetés en librairie sont emportés, ou commandés et récupérés, sur place. Il existait sans doute d’autres priorités pour la France. Mais pour regagner des opinions positives sur la rive droite comme sur la rive gauche, une pièce devait se jouer. Dans le rôle de la victime : le pauvre libraire de quartier condamné à la ruine. Dans celui du grand méchant loup : comme toujours, Amazon.

Il n’aurait pas été si compliqué de faire pression sur la Poste pour faire réduire ces fameux frais. Ceux-ci sont déjà très faibles pour les livres et revues expédiés à l’étranger. Mais c’eut été trop simple. Pour faire le show, rien ne vaut une loi. En moins de trois mois, on en torcha une, baptisée loi Darcos, qui fut adoptée à l’unanimité par l’assemblée, toutes tendances confondues. Les médias, tout aussi emballés applaudirent à leur tour. Et le syndicat des libraires se félicita avec lyrisme d’une immense victoire. Aujourd’hui, après avoir franchi les objections de Bruxelles, la loi va être mise en application. Rima Abdul Malak et M. Le Maire, ministres obéissants, l’ont annoncé en grande pompe. Les frais de port passent officiellement à trois euros minimum à compter d’octobre prochain. Ce tarif ne concernera que les livraisons inférieures à 35 euros. 

Il y a fort à parier qu’au moment du vote, nos représentants n’ont pas vraiment regardé le contenu d’un texte à visée prioritairement démagogique, rédigé à la va-vite et aux implications absurdes… Car cette loi est truffée de biais.

Un. La victime de la nouvelle loi, c’est d’abord le consommateur. 3,50 euros de supplément pour l’achat d’un Balzac en livre de poche à 6,60, c’est une sacrée augmentation. Tant pis pour la promotion de la lecture.

A lire ensuite, Martin Pimentel: Sandra Bullock devra-t-elle rendre son Oscar?

Deux. Outre les livres numériques en constante progression, la mesure exclut de son champ d’application les livres d’occasion. Voici qui encourage des ventes sur lesquelles les auteurs ne touchent rien mais qui se soucie des auteurs ?

Trois. Amazon, s’il le désire, saura adapter ses pratiques. Exemple : la réduction du montant de ces fameux frais pour tout achat de panier groupé avec d’autres articles. Résultat : une loi inopérante.

Quatre. Le e-commerce est international. Les sites des pays frontaliers où passer commande de ses livres – pour continuer à se les faire livrer gratuitement – ne manquent pas.

Cinq. L’avantage réel pour les libraires sera faible. Il s’agit pour beaucoup d’une activité marginale. Et les autres trouvent que trois euros, c’est insuffisant…

Une loi-gag

Ne plaignons cependant pas trop la librairie traditionnelle. Elle a, et c’est heureux, les reins plus solides qu’on ne le laisse croire. Après une vague de banqueroutes, le secteur avait su s’adapter aux nouvelles donnes du marché. Même en 2020, en dépit de plusieurs mois de fermeture, et toujours selon leur propre syndicat, leur volume moyen d’activité annuel n’avait baissé que de 3,3% pour se raffermir les années suivantes. Et rappelons que le Centre national du Livre distribue généreusement des aides à la filière.

Ironiquement, le grand gagnant de cette loi-gag, c’est… Amazon ! Pour le choix, la livraison, la praticité, les consommateurs ont déjà plébiscité le géant de l’e-commerce. Les jeux sont faits. Ses coûts de livraison sont depuis longtemps intégrés dans son modèle économique, et voici qu’on lui offre un cadeau non demandé de trois euros par envoi. Et, avec le seuil de 35 euros, les consommateurs sont incités à augmenter le montant de leurs achats. Belle promo.

Touche finale : la voix pateline du président France d’Amazon qui se pose en défenseur des lecteurs et déplore que la loi Darcos se révèle inflationniste. Fortifié par les réticences à la loi exprimées par les institutions européennes, il tente maintenant d’en obtenir l’annulation auprès du Conseil d’État.

On le comprend.

LA VILLE DES ÂNES. Roman.

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#Je suis à Bahia 🌴

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Il n’est désormais plus question de parler d’islamo-gauchisme au sujet de LFI. Ils sont, au cœur des institutions, les infiltrés soumis et zélés des islamistes, allant jusqu’à jouer les VRP dociles de l’industrie textile des barbus…


À quelques heures d’une rentrée scolaire placée sous le signe de l’inflation galopante et donc, plus que jamais, de l’inégalité des chances, ces gauchistes “d’extrême-droite” tricotent des abayas à l’atelier Mélenchon. Alors que des gamines en Iran, subissent encore les foudres de la répression, ils osent l’innommable et devront un jour rendre des comptes et leurs bons de commande.

Avant que ces histoires de chiffon finissent mal, c’est inéluctable, il faut dans l’immédiat trouver un moyen pacifique pour combattre le forcing sectaire de l’islamisme. Si le manque d’humour et de dérision, ne parlons même pas d’auto-dérision (faut pas déconner), est la marque d’usine de cette fabrique à clones, éclairons les ténèbres avec un rayon de lumière tropicale. J’oppose donc dans l’urgence, le hashtag #je suis à Bahia à l’étau d’abayas qui va pendant des semaines nous presser le cortex.

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Des cheveux sur la langue. Ce n’est pas banal l’obsession des musulmans pour les cheveux de la femme. Prenez deux garçons hétéros, placez-les sur un banc public devant une foule de piétons. Quelles que soient leur couleur, leur nationalité, leur religion, l’islam mis à part, devant le passage d’une jolie fille le dialogue sera peu ou prou le même. “Pow, pow, pow, vise un peu le c.., putain les n…”. Ça ne fait pas un Prix Nobel à Oslo mais c’est relativement sain et universel. Vu l’attraction des muslims pour le casque des femmes, on peut imaginer le verbatim de leur conversation dans la même situation. “Pow, pow, pow, vise un peu les cheveux gras à bâbord. Je lui ferai bien un shampoing!” “Moi je préfére les cheveux secs, avec la pointe qui fourche. Je sors ma paire… de ciseaux et je lui fais un balayage.” “Et l’autre là-bas, je vais lui faire la frange avant l’after!” “C’est quoi l’after?” “Un après-shampoing!”… Bref, de la racine à la pointe du cheveu, si l’on ne se destine pas à bosser dans un salon de coiffure à la coupe, à la couleur ou au shampoing, il y a quand même une incompréhension devant la voracité des musulmans à couper les cheveux en quatre.

En rire avant d’en pleurer. Bahia donc. Même si elle reste imaginaire, il y a en matière de sensualité et d’esthétisme, pire comme destination. La paillote Mélenchon, par exemple. Panot aux fourneaux, Rousseau au micro, Obono au vestiaire, Bompard au comptoir, Tondelier aux platines, Faure à la plonge, et les barbus pour relever les compteurs. Vous je ne sais pas, mais moi ça me fait peur. Alors direction la plage de Corumbao, pour déguster un Bobo de Camarao, crevettes, purée de manioc et lait de coco, à l’ombre d’un manguier, un bouquin de Jorge Amado dans la main gauche, un verre de caïpirinha dans la droite, une mélodie de Gilberto Gil aéroportée par l’alizée, avant de sombrer dans le sommeil accompagné par le chant des baleines à bosse.

Bref, face à l’archaïsme sectaire des Fréristes et de leurs cousins en place, le hashtag #je suis à Bahia pourrait porter une première banderille à leur funeste entreprise ! À considérer, ce qui est mon cas, que le ridicule tue.

«Tous les Français se sentent représentés par l’équipe de France de rugby»

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Matthieu Jalibert lors de France / Asutralie, Stade de France, 27 août 2023 © Just Pictures/Sipa USA/SIPA

Une semaine avant le coup d’envoi de la Coupe du Monde de rugby, entretien avec le journaliste Philippe David.


Causeur. En France, depuis 2020, on constate un engouement grandissant pour le rugby. Pourquoi ? Faut-il uniquement l’attribuer au fait que la Coupe du Monde se déroule chez nous ?

Phillipe David. C’est multifactoriel. D’abord, l’équipe de France a vécu dix années de vaches maigres, la décennie 2010-2020 : de sa défaite en finale de 2011 face à la Nouvelle-Zélande jusqu’à l’arrivée d’une génération géniale, à l’image d’Antoine Dupont (élu meilleur joueur du monde 2021), et de Fabien Galthié aux manettes. Cette période était vraiment la pire de nos 60 dernières années. On a fait un grand chelem[1] en 68, en 77, un autre en 81, puis en 87… Bref, on a eu un grand chelem à chaque décennie, et patatras, 12 ans sans gagner le moindre tournoi, mais un grand chelem en 2022 pour enfin regagner quelque chose. Aujourd’hui, on a une belle équipe, qui nous fait rêver, et qui joue la Coupe du monde chez elle !

Philippe David D.R.

Une partie du public dit ne plus se reconnaître dans l’équipe de France de football, n’y a-t-il pas une explication plus « sociologique » (peut-être, parce que le football est gangrené par le fric ou l’esprit banlieusard) ?

Je vais être un peu chauvin, j’ai des origines dans le sud-ouest, et, en France, le rugby a clairement un côté « terroir ». À part les deux clubs de Paris (le Racing 92 et le Stade français), tous les autres clubs viennent du sud de la Loire ! Dans le football, de Lille à Toulouse, de Strasbourg à Brest, les clubs de ligue 1 sont mieux répartis sur le territoire national. Mais, paradoxalement, tous les Français se sentent représentés par l’équipe de France de rugby. Surtout, c’est la mentalité propre au rugby qui fait toute la différence. Quand Neymar se fait effleurer dans la surface de réparation, et se tord de douleur, on prépare une civière et on appelle un croque-mort ! Quand un joueur de rugby lambda se prend 140 kg dans le buffet (eh oui, ça fait partie de son quotidien), il se relève au bout de quelques secondes.

Et en quoi la passion des fans de rugby est-elle différente de celle des fans de foot ?

J’ai vu des centaines de matchs de foot, et des dizaines de matchs de rugby au stade. Ce n’est pas la même mentalité. Ce que j’aime, c’est que même pour une rencontre choc, au rugby, où il y a des supporters de clubs ultra-rivaux, il n’y a pas un CRS, et les supporters peuvent boire un coup ensemble avant et après le match. Lors d’un PSG-OM, on a 1000 CRS, 300 gardes mobiles, des barrières anti-émeutes, etc. Disons les choses : pour la fête, le rugby vaut vachement mieux que le foot.

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Quel est votre pronostic pour la France lors de cette Coupe du monde ?

Dans les 20 sélections, il y a quatre équipes au-dessus du lot. Deux de l’hémisphère nord, l’Irlande et la France, et deux de l’hémisphère sud, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. La France a la chance énorme de jouer à domicile. Pas uniquement pour une question d’ambiance. En 87, en finale de Coupe du monde, en 1987, on aurait dû obtenir un essai de pénalité en première mi-temps contre les All Blacks pour une mêlée effondrée plusieurs fois, mais on ne l’a pas eu, car on jouait chez eux ; en 95, lors de la demi-finale, on s’est fait voler parce que l’Afrique du Sud, étant à la maison, devait gagner ; en 2011, rebelote, on s’est fait voler notre finale face aux All Blacks, en Nouvelle-Zélande. Au pire, pour nous, aujourd’hui l’arbitrage sera équilibré. Le rugby est un sport d’Anglo-Saxon fait par et pour les Anglo-Saxons, c’est son défaut. Alors, imaginer un non Anglo-Saxons gagner une finale – la France en somme -, c’est comme un cheveu sur la soupe… Notre réel point fort, en plus d’avoir un des meilleurs joueurs du monde, c’est qu’on a une vraie équipe, un formidable collectif : quand un joueur perd la balle, deux viennent la récupérer. On a des stars, mais la vraie star c’est notre équipe. Chacun joue pour l’équipe, et ça n’a pas de prix. Pas d’ego, tout pour le maillot. Nous avons tous été peinés pour la blessure de Romain Ntamack, le demi-d’ouverture de l’équipe qui ne participera pas à la compétition. Mais j’ai vu Matthieu Jalibert, son remplaçant, répondre présent, contre l’Australie le 27 août. Et en plus, derrière il y a encore du niveau… En fait, après une telle décennie de vaches maigres, je ne pensais pas qu’on aurait le droit à une génération aussi forte. La preuve, sur les dernières années, la France a gagné les quatre Coupes d’Europe, notamment avec un club qui n’en avait jamais gagné une, et qui était encore en Pro D2 en 2014, le Stade rochelais. En quart de finale, on prendra les Irlandais ou l’Afrique du Sud. Si on passe ces quarts, la finale est à nous.

Quel est le dispositif chez SudRadio pour couvrir le mondial ?

On a un dispositif énorme, avec d’excellents consultants : Alexandre Priam, François Trillo. Daniel Herrero et son bandeau mythique qu’on ne présente plus, Éric Bonneval, Yoann Huget, Julien Tomas, et l’ancien ouvreur All Black, Andrew Mehrtens… Bref, on a un dispositif d’enfer et on va se régaler… Rendez-vous le 28 octobre pour la victoire !

Vous l’avez dit : le rugby a longtemps été un sport associé au Sud-Ouest. Est-ce moins le cas aujourd’hui ? Les fédérations nationale et mondiale sont-elles parvenues à intéresser les Français à ce sport ? 

Oui. Ce qu’il faut retenir, c’est que le rugby est un sport national au même titre que le foot. Il y a aujourd’hui par exemple un très bon club de rugby qui s’appelle… Vannes ! Le rugby est en train de se répandre sur le territoire. Mais les terres historiques sont tellement ancrées dans le sud-ouest, que c’est dur de faire sa place. Vannes a quand même failli monter en top 14 ! Dans les prochaines semaines, je pense que notre pays pourrait revivre le syndrome 98. On en parle peu pour l’instant, mais si cette équipe de France se met à gagner, et joue aussi bien qu’elle est capable de le faire, il y aura un engouement général.

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À l’inverse du rugby, où, à vous entendre, tous les espoirs semblent promis à la France, on peut déplorer notre maigre bilan au Mondial d’athlétisme à Budapest (seulement une médaille pour nos athlètes). À moins d’un an des Jeux olympiques… Amélie Oudéa-Castéra devrait-elle s’inquiéter ?

Il faut s’inquiéter, c’est notre plus mauvaise performance depuis les premiers championnats du monde d’athlétisme en 87 où on était carrément revenus la besace vide… Comment expliquer que la France soit aussi mauvaise dans ce sport ? La Jamaïque, moins de 3 millions d’habitants, a ramené 12 médailles et nous une seule – heureusement gagnée par notre relais 4×400 masculin le dernier soir. L’athlétisme est pourtant avec la gymnastique et la natation le plus gros pourvoyeur de médailles olympiques. À moins d’un an, il y a franchement urgence… « Ce n’est pas comme si on était les États-Unis ou la Jamaïque » minimise la ministre de façon peu convaincante.

Si on met l’affaire Mohammed Aouas de côté, le rugby semble être moins touché par les scandales que le foot. Les histoires du « baiser volé » du président de la fédération espagnole de foot ou des comptes de l’Olympique lyonnais l’illustrent encore ! Quel regard portez-vous sur l’affaire du bisou qui émeut tant nos voisins espagnols ?

Rubiales s’est comporté de manière totalement inadéquate. Il doit selon moi quitter la tête de la Fédération espagnole. Enfin : on n’embrasse pas devant des millions de téléspectateurs sur la bouche, de manière non consentie, une joueuse quand on est président de fédération ! Imaginez qu’elle ait un compagnon. Celui-ci peut pourrait penser qu’elle le trompe avec son président de fédération et passerait pour le cocu de service aux yeux de la planète entière ! Il faut que Rubiales fasse ses valises, et s’il ne les fait pas tout seul, à la FIFA et à l’UEFA de faire en sorte qu’il parte.

Philippe David anime les Vraies Voix de 17h à 19h, avec Cécile de Ménibus, sur SudRadio (Paris 99.9 FM)


[1] Un Grand Chelem de rugby à XV se produit lorsqu’une équipe gagne tous ses matchs lors d’un Tournoi des Six Nations ou d’une tournée contre des nations britannique et irlandaise.