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Aurélien Taché opposé à la pénalisation d’une violence sexuelle pour protéger la liberté des femmes

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Dans un entretien accordé à Renaud Février pour le magazine l’Obs, Aurélien Taché, député de la 10e circonscription du Val d’Oise a déclaré être opposé au projet du gouvernement d’interdire les certificats de virginité. Le motif ? Cela risquerait de « réduire la liberté des femmes ».


Ce n’est qu’un bout de papier…

Interdire le test de virginité qui est, selon Aurélien Taché, « une pratique qui paraît archaïque au XXIème siècle » rendrait des parents bien plus « stricts » avec leurs filles qui risquent d’être privées de sortie. Il ajoute que les médecins qui délivrent ces certificats ne sont motivés par rien d’autre que la protection de leurs patientes et qu’ils ne devraient pas être pénalisés, car ils ne les auscultent pas et se contentent d’apposer le label « Vierge » sur du papier.

Un certificat de virginité ne serait donc qu’un « bout de papier » comme l’a avancé Omar Slaouti, enseignant et militant indigéniste également opposé au projet de loi porté par la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa. Ça ne vous rappelle rien ?

« Un bout de tissu » en réponse à la critique de l’instrument d’apartheid sexuel qu’est le hijab, « un bout de papier » quand il s’agit d’empêcher la condamnation ferme d’une pratique qualifiée d’acte de torture et de violence sexuelle par plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, pratique qui n’a pas de valeur scientifique… Aucun euphémisme ne nous est épargné.

Le chantage à l’exil

Si c’est bien dans le cadre de la lutte contre les séparatismes que le gouvernement a évoqué son intention d’interdire les certificats de virginité, il s’est bien gardé de désigner cette pratique comme spécifique à l’islam. Mais Aurélien Taché n’est pas dupe, ce sont bien des « femmes des minorités religieuses ou ethniques qui sont prises pour cibles, évidemment ». D’ailleurs, si le gouvernement venait à pénaliser les médecins qui délivreraient ces certificats ou les familles qui les exigent de leurs filles, Aurélien Taché prévient que cela aggraverait la situation. « Les parents (…) risquent de quitter la France ou d’envoyer leurs filles à l’étranger » alerte-t-il.

A voir sur REACnROLL: Lévy / Taché: Débat entre une réac’ et un multi-culti’

L’exil pour ce « bout de papier » ? C’est ce même chantage qui avait été exercé à l’occasion du vote de la loi de 2004 relative à la neutralité des signes religieux – dont le « bout de tissu » fait partie – pour les élèves de l’école publique. L’histoire se répète et il n’en sera toujours rien.

Qui peut croire que l’on quitterait le pays ou que l’on enverrait sa fille à l’étranger juste parce qu’une pratique barbare comme l’examen de l’hymen deviendrait interdite en France ?

Il suffit de deux billets low cost A/R en direction du Maroc ou de l’Algérie pour qu’un parent fasse ausculter sa fille chez n’importe quel médecin. Ni vu ni connu.

On peut toutefois choisir d’aller dans le sens du député du Val d’Oise en prenant en compte le risque de fuite à l’étranger, bien que délirant, comme une éventualité. Cela ne constitue toujours pas un motif valable pour reculer sur la pénalisation du test de virginité, bien au contraire ! Tout féministe sincère bataillerait dans ce cas là pour, qu’à l’instar de l’excision, la pratique du test de virginité soit pénalisée qu’elle soit pratiquée en France ou à l’étranger par « des praticiens agréés ou clandestinement » car ces filles et ces jeunes femmes sont françaises et le restent même hors de leur pays qui se doit de les protéger où qu’elles se trouvent.

L’épouvantail du nationalisme

La stratégie du gouvernement ne serait qu’un « coup médiatique » masquant un « fémi-nationalisme » d’état (sic) : « Un féminisme qui instrumentalise les droits des femmes à des fins nationalistes et identitaires. C’est une tendance de fond, qui vient de la droite nationaliste », d’après Aurélien Taché.

A lire aussi: La manifestation désolante des Femen à Orsay

En réalité, c’est un concept inventé par les indigénistes et décoloniaux pour nourrir un syndrome de persécution chez les femmes appartenant aux minorités qu’ils ciblent dans le but de provoquer chez elles un sentiment de rejet de l’idée que l’on se fait du féminisme en France, le féminisme universaliste. Comme stratégie de résistance, on proposera à ces femmes le « particularisme culturel », vivre en vase clos selon les us et coutumes de leurs pays d’origine, parachevant ainsi le processus de leur soustraction à la nation. « La droite nationaliste » ne peut pas rêver mieux.

La lutte par l’immobilisme et le déni: mode d’emploi

Mais que faire alors pour lutter contre une pratique aussi rétrograde envers « les femmes des minorités religieuses ou ethniques » lorsque l’on est député de la République qui se veut féministe, anti-raciste et résolument anti-« fémi-nationaliste » ?

« Aider ces jeunes femmes à s’émanciper des traditions de leurs familles en mettant des moyens pour un accès à une éducation de qualité, à la culture, aux transports » car « le premier séparatisme en France est social », asserte Aurélien Taché.

En pratique, il s’agira d’une part de donner aux jeunes filles une instruction à l’école, de proposer des sorties scolaires et de permettre des excursions entre amis, le tout sans condamner des pratiques barbares sous peine de « stigmatiser » l’idéologie qui en est à l’origine et de risquer une déscolarisation des filles par leurs parents. D’autre part, il s’agira de laisser ces mêmes jeunes filles baigner dans une éducation à la maison qui valorise la réduction des femmes à une poche de sang et qui les prépare dès le plus jeune âge à l’épreuve de feu: s’infliger l’humiliation d’une visite médicale pour demander à un soignant de les déclarer « halal » aux yeux de leur famille en leur délivrant une certification AVS comme pour le bétail, afin qu’elles soient enfin bonnes à consommer.

Aurélien Taché se gardera de mentionner l’éducation des garçons et des jeunes hommes dans son entretien. Les émanciper, eux, « des traditions de leurs familles » n’est pas au menu. Mais qui est l’autre bénéficiaire direct du certificat de femme halal si ce n’est le futur époux ?

Le prix à payer pour ne pas être privée de sortie

Laisser à des jeunes filles la charge de concilier autant de contradictions sans possibilité d’intervention du législateur pour qu’elles puissent être protégées de la violence sexuelle et psychologique que constitue le processus de délivrance d’un certificat de virginité, pour que leur soit épargné ce conflit de loyauté duquel elles ne peuvent s’extirper qu’en ayant l’impression de trahir leurs parents ou de renoncer à la dignité à laquelle elles ont droit systématiquement en tant que françaises… La charge est bien trop grande pour les épaules des filles de la nation. Le prix est bien trop cher payé pour le confort des politiques lâches, ceux pour qui le droit des femmes à la dignité et aux libertés sexuelles et reproductives sont une sous-cause.

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C’est aux médecins d’aller plus loin dans leur « désir de protéger leurs patientes », en se rappelant du serment d’Hippocrate qu’ils ont prêté et qui les engage à respecter « la dignité » de leur patiente et de ne pas laisser « des considérations de croyance ou d’origine ethnique s’interposer » entre leur devoir de respecter cette dignité et leur patiente.

C’est aux parents de se plier inconditionnellement à la devise républicaine qui veut que toutes les filles naissent, grandissent et vivent libres et égales aux garçons en droits. C’est à eux qu’il incombe de rompre avec la chimère qui voudrait que la chasteté de leurs filles soit une garantie de l’honneur de la famille et c’est à eux d’éduquer leur fils aussi dans ce sens.

Et enfin, c’est aux députés, comme Aurélien Taché de légiférer afin que ni les premiers ni les seconds ne puissent faciliter ou imposer les tests de virginité ou toute autre pratique sexiste aux jeunes filles ni aux jeunes femmes françaises, quel que soit le nombre des concernées.

Silence coupable

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Exclusif: les pistes programmatiques d’Eric Piolle pour 2022

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Petit guide à l’usage des écolos et autres progressistes de tous poils qui ne se satisferaient pas de l’interdiction du coupage de sapins à Noël, de l’abrogation des rodéos en delphinarium à dos d’orque, ou de la mixité de la bise lors de la remise du maillot de meilleur grimpeur sur le Tour de France.


On n’est plus sûr de rien, m’a dit l’autre jour mon voisin Maurice à la campagne. C’est pas faux. Il est même plutôt vrai qu’au regard des idées ou des obligations qu’on nous impose jour après jour, il n’est pas totalement ridicule de se poser la question, «mais où va-t-on» ? Et même plus précisément, «jusqu’où osera-t-on nous emmener » ?

On croyait avoir touché le fond de la crétinerie lors de la dernière attaque nocturne d’une crémerie par un « gang vegan » ; tutoyé les hautes sphères de la bêtise avec la pose de panneaux de signalisation en langage inclusif ; atteint les sommets de la connerie en découvrant que 40% des déchets triés étaient en fait brûlés ou enfouis. On s’était frotté les yeux devant l’opportunisme de certaines échoppes de grande distribution obligeant désormais leurs clients à acheter des sacs en toile de jute « pour respecter la planète », après avoir été les plus gros contributeurs de sa pollution.

La « convention citoyenne sur le climat » – dont le collège « représentatif » de votants a été constitué en acceptant les refus (ce qui n’est donc pas un gage de neutralité) – a déjà proposé la suppression des moteurs thermiques et de certaines publicités. Voici, rangées par thématiques, les quelques réformes que nous proposons à notre tour aux hommes politiques en mal de projets en matière de « sanctuarisation et respect du vivant » ou de « disparition de la gabegie productiviste ».

Pollution: baisser les feux

Il est urgent de réduire les émissions de particules. Nous conseillons donc aux prochains gouuvernants d’interdire totalement toutes les flambées en cheminée ouvertes ou fermées. Comme d’ailleurs les barbecues au charbon l’été. Les utilisateurs du feu de bois pour le chauffage par insert seront priés de faire installer des conduits à bouts filtre ou de se débrouiller pour s’acheter des pompes à chaleur fabriquées à 90% en Chine.

Voyages, mort aux TGV 

On le sait assez peu, mais un TGV ça pollue. Au moins autant qu’un avion de ligne. Pour rouler à 320 km/h en reliant Paris à Marseille une motrice dévore pas moins de 16 Mégawatts en un peu plus de deux heures. Bon, le même trajet un Boeing bouffe 6000 litres de kérosène… mais enfin multiplié par le nombre de TGV qui roulent par jour cela fait de la SNCF un des plus gros consommateurs d’électricité. Donc un des plus gros fabricants de déchets issus de la fission des atomes d’uranium qu’on devra un jour enfouir en sous-sol. Il est donc urgent de supprimer le TGV et de revenir à la charrette à bras ou au pousse-pousse.

Animaux, lâchons les chevaux

Le chômage enfin promis à ces négriers de dompteurs de tigres ne suffit pas. Envoyons aussi les écuyères aux Assedic. Il est totalement anormal qu’au XXIème siècle, cette catégorie de femmes –  souvent habillées court et, portant bas couture –  puisse faire encore le tour des pistes de cirques, perchées debout sur le dos de pauvres bêtes. Canassons élevés – et donc  asservis –  par des familles souvent issues de l’immigration italienne, habitant en roulotte en période de tournée et donc exonérées de taxe d’habitation et ne payant pas d’abonnement EDF.

Libérons aussi les otaries. Cela fait trop longtemps que ces pauvres mammifères marins pinnipèdes applaudissent des deux nageoires à chaque fois qu’ils parviennent à faire tourner un ballon sur leur nez. Et ceci pour trois fois rien. Activité rémunérée la plus souvent a coup de  poignées de maquereaux. Poissons dont la fraîcheur n’est jamais vérifiée par la DGCCRF.

Libérons enfin les hamsters, dont le seul exercice consiste à courir en cage dans une roue en plastique (ou branchons enfin ces rouleaux inutiles à une dynamo afin que les efforts de ces rongeurs ne restent pas vains). Enfin célébrons le travail remarquable de l’ALS association  pour la libération des souris. Ces pauvres bêtes restant  encore trop souvent attachées aux ordinateurs.

Énergies renouvelables, gaz à effet de cerfs 

À l’heure où les centrales au méthane fleurissent un peu partout en France – généreusement subventionnées à grands coups de millions par l’État – au point que les producteurs de maïs consacrent désormais une part non négligeable de leurs plantations à la culture d’épis dédiée à la fermentation, il n’est pas normal que la production de méthane ne soit règlementée qu’à la campagne. On punit déjà le bruit en ville. Bannissons aussi les mauvaises odeurs émises par l’homme ou récupérons-les, quelle que soit leur provenance, pour les transformer elles aussi en énergie. Inventeurs à vos croquis.

Appellations: gare à la ségrégation

On s’était déjà félicité quand la très respectable NASA avait pris la louable initiative de débaptiser la « Nébuleuse de l’Esquimau » et la « Galaxie des Jumeaux Siamois », reconnaissant que ces appellations pouvaient être offensantes pour les Inuits, les populations portant des capuches fourrées ou les membres d’une même famille nés trop proches. Eskimo étant comme chacun sait, largement considéré comme un terme colonial, imposé aux peuples autochtones des régions arctiques.

Cette belle initiative doit être prolongée. Nous proposons donc de rebaptiser également certains  établissements comme l’hôtel Negresco à Cannes, bien trop racisant. On pensera à féminiser Noisy-le-Grand et à atténuer un peu Bourg-la-Reine par évident respect. Pour les grandes marques, Oncle Ben sera rebaptisé « riz du frère de mon père Benjamin ».

Racisme, halte aux pensées sombres   

Ça fait aussi trop longtemps qu’on autorise les déprimés à penser de manière négative. Une grande campagne de positivisme ambiant devra donc être lancée, appuyée comme il se doit par une distribution générale d’antidépresseurs. Cette politique aura pour principale vertu de stopper net la pratique excluante et raciste consistant à broyer du noir.

Télévision: assez de rediffusions 

Flipper le dauphin sera interdit d’antenne, au même titre que l’Ile aux Enfants mettant en scène un dinosaure orange en captivité, ainsi que Skipy le kangourou, Poly le poney ou Belle et Sébastien. Une version revisitée de l’Ile fantastique sera mise à l’étude. Son scénario bannira le personnage de petite taille connu sous le nom de Tatoo le nain. Au pire on lui paiera des échasses.

Sports et loisirs

Enfin on supprimera évidemment les courses de lévriers et celles de chevaux. Et on interdira le trot attelé et surtout assis, sans oublier les manèges de chevaux de bois.

On bannira la chasse, sauf celle à courre avec robots animaliers. Les sangliers, qui pullulent déjà, pourront enfin devenir des animaux de compagnie. On interdira aussi le miel, depuis trop longtemps volé aux abeilles.

Il restera un tour de France exclusivement mixte.

Quand on aura redressé tous ces torts, combattu toutes ces injustices et libéré toutes ces minorités asservies, alors seulement la vie sera enfin plus belle.

Plus de tigres à Fort Boyard, Félindra bientôt au chômage

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La pasteurisation de la société française continue, les tigres du jeu télévisé Fort Boyard ne seront bientôt plus en cage. Et vous ? La productrice qui a validé la décision préfère enfermer ou affamer les humains, sans que cela ne choque plus personne.


Felindra devrait bientôt allonger la liste des inscrits à Pôle Emploi sur Fouras (Charente-Maritime). Pour tous ceux qui ont eu dix ans au tournant des années 90 et dont l’enfance a été bercée par le jeu télévisé « Fort Boyard », c’est une information qui serre le cœur.

Anticipant la probable interdiction à venir des animaux sauvages dans les cirques itinérants, la production de l’émission a décidé de se séparer de ses félins. C’est le Parisien qui nous apprenait la nouvelle la semaine passée. Le départ sera toutefois progressif. Le tigre Kali, 15 ans, part à la retraite et ne sera pas remplacé. Restent deux derniers fauves dans la salle au trésor. Mais pour combien de temps? Les tigres étaient-ils maltraités? Pas que l’on sache. Ont-ils démérité à surveiller les précieuses pièces d’or? Non plus.

Hugo Clément mauvais joueur

La décision de retirer progressivement les tigres du programme estival semble faire consensus. Tout le monde s’accorde pour dire que Félindra n’avait qu’à pas se lancer dans une carrière d’esclavagiste d’animaux mignons.

Cette décision intervient dans un contexte de montée en puissance de la prise de conscience de la souffrance animale. Alors que les éditorialistes glosent à n’en plus finir sur l’ensauvagement de la société des hommes, cette empathie pour les animaux grandit. C’est plutôt une bonne nouvelle, mais Olivier Minne ne pourra plus clamer son légendaire “Felindra, tête de tigre !” Cette cancel culture écolo mêlée de protection animale aura eu la tête de la dompteuse.

A lire ensuite, Olivier Minne: Hollywood confidential

À l’origine de ce petit scandale télévisuel, nous retrouvons Hugo Clément, l’impayable justicier écolo, ex-ami de Yann Barthès et compagnon d’une de nos Miss France. L’animateur d’émissions engagées avait menacé cet été: tant que les tigres seraient présents, il ne retournerait plus relever les défis du Fort. Sitôt rentré à Paris, il met sa menace à exécution en lançant un vibrant appel sur les réseaux sociaux. “Très engagé pour la cause”, le journaliste demande à ALP [Adventure Line Productions, la boite qui produit le jeu NDLR] d’”évoluer sur la question des animaux”, précise le Parisien.

Alexia Laroche-Joubert dans le sens du vent

Appel entendu par la productrice Alexia Laroche-Joubert. L’ex-dirlo de la Star Ac’ (surtout connue du grand public pour se trémousser sottement sur le plateau de Nikos Aliagas) est la patronne de Adventure Line Productions. Elle a déclaré : « nous sommes très soucieux et attentifs au bien être de nos tigres. » Même si les tigres nous manqueront, la protection animale est une noble cause. Mais dans cette affaire, Alexia Laroche-Joubert ne se donne-t-elle pas le beau rôle? Soucieuse et attentive du bien être des tigres? On aimerait qu’elle ait toujours un tel souci éthique. Prendre soin de nos amis les bêtes est bel et bon, mais en est-il toujours de même pour les candidats de ses émissions?

Alexia Laroche-Joubert Photo: DR

Adventure Line Productions produit par exemple Koh Lanta (déclinaison du jeu “Survivor”), où les animaux ne sont pas maltraités, mais où le chacun pour soi est glorifié, et où tous les moyens sont bons pour gagner. C’est simple, c’est la loi de la jungle. Ce programme controversé laisse crever de faim des Occidentaux sur une île, alors que la famine – la vraie – n’est pourtant pas éradiquée dans le monde… Il y est conseillé de comploter contre son prochain, encouragé en ce sens par la voix agaçante de Denis Brogniard, et on y repousse sans cesse les limites physiques. Pour l’image, rien n’est trop beau pour obtenir plus de sueurs, et plus de risques de la part des candidats. Un candidat était mort noyé en 2013 d’une crise cardiaque. Cette année, un candidat est décédé des suites d’un cancer quelque temps après une blessure sur le tournage. Dans la presse et sur les réseaux sociaux, la production en fait des caisses et “capitalise” sur cet évènement tragique. Même si c’est avec l’accord de la famille, ce mélange de divertissement et de mort, c’est un peu comme si nous étions revenus à l’époque des jeux de la Rome antique.

La télé s’ensauvage depuis deux décennies

On ne va pas accabler les producteurs de téléralité. Mais est-on sûr que leurs émissions n’y sont vraiment pour rien dans la déchéance de notre Loana nationale, ou dans le suicide de François-Xavier du Loft? Quand dix personnes perdent la vie en hélicoptère sur le tournage de Dropped (oui, c’est toujours Adventure Line Productions), le jeu s’arrête. Les appareils auraient-ils pris des risques inconsidérés pour obtenir les images les plus spectaculaires ?

Alexia Laroche-Joubert avait fait entrer le loup dans la bergerie en important en France le concept de télé-réalité Big Brother en 2001. Avec un autre “fils de” – Benjamin Castaldi -, elle avait lancé Loft Story sur M6. Malgré les protestations, nombreuses à l’époque, il était devenu normal d’enfermer une dizaine de personnes pour les filmer, les regarder se chercher des poux sur la tête ou s’ébattre dans une piscine. Bascule civilisationnelle majeure ! Même si des psychologues étaient là pour parer à toute dérive, nous rassurait-on alors.

Nous décidons aujourd’hui que les tigres seront bientôt protégés des terribles dresseurs de cirque. En d’autres temps, nous aurions tout aussi bien pu légiférer pour protéger la jeunesse ou la société de spectacles voyeuristes et de jeux aux règles perverses. On peut ne pas aimer la télé-réalité, on ne va pas interdire le mauvais goût à la télévision. Mais les vedettes qui donnent des leçons sur la maltraitrance animale seraient bien inspirées de se pencher aussi sur la question du respect de la personne humaine. Bien surveillés par Felindra, les tigres de Fort Boyard n’ont jamais tué personne.

Val-de-Marne: des petits caïds qui n’impressionnent personne?

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À Champigny-sur-Marne, le commissariat a été attaqué par une quarantaine d’individus le week-end dernier. Les policiers n’ont pas riposté. Cet épisode démontre que l’État se refuse à faire respecter son autorité.


Si on en croit le ministre de l’Intérieur, « les petits caïds n’impressionnent personne ». Gérald Darmanin se trompe. Après l’attaque du commissariat de Champigny à coups de projectiles joliment appelés « feux d’artifice de mortiers », c’est-à-dire de feux d’artifice customisés en bombes incendiaires, toute la France est saisie d’effroi – et avec elle, une bonne partie des policiers, ce qui est encore plus inquiétant.

Certes, les agressions ou traquenards de policiers par des jeunes des cités sont monnaie si courante que la plupart du temps, on n’en parle même pas. Sauf que maintenant, c’est avec intention sinon de tuer, au moins de blesser et de terroriser. On se rappelle les policiers brûlés vifs dans leur voiture à Viry-Châtillon ; la semaine dernière, deux autres étaient « massacrés » à Herblay ; et on apprend dans Le Figaro que l’attaque de Champigny est au moins la neuvième contre un commissariat depuis le début de l’année. Alors oui, on a quelques raisons d’être impressionné.

Même la gauche est gênée

On est surtout lassé d’entendre et de prononcer les mêmes mots.
Bien sûr, on a droit aux  habituelles variations excusistes sur le thème « tout ça c’est parce que la République n’a pas tenu ses promesses ». On nous expliquera encore qu’il faut repeindre les cages d’escalier, financer des associations et instaurer des quotas. On a repeint des milliers de cages d’escalier – sans doute pour le bien-être des dealers. On a financé des milliers d’associations – pour la grande joie des islamistes. Quant aux quotas, ils arrivent plus ou moins masqués, de France télévisions à l’ENA. Tout cela ne semble pas calmer ces pauvres victimes de la France raciste et coloniale.

A lire ensuite, Elisabeth Lévy: Flics Lives Matter

Il est vrai que ce discours, qui n’a qu’un rapport lointain avec la réalité, est de plus en plus minoritaire – même à gauche, il commence à gêner.

Comme d’habitude, le camp de la fermeté, y compris votre servante, déplore donc en chœur la crise de l’autorité et la faiblesse de la réponse pénale qui nourrit le sentiment d’impunité. Gérald Darmanin veut interdire par une loi la vente au public des mortiers d’artifice. J’ai d’abord cru à une blague, tant cette mesure semble dérisoire alors que des kalachs circulent. Cependant les policiers semblent assez preneurs de cette prohibition. Espérons simplement que l’État a d’autres tours dans son sac.

L’État a cédé le monopole de la violence aux voyous

Bien entendu, le ministre a également promis que les coupables seraient châtiés. Encore faut-il qu’on les attrape, et si on les attrape, qu’on les condamne. Dans notre État de droit, on ne condamne pas sans preuve. Tant mieux. Mais il n’est pas simple de prouver l’implication directe d’éventuels suspects.

Derrière cette demande unanime de fermeté, le bossuetisme bat son plein (pour ceux qui séchaient le français, on déplore les effets dont on chérit les causes). Les mêmes hurlent si on note trop sévèrement leur enfant et se lamentent sur la crise d’autorité. Les partisans de l’accueil inconditionnel des migrants pleurnichent parce que le nombre de familles monoparentales ou totalement destructurées explose. Ceux qui manifestent tous les quatre matins contre les violences policières s’émeuvent aujourd’hui du sort des policiers attaqués. Bref, si nous commençons à entrevoir ce que nous voyons, il n’est pas certain que nous soyons prêts à nous attaquer aux racines du mal français.

En attendant, le sentiment qui domine chez les Français, c’est l’incompréhension. On nous répète que ce sont des minorités qui prennent des quartiers en otage. Comment expliquer l’impuissance de l’État face à cette violence ?

A lire aussi, Martin Pimentel: Le poids des mots, le flop des tribunaux

Le problème ne tient pas à nos lois ni même à nos juges mais au rapport de forces.

Il y a déjà une dissymétrie structurelle entre l’État et les voyous : l’État est contraint par ses lois. C’est notre grandeur.

Mais à celle-ci, s’en ajoute une autre, fort problématique. On dirait que le monopole de la violence n’appartient plus aux représentants de l’État mais à ceux qui transgressent les lois, pourrissent la vie des pauvres et cassent du flic. Une situation résumée par la situation de policiers terrés dans leur commissariat derrière des portes blindées. Que se serait-il passé si les assaillants avaient réussi à pénétrer dans le bâtiment ? La hiérarchie leur aurait-elle ordonné de sortir les mains en l’air en agitant un drapeau blanc ?

Osons l’autorité

La vérité, c’est que l’usage de la force ne semble plus être une option. Et la France est sans doute la seule démocratie où il en va ainsi. Même quand ils sont agressés, les policiers ne se servent presque jamais de leur arme. La consigne est « pas d’effusion de sang », quoi qu’il en coûte. On sait donc par avance que les policiers ne se serviront pas de leurs armes. Ce qui revient à céder à un chantage qui n’est pas toujours implicite : si un jeune est blessé dans des affrontements avec la police ou se tue en moto en essayant de lui échapper, vous aurez des émeutes. Or, depuis 2005, l’émeute est le cauchemar de nos gouvernants. Même la Justice subit cette intimidation : dans l’affaire Traoré, tout le monde redoute les conséquences d’un éventuel non-lieu, qui serait assez logique dès lors que les gendarmes n’ont même pas été inculpés (ce qui prouve que les juges n’ont vraiment rien trouvé à leur reprocher).

A lire aussi, Erwan Seznec: La vérité sur l’affaire Adama Traoré

Personne ne souhaite avoir une police d’excités défouraillant à tout-va. Mais entre des cow-boys tirant sur des voleurs de pomme désarmés et des policiers terrorisés à l’idée de se servir de leur arme, il y a la légitime défense et l’ordre public. Resteraient-ils l’arme au pied si des émeutiers attaquaient l’Assemblée nationale ?

Le souci de la vie humaine est très respectable. Mais proclamer urbi et orbi qu’on ne prendra jamais le risque de faire couler le sang face à des gens qui eux, n’hésitent pas à le faire couler, c’est un désarmement unilatéral – en clair, une reddition. Ces voyous n’ont pas peur de la prison, où ils ont peu de risques d’aller. Mais ils ont peur de mourir. Exploiter cette peur n’est en rien condamnable, c’est la définition même de la dissuasion. Si vous savez que je me défends quand on m’attaque, vous prenez un risque en le faisant. Donc il y a moins de chances pour que vous le fassiez. CQFD. On ne peut pas se lamenter sur la faiblesse de l’État et refuser qu’il puisse se servir de la force. Comme il en a le droit.

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Fratelli Tutti, l’encyclique qui appuie là où ça fait mal

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Le catholicisme n’est pas au service des intérêts des dominants comme le croit trop souvent une droite qui voit en lui un outil pour le maintien de l’ordre. La réponse du communiste Jérôme Leroy à Aurélien Marq


J’ai lu avec intérêt la charge d’Aurélien Marq car elle est parfaitement représentative de la manière dont une partie de la droite française a toujours considéré le catholicisme, c’est-à-dire comme un moyen de maintenir l’ordre social. La Foi, le message évangélique n’a que de peu d’importance pour cette droite-là.

Il suffit de songer à Charles Maurras qui toute sa vie a été un fieffé mécréant, qui croyait plus à la lumière grecque qu’à la douceur corrégienne de  la Vierge immaculée. « Je suis athée mais catholique » répéta-t-il à l’envi toute son existence avant que sur son lit de mort, « il n’entende quelqu’un venir » : il était temps mais dans une perspective janséniste, on peut penser que le Royaume des Cieux lui a été ouvert comme au fils prodigue ou à l’ouvrier de la onzième heure.

Bobo 1er au Vatican?

Le Pape ne convient pas à Aurélien Marq parce qu’il serait de gauche, mondialiste et même depuis l’encyclique Laudato si, écologiste. Un cauchemar ! Bobo 1er au Vatican !

Bref un pur fruit de ce qu’on a appelé la théologie de la Libération même si en ce qui concerne François les choses sont un peu plus compliquées et qu’il n’a pas été celui qu’il est maintenant sous la dictature militaire argentine. Mais le Pape n’a pas à convenir ou pas aux intérêts politiques des uns et des autres. On peut aimer son message, on peut ne pas l’aimer mais si on est croyant, on l’accepte. On rappellera le dogme de l’infaillibilité pontificale qui s’impose à tout catholique. À tout catholique réel, pas de manière ornementale à la façon de Maurras.

A lire ensuite, François Dubreil: Qu’est-ce qu’une cathédrale?

Je ne sais pas quel rapport Aurélien Marq entretient avec la religion de nos pères, et cela ne me regarde pas. Pour préciser les choses, en ce qui me concerne, mon communisme n’a jamais été incompatible avec le message évangélique, bien au contraire. Je pense que les Actes des Apôtres sont un texte aussi émancipateur que Le Manifeste. Cette apparente contradiction a pourtant été très répandue à une époque, notamment en France, en Italie et en Amérique Latine. On peut la résumer dans les propos de Dom Helder Camara, archevêque de Récife sous une autre dictature militaire, la brésilienne : «  Quand je donne à manger aux pauvres, on dit que je suis un saint, quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on dit que je suis un communiste. »

La Maison commune

Question de Foi, précisément. Si l’encyclique Fratelli Tutti rend si furieux les milieux ultraconservateurs, c’est parce qu’elle pousse jusque dans ses conséquences pratiques le message évangélique. Placée, comme Laudato si, sous le signe de François d’Assise, elle invite à constater l’état du monde aujourd’hui, et ce n’est pas gai, sauf pour cette part de plus en plus infime de la population hors-sol des hyper-riches.

Ce séparatisme social, François se contente d’indiquer le chemin pour y mettre fin : « Protéger le monde qui nous entoure et nous contient, c’est prendre soin de nous-mêmes. Mais il nous faut constituer un ‘‘nous’’ qui habite la Maison commune. Cette protection n’intéresse pas les pouvoirs économiques qui ont besoin d’un revenu rapide. Bien souvent, les voix qui s’élèvent en faveur de la défense de l’environnement sont réduites au silence ou ridiculisées, tandis qu’est déguisé en rationalité ce qui ne représente que des intérêts particuliers. »

Aurélien Marq n’a plus envie de dire « nous ». C’est son affaire. Mais il n’a pas à faire son marché dans le catholicisme pour y prendre ce qui l’arrange et puis pourrait peut-être l’intéresser, comme cette critique orwellienne d’un monde où la novlangue règne universellement au profit du Big Brother libéral: « Un moyen efficace de liquéfier la conscience historique, la pensée critique, la lutte pour la justice ainsi que les voies d’intégration consiste à vider de sens ou à instrumentaliser les mots importants. Que signifient aujourd’hui des termes comme démocratie, liberté, justice, unité ? Ils ont été dénaturés et déformés pour être utilisés comme des instruments de domination, comme des titres privés de contenu pouvant servir à justifier n’importe quelle action. « 

A lire ensuite, Céline Pina: Sophie Petronin, l’otage qui affectionne les jihadistes

Je suis d’autant plus à l’aise pour défendre le Pape François qu’en d’autres temps, dans ses colonnes, j’ai dit plusieurs fois tout le bien que je pensais de son prédécesseur Benoît  qui enchantait la droite parce qu’il semblait plus rigide sur les questions doctrinales et envoyait un message sur les mœurs qui tenait explicitement du rappel à l’ordre quand bien même il condamnait, lui aussi, cette manière de mettre l’homme ou service de l’économie et non le contraire.

Je n’ai aucun problème avec les papes en général. Celui-ci convient à mon coeur, mais le précédent aussi. Pour être doux comme François, il faut être clair comme Benoît. J’oserais, je dirais que c’est là un mouvement hégélien qui amène vers la Cité de Dieu ou le communisme : c’est la même chose à la fin.

Yannick Jadot, c’est dur d’être aimé par des cons!


En critiquant les dérives sectaires de certains maires écolos, l’eurodéputé vert se pose en futur leader de la gauche. Mais peut-on être le rassembleur de gens qui traditionnellement n’aiment pas être rassemblés? Et peut-on être vraiment présidentiable, quand on est si sage?


C’est certainement, oui, un bon mari, un bon père, un bon camarade, Yannick Jadot. On l’aimerait plus si on le connaissait mieux, mais les Français en ont-ils envie ? Ce n’est pas sûr. Plus on l’entend, moins on le voit. Plus il se distingue, plus il paraît lointain. Pour une fois, olé !, il a haussé le ton : les propos de certains ultras – les maires écologistes Grégory Doucet à Lyon et Pierre Hurmic à Bordeaux – contre le Tour de France et les sapins de Noël l’ont scandalisé. Les talibans verts, no pasarán ! Halte à l’écologie punitive ! Quand les nouveaux élus, grisés de leur prépondérance acquise aux municipales, déconnent, il accourt, il calme le jeu, il fait tomber la fièvre.

A lire aussi, dossier spécial: Causeur: le coup de gueule de Robert Ménard contre les maires écolos

En prenant par petites touches ses distances avec l’appareil d’EELV, Jadot, 53 ans, semble se préparer aux prochaines échéances électorales. Il veut rassurer – en se séparant un peu, mais pas trop des siens – et il prend date. Si les Verts reçoivent une claque aux régionales de 2021, son cavalier seul le rendra-t-il plus crédible ? Il le croit.

Jadot président ?

On a compris ce qu’il veut, mais on ne sait pas encore qui il est, ni ce qu’il incarne vraiment. Une espérance à gauche ? Ce n’est pas assez. Au centre ? Il y songe. À droite ? Il n’ose pas encore. Peut-il franchir le Rubicon, lui, un fils d’instituteur – son père a autrefois milité au Ceres ? Non, ce ne serait pas convenable. Pourtant, rien ne se fera sans eux au plan national. Quand la maison brûle, a-t-on le droit de dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau ?

De l’intelligence politique, il en a, mais a-t-il de l’instinct ? Saura-t-il tâter comme il faut la bête France et flairer le vent de l’occasion, comme ont su le faire avant lui les maquignons suprêmes de la République, De Gaulle, Chirac ou Mitterrand ? Est-il dangereux ? On ne se pose pas encore la question. Est-il assez fou pour y croire lui-même ? Ce n’est pas dit.

On peut lire sur son bon visage ses soupçons et ses craintes. C’est un anxieux, Jadot. On le comprend. Cohn-Bendit croit qu’on l’aime, il a raison. Jadot semble douter même de ses amis, il n’a pas tort. Ses pires adversaires sont à l’intérieur de son propre parti.

Chez les Verts, depuis toujours, on est fâchés ; on a un penchant pour le schisme, la sécession, l’esclandre. L’écologie a été une école de dissidence : elle le reste, même si aujourd’hui la plupart des Français y voient moins un programme politique qu’une nécessité vitale.

A lire ensuite: Bienvenue dans l’enfer vert

Jadot veut rassembler, c’est ce qui le rend suspect aux yeux de sa famille. Chez les Verts, il est indécent d’être majoritaire ! Il ne peut ne serait-ce que le vouloir sans être aussitôt accusé par ses paroissiens de mauvaises pensées. Un conciliateur ? Un renégat, oui ! On ne trahit que les siens. On hait mieux ceux qu’on a trop aimés. Aujourd’hui, en France, les minorités, c’est tout le monde, la majorité, c’est personne – on se croirait presque en Amérique ! Comment devenir le chef sans être aussitôt révoqué en songe par ceux qui n’ont pas voté pour vous ou pas voté du tout ?

Il y a les féministes, les antispécistes, les régionalistes, les pro-européens, les souverainistes, les tiers-mondistes, les gauchistes, les réacs et même ici ou là un facho égaré. Il y a les utopistes et les pragmatiques, ceux qui trouvent que le capitalisme, ce n’est pas si mal, ceux qui croient que Greta Thunberg, c’est Jeanne d’Arc, ceux qui pensent qu’elle devrait retourner à l’école, etc. Ils ne sont unanimes que sur Flamanville, les carottes vapeur et le soja bio. Pour parvenir à ses fins, il faudrait que Jadot allie un projet raisonnable – ce n’est pas impossible – et une ambition folle – ça, s’il ne l’a pas déjà, il ne l’aura jamais.

Ce qui nous manque : un élan, une secousse, une ivresse.

N’est-il pas trop sage ? On aimerait parfois qu’il soit ridicule – « c’est une chose superbe, le ridicule, à notre époque », disait Françoise Sagan. On se souvient de Macron pendant sa campagne présidentielle, soumis à son dessein, voué à son rêve, à demi-ahuri à demi-inspiré, en nage, vociférant comme un prophète. On n’imagine pas une seconde Jadot se mettre dans cet état-là, si ? Et lui, qu’est-ce qu’il imagine ?

Marseille, le séparatisme au quotidien


Mépris de la réalité, idéologies gauchisantes… Avec le Printemps marseillais, leur nouveau bloc majoritaire municipal, la situation sécuritaire des Marseillais ne peut qu’empirer.


Des élus des deux rives soupçonnés d’avoir mis en place un système de vraies-fausses procurations électorales lors du dernier scrutin municipal; une deuxième adjointe au Maire qui explique, sans complexe, qu’elle demandera à sa police municipale de ne pas appliquer la décision préfectorale de fermeture temporaire des bars et restaurants, prise pour répondre à la situation d’urgence sanitaire ; un ancien entraîneur du club de football professionnel de la ville placé en garde à vue avec le gratin du grand banditisme local, avant d’être mis en examen pour association de malfaiteurs : c’est là le triste quotidien de Marseille, une ville où le séparatisme, sous toutes ses formes, se cultive de longue date. Et tout indique que le mouvement n’est pas prêt de s’inverser.

A lire aussi, notre numéro d’octobre: Causeur: le coup de gueule de Robert Ménard contre les maires écolos

Attendue depuis le drame de la rue d’Aubagne, la déroute électorale de l’ancienne équipe municipale – qui depuis 25 ans a mis cette ville dans l’état où elle se trouve aujourd’hui – est salutaire. Mais cette défaite ne laisse guère d’espoir pour l’avenir. En effet, Marseille passe aujourd’hui d’un séparatisme « clientelo-affairiste » à un séparatisme « écolo-gauchiste », tout aussi préoccupant ; la nouvelle majorité – mélange de bobos ahuris, de socialistes recyclés, de communistes patentés et d’activistes divers et variés (antifa, féministes, racialistes, etc.) – incarnant, jusqu’à la caricature, l’idéologie du progressisme libéral-libertaire.

Élucubrations sémantiques

Un simple coup d’œil sur les intitulés des délégations des adjoints au Maire suffit à planter le décor surréaliste de la comédie qui se joue sur le Vieux Port : le 1er adjoint est chargé de l’action municipale « pour une ville plus juste, plus verte et plus démocratique » ; la quatrième adjointe se voit attribuer « la modernisation, le fonctionnement, la transparence et la qualité des services municipaux » ; le 5ème adjoint récupère « la culture pour toutes et tous, la création et le patrimoine culturel » ; le 7ème adjoint hérite « des finances, des moyens généraux et des budgets participatifs » ; à la 10ème adjointe reviennent « l’urbanisme et le développement harmonieux de la ville » ; la délégation de la 14ème adjointe vise « la place de l’enfant dans la ville », celle du 18ème adjoint mentionne « la transition écologique et le collège du futur », etc. Bref, c’est la « Cité radieuse » qu’entendent construire les nouveaux Maîtres de Marseille.

Le séparatisme politique marseillais se caractérise par son mépris de la réalité

Les élucubrations sémantiques du Printemps Marseillais (car ainsi se nomme le bloc majoritaire au Conseil municipal) s’accompagnent aussi d’actes tout aussi délirants… Ainsi, dans un domaine aussi sensible que la sécurité, cédant aux lubies des collectifs anti-flics dits de défense citoyenne, l’adjoint en charge du dossier annonçait au début du mois d’octobre un moratoire sur le développement des caméras de vidéo-surveillance (qui, chacun le sait, portent gravement atteinte aux libertés fondamentales). Quelques jours plus tôt, le Maire de Marseille par intérim, Benoît Payan, déclarait, lui, que la ville était prête à accueillir les presque 300 migrants du Louise Michel, un navire de « sauvetage » cherchant un port d’accueil sur les rives de la Méditerranée.

Territoire en perdition

On le voit, mélange d’amateurisme, de naïveté et d’idéologie droit-de-l’hommiste, le séparatisme politique marseillais se caractérise à l’heure actuelle par son mépris de la réalité.

Alors que la ville est rongée par la misère, comme le démontre l’insalubrité des logements (en centre-ville comme dans les bidonvilles des Quartiers Nord), les trafics de stupéfiants, l’islamisme radical et une délinquance ultra-violente en pleine augmentation – le premier été du « vivre ensemble » devrait, sur ce dernier point, avoir déniaisé les plus crédules -, les édiles persistent à faire de Marseille une ville « ouverte », autrement dit un territoire en perdition.

Le pays réel le sait : le premier des fléaux qui frappe Marseille, c’est bien évidemment l’immigration. Massive, galopante, incontrôlée : peu importent les termes choisis, le fait est que Marseille est devenue la capitale du Grand remplacement. On ne parle plus ici de séparatisme, mais bel et bien d’une partition effective et consommée. Commerces communautaires, salles de prières, cafés exclusivement fréquentés par des hommes, femmes voilées, mépris des règles les plus élémentaires du vivre ensemble, à commencer par la courtoisie ; certains arrondissements ont basculé dans un « autre monde » qui est à la civilisation occidentale ce que le Dark web est à l’Internet.

A lire ensuite, Martin Pimentel: L’arrêt-maladie qui a gâché la campagne de Michèle Rubirola à Marseille

Séparatisme avez-vous dit ? Qui peut en douter ? Mais qui peut croire également que les mesures annoncées par le chef de l’État – à commencer par l’apprentissage de l’arabe – sont de nature à contenir le phénomène observable, grandeur nature, à Marseille ? Et pourtant il y a urgence car, sur ce sujet, comme sur la « violence, la drogue, l’affairisme, les magouilles (…), Marseille n’est (…) que l’illustration visible des malfaçons de la République française »[tooltips content= »Philippe Pujol, La Fabrique du monstre, Paris, Points, 2016, pp. 264-265. »](1)[/tooltips].

Sexe, masques et bricolage


Quoi faire et ne pas faire en période de « distanciation sociale »


À l’ère du Covid-19, les médecins réécrivent le Kama-sutra pour notre plus grand bien.

Dans un communiqué de presse, rendu public début septembre, la responsable de la santé publique au Canada, Theresa Tam, incite vigoureusement ses concitoyens à pratiquer « une sexualité en solo », l’onanisme étant jugé comme l’activité sexuelle la moins à risque. Quant aux couples ou amants d’un soir aux mœurs libertines, Theresa Tam leur recommande de porter le masque, ce nouveau préservatif sanitaire, et de faire en sorte que « les visages ne se touchent pas ou ne soient pas près l’un de l’autre ». Exit les préliminaires qui se prolongent dans une jouissance de plus en plus retardée. Un va-et-vient, des coups de bassins, du gel hydroalcoolique et un masque à portée de main : on en frissonne d’érotisme. Ces recommandations sanitaires puisent leur inspiration dans un guide pratique pondu en mars dernier et révisé au mois de juin par le département santé de la ville de New York. Prônant l’utilisation de tout ce qui peut réduire le contact face à face entre les partenaires, le guide ajoute ce conseil sibyllin : « Faites l’amour de manière coquine. Soyez créatifs avec les positions sexuelles et les barrières physiques, comme les murs. »

Les murs ? Pour la réponse, retour au Canada : le British Columbia Centre for Disease Control précise qu’il s’agit d’utiliser un « Glory Hole », un trou dans le mur, qui laisserait dépasser un bout de chair du partenaire disponible pour faire des petites folies tout en étant à l’abri. Pour que ce soit encore plus explicite, une conseillère municipale de Toronto, Kristyn Wong-Tam, a tweeté une infographie ludique illustrant les pratiques sexuelles sans risque, dont la fameuse recommandation sur les « Glory Holes », où l’on voit à travers un trou dans un mur un pouce levé en signe d’approbation. Messieurs-dames, à vos perceuses !

Coup de bambou pour la presse anglaise


La liberté de la presse menacée par les activistes d’Extinction Rebellion au Royaume-Uni


« La liberté de la presse est un droit. Cette déclaration n’émane pas du militant d’une lointaine dictature, mais d’un sujet de Sa Gracieuse Majesté. Durant un week-end en septembre, les écolos radicaux d’Extinction Rebellion ont bloqué la distribution des journaux de Rupert Murdoch, des titres conservateurs et populistes comme The Daily Mail ou The Sun.

A lire aussi: Causeur: le coup de gueule de Robert Ménard contre les maires écolos

La raison de cette agit-prop : ces journaux ne traitent pas assez du problème du réchauffement climatique. Nos « extrême chauffistes » ont en effet une vision étrange de la liberté de la presse : « Notre système démocratique est menacé à cause de l’échec d’un gouvernement qui ne cesse de nous mentir. Nos médias sont dirigés par cinq personnes puissantes qui ont investi dans l’industrie fossile. » En somme ces enfants gâtés se roulent par terre si leurs caprices ne sont pas exaucés. Pour arriver à leurs fins, ils ont construit des sortes d’échafauds en bambou (écologie oblige), qui ressemblaient à des tentes d’Indiens. Ils ont été démontés par la police qui a arrêté 72 de ses hurluberlus à Glasgow.

Boris Johnson est monté au créneau : « La liberté de la presse est vitale pour le gouvernement et les institutions afin d’appréhender les problèmes de notre nation, y compris ceux du changement climatique. » Lorsqu’ils en auront fini avec les sapins de Noël, nos écolos pourront eux aussi s’attaquer à la remise au pas de la presse.

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« L’économie française est sérieusement affectée par la crise sanitaire »

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Jacques Sapir, né le 24 mars 1954 à Puteaux, est un économiste français. Ses positions hétérodoxes très marquées sur divers sujets et son engagement politique à gauche l’ont fait remarquer par les intellos. Rencontre avec un homme un peu catastrophé face à la crise économique liée au coronavirus.


Aurore Van Opstal. L’économie française se porte-t-elle aussi mal qu’on le dit, à cause de la crise sanitaire ?

Jacques Sapir. L’économie française est sérieusement affectée par la crise sanitaire. Cette dernière pèse de diverses manières. Il y a eu, naturellement, les conséquences du confinement. Mais, il y a aussi la baisse de nos échanges avec les autres pays, du fait de l’épidémie. Enfin, il y a l’incertitude qui porte sur le futur et qui pousse les acteurs économiques à moins consommer et moins investir. L’INSEE et la Banque de France estiment que, pour 2020, cela se traduira par une chute du PIB de 9% environ. C’est un chiffre considérable, et l’on peut craindre qu’il soit sous-estimé. D’ailleurs, ces mêmes organismes annoncent un retour à une activité comparable à celle de la fin de 2019 seulement à la fin de 2022.

En réalité, du fait de l’incertitude sur la situation sanitaire, les investissements ont fortement baissé. La hausse du chômage et la constitution d’une importante épargne de précaution vont entraîner une baisse de la demande solvable, qui est le véritable moteur de l’économie. On peut donc craindre que l’économie française s’installe de manière durable dans une situation de très faible croissance. Il convient de rappeler que les derniers chiffres d’avant l’épidémie, ceux du 4ème trimestre 2019, montraient déjà un fléchissement important de l’activité. L’épidémie a frappé une économie qui était déjà affaiblie, ce que peu de gens veulent voir.

Face à cette situation, les plans de relance, européen ou nationaux, sont en l’état très insuffisants. Le plan présenté le 2 septembre par le gouvernement est en partie un assemblage de mesures déjà décidées, et en partie au saupoudrage électoraliste. Le gouvernement n’a donc toujours pas pris la mesure du choc subi par l’économie française et de ses conséquences. Le risque de voir l’économie française entrer en stagnation après 2021 est très important.

Est-ce que la crise économique ne va pas se résoudre d’elle-même avec la fin des mesures contraignantes ? (un peu comme les années d’après-guerre, joie de vivre retrouvée, etc.) D’ailleurs, on remarque que les gens continuent à sortir et à consommer …

Non, l’économie ne peut sortir d’elle-même d’une crise d’une telle ampleur. Le croire, c’est se payer de mots. Tout d’abord, parce que personne ne peut dire quand les mesures contraignantes seront définitivement levées. Admettons que ces mesures soient supprimées dans deux mois ; nombreux seront ceux qui, à raison, craindront leur retour au printemps 2021. Le problème majeur est donc le manque de visibilité à court et moyen terme. Ce manque de visibilité, qui traduit la présence d’une incertitude non calculable, se matérialise dans les comportements des acteurs avec une chute de l’investissement et de la consommation.

Il est significatif qu’avec la fin du confinement (faudra-t-il bientôt dire du premier confinement ?) la reprise de la consommation est restée largement inférieure à ce qui était espéré. La consommation de biens durables (comme l’automobile) après être revenue vers des niveaux de 2019 au mois de juillet est brutalement retombée en août. Le taux d’épargne des ménages, autrement dit le rapport entre l’épargne et le revenu, a fortement augmenté, y compris après le confinement pour les mois de juin, juillet et août.

Ceci est normal. Face à une forte incertitude, qu’elle soit sanitaire ou économique, les ménages se constituent une épargne de précaution. Cette épargne, c’est autant d’argent en moins pour la consommation. Le raisonnement est analogue pour les entreprises. Elles augmentent leurs réserves financières au détriment de l’investissement. Cela aura des conséquences sur l’économie qui seront décalées dans le temps. Chaque euro qui n’est pas investi actuellement implique une perte pour la production de 2021 et 2022.

La comparaison avec l’après-guerre ne tient pas. A cette période, l’Etat avait procédé à des investissements massifs et la situation internationale garantissait l’absence de risque de guerre dans l’immédiat (les guerres coloniales, par définition, ne se produisent pas sur le territoire métropolitain).

Qu’on ait choisi une politique hygiéniste pour venir à bout du covid-19 est un choix qui peut s’entendre dès lors où l’idée est de protéger des vies. Mais comment est-il possible de ne pas voir les dommages collatéraux (dépression, ruine financière, suicide) ?

Je ne crois pas du tout que l’on ait adopté une « politique hygiéniste ». Le discours « la santé au-dessus de tout » n’a été qu’un effet de communication. Les mesures prises par le gouvernement, mesures brouillonnes, parfois contradictoires, souvent inadaptées, n’ont été prises en réalité que pour éviter le choc politique dévastateur qu’aurait provoqué l’effondrement du système hospitalier et ses probables conséquences judiciaires.

Ces mesures ont été dictées par la situation de pénurie (pour les masques, pour les tests) que l’on a connue. Le discours du gouvernement en témoigne. Cette situation a, elle-même, résulté d’un manque d’anticipation du gouvernement, averti si l’on doit croire la Ministre de la Santé de l’époque, Mme Buzyn, en janvier, mais aussi de la déréliction de la politique mise en place en 2006-2010 pour lutter contre une éventuelle épidémie, un politique qui a été abandonnée progressivement faute de financement dès 2012. A cela est venu s’ajouter la conséquence de l’application pour les hôpitaux publics de principes de gestion inspirés de l’industrie privée, comme le « zéro stock » et le « juste-à-temps », qui se sont révélés tragiquement inadaptés dans le domaine de la santé publique.

Une épidémie s’apparente, comme l’a dit le 16 mars le Président de la République, à une situation de guerre. Mais, une guerre se mène avec des stocks, des réserves, une redondance des personnels, et une mobilisation de l’appareil industriel. Nous n’avons rien vu de tout cela.

De toutes les alternatives économiques suggérées par des citoyens — citons la micro taxe ou le revenu universel — quelles alternatives sont de l’ordre de l’utopie et lesquelles sont réalisables ?

Aucune de ces « alternatives » n’est utopique. Mais, il n’est pas dit qu’elles soient souhaitables. Le « revenu universel », tel qu’il est aujourd’hui formulé, s’apparent simplement à une forme de revenu minimal garanti. Or, le problème de la société française est d’inverser le partage de la valeur ajoutée en profits et salaires, un partage qui a été tordu au bénéfice des profits en 1983 par Jacques Delors. Voilà qui me semble bien plus important que ces soi-disantes alternatives

Source : Pionnier P-A., Le Partage de la Valeur Ajoutée en France 1949-2007, G2009/01 INSEE, Paris, 2009, p.9.
Source : Pionnier P-A., Le Partage de la Valeur Ajoutée en France 1949-2007, G2009/01 INSEE, Paris, 2009, p.9.

Vous évoquez souvent le concept de « souveraineté ». Que veut-dire ce concept, comment l’appliquez et est-ce un concept uniquement de droite dure ?

La souveraineté, c’est – selon Jean Bodin – le pouvoir de faire des lois et – selon Carl Schmitt – le fait de décider, en dernière instance, en particulier dans l’état d’exception et de l’état d’exception. La souveraineté est la condition nécessaire à la démocratie. Un Etat souverain peut ne pas être démocratique, mais un Etat qui n’est plus souverain lui ne peut plus être démocratique.

La souveraineté s’exerce dans le cadre national ; elle est populaire (et ce depuis la Rome républicaine). Elle est fondamentalement un concept de « gauche ».

Vous avez sorti : L’euro contre la France, l’euro contre l’Europe aux éditions du Cerf : quels propos en substance y tenez-vous ?

J’ai publié ce livre à la fin de 2016. Ce que j’y ai écrit est que l’euro est une catastrophe économique et financière pour la France, et de plus en plus d’économistes disent la même chose, mais que c’est aussi une catastrophe pour l’Europe car, dans le cadre de l’UE, d’une part cela crée une situation de dépression économique dommageable à tous et, d’autre part ; cela focalise les conflits dans une opposition entre les pays du sud et les pays du « bloc germanique », soit l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark, recréant des conflits que l’on pensait être dépassés.

Aurélien Taché opposé à la pénalisation d’une violence sexuelle pour protéger la liberté des femmes

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Le député du Val d'Oise Aurélien Taché © Stephane Lemouton-POOL/SIPA Numéro de reportage : 00963046_000001

Dans un entretien accordé à Renaud Février pour le magazine l’Obs, Aurélien Taché, député de la 10e circonscription du Val d’Oise a déclaré être opposé au projet du gouvernement d’interdire les certificats de virginité. Le motif ? Cela risquerait de « réduire la liberté des femmes ».


Ce n’est qu’un bout de papier…

Interdire le test de virginité qui est, selon Aurélien Taché, « une pratique qui paraît archaïque au XXIème siècle » rendrait des parents bien plus « stricts » avec leurs filles qui risquent d’être privées de sortie. Il ajoute que les médecins qui délivrent ces certificats ne sont motivés par rien d’autre que la protection de leurs patientes et qu’ils ne devraient pas être pénalisés, car ils ne les auscultent pas et se contentent d’apposer le label « Vierge » sur du papier.

Un certificat de virginité ne serait donc qu’un « bout de papier » comme l’a avancé Omar Slaouti, enseignant et militant indigéniste également opposé au projet de loi porté par la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa. Ça ne vous rappelle rien ?

« Un bout de tissu » en réponse à la critique de l’instrument d’apartheid sexuel qu’est le hijab, « un bout de papier » quand il s’agit d’empêcher la condamnation ferme d’une pratique qualifiée d’acte de torture et de violence sexuelle par plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, pratique qui n’a pas de valeur scientifique… Aucun euphémisme ne nous est épargné.

Le chantage à l’exil

Si c’est bien dans le cadre de la lutte contre les séparatismes que le gouvernement a évoqué son intention d’interdire les certificats de virginité, il s’est bien gardé de désigner cette pratique comme spécifique à l’islam. Mais Aurélien Taché n’est pas dupe, ce sont bien des « femmes des minorités religieuses ou ethniques qui sont prises pour cibles, évidemment ». D’ailleurs, si le gouvernement venait à pénaliser les médecins qui délivreraient ces certificats ou les familles qui les exigent de leurs filles, Aurélien Taché prévient que cela aggraverait la situation. « Les parents (…) risquent de quitter la France ou d’envoyer leurs filles à l’étranger » alerte-t-il.

A voir sur REACnROLL: Lévy / Taché: Débat entre une réac’ et un multi-culti’

L’exil pour ce « bout de papier » ? C’est ce même chantage qui avait été exercé à l’occasion du vote de la loi de 2004 relative à la neutralité des signes religieux – dont le « bout de tissu » fait partie – pour les élèves de l’école publique. L’histoire se répète et il n’en sera toujours rien.

Qui peut croire que l’on quitterait le pays ou que l’on enverrait sa fille à l’étranger juste parce qu’une pratique barbare comme l’examen de l’hymen deviendrait interdite en France ?

Il suffit de deux billets low cost A/R en direction du Maroc ou de l’Algérie pour qu’un parent fasse ausculter sa fille chez n’importe quel médecin. Ni vu ni connu.

On peut toutefois choisir d’aller dans le sens du député du Val d’Oise en prenant en compte le risque de fuite à l’étranger, bien que délirant, comme une éventualité. Cela ne constitue toujours pas un motif valable pour reculer sur la pénalisation du test de virginité, bien au contraire ! Tout féministe sincère bataillerait dans ce cas là pour, qu’à l’instar de l’excision, la pratique du test de virginité soit pénalisée qu’elle soit pratiquée en France ou à l’étranger par « des praticiens agréés ou clandestinement » car ces filles et ces jeunes femmes sont françaises et le restent même hors de leur pays qui se doit de les protéger où qu’elles se trouvent.

L’épouvantail du nationalisme

La stratégie du gouvernement ne serait qu’un « coup médiatique » masquant un « fémi-nationalisme » d’état (sic) : « Un féminisme qui instrumentalise les droits des femmes à des fins nationalistes et identitaires. C’est une tendance de fond, qui vient de la droite nationaliste », d’après Aurélien Taché.

A lire aussi: La manifestation désolante des Femen à Orsay

En réalité, c’est un concept inventé par les indigénistes et décoloniaux pour nourrir un syndrome de persécution chez les femmes appartenant aux minorités qu’ils ciblent dans le but de provoquer chez elles un sentiment de rejet de l’idée que l’on se fait du féminisme en France, le féminisme universaliste. Comme stratégie de résistance, on proposera à ces femmes le « particularisme culturel », vivre en vase clos selon les us et coutumes de leurs pays d’origine, parachevant ainsi le processus de leur soustraction à la nation. « La droite nationaliste » ne peut pas rêver mieux.

La lutte par l’immobilisme et le déni: mode d’emploi

Mais que faire alors pour lutter contre une pratique aussi rétrograde envers « les femmes des minorités religieuses ou ethniques » lorsque l’on est député de la République qui se veut féministe, anti-raciste et résolument anti-« fémi-nationaliste » ?

« Aider ces jeunes femmes à s’émanciper des traditions de leurs familles en mettant des moyens pour un accès à une éducation de qualité, à la culture, aux transports » car « le premier séparatisme en France est social », asserte Aurélien Taché.

En pratique, il s’agira d’une part de donner aux jeunes filles une instruction à l’école, de proposer des sorties scolaires et de permettre des excursions entre amis, le tout sans condamner des pratiques barbares sous peine de « stigmatiser » l’idéologie qui en est à l’origine et de risquer une déscolarisation des filles par leurs parents. D’autre part, il s’agira de laisser ces mêmes jeunes filles baigner dans une éducation à la maison qui valorise la réduction des femmes à une poche de sang et qui les prépare dès le plus jeune âge à l’épreuve de feu: s’infliger l’humiliation d’une visite médicale pour demander à un soignant de les déclarer « halal » aux yeux de leur famille en leur délivrant une certification AVS comme pour le bétail, afin qu’elles soient enfin bonnes à consommer.

Aurélien Taché se gardera de mentionner l’éducation des garçons et des jeunes hommes dans son entretien. Les émanciper, eux, « des traditions de leurs familles » n’est pas au menu. Mais qui est l’autre bénéficiaire direct du certificat de femme halal si ce n’est le futur époux ?

Le prix à payer pour ne pas être privée de sortie

Laisser à des jeunes filles la charge de concilier autant de contradictions sans possibilité d’intervention du législateur pour qu’elles puissent être protégées de la violence sexuelle et psychologique que constitue le processus de délivrance d’un certificat de virginité, pour que leur soit épargné ce conflit de loyauté duquel elles ne peuvent s’extirper qu’en ayant l’impression de trahir leurs parents ou de renoncer à la dignité à laquelle elles ont droit systématiquement en tant que françaises… La charge est bien trop grande pour les épaules des filles de la nation. Le prix est bien trop cher payé pour le confort des politiques lâches, ceux pour qui le droit des femmes à la dignité et aux libertés sexuelles et reproductives sont une sous-cause.

A lire aussi: Farid Benyettou, le seul djihadiste qui tient la porte aux juifs et aime les caricatures

C’est aux médecins d’aller plus loin dans leur « désir de protéger leurs patientes », en se rappelant du serment d’Hippocrate qu’ils ont prêté et qui les engage à respecter « la dignité » de leur patiente et de ne pas laisser « des considérations de croyance ou d’origine ethnique s’interposer » entre leur devoir de respecter cette dignité et leur patiente.

C’est aux parents de se plier inconditionnellement à la devise républicaine qui veut que toutes les filles naissent, grandissent et vivent libres et égales aux garçons en droits. C’est à eux qu’il incombe de rompre avec la chimère qui voudrait que la chasteté de leurs filles soit une garantie de l’honneur de la famille et c’est à eux d’éduquer leur fils aussi dans ce sens.

Et enfin, c’est aux députés, comme Aurélien Taché de légiférer afin que ni les premiers ni les seconds ne puissent faciliter ou imposer les tests de virginité ou toute autre pratique sexiste aux jeunes filles ni aux jeunes femmes françaises, quel que soit le nombre des concernées.

Silence coupable

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Exclusif: les pistes programmatiques d’Eric Piolle pour 2022

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Le maire de Grenoble Eric Piolle n'exclut pas de se présenter en 2022 © ISA HARSIN/SIPANuméro de reportage : 00977354_000012.

Petit guide à l’usage des écolos et autres progressistes de tous poils qui ne se satisferaient pas de l’interdiction du coupage de sapins à Noël, de l’abrogation des rodéos en delphinarium à dos d’orque, ou de la mixité de la bise lors de la remise du maillot de meilleur grimpeur sur le Tour de France.


On n’est plus sûr de rien, m’a dit l’autre jour mon voisin Maurice à la campagne. C’est pas faux. Il est même plutôt vrai qu’au regard des idées ou des obligations qu’on nous impose jour après jour, il n’est pas totalement ridicule de se poser la question, «mais où va-t-on» ? Et même plus précisément, «jusqu’où osera-t-on nous emmener » ?

On croyait avoir touché le fond de la crétinerie lors de la dernière attaque nocturne d’une crémerie par un « gang vegan » ; tutoyé les hautes sphères de la bêtise avec la pose de panneaux de signalisation en langage inclusif ; atteint les sommets de la connerie en découvrant que 40% des déchets triés étaient en fait brûlés ou enfouis. On s’était frotté les yeux devant l’opportunisme de certaines échoppes de grande distribution obligeant désormais leurs clients à acheter des sacs en toile de jute « pour respecter la planète », après avoir été les plus gros contributeurs de sa pollution.

La « convention citoyenne sur le climat » – dont le collège « représentatif » de votants a été constitué en acceptant les refus (ce qui n’est donc pas un gage de neutralité) – a déjà proposé la suppression des moteurs thermiques et de certaines publicités. Voici, rangées par thématiques, les quelques réformes que nous proposons à notre tour aux hommes politiques en mal de projets en matière de « sanctuarisation et respect du vivant » ou de « disparition de la gabegie productiviste ».

Pollution: baisser les feux

Il est urgent de réduire les émissions de particules. Nous conseillons donc aux prochains gouuvernants d’interdire totalement toutes les flambées en cheminée ouvertes ou fermées. Comme d’ailleurs les barbecues au charbon l’été. Les utilisateurs du feu de bois pour le chauffage par insert seront priés de faire installer des conduits à bouts filtre ou de se débrouiller pour s’acheter des pompes à chaleur fabriquées à 90% en Chine.

Voyages, mort aux TGV 

On le sait assez peu, mais un TGV ça pollue. Au moins autant qu’un avion de ligne. Pour rouler à 320 km/h en reliant Paris à Marseille une motrice dévore pas moins de 16 Mégawatts en un peu plus de deux heures. Bon, le même trajet un Boeing bouffe 6000 litres de kérosène… mais enfin multiplié par le nombre de TGV qui roulent par jour cela fait de la SNCF un des plus gros consommateurs d’électricité. Donc un des plus gros fabricants de déchets issus de la fission des atomes d’uranium qu’on devra un jour enfouir en sous-sol. Il est donc urgent de supprimer le TGV et de revenir à la charrette à bras ou au pousse-pousse.

Animaux, lâchons les chevaux

Le chômage enfin promis à ces négriers de dompteurs de tigres ne suffit pas. Envoyons aussi les écuyères aux Assedic. Il est totalement anormal qu’au XXIème siècle, cette catégorie de femmes –  souvent habillées court et, portant bas couture –  puisse faire encore le tour des pistes de cirques, perchées debout sur le dos de pauvres bêtes. Canassons élevés – et donc  asservis –  par des familles souvent issues de l’immigration italienne, habitant en roulotte en période de tournée et donc exonérées de taxe d’habitation et ne payant pas d’abonnement EDF.

Libérons aussi les otaries. Cela fait trop longtemps que ces pauvres mammifères marins pinnipèdes applaudissent des deux nageoires à chaque fois qu’ils parviennent à faire tourner un ballon sur leur nez. Et ceci pour trois fois rien. Activité rémunérée la plus souvent a coup de  poignées de maquereaux. Poissons dont la fraîcheur n’est jamais vérifiée par la DGCCRF.

Libérons enfin les hamsters, dont le seul exercice consiste à courir en cage dans une roue en plastique (ou branchons enfin ces rouleaux inutiles à une dynamo afin que les efforts de ces rongeurs ne restent pas vains). Enfin célébrons le travail remarquable de l’ALS association  pour la libération des souris. Ces pauvres bêtes restant  encore trop souvent attachées aux ordinateurs.

Énergies renouvelables, gaz à effet de cerfs 

À l’heure où les centrales au méthane fleurissent un peu partout en France – généreusement subventionnées à grands coups de millions par l’État – au point que les producteurs de maïs consacrent désormais une part non négligeable de leurs plantations à la culture d’épis dédiée à la fermentation, il n’est pas normal que la production de méthane ne soit règlementée qu’à la campagne. On punit déjà le bruit en ville. Bannissons aussi les mauvaises odeurs émises par l’homme ou récupérons-les, quelle que soit leur provenance, pour les transformer elles aussi en énergie. Inventeurs à vos croquis.

Appellations: gare à la ségrégation

On s’était déjà félicité quand la très respectable NASA avait pris la louable initiative de débaptiser la « Nébuleuse de l’Esquimau » et la « Galaxie des Jumeaux Siamois », reconnaissant que ces appellations pouvaient être offensantes pour les Inuits, les populations portant des capuches fourrées ou les membres d’une même famille nés trop proches. Eskimo étant comme chacun sait, largement considéré comme un terme colonial, imposé aux peuples autochtones des régions arctiques.

Cette belle initiative doit être prolongée. Nous proposons donc de rebaptiser également certains  établissements comme l’hôtel Negresco à Cannes, bien trop racisant. On pensera à féminiser Noisy-le-Grand et à atténuer un peu Bourg-la-Reine par évident respect. Pour les grandes marques, Oncle Ben sera rebaptisé « riz du frère de mon père Benjamin ».

Racisme, halte aux pensées sombres   

Ça fait aussi trop longtemps qu’on autorise les déprimés à penser de manière négative. Une grande campagne de positivisme ambiant devra donc être lancée, appuyée comme il se doit par une distribution générale d’antidépresseurs. Cette politique aura pour principale vertu de stopper net la pratique excluante et raciste consistant à broyer du noir.

Télévision: assez de rediffusions 

Flipper le dauphin sera interdit d’antenne, au même titre que l’Ile aux Enfants mettant en scène un dinosaure orange en captivité, ainsi que Skipy le kangourou, Poly le poney ou Belle et Sébastien. Une version revisitée de l’Ile fantastique sera mise à l’étude. Son scénario bannira le personnage de petite taille connu sous le nom de Tatoo le nain. Au pire on lui paiera des échasses.

Sports et loisirs

Enfin on supprimera évidemment les courses de lévriers et celles de chevaux. Et on interdira le trot attelé et surtout assis, sans oublier les manèges de chevaux de bois.

On bannira la chasse, sauf celle à courre avec robots animaliers. Les sangliers, qui pullulent déjà, pourront enfin devenir des animaux de compagnie. On interdira aussi le miel, depuis trop longtemps volé aux abeilles.

Il restera un tour de France exclusivement mixte.

Quand on aura redressé tous ces torts, combattu toutes ces injustices et libéré toutes ces minorités asservies, alors seulement la vie sera enfin plus belle.

Plus de tigres à Fort Boyard, Félindra bientôt au chômage

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© ROUSSIER/SIPA Numéro de reportage : 00263431_000007

La pasteurisation de la société française continue, les tigres du jeu télévisé Fort Boyard ne seront bientôt plus en cage. Et vous ? La productrice qui a validé la décision préfère enfermer ou affamer les humains, sans que cela ne choque plus personne.


Felindra devrait bientôt allonger la liste des inscrits à Pôle Emploi sur Fouras (Charente-Maritime). Pour tous ceux qui ont eu dix ans au tournant des années 90 et dont l’enfance a été bercée par le jeu télévisé « Fort Boyard », c’est une information qui serre le cœur.

Anticipant la probable interdiction à venir des animaux sauvages dans les cirques itinérants, la production de l’émission a décidé de se séparer de ses félins. C’est le Parisien qui nous apprenait la nouvelle la semaine passée. Le départ sera toutefois progressif. Le tigre Kali, 15 ans, part à la retraite et ne sera pas remplacé. Restent deux derniers fauves dans la salle au trésor. Mais pour combien de temps? Les tigres étaient-ils maltraités? Pas que l’on sache. Ont-ils démérité à surveiller les précieuses pièces d’or? Non plus.

Hugo Clément mauvais joueur

La décision de retirer progressivement les tigres du programme estival semble faire consensus. Tout le monde s’accorde pour dire que Félindra n’avait qu’à pas se lancer dans une carrière d’esclavagiste d’animaux mignons.

Cette décision intervient dans un contexte de montée en puissance de la prise de conscience de la souffrance animale. Alors que les éditorialistes glosent à n’en plus finir sur l’ensauvagement de la société des hommes, cette empathie pour les animaux grandit. C’est plutôt une bonne nouvelle, mais Olivier Minne ne pourra plus clamer son légendaire “Felindra, tête de tigre !” Cette cancel culture écolo mêlée de protection animale aura eu la tête de la dompteuse.

A lire ensuite, Olivier Minne: Hollywood confidential

À l’origine de ce petit scandale télévisuel, nous retrouvons Hugo Clément, l’impayable justicier écolo, ex-ami de Yann Barthès et compagnon d’une de nos Miss France. L’animateur d’émissions engagées avait menacé cet été: tant que les tigres seraient présents, il ne retournerait plus relever les défis du Fort. Sitôt rentré à Paris, il met sa menace à exécution en lançant un vibrant appel sur les réseaux sociaux. “Très engagé pour la cause”, le journaliste demande à ALP [Adventure Line Productions, la boite qui produit le jeu NDLR] d’”évoluer sur la question des animaux”, précise le Parisien.

Alexia Laroche-Joubert dans le sens du vent

Appel entendu par la productrice Alexia Laroche-Joubert. L’ex-dirlo de la Star Ac’ (surtout connue du grand public pour se trémousser sottement sur le plateau de Nikos Aliagas) est la patronne de Adventure Line Productions. Elle a déclaré : « nous sommes très soucieux et attentifs au bien être de nos tigres. » Même si les tigres nous manqueront, la protection animale est une noble cause. Mais dans cette affaire, Alexia Laroche-Joubert ne se donne-t-elle pas le beau rôle? Soucieuse et attentive du bien être des tigres? On aimerait qu’elle ait toujours un tel souci éthique. Prendre soin de nos amis les bêtes est bel et bon, mais en est-il toujours de même pour les candidats de ses émissions?

Alexia Laroche-Joubert Photo: DR

Adventure Line Productions produit par exemple Koh Lanta (déclinaison du jeu “Survivor”), où les animaux ne sont pas maltraités, mais où le chacun pour soi est glorifié, et où tous les moyens sont bons pour gagner. C’est simple, c’est la loi de la jungle. Ce programme controversé laisse crever de faim des Occidentaux sur une île, alors que la famine – la vraie – n’est pourtant pas éradiquée dans le monde… Il y est conseillé de comploter contre son prochain, encouragé en ce sens par la voix agaçante de Denis Brogniard, et on y repousse sans cesse les limites physiques. Pour l’image, rien n’est trop beau pour obtenir plus de sueurs, et plus de risques de la part des candidats. Un candidat était mort noyé en 2013 d’une crise cardiaque. Cette année, un candidat est décédé des suites d’un cancer quelque temps après une blessure sur le tournage. Dans la presse et sur les réseaux sociaux, la production en fait des caisses et “capitalise” sur cet évènement tragique. Même si c’est avec l’accord de la famille, ce mélange de divertissement et de mort, c’est un peu comme si nous étions revenus à l’époque des jeux de la Rome antique.

La télé s’ensauvage depuis deux décennies

On ne va pas accabler les producteurs de téléralité. Mais est-on sûr que leurs émissions n’y sont vraiment pour rien dans la déchéance de notre Loana nationale, ou dans le suicide de François-Xavier du Loft? Quand dix personnes perdent la vie en hélicoptère sur le tournage de Dropped (oui, c’est toujours Adventure Line Productions), le jeu s’arrête. Les appareils auraient-ils pris des risques inconsidérés pour obtenir les images les plus spectaculaires ?

Alexia Laroche-Joubert avait fait entrer le loup dans la bergerie en important en France le concept de télé-réalité Big Brother en 2001. Avec un autre “fils de” – Benjamin Castaldi -, elle avait lancé Loft Story sur M6. Malgré les protestations, nombreuses à l’époque, il était devenu normal d’enfermer une dizaine de personnes pour les filmer, les regarder se chercher des poux sur la tête ou s’ébattre dans une piscine. Bascule civilisationnelle majeure ! Même si des psychologues étaient là pour parer à toute dérive, nous rassurait-on alors.

Nous décidons aujourd’hui que les tigres seront bientôt protégés des terribles dresseurs de cirque. En d’autres temps, nous aurions tout aussi bien pu légiférer pour protéger la jeunesse ou la société de spectacles voyeuristes et de jeux aux règles perverses. On peut ne pas aimer la télé-réalité, on ne va pas interdire le mauvais goût à la télévision. Mais les vedettes qui donnent des leçons sur la maltraitrance animale seraient bien inspirées de se pencher aussi sur la question du respect de la personne humaine. Bien surveillés par Felindra, les tigres de Fort Boyard n’ont jamais tué personne.

Val-de-Marne: des petits caïds qui n’impressionnent personne?

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Après l'attaque dont ont été victimes leurs collègues dans la nuit du 10 au 11 octobre, des policiers manifestent devant le commissariat de Champigny sur Marne le 12 octobre. © MARTIN BUREAU / AFP.

À Champigny-sur-Marne, le commissariat a été attaqué par une quarantaine d’individus le week-end dernier. Les policiers n’ont pas riposté. Cet épisode démontre que l’État se refuse à faire respecter son autorité.


Si on en croit le ministre de l’Intérieur, « les petits caïds n’impressionnent personne ». Gérald Darmanin se trompe. Après l’attaque du commissariat de Champigny à coups de projectiles joliment appelés « feux d’artifice de mortiers », c’est-à-dire de feux d’artifice customisés en bombes incendiaires, toute la France est saisie d’effroi – et avec elle, une bonne partie des policiers, ce qui est encore plus inquiétant.

Certes, les agressions ou traquenards de policiers par des jeunes des cités sont monnaie si courante que la plupart du temps, on n’en parle même pas. Sauf que maintenant, c’est avec intention sinon de tuer, au moins de blesser et de terroriser. On se rappelle les policiers brûlés vifs dans leur voiture à Viry-Châtillon ; la semaine dernière, deux autres étaient « massacrés » à Herblay ; et on apprend dans Le Figaro que l’attaque de Champigny est au moins la neuvième contre un commissariat depuis le début de l’année. Alors oui, on a quelques raisons d’être impressionné.

Même la gauche est gênée

On est surtout lassé d’entendre et de prononcer les mêmes mots.
Bien sûr, on a droit aux  habituelles variations excusistes sur le thème « tout ça c’est parce que la République n’a pas tenu ses promesses ». On nous expliquera encore qu’il faut repeindre les cages d’escalier, financer des associations et instaurer des quotas. On a repeint des milliers de cages d’escalier – sans doute pour le bien-être des dealers. On a financé des milliers d’associations – pour la grande joie des islamistes. Quant aux quotas, ils arrivent plus ou moins masqués, de France télévisions à l’ENA. Tout cela ne semble pas calmer ces pauvres victimes de la France raciste et coloniale.

A lire ensuite, Elisabeth Lévy: Flics Lives Matter

Il est vrai que ce discours, qui n’a qu’un rapport lointain avec la réalité, est de plus en plus minoritaire – même à gauche, il commence à gêner.

Comme d’habitude, le camp de la fermeté, y compris votre servante, déplore donc en chœur la crise de l’autorité et la faiblesse de la réponse pénale qui nourrit le sentiment d’impunité. Gérald Darmanin veut interdire par une loi la vente au public des mortiers d’artifice. J’ai d’abord cru à une blague, tant cette mesure semble dérisoire alors que des kalachs circulent. Cependant les policiers semblent assez preneurs de cette prohibition. Espérons simplement que l’État a d’autres tours dans son sac.

L’État a cédé le monopole de la violence aux voyous

Bien entendu, le ministre a également promis que les coupables seraient châtiés. Encore faut-il qu’on les attrape, et si on les attrape, qu’on les condamne. Dans notre État de droit, on ne condamne pas sans preuve. Tant mieux. Mais il n’est pas simple de prouver l’implication directe d’éventuels suspects.

Derrière cette demande unanime de fermeté, le bossuetisme bat son plein (pour ceux qui séchaient le français, on déplore les effets dont on chérit les causes). Les mêmes hurlent si on note trop sévèrement leur enfant et se lamentent sur la crise d’autorité. Les partisans de l’accueil inconditionnel des migrants pleurnichent parce que le nombre de familles monoparentales ou totalement destructurées explose. Ceux qui manifestent tous les quatre matins contre les violences policières s’émeuvent aujourd’hui du sort des policiers attaqués. Bref, si nous commençons à entrevoir ce que nous voyons, il n’est pas certain que nous soyons prêts à nous attaquer aux racines du mal français.

En attendant, le sentiment qui domine chez les Français, c’est l’incompréhension. On nous répète que ce sont des minorités qui prennent des quartiers en otage. Comment expliquer l’impuissance de l’État face à cette violence ?

A lire aussi, Martin Pimentel: Le poids des mots, le flop des tribunaux

Le problème ne tient pas à nos lois ni même à nos juges mais au rapport de forces.

Il y a déjà une dissymétrie structurelle entre l’État et les voyous : l’État est contraint par ses lois. C’est notre grandeur.

Mais à celle-ci, s’en ajoute une autre, fort problématique. On dirait que le monopole de la violence n’appartient plus aux représentants de l’État mais à ceux qui transgressent les lois, pourrissent la vie des pauvres et cassent du flic. Une situation résumée par la situation de policiers terrés dans leur commissariat derrière des portes blindées. Que se serait-il passé si les assaillants avaient réussi à pénétrer dans le bâtiment ? La hiérarchie leur aurait-elle ordonné de sortir les mains en l’air en agitant un drapeau blanc ?

Osons l’autorité

La vérité, c’est que l’usage de la force ne semble plus être une option. Et la France est sans doute la seule démocratie où il en va ainsi. Même quand ils sont agressés, les policiers ne se servent presque jamais de leur arme. La consigne est « pas d’effusion de sang », quoi qu’il en coûte. On sait donc par avance que les policiers ne se serviront pas de leurs armes. Ce qui revient à céder à un chantage qui n’est pas toujours implicite : si un jeune est blessé dans des affrontements avec la police ou se tue en moto en essayant de lui échapper, vous aurez des émeutes. Or, depuis 2005, l’émeute est le cauchemar de nos gouvernants. Même la Justice subit cette intimidation : dans l’affaire Traoré, tout le monde redoute les conséquences d’un éventuel non-lieu, qui serait assez logique dès lors que les gendarmes n’ont même pas été inculpés (ce qui prouve que les juges n’ont vraiment rien trouvé à leur reprocher).

A lire aussi, Erwan Seznec: La vérité sur l’affaire Adama Traoré

Personne ne souhaite avoir une police d’excités défouraillant à tout-va. Mais entre des cow-boys tirant sur des voleurs de pomme désarmés et des policiers terrorisés à l’idée de se servir de leur arme, il y a la légitime défense et l’ordre public. Resteraient-ils l’arme au pied si des émeutiers attaquaient l’Assemblée nationale ?

Le souci de la vie humaine est très respectable. Mais proclamer urbi et orbi qu’on ne prendra jamais le risque de faire couler le sang face à des gens qui eux, n’hésitent pas à le faire couler, c’est un désarmement unilatéral – en clair, une reddition. Ces voyous n’ont pas peur de la prison, où ils ont peu de risques d’aller. Mais ils ont peur de mourir. Exploiter cette peur n’est en rien condamnable, c’est la définition même de la dissuasion. Si vous savez que je me défends quand on m’attaque, vous prenez un risque en le faisant. Donc il y a moins de chances pour que vous le fassiez. CQFD. On ne peut pas se lamenter sur la faiblesse de l’État et refuser qu’il puisse se servir de la force. Comme il en a le droit.

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Fratelli Tutti, l’encyclique qui appuie là où ça fait mal

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Vatican, avril 2020 © Grzegorz Galazka/Mondadori Portf/SIPA Numéro de reportage: SIPAUSA30211348_000034

Le catholicisme n’est pas au service des intérêts des dominants comme le croit trop souvent une droite qui voit en lui un outil pour le maintien de l’ordre. La réponse du communiste Jérôme Leroy à Aurélien Marq


J’ai lu avec intérêt la charge d’Aurélien Marq car elle est parfaitement représentative de la manière dont une partie de la droite française a toujours considéré le catholicisme, c’est-à-dire comme un moyen de maintenir l’ordre social. La Foi, le message évangélique n’a que de peu d’importance pour cette droite-là.

Il suffit de songer à Charles Maurras qui toute sa vie a été un fieffé mécréant, qui croyait plus à la lumière grecque qu’à la douceur corrégienne de  la Vierge immaculée. « Je suis athée mais catholique » répéta-t-il à l’envi toute son existence avant que sur son lit de mort, « il n’entende quelqu’un venir » : il était temps mais dans une perspective janséniste, on peut penser que le Royaume des Cieux lui a été ouvert comme au fils prodigue ou à l’ouvrier de la onzième heure.

Bobo 1er au Vatican?

Le Pape ne convient pas à Aurélien Marq parce qu’il serait de gauche, mondialiste et même depuis l’encyclique Laudato si, écologiste. Un cauchemar ! Bobo 1er au Vatican !

Bref un pur fruit de ce qu’on a appelé la théologie de la Libération même si en ce qui concerne François les choses sont un peu plus compliquées et qu’il n’a pas été celui qu’il est maintenant sous la dictature militaire argentine. Mais le Pape n’a pas à convenir ou pas aux intérêts politiques des uns et des autres. On peut aimer son message, on peut ne pas l’aimer mais si on est croyant, on l’accepte. On rappellera le dogme de l’infaillibilité pontificale qui s’impose à tout catholique. À tout catholique réel, pas de manière ornementale à la façon de Maurras.

A lire ensuite, François Dubreil: Qu’est-ce qu’une cathédrale?

Je ne sais pas quel rapport Aurélien Marq entretient avec la religion de nos pères, et cela ne me regarde pas. Pour préciser les choses, en ce qui me concerne, mon communisme n’a jamais été incompatible avec le message évangélique, bien au contraire. Je pense que les Actes des Apôtres sont un texte aussi émancipateur que Le Manifeste. Cette apparente contradiction a pourtant été très répandue à une époque, notamment en France, en Italie et en Amérique Latine. On peut la résumer dans les propos de Dom Helder Camara, archevêque de Récife sous une autre dictature militaire, la brésilienne : «  Quand je donne à manger aux pauvres, on dit que je suis un saint, quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on dit que je suis un communiste. »

La Maison commune

Question de Foi, précisément. Si l’encyclique Fratelli Tutti rend si furieux les milieux ultraconservateurs, c’est parce qu’elle pousse jusque dans ses conséquences pratiques le message évangélique. Placée, comme Laudato si, sous le signe de François d’Assise, elle invite à constater l’état du monde aujourd’hui, et ce n’est pas gai, sauf pour cette part de plus en plus infime de la population hors-sol des hyper-riches.

Ce séparatisme social, François se contente d’indiquer le chemin pour y mettre fin : « Protéger le monde qui nous entoure et nous contient, c’est prendre soin de nous-mêmes. Mais il nous faut constituer un ‘‘nous’’ qui habite la Maison commune. Cette protection n’intéresse pas les pouvoirs économiques qui ont besoin d’un revenu rapide. Bien souvent, les voix qui s’élèvent en faveur de la défense de l’environnement sont réduites au silence ou ridiculisées, tandis qu’est déguisé en rationalité ce qui ne représente que des intérêts particuliers. »

Aurélien Marq n’a plus envie de dire « nous ». C’est son affaire. Mais il n’a pas à faire son marché dans le catholicisme pour y prendre ce qui l’arrange et puis pourrait peut-être l’intéresser, comme cette critique orwellienne d’un monde où la novlangue règne universellement au profit du Big Brother libéral: « Un moyen efficace de liquéfier la conscience historique, la pensée critique, la lutte pour la justice ainsi que les voies d’intégration consiste à vider de sens ou à instrumentaliser les mots importants. Que signifient aujourd’hui des termes comme démocratie, liberté, justice, unité ? Ils ont été dénaturés et déformés pour être utilisés comme des instruments de domination, comme des titres privés de contenu pouvant servir à justifier n’importe quelle action. « 

A lire ensuite, Céline Pina: Sophie Petronin, l’otage qui affectionne les jihadistes

Je suis d’autant plus à l’aise pour défendre le Pape François qu’en d’autres temps, dans ses colonnes, j’ai dit plusieurs fois tout le bien que je pensais de son prédécesseur Benoît  qui enchantait la droite parce qu’il semblait plus rigide sur les questions doctrinales et envoyait un message sur les mœurs qui tenait explicitement du rappel à l’ordre quand bien même il condamnait, lui aussi, cette manière de mettre l’homme ou service de l’économie et non le contraire.

Je n’ai aucun problème avec les papes en général. Celui-ci convient à mon coeur, mais le précédent aussi. Pour être doux comme François, il faut être clair comme Benoît. J’oserais, je dirais que c’est là un mouvement hégélien qui amène vers la Cité de Dieu ou le communisme : c’est la même chose à la fin.

Yannick Jadot, c’est dur d’être aimé par des cons!

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Yannick Jadot à Lille, 23 juin 2020 © Denis ALLARD/Leextra via Leemage.

En critiquant les dérives sectaires de certains maires écolos, l’eurodéputé vert se pose en futur leader de la gauche. Mais peut-on être le rassembleur de gens qui traditionnellement n’aiment pas être rassemblés? Et peut-on être vraiment présidentiable, quand on est si sage?


C’est certainement, oui, un bon mari, un bon père, un bon camarade, Yannick Jadot. On l’aimerait plus si on le connaissait mieux, mais les Français en ont-ils envie ? Ce n’est pas sûr. Plus on l’entend, moins on le voit. Plus il se distingue, plus il paraît lointain. Pour une fois, olé !, il a haussé le ton : les propos de certains ultras – les maires écologistes Grégory Doucet à Lyon et Pierre Hurmic à Bordeaux – contre le Tour de France et les sapins de Noël l’ont scandalisé. Les talibans verts, no pasarán ! Halte à l’écologie punitive ! Quand les nouveaux élus, grisés de leur prépondérance acquise aux municipales, déconnent, il accourt, il calme le jeu, il fait tomber la fièvre.

A lire aussi, dossier spécial: Causeur: le coup de gueule de Robert Ménard contre les maires écolos

En prenant par petites touches ses distances avec l’appareil d’EELV, Jadot, 53 ans, semble se préparer aux prochaines échéances électorales. Il veut rassurer – en se séparant un peu, mais pas trop des siens – et il prend date. Si les Verts reçoivent une claque aux régionales de 2021, son cavalier seul le rendra-t-il plus crédible ? Il le croit.

Jadot président ?

On a compris ce qu’il veut, mais on ne sait pas encore qui il est, ni ce qu’il incarne vraiment. Une espérance à gauche ? Ce n’est pas assez. Au centre ? Il y songe. À droite ? Il n’ose pas encore. Peut-il franchir le Rubicon, lui, un fils d’instituteur – son père a autrefois milité au Ceres ? Non, ce ne serait pas convenable. Pourtant, rien ne se fera sans eux au plan national. Quand la maison brûle, a-t-on le droit de dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau ?

De l’intelligence politique, il en a, mais a-t-il de l’instinct ? Saura-t-il tâter comme il faut la bête France et flairer le vent de l’occasion, comme ont su le faire avant lui les maquignons suprêmes de la République, De Gaulle, Chirac ou Mitterrand ? Est-il dangereux ? On ne se pose pas encore la question. Est-il assez fou pour y croire lui-même ? Ce n’est pas dit.

On peut lire sur son bon visage ses soupçons et ses craintes. C’est un anxieux, Jadot. On le comprend. Cohn-Bendit croit qu’on l’aime, il a raison. Jadot semble douter même de ses amis, il n’a pas tort. Ses pires adversaires sont à l’intérieur de son propre parti.

Chez les Verts, depuis toujours, on est fâchés ; on a un penchant pour le schisme, la sécession, l’esclandre. L’écologie a été une école de dissidence : elle le reste, même si aujourd’hui la plupart des Français y voient moins un programme politique qu’une nécessité vitale.

A lire ensuite: Bienvenue dans l’enfer vert

Jadot veut rassembler, c’est ce qui le rend suspect aux yeux de sa famille. Chez les Verts, il est indécent d’être majoritaire ! Il ne peut ne serait-ce que le vouloir sans être aussitôt accusé par ses paroissiens de mauvaises pensées. Un conciliateur ? Un renégat, oui ! On ne trahit que les siens. On hait mieux ceux qu’on a trop aimés. Aujourd’hui, en France, les minorités, c’est tout le monde, la majorité, c’est personne – on se croirait presque en Amérique ! Comment devenir le chef sans être aussitôt révoqué en songe par ceux qui n’ont pas voté pour vous ou pas voté du tout ?

Il y a les féministes, les antispécistes, les régionalistes, les pro-européens, les souverainistes, les tiers-mondistes, les gauchistes, les réacs et même ici ou là un facho égaré. Il y a les utopistes et les pragmatiques, ceux qui trouvent que le capitalisme, ce n’est pas si mal, ceux qui croient que Greta Thunberg, c’est Jeanne d’Arc, ceux qui pensent qu’elle devrait retourner à l’école, etc. Ils ne sont unanimes que sur Flamanville, les carottes vapeur et le soja bio. Pour parvenir à ses fins, il faudrait que Jadot allie un projet raisonnable – ce n’est pas impossible – et une ambition folle – ça, s’il ne l’a pas déjà, il ne l’aura jamais.

Ce qui nous manque : un élan, une secousse, une ivresse.

N’est-il pas trop sage ? On aimerait parfois qu’il soit ridicule – « c’est une chose superbe, le ridicule, à notre époque », disait Françoise Sagan. On se souvient de Macron pendant sa campagne présidentielle, soumis à son dessein, voué à son rêve, à demi-ahuri à demi-inspiré, en nage, vociférant comme un prophète. On n’imagine pas une seconde Jadot se mettre dans cet état-là, si ? Et lui, qu’est-ce qu’il imagine ?

Marseille, le séparatisme au quotidien

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Jean-Claude Gaudin et Michèle Rubirola, juillet 2020 © Alain ROBERT/SIPA Numéro de reportage: 00971111_000004.

Mépris de la réalité, idéologies gauchisantes… Avec le Printemps marseillais, leur nouveau bloc majoritaire municipal, la situation sécuritaire des Marseillais ne peut qu’empirer.


Des élus des deux rives soupçonnés d’avoir mis en place un système de vraies-fausses procurations électorales lors du dernier scrutin municipal; une deuxième adjointe au Maire qui explique, sans complexe, qu’elle demandera à sa police municipale de ne pas appliquer la décision préfectorale de fermeture temporaire des bars et restaurants, prise pour répondre à la situation d’urgence sanitaire ; un ancien entraîneur du club de football professionnel de la ville placé en garde à vue avec le gratin du grand banditisme local, avant d’être mis en examen pour association de malfaiteurs : c’est là le triste quotidien de Marseille, une ville où le séparatisme, sous toutes ses formes, se cultive de longue date. Et tout indique que le mouvement n’est pas prêt de s’inverser.

A lire aussi, notre numéro d’octobre: Causeur: le coup de gueule de Robert Ménard contre les maires écolos

Attendue depuis le drame de la rue d’Aubagne, la déroute électorale de l’ancienne équipe municipale – qui depuis 25 ans a mis cette ville dans l’état où elle se trouve aujourd’hui – est salutaire. Mais cette défaite ne laisse guère d’espoir pour l’avenir. En effet, Marseille passe aujourd’hui d’un séparatisme « clientelo-affairiste » à un séparatisme « écolo-gauchiste », tout aussi préoccupant ; la nouvelle majorité – mélange de bobos ahuris, de socialistes recyclés, de communistes patentés et d’activistes divers et variés (antifa, féministes, racialistes, etc.) – incarnant, jusqu’à la caricature, l’idéologie du progressisme libéral-libertaire.

Élucubrations sémantiques

Un simple coup d’œil sur les intitulés des délégations des adjoints au Maire suffit à planter le décor surréaliste de la comédie qui se joue sur le Vieux Port : le 1er adjoint est chargé de l’action municipale « pour une ville plus juste, plus verte et plus démocratique » ; la quatrième adjointe se voit attribuer « la modernisation, le fonctionnement, la transparence et la qualité des services municipaux » ; le 5ème adjoint récupère « la culture pour toutes et tous, la création et le patrimoine culturel » ; le 7ème adjoint hérite « des finances, des moyens généraux et des budgets participatifs » ; à la 10ème adjointe reviennent « l’urbanisme et le développement harmonieux de la ville » ; la délégation de la 14ème adjointe vise « la place de l’enfant dans la ville », celle du 18ème adjoint mentionne « la transition écologique et le collège du futur », etc. Bref, c’est la « Cité radieuse » qu’entendent construire les nouveaux Maîtres de Marseille.

Le séparatisme politique marseillais se caractérise par son mépris de la réalité

Les élucubrations sémantiques du Printemps Marseillais (car ainsi se nomme le bloc majoritaire au Conseil municipal) s’accompagnent aussi d’actes tout aussi délirants… Ainsi, dans un domaine aussi sensible que la sécurité, cédant aux lubies des collectifs anti-flics dits de défense citoyenne, l’adjoint en charge du dossier annonçait au début du mois d’octobre un moratoire sur le développement des caméras de vidéo-surveillance (qui, chacun le sait, portent gravement atteinte aux libertés fondamentales). Quelques jours plus tôt, le Maire de Marseille par intérim, Benoît Payan, déclarait, lui, que la ville était prête à accueillir les presque 300 migrants du Louise Michel, un navire de « sauvetage » cherchant un port d’accueil sur les rives de la Méditerranée.

Territoire en perdition

On le voit, mélange d’amateurisme, de naïveté et d’idéologie droit-de-l’hommiste, le séparatisme politique marseillais se caractérise à l’heure actuelle par son mépris de la réalité.

Alors que la ville est rongée par la misère, comme le démontre l’insalubrité des logements (en centre-ville comme dans les bidonvilles des Quartiers Nord), les trafics de stupéfiants, l’islamisme radical et une délinquance ultra-violente en pleine augmentation – le premier été du « vivre ensemble » devrait, sur ce dernier point, avoir déniaisé les plus crédules -, les édiles persistent à faire de Marseille une ville « ouverte », autrement dit un territoire en perdition.

Le pays réel le sait : le premier des fléaux qui frappe Marseille, c’est bien évidemment l’immigration. Massive, galopante, incontrôlée : peu importent les termes choisis, le fait est que Marseille est devenue la capitale du Grand remplacement. On ne parle plus ici de séparatisme, mais bel et bien d’une partition effective et consommée. Commerces communautaires, salles de prières, cafés exclusivement fréquentés par des hommes, femmes voilées, mépris des règles les plus élémentaires du vivre ensemble, à commencer par la courtoisie ; certains arrondissements ont basculé dans un « autre monde » qui est à la civilisation occidentale ce que le Dark web est à l’Internet.

A lire ensuite, Martin Pimentel: L’arrêt-maladie qui a gâché la campagne de Michèle Rubirola à Marseille

Séparatisme avez-vous dit ? Qui peut en douter ? Mais qui peut croire également que les mesures annoncées par le chef de l’État – à commencer par l’apprentissage de l’arabe – sont de nature à contenir le phénomène observable, grandeur nature, à Marseille ? Et pourtant il y a urgence car, sur ce sujet, comme sur la « violence, la drogue, l’affairisme, les magouilles (…), Marseille n’est (…) que l’illustration visible des malfaçons de la République française »[tooltips content= »Philippe Pujol, La Fabrique du monstre, Paris, Points, 2016, pp. 264-265. »](1)[/tooltips].

Sexe, masques et bricolage

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D.R.

Quoi faire et ne pas faire en période de « distanciation sociale »


À l’ère du Covid-19, les médecins réécrivent le Kama-sutra pour notre plus grand bien.

Dans un communiqué de presse, rendu public début septembre, la responsable de la santé publique au Canada, Theresa Tam, incite vigoureusement ses concitoyens à pratiquer « une sexualité en solo », l’onanisme étant jugé comme l’activité sexuelle la moins à risque. Quant aux couples ou amants d’un soir aux mœurs libertines, Theresa Tam leur recommande de porter le masque, ce nouveau préservatif sanitaire, et de faire en sorte que « les visages ne se touchent pas ou ne soient pas près l’un de l’autre ». Exit les préliminaires qui se prolongent dans une jouissance de plus en plus retardée. Un va-et-vient, des coups de bassins, du gel hydroalcoolique et un masque à portée de main : on en frissonne d’érotisme. Ces recommandations sanitaires puisent leur inspiration dans un guide pratique pondu en mars dernier et révisé au mois de juin par le département santé de la ville de New York. Prônant l’utilisation de tout ce qui peut réduire le contact face à face entre les partenaires, le guide ajoute ce conseil sibyllin : « Faites l’amour de manière coquine. Soyez créatifs avec les positions sexuelles et les barrières physiques, comme les murs. »

Les murs ? Pour la réponse, retour au Canada : le British Columbia Centre for Disease Control précise qu’il s’agit d’utiliser un « Glory Hole », un trou dans le mur, qui laisserait dépasser un bout de chair du partenaire disponible pour faire des petites folies tout en étant à l’abri. Pour que ce soit encore plus explicite, une conseillère municipale de Toronto, Kristyn Wong-Tam, a tweeté une infographie ludique illustrant les pratiques sexuelles sans risque, dont la fameuse recommandation sur les « Glory Holes », où l’on voit à travers un trou dans un mur un pouce levé en signe d’approbation. Messieurs-dames, à vos perceuses !

Coup de bambou pour la presse anglaise

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Photo D.R.

La liberté de la presse menacée par les activistes d’Extinction Rebellion au Royaume-Uni


« La liberté de la presse est un droit. Cette déclaration n’émane pas du militant d’une lointaine dictature, mais d’un sujet de Sa Gracieuse Majesté. Durant un week-end en septembre, les écolos radicaux d’Extinction Rebellion ont bloqué la distribution des journaux de Rupert Murdoch, des titres conservateurs et populistes comme The Daily Mail ou The Sun.

A lire aussi: Causeur: le coup de gueule de Robert Ménard contre les maires écolos

La raison de cette agit-prop : ces journaux ne traitent pas assez du problème du réchauffement climatique. Nos « extrême chauffistes » ont en effet une vision étrange de la liberté de la presse : « Notre système démocratique est menacé à cause de l’échec d’un gouvernement qui ne cesse de nous mentir. Nos médias sont dirigés par cinq personnes puissantes qui ont investi dans l’industrie fossile. » En somme ces enfants gâtés se roulent par terre si leurs caprices ne sont pas exaucés. Pour arriver à leurs fins, ils ont construit des sortes d’échafauds en bambou (écologie oblige), qui ressemblaient à des tentes d’Indiens. Ils ont été démontés par la police qui a arrêté 72 de ses hurluberlus à Glasgow.

Boris Johnson est monté au créneau : « La liberté de la presse est vitale pour le gouvernement et les institutions afin d’appréhender les problèmes de notre nation, y compris ceux du changement climatique. » Lorsqu’ils en auront fini avec les sapins de Noël, nos écolos pourront eux aussi s’attaquer à la remise au pas de la presse.

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« L’économie française est sérieusement affectée par la crise sanitaire »

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Jacques Sapir Photo: Hannah Assouline

Jacques Sapir, né le 24 mars 1954 à Puteaux, est un économiste français. Ses positions hétérodoxes très marquées sur divers sujets et son engagement politique à gauche l’ont fait remarquer par les intellos. Rencontre avec un homme un peu catastrophé face à la crise économique liée au coronavirus.


Aurore Van Opstal. L’économie française se porte-t-elle aussi mal qu’on le dit, à cause de la crise sanitaire ?

Jacques Sapir. L’économie française est sérieusement affectée par la crise sanitaire. Cette dernière pèse de diverses manières. Il y a eu, naturellement, les conséquences du confinement. Mais, il y a aussi la baisse de nos échanges avec les autres pays, du fait de l’épidémie. Enfin, il y a l’incertitude qui porte sur le futur et qui pousse les acteurs économiques à moins consommer et moins investir. L’INSEE et la Banque de France estiment que, pour 2020, cela se traduira par une chute du PIB de 9% environ. C’est un chiffre considérable, et l’on peut craindre qu’il soit sous-estimé. D’ailleurs, ces mêmes organismes annoncent un retour à une activité comparable à celle de la fin de 2019 seulement à la fin de 2022.

En réalité, du fait de l’incertitude sur la situation sanitaire, les investissements ont fortement baissé. La hausse du chômage et la constitution d’une importante épargne de précaution vont entraîner une baisse de la demande solvable, qui est le véritable moteur de l’économie. On peut donc craindre que l’économie française s’installe de manière durable dans une situation de très faible croissance. Il convient de rappeler que les derniers chiffres d’avant l’épidémie, ceux du 4ème trimestre 2019, montraient déjà un fléchissement important de l’activité. L’épidémie a frappé une économie qui était déjà affaiblie, ce que peu de gens veulent voir.

Face à cette situation, les plans de relance, européen ou nationaux, sont en l’état très insuffisants. Le plan présenté le 2 septembre par le gouvernement est en partie un assemblage de mesures déjà décidées, et en partie au saupoudrage électoraliste. Le gouvernement n’a donc toujours pas pris la mesure du choc subi par l’économie française et de ses conséquences. Le risque de voir l’économie française entrer en stagnation après 2021 est très important.

Est-ce que la crise économique ne va pas se résoudre d’elle-même avec la fin des mesures contraignantes ? (un peu comme les années d’après-guerre, joie de vivre retrouvée, etc.) D’ailleurs, on remarque que les gens continuent à sortir et à consommer …

Non, l’économie ne peut sortir d’elle-même d’une crise d’une telle ampleur. Le croire, c’est se payer de mots. Tout d’abord, parce que personne ne peut dire quand les mesures contraignantes seront définitivement levées. Admettons que ces mesures soient supprimées dans deux mois ; nombreux seront ceux qui, à raison, craindront leur retour au printemps 2021. Le problème majeur est donc le manque de visibilité à court et moyen terme. Ce manque de visibilité, qui traduit la présence d’une incertitude non calculable, se matérialise dans les comportements des acteurs avec une chute de l’investissement et de la consommation.

Il est significatif qu’avec la fin du confinement (faudra-t-il bientôt dire du premier confinement ?) la reprise de la consommation est restée largement inférieure à ce qui était espéré. La consommation de biens durables (comme l’automobile) après être revenue vers des niveaux de 2019 au mois de juillet est brutalement retombée en août. Le taux d’épargne des ménages, autrement dit le rapport entre l’épargne et le revenu, a fortement augmenté, y compris après le confinement pour les mois de juin, juillet et août.

Ceci est normal. Face à une forte incertitude, qu’elle soit sanitaire ou économique, les ménages se constituent une épargne de précaution. Cette épargne, c’est autant d’argent en moins pour la consommation. Le raisonnement est analogue pour les entreprises. Elles augmentent leurs réserves financières au détriment de l’investissement. Cela aura des conséquences sur l’économie qui seront décalées dans le temps. Chaque euro qui n’est pas investi actuellement implique une perte pour la production de 2021 et 2022.

La comparaison avec l’après-guerre ne tient pas. A cette période, l’Etat avait procédé à des investissements massifs et la situation internationale garantissait l’absence de risque de guerre dans l’immédiat (les guerres coloniales, par définition, ne se produisent pas sur le territoire métropolitain).

Qu’on ait choisi une politique hygiéniste pour venir à bout du covid-19 est un choix qui peut s’entendre dès lors où l’idée est de protéger des vies. Mais comment est-il possible de ne pas voir les dommages collatéraux (dépression, ruine financière, suicide) ?

Je ne crois pas du tout que l’on ait adopté une « politique hygiéniste ». Le discours « la santé au-dessus de tout » n’a été qu’un effet de communication. Les mesures prises par le gouvernement, mesures brouillonnes, parfois contradictoires, souvent inadaptées, n’ont été prises en réalité que pour éviter le choc politique dévastateur qu’aurait provoqué l’effondrement du système hospitalier et ses probables conséquences judiciaires.

Ces mesures ont été dictées par la situation de pénurie (pour les masques, pour les tests) que l’on a connue. Le discours du gouvernement en témoigne. Cette situation a, elle-même, résulté d’un manque d’anticipation du gouvernement, averti si l’on doit croire la Ministre de la Santé de l’époque, Mme Buzyn, en janvier, mais aussi de la déréliction de la politique mise en place en 2006-2010 pour lutter contre une éventuelle épidémie, un politique qui a été abandonnée progressivement faute de financement dès 2012. A cela est venu s’ajouter la conséquence de l’application pour les hôpitaux publics de principes de gestion inspirés de l’industrie privée, comme le « zéro stock » et le « juste-à-temps », qui se sont révélés tragiquement inadaptés dans le domaine de la santé publique.

Une épidémie s’apparente, comme l’a dit le 16 mars le Président de la République, à une situation de guerre. Mais, une guerre se mène avec des stocks, des réserves, une redondance des personnels, et une mobilisation de l’appareil industriel. Nous n’avons rien vu de tout cela.

De toutes les alternatives économiques suggérées par des citoyens — citons la micro taxe ou le revenu universel — quelles alternatives sont de l’ordre de l’utopie et lesquelles sont réalisables ?

Aucune de ces « alternatives » n’est utopique. Mais, il n’est pas dit qu’elles soient souhaitables. Le « revenu universel », tel qu’il est aujourd’hui formulé, s’apparent simplement à une forme de revenu minimal garanti. Or, le problème de la société française est d’inverser le partage de la valeur ajoutée en profits et salaires, un partage qui a été tordu au bénéfice des profits en 1983 par Jacques Delors. Voilà qui me semble bien plus important que ces soi-disantes alternatives

Source : Pionnier P-A., Le Partage de la Valeur Ajoutée en France 1949-2007, G2009/01 INSEE, Paris, 2009, p.9.
Source : Pionnier P-A., Le Partage de la Valeur Ajoutée en France 1949-2007, G2009/01 INSEE, Paris, 2009, p.9.

Vous évoquez souvent le concept de « souveraineté ». Que veut-dire ce concept, comment l’appliquez et est-ce un concept uniquement de droite dure ?

La souveraineté, c’est – selon Jean Bodin – le pouvoir de faire des lois et – selon Carl Schmitt – le fait de décider, en dernière instance, en particulier dans l’état d’exception et de l’état d’exception. La souveraineté est la condition nécessaire à la démocratie. Un Etat souverain peut ne pas être démocratique, mais un Etat qui n’est plus souverain lui ne peut plus être démocratique.

La souveraineté s’exerce dans le cadre national ; elle est populaire (et ce depuis la Rome républicaine). Elle est fondamentalement un concept de « gauche ».

Vous avez sorti : L’euro contre la France, l’euro contre l’Europe aux éditions du Cerf : quels propos en substance y tenez-vous ?

J’ai publié ce livre à la fin de 2016. Ce que j’y ai écrit est que l’euro est une catastrophe économique et financière pour la France, et de plus en plus d’économistes disent la même chose, mais que c’est aussi une catastrophe pour l’Europe car, dans le cadre de l’UE, d’une part cela crée une situation de dépression économique dommageable à tous et, d’autre part ; cela focalise les conflits dans une opposition entre les pays du sud et les pays du « bloc germanique », soit l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark, recréant des conflits que l’on pensait être dépassés.