Farid Benyettou se prétend « déradicalisé », mais des doutes persistent. L’inspirateur des frères Kouachi, venu au tribunal métamorphosé samedi dernier, dit être repenti. Il est en liberté.


Samedi 3 octobre 2020, c’était le jour très attendu de Farid Benyettou au procès de l’attentat de Charlie Hebdo. Le calendrier de la Cour d’assises est si chargé qu’il impose des audiences le week-end. Le repenti est venu déposer comme témoin.

Un idéologue repenti ?

Farid Benyettou, c’est l’ex-émir des Buttes-Chaumont, le mentor des frères Kouachi, celui qui leur a inoculé le virus du djihad, a forgé leurs convictions d’islamistes radicaux, celui qui les a motivés en 2004, 11 ans avant les attentats. Il avait alors 24 ans, portait la djelaba, une barbe clairsemée, de longs cheveux et un keffieh en guise de turban. Il était l’idéologue d’une filière de candidats au djihad en Irak, lui-même formé par les frères musulmans et proche du GIA algérien.

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À la barre de la Cour d’assises, changement de camouflage, arrive un homme à la silhouette fine, en jean, basket et veste, aux épaules un peu voutées, les cheveux courts, de petites lunettes et l’air contrit. C’est le « petit chose » d’Alphonse Daudet, mais la comparaison s’arrête là.

Responsable mais pas coupable?

Il s’adresse à la Cour d’une voix posée, avec l’air de s’excuser à chaque prise de parole. D’ailleurs, ses premiers mots seront des excuses pour les familles des victimes parce que dit-il « j’ai une part de responsabilité dans le parcours des frères Kouachi. Sachez que je suis vraiment désolé ». Les excuses sont faites mais Benyettou l’affirme: même sans son influence criminelle, les Kouachi seraient allés voir un autre mentor et auraient commis cet attentat, il en est persuadé. Responsable mais pas trop.

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Condamné à six ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste, il sort en 2009. Son travail de déradicalisation commence selon lui pendant son incarcération. Il raconte : « c’est compliqué, il y a eu des hauts et des bas, j’ai eu des rechutes ». Des rechutes dit-il, Farid Benyettou, drogué au

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