Ensauvagement, « racailles »… Le déconfinement s’est immédiatement accompagné d’une flambée de violences aux quatre coins du pays, et de discours virulents. La sécurité apparait chaque jour comme le principal talon d’Achille de la présidence Macron, et une question trotte dans certaines têtes place Beauvau: Dupond-Moretti œuvrera-t-il dans le bon sens ? Sa parole est très attendue.


Il faudrait toujours se garder des procès d’intention. Mais, la justice étant sous le feu des critiques en cette rentrée, on se demande si l’avocat Eric Dupond-Moretti – nommé garde des Sceaux – sera bien l’homme de la situation.

Selon une enquête d’opinion publiée hier (ELABE / BFMTV), six personnes sur dix estiment que la situation actuelle en matière de sécurité des biens et des personnes en France est « mauvaise ». 16% des personnes interrogées la jugent carrément « très mauvaise ». Trois Français sur quatre estiment par ailleurs qu’il leur arrive de ressentir personnellement ce sentiment d’insécurité. Pas moins de 19% des personnes interrogées disent se sentir en insécurité “souvent”. Et “de temps en temps” pour 55% des autres. Bigre ! N’est-ce vraiment qu’un simple sentiment ?

Coup de chaud pour le gouvernement

Durant tout l’été, alors que les faits divers violents proliféraient, la rhétorique médiatique et politique n’a eu de cesse de se muscler. 

Nommé place Beauvau le 6 juin, Gérald Darmanin osait les sorties verbales les plus audacieuses. Mais il n’obtenait en retour que des polémiques, là où les Français attendent des résultats. L’opinion a vite réalisé que toute cette agitation visait à séduire l’électorat de l’ancien président Sarkozy, électorat qui n’a jamais pardonné à ce dernier d’avoir remisé son Kärcher au placard sitôt la campagne électorale de 2007 terminée…

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Face à la multiplication d’actes d’une violence sordide et souvent absurde, les termes autrefois réservés à la droite la plus radicale sont repris par un nombre croissant de politiques dans leurs déclarations publiques (“ensauvagement”, “racailles”). De leur côté, les gazettes usent de tous les superlatifs pour commenter un été fort agité. 

Des morts violentes et absurdes ont émaillé l’été

Le 4 juillet, la gendarme Mélanie Lemée est volontairement fauchée par un chauffard refusant de se plier à un contrôle dans le Lot-et-Garonne. Le lendemain, un chauffeur de bus de Bayonne meurt sous les coups de voyous ne respectant pas le port du masque et refusant de se soumettre à un contrôle des tickets. L’émotion qui gagne le pays après ce lynchage à mort est vite palpable. Le ministre de l’Intérieur montre les muscles. Il se rend sur place. Il affirmera qu’il est “très inquiet pour la République lorsqu’ [il voit] des gens qui, très clairement, sur notre sol, souhaitent vivre dans une autre société que la nation française”. Lucide sur nos maux, il ajoute qu’il faut “stopper l’ensauvagement”, suscitant des réprobations. Le président Macron parlait lui d’”incivilités”, mettant la droite en émoi.

En août, à Palavas-les-Flots, devant des débordements répétés et des agressions en tout genre de jeunes extérieurs à la ville, les habitants s’organisent et manifestent derrière des banderoles du collectif «Tout n’est pas permis à Palavas ». Les plages sont fermées le soir, mais les incidents continuent d’électriser la saison touristique, excédant commerçants et habitants d’une ville habituellement paisible. À la fin du même mois, à Besançon, une adolescente ayant fugué avec son amoureux est tondue par sa famille, musulmane, qui n’aurait pas accepté qu’elle fréquente un chrétien ! Cette famille n’a « rien à faire en France », juge Darmanin, promettant une future expulsion du territoire. Drôle de mayonnaise. 

Il n’y a plus de manifestation sans affrontements en France

Le 23 août, lors d’une finale de footba

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