Mépris de la réalité, idéologies gauchisantes… Avec le Printemps marseillais, leur nouveau bloc majoritaire municipal, la situation sécuritaire des Marseillais ne peut qu’empirer.


Des élus des deux rives soupçonnés d’avoir mis en place un système de vraies-fausses procurations électorales lors du dernier scrutin municipal; une deuxième adjointe au Maire qui explique, sans complexe, qu’elle demandera à sa police municipale de ne pas appliquer la décision préfectorale de fermeture temporaire des bars et restaurants, prise pour répondre à la situation d’urgence sanitaire ; un ancien entraîneur du club de football professionnel de la ville placé en garde à vue avec le gratin du grand banditisme local, avant d’être mis en examen pour association de malfaiteurs : c’est là le triste quotidien de Marseille, une ville où le séparatisme, sous toutes ses formes, se cultive de longue date. Et tout indique que le mouvement n’est pas prêt de s’inverser.

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Attendue depuis le drame de la rue d’Aubagne, la déroute électorale de l’ancienne équipe municipale – qui depuis 25 ans a mis cette ville dans l’état où elle se trouve aujourd’hui – est salutaire. Mais cette défaite ne laisse guère d’espoir pour l’avenir. En effet, Marseille passe aujourd’hui d’un séparatisme « clientelo-affairiste » à un séparatisme « écolo-gauchiste », tout aussi préoccupant ; la nouvelle majorité – mélange de bobos ahuris, de socialistes recyclés, de communistes patentés et d’activistes divers et variés (antifa, féministes, racialistes, etc.) – incarnant, jusqu’à la caricature, l’idéologie du progressisme libéral-libertaire.

Élucubrations sémantiques

Un simple coup d’œil sur les intitulés des délégations des adjoints au Maire suffit à planter le décor surréaliste de la comédie qui se joue sur le Vieux Port : le 1er adjoint est chargé de l’action municipale « pour une ville plus juste, plus verte et plus démocratique » ; la quatrième adjointe se voit attribuer « la modernisation, le fonctionnement, la transparence et la qualité des services municipaux » ; le 5ème adjoint récupère « la culture pour toutes et tous, la création et le patrimoine culturel » ; le 7ème adjoint hérite « des finances, des moyens généraux et des budgets participatifs » ; à la 10ème adjointe reviennent « l’urbanisme et le développement harmonieux de la ville » ; la délégation de la 14ème adjointe vise « la place de l’enfant dans la ville », celle du 18ème adjoint mentionne « la transition écologique et le collège du futur », etc. Bref, c’est la « Cité radieuse » qu’entendent construire les nouveaux Maîtres de Marseille.

Le séparatisme politique marseillais se caractérise par son mépris de la réalité

Les élucubrations sémantiques du Printemps Marseillais (car ainsi se nomme le bloc majoritaire au Conseil municipal) s’accompagnent aussi d’actes tout aussi délirants… Ainsi, dans un domaine aussi sensible que la sécurité, cédant aux lubies des collectifs anti-flics dits de défense citoyenne, l’adjoint en charge du dossier annonçait au début du mois d’octobre un moratoire sur le développement des caméras de vidéo-surveillance (qui, chacun le sait, portent gravement atteinte aux libertés fondamentales). Quelques jours plus tôt, le Maire de Marseille par intérim, Benoît Payan, déclarait, lui, que la ville était prête à accueillir les presque 300 migrants du Louise Michel, un navire de « sauvetage » cherchant un port d’accueil sur les rives de la Méditerranée.

Territoire en perdition

On le voit, mélange d’amateurisme, de naïveté et d’idéologie droit-de-l’hommiste, le séparatisme politique marseillais se caractérise à l’heure actuelle par son mépris de la réalité.

Alors que la ville est rongée par la misère, comme le démontre l’insalubrité des logements (en centre-ville comme dans les bidonvilles des Quartiers Nord), les trafics de stupéfiants, l’islamisme radical et une délinquance ultra-violente en pleine augmentation – le premier été du « vivre ensemble » devrait, sur ce dernier point, avoir déniaisé les plus crédules -, les édiles persistent à faire de Marseille une ville « ouverte », autrement dit un territoire en perdition.

Le pays réel le sait : le premier des fléaux qui frappe Marseille, c’est bien évidemment l’immigration. Massive, galopante, incontrôlée : peu importent les termes choisis, le fait est que Marseille est devenue la capitale du Grand remplacement. On ne parle plus ici de séparatisme, mais bel et bien d’une partition effective et consommée. Commerces communautaires, salles de prières, cafés exclusivement fréquentés par des hommes, femmes voilées, mépris des règles les plus élémentaires du vivre ensemble, à commencer par la courtoisie ; certains arrondissements ont basculé dans un « autre monde » qui est à la civilisation occidentale ce que le Dark web est à l’Internet.

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Séparatisme avez-vous dit ? Qui peut en douter ? Mais qui peut croire également que les mesures annoncées par le chef de l’État – à commencer par l’apprentissage de l’arabe – sont de nature à contenir le phénomène observable, grandeur nature, à Marseille ? Et pourtant il y a urgence car, sur ce sujet, comme sur la « violence, la drogue, l’affairisme, les magouilles (…), Marseille n’est (…) que l’illustration visible des malfaçons de la République française »(1).

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