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Léon XIV plus fort que Dragon Ball!

Coup de rouge, l’humeur d’Olivier Dartigolles


Léon XIV plus fort que Dragon Ball!
Le chroniqueur Olivier Dartigolles © Hannah Assouline

Qu’on soit de la rose ou du réséda, chacun cherche une espérance. Et qu’on croie au Ciel ou qu’on n’y croie pas, la visite de Léon XIV en a été une. Bien plus que la venue de Dragon Ball en France ou les agitations de nos politiques en campagne.


Tout avait bien commencé, le 24 août dernier, quand le président Macron nous a dit combien il aimait le monde des mangas. Observateur attentif de la naissance, du développement et du crépuscule du macronisme ces dix dernières années, j’ai découvert tardivement cette réalité. Pas le temps de la digérer que l’otaku élyséen annonçait, à l’occasion de la visite à Paris du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, l’arrivée de Dragon Ball en France, avec la construction de trois parcs à thème à Cergy-Pontoise pour 6 milliards d’investissements et la création de 22 000 emplois. Mais le 31 août, Toei Animation, propriétaire de la marque « Dragon Ball », démentait cette information.

Un parc Dragon Ball est en projet en Arabie saoudite, et peut-être en France. D.R.

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Qu’à cela ne tienne, notre imaginaire qui crie famine avait été bien nourri, la veille, lors de la journée de Darmanin et Philippe au jardin botanique de Tourcoing. Édouard sortait les frites de l’huile pour les mettre dans de petites barquettes en carton. Gérald y ajoutait du sel et participait au service tout en surveillant l’ancien Premier ministre qui remplissait trop chichement ses barquettes : « Sois généreux, un peu plus généreux ! » Elle est comme ça, la droite sociale : elle n’est pas économe sur la Bintje.

Tapi derrière un zinc, Gabriel Attal a alors fait très fort en annonçant, le 7 septembre, une tournée générale dans mille bistrots partout en France.

Enfin, une vraie espérance 

Puis, Léon XIV est arrivé pour une visite apostolique de quatre jours. Ce pape, aux origines normandes et béarnaises, a posé son regard sur nous. Bien au-delà des catholiques, son visage, ses gestes et sa personnalité nous ont touchés. On s’est surpris, que nous soyons de la rose ou du réséda, à communier chacun à notre manière. Grâce à Léon, nous portons une attention indispensable aux jeunes, aux plus vulnérables, aux migrants, aux sacrifiés du capitalisme, aux victimes des violences sexuelles dans l’Église.

Alors que nous sommes remplis d’écrans, de sollicitations de toutes sortes perpétuellement proposées par le dieu Argent, nous sommes vides. Et quand, comme moi, on retourne à la source avec C’était ça ou mourir (Grasset) de Thélyson Orélien, qu’on y trouve quelque chose d’infiniment humain, on se dit que rien ne va plus. Que la question n’est plus un simple « choix de société », mais de civilisation. C’est pourquoi Don Camillo remercie Peppone.

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Baptisé, enfant d’une famille aux racines catholiques dans le Sud-Gironde de François Mauriac, avec des souvenirs de messe quand j’accompagnais ma grand-mère à l’église de Pian-sur-Garonne ou de Verdelais – elle chantait faux, mais avec une vraie dévotion –, agnostique et lecteur assidu des encycliques, je l’affirme ici : Léon XIV est supérieur à Dragon Ball.

Quand mon grand-oncle, communiste, résistant et ancien déporté, me racontait son expérience dans l’univers concentrationnaire, il me disait qu’il fallait alors une espérance. Que cela permettait de créer un lien qui relie les humains. Adolescent, je n’aimais rien plus qu’écouter les échanges entre ce maire rouge et le curé de la paroisse, toujours autour d’un verre de Lillet. Avec quelques engueulades et un respect réciproque. Quand l’un n’a plus été là, l’autre a été malheureux.

Qu’elle vienne du ciel pour les uns, d’ailleurs pour les autres, chacun cherche une espérance. Existe-t-il une question plus centrale pour la prochaine élection présidentielle ?

Octobre 2026 - #149

Article extrait du Magazine Causeur




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Olivier Dartigolles est chroniqueur politique. Il intervient sur Cnews, Sud Radio et La Terre.

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