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Quand Louise attaque les barbares de sa «Gen Z»

Le keffieh ou l'UNI: le grand écart


Quand Louise attaque les barbares de sa «Gen Z»
La responsable du syndicat étudiant l'UNI à Bordeaux, Louise Montangon. Capture DR.

Lycées. Sous la coupe de La France insoumise, une partie de la génération Z s’enfonce dans le nihilisme. Face à cette minorité violente, une majorité silencieuse et réaliste commence pourtant à faire entendre sa voix pour contester cette hégémonie de la gauche radicale.


La Gen Z a ses barbares. Le saccage de la Colonne de Juillet, défigurée jeudi par des centaines de tags orduriers, laisse voir une perte de sens dans cette « génération Z », née avec le siècle.

Foule lycéenne embrigadée

Le smartphone et les réseaux sociaux (TikTok, Messenger, etc.) sont ses uniques sources d’information et d’expression. LFI excelle dans le racolage numérique. « La Bastille est reprise ! », a tweeté Jean-Luc Mélenchon après le succès (plus de 20 000 personnes) de sa manifestation lycéenne. Mais le Génie de la Bastille n’a pas pénétré les esprits clonés. Le promoteur de la « nouvelle France » n’a pas eu un mot pour déplorer la profanation nihiliste de la nécropole : au pied de la Colonne reposent, sous un amas de slogans obscènes, près de 700 révolutionnaires de 1830 et de 1848. Faut-il, dès lors, s’apitoyer sur ce que l’empathie officielle présente comme des « enfants » ? Il y a bien des raisons pour les lycéens de s’estimer lésés par un système qui a fait s’effondrer l’Ecole. Ayant manifesté à Nantes en mai 1968 – j’avais 16 ans – je comprends les joyeuses insolences contre le pouvoir. À cette différence que la révolte actuelle répond aux seules injonctions de ceux qui ont saccagé l’Éducation nationale par démagogie égalitariste. Derrière des revendications apparemment apolitiques (manque de profs, horaires, Parcoursup, etc.) s’imposent les mots d’ordre de l’islamo-gauchisme. La jonction des lycées des banlieues, initiateurs du mouvement, avec des lycées privilégiés des villes n’efface pas la prédominance de la subversion islamiste : les drapeaux palestiniens, les keffiehs, les soutiens à Gaza, les intifadas, les hommages aux terroristes, les procès en génocide contre Israël et les Juifs, conduisent à l’irrespect de la France et de son histoire, fut-elle révolutionnaire.

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Après le féminisme, l’infantisme

En fait, l’homogénéité générationnelle est un leurre. Il y a certes une foule embrigadée, sublimée par l’« infantisme », doctrine issue du néo-féminisme qui veut sacraliser la parole de l’enfant politique. Le droit de vote à 16 ans est d’ailleurs désormais demandé par Mélenchon. Mais la semaine dernière a fait apparaître aussi, avec Louise Montangon, 22 ans, ce qu’étaient ces autres jeunes Français oubliés. Fin septembre, ils étaient, dans leur diversité ethnique, au Stade de France (Seine-Saint-Denis) pour acclamer le pape. Cette masse, éduquée et réaliste, pourrait bien repousser l’hégémonisme de la gauche sectaire, déculturée, agressive. La jeune Charentaise, ancienne « fan de Mélenchon, antiflics, antimilitaires » et dont la mère est socialiste[1], est devenue membre de l’UNI (Union nationale interuniversitaire) et du RN. Sur CNews et LCI, elle s’est imposée face à Gabriel Attal et face à deux leaders lycéens, pleurnichard pour l’un, arrogant pour l’autre.

En dénonçant calmement les blocages, les violences, les intimidations de l’extrême gauche, cette silhouette frêle et juvénile a apporté un vent libérateur. Il est trop tôt pour mesurer son écoute auprès de sa Gen Z non-gréviste. Celle-ci se laisse, pour l’instant, caricaturer par des « néofas » décérébrés, qui veulent en découdre avec la police et détruisent des lycées.

Cette semaine dira si le mouvement, au souffle court, se radicalise. Au risque dès lors d’affronter la majorité silencieuse.


[1] Le Figaro, 10-11 octobre



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Journaliste, éditorialiste, essayiste. (ex-Le Figaro, CNews, Causeur)

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