« Suceuse de sionistes », « Arabe de service » (devenue « Aram de service » sous l’effet d’un prurit d’humour de gauche), « génocidaire d’enfants », « collabeurassioniste », « vendue », « retourne sucer Arthur », « retourne dans ton arbre ». Sans compter évidemment les omniprésentes menaces de mort, et les plus classiques « fachotte », « islamophobe », « raciste », « pro-génocide », etc. Voici les quelques qualificatifs auxquels on s’expose quand, comme l’humoriste Sophia Aram, on pointe du doigt, la plupart du temps de manière assez joyeuse, les réels problèmes de différents ordres que pose l’idéologie de l’extrême gauche. Sophia Aram fait partie de la maison France Inter depuis plus de vingt ans. Et, pour éclairer cette frange gauchiste extrêmement prompte à traiter de « fasciste » tout ce qui n’est pas antifa (c’est-à-dire ce qui n’est en fait pas fasciste aujourd’hui, en une inversion accusatoire dont cette frange est coutumière), rappelons que c’est pour avoir insulté Jean-Marie Le Pen qu’elle a dû être mise sous protection policière [1]. Car oui, Sophia Aram est, à la base du moins, de gauche. Tout comme Céline Pina, Raphaël Enthoven, Philippe Val, ainsi que tous les représentants du Printemps républicain. Et ces éditorialistes sont, de fait, tous fascisés par la secte mélenchoniste, qui chope de l’herpès dès qu’on a le culot de se permettre, en même temps, de revendiquer des idées humanistes et de refuser d’entrer dans leur club.
Grille des programmes
Mais jetons un coup d’œil panoramique sur l’environnement professionnel actuel de Sophia Aram. Entre cinq heures et dix heures, ainsi qu’entre treize et quatorze heures, puis dix-huit et vingt heures, ce sont les journaux d’actualité et les nombreux invités. Les deux phrases que j’y ai le plus entendues ces trois dernières années ? « Quatre cents morts aujourd’hui selon le ministère de la Santé du Hamas » et : « Israël a encore tué quinze enfants dans un bombardement » (Israël évite soigneusement les terroristes, c’est bien connu). Mais, dans le service public de radio-télévision, on a hélas fini par s’habituer à cette tonalité et à ces éléments de langage. Les émissions du matin (Grand bien vous fasse et la très moyenne Franche culture) dégagent un fumet discrètement woke. La Tête au carré, devenue depuis quelques années La Terre au carré sous l’effet de l’augmentation des températures, a vu sa ligne éditoriale changer. Elle est passée d’émission scientifique plutôt intéressante à tract écoactiviste, avec des chroniques de journalistes de l’officine idéologique de gauche « Blast ». Auxquelles la CGT Radio France n’opposera évidemment aucune grève…
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Affaires sensibles, remplie d’enquêtes intéressantes, est quand même régulièrement ponctuée par l’animateur de considérations très « Camp du bien ». De gauche, évidemment. Zoom Zoom Zen ? Non, je n’en parlerai pas, parce que là, le Camp du bien devient une espèce d’entre-soi ricanant — et une concentration de chroniques présumées humoristiques pas drôles. Pour être plus clair, le pipi-caca-vomi en moins, on s’y croirait souvent sur Radio Nova. De manière générale, ces présumés humoristes de l’antenne ont pour la plupart troqué le neurone comique contre un neurone militant, transformant leurs trois minutes d’antenne en un tract. Et, souvent, surtout pour les femmes, on observe une légère et curieuse fixette sur ce qui peut se passer dans les culottes, vraisemblablement en réaction à l’excès de pudeur des générations précédentes.
Ah oui, j’oubliais : dans sa nouvelle émission du week-end, Recto-Verso, Nicolas Demorand vient de laisser complaisamment Annie Ernaux régurgiter son vomi « antisioniste ».
Vous me direz : « Et Sophia Aram, dans tout ça ? »
Sophia Aram a depuis plusieurs années, et notamment depuis le 7 octobre 2023, décidé de nous entretenir, avec le ton et la verve qui sont les siens, de ce qui ne devrait relever que du simple bon sens : la défense de la civilisation viendrait plutôt du côté d’Israël, qui, quoi qu’on pense de son contestable gouvernement actuel, œuvre depuis sa création, par la mise en valeur permanente de ses territoires et par une succession d’inventions de tous ordres au long du siècle précédent et de l’actuel, à l’amélioration de la vie de ses citoyens — dont beaucoup d’Arabes, d’ailleurs — et de tous les hommes. Et non pas de la bande de Gaza, dans laquelle les millions de dollars de l’aide internationale sont immédiatement convertis en tunnels pour le Hamas et en kalachnikovs pour ce même mouvement, dont la seule initiative pour le bien de l’humanité est d’exposer ses citoyens aux bombes israéliennes consécutives au seul génocide qui a été perpétré dans la région : celui du 7 octobre 2023.
Sophia nous rappelle aussi, avec humour, que ceux qui refusent de se documenter sur l’histoire du Moyen-Orient refusent également de constater que la plus grande partie du monde arabe veut l’éradication sans condition de l’État juif. Et ce, depuis 1948 jusqu’à nos jours.
Ce qui, dans l’atmosphère « collabo » avec la « cause palestinienne » dans laquelle LFI plonge quasiment toute la gauche par capillarité, lui assure sans coup férir les foudres de toute l’islamisto-compatibilité : (Abou) Aymeric Caron, Ersilia Soudais, Aurélien Taché, Hadrien Clouet, David Guiraud, Manuel Bompard, mais aussi Blanche Gardin, Aymeric Lompret, Guillaume Meurice, Jean-Michel Aphatie, Olivier Faure… La liste n’est pas limitative, évidemment.
J’ai réécouté plusieurs de ses chroniques du mardi matin depuis la rentrée 2026. Sophia Aram, pour nous faire rire, reprend tels quels, en les ponctuant de parenthèses désopilantes, les propos tantôt grotesques, tantôt infâmes, de tel ou tel député. Souvent des Insoumis, voire de leur Caudillo. Quand on écoute le résultat, on dirait presque qu’ils se moquent d’eux-mêmes. Cela suffit pour faire de ces montages des petits bijoux de chroniques. Du grand art. Les chroniqueurs de Radio Nova, eux, veulent la voir daltonienne et écrasée sur la chaussée pour avoir confondu un feu vert avec un feu rouge (coup de bol, la bagnole n’a rien, ha ha), souhaitent un cancer du pancréas à Gabriel Attal, et insultent copieusement le général de Gaulle.
Entre la méchanceté gratuite pour exciter les beaufs, en se congratulant mutuellement à coups de grognements ricaneurs, et le courage de Sophia Aram, qui ne déviera pas d’un degré tout en croisant les regards fuyants d’une grande partie du personnel de France Inter, personnellement, j’ai choisi.
[1] « Entre quelqu’un qui penserait que tous ses malheurs sont dus à la présence d’étrangers en France et un gros con, j’ai du mal à faire la différence. » France Inter, janvier 2011.




