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Chine : après avoir perdu trois sponsors, Mbappé tente de rattraper sa bourde sur le «dictateur chinois»


Chine : après avoir perdu trois sponsors, Mbappé tente de rattraper sa bourde sur le «dictateur chinois»
SHANGHAI, CHINA - JUNE 30: An advertisement featuring French footballer Kylian Mbappe for Dongpeng electrolyte drink is displayed at a subway station on June 30, 2026 in Shanghai, China. The campaign promotes the beverage brand across public transit locations. (Photo by Chen Yuyu/VCG ) Photo via Newscom/vcgphotos466191/Chen Yuyu/VCG/Newscom/SIPA/2610270837

La plaisanterie sur Mao Zedong a déjà coûté cher à Kylian Mbappé. Trois entreprises chinoises ont rompu avec lui, des contenus à son image ont disparu de plusieurs plateformes et la télévision d’État aurait suspendu des retransmissions de Liga. Mardi, le capitaine des Bleus a finalement publié un communiqué d’excuses pour tenter d’éteindre l’incendie. Une opération de rattrapage qui intervient après les premières sanctions commerciales et médiatiques.


Quelques heures après avoir perdu le Ballon d’Or face à Harry Kane, Kylian Mbappé a découvert qu’une plaisanterie de quelques secondes pouvait lui coûter bien davantage qu’un trophée individuel. La séquence, extraite d’une conversation où le Français évoquait les détournements de son image qui l’amusent le plus, le montre parlant d’un montage avec « un mec, un dictateur chinois je crois » avant qu’apparaisse un mème associant son visage à Mao Zedong. Reuters et l’AFP ont indiqué ne pas avoir pu authentifier indépendamment la vidéo lorsqu’elle a commencé à circuler.

En Chine, la réaction a été presque immédiate. Dongpeng Beverage et le groupe laitier Mengniu ont annoncé la fin de toute collaboration avec l’attaquant du Real Madrid. Shanghai Milkground a ensuite pris la même décision. Les entreprises ont invoqué des propos ou comportements portant atteinte aux « sentiments du peuple chinois » ou aux « sentiments nationaux », une formule particulièrement lourde dans le contexte politique chinois.

Mbappé présente ses excuses

Face à l’ampleur prise par l’affaire, Mbappé a fini par réagir directement. Dans un communiqué publié mardi sur son compte X, le Français reconnaît que son commentaire était irréfléchi, explique comprendre qu’il ait pu blesser des personnes en Chine ainsi que des membres de la communauté chinoise dans le monde, et assure qu’il n’avait aucune intention d’offenser. Il exprime également son respect pour le peuple chinois et pour son histoire.

Le calendrier donne forcément à ce message des allures d’opération de rattrapage. Les excuses interviennent après l’annonce des ruptures de contrats et alors que la polémique a déjà dépassé le seul terrain publicitaire. On ne peut évidemment pas connaître les motivations exactes du joueur, mais son communiqué cherche clairement à limiter les dégâts d’une phrase dont les conséquences commerciales sont désormais très concrètes.

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BFMTV montre l’ampleur de la crise

BFMTV a également consacré une séquence à l’affaire mardi, au moment où les excuses de Mbappé commençaient à circuler. La chaîne revient sur les partenaires chinois qui ont pris leurs distances et sur la vitesse avec laquelle une plaisanterie prononcée dans un contexte détendu s’est transformée en crise d’image internationale.

Le contraste est spectaculaire avec la situation du Français quelques jours plus tôt. Mbappé était jusqu’ici une figure extrêmement valorisée par les annonceurs chinois. Pendant la Coupe du monde 2026, Dongpeng avait notamment utilisé son image dans de vastes campagnes publicitaires. Sa popularité locale dépassait largement les seuls supporters du Real Madrid et de l’équipe de France.

La télévision et les plateformes chinoises s’en mêlent

Selon plusieurs médias, les conséquences ne se limitent plus aux sponsors. CCTV, la télévision publique chinoise, aurait suspendu certaines retransmissions de Liga et retiré des contenus associés à Mbappé. Des plateformes sportives chinoises ont également supprimé ou modifié des contenus dans lesquels il apparaissait, tandis que les appels à son boycott se multipliaient sur Weibo.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a lui-même été interrogé. Son porte-parole Guo Jiakun a déclaré que les paroles et les actes blessant les sentiments du peuple chinois rencontreraient naturellement l’opposition de la société chinoise. Pékin n’a pas annoncé de sanction officielle contre le joueur, mais cette prise de parole suffit à montrer que l’affaire a quitté le seul domaine du marketing.

Trois contrats perdus pour une blague

Le plus étonnant reste la disproportion apparente entre la scène d’origine et ses conséquences. Mbappé ne prononce pas un discours politique construit sur la Chine. Il répond à une question sur un mème qui le fait rire et semble lui-même hésiter sur l’identité du personnage représenté. Mais Mao Zedong reste une figure centrale et extrêmement sensible de l’histoire officielle chinoise. Ce qui pouvait passer pour une plaisanterie banale dans une conversation européenne a donc été reçu comme une offense politique.

Pour une célébrité mondiale, cette différence de contexte est précisément le risque. Les contrats publicitaires internationaux ne vendent pas seulement des performances sportives : ils vendent une image compatible avec les sensibilités de marchés très différents. En Chine, où les marques réagissent rapidement aux controverses touchant à la souveraineté, à l’histoire ou aux symboles nationaux, quelques mots peuvent suffire à rendre une égérie beaucoup plus coûteuse qu’elle ne rapporte.

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Les excuses suffiront-elles ?

C’est désormais toute la question. Mbappé essaie manifestement de refermer la parenthèse avant qu’elle ne compromette durablement sa valeur commerciale en Chine. Son communiqué est calibré pour cela : reconnaissance d’une maladresse, absence d’intention hostile, respect du peuple chinois et de son histoire. Il ne cherche pas à défendre la qualification de Mao ni à prolonger la discussion historique. Il tente de sortir du terrain politique sur lequel sa plaisanterie l’a conduit.

Mais les premières décisions ont déjà été prises. Trois partenaires ont rompu avec lui et son image a commencé à disparaître de certains médias et services chinois. Il est donc trop tôt pour savoir si les excuses permettront de sauver le reste de ses activités dans le pays.

En moins de vingt-quatre heures, Mbappé aura ainsi connu deux déconvenues très différentes. Harry Kane lui a pris le Ballon d’Or à Londres. En Chine, une plaisanterie sur un « dictateur » lui a fait perdre plusieurs sponsors et l’oblige maintenant à présenter publiquement ses excuses. La première défaite est sportive. La seconde pourrait être beaucoup plus chère.



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