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Flydubai: faits et hypothèses

On a frôlé la catastrophe!


Flydubai: faits et hypothèses
Aéroport de Tel Aviv, 30 septembre 2026 © Ariel Schalit/AP/SIPA

Poignardé par son copilote en plein ciel, le commandant d’un vol Dubaï-Tel-Aviv aurait été sauvé par une intervention héroïque après une chute vertigineuse de 4 300 mètres: récit de cette catastrophe évitée de justesse, présentée en Israël comme une attaque terroriste.


Les premières informations sur le vol Flydubai reliant Dubaï à Tel-Aviv, le 30 septembre, ont fait resurgir les souvenirs d’une autre époque, celle des pirates de l’air, que l’on croyait révolue. Des signaux de détresse, une descente brutale, puis un déroutement vers l’Arabie saoudite. L’hypothèse d’un détournement a circulé, tandis que des récits contradictoires alimentaient l’inquiétude.

Image d’archives.

Une chute de 14 000 pieds

Selon plusieurs médias, l’appareil transportait 174 passagers, dont 27 enfants. Ces chiffres restent à confirmer par la compagnie, les premières dépêches ayant donné des effectifs différents. Le nombre exact de stewards et d’hôtesses présents à bord n’a pas été établi dans les informations disponibles.

Le tableau s’est ensuite précisé. Selon des responsables israéliens, le copilote aurait poignardé le commandant de bord au cours d’une violente lutte dans le cockpit. Les données de suivi du vol indiquent une chute de près de 14 000 pieds, soit environ 4 300 mètres, en moins de trente secondes. Les deux pilotes ont été hospitalisés après l’atterrissage à Tabuk (nord-est de l’Arabie Saoudite NDLR).

Alors, que sait-on à ce stade ? Les premiers éléments permettent d’esquisser un scénario, mais plusieurs étapes décisives restent à confirmer, notamment les circonstances de l’accès au cockpit et de la reprise des commandes.

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Les identités des pilotes ne sont pas encore établies publiquement avec certitude. Le copilote soupçonné de l’agression est présenté comme omanais par les responsables israéliens et plusieurs médias. Concernant le commandant blessé, les versions divergent. i24NEWS le présente comme émirati, tandis qu’un passager ayant participé à l’intervention, interrogé par le journal israélien Calcalist, le dit indien, ce qui n’est pas nécessairement une contradiction. Car il pourrait s’agir d’ethnie et de nationalité. Ce même témoin décrit le pilote venu reprendre les commandes comme originaire des Fidji. Ces indications doivent donc rester attribuées à leurs sources.

Sur X, des comptes spécialisés dans ce domaine proposent une reconstitution provisoire permettant de relier les différents éléments rapportés. Selon eux, une lutte aurait commencé à l’altitude de croisière. L’agression du commandant se serait accompagnée d’une tentative de sabotage des commandes. On ignore si le pilote automatique a été désengagé pendant l’affrontement, mais l’appareil aurait alors été engagé dans une descente très prononcée.

L’intervention des passagers commence à être documentée par des témoignages directs. Tzvika Mans, cadre chez Bank Leumi, a raconté à Calcalist être entré dans le cockpit avec deux autres voyageurs pour maîtriser l’agresseur. Selon son récit, sa femme, qui avait entendu des cris près du poste de pilotage, avait alerté un pilote présent à l’extérieur. Celui-ci aurait ouvert la porte, puis les trois passagers seraient intervenus. Un pilote supplémentaire aurait pris les commandes, tandis qu’un médecin présent à bord aurait soigné le commandant blessé.

Comment le cockpit a-t-il été rouvert ?

Un autre témoignage, repris par i24NEWS, décrit des passagers installés à l’avant se précipitant vers le cockpit, puis l’intervention de deux pilotes qui voyageaient à l’arrière. L’un d’eux aurait stabilisé l’appareil.

L’ouverture de la porte aurait ainsi constitué un moment décisif. Le commandant aurait pu l’ouvrir pendant la lutte, mais le témoignage de M. Mans attribue cette ouverture au pilote présent à l’extérieur. Tout en effet dépend de l’état du verrouillage et d’une éventuelle autorisation donnée depuis le cockpit et l’enquête devra préciser ce point essentiel. Une porte maintenue verrouillée de l’intérieur aurait, en tout cas, considérablement compliqué l’intervention.

Le précédent de Germanwings rappelle ce que cette situation peut avoir de tragique. Le 24 mars 2015, le copilote allemand Andreas Lubitz, resté seul dans le cockpit après la sortie du commandant, avait empêché celui-ci de revenir et volontairement engagé l’appareil dans une descente jusqu’à son écrasement dans les Alpes françaises, tuant les 150 personnes à bord. La porte sécurisée avait empêché toute intervention. Dans le cas de Flydubai, l’accès au poste de pilotage aurait au contraire permis d’interrompre l’agression.

Selon des témoignages l’appareil aurait également subi des dommages à l’empennage, notamment à la gouverne de direction. Les causes possibles pourraient être la descente brutale et des mouvements brusques sur les pédales pendant la lutte. Cette gouverne commande les mouvements du nez vers la gauche ou la droite, et non directement le piqué. L’origine et l’étendue des dégâts devront être précisées par l’examen technique.

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Un pilote supplémentaire, présent à bord pour assurer le vol retour, aurait finalement repris les commandes et posé l’avion à Tabuk. Le scénario repose donc sur deux étapes avec dans un premier temps la mise à fin à la violence dans le cockpit, puis la reprise du contrôle de l’appareil. Maîtriser l’agresseur ne suffisait pas car il fallait encore vérifier la réponse des commandes et bien entendu rejoindre un terrain et atterrir avec un avion abîmé…

Selon le Times of Israel, un appareil spécialement dépêché par Flydubai a atterri à Tabuk, moins d’une heure de l’aéroport Ben Gourion, pour récupérer les passagers, et l’embarquement a commencé. Israël avait également cherché à envoyer un avion, mais cette initiative ne semblait pas avoir reçu l’autorisation saoudienne. À ce stade, c’est donc un vol de remplacement de la compagnie émiratie qui devait ramener les passagers en Israël.



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est historien et directeur de la publication de Causeur. Dernière publication, "La culture du combat en Israël" (Valeurs Ajoutées Éditions, 2026).

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