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Après l’attaque dans les Yvelines, la faillite du discours officiel

Trappes : le mobile raciste retenu


Après l’attaque dans les Yvelines, la faillite du discours officiel
23 octobre 2026 © Emma Da Silva/AP/SIPA

Fusillade de Trappes – La Verrière. L’horreur, certes. Mais totalement imprévisible ?


La presse quotidienne donne ce matin toutes les informations sur la fusillade. DR.

Un homme qui se prénommerait Kevin, âgé de 39 ans, a ouvert le feu ce vendredi matin à « l’arme de guerre » en trois endroits différents de ces localités. Bilan terrible tel que nous le connaissons à l’heure actuelle : un mort, quatre blessés dont une petite fille. Ils auraient été la cible du tireur à cause de leur identification possible avec des individus immigrés ou issus de l’immigration.

Ces personnes, innocentes, ne demandaient rien à personne, si ce n’est de vivre encore. Et la folie humaine, la violence barbare est soudain venue les faucher. Tout naturellement – j’allais dire tout humainement – on est horrifié devant de tels actes, de tels crimes, cela va de soi. Et nos pensées vont évidemment en tout premier aux victimes, à leurs proches. Nous comprenons leur incompréhension devant ce qu’un tel drame a d’absurde, d’inexpiable, d’inacceptable.

Mais doit-on être réellement surpris que cet accès de barbarie se soit produit ? La France, nos sociétés occidentales, connaissent aujourd’hui un tel développement de violence, de cette violence dont le spectacle s’étale devant nous pratiquement matin, midi et soir, de pillages en saccages en agressions de toutes sortes, qu’on ne peut guère s’étonner qu’elle n’ait fini par s’exprimer aussi de cette manière-là.

Le président de la République, pas vraiment mieux inspiré qu’il ne l’est habituellement, y est allé de sa rhétorique de bon élève bien lisse, bien dressé. « Ce qui s’est passé aujourd’hui est un tournant, a-t-il proféré. C’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne. »

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Chiche mémoire, facile déni ! Honteux accommodement avec notre histoire récente ! Est-ce que les tueries d’un Merah s’en prenant de sang-froid à des petites filles dans leur cour d’école, juste parce qu’elles étaient juives, sont à passer par profits et pertes ? Est-ce que la décapitation de Samuel Paty relève du banal fait divers ? Est-ce que le carnage aveugle du Bataclan ne ressortit pas à « un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants » ? Nous pourrions prolonger la litanie de nos victimes de la barbarie terroriste. On se contentera de noter que lorsque nous avions à les déplorer, au sommet de l’État, on ne suggérait pas alors un quelconque « tournant » civilisationnel. Pourtant, dès la première de ces malheureuses victimes, ce « tournant », ce basculement dans de l’horreur quasi-systémique était bel et bien là.

Alors pourquoi, aujourd’hui, tant de douleur et de révolte affichée ? Parce que, cette fois – ce qui est en fait une grande première ! – ce qu’on peut vouer aux gémonies, clouer au pilori s’inscrit pleinement dans la délétère culture de notre culpabilité de blancs, de coloniaux. Dans la volupté navrante de notre sacro-saint mea culpa. Alors, nos élites peuvent déverser des tombereaux d’anathèmes, d’excommunications, de condamnations sans craindre de choc en retour.

La lâcheté en paroles et en actes. Toujours cette lâcheté, qui, au fond, à regarder de près, bien loin de contribuer à juguler la violence ne fait in fine que la nourrir.

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Ex-prof de philo, auteur, conférencier, chroniqueur. Dernière parution : « Je suis Solognot mais je me soigne » éditions Héliopoles, 2025

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