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Attentat de Trappes : Kévin T. reconnaît avoir choisi ses victimes parce qu’il les pensait musulmanes ou africaines


Attentat de Trappes : Kévin T. reconnaît avoir choisi ses victimes parce qu’il les pensait musulmanes ou africaines
Forensic investigators and police search for evidence after a shooting in Trappes, outside Paris, Friday, Oct. 23, 2026. (AP Photo/Emma Da Silva)/ENA126/26296487849716//2610231540

Les dernières déclarations de Kévin T. rendent le mobile de l’attaque de Trappes beaucoup moins mystérieux. Devant les enquêteurs, l’homme de 39 ans a reconnu la préméditation et expliqué avoir visé des personnes qu’il percevait comme musulmanes, africaines ou nord-africaines. Il continue pourtant d’assurer qu’il n’est pas raciste et ne regrette rien. Le procureur national antiterroriste Olivier Christen a détaillé jeudi ce discours contradictoire, ainsi que la préparation très lourde d’une attaque qui a fait un mort et sept blessés.


Au début de l’enquête, on pouvait encore se demander quelle part relevait du délire, de la haine raciale ou d’un projet idéologique construit. Six jours après l’attaque de Trappes et de La Verrière, les auditions de Kévin T. apportent une réponse plus nette, même si elles ne règlent pas tout. Le suspect a été entendu à six reprises. Il reconnaît maintenant avoir préparé son passage à l’acte et, surtout, avoir choisi ses victimes en fonction de ce qu’il croyait voir en elles.

Olivier Christen l’a expliqué jeudi lors d’une conférence de presse : Kévin T. dit avoir « spécifiquement ciblé » des personnes qu’il considérait comme « de type musulman ou africain, nord-africain ». Il explique aussi avoir choisi Trappes parce que la ville serait, selon lui, « un repère d’islamistes ». Il refuse pourtant le qualificatif de raciste et conteste avoir commis un acte terroriste. Dans son esprit, son action aurait été « légitime ». C’est toute l’étrangeté de sa défense : il nie le mobile raciste tout en décrivant lui-même un choix des victimes fondé sur leur origine et leur religion supposées.

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Attentat de Trappes et aveux du principal suspect : Un mort, sept blessés, 128 tirs

Le bilan suffit à rappeler qu’il ne s’agit pas seulement d’un homme tenant des propos confus. Le 23 octobre, Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans originaire de République démocratique du Congo, a été tué. Sept autres personnes ont été blessées, dont une fillette de 11 ans. Les enquêteurs ont relevé au moins 128 tirs sur huit scènes différentes à Trappes et La Verrière.

Le suspect reconnaît avoir tiré en rafale. Il a également fini par admettre la préméditation, qu’il contestait dans un premier temps. Ses propos au moment de son arrestation étaient déjà explicites : il aurait expliqué vouloir s’en prendre aux « Noirs » et aux « Arabes » et vouloir « venger les commerçants » touchés par les pillages lors des violences du 17 octobre. Jeudi, le procureur a ajouté un élément qui laisse peu de place à l’ambiguïté sur son état d’esprit après les faits : Kévin T. dit n’avoir « aucun regret ».

Un appartement piégé et un arsenal dans la voiture

Le matériel retrouvé par les policiers montre aussi que le passage à l’acte ne s’est pas improvisé dans la rue. Dans sa voiture se trouvaient notamment un pistolet-mitrailleur Sten de calibre 9 mm, des chargeurs, un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes et un brassard « Police ». Son appartement de Plaisir avait, lui, été piégé avec des bouteilles de gaz, des fils électriques et un minuteur. Selon le procureur, l’explosion aurait pu détruire le logement et endommager les appartements voisins.

À son domicile, les enquêteurs ont aussi découvert Mein Kampf, un Coran, une Bible et une trentaine d’autocollants portant la mention « Vive la France, RN, fier d’être français ». Kévin T. affirme les avoir dessinés lui-même avant de les faire fabriquer et nie toute appartenance partisane. Rien ne permet donc d’en faire un militant du RN ou de rattacher son attaque à une organisation politique. Son entourage le décrit plutôt comme un homme isolé et il n’était pas identifié par les renseignements comme activiste d’ultradroite.

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La psychiatrie n’explique pas tout

Le dossier psychiatrique du suspect sera évidemment central. Kévin T. évoque une hospitalisation à 25 ans, des troubles anciens et une consommation importante de stupéfiants. Du cannabis, de la cocaïne et des médicaments prescrits ont été retrouvés dans son sang. Sa garde à vue a d’ailleurs été interrompue avant qu’un nouvel examen conclue qu’il pouvait être entendu.

Mais là encore, il faut distinguer ce qui est établi de ce que le suspect raconte de lui-même. Olivier Christen a indiqué que le diagnostic de schizophrénie évoqué par Kévin T. relevait encore, à ce stade, de « l’interprétation de l’intéressé ». Les expertises devront dire si son discernement était altéré ou aboli au moment des faits.

Ce point sera décisif judiciairement. Il ne change cependant pas la nature des mots prononcés pendant ses auditions. Kévin T. décrit une attaque préparée, un lieu choisi et des victimes sélectionnées parce qu’il les croyait musulmanes ou africaines. Le PNAT a ouvert une information pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits auraient été commis en raison de l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion. Le suspect, lui, continue de dire qu’il n’est pas raciste. C’est désormais à la justice de démêler ce paradoxe.



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