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Le pointage des pédophiles ne garantit pas contre la récidive

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delinquants sexuels jean maillard

Jean de Maillard est vice-président au tribunal de grande instance de Paris, où il est aujourd’hui représentant du syndicat FO-Magistrats. Son dernier livre, La Fabrique du temps nouveau. Entretiens sur la civilisation néolibérale, a été publié en 2011 par les éditions Temps Présent.

Gil Mihaely : Un directeur d’école isérois soupçonné d’actes pédophiles, un professeur de Rennes déjà condamné pour des actes sur mineurs, mais aussi le souvenir du meurtre d’Agnès Marin au collège de Chambon-sur-Lignon, dont l’assassin avait déjà été condamné pour des actes similaires  : toutes ces affaires mettent en évidence le problème du cloisonnement des informations détenues par la justice.  Par mesure de précaution, faudrait-il fermer certains métiers aux pédophiles et fournir à l’éducation nationale la liste des individus déjà condamnés ?   

Jean de Maillard : Un certain nombre de condamnations pour infraction sexuelles et/ou violentes doivent entraîner, automatiquement ou sur décision de la juridiction, une inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). La circulaire qui précise tout cela est consultable en ligne.

Dans les cas évoqués, les personnes sont donc normalement inscrites sur ce fichier qui peut être consulté par les administrations. Encore faut-il qu’elles le fassent… Il reste à vérifier également que le dispositif (il est vrai compliqué) prévu pour le fonctionnement du Fijais soit opérationnel. La moindre des choses serait que l’éducation nationale ait une cellule dédiée pour consulter régulièrement le Fijais et prendre les dispositions nécessaires à l’égard des membres du corps enseignant qui y sont répertoriés. En tout cas, le ministère des sports, avait pris les dispositions en 2012 pour une consultation automatisée du fichier, ce qui montre que c’est possible (et que certains ministères, apparemment, l’ont fait).

Devrait-on annoncer à la mairie, voire à la population d’une commune qu’un pédophile déjà condamné s’installe sur son territoire, comme cela se fait dans le monde anglo-saxon ?

Il existe déjà, dans le cadre de la règlementation Fijais, une obligation de déclaration d’adresse et de suivi des personnes inscrites. Aller plus loin paraît délicat, car on risque de tomber dans la paranoïa.

D’aucuns estiment que les actes sexuels et d’autres crimes graves ne laissent aucun droit à l’oubli, y compris après que le criminel a purgé sa peine. Considérez-vous certains crimes comme imprescriptibles et irrémissibles ?

La peine est la rétribution payée par le condamné pour une faute. Cela n’empêche pas que la société puisse estimer nécessaire d’exercer une surveillance sur des individus qui, déjà condamnés, présentent une dangerosité sociale particulière. Cela a toujours été admis et il suffit de veiller à la proportionnalité entre la mesure de surveillance et de contrôle (avec les interdictions et obligations qui peuvent aller avec) et le risque présenté. En matière d’infractions sexuelles, il est naïf de croire que l’on puisse « soigner » des traits de personnalité déviants et le sursis avec mise à l’épreuve, tarte à la crème des tribunaux, est une mesure parfaitement illusoire (d’ailleurs, il n’existe aucune formation en la matière des soi-disant soignants). Les perversions ne se soignent pas et il n’est donc nullement illégitime de vouloir assurer un suivi de personnes présentant un risque social durant de longues années, même après l’exécution de leur peine, dans un cadre imposé. Toutefois, une déclaration d’adresse et même un pointage régulier ne garantissent pas contre la récidive.

Par conséquent, quelles solutions nouvelles préconisez-vous ?

Il faut aussi pouvoir interdire certaines activités (par exemple en rapport avec les mineurs), certains lieux (idem, mais aussi des lieux tels que piscines, salles de sport, etc.) et bien entendu s’assurer de leur respect. C’est beaucoup demander, sans doute, en France, où rien de tout cela n’est jamais pris très au sérieux, sauf quand il y a un scandale et le temps que l’émotion publique retombe… jusqu’à la fois suivante.

 *Photo : Pixabay.

Les Verts pour le nucléaire… en Iran!

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La direction nationale d’EELV-les Verts vient de publier un communiqué exhortant le gouvernement français à ne pas céder aux « pressions israéliennes » sur sa diplomatie visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Sans le dire explicitement, nos écologistes hexagonaux cautionnent donc le projet des ayatollahs de se doter de centrales nucléaires, voire plus si affinités. Entre la transition énergétique planétaire et la détestation d’Israël, le cœur vert ne balance pas : c’est cette dernière qui l’emporte !

Et pourtant, EELV avait une solution aussi évidente qu’élégante à proposer pour sortir de l’impasse des négociations de Lausanne : les grandes puissances financeraient l’équipement en hélices des milliers de minarets s’élevant sur le territoire persan, pour fournir les mégawatts dont le pays semble avoir tant besoin.

 

 

 

 

Troisième tour : le fantôme des régionales 1998

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charles millon fn udf

Le Front national, arbitre des élections locales, par exemple dans le Vaucluse ? L’histoire bégaie. Souvenez-vous : au printemps 1998, la droite, en mauvaise posture après sa dissolution ratée de 97, ne conservait la présidence de ses conseils régionaux qu’à l’aide des voix du Front national : Charles Baur en Picardie ; Jean-Pierre Soisson en Bourgogne ; Charles Millon, en Rhône-Alpes ; Jacques Blanc, en Languedoc ; Jean-François Humbert, en Franche-Comté ; Marc Censi, en Midi-Pyrénées ; Bernard Harang, dans le Centre… Face à la tempête médiatique et politique qui levait, certains présidents démissionnaient illico pour se faire réélire toute honte bue le lendemain avec l’appui de la gauche, comme en Franche-Comté. Mais d’autres s’y refusaient. Comme Charles Millon, en Rhône-Alpes.

En ce vendredi 20 mars 1998, à Lyon, la confusion règne dans les travées du conseil régional. Il faut dire que la situation politique n’incite guère à la clarté puisque droite et gauche y disposent chacune de 61 sièges, après le ralliement d’un indépendantiste savoisien au PS, tandis que le Front national tient 35 sièges. Le chef de file local du PS, Jean-Jack Queyranne, se trouve être né douze jours avant Charles Millon, patron de la droite et du centre. Selon une vieille coutume électorale, au profit de l’âge, c’est Queyranne qui devrait présider la région. Le premier acte de la tragédie vient de se jouer. Au deuxième tour de vote, Bruno Gollnisch déclare qu’il est prêt à voter pour le candidat de la droite s’il s’engage sur un certain nombre de points. A quoi Millon rétorque que ces points figurant déjà dans son programme, le choix sera vite fait pour les élus du parti de Jean-Marie Le Pen. Il est donc réélu à la tête de cette région qu’il préside depuis dix ans déjà.

Dans la presse, c’est haro sur le baudet. L’ancien disciple de Jacques Barrot Joseph Macé-Scaron, qui brossait Millon dans le sens du poil trois ans auparavant, fustige dans Le Point le « sauve-qui-peut d’un des derniers féodaux » et raconte une scène d’accord secret avec Bruno Gollnisch qui n’a jamais été prouvée. A l’appel de « la gauche plurielle », de Ras l’front et des syndicats de gauche, 800 personnes se rassemblent au Veilleur de Pierre le samedi matin pour réclamer sa démission. Le lumineux Jakubowicz, alors président régional du Crif, rappelle avec à propos, au cas où on l’aurait oublié, que « c’est par la voie institutionnelle que les nazis sont arrivés au pouvoir » (Le Progrès, 11 avril 1998). Bref, on crie au retour du fascisme, dans une répétition générale de la quinzaine anti-Le Pen de 2002.

Pourtant, Charles Millon avait jusque-là suivi la carrière irréprochable d’un élu de centre-droit. Certes, il est issu d’une famille catholique fervente du Bugey ; certes à 15 ans, il est Algérie française, ce qui, dit-il, le « guérira pour toute sa vie du gaullisme » ; certes il est originellement de tendance Indépendants et paysans, mais c’est aussi le disciple de Giscard. En 1995,  le chrétien social, fervent adepte des « personnalistes » et des « non-conformistes des années 30 », se rapproche néanmoins de Jacques Chirac, comme VGE, Madelin ou Charette, d’ailleurs, principalement par allergie congénitale au balladurisme. Ironie cruelle, c’était Edouard Balladur qui était alors soupçonné de tenter une alliance avec Jean-Marie Le Pen pour l’emporter à la présidentielle. Une semaine avant le premier tour, Millon déclarait à ce sujet au Figaro Magazine : « Je constate que les valeurs défendues par le président du Front national ne sont évidemment pas compatibles avec le projet républicain de Jacques Chirac ». Et encore, dans Le Monde de février de la même année : « Mon seul souhait est qu’aucun candidat ne conclue avec lui (JMLP) d’accord tacite, fût-il masqué ». Son ralliement à Chirac paie, puisque Millon est propulsé ministre de la Défense jusqu’à la dissolution calamiteuse de 97.

C’est donc en position de force, au moins dans son camp, et comme l’un des patrons de l’UDF, aux côtés de Madelin et Bayrou, qu’il s’était présenté aux régionales de 1998. Et quand on est proche de deux présidents, dont l’un en exercice et d’un ancien Premier ministre, on imagine mal que le ciel soit proche de nous tomber sur la tête.

D’autant que la curée est assez sélective. Jean-Pierre Soisson, venu des Républicains indépendants, mais connu comme le premier « ministre d’ouverture » de la Vè République puisqu’il participa au gouvernement Rocard en 88, avait déjà été élu président de la région Bourgogne en 92 avec les voix du FN. Rebelote en 1998, sans que cela lui pose de problèmes particuliers. Charles Baur, en Picardie, et  Jacques Blanc, en Languedoc-Roussillon, quoique tous deux exclus de l’UDF, ne subiront pas les foudres du microcosme politico-médiatique comme Millon. Leur élection ne fut jamais invalidée, et le second fut d’ailleurs réintégré par la suite dans l’UDF. Alors, pourquoi tel acharnement ?

Certainement à cause de son exposition médiatique supérieure : lui, l’ancien ministre de Chirac, se faisait collabo des forces extrêmes. Et Millon avait sans doute sous-estimé le précédent traumatisant créé par les municipales de 95 qui avaient donné plusieurs villes au Front, dont l’emblématique Toulon. La gauche était de plus en parfait ordre de marche, et au faîte de sa puissance.

Mais les coups les plus durs sont venus de son camp : le 23 mars, Raymond Barre, député-maire de Lyon, demande à Millon de mettre fin « à cette situation malsaine » qu’il qualifie de « faute grave ». Millon rétorque dans La Croix qu’il lui est « impossible de mettre au pouvoir une gauche minoritaire par seul dégoût de certaines voix, étant bien entendu qu’il n’y a eu ni accord, ni transaction, ni marchandage ». Giscard intervient à la télévision pour le soutenir, mais selon Charles Millon, « la violence de l’attaque attisée par la gauche était telle que Giscard lui-même fut inaudible ».

Aujourd’hui, l’ancien ministre refuse d’évoquer l’attitude de Chirac, « parce qu’il serait incapable de répondre ». Reste qu’en public, son ancien président l’a désavoué, condamné et réclamé qu’il soit exclu de l’UDF. Mais s’il est un homme contre qui la colère de Millon n’est pas retombée, c’est Nicolas Sarkozy, qui aurait envoyé son fidèle Hortefeux auprès des élus régionaux RPR pour les convaincre d’arrêter de le soutenir. C’est aussi selon lui à ce moment-ci que l’ancienne UDF a commencé d’éclater : Bayrou d’un côté, pas malheureux de condamner son rival de toujours, poussant les hauts cris ; et Madelin de l’autre, un pas en avant, deux pas en arrière, qui soutient le vendredi et condamne le lundi. Sinon Giscard, rares sont ceux qui osent le soutien en plein jour : des Poniatowski, des Griotteray, et des élus locaux qui lui doivent tout, comme Etienne Blanc ou Hervé Mariton. Voilà qui ne pèse pas lourd.

Et pourtant, un mois plus tard, un sondage du Figaro Magazine atteste que « 57% des sympathisants de droite estiment que Charles Millon a eu raison d’accepter les voix du FN et de ne pas démissionner pour laisser la région à la gauche ». La situation des départementales de 2015 était en réalité déjà là, au moins dans la tête des électeurs de droite. Mais les appareils tétanisés n’ont pas voulu le voir. Et, alors que Marine Le Pen annonce qu’elle proposera six points non-négociables pour que ses élus participent à des majorités départementales, Millon a beau jeu de rappeler que les cartes étaient les mêmes à son époque. Sauf que depuis, le rapport de forces s’est parfois inversé et que c’est peut-être l’UMP qui va devoir mendier auprès du FN.

*Photo : Hannah.

Rome : du nouveau sous le soleil

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ROME (AFP) – Après plus de 2000 ans de controverse, le Vatican reconnaît que Jésus n’était pas le fils de Dieu. Le communiqué du Saint-Siège explique que Jésus était en réalité « un activiste brillant, un fin stratège ayant su tirer profit du trouble politique et religieux de son époque » pour « communiquer un message d’espoir aux foules et promettre le paradis sur Terre si tous les hommes s’unissent pour mettre en commun les richesses ». Un coup de tonnerre mondial et historique : une religion s’apprête à supprimer sa propre existence en avouant ce qui se révèle comme une imposture théologique bien gardée.

En conséquence de quoi, l’Église annonce sa prochaine autodissolution, dès qu’elle aura « liquidé dans les plus brefs délais toutes ses institutions ». D’ici deux ans, l’Église catholique va donc cesser toutes ses actions humanitaires auprès des lépreux, des malades et des orphelins ; fermer tous ses dispensaires en Afrique subsaharienne ; fermer tous ses hôpitaux à travers le monde ; fermer toutes ses écoles et toutes ses universités ; licencier tous les missionnaires qui alphabétisent et soignent dans les bidonvilles ; donner congé à tous les bénévoles qui assistaient les prisonniers, les mourants, les malades, les personnes âgées, les familles en état de précarité ; cesser immédiatement les collectes pour creuser des puits ou bâtir des ponts, etc.

« C’est une question de cohérence » affirme le Pape François : « Pas question que le message du véritable Jésus historique soit trahi et récupéré par un message humanitaire qui n’a rien à voir avec le contexte historique de l’occupation romaine en Palestine. L’humanitarisme n’est rien d’autre qu’une colonisation déguisée, une destruction des identités, des religions et des systèmes économiques des peuples millénaires. L’Église affirmait que nous avions tous le même Père, en conséquence de quoi nous étions tous frères, il faut donc en finir avec cette mystique de la fraternité qui nous oblige à une solidarité hypocrite et instrumentalisée. »

Interrogé ce matin par l’AFP, Odon Vallet a affirmé « qu’il s’agit là d’une révolution planétaire pour la pensée et pour le monde politique qui s’est mise en marche, c’est aussi un grand pas vers une laïcité plus apaisée ». Même son de cloche chez Frédéric Lenoir, qui affirme « n’avoir jamais cru aux miracles, sauf en celui-ci, à savoir rendre enfin à Jésus ce qui lui appartenait réellement ».

Mariage gay, hétéro-vote

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parite feminisme fn

Il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas, même entre gens bien. De plus en plus d’ailleurs. En France, traditionnellement, il y a l’argent, surtout celui des autres – toujours soupçonné d’être mal acquis. Essayez de lancer dans un dîner en ville qu’un ministre du Budget qui a un compte en Suisse, ce n’est pas glorieux, mais finalement assez amusant, et puis que ça ne fait pas de lui un tueur de vieilles dames, vos voisins s’étrangleront avec leur caviar (et ce n’est pas facile). Bon, on ne va pas pleurer si nos gouvernants ne piquent plus dans la caisse, même si on doit subir pour cela les airs outragés du parti de la transparence. Il faut bien de la vertu en quelque chose.

Dans notre beau pays, il est donc communément admis que l’argent, c’est sérieux. Au moins pouvait-on badiner avec l’amour – enfin, l’amour, vous voyez ce que je veux dire. Au pays de Rabelais et de Marivaux, les hommes et les femmes, les manœuvres des premiers pour déjouer les chichis, tourments et stratagèmes des secondes étaient le prétexte à d’inépuisables plaisanteries, subtiles ou grasses selon qu’on fréquentait les salons ou les salles de garde. Désormais, plus question de déconner avec la gaudriole ni avec tout ce qui, de près ou de loin, a quelque chose à voir avec la sainte cause des femmes. J’entends les froncements de sourcils. Bien sûr, vous, les violences conjugales, l’exploitation, la domination des mâles hétéroblancs, vous trouvez ça drôle. Non, je le jure, je ne rigole pas. Je l’avoue, la traque des compliments sexistes, comment dire, ça me chiffonne un peu, mais je vous assure, même les écarts de salaire, je trouve ça très sérieux.

En revanche, ce qui donne l’impression d’habiter un asile de fous, c’est que l’on puisse parler avec tant de sérieux du paritarisme échevelé et de ses innombrables inventions. Dans un monde normal, l’impayable scrutin à deux têtes tout juste sorti du cerveau fécond de la Bête idiote aurait provoqué un éclat de rire général. Pendant toute la campagne des départementales, j’ai ouvert l’œil et tendu l’oreille, espérant déceler, chez l’un ou l’autre de nos honorables commentateurs et commentateures, un vague soupçon d’ironie, une infime trace de scepticisme. Macache. Au contraire, un zèle appliqué, une ardeur à croire, un empressement à approuver ce scrutin à-chacun-sa-chacune, évidemment considéré comme une merveilleuse avancée pour toutes les femmes. Seul bémol concédé par les charmantes donzelles qui officient sur le tout-info, il est dommage qu’on ait dû faire une loi. Le monde serait tellement plus chouette si la parité existait naturellement en toutes choses – avec des naissances alternées fille-garçon par exemple.

Il faut dire qu’en février 2013, devant l’Assemblée nationale, notre bon Premier ministre avait bien expliqué ce qu’il convenait de penser : « La parité est un impératif démocratique ; elle est aussi le gage d’une nouvelle légitimité, d’un profond renouvellement, d’un nouveau souffle pour l’institution départementale dans son ensemble. » Mazette ! Faut vraiment avoir mauvais esprit pour être contre la démocratie, la légitimité et le renouvellement.

Alors, c’est peut-être moi le dingue qui roule à l’envers sur l’autoroute et se demande pourquoi tous les autres se trompent de sens. En tout cas, je n’y comprends plus rien. Il y a deux ans, la gauche s’employait à combattre nos vieux stéréotypes hétéro-genrés en délivrant le mariage du modèle bourgeois, façon monsieur et madame Michu, et voilà qu’elle nous le refourgue aux élections. En somme, maintenant que papa-maman c’est ringard au plumard, c’est branché dans l’isoloir, fallait y penser.

Voilà donc tous nos partis obligés de présenter des binômes au carré (avec les suppléants), c’est-à-dire, dans notre triste réalité machiste, de recruter dare-dare des centaines de femmes dont beaucoup se sont retrouvées candidates parce qu’elles passaient par là et qu’elles avaient vu de la lumière. On décernera la palme de l’humour à l’alliance Front de Gauche-Verts-PC qui, dans le canton de Belleville, dans le Rhône, a acoquiné monsieur Jambon et madame Pays, c’est malin ! J’aurais bien une idée encore plus farceuse (en vrai elle est de Gil Mihaely), qui consisterait à combiner des duos homme-femme et gauche-droite. Comme ça, à la fin, tout le monde gagnerait (sauf qui vous savez).

En attendant, il pourrait être assez avantageux, pour nous les filles, d’appartenir à une espèce protégée. Désormais, dans nos partis, nul n’ignore plus qu’une femme, c’est une bonne affaire. Le PS et l’UMP en savent quelque chose : depuis 2013, le financement public dont ils bénéficient est respectivement amputé de 1,4 et 4 millions d’euros par an pour cause de manquement aux règles du chabadisme lors des législatives de 2012. Quelques semaines avant le scrutin départemental, le trésorier de l’UMP, Daniel Fasquelle, avertissait donc ses chefs que, cette fois, le non-respect de la parité pourrait « ruiner tous les efforts » de son parti pour assainir ses finances. Tenez-vous-le pour dit : pas de nana, pas de chocolat ! Du reste, pourquoi s’arrêter en si bon chemin alors que tant d’opprimés demandent justice ? Je propose donc d’ajouter à la loi électorale  cet article (qu’il faudra peut-être reformuler un brin): pas d’homo, pas d’esquimau ! Ainsi la gauche aura-t-elle une chance de voir se réaliser son rêve terranoviste – une femme à l’Élysée, un homo à Matignon.

PS. J’en profite pour saluer l’arrivée dans notre joyeuse troupe, par ordre alphabétique, du journaliste Hervé Algalarrondo, du cinéaste Jean-Paul Lilienfeld et du dessinateur Olivier Ranson. Preuve qu’à Causeur, nous avons des amis de gauche !

Cet article en accès libre est extrait de Causeur n°23. Pour lire le numéro entier, cliquez ici.

*Photo : Pixabay.

Causeur n°23 : FN, Macron, Euthanasie…

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Le Front national a recueilli la voix d’un Français sur quatre aux départementales. Revenant sur cette implantation locale inédite, Marine Le Pen nous a accordé un entretien exclusif, au cours duquel elle estime son parti « prêt à gouverner », se démarque très nettement des candidats aux déclarations racistes que le FN a investis (puis désavoués), et marque sa différence avec son père. « J’ai un désaccord de fond avec Jean-Marie Le Pen », confie la présidente frontiste, selon laquelle celui-ci cherche à maintenir le Front dans une culture d’opposition tandis qu’elle s’emploie à en faire un mouvement de gouvernement.

Si elle ne ménage pas ses critiques à l’égard de la présidente du premier parti de France, Élisabeth Lévy s’offusque de l’opprobre que subissent ses électeurs : y aurait-il « 5 millions de fachos » à rééduquer? Notre dossier autour du FN s’agrémente d’un reportage réalisé pendant la campagne départementale dans le Jura, où « le FN est dans le pré » et progresse de manière spectaculaire, ainsi que d’un voyage chez les déçus du Front, déplorant la mue crypto-gauchiste de l’ancien pôle de l’extrême droite française. Quant au président du Crif, il persiste et signe : sur l’antisémitisme Marine Le Pen est « irréprochable », bien que son entourage ne soit pas forcément blanc-bleu, ainsi que l’explique Roger Cukierman à Elisabeth Lévy et Gil Mihaely.

Ce numéro d’avril vous mène également au Grand palais sur les traces de Velazquez, sur les marches de Bercy pour un décryptage de la politique économique d’Emmanuel Macron signé Jean-Luc Gréau. Vous irez également au chevet de tous les malades en phase terminale tentés de mettre fin à leurs jours. Alain Finkielkraut, Paul Thibaud, Roland Jaccard et Marc Cohen animent notre débat sur l’euthanasie et la « sédation profonde » que l’Assemblée a récemment légalisée.

Pour conclure sur une note plus joyeuse, saluons le renfort d’Hervé Algalarrondo, Olivier Ranson et Jean-Paul Lilienfeld comme nouveaux piliers de notre équipe. Un cinéaste, un dessinateur et un journaliste de gauche dans Causeur, ce n’est pas un poisson d’avril !

marine le pen

Également en version numérique avec notre application :

Elisabeth Lévy demain sur France Inter

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Même pendant la grève de Radio France, « Service Public » continue. Et l’excellente émission de Guillaume Erner recevra demain, à 10h, une invitée de marque.

Dans un récent numéro consacré à « la vraie droite », Le Point expliquait que les membres de cette « nouvelle intelligentsia » – qui ne se confond pas avec la droite politique – « se retrouvent autour de « la patronne », Elisabeth Lévy, et du mensuel Causeur. »

Est-ce à ce titre que l’animateur le plus professionnel de France a choisi d’inviter demain, sur France Inter, celle qui est avant tout notre patronne à nous ?

Vous le saurez en allumant votre poste à 10h, et en découvrant la révélation qu’elle a promis d’y faire.

Et attention les oreilles : souvenez-vous que l’article du Point qualifiait la bande à Lévy d’indécrottables « ennemis du « politiquement correct » ».  Brrr…

Départementales : Marion Le Pen monte sur le ring

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marion le pen vaucluse

Dans sa tête, jusqu’à dimanche soir, le monde se divisait en trois catégories : les vieux du PS qui perdent ; les vieux de l’UMP qui perdent ; et les autres, c’est-à-dire les siens, qui gagnent. À sa décharge, une semaine de pilonnage médiatique, sondagier et amical a presque fini par la convaincre que la victoire viendra en chantant. Marion Maréchal Le Pen la prudente commence enfin à croire en sa baraka, sa « plus-value », comme elle dit, à force de l’entendre, de le lire, dans cet entre deux-tours un peu magique où le Front national du Vaucluse a pris la tête de tous les cantons. D’ailleurs, les spécialistes de la carte électorale sont formels : le parti des ni-droite ni-gauche ne peut pas rater le département cette fois-ci, avec une UMP en désordre et un PS en déconfiture, et la vague bleu marine dont les embruns mouillent les rivages français depuis quelque temps.

Le coup serait magistral, qui lui confierait au-delà des clefs de ce département déclassé, la possibilité d’une autre destinée à l’intérieur du parti. Et surtout ferait définitivement la preuve que la tendance qu’elle incarne, nolens volens, celle d’un ni droite mais surtout ni gauche, constitue la voie royale pour les idées nationales.

Las. Dans la fin d’après-midi gris orageux de Carpentras, où le ciel semble s’être ramassé sur lui-même comme pour donner raison aux prophéties fabuleuses des sortants, qui annonçant en cas de victoire du FN la fin générale de l’économie locale, qui l’assèchement du Rhône, l’autre la grande catastrophe, le dernier enfin la disparition du soleil,  dans la modeste permanence de la députée, les résultats tombent un à un, férocement semblables, et tranchants comme le hachoir des abattoirs hallal sur le bœuf. Valréas, perdu ; Pernes-les-Fontaines, perdu ; les trois Avignon, idem ; und so weiter. Dans le silence de mort qui s’étend, le Vieux lui-même recroquevillé dans un bureau à télé ne paraît plus que l’ombre du vétéran chenu, et les conseillers ne distillent que d’une voix blanche les arrêts du sort. Ce n’était pas Arcole et vint un instant suspendu où ce fut presque Hiroshima. Cadavérique, les traits durcis sous le fouet, la députée encaisse, groggy. L’effondrée nationale ?

Voire. Prise dans l’avalanche des chiffres parcellaires autant que contradictoires, dont l’unique certitude à leur sujet est qu’ils mènent à la défaite, elle griffonne quelques notes d’un discours auquel elle s’est refusé de penser l’après-midi, quand l’alignement des planètes, pour reprendre les mots d’un brillant commentateur politique présent, ne s’était pas encore inversé ; quand on allait voir ce que l’on allait voir ; quand la conjonction de l’astre vespéral de son grand-père et du sien matutinal augurait du triomphe ; quand on n’avait pas encore admis qu’un parti sous aucune république ne gagne jamais seul et que les renards de l’UMP et du PS avaient, eux, encore des troupes à faire donner ; quand on avait surestimé sa propre puissance à se muer en parti de second tour, c’est-à-dire rassembleur.

Dix minutes plus tard, au marché-gare de Carpentras réquisitionné pour la soirée, l’ambiance est aussi contraire qu’un Rubens l’est d’un Kokoschka. Dans la cohue des militants enthousiastes, où se mêlent sans vergogne rejetons de vieilles familles et beaufs de motoball, « Daddy » a déjà fait son entrée, électrisant grand-mémé. Ce n’est déjà plus Trafalgar, mais seulement Azincourt ou Waterloo, bref, de ces défaites que l’on aime parfois mieux que des victoires. Dans la nuée de caméras, de perchistes, de micros et de projecteurs, elle progresse sûre d’elle-même et le sourire aux lèvres vers l’estrade, arrosée de « Marion, on t’aime ». Là, quand elle parle d’espérance et d’amour de son territoire, c’est comme s’il n’y avait jamais eu de département raté, ou de désillusion. L’avenir commence demain. Tant qu’il y a public il y a match. La machine Le Pen s’est enclenchée, ou plutôt continue, comme si elle n’avait jamais cessé de fonctionner. « Il faut parfois un semi-remorque pour la traîner sur le ring, mais une fois qu’on l’y a mise, personne ne résiste à son punch », ricane l’un de ses conseillers. La salle tout acquise bruît comme une immense usine à dénégation. Non, les partis de gouvernement ne les ont pas mis dedans, ils sont bien, eux du Front, la première force du département. Un canton de perdu aujourd’hui, dix de gagnés à la prochaine. Ils sont le sens de cette histoire dont personne n’a vu il y a dix ans qu’elle a commencé d’inverser sa rotation.

Quand elle termine après avoir chanté la Marseillaise avec le président d’honneur, elle a presque changé l’eau en vin. C’est Mohamed Ali qui met sa pile à George Foreman au huitième round. Elle enchaîne comme à la parade les duplex et les interviews avec tout ce que le monde connu compte de radios et de télés, ce qui lui vaudra le lendemain le titre de plus grande squatteuse de la soirée électorale, décerné par Libé. Elle enquille les selfies avec les motards, les mères de famille, les paysans, les boulistes, les gendarmes en retraite, les FNJistes locaux. C’est tout juste si elle ne guérit pas les écrouelles. Le temps d’un buffet, les quelques centaines de militants du Vaucluse se réchauffent auprès de leurs trois binômes rescapés de la Bérézina, oubliant que contrairement à leur idole la roue de l’histoire, elle, se hâte lentement.

*Photo : Alain Robert/Apercu/SIPA. 00709272_000005.

Après-Charlie: les enseignants de Saint-Denis «refusent d’être entendus»

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En France comme ailleurs, tout mouvement de protestation a en général au moins une exigence : celle d’« être entendu ». Qu’il s’agisse des notaires charentais, des paysans bretons ou des nationalistes végétaliens bulgares contre le nucléaire et pour la cigarette électronique, c’est toujours la même rengaine. Les politiques ne les écoutent pas, l’État est sourd à leurs revendications, ce qui les contraint à faire un usage immodéré du mégaphone, et à défiler en braillant leurs slogans le plus fort possible.

Mais voilà qu’une exception est venue, selon Le Monde, confirmer la règle lundi 23 mars. Les enseignants du lycée Paul Eluard, à Saint-Denis (93), ont préféré ce jour-là « refuser d’être entendus ». Et ce, en signe de protestation contre la visite, justement, d’une délégation d’élus de la République venus « recueillir leur sentiment sur leurs difficultés », dixit la rectrice, suite aux attentats de janvier contre Charlie Hebdo et l’Hyper cacher puis aux refus de respecter la minute de silence. Le monde à l’envers ? Pas dans l’esprit de ces fonctionnaires zélés, pour qui – tenez-vous bien – parler aurait consisté à « cautionner un jeu de dupes et une entreprise idéologiquement réactionnaire ». Encore ! Décidément, ces années 1930 bis n’en finissent pas…

En guise d’entreprise, deux sénateurs étaient en effet venus à leur rencontre dans le cadre d’une commission d’enquête sur « le fonctionnement du service public de l’éducation, sur la perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissement scolaires et sur les difficultés rencontrées par les enseignants dans l’exercice de leur profession ». Problème, insurmontable pour nos profs taiseux : cette commission d’enquête, formée à l’initiative du groupe UMP du Sénat, avait préalablement effectué des auditions dont « la tonalité est très conservatrice, tenant l’islam comme un problème » (sic).

Au menu des personnalités louches déjà consultées, entre autres : trois anciens ministres de l’Éducation nationale – Luc Ferry, Luc Châtel et Jean-Pierre Chevènement – mais aussi Alain Finkielkraut, Jean-Pierre Obin, Alain-Gérard Slama ou encore le pilier de Manif pour tous François-Xavier Bellamy. Dommage, donc, pour la sénatrice radicale de gauche Françoise Laborde et son collègue UMP Jacques Grosperrin, estomaqués par le silence revendiqué des enseignants rebelles et des parents d’élèves qui leur faisaient face, dans l’amphi du lycée.

Ceux-ci ont expliqué leur mutisme par un refus d’être « instrumentalisés au profit d’un discours visant à stigmatiser la jeunesse de Seine-Saint-Denis ». Pour calmer le jeu, la rectrice Béatrice Gilles, également présente avec son cabinet et un inspecteur de l’Académie, a jugé dans la foulée qu’il s’agissait d’un « non-incident », cet outrage manifeste à des élus restant somme toute « isolé » : des visites similaires déjà organisées à Pantin et au Kremlin-Bicêtre, a-t-elle précisé, « ont permis de poursuivre le travail engagé sur la grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République ».

Chic alors, tous les territoires ne sont pas encore perdus.

*Photo : Pixabay.

Menu « laïc » à la cantine, le ni-ni culturel

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On a beaucoup parlé des menus avec ou sans porc à la cantine, un débat épineux que pense avoir tranché Jacques Boutault, maire écolo du 2e arrondissement de Paris. Ce jeudi 26 mars, il a présenté » sa solution miraculeuse : un repas baptisé « Manger ensemble ». Sa recette ? « Imaginer un repas qui ne heurte aucune culture, aucune religion, aucune croyance ou aucune conviction. Résultat : un menu délicieux, sans aucun produit d’origine animale, laïque et éthique. »

Tout ça c’est bien beau, mais qu’y avait-il dans l’assiette des gamins de la rue Beauregard ou du passage des Panoramas ? Une soupe de lentilles au cumin de couleur indéfinie, un chili con carne sans viande (les hispanisants se régalent d’avance)  accompagné de son riz, et une part de gâteau poire chocolat au dessert. À en croire les photos, certains veinards ont même eu droit à un yaourt au soja.

À la mairie du 2e, on se réjouit : « Les restes alimentaires auraient été deux fois moins importants que d’habitude. »

Si proposer à nos enfants un repas équilibré issu de la filière biologique paraît plutôt pertinent, idéologiser de la sorte les déjeuners scolaires jusqu’à en faire un enjeu du XXIème siècle est plutôt déroutant. Mais dans ce domaine, Najat Vallaud-Belkacem bat tous les records : alors que Jacques Boutault s’emploie à « déculturaliser » les menus scolaires, la ministre de l’Éducation nationale affirme que les menus avec porc sont, de fait, des repas confessionnels.

Si ce que dit la ministre est vrai, alors il faut d’urgence interdire ces menus veggie qui, de fait,  stigmatisent les écoliers non-hindouïstes.

 

Le pointage des pédophiles ne garantit pas contre la récidive

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delinquants sexuels jean maillard

delinquants sexuels jean maillard

Jean de Maillard est vice-président au tribunal de grande instance de Paris, où il est aujourd’hui représentant du syndicat FO-Magistrats. Son dernier livre, La Fabrique du temps nouveau. Entretiens sur la civilisation néolibérale, a été publié en 2011 par les éditions Temps Présent.

Gil Mihaely : Un directeur d’école isérois soupçonné d’actes pédophiles, un professeur de Rennes déjà condamné pour des actes sur mineurs, mais aussi le souvenir du meurtre d’Agnès Marin au collège de Chambon-sur-Lignon, dont l’assassin avait déjà été condamné pour des actes similaires  : toutes ces affaires mettent en évidence le problème du cloisonnement des informations détenues par la justice.  Par mesure de précaution, faudrait-il fermer certains métiers aux pédophiles et fournir à l’éducation nationale la liste des individus déjà condamnés ?   

Jean de Maillard : Un certain nombre de condamnations pour infraction sexuelles et/ou violentes doivent entraîner, automatiquement ou sur décision de la juridiction, une inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). La circulaire qui précise tout cela est consultable en ligne.

Dans les cas évoqués, les personnes sont donc normalement inscrites sur ce fichier qui peut être consulté par les administrations. Encore faut-il qu’elles le fassent… Il reste à vérifier également que le dispositif (il est vrai compliqué) prévu pour le fonctionnement du Fijais soit opérationnel. La moindre des choses serait que l’éducation nationale ait une cellule dédiée pour consulter régulièrement le Fijais et prendre les dispositions nécessaires à l’égard des membres du corps enseignant qui y sont répertoriés. En tout cas, le ministère des sports, avait pris les dispositions en 2012 pour une consultation automatisée du fichier, ce qui montre que c’est possible (et que certains ministères, apparemment, l’ont fait).

Devrait-on annoncer à la mairie, voire à la population d’une commune qu’un pédophile déjà condamné s’installe sur son territoire, comme cela se fait dans le monde anglo-saxon ?

Il existe déjà, dans le cadre de la règlementation Fijais, une obligation de déclaration d’adresse et de suivi des personnes inscrites. Aller plus loin paraît délicat, car on risque de tomber dans la paranoïa.

D’aucuns estiment que les actes sexuels et d’autres crimes graves ne laissent aucun droit à l’oubli, y compris après que le criminel a purgé sa peine. Considérez-vous certains crimes comme imprescriptibles et irrémissibles ?

La peine est la rétribution payée par le condamné pour une faute. Cela n’empêche pas que la société puisse estimer nécessaire d’exercer une surveillance sur des individus qui, déjà condamnés, présentent une dangerosité sociale particulière. Cela a toujours été admis et il suffit de veiller à la proportionnalité entre la mesure de surveillance et de contrôle (avec les interdictions et obligations qui peuvent aller avec) et le risque présenté. En matière d’infractions sexuelles, il est naïf de croire que l’on puisse « soigner » des traits de personnalité déviants et le sursis avec mise à l’épreuve, tarte à la crème des tribunaux, est une mesure parfaitement illusoire (d’ailleurs, il n’existe aucune formation en la matière des soi-disant soignants). Les perversions ne se soignent pas et il n’est donc nullement illégitime de vouloir assurer un suivi de personnes présentant un risque social durant de longues années, même après l’exécution de leur peine, dans un cadre imposé. Toutefois, une déclaration d’adresse et même un pointage régulier ne garantissent pas contre la récidive.

Par conséquent, quelles solutions nouvelles préconisez-vous ?

Il faut aussi pouvoir interdire certaines activités (par exemple en rapport avec les mineurs), certains lieux (idem, mais aussi des lieux tels que piscines, salles de sport, etc.) et bien entendu s’assurer de leur respect. C’est beaucoup demander, sans doute, en France, où rien de tout cela n’est jamais pris très au sérieux, sauf quand il y a un scandale et le temps que l’émotion publique retombe… jusqu’à la fois suivante.

 *Photo : Pixabay.

Les Verts pour le nucléaire… en Iran!

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La direction nationale d’EELV-les Verts vient de publier un communiqué exhortant le gouvernement français à ne pas céder aux « pressions israéliennes » sur sa diplomatie visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Sans le dire explicitement, nos écologistes hexagonaux cautionnent donc le projet des ayatollahs de se doter de centrales nucléaires, voire plus si affinités. Entre la transition énergétique planétaire et la détestation d’Israël, le cœur vert ne balance pas : c’est cette dernière qui l’emporte !

Et pourtant, EELV avait une solution aussi évidente qu’élégante à proposer pour sortir de l’impasse des négociations de Lausanne : les grandes puissances financeraient l’équipement en hélices des milliers de minarets s’élevant sur le territoire persan, pour fournir les mégawatts dont le pays semble avoir tant besoin.

 

 

 

 

Troisième tour : le fantôme des régionales 1998

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charles millon fn udf

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Le Front national, arbitre des élections locales, par exemple dans le Vaucluse ? L’histoire bégaie. Souvenez-vous : au printemps 1998, la droite, en mauvaise posture après sa dissolution ratée de 97, ne conservait la présidence de ses conseils régionaux qu’à l’aide des voix du Front national : Charles Baur en Picardie ; Jean-Pierre Soisson en Bourgogne ; Charles Millon, en Rhône-Alpes ; Jacques Blanc, en Languedoc ; Jean-François Humbert, en Franche-Comté ; Marc Censi, en Midi-Pyrénées ; Bernard Harang, dans le Centre… Face à la tempête médiatique et politique qui levait, certains présidents démissionnaient illico pour se faire réélire toute honte bue le lendemain avec l’appui de la gauche, comme en Franche-Comté. Mais d’autres s’y refusaient. Comme Charles Millon, en Rhône-Alpes.

En ce vendredi 20 mars 1998, à Lyon, la confusion règne dans les travées du conseil régional. Il faut dire que la situation politique n’incite guère à la clarté puisque droite et gauche y disposent chacune de 61 sièges, après le ralliement d’un indépendantiste savoisien au PS, tandis que le Front national tient 35 sièges. Le chef de file local du PS, Jean-Jack Queyranne, se trouve être né douze jours avant Charles Millon, patron de la droite et du centre. Selon une vieille coutume électorale, au profit de l’âge, c’est Queyranne qui devrait présider la région. Le premier acte de la tragédie vient de se jouer. Au deuxième tour de vote, Bruno Gollnisch déclare qu’il est prêt à voter pour le candidat de la droite s’il s’engage sur un certain nombre de points. A quoi Millon rétorque que ces points figurant déjà dans son programme, le choix sera vite fait pour les élus du parti de Jean-Marie Le Pen. Il est donc réélu à la tête de cette région qu’il préside depuis dix ans déjà.

Dans la presse, c’est haro sur le baudet. L’ancien disciple de Jacques Barrot Joseph Macé-Scaron, qui brossait Millon dans le sens du poil trois ans auparavant, fustige dans Le Point le « sauve-qui-peut d’un des derniers féodaux » et raconte une scène d’accord secret avec Bruno Gollnisch qui n’a jamais été prouvée. A l’appel de « la gauche plurielle », de Ras l’front et des syndicats de gauche, 800 personnes se rassemblent au Veilleur de Pierre le samedi matin pour réclamer sa démission. Le lumineux Jakubowicz, alors président régional du Crif, rappelle avec à propos, au cas où on l’aurait oublié, que « c’est par la voie institutionnelle que les nazis sont arrivés au pouvoir » (Le Progrès, 11 avril 1998). Bref, on crie au retour du fascisme, dans une répétition générale de la quinzaine anti-Le Pen de 2002.

Pourtant, Charles Millon avait jusque-là suivi la carrière irréprochable d’un élu de centre-droit. Certes, il est issu d’une famille catholique fervente du Bugey ; certes à 15 ans, il est Algérie française, ce qui, dit-il, le « guérira pour toute sa vie du gaullisme » ; certes il est originellement de tendance Indépendants et paysans, mais c’est aussi le disciple de Giscard. En 1995,  le chrétien social, fervent adepte des « personnalistes » et des « non-conformistes des années 30 », se rapproche néanmoins de Jacques Chirac, comme VGE, Madelin ou Charette, d’ailleurs, principalement par allergie congénitale au balladurisme. Ironie cruelle, c’était Edouard Balladur qui était alors soupçonné de tenter une alliance avec Jean-Marie Le Pen pour l’emporter à la présidentielle. Une semaine avant le premier tour, Millon déclarait à ce sujet au Figaro Magazine : « Je constate que les valeurs défendues par le président du Front national ne sont évidemment pas compatibles avec le projet républicain de Jacques Chirac ». Et encore, dans Le Monde de février de la même année : « Mon seul souhait est qu’aucun candidat ne conclue avec lui (JMLP) d’accord tacite, fût-il masqué ». Son ralliement à Chirac paie, puisque Millon est propulsé ministre de la Défense jusqu’à la dissolution calamiteuse de 97.

C’est donc en position de force, au moins dans son camp, et comme l’un des patrons de l’UDF, aux côtés de Madelin et Bayrou, qu’il s’était présenté aux régionales de 1998. Et quand on est proche de deux présidents, dont l’un en exercice et d’un ancien Premier ministre, on imagine mal que le ciel soit proche de nous tomber sur la tête.

D’autant que la curée est assez sélective. Jean-Pierre Soisson, venu des Républicains indépendants, mais connu comme le premier « ministre d’ouverture » de la Vè République puisqu’il participa au gouvernement Rocard en 88, avait déjà été élu président de la région Bourgogne en 92 avec les voix du FN. Rebelote en 1998, sans que cela lui pose de problèmes particuliers. Charles Baur, en Picardie, et  Jacques Blanc, en Languedoc-Roussillon, quoique tous deux exclus de l’UDF, ne subiront pas les foudres du microcosme politico-médiatique comme Millon. Leur élection ne fut jamais invalidée, et le second fut d’ailleurs réintégré par la suite dans l’UDF. Alors, pourquoi tel acharnement ?

Certainement à cause de son exposition médiatique supérieure : lui, l’ancien ministre de Chirac, se faisait collabo des forces extrêmes. Et Millon avait sans doute sous-estimé le précédent traumatisant créé par les municipales de 95 qui avaient donné plusieurs villes au Front, dont l’emblématique Toulon. La gauche était de plus en parfait ordre de marche, et au faîte de sa puissance.

Mais les coups les plus durs sont venus de son camp : le 23 mars, Raymond Barre, député-maire de Lyon, demande à Millon de mettre fin « à cette situation malsaine » qu’il qualifie de « faute grave ». Millon rétorque dans La Croix qu’il lui est « impossible de mettre au pouvoir une gauche minoritaire par seul dégoût de certaines voix, étant bien entendu qu’il n’y a eu ni accord, ni transaction, ni marchandage ». Giscard intervient à la télévision pour le soutenir, mais selon Charles Millon, « la violence de l’attaque attisée par la gauche était telle que Giscard lui-même fut inaudible ».

Aujourd’hui, l’ancien ministre refuse d’évoquer l’attitude de Chirac, « parce qu’il serait incapable de répondre ». Reste qu’en public, son ancien président l’a désavoué, condamné et réclamé qu’il soit exclu de l’UDF. Mais s’il est un homme contre qui la colère de Millon n’est pas retombée, c’est Nicolas Sarkozy, qui aurait envoyé son fidèle Hortefeux auprès des élus régionaux RPR pour les convaincre d’arrêter de le soutenir. C’est aussi selon lui à ce moment-ci que l’ancienne UDF a commencé d’éclater : Bayrou d’un côté, pas malheureux de condamner son rival de toujours, poussant les hauts cris ; et Madelin de l’autre, un pas en avant, deux pas en arrière, qui soutient le vendredi et condamne le lundi. Sinon Giscard, rares sont ceux qui osent le soutien en plein jour : des Poniatowski, des Griotteray, et des élus locaux qui lui doivent tout, comme Etienne Blanc ou Hervé Mariton. Voilà qui ne pèse pas lourd.

Et pourtant, un mois plus tard, un sondage du Figaro Magazine atteste que « 57% des sympathisants de droite estiment que Charles Millon a eu raison d’accepter les voix du FN et de ne pas démissionner pour laisser la région à la gauche ». La situation des départementales de 2015 était en réalité déjà là, au moins dans la tête des électeurs de droite. Mais les appareils tétanisés n’ont pas voulu le voir. Et, alors que Marine Le Pen annonce qu’elle proposera six points non-négociables pour que ses élus participent à des majorités départementales, Millon a beau jeu de rappeler que les cartes étaient les mêmes à son époque. Sauf que depuis, le rapport de forces s’est parfois inversé et que c’est peut-être l’UMP qui va devoir mendier auprès du FN.

*Photo : Hannah.

Rome : du nouveau sous le soleil

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ROME (AFP) – Après plus de 2000 ans de controverse, le Vatican reconnaît que Jésus n’était pas le fils de Dieu. Le communiqué du Saint-Siège explique que Jésus était en réalité « un activiste brillant, un fin stratège ayant su tirer profit du trouble politique et religieux de son époque » pour « communiquer un message d’espoir aux foules et promettre le paradis sur Terre si tous les hommes s’unissent pour mettre en commun les richesses ». Un coup de tonnerre mondial et historique : une religion s’apprête à supprimer sa propre existence en avouant ce qui se révèle comme une imposture théologique bien gardée.

En conséquence de quoi, l’Église annonce sa prochaine autodissolution, dès qu’elle aura « liquidé dans les plus brefs délais toutes ses institutions ». D’ici deux ans, l’Église catholique va donc cesser toutes ses actions humanitaires auprès des lépreux, des malades et des orphelins ; fermer tous ses dispensaires en Afrique subsaharienne ; fermer tous ses hôpitaux à travers le monde ; fermer toutes ses écoles et toutes ses universités ; licencier tous les missionnaires qui alphabétisent et soignent dans les bidonvilles ; donner congé à tous les bénévoles qui assistaient les prisonniers, les mourants, les malades, les personnes âgées, les familles en état de précarité ; cesser immédiatement les collectes pour creuser des puits ou bâtir des ponts, etc.

« C’est une question de cohérence » affirme le Pape François : « Pas question que le message du véritable Jésus historique soit trahi et récupéré par un message humanitaire qui n’a rien à voir avec le contexte historique de l’occupation romaine en Palestine. L’humanitarisme n’est rien d’autre qu’une colonisation déguisée, une destruction des identités, des religions et des systèmes économiques des peuples millénaires. L’Église affirmait que nous avions tous le même Père, en conséquence de quoi nous étions tous frères, il faut donc en finir avec cette mystique de la fraternité qui nous oblige à une solidarité hypocrite et instrumentalisée. »

Interrogé ce matin par l’AFP, Odon Vallet a affirmé « qu’il s’agit là d’une révolution planétaire pour la pensée et pour le monde politique qui s’est mise en marche, c’est aussi un grand pas vers une laïcité plus apaisée ». Même son de cloche chez Frédéric Lenoir, qui affirme « n’avoir jamais cru aux miracles, sauf en celui-ci, à savoir rendre enfin à Jésus ce qui lui appartenait réellement ».

Mariage gay, hétéro-vote

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parite feminisme fn

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Il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas, même entre gens bien. De plus en plus d’ailleurs. En France, traditionnellement, il y a l’argent, surtout celui des autres – toujours soupçonné d’être mal acquis. Essayez de lancer dans un dîner en ville qu’un ministre du Budget qui a un compte en Suisse, ce n’est pas glorieux, mais finalement assez amusant, et puis que ça ne fait pas de lui un tueur de vieilles dames, vos voisins s’étrangleront avec leur caviar (et ce n’est pas facile). Bon, on ne va pas pleurer si nos gouvernants ne piquent plus dans la caisse, même si on doit subir pour cela les airs outragés du parti de la transparence. Il faut bien de la vertu en quelque chose.

Dans notre beau pays, il est donc communément admis que l’argent, c’est sérieux. Au moins pouvait-on badiner avec l’amour – enfin, l’amour, vous voyez ce que je veux dire. Au pays de Rabelais et de Marivaux, les hommes et les femmes, les manœuvres des premiers pour déjouer les chichis, tourments et stratagèmes des secondes étaient le prétexte à d’inépuisables plaisanteries, subtiles ou grasses selon qu’on fréquentait les salons ou les salles de garde. Désormais, plus question de déconner avec la gaudriole ni avec tout ce qui, de près ou de loin, a quelque chose à voir avec la sainte cause des femmes. J’entends les froncements de sourcils. Bien sûr, vous, les violences conjugales, l’exploitation, la domination des mâles hétéroblancs, vous trouvez ça drôle. Non, je le jure, je ne rigole pas. Je l’avoue, la traque des compliments sexistes, comment dire, ça me chiffonne un peu, mais je vous assure, même les écarts de salaire, je trouve ça très sérieux.

En revanche, ce qui donne l’impression d’habiter un asile de fous, c’est que l’on puisse parler avec tant de sérieux du paritarisme échevelé et de ses innombrables inventions. Dans un monde normal, l’impayable scrutin à deux têtes tout juste sorti du cerveau fécond de la Bête idiote aurait provoqué un éclat de rire général. Pendant toute la campagne des départementales, j’ai ouvert l’œil et tendu l’oreille, espérant déceler, chez l’un ou l’autre de nos honorables commentateurs et commentateures, un vague soupçon d’ironie, une infime trace de scepticisme. Macache. Au contraire, un zèle appliqué, une ardeur à croire, un empressement à approuver ce scrutin à-chacun-sa-chacune, évidemment considéré comme une merveilleuse avancée pour toutes les femmes. Seul bémol concédé par les charmantes donzelles qui officient sur le tout-info, il est dommage qu’on ait dû faire une loi. Le monde serait tellement plus chouette si la parité existait naturellement en toutes choses – avec des naissances alternées fille-garçon par exemple.

Il faut dire qu’en février 2013, devant l’Assemblée nationale, notre bon Premier ministre avait bien expliqué ce qu’il convenait de penser : « La parité est un impératif démocratique ; elle est aussi le gage d’une nouvelle légitimité, d’un profond renouvellement, d’un nouveau souffle pour l’institution départementale dans son ensemble. » Mazette ! Faut vraiment avoir mauvais esprit pour être contre la démocratie, la légitimité et le renouvellement.

Alors, c’est peut-être moi le dingue qui roule à l’envers sur l’autoroute et se demande pourquoi tous les autres se trompent de sens. En tout cas, je n’y comprends plus rien. Il y a deux ans, la gauche s’employait à combattre nos vieux stéréotypes hétéro-genrés en délivrant le mariage du modèle bourgeois, façon monsieur et madame Michu, et voilà qu’elle nous le refourgue aux élections. En somme, maintenant que papa-maman c’est ringard au plumard, c’est branché dans l’isoloir, fallait y penser.

Voilà donc tous nos partis obligés de présenter des binômes au carré (avec les suppléants), c’est-à-dire, dans notre triste réalité machiste, de recruter dare-dare des centaines de femmes dont beaucoup se sont retrouvées candidates parce qu’elles passaient par là et qu’elles avaient vu de la lumière. On décernera la palme de l’humour à l’alliance Front de Gauche-Verts-PC qui, dans le canton de Belleville, dans le Rhône, a acoquiné monsieur Jambon et madame Pays, c’est malin ! J’aurais bien une idée encore plus farceuse (en vrai elle est de Gil Mihaely), qui consisterait à combiner des duos homme-femme et gauche-droite. Comme ça, à la fin, tout le monde gagnerait (sauf qui vous savez).

En attendant, il pourrait être assez avantageux, pour nous les filles, d’appartenir à une espèce protégée. Désormais, dans nos partis, nul n’ignore plus qu’une femme, c’est une bonne affaire. Le PS et l’UMP en savent quelque chose : depuis 2013, le financement public dont ils bénéficient est respectivement amputé de 1,4 et 4 millions d’euros par an pour cause de manquement aux règles du chabadisme lors des législatives de 2012. Quelques semaines avant le scrutin départemental, le trésorier de l’UMP, Daniel Fasquelle, avertissait donc ses chefs que, cette fois, le non-respect de la parité pourrait « ruiner tous les efforts » de son parti pour assainir ses finances. Tenez-vous-le pour dit : pas de nana, pas de chocolat ! Du reste, pourquoi s’arrêter en si bon chemin alors que tant d’opprimés demandent justice ? Je propose donc d’ajouter à la loi électorale  cet article (qu’il faudra peut-être reformuler un brin): pas d’homo, pas d’esquimau ! Ainsi la gauche aura-t-elle une chance de voir se réaliser son rêve terranoviste – une femme à l’Élysée, un homo à Matignon.

PS. J’en profite pour saluer l’arrivée dans notre joyeuse troupe, par ordre alphabétique, du journaliste Hervé Algalarrondo, du cinéaste Jean-Paul Lilienfeld et du dessinateur Olivier Ranson. Preuve qu’à Causeur, nous avons des amis de gauche !

Cet article en accès libre est extrait de Causeur n°23. Pour lire le numéro entier, cliquez ici.

*Photo : Pixabay.

Causeur n°23 : FN, Macron, Euthanasie…

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fn marine le pen cukierman

fn marine le pen cukierman

Le Front national a recueilli la voix d’un Français sur quatre aux départementales. Revenant sur cette implantation locale inédite, Marine Le Pen nous a accordé un entretien exclusif, au cours duquel elle estime son parti « prêt à gouverner », se démarque très nettement des candidats aux déclarations racistes que le FN a investis (puis désavoués), et marque sa différence avec son père. « J’ai un désaccord de fond avec Jean-Marie Le Pen », confie la présidente frontiste, selon laquelle celui-ci cherche à maintenir le Front dans une culture d’opposition tandis qu’elle s’emploie à en faire un mouvement de gouvernement.

Si elle ne ménage pas ses critiques à l’égard de la présidente du premier parti de France, Élisabeth Lévy s’offusque de l’opprobre que subissent ses électeurs : y aurait-il « 5 millions de fachos » à rééduquer? Notre dossier autour du FN s’agrémente d’un reportage réalisé pendant la campagne départementale dans le Jura, où « le FN est dans le pré » et progresse de manière spectaculaire, ainsi que d’un voyage chez les déçus du Front, déplorant la mue crypto-gauchiste de l’ancien pôle de l’extrême droite française. Quant au président du Crif, il persiste et signe : sur l’antisémitisme Marine Le Pen est « irréprochable », bien que son entourage ne soit pas forcément blanc-bleu, ainsi que l’explique Roger Cukierman à Elisabeth Lévy et Gil Mihaely.

Ce numéro d’avril vous mène également au Grand palais sur les traces de Velazquez, sur les marches de Bercy pour un décryptage de la politique économique d’Emmanuel Macron signé Jean-Luc Gréau. Vous irez également au chevet de tous les malades en phase terminale tentés de mettre fin à leurs jours. Alain Finkielkraut, Paul Thibaud, Roland Jaccard et Marc Cohen animent notre débat sur l’euthanasie et la « sédation profonde » que l’Assemblée a récemment légalisée.

Pour conclure sur une note plus joyeuse, saluons le renfort d’Hervé Algalarrondo, Olivier Ranson et Jean-Paul Lilienfeld comme nouveaux piliers de notre équipe. Un cinéaste, un dessinateur et un journaliste de gauche dans Causeur, ce n’est pas un poisson d’avril !

marine le pen

Également en version numérique avec notre application :

Elisabeth Lévy demain sur France Inter

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Même pendant la grève de Radio France, « Service Public » continue. Et l’excellente émission de Guillaume Erner recevra demain, à 10h, une invitée de marque.

Dans un récent numéro consacré à « la vraie droite », Le Point expliquait que les membres de cette « nouvelle intelligentsia » – qui ne se confond pas avec la droite politique – « se retrouvent autour de « la patronne », Elisabeth Lévy, et du mensuel Causeur. »

Est-ce à ce titre que l’animateur le plus professionnel de France a choisi d’inviter demain, sur France Inter, celle qui est avant tout notre patronne à nous ?

Vous le saurez en allumant votre poste à 10h, et en découvrant la révélation qu’elle a promis d’y faire.

Et attention les oreilles : souvenez-vous que l’article du Point qualifiait la bande à Lévy d’indécrottables « ennemis du « politiquement correct » ».  Brrr…

Départementales : Marion Le Pen monte sur le ring

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marion le pen vaucluse

marion le pen vaucluse

Dans sa tête, jusqu’à dimanche soir, le monde se divisait en trois catégories : les vieux du PS qui perdent ; les vieux de l’UMP qui perdent ; et les autres, c’est-à-dire les siens, qui gagnent. À sa décharge, une semaine de pilonnage médiatique, sondagier et amical a presque fini par la convaincre que la victoire viendra en chantant. Marion Maréchal Le Pen la prudente commence enfin à croire en sa baraka, sa « plus-value », comme elle dit, à force de l’entendre, de le lire, dans cet entre deux-tours un peu magique où le Front national du Vaucluse a pris la tête de tous les cantons. D’ailleurs, les spécialistes de la carte électorale sont formels : le parti des ni-droite ni-gauche ne peut pas rater le département cette fois-ci, avec une UMP en désordre et un PS en déconfiture, et la vague bleu marine dont les embruns mouillent les rivages français depuis quelque temps.

Le coup serait magistral, qui lui confierait au-delà des clefs de ce département déclassé, la possibilité d’une autre destinée à l’intérieur du parti. Et surtout ferait définitivement la preuve que la tendance qu’elle incarne, nolens volens, celle d’un ni droite mais surtout ni gauche, constitue la voie royale pour les idées nationales.

Las. Dans la fin d’après-midi gris orageux de Carpentras, où le ciel semble s’être ramassé sur lui-même comme pour donner raison aux prophéties fabuleuses des sortants, qui annonçant en cas de victoire du FN la fin générale de l’économie locale, qui l’assèchement du Rhône, l’autre la grande catastrophe, le dernier enfin la disparition du soleil,  dans la modeste permanence de la députée, les résultats tombent un à un, férocement semblables, et tranchants comme le hachoir des abattoirs hallal sur le bœuf. Valréas, perdu ; Pernes-les-Fontaines, perdu ; les trois Avignon, idem ; und so weiter. Dans le silence de mort qui s’étend, le Vieux lui-même recroquevillé dans un bureau à télé ne paraît plus que l’ombre du vétéran chenu, et les conseillers ne distillent que d’une voix blanche les arrêts du sort. Ce n’était pas Arcole et vint un instant suspendu où ce fut presque Hiroshima. Cadavérique, les traits durcis sous le fouet, la députée encaisse, groggy. L’effondrée nationale ?

Voire. Prise dans l’avalanche des chiffres parcellaires autant que contradictoires, dont l’unique certitude à leur sujet est qu’ils mènent à la défaite, elle griffonne quelques notes d’un discours auquel elle s’est refusé de penser l’après-midi, quand l’alignement des planètes, pour reprendre les mots d’un brillant commentateur politique présent, ne s’était pas encore inversé ; quand on allait voir ce que l’on allait voir ; quand la conjonction de l’astre vespéral de son grand-père et du sien matutinal augurait du triomphe ; quand on n’avait pas encore admis qu’un parti sous aucune république ne gagne jamais seul et que les renards de l’UMP et du PS avaient, eux, encore des troupes à faire donner ; quand on avait surestimé sa propre puissance à se muer en parti de second tour, c’est-à-dire rassembleur.

Dix minutes plus tard, au marché-gare de Carpentras réquisitionné pour la soirée, l’ambiance est aussi contraire qu’un Rubens l’est d’un Kokoschka. Dans la cohue des militants enthousiastes, où se mêlent sans vergogne rejetons de vieilles familles et beaufs de motoball, « Daddy » a déjà fait son entrée, électrisant grand-mémé. Ce n’est déjà plus Trafalgar, mais seulement Azincourt ou Waterloo, bref, de ces défaites que l’on aime parfois mieux que des victoires. Dans la nuée de caméras, de perchistes, de micros et de projecteurs, elle progresse sûre d’elle-même et le sourire aux lèvres vers l’estrade, arrosée de « Marion, on t’aime ». Là, quand elle parle d’espérance et d’amour de son territoire, c’est comme s’il n’y avait jamais eu de département raté, ou de désillusion. L’avenir commence demain. Tant qu’il y a public il y a match. La machine Le Pen s’est enclenchée, ou plutôt continue, comme si elle n’avait jamais cessé de fonctionner. « Il faut parfois un semi-remorque pour la traîner sur le ring, mais une fois qu’on l’y a mise, personne ne résiste à son punch », ricane l’un de ses conseillers. La salle tout acquise bruît comme une immense usine à dénégation. Non, les partis de gouvernement ne les ont pas mis dedans, ils sont bien, eux du Front, la première force du département. Un canton de perdu aujourd’hui, dix de gagnés à la prochaine. Ils sont le sens de cette histoire dont personne n’a vu il y a dix ans qu’elle a commencé d’inverser sa rotation.

Quand elle termine après avoir chanté la Marseillaise avec le président d’honneur, elle a presque changé l’eau en vin. C’est Mohamed Ali qui met sa pile à George Foreman au huitième round. Elle enchaîne comme à la parade les duplex et les interviews avec tout ce que le monde connu compte de radios et de télés, ce qui lui vaudra le lendemain le titre de plus grande squatteuse de la soirée électorale, décerné par Libé. Elle enquille les selfies avec les motards, les mères de famille, les paysans, les boulistes, les gendarmes en retraite, les FNJistes locaux. C’est tout juste si elle ne guérit pas les écrouelles. Le temps d’un buffet, les quelques centaines de militants du Vaucluse se réchauffent auprès de leurs trois binômes rescapés de la Bérézina, oubliant que contrairement à leur idole la roue de l’histoire, elle, se hâte lentement.

*Photo : Alain Robert/Apercu/SIPA. 00709272_000005.

Après-Charlie: les enseignants de Saint-Denis «refusent d’être entendus»

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saint denis ecole charlie profs

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En France comme ailleurs, tout mouvement de protestation a en général au moins une exigence : celle d’« être entendu ». Qu’il s’agisse des notaires charentais, des paysans bretons ou des nationalistes végétaliens bulgares contre le nucléaire et pour la cigarette électronique, c’est toujours la même rengaine. Les politiques ne les écoutent pas, l’État est sourd à leurs revendications, ce qui les contraint à faire un usage immodéré du mégaphone, et à défiler en braillant leurs slogans le plus fort possible.

Mais voilà qu’une exception est venue, selon Le Monde, confirmer la règle lundi 23 mars. Les enseignants du lycée Paul Eluard, à Saint-Denis (93), ont préféré ce jour-là « refuser d’être entendus ». Et ce, en signe de protestation contre la visite, justement, d’une délégation d’élus de la République venus « recueillir leur sentiment sur leurs difficultés », dixit la rectrice, suite aux attentats de janvier contre Charlie Hebdo et l’Hyper cacher puis aux refus de respecter la minute de silence. Le monde à l’envers ? Pas dans l’esprit de ces fonctionnaires zélés, pour qui – tenez-vous bien – parler aurait consisté à « cautionner un jeu de dupes et une entreprise idéologiquement réactionnaire ». Encore ! Décidément, ces années 1930 bis n’en finissent pas…

En guise d’entreprise, deux sénateurs étaient en effet venus à leur rencontre dans le cadre d’une commission d’enquête sur « le fonctionnement du service public de l’éducation, sur la perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissement scolaires et sur les difficultés rencontrées par les enseignants dans l’exercice de leur profession ». Problème, insurmontable pour nos profs taiseux : cette commission d’enquête, formée à l’initiative du groupe UMP du Sénat, avait préalablement effectué des auditions dont « la tonalité est très conservatrice, tenant l’islam comme un problème » (sic).

Au menu des personnalités louches déjà consultées, entre autres : trois anciens ministres de l’Éducation nationale – Luc Ferry, Luc Châtel et Jean-Pierre Chevènement – mais aussi Alain Finkielkraut, Jean-Pierre Obin, Alain-Gérard Slama ou encore le pilier de Manif pour tous François-Xavier Bellamy. Dommage, donc, pour la sénatrice radicale de gauche Françoise Laborde et son collègue UMP Jacques Grosperrin, estomaqués par le silence revendiqué des enseignants rebelles et des parents d’élèves qui leur faisaient face, dans l’amphi du lycée.

Ceux-ci ont expliqué leur mutisme par un refus d’être « instrumentalisés au profit d’un discours visant à stigmatiser la jeunesse de Seine-Saint-Denis ». Pour calmer le jeu, la rectrice Béatrice Gilles, également présente avec son cabinet et un inspecteur de l’Académie, a jugé dans la foulée qu’il s’agissait d’un « non-incident », cet outrage manifeste à des élus restant somme toute « isolé » : des visites similaires déjà organisées à Pantin et au Kremlin-Bicêtre, a-t-elle précisé, « ont permis de poursuivre le travail engagé sur la grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République ».

Chic alors, tous les territoires ne sont pas encore perdus.

*Photo : Pixabay.

Menu « laïc » à la cantine, le ni-ni culturel

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On a beaucoup parlé des menus avec ou sans porc à la cantine, un débat épineux que pense avoir tranché Jacques Boutault, maire écolo du 2e arrondissement de Paris. Ce jeudi 26 mars, il a présenté » sa solution miraculeuse : un repas baptisé « Manger ensemble ». Sa recette ? « Imaginer un repas qui ne heurte aucune culture, aucune religion, aucune croyance ou aucune conviction. Résultat : un menu délicieux, sans aucun produit d’origine animale, laïque et éthique. »

Tout ça c’est bien beau, mais qu’y avait-il dans l’assiette des gamins de la rue Beauregard ou du passage des Panoramas ? Une soupe de lentilles au cumin de couleur indéfinie, un chili con carne sans viande (les hispanisants se régalent d’avance)  accompagné de son riz, et une part de gâteau poire chocolat au dessert. À en croire les photos, certains veinards ont même eu droit à un yaourt au soja.

À la mairie du 2e, on se réjouit : « Les restes alimentaires auraient été deux fois moins importants que d’habitude. »

Si proposer à nos enfants un repas équilibré issu de la filière biologique paraît plutôt pertinent, idéologiser de la sorte les déjeuners scolaires jusqu’à en faire un enjeu du XXIème siècle est plutôt déroutant. Mais dans ce domaine, Najat Vallaud-Belkacem bat tous les records : alors que Jacques Boutault s’emploie à « déculturaliser » les menus scolaires, la ministre de l’Éducation nationale affirme que les menus avec porc sont, de fait, des repas confessionnels.

Si ce que dit la ministre est vrai, alors il faut d’urgence interdire ces menus veggie qui, de fait,  stigmatisent les écoliers non-hindouïstes.