Naturellement, il y a un parfum de cynisme libéral dans le Manifeste des 343 salauds. À lire ces lignes, on entend : laissez-nous décider souverainement de notre comportement moral, notre corps nous appartient, ma liberté s’arrête où commence celle des autres, si la personne d’en face est consentante tout est permis, et que le diable emporte les moralistes ! Plus encore, on entend : nous sommes des hommes (au sens du masculin), il faut donc nous laisser assouvir nos besoins sexuels irrépressibles, après tout les femmes sont faites pour ça et la prostitution, ça sert à ça ! En réalité, ce ton violent recèle la violence de l’ironie.

L’orthodoxie régnante finit par être si ridicule qu’elle ne mérite que le sarcasme. Nous n’en pouvons plus de subir ces professeurs de vertu qui, sur un ton inspiré, nous dictent sans cesse notre conduite. Et qui viennent traiter de tous les noms ceux qui n’obéissent pas à leurs diktats.

Cette moralisation permanente de tous nos comportements est tombée des mains du clergé pour apparaître entre les mains de ce nouveau clergé : l’engeance bobo.

*Photo : GIRAUD FLORE/SIPA. 00654197_000003.

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