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Messieurs-Dames les sénateurs, encore un effort pour combattre l’islamisation!

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La philosophe et politologue Renée Fregosi, auteur de Français encore un effort… pour rester laïques, appelle les sénateurs de la commission enquêtant sur le développement de la radicalisation islamiste à la plus grande vigilance.


Le 14 novembre 2019, le Sénat a lancé une « commission d’enquête sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre ».

L’ « antiracisme idéologique pervers » nous a fait perdre de précieuses années

Les auditions ont commencé le 3 décembre dernier pour se poursuivre durant tout le mois de janvier 2020. Cette décision d’une partie de la représentation parlementaire est à saluer. Elle indique une certaine prise de conscience d’un phénomène très préoccupant qui se développe pourtant depuis de longues années.

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C’est sur ce phénomène d’emprise sur la société française d’un mouvement politico-religieux très actif, l’islamisme, qu’alertent à partir des années 2000, un petit nombre d’universitaires, de journalistes, de responsables associatifs et d’élus, sans être jusque-là réellement entendus par les autorités, et toujours systématiquement conspués par les porte-voix du politiquement correct et de l’islamo-gauchisme. L’ouvrage Les territoires perdus de la République est à cet égard emblématique: paru en 2004, cette étude de terrain prémonitoire était pourtant le constat d’un état de fait déjà solidement constitué et fort inquiétant à l’époque, mais absolument occulté par les responsables politiques et les tenants d’un antiracisme idéologique pervers.

La laïcité française menacée

Le travail idéologique et d’infiltration des institutions tant de l’Etat que de la société civile, mené conjointement par différents groupes fréro-salafistes (des Frères musulmans et de divers courants rigoristes) a produit des effets à la fois sur les « musulmans » (croyants se reconnaissant comme tels et/ou individus assignés globalement à la « culture musulmane ») et sur l’ensemble de la société française. Les enquêtes de l’IFOP pour des organismes comme la Fondation Jean-Jaurès, Fondapol ou l’Institut Montaigne en témoignent régulièrement : ainsi en 2016, si les musulmans sont 41% à estimer que la pratique de l’islam doit être adaptée et aménagée pour se conformer à la laïcité à la française, ils sont en revanche 37 % à estimer que c’est au contraire la laïcité française qui doit s’adapter, pourcentage en progression de 8 points en 5 ans.

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On peut souligner également  une progression constante de l’opposition à la loi de 2010 bannissant le voile intégral dans la rue. Et en 2019, 28% de Français de confession musulmane objet d’une nouvelle enquête, se définissent comme des « musulmans français » et contestent ouvertement le principe de la laïcité, tandis qu’un second groupe se définissant pourtant comme « laïques », soutient l’expression de la religion au travail et reconnaît avoir adopté la norme halal comme définition de l’être musulman. Sur l’ensemble des personnes interrogées 65% se disent ainsi favorables au voile et 35% des femmes le portent. Par ailleurs, la polémique récente sur les « mamans » voilées accompagnatrices des sorties scolaires démontre également que le trouble provoqué par l’activisme croissant d’un islam militant, touche aujourd’hui tous les secteurs de la société.

On invoque le « respect » pour favoriser l’islamisation

Le réislamisation des musulmans à travers le monde depuis la révolution islamique en Iran d’une part et le regain du prosélytisme fondamentaliste des pays du Golfe d’autre part, convergeant dans une nébuleuse complexe à géométrie variable, est en effet le vecteur principal d’une islamisation plus globale. Les exigences de plus en plus nombreuses du « respect » de pratiques religieuses rigoristes, relevant d’interprétations fondamentalistes de l’islam sapent ainsi les fondements de toutes les sociétés occidentales sécularisées. Mais c’est en France que le phénomène est sans doute le plus aigu parce que, grâce à une longue histoire de l’esprit laïque enraciné dans la philosophie des Lumières et du libertinage d’une part, et dans des institutions républicaines structurées autour de ce principe d’autre part, la résistance est plus vigoureuse.

Fini le temps des précautions oratoires !

Toutefois, la prise de conscience de la part des autorités est tardive et reste trop partielle, tandis que la défense de la laïcité au quotidien peine à se structurer. Si la création de cette commission sénatoriale est donc très louable, et plusieurs des auditions tout à fait salutaires (même si d’autres sont plus sujettes à caution), les termes mêmes de son intitulé avec notamment la notion ambiguë de « radicalisation » laissent penser que du chemin reste à parcourir jusqu’à une compréhension réelle du phénomène islamiste. La violence des attentats, la mouvance djihadiste et les propos extrémistes de certains imams ne sont, rappelons-le sans cesse, que la partie émergée de l’iceberg islamiste. Dans cette entreprise de conquête et de reconquête, la lutte idéologique est aussi importante que la terreur des actes. Et on le voit, l’ensemble porte déjà ses fruits : adoption de plus en plus large des normes intégristes et intériorisation de la peur paralysante de verser dans « l’islamophobie ». Certes, les liens tant logistiques qu’idéologiques sont complexes et difficiles à démêler mais l’emprise notamment de l’organisation des Frères musulmans est de plus en plus visible aujourd’hui.

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Que tous les Musulmans ne soient pas des terroristes on en est tous d’accord, inutile de s’étendre désormais sur le sujet, on a perdu assez de temps avec ces précautions oratoires. Car cela ne signifie pas que l’islam n’aurait « rien à voir » avec l’islamisme, sinon il ne serait pas si facile aux militants islamistes de créer une solidarité entre eux-mêmes et la « communauté » musulmane qu’ils contribuent en grande part à consolider. Prôner une « laïcité ouverte » contre le tenants du combat laïque n’a aidé en rien à l’entrée de la religion musulmane dans les cadres de la société laïque française, pas plus que l’option communautariste assumée en Belgique ou en Grande-Bretagne n’a permis d’éviter la « radicalisation » musulmane au sein des populations nationales de ces pays. Au contraire, la stratégie de la complaisance loin d’apaiser les esprits et la vie collective, renforce l’emprise islamiste et l’antagonisme entre différents groupes sociaux. Le multiculturalisme n’est pas le remède aux pensées de l’orthodoxie, et les accommodements avec les exigences religieuses et communautaristes sont absolument déraisonnables. Espérons que la commission sénatoriale permettra d’impulser une véritable contre-offensive laïque et républicaine contre l’offensive islamiste.

Français encore un effort... pour rester laïques !

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Les territoires perdus de la République

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Eric Zemmour, la tête de Turc de Télérama

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Les journalistes de Télérama rêvent de faire taire celui qu’ils qualifient de « polémiste multirécidiviste ». Le CSA est appelé à remplir ses fonctions sociales sacrificielles vertueuses!


Lorsqu’on a le désir de suivre de près toutes les tendances progressistes de notre époque, il est des journaux sur lesquels il ne faut pas hésiter à se pencher de temps à autre. Il y a Libération (un trésor). Il y a Les Inrocks (une mine). Et il y a, de plus en plus souvent, Télérama.

Ce 27 janvier, la newsletter Télérama Soirée titre : « Plaintes devant le CSA, Zemmour vole la vedette à Hanouna. » Le journal précise que le CSA a reçu plus du double de saisines en 2019 comparé à 2018. Grâce à qui, selon le magazine télévisuel ? Grâce au « polémiste multirécidiviste et multirepris de justice » Éric Zemmour (alias « l’icône des réacs »). Il y a un lien qui mène tout droit à l’article du journaliste, Étienne Labrunie, pour ceux qui aimeraient approfondir l’épineux sujet. Comme j’ai un peu de temps devant moi, je m’y rends.

Christine Angot indétrônable

J’apprends d’abord que, contrairement à ce que laisse supposer la newsletter téléramesque, ce n’est pas Zemmour qui a décroché la timbale, mais… Christine Angot. C’est elle qui détient les meilleurs scores de dénonciations auprès du CSA suite à ses propos sur l’esclavage dans l’émission On n’est pas couché (5600 saisines). Elle est suivie de près par une chronique dans La Matinale de LCI qui décrétait que « Non, les profs ne sont pas mal payés ! » (4700 saisines). De justesse Éric Zemmour grimpe donc sur la 3ème marche du podium avec 4300 saisines pour ses propos sur le général Bugeaud, suivi de très très près par Frédéric Fromet pour sa chanson Elle a cramé, la cathédrale, braillée sur France Inter (4000 saisines). Comme cet humoriste a refait dernièrement parler de lui en appelant à la sodomisation de Jésus au milieu des ricanements de journalistes franceintéristes, nous devrions le voir prochainement monter sur le podium ! Nous ne savons pas encore ce que Télérama fera de cet athlète, ni quels adjectifs l’hebdomadaire lui accolera (icône des bouffeurs de cathos ? chanteur vulgaire multirécidiviste ?..). Pourtant, c’est « Zemmour (qui) déchaîne les compteurs de l’instance »… sous-titre en début de paragraphe le vigilant journaliste qui regrette que le « polémiste » ait toujours une tribune sur CNews. Liberté d’expression, quand tu nous tiens !

A lire aussi: Esclavage: Christine Angot n’aurait pas dû s’excuser

Mise au point rapide : on peut ne pas partager toutes les opinions ou analyses de Zemmour. On peut ne pas partager celles de Badiou (exemple extrême). Je ne suis pas sûr d’adhérer à quelque idée que ce soit de nombre de personnes auxquelles, pourtant, j’aimerais que reste acquise la possibilité de s’exprimer.

Un bouc émissaire

Zemmour est devenu ce qu’on peut appeler un bouc émissaire. Télérama en a fait sa tête de Turc préférée (cette expression sera bientôt interdite, profitez-en !)

Un bouc émissaire, ça sert à quoi ? Si je veux en croire René Girard, ça sert d’abord à se ripoliner la conscience et à neutraliser la violence d’un groupe. J’en tue un pour qu’on ne s’entretue pas tous. Il faut par conséquent mettre en scène un sacrifice, la ritualisation du meurtre (symbolique) d’un d’entre nous qui remplira quand même quelques conditions préalables :

– la victime doit être à la fois assez distante du groupe pour pouvoir être sacrifiée (personne ne doit se sentir visé par cette brutalité) et assez proche pour que la catharsis fonctionne.

– le groupe doit ignorer que le bouc émissaire est innocent (par tous les moyens possibles, jusqu’au déni de la réalité, jusqu’au mensonge, jusqu’à la surcharge accusatrice).

– le bouc émissaire doit présenter des qualités ou défauts extrêmes : riche/pauvre, vice/vertu, intelligence/débilité, force/faiblesse.

– la victime doit être en partie consentante.

Je vous laisse regarder de près si Zemmour remplit toutes les conditions requises pour être une presque parfaite « victime expiatoire » ou bouc émissaire. J’ai ma petite idée mais je ne veux influencer personne.

A lire aussi: Qui sont ceux qui dénoncent la “radicalisation” zemmourienne de la chaîne CNews?

Le sacrifice a donc deux vertus essentielles : il libère l’agressivité collective et il ressoude la communauté autour d’une paix retrouvée – mais toujours fragile, d’où la nécessité de reconduire régulièrement l’opération sacrificielle. René Girard analyse ce phénomène en reconnaissant que s’il est pragmatiquement efficace, il est moralement scandaleux parce qu’il repose sur un mensonge collectif (ou déni de réalité) qui arrange le groupe. Il faut un coupable. Un seul, pour que le groupe agressif et tout aussi coupable puisse se « nettoyer ».

CSA: boite aux lettres pour délateurs

C’est pourquoi le CSA, comme tout organe réceptacle de toutes les dénonciations et délations possibles, a de beaux jours devant lui : groupes ou communautés (national, politique, LGBT, féministe, animaliste,…) ne peuvent suppléer leur agressivité revendicatrice et identitaire que par de nombreux sacrifices dont ils sont les initiateurs. Il est à craindre que la ritualisation d’une mise à mort symbolique passant rapidement de mode (et croulant sous le nombre – 70 000 plaintes auprès du CSA en 2019 !), des moyens de moins en moins symboliques et de plus en plus expéditifs soient employés par tous ceux qui pensent être les détenteurs de la Vérité. Ça s’est déjà vu – à petite échelle cela conduit régulièrement à la chambre correctionnelle, au limogeage, à la mort sociale. À grande échelle, ça a porté les jolis noms de Révolution culturelle ou de Grandes purges.

Alors que je finis d’écrire ce papier, je tombe sur celui d’Olivier Milot, toujours dans Télérama, même jour, même newsletter, intitulé Les propos racistes et antisémites en forte augmentation, et Zemmour est toujours sur CNews. (sic) C’est superbe ! En quelques lignes le journaliste nous rappelle que les « faits racistes et xénophobes » et les « faits antisémites » ont fortement progressé, et que, pourtant, CNews continue d’employer Zemmour. « Difficile de ne pas faire le rapprochement », nous assène Olivier Milot dans un raccourci fulgurant et d’une hauteur de vue stratosphérique.

Destin français

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Suisse: on nous signale des panneaux de signalisation inclusifs

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À Genève, la majorité municipale n’est visiblement pas à court d’idées lorsqu’il s’agit de dilapider l’argent du contribuable helvète. Découvrez la dernière trouvaille de l’égalitarisme progressiste.


On connaissait déjà les « emojis non genrés » de Google ou encore les gender neutral toilets à l’anglo-saxonne. Voici désormais les panneaux de signalisation routière tendance féministe.

Ces représentations qu’il faut « questionner »

A Genève, la maire socialiste Sandrine Salerno, jamais avare en plaisanteries divertissantes, a décidé de remplacer la signalisation aux abords des passages piétons pour la substituer par des panneaux représentant désormais des femmes actives, âgées, enceintes ou encore en couple. L’édile se justifie dans le quotidien Le Temps: « il est question de notre perception de la société, de la place des femmes dans l’espace public, des représentations qu’il faut questionner ». Rien que ça. Voilà qui va indéniablement faire entrer la ville suisse dans une ère de progrès social et de bien-être citoyen…

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Et tout ceci a un coût : les 250 panneaux à remplacer ont coûté 56.000 francs suisses au contribuable genevois – qui appréciera. Il faut dire que Sandrine Salerno et son équipe n’ont pas particulièrement brillé par leur maitrise du budget par le passé, comme le démontrent les rapports de la cour des comptes de Genève.

Faut pas pousser mémé dans les orties !

Le bon sens voudrait qu’on rappelle ici qu’un panneau de signalisation n’est pas censé représenter un homme en particulier, mais tout simplement un être humain, et que son aspect correspond dans de nombreux pays à des critères standards définis par la Convention de Vienne de 1968 sur la circulation routière. À Genève, même une partie de la gauche locale s’émeut de cette gabegie. La députée d’Ensemble à gauche Salika Wenger, citée par Le Temps, juge la démarche «grotesque, inutile et coûteuse»: «En genrant les panneaux de manière caricaturale, on produit une nouvelle discrimination », déplore-t-elle. La silhouette qui traverse est celle d’un être humain, personne ne s’est jamais demandé si c’était un homme ». On se demande au demeurant où s’arrêterait la liste : pourquoi limiter aux femmes enceintes et aux mamies quand on pourrait multiplier à l’infini les situations. Le député PLR Murat Adler abonde en ce sens : « A force de vouloir faire de l’inclusion, on exclut davantage. Il y aura toujours des personnes qui se sentiront non représentées, j’invite la ville à compléter sa panoplie avec des hommes avec poussette, ou guitare sous le bras.». Même Télérama s’est penché sur la question… en allant interroger le designer suisse Ruedi Baur.

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Un droit fédéral « trop strict »…

Mais la municipalité ne s’arrête pas en si bon chemin : soutenue par le « collectif féministe » L’Escouade, elle s’apprête à débaptiser un certain nombre de rues pour leur donner le nom de femmes, suivie par des communes du canton de Vaud. Une autre genevoiserie qui inspire…

Certains auraient voulu aller encore plus loin mais se sont heurtés à des problèmes juridiques ; la faute à un méchant droit fédéral dans doute passéiste et conservateur. Selon Serge Dal Busco, chargé du département des infrastructures de Genève, les panneaux de signalisation informatifs de la ville « sont en réalité les seuls à pouvoir être modifiés. La législation fédérale en matière de signalisation routière est très stricte» Les feux de signalisation vert, orange et rouge, par exemple, ne peuvent pas changer d’aspect. Flûte !

Le porc émissaire

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Les Frères musulmans en Europe: la minorité islamique la plus dangereuse


La Confrérie fondée en 1928, interdite dans plusieurs pays, présente une nouvelle génération et développe sa stratégie prosélyte et anti-laïcité dans toute l’Europe.


 

Déjà en 2002, se tenait à Bonn une conférence des Frères musulmans autour du sujet « l’éducation musulmane en Europe ». Organisée par le Centre culturel islamique d’Irlande et les « Associations of Muslim Social Scientists »[tooltips content= »Association académique fondée en 1972 dont le but est d’encourager et faciliter la coopération entre universitaires et spécialistes musulmans en sciences sociales. »][1][/tooltips] du Royaume-Uni et d’Allemagne, la conférence accueillait des personnalités européennes proches des Frères musulmans comme Tariq Ramadan, Mohamed Karmous[tooltips content= »Mohammed Karmous crée en 1997 à Neuchâtel la Ligue des musulmans de Suisse (LMS) qu’il présidera une dizaine d’années. »][2][/tooltips], Ahmed Jaballah[tooltips content= »Ahmed Jaballah est le vice-président de la Fédération des organisations islamiques en Europe. »][3][/tooltips] ou encore Ibrahim Al-Zayat[tooltips content= »Ibrahim Farouk El-Zayat est un militant européen musulman en Allemagne et a été fonctionnaire dans de nombreuses organisations islamiques importantes en Allemagne, en Europe et en Arabie saoudite. »][4][/tooltips]. Le but était d’indiquer aux jeunes générations la manœuvre à suivre pour articuler le message et l’esprit de l’islam dans le monde occidental actuel, et de relever le défi que représentent les programmes scolaires laïques incompatibles avec la religion de Mahomet.

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Youssef Al-Qaradawi, éminence grise

Le message et l’esprit de l’islam prosélyte, rigoriste et politique des Frères musulmans comme le dit si bien récemment Bernard Rougier « c’est d’en finir avec la diversité des musulmans, de les cataloguer, de les mettre sous la rubrique “musulman” en leur donnant la définition de leur appartenance pour prendre le pouvoir sur eux et parler en leur nom » (Les territoires conquis de l’islamisme, PUF).

Les Frères musulmans représentent le groupe sunnite et islamique le plus influent au monde. Dans de nombreux pays, leur organisation est interdite, principalement dans le monde arabe, car classée « organisation terroriste ». Des mesures allant dans ce sens sont régulièrement envisagées en Europe ou aux États-Unis. Récemment, le site Interception a parlé d’une réunion secrète des frères dans laquelle le groupe fait référence aux infrastructures de 79 pays. Cette présence dans tant de pays est remarquable pour une organisation considérée comme secrète.

S’il était Français, il aurait pu prendre sa retraite il y a environ 3 ou 4 décennies. Mais Youssef Al-Qaradawi[tooltips content= »Selon lui, L’islam jouerait une rôle d’intermédiaire entre les êtres humains et le divin, de la même manière, il jouerait un rôle civilisateur, il représenterait pour les hommes un « idéal de civilisation ». »][5][/tooltips], le « Cheikh », l’éminence grise des Frères musulmans, est resté une institution jusqu’à l’âge de 92 ans. Autrefois omniprésent en Europe, il est maintenant exilé au Qatar. Il a été le chef spirituel des Frères musulmans au cours des dernières décennies et a construit et développé depuis l’Irlande toutes les structures essentielles des Frères Musulmans dont ils disposent aujourd’hui.

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Al-Qaradawi a été co-fondateur du Conseil Européen pour les fatwas et la recherche (ECFR)[tooltips content= »Le Conseil européen pour la fatwa et la recherche est une fondation islamique privée, dont le siège se situe à Dublin, en Irlande. Il a vu le jour les 29 et 30 mars 1997 à l’initiative de l’Union des organisations islamiques en Europe. »][6][/tooltips] – une institution qui émet des avis juridiques islamiques simplifiés, pour les musulmans d’Europe, répondant à à peu près tous types de situations. Il a dirigé également l’Union internationale des savants musulmans (UISM) pendant une dizaine d’années. Et ce n’est pas tout ! Les structures associatives des Frères musulmans, que ce soit au niveau européen la Fédération des organisations islamiques en Europe (FIOE) ou des associations nationales comme l’UOIF de l’époque – aujourd’hui MDF, Musulmans de France – ont été inspirées par lui.

Une nouvelle génération arrive

Al-Qaradawi, qui a non seulement exigé l’anéantissement d’Israël et qui, au cours de sa vie, a défendu ou justifié à plusieurs reprises des attentats suicides et la violence envers les femmes, s’est entre-temps retiré des bureaux susmentionnés. Le flambeau est maintenant passé à un groupe de chercheurs, la direction des deux grandes organisations européennes des Frères Musulmans l’ECFR et de l’UISM devenant plus jeunes et plus tournées à l’international. La nouvelle direction sert les « marchés de base » les plus importants, le tout en un réseau européen extrêmement bien organisé.

Les premiers effets de cette nouvelle direction se manifestent rapidement. En novembre 2019, une semaine seulement après la manifestation contre « l’islamophobie » organisée par le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) proche des Frères Musulmans et qui nourrit un discours victimaire – jusqu’à suggérer sans complexe que les musulmans de France sont les nouveaux juifs des années 30 – un nouveau « Conseil des imams européens » voit le jour. Il devrait servir de plate-forme supplémentaire aux imams impliqués. L’offre numérique a été considérablement rafraîchie. Les « Conseils de fatwas » ont maintenant des versions allemandes et françaises, de sorte que l’offre est disponible en plusieurs langues. En outre, une application « Euro Fatwa » a été lancée, régulièrement citée dans la presse internationale tant les recommandations sont parfois saugrenues pour la communauté musulmane.

L’éducation: le leitmotiv des Frères musulmans

Une des recettes du succès des Frères musulmans est son intérêt pour l’éducation.

Déjà dans les années 1990, est fondé l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) à Château-Chinon sur une propriété appartenant à l’UOIF, avec l’aide de Al-Qaradawi. C’est une forge de cadres pour les futurs imams, érudits islamiques et autres enseignants vivant selon l’islam politique des Frères musulmans. Le fait que l’IESH ne coopère avec aucun établissement d’enseignement occidental ne dérange pas les responsables. L’institut est en contact avec les universités islamistes de Malaisie et du monde arabe, les diplômés deviennent imams puis sont assignés à une communauté musulmane en développement voulant faire partie de la confrérie. La recette fonctionne. En France, il y a maintenant un campus de l’IESH à Saint-Denis, quelques ramifications en Alsace et à Orléans, et des écoles privées comme le Lycée Averroès à Lille.

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L’EIHW, largement inspiré de l’IESH et dirigé par l’égyptien Khaled Hanafi, nouveau secrétaire général adjoint du ECFR[tooltips content= »European Council on Foreign Relations »][7][/tooltips], et également membre de l’IUMS, a vu le jour il y a quelques années à Francfort. Son nouveau président, successeur de Al-Qardawi à la tête du ECFR depuis un an, Abdullah al-Judai est lui Irakien et Anglais, également membre de l’IUMS, tout en faisant partie du conseil administratif et du conseil scientifique de l’IESH à Château-Chinon. Son adjoint Ahmed Jaballah ayant dirigé lui-même pendant longtemps ce même IESH qui se déclare comme organisation européenne.

Des alliés puissants pour une organisation de mieux en mieux implantée

Diverses tentatives ont été lancées afin de remettre les frères musulmans d’Europe à leur place.

Malheureusement, leurs financements s’avèrent puissants ; des fondations du Qatar et du Koweït contribuent à accroître leurs possibilités d’entrisme. Leur coopération de plus en plus étroite avec la Turquie est également préoccupante. S’ajoute à cela une prolifération des mosquées de mouvance islamiste turque « Milli Görüs » (perspective nationale) un peu partout en Europe mais surtout en Allemagne ; cette version turque des frères musulmans organise en ce moment la construction d’une grande mosquée à Strasbourg, sur une superficie de près de 7000 m2[tooltips content= »Arrêt des travaux depuis septembre 2019″][8][/tooltips].

Est-ce une pure coïncidence que la nouvelle filiale de l’IESH, IESH-Alsace, fondée en automne 2018 par une association membre de l’UOIF (A.I.E.F = Association Islamique de l’Est de la France) se trouve également à Strasbourg, pour le moment installée dans une mosquée des frères musulmans à la rue Thiergarten? Bien qu’encore récente, cette filiale participe déjà aux concours de débat en arabe financés par le Qatar (« QatarDebate ») et elle a déjà invité un des chefs très controversés de la LIM (Ligue Islamique Mondiale), le théologien saoudien Abdullah Al Moslih. La LIM étant depuis toujours une organisation saoudienne intimement liée à la Confrérie des frères musulmans, Al-Moslih ne voit aucun problème à légitimer les attentats-suicides contre les « ennemis de l’islam ». À peine fondée l’IESH d’Alsace a envoyé début Janvier 2019 sept étudiants et professeurs à Vienne pour participer à ce concours financé par la fondation pour l’éducation du Qatar, présidée par la mère de l’Émir du Qatar.

Quand ils se penchent sur l’infiltration des frères musulmans, nos politiques doivent être conscients que les institutions éducatives et les associations des Frères musulmans opèrent toujours sur une base paneuropéenne, et que le changement de génération qui s’opère dans ces organisations signifie que l’idéologie dangereuse des Frères Musulmans s’adapte toujours plus à de jeunes fidèles. Aussi, un effort européen serait nécessaire pour contrer cette forme d’islamisme. La France doit aussi se demander si elle veut continuer à héberger la plus importante forge d’imams et d’enseignants islamistes sur son territoire (l’IESH et ses filiales) ou si elle arrive à trouver les moyens de mettre l’islam sur une voie plus libérale et plus humaniste. Ce serait un grand service rendu aux musulmans du pays, de nombreuses études montrant que moins de 10% des musulmans d’Europe se sentent représentés par l’organisation des Frères musulmans. Cette minorité qui travaille à imposer son islam politique à la grande majorité silencieuse.


Les territoires conquis de l'islamisme

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Circulation parisienne: Hidalgo et la politique de l’entrave

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Avant l’arrivée d’Anne Hidalgo, Paris était au bord de l’asphyxie. Son mandat arrivant à son terme, Paris respire toujours aussi mal ! Mais la ville est devenue désormais impénétrable. Dernière proposition en date: la locataire de la Mairie, bien partie pour se faire réélire, entend retirer 60 000 places de stationnement au profit des vélos.


En France, les politiques ne sont jamais d’accord sur rien. Une seule chose peut les faire cependant parler à l’unisson. Les projets de démontage de symboles. Qu’ils détruisent avec gourmandise sur l’autel du politiquement correct. Et plus particulièrement lorsqu’ils ne fonctionnent pas trop mal. Dernière idée de réforme en date, menée à vive allure par les élus de gauche, mais aussi par ceux de droite, le démantèlement annoncé du périphérique parisien. Ca y est, les spécialistes, réunis en conclave, se sont penchés sur l’anneau routier infâme et ont fini par se mettre d’accord. On peut donc dire, sans se tromper, que le ruban de 35 km qui contourne la capitale depuis 1973 devra donc bientôt évoluer.

Et comme à chaque fois qu’on progresse en France, on entrave, voire on interdit, sa surface devra donc être réduite au moins d’un tiers. Sa vitesse encore abaissée. Et certaines de ses voies sans doute réservées aux véhicules propres. Avant évidemment de disparaître totalement un beau jour. C’est comme ça. Et pas autrement. Et puis ça doit être une bonne réforme, car ce sont les experts qui le disent.

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Intensification des solutions piétonnes

On ne se pose évidemment pas la question de savoir pourquoi cet axe essentiel pour la circulation – et donc l’économie du pays – n’a jamais aussi mal roulé. Bien sûr que non, on vous a déjà dit qu’on était en France. Il suffit pourtant de l’emprunter pour comprendre.

Depuis les réductions des voies de circulation ordonnées par Anne Hidalgo au profit des vélos et de « l’intensification des solutions piétonnes », toutes les portes de Paris sont devenues des nasses, doublées parfois d’entonnoirs. Pas besoin d’être Isaac Newton pour comprendre qu’on ne fera jamais rentrer 200 litres d’eau dans une bouteille d’un litre. Même si elle n’est pas pétillante. Et, malgré une baisse régulière du trafic dans Paris (-34 % entre 2002 et 2017), il reste donc compliqué de passer de dix files de circulation à une ou deux. Prenez la porte Maillot par exemple. Elle absorbe chaque jour la circulation d’un des plus grands axes d’Europe : l’avenue Charles de Gaulle à Neuilly. Un boyau qui débite 180 000 voitures par jour et récupère déjà les trois voies du tunnel de la Défense, les cinq du boulevard circulaire, le trafic des habitants de l’ensemble des Hauts-de-Seine, une partie de celui des Yvelines, du Vésinet et de Versailles. Cette porte, capitale, collecte également tout le trafic du périphérique avec les autoroutes A6, A1, A13, A14 et A4. Sans parler de la gare routière des « Oui Bus ». Et où croyez-vous qu’aboutissent chaque jour toutes ces victimes de la relégation périurbaine ? Tous ces artisans, ces voyageurs de commerce, et ces touristes qui ne rêvent que d’accéder au Triangle d’or en provenance des deux aéroports ou simplement d’aller au travail? Mais sur une voie ou deux pardi ! Trois maxi. Car depuis la montée en puissance de la piétonisation et le développement « des initiatives décarbonées », tous les grands axes qui convergent vers le centre, ainsi que les boulevards des Maréchaux, ont été réduits d’un tiers ou de moitié. Sans exception.

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Comme dans de nombreux autres projets, on aurait pu faire les choses dans l’ordre. C’est-à-dire accompagner et motiver le retour des banlieusards dans la ville par exemple. En proposant des logements à loyers modérés. Après les avoir forcés à quitter les quartiers populaires aujourd’hui occupés par les bourgeois bohèmes ou par les bureaux. On a préféré développer les logements sociaux qui occupent désormais 30% de la capitale.

De plus en plus difficile de gagner le centre

On aurait pu améliorer aussi les transports banlieue-Paris au lieu de doubler le réseau des bus PC (petite ceinture) par des tramways sur les Maréchaux, dévorant des centaines de millions d’euros, et par endroit jusqu’à quatre files de circulation. Mais là encore ç’eût été la logique, donc un mode de fonctionnement assez éloigné des habitudes de la Mairie de Paris. Il y a 1,2 millions de voitures qui utilisent chaque jour le périphérique. Est-ce qu’on s’est posé une seconde la question de savoir ce qui allait pouvoir advenir des 438 millions d’automobiles qui déboulent sur le bitume du boulevard circulaire chaque année ? La réponse est oui, mais quelle était la question ? On a préféré envisager la récupération de l’espace bitumé pour le remettre en pleine terre, bannir les poids lourds, reconstruire cet axe majeur en le transformant en boulevard urbain et paysager. Bref on a tout fait à l’envers. La question n’est pas de savoir si le périph est bon pour la santé. N’importe quel demeuré – donc n’importe quel automobiliste aux yeux des pouvoirs publics – vous dira objectivement le contraire. La question est de réformer calmement et sans heurt une institution essentielle pour les Franciliens même si elle fonctionne de manière erratique. D’un autre côté, pouvait-on attendre autre chose que de l’incohérence en laissant nommer le plus séditieux des écologistes à la tête de la circulation d’une des plus grandes villes du monde ? Autant demander à Alain Prost de gérer la faune et la flore du circuit du Castelet. Ou au groupe Bouygues de s’occuper de la protection des grues (évidemment cendrées). La seule réponse des écologistes aux besoins évidents des déplacements citadins tient en quatre idées fortes : covoiturage, vélo, trottinettes, marche à pieds. Résultat, en cinq ans 60.000 Parisiens ont fui la capitale « C’est comme si en l’espace d’un quinquennat, toute la population du Vème arrondissement avait déserté Paris » explique le journal Le Parisien. Ceux qui restent vieillissent au milieu des quartiers désertés par les commerçants et envahis par les locations de courte durée style booking.com. Les transports en commun sont exsangues. En temps normal, c’est-à-dire entre deux grèves, il y a un métro toutes les minutes trente. 3,39 milliards de trajets en 2018, soit une augmentation de près de 8% en cinq ans.

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Même en distribuant des vitamines aux conducteurs, on ne pourra jamais accélérer cette cadence. Et ce ne sont pas les prolongations de lignes annoncées, celles des rames ou le nouveau réseau Eos qui changera tant les choses. A chaque fois qu’une ligne est lancée, elle est d’ailleurs immédiatement submergée. Si le pire n’est jamais sûr, le meilleur est la moins certaine des hypothèses. Les établissements et commerces du centre de Paris commencent à pâtir sérieusement des bouchons, mais connaissent aussi un gros problème de ravitaillement. Les transporteurs refusant de plus en plus de livrer le centre. Usés par la circulation et surtout dégoûtés par les PV par camera qui sanctionnent certains arrêts par des amendes à 135 euros dans les voies de bus et vélo. 600 PV par jour en 2018 ! C’est dire s’il est urgent de végétaliser le périphérique… Avant l’arrivée d’Hidalgo, Paris était au bord de l’asphyxie. Quatre ans plus tard, Paris respire toujours aussi mal. Mais la ville est devenue désormais impénétrable.

La Honte

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Notre-Drame de Paris

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L’universalisme républicain, cette idéologie de cocus

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Le creuset républicain est une fadaise, selon notre chroniqueur breton Maël Pellan


Je lis dans Causeur et alliés qu’il faudrait l’Union des droites, le front des gauches ou la quadrature des milieux. Rien du tout ! Pas plus de droite et de gauche que de beurre au cul ! Le seul vrai clivage qui existe maintenant c’est les anywhere contre les somewhere [tooltips content= »David Goodhart »](1)[/tooltips]. Et encore dans les somewhere, il y a deux sous-catégories : les vrais et les cocus. Parce que… franchement !… Un somewhere qui est né en Dordogne, qui a monté une boîte à Lille, qui vit à Paris tout en étant élu à Besançon c’est juste un anywhere qui n’a pas la carte flying blue d’Air France. Point.

Résumons le drame actuel de la France à travers la question linguistique. Il y a 200 ans chaque province avait sa ou ses langues. Pas plus con que la prospère Suisse qui en a quatre ou le Luxembourg et la riche Catalogne qui en ont trois je le rappelle. Bôh oui mais le gallo ou l’occitan, visiblement ça ne servait pas à grand’ chose et ça allait à l’encontre de la liberté, de l’égalité et de la fraternité alors on a simplifié tout cela avec une seule langue : le français. Bôh oui mais chacun, fut un temps, parlait encore avec son accent. Comment prêcher en Sorbonne ou dans une pub pour les assurances avec un accent de Carcassonne ? Bon alors tout le monde a été converti à l’accent de TF1 sauf Jean-Michel Apathie et le mec qui présente la météo. Bôh oui, bôh oui mais parler français maintenant c’est plouc vu que la spiritualité parle arabe et que le business parle anglais. Alors demain tout le monde parlera anglais à son banquier et arabe à Dieu.

Ce qui fait donc un beau pays de cocus !

Pourquoi ? Tout simplement parce que la France souverainiste, bien pleurnicheuse, qui fait du triple couche sur l’identité et l’enracinement s’est tout simplement fait prendre à son propre piège avec la mondialisation. Eh oui ! Car le « world village » qui nous ronge le cornet n’est rien d’autre qu’un remake en écran extra-large de la France unéindivisible de Dunkerque à Ajaccio. Evident camarade ! Depuis la Révolution, Corsico, Auverpinche, Breizhou, Bascoïde, Bourguignoche, tout le monde il peut être français, c’est juste une question d’adhésion aux « valeurs de la République », le « creuset français » comme ils disent… Surtout laisser ne pas conserver la moindre trace d’appartenance à une communauté quelconque. Le bon Français arrive nu de toute prédestination. Le contrat républicain laïque et uniéindivisible sera son père, sa mère et la cohorte de ses ancêtres.

Bah, c’est simple à cette logique tu rajoutes trois milliards de chinois et 500 000 millions de noirs et peuplades associées et là tout le monde peut être citoyen du monde. Adhésion simple ou premium par accord tacite aux valeurs du marché libre et du vivrensemble en place du contrat républicain de l’Unéindivisible ! Rocard disait « La France s’est créée en détruisant cinq cultures : Breton, Occitan, Alsacien, Corse et Flamand. Nous sommes la seule nation européenne qui est la création militaire d’un État non homogène. Ceci fait la France difficilement gouvernable à ce jour. Ceci explique notre difficulté de réformer, notre lenteur ». Maël Pellan ajoute: « Ce modèle français s’est étendu au monde entier, ça s’appelle la mondialisation »

Bah oui parce qu’aujourd’hui la France a trouvé plus universaliste, plus « diversitaire » qu’elle. Sa langue ? Ringarde ! Amélie Poulain avec les couettes et la robe Vichy ! Pire que le patois de la Saône-et-Loire ! Et ses valeurs ? Un bréviaire anti-ethnistes d’adoption républicaine par le « contrat social » républicain et le droit du sol républicain qui sert de badge d’entrée républicain à tous les Kouachi de la terre.

C’est quoi être Français ? Vous prenez les arrières grands-parents de toute la rédaction de Causeur, il n’y en a peut-être pas un qui parlait la même langue. A comparer avec un Allemand ou un Japonais… Quant à la « République ». Pffff moi aussi je suis républicain ! A bloc ! Tendance irlandaise !

Jacques Attali, le grand mamamouchi des anywhere avec Carlos Ghosn, n’a pas de patrie à part sa valise. Mais en 1888 le général Boulanger se faisait déjà élire à la fois dans le Nord, la Somme et la Charente Inférieure! Et Mélenchon… une élection à Paris, l’autre à Marseille… Ce sont eux aussi des anywhere… des « interchangeables »… des « hommes indifférenciés » à leur manière… la France c’est un « creuset » apparemment… faut mélanger, mélanger… il en sortira bien un « Homo Francus »… ou un hippocampe à pattes jaunes.

Vous-mêmes qui me lisez à Livry-Gargan, regardez autour de vous : les rouergats et les bretons déculturés, francisés pour un poste à la RATP sont remplacés désormais par des Maliens et des Algérois. Qui vont déculturer votre descendance à leur tour.

Un souverainiste français n’est pas un somewhere, ez ! (Ça veut dire « non » en basque) c’est juste un anywhere qui s’est fait battre par plus anywhere que lui. Un cocu en somme.

Les Deux clans

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Coronavirus, beaucoup de bruit pour… rien?


La quarantaine imposée à des millions de Chinois et la psychose qui s’empare du pays surviennent au moment du Nouvel an chinois. Une curieuse coïncidence. Les contextes politique et rituel de cette crise sanitaire interrogent.


 

Addendum (28/01/2020 16h30) : Nous avons enfin la preuve que Xi Jinping lit attentivement Causeur. Quelques heures après la parution de cet article, il affirmait dans le cadre d’un entretien avec le directeur de l’OMS :«L’épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de rester caché»

Pour Confucius, un homme n’est pleinement humain que lorsqu’il respecte les rites. Et il n’est aucun rite, dans la religion traditionnelle chinoise, plus important que celui du Nouvel An : avant la célébration, on attend de chaque famille qu’elle nettoie à fond son domicile, afin de chasser les mauvais esprits, le mauvais sort et les miasmes. Ce rituel de purification précède le Nouvel An, durant lequel on chasse le monstre Nian (qui signifie aussi « année ») à coup de feux d’artifices et de pétards. Ces explosions, qui sont censées effrayer ce monstre mangeur de chair humaine, ne peuvent que rappeler à un lecteur moyennement attentif de René Girard une violence beaucoup plus grande : celle d’un lynchage unanime et fondateur d’une victime émissaire que le rite en question commémore et occulte à la fois. Ainsi « passer le Nouvel An » (Guo Nian) signifie aussi « surmonter [l’épreuve du] Nian », « vaincre le monstre ». Ce « passage » pourrait aussi rappeler notre Pâques chrétienne, qui est le cœur de notre année liturgique, où il s’agit aussi d’une mise à mort unanime, à la différence (cruciale) qu’il s’agit dans ce cas du sacrifice non d’un monstre accusé de tous les maux, mais d’un dieu innocent et saint. 

Rite annuel de purification

Bien sûr, plus personne en Chine ne croit vraiment à l’existence du monstre Nian, et les festivités y sont présentées comme une simple occasion privilégiée pour les familles chinoises de se retrouver et de « faire la fête ». Pourtant, cette conception anodine et sympa de la fête est aujourd’hui battue en brèche par l’actualité. Car cette année, le monstre Nian a pris la forme très concrète et très scientifique d’un coronavirus, donnant ainsi un relief particulier aux origines mythiques des célébrations du Nouvel An chinois et aux rites de purification qui en sont le cœur. En effet, alors que ce coronavirus est apparu sur un marché de Wuhan en décembre, la panique a soudainement gagné la population de Wuhan dans les jours qui ont précédé le Nouvel An chinois, lorsque des cas à l’étranger (Japon et Thaïlande) apparurent et lorsque la transmission interhumaine fut avérée.

C’est que cette année, le Nouvel An, au lieu, comme le veut le rite, de constituer l’occasion d’expulser les facteurs susceptibles de troubler l’harmonie du groupe, risquait de devenir au contraire un facteur de diffusion du chaos, par la propagation du virus qu’il aurait facilité à l’occasion du retour dans leurs familles des Chinois… Le sacré est toujours dangereux : lorsqu’il dysfonctionne il propage au lieu de contenir les facteurs de trouble, qui se répandent alors dans la société. 

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La psychose qui frappe la Chine est-elle le produit d’un rite de purification qui a mal tourné ? C’est possible. La panique qui gagne la société chinoise n’est peut-être pas sans lien avec la crise que traverse cette même société, confrontée sur le plan extérieur à une rivalité dangereuse avec les États-Unis et sur le plan intérieur à une croissance qui ralentit fortement, dans un contexte de mise en place par le gouvernement d’instruments technologiques visant à un contrôle obsessionnel de la population. De ce point de vue, la mise en quarantaine actuelle d’une partie de la population chinoise n’est que la forme aigüe de la pathologie du contrôle dont souffre le pouvoir chinois.  

Le précédent du SRAS

On peut d’ailleurs noter la récurrence du phénomène. Déjà, en 2003, les autorités chinoises alertent l’OMS au moment des festivités du Nouvel An, alors qu’un virus inconnu apparu dans la province du Guangdong se répand à l’étranger depuis Hong Kong. Le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) causera environ 800 morts, à comparer cependant avec les quelques centaines de milliers de morts que la grippe saisonnière occasionne chaque année dans le monde. Mais, bien sûr, ce qui inquiète est le taux de décès: environ 11% pour le SRAS de 2003. Pour le coronavirus actuel, monstre sacrificiel de l’année du rat qui s’ouvre, le taux de décès parmi les personnes touchées est encore inconnu, mais les experts le situent nettement en dessous de 5% des malades, avant tout des personnes âgées ou frappées d’autres pathologies, ce qui reste bien supérieur à celui de la grippe saisonnière. Quant à sa contagiosité, elle semble supérieure à celle du SRAS, même s’il reste bien difficile à ce stade très précoce de la mesurer. La psychose actuelle est-elle justifiée ? Je ne suis pas médecin mais du fait des circonstances rituelles et politiques qui entourent l’apparition de ce virus, je suis tenté de penser que non. Une opinion que partagent peut-être des avis plus autorisés que le mien.

Pour l’instant notre ministère des solidarités et de la santé se livre à un exercice de « en même temps » en déclarant sur son site que « l’information disponible suggère que le virus peut causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus sévères ». Il y a cependant fort à parier que si les morts se comptent en centaines dans les prochaines semaines, les autorités en France et ailleurs abandonneront bien vite toute prudence dans l’évaluation de la dangerosité de la maladie, pour se livrer à une surenchère de précautions, comme semble l’exiger le public. En surestimant le danger, on est toujours gagnant : c’est évident si le nombre de morts est important, et s’il est faible on dira que c’est grâce aux mesures prises…

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On comprend donc que le pouvoir chinois mette en scène ses efforts : le premier ministre Li Keqiang se rend à Wuhan et galvanise les troupes médicales et militaires mobilisées contre le virus ; la mise en quarantaine concerne maintenant des dizaines de millions de personnes dans des zones différentes du pays où les masques de protection, aussi hideux soient-ils, deviennent obligatoires, où les transports publics sont interrompus, le trafic automobile interdit et l’activité économique à l’arrêt… Les instruments les plus sophistiqués du contrôle social que la Chine met en œuvre sont mobilisés à Pékin et ailleurs dans la lutte contre la propagation du virus. Mais aussi des moyens plus low tech : des groupes de citoyens interdisent l’entrée de leurs localités « armés de gourdin » nous dit Le Monde, et la Cité Interdite, haut lieu touristique attirant d’habitude des foules énormes est de nouveau littéralement interdite au public, retrouvant ainsi sa vocation de lieu sacré et tabou.   

L’épidémie, métaphore de la violence

À Pékin et à grand renfort de publicité, un « groupe dirigeant » est créé pour lutter contre le virus. Spontanément, nous attendrions en Occident plutôt la mise en avant des efforts du corps médical et de la recherche mais il se trouve qu’en Chine, la politique se conçoit comme la guérison par les dirigeants des maladies qui contaminent le corps social (un des deux caractères qui composent le mot politique en chinois signifie aussi guérir). Un excellent spécialiste de la religion traditionnelle chinoise, Barend J. Ter Haar, considère que la politique en Chine est informée par « un paradigme démonologique » : il s’agit pour le Prince de chasser les démons et tout ce qui menace l’unité du corps sociopolitique hors de la cité. 

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Mais il ne s’agit pas que de la Chine ! En février et mars 2003, en pleine montée vers la deuxième guerre du Golfe, les autorités sanitaires internationales avaient semblé vouloir conjurer l’explosion de la violence humaine par des mesures médicales. C’est de façon remarquablement simultanée que l’épidémie de SRAS qui éclatait dans le Sud de la Chine était devenue un problème global de santé publique, et que le monde assistait impuissant aux préparatifs de la coalition menée par les États-Unis vers la deuxième guerre du Golfe. L’épidémie est une métaphore de la violence humaine privilégiée par la pensée mythique, en Chine et ailleurs. La maladie semble en effet se diffuser comme la violence humaine se propage à tout le corps social. En 2003, au moment même où le président George W. Bush s’affranchissait du droit international pour déclencher une guerre « illégale » en Irak, l’OMS paraissait vouloir rétablir le pouvoir de l’ONU et le tabou du franchissement des frontières, en émettant une « alerte globale » à propos du SRAS… Triompher de la maladie devient une façon de déplacer le problème, de contrôler métaphoriquement l’infection de la violence humaine devenue réellement incontrôlable.

En 2020, le spectre de la violence globale est en Chine plus présent que jamais : rivalité sino-américaine, manifestations de Hong-Kong, élections à Taïwan (où le parti souverainiste, opposé à un rapprochement avec la Chine vient de remporter les élections). 

Conjurer le retour des spectres de la violence est le cœur des rites et de la politique en Chine. Si le secrétaire-général Xi Jinping triomphe de la crise sanitaire, comme c’est probable, il aura redoré à bon compte son blason impérial. S’il échoue, son pouvoir sera grandement fragilisé. Mais nous sommes également concernés. Avec cette lutte mondiale contre ce coronavirus qui s’esquisse, nous voilà contaminés par la politique à la chinoise, c’est-à-dire par un rituel politico-religieux d’expulsions des miasmes et des démons qui menacent ! Une façon de fêter le Nouvel An chinois avec les Chinois. À l’heure de l’ouverture à l’Autre obligatoire, voilà qu’il faut soudainement fermer les frontières.

La Chine e(s)t le monde

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L’immigration contre la paix civile


La fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, a invité Pierre Brochand, ambassadeur de France et ex-patron de la DGSE, à présenter sa vision du défi migratoire. Marcel Gauchet a reconnu la qualité de sa contribution dont nous proposons ici une synthèse.


 

Pierre Brochand a représenté la France sur plusieurs continents, en Afrique tribale, aux États-Unis, au Vietnam, au Proche-Orient… Il a été le témoin direct de crises violentes et en retire « une vision du monde qui n’est ni fraîche ni joyeuse ». Retraité depuis quelques années – il a 78 ans –, il est rentré vivre dans la maison de son enfance. Mais « quand […] l’on constate que ce petit village au cœur de la petite ville est devenu une parcelle d’un autre continent […], comment ne pas en éprouver de l’étonnement ? »

De cet étonnement est née une certitude. La France n’a plus de politique migratoire depuis cinquante ans. Le Droit et la Justice supranationale se sont attribué les pleins pouvoirs, pour favoriser la plus large ouverture possible des frontières. Les gouvernements successifs, soulagés du fardeau, ont paré leur impotence des atours de la générosité, parfois tempérée par des déclarations incantatoires sans lendemain. Alors que les enjeux climatiques bénéficient du principe de précaution et des moyens de la recherche scientifique, le dossier migratoire relève lui du principe d’ignorance par l’interdiction, entre autres, des statistiques ethniques.

Reprendre le contrôle

Cet aveuglement devant la création de diasporas et de communautés comptant aujourd’hui des millions de membres a abouti à une situation lourde de tensions. L’ex-patron de la DGSE estime ainsi que l’explosion simultanée des banlieues constitue un risque sécuritaire très supérieur à celui du terrorisme. Un feu couve, mal contrôlé par des dirigeants qui tentent de compenser leur cécité face à la question culturelle, par le déversement d’aides sociales toujours plus généreuses. Pour l’ambassadeur, au contraire, l’immigration est bien le sujet central, puisqu’elle peut mettre en péril la paix civile.

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La suggestion de Pierre Brochand pour l’improbable gouvernement qui entendrait se réattribuer ce dossier axial : « Take back control » – le slogan du Brexit. « Si nous ne prenions pas en charge nos intérêts vitaux, nul ne le ferait à notre place. » Une politique migratoire devrait même, selon lui, être le préalable à toutes les autres. Il sait la vigueur des oppositions à une telle reprise en main, mais dénonce « le parallélisme mensonger qui voudrait que toute politique migratoire restrictive et sélective soit le signe d’un nazisme renaissant ».

À lire son intervention, ce sont pourtant moins les mesures proposées qui retiennent l’attention – une trentaine, toutes pertinentes – que sa grille de lecture stéréoscopique de la situation. L’ancien diplomate fait en effet un large détour par l’histoire, ou plus exactement par les deux récits historiques qui se chevauchent et se concurrencent : « “L’histoire de l’espèce”, que j’appellerai Histoire Évolution, et “les histoires dans l’espèce”, que je dénommerai Histoire Événement. »

Une brève histoire de l’humanité

La première narre l’aventure d’Homo sapiens, de sa sortie des grottes jusqu’à la conquête spatiale, de la servitude aux droits de l’homme. Un récit linéaire du progrès de la connaissance cumulative, conté par des auteurs à succès comme Yuval Noah Harari ou Steven Pinker. Trois étapes marquantes figurent sur l’axe temporel de cette évolution. L’homme quitte d’abord l’état de nature pour créer des communautés fondées sur des liens familiaux et claniques. C’est le premier stade de l’organisation sociale. Après la phase intermédiaire de l’empire, au cours de laquelle l’une des ethnies domine les autres sur un vaste territoire, l’humanité inventera l’État-nation, première manifestation d’une autodétermination collective. Bâtie autour d’une culture, d’une langue et d’un passé communs, cette entité maîtrise ses frontières et assimile par cooptation les nouveaux arrivants. Saisi par l’hubris, l’État-nation va alors commettre deux erreurs fatales : la colonisation et le totalitarisme. De ces fautes naîtra l’organisation sociale que nous connaissons aujourd’hui, la société post-politique des individus dans laquelle l’État se voit réduit au rôle de gardien des droits de l’homme.

L’Histoire Évolution met donc à la disposition des progressistes la narration optimiste d’une civilisation humaine convergeant vers le même but. Une espèce semblable en tous points du globe est en quête d’une autonomie non plus collective comme dans l’État-nation, mais cette fois individuelle dans la société post-politique. Laquelle est peuplée d’hommes naturellement bons – et plus ils sont « victimes », plus ils sont gentils, d’où le « réfugié » plutôt que l’« immigré » – dont l’épanouissement personnel requiert à l’infini de nouveaux « droits à » ou « droits de ».

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Lorsqu’on entre dans le détail, hélas, les choses se gâtent pour l’Histoire Évolution. Au lieu de se succéder dans le temps, les trois modèles d’organisation sociale – Communauté, État, société des individus – coexistent en différents points de la planète. Les conflits qui en découlent fournissent la matière première de l’Histoire Événement (les histoires dans l’espèce), dont les aspects tragiques ou récurrents déplaisent tant à l’avant-garde de la société des individus – salaud d’Huntington ! La narration évolutive que celle-ci chérit occulte toutefois un élément tabou : l’État-nation et les droits de l’homme ont vu le jour en Occident, et bien que nous tentions de nous persuader que nos valeurs humanistes soient universelles, « [elles] ne sont en pratique pas universalisables ». L’Occident a d’ailleurs exporté l’État-nation via la colonisation, puis les droits de l’homme par la voie de la mondialisation qui marque à la fois l’apogée de cinq cents ans de domination et le début de son déclin. Cette globalisation a d’abord légitimé successivement la décolonisation, puis son échec, et enfin des mouvements migratoires sans précédent. Nous vivons en réalité les effets boomerang de l’exportation des modèles occidentaux vers le patchwork des pays qualifiés jadis de sous-développés – le « second monde » selon l’auteur. Un monde dont nos élites ne veulent voir ni le ressentiment ni le désir de reprendre simplement un pouvoir désormais remis en jeu par l’Occident après une parenthèse de cinq cents ans.

État-nation et néocommunautarisme

C’est en effet par le truchement des migrations que les différentes strates de l’organisation sociale cohabitent désormais sur un même territoire national, avec une résurgence notable d’un néocommunautarisme anachronique. La société des individus n’a pas (tout à fait) éradiqué l’État-nation, qui lui-même pensait à tort en avoir fini avec les logiques tribales. En effet, sommé par l’individu-roi d’abandonner le contrôle de ses frontières, l’État a laissé entrer en France et en Europe des millions d’hommes et de femmes qui n’ont aucune affection particulière pour la société post-politique qui les accueille. Ces millions de nouveaux venus demeurent en revanche très attachés à une vision clanique de l’organisation sociale qui exige de ses membres une loyauté inconditionnelle. Les diasporas qu’ils trouvent désormais en Europe les aident à « vivre mieux tout en vivant pareil ». C’est là que l’Histoire Évolution perd pied. La convergence à l’échelle géologique décrite par Harari dans Sapiens se heurte aux divergences que chacun peut observer au quotidien. Issus pour l’essentiel de l’ex-empire colonial, les immigrés ne manifestent pas un amour excessif pour l’ancienne métropole – une « impossible allégeance » au demeurant cohérente avec « l’acte de divorce irréversible » qu’avait entériné la décolonisation.

Pierre Brochand, ambassadeur de France et ex-patron de la DGSE. © D.R.
Pierre Brochand, ambassadeur de France et ex-patron de la DGSE.
© D.R.

Ce retour en force de l’Histoire Événement constitue une bien mauvaise nouvelle pour la société des individus. Elle la nie avec d’autant plus de vigueur que le monde qu’elle dépeint correspond de moins en moins à celui que le citoyen habite. Pierre Brochand associe d’ailleurs au réel les deux premières strates, communautaires et nationales, tandis que la troisième, celle de l’État post-politique relèverait du virtuel. La société des droits de l’homme se montre ainsi aveugle au retour du réel. Elle s’est même fait du déni une spécialité. Elle le décline avec l’aide de ses divisions blindées, les intellectuels, la justice, les réseaux sociaux et les médias, tous équipés du paravent destiné à cacher le chaos qui menace : le politiquement correct. « Le Réel, c’est donc ce sur quoi bute l’Histoire Évolution, mais qui ne l’empêche pas, pour autant, de poursuivre sa marche en avant. »

L’angle mort de la société des droits de l’homme

Le refus d’admettre les différences culturelles entre les groupes humains demeure bien l’angle mort de la société des droits de l’homme. « Si on estime […] que des comptables suédois et des guerriers pachtouns peuvent sans difficulté faire société et vivre en harmonie, tout en pratiquant volontiers le métissage, mon propos perd l’essentiel de sa justification. »

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Le subterfuge consiste à nier la persistance du groupe dans les organisations humaines et les logiques qu’elle induit. Conséquence, si l’État-nation incarne toujours théoriquement l’intérêt général, en pratique, la société des individus lui interdit sur ces sujets de gouverner, et pire de poser le bon diagnostic ou (bien sûr) de recourir au référendum, puisqu’elle prétend n’accueillir que des individus, auxquels elle confère des droits et la liberté de les exercer. Ainsi ne veut-elle voir dans le voile islamique qu’un choix individuel répété des milliers (millions ?) de fois, alors qu’il témoigne à l’évidence d’une pression d’un collectif auquel la femme voilée témoigne son indéfectible loyauté. Ces ruses bénéficient d’une législation toujours plus laxiste. Elles mènent de la sorte à l’abus de droits individuels et à l’auto-engendrement de l’immigration : droit du sol, droit d’asile, droit au regroupement familial, droit aux études, droit aux visas touristiques, droit au mariage, droit à l’État providence…

Cette farouche volonté de ne rien voir conduit la société des individus et ses séides à proposer un diagnostic rituel autant qu’erroné sur les dysfonctionnements communautaires ; il s’agit toujours selon eux de la « question sociale » – une mauvaise foi à l’épreuve de toutes les avanies du réel. La conséquence de ces errements, c’est l’existence d’une nouvelle catégorie issue de l’immigration : les Français francophobes – un phénomène unique dans l’histoire des migrations, puisqu’il démontre une inquiétante divergence de la troisième génération. La réapparition de l’endogamie et du contrôle des femmes, corollaires de la résurgence de l’islam fondamentaliste, constituent autant de défis impossibles à affronter tant qu’il restera interdit de les nommer. Pourtant, « l’islam n’est pas l’homologue du christianisme » et semble difficilement soluble dans l’individualisme. On peut ajouter qu’il n’a engendré ni la séparation des pouvoirs temporel et spirituel ni les droits de l’homme.

La République « prise en tenaille »

En niant le retour de l’Histoire Événement, la société des individus aggrave le péril au moment où, dans maintes enclaves, la souveraineté nationale est bien virtuelle. Pierre Brochand rappelle ce critère militaire pour savoir qui contrôle un territoire : « Qui est maître de la nuit ? »

La grille de lecture de l’ancien diplomate éclaire la « prise en tenaille » de la République par l’alliance objective des progressistes et des communautaristes contre leur ennemi commun, l’État-nation. On décrypte alors les apparentes contradictions de ces étranges féministes qui soutiennent le voile islamique ou à de ces prétendus antiracistes défilant aux côtés d’antisémites. Les défenseurs de la société des individus se battent pour que les Indigènes de la République continuent à percevoir les subventions publiques nécessaires à la dénonciation d’un « racisme systémique » de l’État-nation – seule explication recevable à leurs échecs. Aucune introspection ne peut être exigée des minorités en raison de leur statut de victime présumée d’un crime contre l’humanité imprescriptible : la colonisation. Ce que notre président de la République a de lui-même reconnu en Algérie…

Nous sommes donc devenus, sans que les électeurs n’aient jamais été consultés, une société multiculturelle, régie par la défiance ; la France entre ainsi « dans une catégorie de pays où les réussites sont rares ». Nous avions cru avoir réglé entre 1905 et 1962 les questions de religion, de racisme et de colonisation, alors que tout semble à refaire et rien n’est entrepris. Si « les ambiguïtés de la laïcité » lui permettent d’imaginer une reconquête, Pierre Brochand parie néanmoins sur le maintien global de la ligne actuelle : ne rien voir, ne rien faire. Outre son pessimisme, on peut reprocher à cette prédiction de ne pas intégrer l’irruption dans le jeu des démocratures ou des populismes, ni la divergence entre l’Europe et l’Amérique trumpienne. Quoi qu’il en soit, l’ancien maître-espion pense que le système du déni et du subterfuge peut tenir encore une décennie. On s’en tiendra à cette note optimiste.

>>> Les 70 pages de son intervention peuvent être consultées en ligne : «Pour une véritable politique de l’immigration» <<<

Les maux de notre langue

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Notre culture et nos connaissances sont à la dérive. La détérioration de la langue finira-t-elle par menacer la démocratie?


Qui, parmi ceux qui détiennent encore les clés intellectuelles de notre société – écrivains, enseignants, universitaires, éditeurs, médecins, avocats, magistrats, scientifiques, artistes, économistes et bien d’autres –, pourrait être insensible à la dérive actuelle de notre culture et par ce fait, de nos connaissances ? Pas un seul jour qui ne nous apporte la triste matérialisation d’une réalité pitoyable et impitoyable, tel un raz-de-marée de bêtise détruisant toute marque intelligente depuis notre plus lointain passé civilisationnel.

A lire aussi: Crise de l’autorité, un péril inquiétant

Dès lors, voici que le sens même de notre évolution sur le fil fragile de la vie s’étiole et s’estompe. Voici que l’on glorifie, tels des veaux d’or, les plus incultes d’entre nous et que les squelettes de leur nullité ainsi exhibés deviennent grammaire du nombre et encyclopédie des ténèbres de l’esprit. Voici que le geste devient phrase, que le borborygme impose son discours, que la primarité se substitue à la logique, à la compréhension et à l’explication. Pas un seul jour, pourtant, qui ne démontre par l’absurde que le niveau de langage est indissociable du niveau de la pensée exprimée et que la maîtrise du verbe, la rigueur de l’expression écrite et de la parole sont seules capables de ne pas rendre à la poussière du temps le potentiel de progrès obtenu dans le parcours des millénaires, par une humanité, elle en marche permanente vers le filigrane de sa transcendance.

Régression dans tous les domaines

Après tant de luttes incessantes, rudes et indécises sur le front de l’acquisition et de la maîtrise du savoir, après tant d’exemples dramatiques, fleurissant dans notre histoire, ce à quoi l’homme ne peut échapper sous peine de régression brutale vers la folie barbare, que constatons-nous ? L’abandon progressif des principes de base qui ont structuré et perfectionné le genre humain depuis ses origines : le respect, la rigueur, le sens de l’effort, le don de soi, l’appartenance solidaire au groupe, c’est-à-dire une entière communion de chacun à une aventure humaine dont l’individu n’est jamais qu’un minuscule relais. Les Romains, déjà, disaient : Vae Soli ! (Malheur au solitaire), et aujourd’hui ils affirmeraient : Asinus asinum fricat ( l’âne se frotte à l’âne), idée même de responsabilité sociale à laquelle l’assaut est désormais donné tambour battant, au profit d’une addition d’individualismes forcenés. Cette réalité est d’autant plus préoccupante que nul ne l’a jamais décelée auparavant chez aucune espèce du vivant. Je veux dire la lente et sûre prise du pouvoir par l’inculture, par l’anti-culture, pure et simple négation de ce qui fut longuement élaboré pour nous faire tels que nous sommes.

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Ainsi, aux plus de mille mots déjà assimilés à partir de notre propre concept linguistique, par des singes bonobos en pleine croissance intellectuelle, s’oppose l’horreur des à peine trois cents mots utilisés de nos jours par des franges de population de moins en moins marginales, pour exprimer a minima leur monde minimum. Régression visible dans tous les domaines constituant une existence humaine avec, en dramatique point d’orgue, l’incommunicabilité, source de toutes les marginalisations, de toutes les manipulations et de toutes les violences, car l’incompris s’estime toujours être l’agressé. Et hélas, il y aura toujours un parti politique en quête de voix pour attirer même les plus aphones, au prix des compromis les plus honteux. C’est ainsi que, trop souvent, l’urne démocratique ne recueille que des cendres.

Crise de la transmission

Comment lors imaginer que nous puissions aller plus loin encore dans cette longue avancée de l’homme sur le fil d’un temps qui lui est parfaitement inconnu, sans la nourriture d’une langue et sans l’eau de l’écriture ? Sans le sens d’une mission ? Et comment a-t-on pu croire, et peut-on le croire toujours chez les apprentis sorciers de la non-pensée qui infestent les fondations de notre société, que la simplification de notre communication orale et écrite pouvait être une réponse cohérente à la complexité cellulaire et sidérale qui demeure notre champ d’action et de réflexion pour demain ? Quelle recherche scientifique pourrait se passer de la richesse d’un support linguistique et de la cohérence d’un langage ? Quelle approche philosophique se satisferait d’un salmigondis lexical et syntaxique en guise d’instrument de transmission aux générations futures ? Concernant cette fabrique sourde et pernicieuse de l’inculture, Bernard Berthelot écrivait déjà en 1998 : « Qui ne voit que tourner le dos au savoir et à la culture, que déclarer les humanités et l’humanisme obsolètes, c’est perdre quelque chose de l’homme, c’est perdre le sens de l’humain ? » Cet humain qui ne peut déroger à sa responsabilité suprême sous peine de disparaître en tant que son ultime prédateur. Sur ce chemin venu du tréfonds de nos origines et qui doit aller bien plus loin que nous-mêmes, sachons défendre tout ce qui nous fut transmis et respecter ceux qui ont fait de nous ce qu’ils étaient eux-mêmes : un simple mais indispensable maillon vers un futur fécond.

William Shakespeare écrivait déjà que « C’est un malheur du temps que les fous guident les aveugles. » Ce temps qui aujourd’hui croit être devenu supérieur parce que les ignorants désormais, oints par une sorte de sacralité dite citoyenne cachant leur vide sidéral, peuvent déballer fièrement leur vacuité aux pieds de ceux qui hier eussent été leurs maîtres mais ne sont aujourd’hui que leurs victimes expiatoires. On appelle cela les relais sociaux ou la démocratie directe, c’est-à-dire la sombre dictature du nombre. Je ne cesse lors de m’interroger. Y aurait-il ainsi plusieurs sortes de peuples pour défiler et hurler ses slogans ou seraient-ils à chaque charnière de l’Histoire la masse indispensable à toute minorité dominante quelle qu’elle soit ? On a ainsi les idoles que l’on peut. Mais personnellement j’ai toujours préféré Montaigne à Pol Pot.

L'Enfant qui dort au creux de mon âge

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Pourquoi Zineb Sedira ne doit pas représenter la France à la Biennale de Venise

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Le choix de l’artiste, ardente défenseure du BDS[tooltips content= »Boycott, désinvestissement et sanctions est une campagne qui vise au boycott d’Israël »](1)[/tooltips], dont le travail porte essentiellement sur l’identité, l’immigration et la guerre d’Algérie, est contestable.


C’est donc Zineb Sedira, l’artiste franco-algérienne installée à Londres, qui a été choisie pour investir le pavillon français à la prochaine biennale de Venise (mai – novembre 2021).

Comme d’habitude, on ne sait pas qui – et selon quels critères – a fait le choix du locataire du pavillon français de Venise. Mais si le processus est opaque, le résultat, le choix de Zineb Sedira, est tout simplement scandaleux.

Les créations de Zineb Sedira font écho à l’histoire, à la culture et aux conflits qui relient la France et l’Algérie, elles dénoncent le racisme et se veulent un pont entre les cultures intimement brouillées. Sauf quand il s’agit d’Israël!

Il est scandaleux non pas en raison de l’œuvre de la créatrice mais de ses actions politiques : Zineb Sedira est une ardente défenseure du BDS (mouvement de boycott des produits israéliens, dont les produits culturels). En 2017, lors de la Biennale de la Méditerranée à Sakhnine (un village arabe en Israël), elle s’était opposée à l’envoi de ses œuvres, avec deux autres artistes franco-marocaines, Yto Barrada et Bouchra Khalili.

Les créations de Zineb Sedira font écho à l’histoire, à la culture et aux conflits qui relient la France et l’Algérie, elles dénoncent le racisme et se veulent un pont entre les cultures intimement brouillées. Sauf quand il s’agit d’Israël !

Le Président de la République, qui reconnaît haut et fort que « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme » (pas plus tard que la semaine dernière, pour la dernière fois), ne peut pas laisser la France être représentée par une antisioniste virulente lors de cet évènement prestigieux qu’est la Biennale de Venise.

À l’heure d’un antisémitisme mortifère, le choix d’envoyer Zineb Sedira à Venise est une faute morale, comme l’est le parallèle que fait Emmanuel Macron entre la nécessaire reconnaissance des méfaits de la colonisation en Algérie et les horreurs commises par la France pendant la Shoah, reconnues par Chirac en 1995.

Le choix désastreux et hautement politique de Zineb Sedira va dans ce sens tout aussi dangereux.

Représenter le pavillon de la France devrait normalement consister à en promouvoir son art, sa culture, son patrimoine. Avec Madame Sedira, le gouvernement souhaite donc donner la parole aux créateurs enfants des anciens colonisés, soit, mais pense-t-il vraiment avec ses conseillers qui lui ont proposé la candidature de cette artiste contribuer à calmer la haine des juifs et à lutter contre le communautarisme ?

Pensent-ils vraiment obtenir la paix sociale dans les banlieues en n’offrant, – ici, par l’art -, qu’une seule version de l’histoire de la guerre d’Algérie (rappelons que les archives, coté algérien ne sont toujours pas disponibles) ? Au contraire, ils ne feront qu’exacerber la volonté de dissidence et les appels à la sédition des militants indigénistes les plus farouches, les plus haineux envers la France.

Quoi que l’on pense de son œuvre et de ses choix politiques et idéologiques personnels, Zineb Sedira, l’adepte du boycott d’Israël, ne peut pas et ne doit pas représenter la France à la Biennale de Venise en 2021. Sa désignation est une erreur mais il n’est pas trop tard pour la corriger.

Messieurs-Dames les sénateurs, encore un effort pour combattre l’islamisation!

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Manifestants de la marche "stop à l'islamophobie", le 10 novembre 2019, place de la République à Paris © Benjamin Mengelle / Hans Lucas

La philosophe et politologue Renée Fregosi, auteur de Français encore un effort… pour rester laïques, appelle les sénateurs de la commission enquêtant sur le développement de la radicalisation islamiste à la plus grande vigilance.


Le 14 novembre 2019, le Sénat a lancé une « commission d’enquête sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre ».

L’ « antiracisme idéologique pervers » nous a fait perdre de précieuses années

Les auditions ont commencé le 3 décembre dernier pour se poursuivre durant tout le mois de janvier 2020. Cette décision d’une partie de la représentation parlementaire est à saluer. Elle indique une certaine prise de conscience d’un phénomène très préoccupant qui se développe pourtant depuis de longues années.

A lire aussi, Céline Pina: Mila ou le retour du blasphème

C’est sur ce phénomène d’emprise sur la société française d’un mouvement politico-religieux très actif, l’islamisme, qu’alertent à partir des années 2000, un petit nombre d’universitaires, de journalistes, de responsables associatifs et d’élus, sans être jusque-là réellement entendus par les autorités, et toujours systématiquement conspués par les porte-voix du politiquement correct et de l’islamo-gauchisme. L’ouvrage Les territoires perdus de la République est à cet égard emblématique: paru en 2004, cette étude de terrain prémonitoire était pourtant le constat d’un état de fait déjà solidement constitué et fort inquiétant à l’époque, mais absolument occulté par les responsables politiques et les tenants d’un antiracisme idéologique pervers.

La laïcité française menacée

Le travail idéologique et d’infiltration des institutions tant de l’Etat que de la société civile, mené conjointement par différents groupes fréro-salafistes (des Frères musulmans et de divers courants rigoristes) a produit des effets à la fois sur les « musulmans » (croyants se reconnaissant comme tels et/ou individus assignés globalement à la « culture musulmane ») et sur l’ensemble de la société française. Les enquêtes de l’IFOP pour des organismes comme la Fondation Jean-Jaurès, Fondapol ou l’Institut Montaigne en témoignent régulièrement : ainsi en 2016, si les musulmans sont 41% à estimer que la pratique de l’islam doit être adaptée et aménagée pour se conformer à la laïcité à la française, ils sont en revanche 37 % à estimer que c’est au contraire la laïcité française qui doit s’adapter, pourcentage en progression de 8 points en 5 ans.

A lire aussi: «Pour les islamistes, la France est vouée à devenir musulmane»

On peut souligner également  une progression constante de l’opposition à la loi de 2010 bannissant le voile intégral dans la rue. Et en 2019, 28% de Français de confession musulmane objet d’une nouvelle enquête, se définissent comme des « musulmans français » et contestent ouvertement le principe de la laïcité, tandis qu’un second groupe se définissant pourtant comme « laïques », soutient l’expression de la religion au travail et reconnaît avoir adopté la norme halal comme définition de l’être musulman. Sur l’ensemble des personnes interrogées 65% se disent ainsi favorables au voile et 35% des femmes le portent. Par ailleurs, la polémique récente sur les « mamans » voilées accompagnatrices des sorties scolaires démontre également que le trouble provoqué par l’activisme croissant d’un islam militant, touche aujourd’hui tous les secteurs de la société.

On invoque le « respect » pour favoriser l’islamisation

Le réislamisation des musulmans à travers le monde depuis la révolution islamique en Iran d’une part et le regain du prosélytisme fondamentaliste des pays du Golfe d’autre part, convergeant dans une nébuleuse complexe à géométrie variable, est en effet le vecteur principal d’une islamisation plus globale. Les exigences de plus en plus nombreuses du « respect » de pratiques religieuses rigoristes, relevant d’interprétations fondamentalistes de l’islam sapent ainsi les fondements de toutes les sociétés occidentales sécularisées. Mais c’est en France que le phénomène est sans doute le plus aigu parce que, grâce à une longue histoire de l’esprit laïque enraciné dans la philosophie des Lumières et du libertinage d’une part, et dans des institutions républicaines structurées autour de ce principe d’autre part, la résistance est plus vigoureuse.

Fini le temps des précautions oratoires !

Toutefois, la prise de conscience de la part des autorités est tardive et reste trop partielle, tandis que la défense de la laïcité au quotidien peine à se structurer. Si la création de cette commission sénatoriale est donc très louable, et plusieurs des auditions tout à fait salutaires (même si d’autres sont plus sujettes à caution), les termes mêmes de son intitulé avec notamment la notion ambiguë de « radicalisation » laissent penser que du chemin reste à parcourir jusqu’à une compréhension réelle du phénomène islamiste. La violence des attentats, la mouvance djihadiste et les propos extrémistes de certains imams ne sont, rappelons-le sans cesse, que la partie émergée de l’iceberg islamiste. Dans cette entreprise de conquête et de reconquête, la lutte idéologique est aussi importante que la terreur des actes. Et on le voit, l’ensemble porte déjà ses fruits : adoption de plus en plus large des normes intégristes et intériorisation de la peur paralysante de verser dans « l’islamophobie ». Certes, les liens tant logistiques qu’idéologiques sont complexes et difficiles à démêler mais l’emprise notamment de l’organisation des Frères musulmans est de plus en plus visible aujourd’hui.

A lire aussi, Philippe d’Iribarne: Le voile islamique est l’expression d’un ordre social

Que tous les Musulmans ne soient pas des terroristes on en est tous d’accord, inutile de s’étendre désormais sur le sujet, on a perdu assez de temps avec ces précautions oratoires. Car cela ne signifie pas que l’islam n’aurait « rien à voir » avec l’islamisme, sinon il ne serait pas si facile aux militants islamistes de créer une solidarité entre eux-mêmes et la « communauté » musulmane qu’ils contribuent en grande part à consolider. Prôner une « laïcité ouverte » contre le tenants du combat laïque n’a aidé en rien à l’entrée de la religion musulmane dans les cadres de la société laïque française, pas plus que l’option communautariste assumée en Belgique ou en Grande-Bretagne n’a permis d’éviter la « radicalisation » musulmane au sein des populations nationales de ces pays. Au contraire, la stratégie de la complaisance loin d’apaiser les esprits et la vie collective, renforce l’emprise islamiste et l’antagonisme entre différents groupes sociaux. Le multiculturalisme n’est pas le remède aux pensées de l’orthodoxie, et les accommodements avec les exigences religieuses et communautaristes sont absolument déraisonnables. Espérons que la commission sénatoriale permettra d’impulser une véritable contre-offensive laïque et républicaine contre l’offensive islamiste.

Français encore un effort... pour rester laïques !

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Les territoires perdus de la République

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Eric Zemmour, la tête de Turc de Télérama

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Eric Zemmour © Saget / AFP

Les journalistes de Télérama rêvent de faire taire celui qu’ils qualifient de « polémiste multirécidiviste ». Le CSA est appelé à remplir ses fonctions sociales sacrificielles vertueuses!


Lorsqu’on a le désir de suivre de près toutes les tendances progressistes de notre époque, il est des journaux sur lesquels il ne faut pas hésiter à se pencher de temps à autre. Il y a Libération (un trésor). Il y a Les Inrocks (une mine). Et il y a, de plus en plus souvent, Télérama.

Ce 27 janvier, la newsletter Télérama Soirée titre : « Plaintes devant le CSA, Zemmour vole la vedette à Hanouna. » Le journal précise que le CSA a reçu plus du double de saisines en 2019 comparé à 2018. Grâce à qui, selon le magazine télévisuel ? Grâce au « polémiste multirécidiviste et multirepris de justice » Éric Zemmour (alias « l’icône des réacs »). Il y a un lien qui mène tout droit à l’article du journaliste, Étienne Labrunie, pour ceux qui aimeraient approfondir l’épineux sujet. Comme j’ai un peu de temps devant moi, je m’y rends.

Christine Angot indétrônable

J’apprends d’abord que, contrairement à ce que laisse supposer la newsletter téléramesque, ce n’est pas Zemmour qui a décroché la timbale, mais… Christine Angot. C’est elle qui détient les meilleurs scores de dénonciations auprès du CSA suite à ses propos sur l’esclavage dans l’émission On n’est pas couché (5600 saisines). Elle est suivie de près par une chronique dans La Matinale de LCI qui décrétait que « Non, les profs ne sont pas mal payés ! » (4700 saisines). De justesse Éric Zemmour grimpe donc sur la 3ème marche du podium avec 4300 saisines pour ses propos sur le général Bugeaud, suivi de très très près par Frédéric Fromet pour sa chanson Elle a cramé, la cathédrale, braillée sur France Inter (4000 saisines). Comme cet humoriste a refait dernièrement parler de lui en appelant à la sodomisation de Jésus au milieu des ricanements de journalistes franceintéristes, nous devrions le voir prochainement monter sur le podium ! Nous ne savons pas encore ce que Télérama fera de cet athlète, ni quels adjectifs l’hebdomadaire lui accolera (icône des bouffeurs de cathos ? chanteur vulgaire multirécidiviste ?..). Pourtant, c’est « Zemmour (qui) déchaîne les compteurs de l’instance »… sous-titre en début de paragraphe le vigilant journaliste qui regrette que le « polémiste » ait toujours une tribune sur CNews. Liberté d’expression, quand tu nous tiens !

A lire aussi: Esclavage: Christine Angot n’aurait pas dû s’excuser

Mise au point rapide : on peut ne pas partager toutes les opinions ou analyses de Zemmour. On peut ne pas partager celles de Badiou (exemple extrême). Je ne suis pas sûr d’adhérer à quelque idée que ce soit de nombre de personnes auxquelles, pourtant, j’aimerais que reste acquise la possibilité de s’exprimer.

Un bouc émissaire

Zemmour est devenu ce qu’on peut appeler un bouc émissaire. Télérama en a fait sa tête de Turc préférée (cette expression sera bientôt interdite, profitez-en !)

Un bouc émissaire, ça sert à quoi ? Si je veux en croire René Girard, ça sert d’abord à se ripoliner la conscience et à neutraliser la violence d’un groupe. J’en tue un pour qu’on ne s’entretue pas tous. Il faut par conséquent mettre en scène un sacrifice, la ritualisation du meurtre (symbolique) d’un d’entre nous qui remplira quand même quelques conditions préalables :

– la victime doit être à la fois assez distante du groupe pour pouvoir être sacrifiée (personne ne doit se sentir visé par cette brutalité) et assez proche pour que la catharsis fonctionne.

– le groupe doit ignorer que le bouc émissaire est innocent (par tous les moyens possibles, jusqu’au déni de la réalité, jusqu’au mensonge, jusqu’à la surcharge accusatrice).

– le bouc émissaire doit présenter des qualités ou défauts extrêmes : riche/pauvre, vice/vertu, intelligence/débilité, force/faiblesse.

– la victime doit être en partie consentante.

Je vous laisse regarder de près si Zemmour remplit toutes les conditions requises pour être une presque parfaite « victime expiatoire » ou bouc émissaire. J’ai ma petite idée mais je ne veux influencer personne.

A lire aussi: Qui sont ceux qui dénoncent la “radicalisation” zemmourienne de la chaîne CNews?

Le sacrifice a donc deux vertus essentielles : il libère l’agressivité collective et il ressoude la communauté autour d’une paix retrouvée – mais toujours fragile, d’où la nécessité de reconduire régulièrement l’opération sacrificielle. René Girard analyse ce phénomène en reconnaissant que s’il est pragmatiquement efficace, il est moralement scandaleux parce qu’il repose sur un mensonge collectif (ou déni de réalité) qui arrange le groupe. Il faut un coupable. Un seul, pour que le groupe agressif et tout aussi coupable puisse se « nettoyer ».

CSA: boite aux lettres pour délateurs

C’est pourquoi le CSA, comme tout organe réceptacle de toutes les dénonciations et délations possibles, a de beaux jours devant lui : groupes ou communautés (national, politique, LGBT, féministe, animaliste,…) ne peuvent suppléer leur agressivité revendicatrice et identitaire que par de nombreux sacrifices dont ils sont les initiateurs. Il est à craindre que la ritualisation d’une mise à mort symbolique passant rapidement de mode (et croulant sous le nombre – 70 000 plaintes auprès du CSA en 2019 !), des moyens de moins en moins symboliques et de plus en plus expéditifs soient employés par tous ceux qui pensent être les détenteurs de la Vérité. Ça s’est déjà vu – à petite échelle cela conduit régulièrement à la chambre correctionnelle, au limogeage, à la mort sociale. À grande échelle, ça a porté les jolis noms de Révolution culturelle ou de Grandes purges.

Alors que je finis d’écrire ce papier, je tombe sur celui d’Olivier Milot, toujours dans Télérama, même jour, même newsletter, intitulé Les propos racistes et antisémites en forte augmentation, et Zemmour est toujours sur CNews. (sic) C’est superbe ! En quelques lignes le journaliste nous rappelle que les « faits racistes et xénophobes » et les « faits antisémites » ont fortement progressé, et que, pourtant, CNews continue d’employer Zemmour. « Difficile de ne pas faire le rapprochement », nous assène Olivier Milot dans un raccourci fulgurant et d’une hauteur de vue stratosphérique.

Destin français

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Suisse: on nous signale des panneaux de signalisation inclusifs

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Image: capture d'écran Twitter

À Genève, la majorité municipale n’est visiblement pas à court d’idées lorsqu’il s’agit de dilapider l’argent du contribuable helvète. Découvrez la dernière trouvaille de l’égalitarisme progressiste.


On connaissait déjà les « emojis non genrés » de Google ou encore les gender neutral toilets à l’anglo-saxonne. Voici désormais les panneaux de signalisation routière tendance féministe.

Ces représentations qu’il faut « questionner »

A Genève, la maire socialiste Sandrine Salerno, jamais avare en plaisanteries divertissantes, a décidé de remplacer la signalisation aux abords des passages piétons pour la substituer par des panneaux représentant désormais des femmes actives, âgées, enceintes ou encore en couple. L’édile se justifie dans le quotidien Le Temps: « il est question de notre perception de la société, de la place des femmes dans l’espace public, des représentations qu’il faut questionner ». Rien que ça. Voilà qui va indéniablement faire entrer la ville suisse dans une ère de progrès social et de bien-être citoyen…

A lire aussi: Brest: quand LREM dénonce le sexisme pissotier

Et tout ceci a un coût : les 250 panneaux à remplacer ont coûté 56.000 francs suisses au contribuable genevois – qui appréciera. Il faut dire que Sandrine Salerno et son équipe n’ont pas particulièrement brillé par leur maitrise du budget par le passé, comme le démontrent les rapports de la cour des comptes de Genève.

Faut pas pousser mémé dans les orties !

Le bon sens voudrait qu’on rappelle ici qu’un panneau de signalisation n’est pas censé représenter un homme en particulier, mais tout simplement un être humain, et que son aspect correspond dans de nombreux pays à des critères standards définis par la Convention de Vienne de 1968 sur la circulation routière. À Genève, même une partie de la gauche locale s’émeut de cette gabegie. La députée d’Ensemble à gauche Salika Wenger, citée par Le Temps, juge la démarche «grotesque, inutile et coûteuse»: «En genrant les panneaux de manière caricaturale, on produit une nouvelle discrimination », déplore-t-elle. La silhouette qui traverse est celle d’un être humain, personne ne s’est jamais demandé si c’était un homme ». On se demande au demeurant où s’arrêterait la liste : pourquoi limiter aux femmes enceintes et aux mamies quand on pourrait multiplier à l’infini les situations. Le député PLR Murat Adler abonde en ce sens : « A force de vouloir faire de l’inclusion, on exclut davantage. Il y aura toujours des personnes qui se sentiront non représentées, j’invite la ville à compléter sa panoplie avec des hommes avec poussette, ou guitare sous le bras.». Même Télérama s’est penché sur la question… en allant interroger le designer suisse Ruedi Baur.

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Un droit fédéral « trop strict »…

Mais la municipalité ne s’arrête pas en si bon chemin : soutenue par le « collectif féministe » L’Escouade, elle s’apprête à débaptiser un certain nombre de rues pour leur donner le nom de femmes, suivie par des communes du canton de Vaud. Une autre genevoiserie qui inspire…

Certains auraient voulu aller encore plus loin mais se sont heurtés à des problèmes juridiques ; la faute à un méchant droit fédéral dans doute passéiste et conservateur. Selon Serge Dal Busco, chargé du département des infrastructures de Genève, les panneaux de signalisation informatifs de la ville « sont en réalité les seuls à pouvoir être modifiés. La législation fédérale en matière de signalisation routière est très stricte» Les feux de signalisation vert, orange et rouge, par exemple, ne peuvent pas changer d’aspect. Flûte !

Le porc émissaire

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Les Frères musulmans en Europe: la minorité islamique la plus dangereuse

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Youssef al Qaradawi s'adressant à la foule lors de la prière du vendredi le 18 février 2011 au Caire. © Khalil HAMRA/ AP/ SIPA

La Confrérie fondée en 1928, interdite dans plusieurs pays, présente une nouvelle génération et développe sa stratégie prosélyte et anti-laïcité dans toute l’Europe.


 

Déjà en 2002, se tenait à Bonn une conférence des Frères musulmans autour du sujet « l’éducation musulmane en Europe ». Organisée par le Centre culturel islamique d’Irlande et les « Associations of Muslim Social Scientists »[tooltips content= »Association académique fondée en 1972 dont le but est d’encourager et faciliter la coopération entre universitaires et spécialistes musulmans en sciences sociales. »][1][/tooltips] du Royaume-Uni et d’Allemagne, la conférence accueillait des personnalités européennes proches des Frères musulmans comme Tariq Ramadan, Mohamed Karmous[tooltips content= »Mohammed Karmous crée en 1997 à Neuchâtel la Ligue des musulmans de Suisse (LMS) qu’il présidera une dizaine d’années. »][2][/tooltips], Ahmed Jaballah[tooltips content= »Ahmed Jaballah est le vice-président de la Fédération des organisations islamiques en Europe. »][3][/tooltips] ou encore Ibrahim Al-Zayat[tooltips content= »Ibrahim Farouk El-Zayat est un militant européen musulman en Allemagne et a été fonctionnaire dans de nombreuses organisations islamiques importantes en Allemagne, en Europe et en Arabie saoudite. »][4][/tooltips]. Le but était d’indiquer aux jeunes générations la manœuvre à suivre pour articuler le message et l’esprit de l’islam dans le monde occidental actuel, et de relever le défi que représentent les programmes scolaires laïques incompatibles avec la religion de Mahomet.

À lire aussi: Tariq Ramadan en prison: une stratégie politique?

Youssef Al-Qaradawi, éminence grise

Le message et l’esprit de l’islam prosélyte, rigoriste et politique des Frères musulmans comme le dit si bien récemment Bernard Rougier « c’est d’en finir avec la diversité des musulmans, de les cataloguer, de les mettre sous la rubrique “musulman” en leur donnant la définition de leur appartenance pour prendre le pouvoir sur eux et parler en leur nom » (Les territoires conquis de l’islamisme, PUF).

Les Frères musulmans représentent le groupe sunnite et islamique le plus influent au monde. Dans de nombreux pays, leur organisation est interdite, principalement dans le monde arabe, car classée « organisation terroriste ». Des mesures allant dans ce sens sont régulièrement envisagées en Europe ou aux États-Unis. Récemment, le site Interception a parlé d’une réunion secrète des frères dans laquelle le groupe fait référence aux infrastructures de 79 pays. Cette présence dans tant de pays est remarquable pour une organisation considérée comme secrète.

S’il était Français, il aurait pu prendre sa retraite il y a environ 3 ou 4 décennies. Mais Youssef Al-Qaradawi[tooltips content= »Selon lui, L’islam jouerait une rôle d’intermédiaire entre les êtres humains et le divin, de la même manière, il jouerait un rôle civilisateur, il représenterait pour les hommes un « idéal de civilisation ». »][5][/tooltips], le « Cheikh », l’éminence grise des Frères musulmans, est resté une institution jusqu’à l’âge de 92 ans. Autrefois omniprésent en Europe, il est maintenant exilé au Qatar. Il a été le chef spirituel des Frères musulmans au cours des dernières décennies et a construit et développé depuis l’Irlande toutes les structures essentielles des Frères Musulmans dont ils disposent aujourd’hui.

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Al-Qaradawi a été co-fondateur du Conseil Européen pour les fatwas et la recherche (ECFR)[tooltips content= »Le Conseil européen pour la fatwa et la recherche est une fondation islamique privée, dont le siège se situe à Dublin, en Irlande. Il a vu le jour les 29 et 30 mars 1997 à l’initiative de l’Union des organisations islamiques en Europe. »][6][/tooltips] – une institution qui émet des avis juridiques islamiques simplifiés, pour les musulmans d’Europe, répondant à à peu près tous types de situations. Il a dirigé également l’Union internationale des savants musulmans (UISM) pendant une dizaine d’années. Et ce n’est pas tout ! Les structures associatives des Frères musulmans, que ce soit au niveau européen la Fédération des organisations islamiques en Europe (FIOE) ou des associations nationales comme l’UOIF de l’époque – aujourd’hui MDF, Musulmans de France – ont été inspirées par lui.

Une nouvelle génération arrive

Al-Qaradawi, qui a non seulement exigé l’anéantissement d’Israël et qui, au cours de sa vie, a défendu ou justifié à plusieurs reprises des attentats suicides et la violence envers les femmes, s’est entre-temps retiré des bureaux susmentionnés. Le flambeau est maintenant passé à un groupe de chercheurs, la direction des deux grandes organisations européennes des Frères Musulmans l’ECFR et de l’UISM devenant plus jeunes et plus tournées à l’international. La nouvelle direction sert les « marchés de base » les plus importants, le tout en un réseau européen extrêmement bien organisé.

Les premiers effets de cette nouvelle direction se manifestent rapidement. En novembre 2019, une semaine seulement après la manifestation contre « l’islamophobie » organisée par le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) proche des Frères Musulmans et qui nourrit un discours victimaire – jusqu’à suggérer sans complexe que les musulmans de France sont les nouveaux juifs des années 30 – un nouveau « Conseil des imams européens » voit le jour. Il devrait servir de plate-forme supplémentaire aux imams impliqués. L’offre numérique a été considérablement rafraîchie. Les « Conseils de fatwas » ont maintenant des versions allemandes et françaises, de sorte que l’offre est disponible en plusieurs langues. En outre, une application « Euro Fatwa » a été lancée, régulièrement citée dans la presse internationale tant les recommandations sont parfois saugrenues pour la communauté musulmane.

L’éducation: le leitmotiv des Frères musulmans

Une des recettes du succès des Frères musulmans est son intérêt pour l’éducation.

Déjà dans les années 1990, est fondé l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) à Château-Chinon sur une propriété appartenant à l’UOIF, avec l’aide de Al-Qaradawi. C’est une forge de cadres pour les futurs imams, érudits islamiques et autres enseignants vivant selon l’islam politique des Frères musulmans. Le fait que l’IESH ne coopère avec aucun établissement d’enseignement occidental ne dérange pas les responsables. L’institut est en contact avec les universités islamistes de Malaisie et du monde arabe, les diplômés deviennent imams puis sont assignés à une communauté musulmane en développement voulant faire partie de la confrérie. La recette fonctionne. En France, il y a maintenant un campus de l’IESH à Saint-Denis, quelques ramifications en Alsace et à Orléans, et des écoles privées comme le Lycée Averroès à Lille.

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L’EIHW, largement inspiré de l’IESH et dirigé par l’égyptien Khaled Hanafi, nouveau secrétaire général adjoint du ECFR[tooltips content= »European Council on Foreign Relations »][7][/tooltips], et également membre de l’IUMS, a vu le jour il y a quelques années à Francfort. Son nouveau président, successeur de Al-Qardawi à la tête du ECFR depuis un an, Abdullah al-Judai est lui Irakien et Anglais, également membre de l’IUMS, tout en faisant partie du conseil administratif et du conseil scientifique de l’IESH à Château-Chinon. Son adjoint Ahmed Jaballah ayant dirigé lui-même pendant longtemps ce même IESH qui se déclare comme organisation européenne.

Des alliés puissants pour une organisation de mieux en mieux implantée

Diverses tentatives ont été lancées afin de remettre les frères musulmans d’Europe à leur place.

Malheureusement, leurs financements s’avèrent puissants ; des fondations du Qatar et du Koweït contribuent à accroître leurs possibilités d’entrisme. Leur coopération de plus en plus étroite avec la Turquie est également préoccupante. S’ajoute à cela une prolifération des mosquées de mouvance islamiste turque « Milli Görüs » (perspective nationale) un peu partout en Europe mais surtout en Allemagne ; cette version turque des frères musulmans organise en ce moment la construction d’une grande mosquée à Strasbourg, sur une superficie de près de 7000 m2[tooltips content= »Arrêt des travaux depuis septembre 2019″][8][/tooltips].

Est-ce une pure coïncidence que la nouvelle filiale de l’IESH, IESH-Alsace, fondée en automne 2018 par une association membre de l’UOIF (A.I.E.F = Association Islamique de l’Est de la France) se trouve également à Strasbourg, pour le moment installée dans une mosquée des frères musulmans à la rue Thiergarten? Bien qu’encore récente, cette filiale participe déjà aux concours de débat en arabe financés par le Qatar (« QatarDebate ») et elle a déjà invité un des chefs très controversés de la LIM (Ligue Islamique Mondiale), le théologien saoudien Abdullah Al Moslih. La LIM étant depuis toujours une organisation saoudienne intimement liée à la Confrérie des frères musulmans, Al-Moslih ne voit aucun problème à légitimer les attentats-suicides contre les « ennemis de l’islam ». À peine fondée l’IESH d’Alsace a envoyé début Janvier 2019 sept étudiants et professeurs à Vienne pour participer à ce concours financé par la fondation pour l’éducation du Qatar, présidée par la mère de l’Émir du Qatar.

Quand ils se penchent sur l’infiltration des frères musulmans, nos politiques doivent être conscients que les institutions éducatives et les associations des Frères musulmans opèrent toujours sur une base paneuropéenne, et que le changement de génération qui s’opère dans ces organisations signifie que l’idéologie dangereuse des Frères Musulmans s’adapte toujours plus à de jeunes fidèles. Aussi, un effort européen serait nécessaire pour contrer cette forme d’islamisme. La France doit aussi se demander si elle veut continuer à héberger la plus importante forge d’imams et d’enseignants islamistes sur son territoire (l’IESH et ses filiales) ou si elle arrive à trouver les moyens de mettre l’islam sur une voie plus libérale et plus humaniste. Ce serait un grand service rendu aux musulmans du pays, de nombreuses études montrant que moins de 10% des musulmans d’Europe se sentent représentés par l’organisation des Frères musulmans. Cette minorité qui travaille à imposer son islam politique à la grande majorité silencieuse.


Les territoires conquis de l'islamisme

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Circulation parisienne: Hidalgo et la politique de l’entrave

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Anne Hidalgo, Audrey Pulvar et Christophe Najdovski, présentant leur plan vélo pour la prochaine mandature à Paris, le 28 janvier 2020 © Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage: 00942412_000001

Avant l’arrivée d’Anne Hidalgo, Paris était au bord de l’asphyxie. Son mandat arrivant à son terme, Paris respire toujours aussi mal ! Mais la ville est devenue désormais impénétrable. Dernière proposition en date: la locataire de la Mairie, bien partie pour se faire réélire, entend retirer 60 000 places de stationnement au profit des vélos.


En France, les politiques ne sont jamais d’accord sur rien. Une seule chose peut les faire cependant parler à l’unisson. Les projets de démontage de symboles. Qu’ils détruisent avec gourmandise sur l’autel du politiquement correct. Et plus particulièrement lorsqu’ils ne fonctionnent pas trop mal. Dernière idée de réforme en date, menée à vive allure par les élus de gauche, mais aussi par ceux de droite, le démantèlement annoncé du périphérique parisien. Ca y est, les spécialistes, réunis en conclave, se sont penchés sur l’anneau routier infâme et ont fini par se mettre d’accord. On peut donc dire, sans se tromper, que le ruban de 35 km qui contourne la capitale depuis 1973 devra donc bientôt évoluer.

Et comme à chaque fois qu’on progresse en France, on entrave, voire on interdit, sa surface devra donc être réduite au moins d’un tiers. Sa vitesse encore abaissée. Et certaines de ses voies sans doute réservées aux véhicules propres. Avant évidemment de disparaître totalement un beau jour. C’est comme ça. Et pas autrement. Et puis ça doit être une bonne réforme, car ce sont les experts qui le disent.

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Intensification des solutions piétonnes

On ne se pose évidemment pas la question de savoir pourquoi cet axe essentiel pour la circulation – et donc l’économie du pays – n’a jamais aussi mal roulé. Bien sûr que non, on vous a déjà dit qu’on était en France. Il suffit pourtant de l’emprunter pour comprendre.

Depuis les réductions des voies de circulation ordonnées par Anne Hidalgo au profit des vélos et de « l’intensification des solutions piétonnes », toutes les portes de Paris sont devenues des nasses, doublées parfois d’entonnoirs. Pas besoin d’être Isaac Newton pour comprendre qu’on ne fera jamais rentrer 200 litres d’eau dans une bouteille d’un litre. Même si elle n’est pas pétillante. Et, malgré une baisse régulière du trafic dans Paris (-34 % entre 2002 et 2017), il reste donc compliqué de passer de dix files de circulation à une ou deux. Prenez la porte Maillot par exemple. Elle absorbe chaque jour la circulation d’un des plus grands axes d’Europe : l’avenue Charles de Gaulle à Neuilly. Un boyau qui débite 180 000 voitures par jour et récupère déjà les trois voies du tunnel de la Défense, les cinq du boulevard circulaire, le trafic des habitants de l’ensemble des Hauts-de-Seine, une partie de celui des Yvelines, du Vésinet et de Versailles. Cette porte, capitale, collecte également tout le trafic du périphérique avec les autoroutes A6, A1, A13, A14 et A4. Sans parler de la gare routière des « Oui Bus ». Et où croyez-vous qu’aboutissent chaque jour toutes ces victimes de la relégation périurbaine ? Tous ces artisans, ces voyageurs de commerce, et ces touristes qui ne rêvent que d’accéder au Triangle d’or en provenance des deux aéroports ou simplement d’aller au travail? Mais sur une voie ou deux pardi ! Trois maxi. Car depuis la montée en puissance de la piétonisation et le développement « des initiatives décarbonées », tous les grands axes qui convergent vers le centre, ainsi que les boulevards des Maréchaux, ont été réduits d’un tiers ou de moitié. Sans exception.

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Comme dans de nombreux autres projets, on aurait pu faire les choses dans l’ordre. C’est-à-dire accompagner et motiver le retour des banlieusards dans la ville par exemple. En proposant des logements à loyers modérés. Après les avoir forcés à quitter les quartiers populaires aujourd’hui occupés par les bourgeois bohèmes ou par les bureaux. On a préféré développer les logements sociaux qui occupent désormais 30% de la capitale.

De plus en plus difficile de gagner le centre

On aurait pu améliorer aussi les transports banlieue-Paris au lieu de doubler le réseau des bus PC (petite ceinture) par des tramways sur les Maréchaux, dévorant des centaines de millions d’euros, et par endroit jusqu’à quatre files de circulation. Mais là encore ç’eût été la logique, donc un mode de fonctionnement assez éloigné des habitudes de la Mairie de Paris. Il y a 1,2 millions de voitures qui utilisent chaque jour le périphérique. Est-ce qu’on s’est posé une seconde la question de savoir ce qui allait pouvoir advenir des 438 millions d’automobiles qui déboulent sur le bitume du boulevard circulaire chaque année ? La réponse est oui, mais quelle était la question ? On a préféré envisager la récupération de l’espace bitumé pour le remettre en pleine terre, bannir les poids lourds, reconstruire cet axe majeur en le transformant en boulevard urbain et paysager. Bref on a tout fait à l’envers. La question n’est pas de savoir si le périph est bon pour la santé. N’importe quel demeuré – donc n’importe quel automobiliste aux yeux des pouvoirs publics – vous dira objectivement le contraire. La question est de réformer calmement et sans heurt une institution essentielle pour les Franciliens même si elle fonctionne de manière erratique. D’un autre côté, pouvait-on attendre autre chose que de l’incohérence en laissant nommer le plus séditieux des écologistes à la tête de la circulation d’une des plus grandes villes du monde ? Autant demander à Alain Prost de gérer la faune et la flore du circuit du Castelet. Ou au groupe Bouygues de s’occuper de la protection des grues (évidemment cendrées). La seule réponse des écologistes aux besoins évidents des déplacements citadins tient en quatre idées fortes : covoiturage, vélo, trottinettes, marche à pieds. Résultat, en cinq ans 60.000 Parisiens ont fui la capitale « C’est comme si en l’espace d’un quinquennat, toute la population du Vème arrondissement avait déserté Paris » explique le journal Le Parisien. Ceux qui restent vieillissent au milieu des quartiers désertés par les commerçants et envahis par les locations de courte durée style booking.com. Les transports en commun sont exsangues. En temps normal, c’est-à-dire entre deux grèves, il y a un métro toutes les minutes trente. 3,39 milliards de trajets en 2018, soit une augmentation de près de 8% en cinq ans.

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Même en distribuant des vitamines aux conducteurs, on ne pourra jamais accélérer cette cadence. Et ce ne sont pas les prolongations de lignes annoncées, celles des rames ou le nouveau réseau Eos qui changera tant les choses. A chaque fois qu’une ligne est lancée, elle est d’ailleurs immédiatement submergée. Si le pire n’est jamais sûr, le meilleur est la moins certaine des hypothèses. Les établissements et commerces du centre de Paris commencent à pâtir sérieusement des bouchons, mais connaissent aussi un gros problème de ravitaillement. Les transporteurs refusant de plus en plus de livrer le centre. Usés par la circulation et surtout dégoûtés par les PV par camera qui sanctionnent certains arrêts par des amendes à 135 euros dans les voies de bus et vélo. 600 PV par jour en 2018 ! C’est dire s’il est urgent de végétaliser le périphérique… Avant l’arrivée d’Hidalgo, Paris était au bord de l’asphyxie. Quatre ans plus tard, Paris respire toujours aussi mal. Mais la ville est devenue désormais impénétrable.

La Honte

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Notre-Drame de Paris

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L’universalisme républicain, cette idéologie de cocus

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© Gilles Targat / Photo12 / AFP

Le creuset républicain est une fadaise, selon notre chroniqueur breton Maël Pellan


Je lis dans Causeur et alliés qu’il faudrait l’Union des droites, le front des gauches ou la quadrature des milieux. Rien du tout ! Pas plus de droite et de gauche que de beurre au cul ! Le seul vrai clivage qui existe maintenant c’est les anywhere contre les somewhere [tooltips content= »David Goodhart »](1)[/tooltips]. Et encore dans les somewhere, il y a deux sous-catégories : les vrais et les cocus. Parce que… franchement !… Un somewhere qui est né en Dordogne, qui a monté une boîte à Lille, qui vit à Paris tout en étant élu à Besançon c’est juste un anywhere qui n’a pas la carte flying blue d’Air France. Point.

Résumons le drame actuel de la France à travers la question linguistique. Il y a 200 ans chaque province avait sa ou ses langues. Pas plus con que la prospère Suisse qui en a quatre ou le Luxembourg et la riche Catalogne qui en ont trois je le rappelle. Bôh oui mais le gallo ou l’occitan, visiblement ça ne servait pas à grand’ chose et ça allait à l’encontre de la liberté, de l’égalité et de la fraternité alors on a simplifié tout cela avec une seule langue : le français. Bôh oui mais chacun, fut un temps, parlait encore avec son accent. Comment prêcher en Sorbonne ou dans une pub pour les assurances avec un accent de Carcassonne ? Bon alors tout le monde a été converti à l’accent de TF1 sauf Jean-Michel Apathie et le mec qui présente la météo. Bôh oui, bôh oui mais parler français maintenant c’est plouc vu que la spiritualité parle arabe et que le business parle anglais. Alors demain tout le monde parlera anglais à son banquier et arabe à Dieu.

Ce qui fait donc un beau pays de cocus !

Pourquoi ? Tout simplement parce que la France souverainiste, bien pleurnicheuse, qui fait du triple couche sur l’identité et l’enracinement s’est tout simplement fait prendre à son propre piège avec la mondialisation. Eh oui ! Car le « world village » qui nous ronge le cornet n’est rien d’autre qu’un remake en écran extra-large de la France unéindivisible de Dunkerque à Ajaccio. Evident camarade ! Depuis la Révolution, Corsico, Auverpinche, Breizhou, Bascoïde, Bourguignoche, tout le monde il peut être français, c’est juste une question d’adhésion aux « valeurs de la République », le « creuset français » comme ils disent… Surtout laisser ne pas conserver la moindre trace d’appartenance à une communauté quelconque. Le bon Français arrive nu de toute prédestination. Le contrat républicain laïque et uniéindivisible sera son père, sa mère et la cohorte de ses ancêtres.

Bah, c’est simple à cette logique tu rajoutes trois milliards de chinois et 500 000 millions de noirs et peuplades associées et là tout le monde peut être citoyen du monde. Adhésion simple ou premium par accord tacite aux valeurs du marché libre et du vivrensemble en place du contrat républicain de l’Unéindivisible ! Rocard disait « La France s’est créée en détruisant cinq cultures : Breton, Occitan, Alsacien, Corse et Flamand. Nous sommes la seule nation européenne qui est la création militaire d’un État non homogène. Ceci fait la France difficilement gouvernable à ce jour. Ceci explique notre difficulté de réformer, notre lenteur ». Maël Pellan ajoute: « Ce modèle français s’est étendu au monde entier, ça s’appelle la mondialisation »

Bah oui parce qu’aujourd’hui la France a trouvé plus universaliste, plus « diversitaire » qu’elle. Sa langue ? Ringarde ! Amélie Poulain avec les couettes et la robe Vichy ! Pire que le patois de la Saône-et-Loire ! Et ses valeurs ? Un bréviaire anti-ethnistes d’adoption républicaine par le « contrat social » républicain et le droit du sol républicain qui sert de badge d’entrée républicain à tous les Kouachi de la terre.

C’est quoi être Français ? Vous prenez les arrières grands-parents de toute la rédaction de Causeur, il n’y en a peut-être pas un qui parlait la même langue. A comparer avec un Allemand ou un Japonais… Quant à la « République ». Pffff moi aussi je suis républicain ! A bloc ! Tendance irlandaise !

Jacques Attali, le grand mamamouchi des anywhere avec Carlos Ghosn, n’a pas de patrie à part sa valise. Mais en 1888 le général Boulanger se faisait déjà élire à la fois dans le Nord, la Somme et la Charente Inférieure! Et Mélenchon… une élection à Paris, l’autre à Marseille… Ce sont eux aussi des anywhere… des « interchangeables »… des « hommes indifférenciés » à leur manière… la France c’est un « creuset » apparemment… faut mélanger, mélanger… il en sortira bien un « Homo Francus »… ou un hippocampe à pattes jaunes.

Vous-mêmes qui me lisez à Livry-Gargan, regardez autour de vous : les rouergats et les bretons déculturés, francisés pour un poste à la RATP sont remplacés désormais par des Maliens et des Algérois. Qui vont déculturer votre descendance à leur tour.

Un souverainiste français n’est pas un somewhere, ez ! (Ça veut dire « non » en basque) c’est juste un anywhere qui s’est fait battre par plus anywhere que lui. Un cocu en somme.

Les Deux clans

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Coronavirus, beaucoup de bruit pour… rien?

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Deux agents de sécurité portant des masques à Pékin, le 25 janvier 2020 © Mark Schiefelbein/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22421841_000010

La quarantaine imposée à des millions de Chinois et la psychose qui s’empare du pays surviennent au moment du Nouvel an chinois. Une curieuse coïncidence. Les contextes politique et rituel de cette crise sanitaire interrogent.


 

Addendum (28/01/2020 16h30) : Nous avons enfin la preuve que Xi Jinping lit attentivement Causeur. Quelques heures après la parution de cet article, il affirmait dans le cadre d’un entretien avec le directeur de l’OMS :«L’épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de rester caché»

Pour Confucius, un homme n’est pleinement humain que lorsqu’il respecte les rites. Et il n’est aucun rite, dans la religion traditionnelle chinoise, plus important que celui du Nouvel An : avant la célébration, on attend de chaque famille qu’elle nettoie à fond son domicile, afin de chasser les mauvais esprits, le mauvais sort et les miasmes. Ce rituel de purification précède le Nouvel An, durant lequel on chasse le monstre Nian (qui signifie aussi « année ») à coup de feux d’artifices et de pétards. Ces explosions, qui sont censées effrayer ce monstre mangeur de chair humaine, ne peuvent que rappeler à un lecteur moyennement attentif de René Girard une violence beaucoup plus grande : celle d’un lynchage unanime et fondateur d’une victime émissaire que le rite en question commémore et occulte à la fois. Ainsi « passer le Nouvel An » (Guo Nian) signifie aussi « surmonter [l’épreuve du] Nian », « vaincre le monstre ». Ce « passage » pourrait aussi rappeler notre Pâques chrétienne, qui est le cœur de notre année liturgique, où il s’agit aussi d’une mise à mort unanime, à la différence (cruciale) qu’il s’agit dans ce cas du sacrifice non d’un monstre accusé de tous les maux, mais d’un dieu innocent et saint. 

Rite annuel de purification

Bien sûr, plus personne en Chine ne croit vraiment à l’existence du monstre Nian, et les festivités y sont présentées comme une simple occasion privilégiée pour les familles chinoises de se retrouver et de « faire la fête ». Pourtant, cette conception anodine et sympa de la fête est aujourd’hui battue en brèche par l’actualité. Car cette année, le monstre Nian a pris la forme très concrète et très scientifique d’un coronavirus, donnant ainsi un relief particulier aux origines mythiques des célébrations du Nouvel An chinois et aux rites de purification qui en sont le cœur. En effet, alors que ce coronavirus est apparu sur un marché de Wuhan en décembre, la panique a soudainement gagné la population de Wuhan dans les jours qui ont précédé le Nouvel An chinois, lorsque des cas à l’étranger (Japon et Thaïlande) apparurent et lorsque la transmission interhumaine fut avérée.

C’est que cette année, le Nouvel An, au lieu, comme le veut le rite, de constituer l’occasion d’expulser les facteurs susceptibles de troubler l’harmonie du groupe, risquait de devenir au contraire un facteur de diffusion du chaos, par la propagation du virus qu’il aurait facilité à l’occasion du retour dans leurs familles des Chinois… Le sacré est toujours dangereux : lorsqu’il dysfonctionne il propage au lieu de contenir les facteurs de trouble, qui se répandent alors dans la société. 

A lire aussi: L’économie française se soumet à la Chine

La psychose qui frappe la Chine est-elle le produit d’un rite de purification qui a mal tourné ? C’est possible. La panique qui gagne la société chinoise n’est peut-être pas sans lien avec la crise que traverse cette même société, confrontée sur le plan extérieur à une rivalité dangereuse avec les États-Unis et sur le plan intérieur à une croissance qui ralentit fortement, dans un contexte de mise en place par le gouvernement d’instruments technologiques visant à un contrôle obsessionnel de la population. De ce point de vue, la mise en quarantaine actuelle d’une partie de la population chinoise n’est que la forme aigüe de la pathologie du contrôle dont souffre le pouvoir chinois.  

Le précédent du SRAS

On peut d’ailleurs noter la récurrence du phénomène. Déjà, en 2003, les autorités chinoises alertent l’OMS au moment des festivités du Nouvel An, alors qu’un virus inconnu apparu dans la province du Guangdong se répand à l’étranger depuis Hong Kong. Le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) causera environ 800 morts, à comparer cependant avec les quelques centaines de milliers de morts que la grippe saisonnière occasionne chaque année dans le monde. Mais, bien sûr, ce qui inquiète est le taux de décès: environ 11% pour le SRAS de 2003. Pour le coronavirus actuel, monstre sacrificiel de l’année du rat qui s’ouvre, le taux de décès parmi les personnes touchées est encore inconnu, mais les experts le situent nettement en dessous de 5% des malades, avant tout des personnes âgées ou frappées d’autres pathologies, ce qui reste bien supérieur à celui de la grippe saisonnière. Quant à sa contagiosité, elle semble supérieure à celle du SRAS, même s’il reste bien difficile à ce stade très précoce de la mesurer. La psychose actuelle est-elle justifiée ? Je ne suis pas médecin mais du fait des circonstances rituelles et politiques qui entourent l’apparition de ce virus, je suis tenté de penser que non. Une opinion que partagent peut-être des avis plus autorisés que le mien.

Pour l’instant notre ministère des solidarités et de la santé se livre à un exercice de « en même temps » en déclarant sur son site que « l’information disponible suggère que le virus peut causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus sévères ». Il y a cependant fort à parier que si les morts se comptent en centaines dans les prochaines semaines, les autorités en France et ailleurs abandonneront bien vite toute prudence dans l’évaluation de la dangerosité de la maladie, pour se livrer à une surenchère de précautions, comme semble l’exiger le public. En surestimant le danger, on est toujours gagnant : c’est évident si le nombre de morts est important, et s’il est faible on dira que c’est grâce aux mesures prises…

A lire aussi, Gil Mihaely: Chine-Etats-Unis: la drôle de guerre économique

On comprend donc que le pouvoir chinois mette en scène ses efforts : le premier ministre Li Keqiang se rend à Wuhan et galvanise les troupes médicales et militaires mobilisées contre le virus ; la mise en quarantaine concerne maintenant des dizaines de millions de personnes dans des zones différentes du pays où les masques de protection, aussi hideux soient-ils, deviennent obligatoires, où les transports publics sont interrompus, le trafic automobile interdit et l’activité économique à l’arrêt… Les instruments les plus sophistiqués du contrôle social que la Chine met en œuvre sont mobilisés à Pékin et ailleurs dans la lutte contre la propagation du virus. Mais aussi des moyens plus low tech : des groupes de citoyens interdisent l’entrée de leurs localités « armés de gourdin » nous dit Le Monde, et la Cité Interdite, haut lieu touristique attirant d’habitude des foules énormes est de nouveau littéralement interdite au public, retrouvant ainsi sa vocation de lieu sacré et tabou.   

L’épidémie, métaphore de la violence

À Pékin et à grand renfort de publicité, un « groupe dirigeant » est créé pour lutter contre le virus. Spontanément, nous attendrions en Occident plutôt la mise en avant des efforts du corps médical et de la recherche mais il se trouve qu’en Chine, la politique se conçoit comme la guérison par les dirigeants des maladies qui contaminent le corps social (un des deux caractères qui composent le mot politique en chinois signifie aussi guérir). Un excellent spécialiste de la religion traditionnelle chinoise, Barend J. Ter Haar, considère que la politique en Chine est informée par « un paradigme démonologique » : il s’agit pour le Prince de chasser les démons et tout ce qui menace l’unité du corps sociopolitique hors de la cité. 

A lire aussi, Charles Gave: Réflexions sur les événements en cours à Hong Kong

Mais il ne s’agit pas que de la Chine ! En février et mars 2003, en pleine montée vers la deuxième guerre du Golfe, les autorités sanitaires internationales avaient semblé vouloir conjurer l’explosion de la violence humaine par des mesures médicales. C’est de façon remarquablement simultanée que l’épidémie de SRAS qui éclatait dans le Sud de la Chine était devenue un problème global de santé publique, et que le monde assistait impuissant aux préparatifs de la coalition menée par les États-Unis vers la deuxième guerre du Golfe. L’épidémie est une métaphore de la violence humaine privilégiée par la pensée mythique, en Chine et ailleurs. La maladie semble en effet se diffuser comme la violence humaine se propage à tout le corps social. En 2003, au moment même où le président George W. Bush s’affranchissait du droit international pour déclencher une guerre « illégale » en Irak, l’OMS paraissait vouloir rétablir le pouvoir de l’ONU et le tabou du franchissement des frontières, en émettant une « alerte globale » à propos du SRAS… Triompher de la maladie devient une façon de déplacer le problème, de contrôler métaphoriquement l’infection de la violence humaine devenue réellement incontrôlable.

En 2020, le spectre de la violence globale est en Chine plus présent que jamais : rivalité sino-américaine, manifestations de Hong-Kong, élections à Taïwan (où le parti souverainiste, opposé à un rapprochement avec la Chine vient de remporter les élections). 

Conjurer le retour des spectres de la violence est le cœur des rites et de la politique en Chine. Si le secrétaire-général Xi Jinping triomphe de la crise sanitaire, comme c’est probable, il aura redoré à bon compte son blason impérial. S’il échoue, son pouvoir sera grandement fragilisé. Mais nous sommes également concernés. Avec cette lutte mondiale contre ce coronavirus qui s’esquisse, nous voilà contaminés par la politique à la chinoise, c’est-à-dire par un rituel politico-religieux d’expulsions des miasmes et des démons qui menacent ! Une façon de fêter le Nouvel An chinois avec les Chinois. À l’heure de l’ouverture à l’Autre obligatoire, voilà qu’il faut soudainement fermer les frontières.

La Chine e(s)t le monde

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L’immigration contre la paix civile

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Évacuation d'un camp de migrants près de la porte de la Villette, Paris, 30 mai 2018. © Gerard Julien/ AFP

La fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, a invité Pierre Brochand, ambassadeur de France et ex-patron de la DGSE, à présenter sa vision du défi migratoire. Marcel Gauchet a reconnu la qualité de sa contribution dont nous proposons ici une synthèse.


 

Pierre Brochand a représenté la France sur plusieurs continents, en Afrique tribale, aux États-Unis, au Vietnam, au Proche-Orient… Il a été le témoin direct de crises violentes et en retire « une vision du monde qui n’est ni fraîche ni joyeuse ». Retraité depuis quelques années – il a 78 ans –, il est rentré vivre dans la maison de son enfance. Mais « quand […] l’on constate que ce petit village au cœur de la petite ville est devenu une parcelle d’un autre continent […], comment ne pas en éprouver de l’étonnement ? »

De cet étonnement est née une certitude. La France n’a plus de politique migratoire depuis cinquante ans. Le Droit et la Justice supranationale se sont attribué les pleins pouvoirs, pour favoriser la plus large ouverture possible des frontières. Les gouvernements successifs, soulagés du fardeau, ont paré leur impotence des atours de la générosité, parfois tempérée par des déclarations incantatoires sans lendemain. Alors que les enjeux climatiques bénéficient du principe de précaution et des moyens de la recherche scientifique, le dossier migratoire relève lui du principe d’ignorance par l’interdiction, entre autres, des statistiques ethniques.

Reprendre le contrôle

Cet aveuglement devant la création de diasporas et de communautés comptant aujourd’hui des millions de membres a abouti à une situation lourde de tensions. L’ex-patron de la DGSE estime ainsi que l’explosion simultanée des banlieues constitue un risque sécuritaire très supérieur à celui du terrorisme. Un feu couve, mal contrôlé par des dirigeants qui tentent de compenser leur cécité face à la question culturelle, par le déversement d’aides sociales toujours plus généreuses. Pour l’ambassadeur, au contraire, l’immigration est bien le sujet central, puisqu’elle peut mettre en péril la paix civile.

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La suggestion de Pierre Brochand pour l’improbable gouvernement qui entendrait se réattribuer ce dossier axial : « Take back control » – le slogan du Brexit. « Si nous ne prenions pas en charge nos intérêts vitaux, nul ne le ferait à notre place. » Une politique migratoire devrait même, selon lui, être le préalable à toutes les autres. Il sait la vigueur des oppositions à une telle reprise en main, mais dénonce « le parallélisme mensonger qui voudrait que toute politique migratoire restrictive et sélective soit le signe d’un nazisme renaissant ».

À lire son intervention, ce sont pourtant moins les mesures proposées qui retiennent l’attention – une trentaine, toutes pertinentes – que sa grille de lecture stéréoscopique de la situation. L’ancien diplomate fait en effet un large détour par l’histoire, ou plus exactement par les deux récits historiques qui se chevauchent et se concurrencent : « “L’histoire de l’espèce”, que j’appellerai Histoire Évolution, et “les histoires dans l’espèce”, que je dénommerai Histoire Événement. »

Une brève histoire de l’humanité

La première narre l’aventure d’Homo sapiens, de sa sortie des grottes jusqu’à la conquête spatiale, de la servitude aux droits de l’homme. Un récit linéaire du progrès de la connaissance cumulative, conté par des auteurs à succès comme Yuval Noah Harari ou Steven Pinker. Trois étapes marquantes figurent sur l’axe temporel de cette évolution. L’homme quitte d’abord l’état de nature pour créer des communautés fondées sur des liens familiaux et claniques. C’est le premier stade de l’organisation sociale. Après la phase intermédiaire de l’empire, au cours de laquelle l’une des ethnies domine les autres sur un vaste territoire, l’humanité inventera l’État-nation, première manifestation d’une autodétermination collective. Bâtie autour d’une culture, d’une langue et d’un passé communs, cette entité maîtrise ses frontières et assimile par cooptation les nouveaux arrivants. Saisi par l’hubris, l’État-nation va alors commettre deux erreurs fatales : la colonisation et le totalitarisme. De ces fautes naîtra l’organisation sociale que nous connaissons aujourd’hui, la société post-politique des individus dans laquelle l’État se voit réduit au rôle de gardien des droits de l’homme.

L’Histoire Évolution met donc à la disposition des progressistes la narration optimiste d’une civilisation humaine convergeant vers le même but. Une espèce semblable en tous points du globe est en quête d’une autonomie non plus collective comme dans l’État-nation, mais cette fois individuelle dans la société post-politique. Laquelle est peuplée d’hommes naturellement bons – et plus ils sont « victimes », plus ils sont gentils, d’où le « réfugié » plutôt que l’« immigré » – dont l’épanouissement personnel requiert à l’infini de nouveaux « droits à » ou « droits de ».

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Lorsqu’on entre dans le détail, hélas, les choses se gâtent pour l’Histoire Évolution. Au lieu de se succéder dans le temps, les trois modèles d’organisation sociale – Communauté, État, société des individus – coexistent en différents points de la planète. Les conflits qui en découlent fournissent la matière première de l’Histoire Événement (les histoires dans l’espèce), dont les aspects tragiques ou récurrents déplaisent tant à l’avant-garde de la société des individus – salaud d’Huntington ! La narration évolutive que celle-ci chérit occulte toutefois un élément tabou : l’État-nation et les droits de l’homme ont vu le jour en Occident, et bien que nous tentions de nous persuader que nos valeurs humanistes soient universelles, « [elles] ne sont en pratique pas universalisables ». L’Occident a d’ailleurs exporté l’État-nation via la colonisation, puis les droits de l’homme par la voie de la mondialisation qui marque à la fois l’apogée de cinq cents ans de domination et le début de son déclin. Cette globalisation a d’abord légitimé successivement la décolonisation, puis son échec, et enfin des mouvements migratoires sans précédent. Nous vivons en réalité les effets boomerang de l’exportation des modèles occidentaux vers le patchwork des pays qualifiés jadis de sous-développés – le « second monde » selon l’auteur. Un monde dont nos élites ne veulent voir ni le ressentiment ni le désir de reprendre simplement un pouvoir désormais remis en jeu par l’Occident après une parenthèse de cinq cents ans.

État-nation et néocommunautarisme

C’est en effet par le truchement des migrations que les différentes strates de l’organisation sociale cohabitent désormais sur un même territoire national, avec une résurgence notable d’un néocommunautarisme anachronique. La société des individus n’a pas (tout à fait) éradiqué l’État-nation, qui lui-même pensait à tort en avoir fini avec les logiques tribales. En effet, sommé par l’individu-roi d’abandonner le contrôle de ses frontières, l’État a laissé entrer en France et en Europe des millions d’hommes et de femmes qui n’ont aucune affection particulière pour la société post-politique qui les accueille. Ces millions de nouveaux venus demeurent en revanche très attachés à une vision clanique de l’organisation sociale qui exige de ses membres une loyauté inconditionnelle. Les diasporas qu’ils trouvent désormais en Europe les aident à « vivre mieux tout en vivant pareil ». C’est là que l’Histoire Évolution perd pied. La convergence à l’échelle géologique décrite par Harari dans Sapiens se heurte aux divergences que chacun peut observer au quotidien. Issus pour l’essentiel de l’ex-empire colonial, les immigrés ne manifestent pas un amour excessif pour l’ancienne métropole – une « impossible allégeance » au demeurant cohérente avec « l’acte de divorce irréversible » qu’avait entériné la décolonisation.

Pierre Brochand, ambassadeur de France et ex-patron de la DGSE. © D.R.
Pierre Brochand, ambassadeur de France et ex-patron de la DGSE.
© D.R.

Ce retour en force de l’Histoire Événement constitue une bien mauvaise nouvelle pour la société des individus. Elle la nie avec d’autant plus de vigueur que le monde qu’elle dépeint correspond de moins en moins à celui que le citoyen habite. Pierre Brochand associe d’ailleurs au réel les deux premières strates, communautaires et nationales, tandis que la troisième, celle de l’État post-politique relèverait du virtuel. La société des droits de l’homme se montre ainsi aveugle au retour du réel. Elle s’est même fait du déni une spécialité. Elle le décline avec l’aide de ses divisions blindées, les intellectuels, la justice, les réseaux sociaux et les médias, tous équipés du paravent destiné à cacher le chaos qui menace : le politiquement correct. « Le Réel, c’est donc ce sur quoi bute l’Histoire Évolution, mais qui ne l’empêche pas, pour autant, de poursuivre sa marche en avant. »

L’angle mort de la société des droits de l’homme

Le refus d’admettre les différences culturelles entre les groupes humains demeure bien l’angle mort de la société des droits de l’homme. « Si on estime […] que des comptables suédois et des guerriers pachtouns peuvent sans difficulté faire société et vivre en harmonie, tout en pratiquant volontiers le métissage, mon propos perd l’essentiel de sa justification. »

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Le subterfuge consiste à nier la persistance du groupe dans les organisations humaines et les logiques qu’elle induit. Conséquence, si l’État-nation incarne toujours théoriquement l’intérêt général, en pratique, la société des individus lui interdit sur ces sujets de gouverner, et pire de poser le bon diagnostic ou (bien sûr) de recourir au référendum, puisqu’elle prétend n’accueillir que des individus, auxquels elle confère des droits et la liberté de les exercer. Ainsi ne veut-elle voir dans le voile islamique qu’un choix individuel répété des milliers (millions ?) de fois, alors qu’il témoigne à l’évidence d’une pression d’un collectif auquel la femme voilée témoigne son indéfectible loyauté. Ces ruses bénéficient d’une législation toujours plus laxiste. Elles mènent de la sorte à l’abus de droits individuels et à l’auto-engendrement de l’immigration : droit du sol, droit d’asile, droit au regroupement familial, droit aux études, droit aux visas touristiques, droit au mariage, droit à l’État providence…

Cette farouche volonté de ne rien voir conduit la société des individus et ses séides à proposer un diagnostic rituel autant qu’erroné sur les dysfonctionnements communautaires ; il s’agit toujours selon eux de la « question sociale » – une mauvaise foi à l’épreuve de toutes les avanies du réel. La conséquence de ces errements, c’est l’existence d’une nouvelle catégorie issue de l’immigration : les Français francophobes – un phénomène unique dans l’histoire des migrations, puisqu’il démontre une inquiétante divergence de la troisième génération. La réapparition de l’endogamie et du contrôle des femmes, corollaires de la résurgence de l’islam fondamentaliste, constituent autant de défis impossibles à affronter tant qu’il restera interdit de les nommer. Pourtant, « l’islam n’est pas l’homologue du christianisme » et semble difficilement soluble dans l’individualisme. On peut ajouter qu’il n’a engendré ni la séparation des pouvoirs temporel et spirituel ni les droits de l’homme.

La République « prise en tenaille »

En niant le retour de l’Histoire Événement, la société des individus aggrave le péril au moment où, dans maintes enclaves, la souveraineté nationale est bien virtuelle. Pierre Brochand rappelle ce critère militaire pour savoir qui contrôle un territoire : « Qui est maître de la nuit ? »

La grille de lecture de l’ancien diplomate éclaire la « prise en tenaille » de la République par l’alliance objective des progressistes et des communautaristes contre leur ennemi commun, l’État-nation. On décrypte alors les apparentes contradictions de ces étranges féministes qui soutiennent le voile islamique ou à de ces prétendus antiracistes défilant aux côtés d’antisémites. Les défenseurs de la société des individus se battent pour que les Indigènes de la République continuent à percevoir les subventions publiques nécessaires à la dénonciation d’un « racisme systémique » de l’État-nation – seule explication recevable à leurs échecs. Aucune introspection ne peut être exigée des minorités en raison de leur statut de victime présumée d’un crime contre l’humanité imprescriptible : la colonisation. Ce que notre président de la République a de lui-même reconnu en Algérie…

Nous sommes donc devenus, sans que les électeurs n’aient jamais été consultés, une société multiculturelle, régie par la défiance ; la France entre ainsi « dans une catégorie de pays où les réussites sont rares ». Nous avions cru avoir réglé entre 1905 et 1962 les questions de religion, de racisme et de colonisation, alors que tout semble à refaire et rien n’est entrepris. Si « les ambiguïtés de la laïcité » lui permettent d’imaginer une reconquête, Pierre Brochand parie néanmoins sur le maintien global de la ligne actuelle : ne rien voir, ne rien faire. Outre son pessimisme, on peut reprocher à cette prédiction de ne pas intégrer l’irruption dans le jeu des démocratures ou des populismes, ni la divergence entre l’Europe et l’Amérique trumpienne. Quoi qu’il en soit, l’ancien maître-espion pense que le système du déni et du subterfuge peut tenir encore une décennie. On s’en tiendra à cette note optimiste.

>>> Les 70 pages de son intervention peuvent être consultées en ligne : «Pour une véritable politique de l’immigration» <<<

Les maux de notre langue

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Le gilet jaune Maxime Nicolle dans une manifestation en 2019 à Paris © Yann Bohac/SIPA Numéro de reportage: 00906116_000004

Notre culture et nos connaissances sont à la dérive. La détérioration de la langue finira-t-elle par menacer la démocratie?


Qui, parmi ceux qui détiennent encore les clés intellectuelles de notre société – écrivains, enseignants, universitaires, éditeurs, médecins, avocats, magistrats, scientifiques, artistes, économistes et bien d’autres –, pourrait être insensible à la dérive actuelle de notre culture et par ce fait, de nos connaissances ? Pas un seul jour qui ne nous apporte la triste matérialisation d’une réalité pitoyable et impitoyable, tel un raz-de-marée de bêtise détruisant toute marque intelligente depuis notre plus lointain passé civilisationnel.

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Dès lors, voici que le sens même de notre évolution sur le fil fragile de la vie s’étiole et s’estompe. Voici que l’on glorifie, tels des veaux d’or, les plus incultes d’entre nous et que les squelettes de leur nullité ainsi exhibés deviennent grammaire du nombre et encyclopédie des ténèbres de l’esprit. Voici que le geste devient phrase, que le borborygme impose son discours, que la primarité se substitue à la logique, à la compréhension et à l’explication. Pas un seul jour, pourtant, qui ne démontre par l’absurde que le niveau de langage est indissociable du niveau de la pensée exprimée et que la maîtrise du verbe, la rigueur de l’expression écrite et de la parole sont seules capables de ne pas rendre à la poussière du temps le potentiel de progrès obtenu dans le parcours des millénaires, par une humanité, elle en marche permanente vers le filigrane de sa transcendance.

Régression dans tous les domaines

Après tant de luttes incessantes, rudes et indécises sur le front de l’acquisition et de la maîtrise du savoir, après tant d’exemples dramatiques, fleurissant dans notre histoire, ce à quoi l’homme ne peut échapper sous peine de régression brutale vers la folie barbare, que constatons-nous ? L’abandon progressif des principes de base qui ont structuré et perfectionné le genre humain depuis ses origines : le respect, la rigueur, le sens de l’effort, le don de soi, l’appartenance solidaire au groupe, c’est-à-dire une entière communion de chacun à une aventure humaine dont l’individu n’est jamais qu’un minuscule relais. Les Romains, déjà, disaient : Vae Soli ! (Malheur au solitaire), et aujourd’hui ils affirmeraient : Asinus asinum fricat ( l’âne se frotte à l’âne), idée même de responsabilité sociale à laquelle l’assaut est désormais donné tambour battant, au profit d’une addition d’individualismes forcenés. Cette réalité est d’autant plus préoccupante que nul ne l’a jamais décelée auparavant chez aucune espèce du vivant. Je veux dire la lente et sûre prise du pouvoir par l’inculture, par l’anti-culture, pure et simple négation de ce qui fut longuement élaboré pour nous faire tels que nous sommes.

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Ainsi, aux plus de mille mots déjà assimilés à partir de notre propre concept linguistique, par des singes bonobos en pleine croissance intellectuelle, s’oppose l’horreur des à peine trois cents mots utilisés de nos jours par des franges de population de moins en moins marginales, pour exprimer a minima leur monde minimum. Régression visible dans tous les domaines constituant une existence humaine avec, en dramatique point d’orgue, l’incommunicabilité, source de toutes les marginalisations, de toutes les manipulations et de toutes les violences, car l’incompris s’estime toujours être l’agressé. Et hélas, il y aura toujours un parti politique en quête de voix pour attirer même les plus aphones, au prix des compromis les plus honteux. C’est ainsi que, trop souvent, l’urne démocratique ne recueille que des cendres.

Crise de la transmission

Comment lors imaginer que nous puissions aller plus loin encore dans cette longue avancée de l’homme sur le fil d’un temps qui lui est parfaitement inconnu, sans la nourriture d’une langue et sans l’eau de l’écriture ? Sans le sens d’une mission ? Et comment a-t-on pu croire, et peut-on le croire toujours chez les apprentis sorciers de la non-pensée qui infestent les fondations de notre société, que la simplification de notre communication orale et écrite pouvait être une réponse cohérente à la complexité cellulaire et sidérale qui demeure notre champ d’action et de réflexion pour demain ? Quelle recherche scientifique pourrait se passer de la richesse d’un support linguistique et de la cohérence d’un langage ? Quelle approche philosophique se satisferait d’un salmigondis lexical et syntaxique en guise d’instrument de transmission aux générations futures ? Concernant cette fabrique sourde et pernicieuse de l’inculture, Bernard Berthelot écrivait déjà en 1998 : « Qui ne voit que tourner le dos au savoir et à la culture, que déclarer les humanités et l’humanisme obsolètes, c’est perdre quelque chose de l’homme, c’est perdre le sens de l’humain ? » Cet humain qui ne peut déroger à sa responsabilité suprême sous peine de disparaître en tant que son ultime prédateur. Sur ce chemin venu du tréfonds de nos origines et qui doit aller bien plus loin que nous-mêmes, sachons défendre tout ce qui nous fut transmis et respecter ceux qui ont fait de nous ce qu’ils étaient eux-mêmes : un simple mais indispensable maillon vers un futur fécond.

William Shakespeare écrivait déjà que « C’est un malheur du temps que les fous guident les aveugles. » Ce temps qui aujourd’hui croit être devenu supérieur parce que les ignorants désormais, oints par une sorte de sacralité dite citoyenne cachant leur vide sidéral, peuvent déballer fièrement leur vacuité aux pieds de ceux qui hier eussent été leurs maîtres mais ne sont aujourd’hui que leurs victimes expiatoires. On appelle cela les relais sociaux ou la démocratie directe, c’est-à-dire la sombre dictature du nombre. Je ne cesse lors de m’interroger. Y aurait-il ainsi plusieurs sortes de peuples pour défiler et hurler ses slogans ou seraient-ils à chaque charnière de l’Histoire la masse indispensable à toute minorité dominante quelle qu’elle soit ? On a ainsi les idoles que l’on peut. Mais personnellement j’ai toujours préféré Montaigne à Pol Pot.

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Pourquoi Zineb Sedira ne doit pas représenter la France à la Biennale de Venise

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La Franco-Algérienne Zineb Sedira. Image: capture d'écran YouTube

Le choix de l’artiste, ardente défenseure du BDS[tooltips content= »Boycott, désinvestissement et sanctions est une campagne qui vise au boycott d’Israël »](1)[/tooltips], dont le travail porte essentiellement sur l’identité, l’immigration et la guerre d’Algérie, est contestable.


C’est donc Zineb Sedira, l’artiste franco-algérienne installée à Londres, qui a été choisie pour investir le pavillon français à la prochaine biennale de Venise (mai – novembre 2021).

Comme d’habitude, on ne sait pas qui – et selon quels critères – a fait le choix du locataire du pavillon français de Venise. Mais si le processus est opaque, le résultat, le choix de Zineb Sedira, est tout simplement scandaleux.

Les créations de Zineb Sedira font écho à l’histoire, à la culture et aux conflits qui relient la France et l’Algérie, elles dénoncent le racisme et se veulent un pont entre les cultures intimement brouillées. Sauf quand il s’agit d’Israël!

Il est scandaleux non pas en raison de l’œuvre de la créatrice mais de ses actions politiques : Zineb Sedira est une ardente défenseure du BDS (mouvement de boycott des produits israéliens, dont les produits culturels). En 2017, lors de la Biennale de la Méditerranée à Sakhnine (un village arabe en Israël), elle s’était opposée à l’envoi de ses œuvres, avec deux autres artistes franco-marocaines, Yto Barrada et Bouchra Khalili.

Les créations de Zineb Sedira font écho à l’histoire, à la culture et aux conflits qui relient la France et l’Algérie, elles dénoncent le racisme et se veulent un pont entre les cultures intimement brouillées. Sauf quand il s’agit d’Israël !

Le Président de la République, qui reconnaît haut et fort que « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme » (pas plus tard que la semaine dernière, pour la dernière fois), ne peut pas laisser la France être représentée par une antisioniste virulente lors de cet évènement prestigieux qu’est la Biennale de Venise.

À l’heure d’un antisémitisme mortifère, le choix d’envoyer Zineb Sedira à Venise est une faute morale, comme l’est le parallèle que fait Emmanuel Macron entre la nécessaire reconnaissance des méfaits de la colonisation en Algérie et les horreurs commises par la France pendant la Shoah, reconnues par Chirac en 1995.

Le choix désastreux et hautement politique de Zineb Sedira va dans ce sens tout aussi dangereux.

Représenter le pavillon de la France devrait normalement consister à en promouvoir son art, sa culture, son patrimoine. Avec Madame Sedira, le gouvernement souhaite donc donner la parole aux créateurs enfants des anciens colonisés, soit, mais pense-t-il vraiment avec ses conseillers qui lui ont proposé la candidature de cette artiste contribuer à calmer la haine des juifs et à lutter contre le communautarisme ?

Pensent-ils vraiment obtenir la paix sociale dans les banlieues en n’offrant, – ici, par l’art -, qu’une seule version de l’histoire de la guerre d’Algérie (rappelons que les archives, coté algérien ne sont toujours pas disponibles) ? Au contraire, ils ne feront qu’exacerber la volonté de dissidence et les appels à la sédition des militants indigénistes les plus farouches, les plus haineux envers la France.

Quoi que l’on pense de son œuvre et de ses choix politiques et idéologiques personnels, Zineb Sedira, l’adepte du boycott d’Israël, ne peut pas et ne doit pas représenter la France à la Biennale de Venise en 2021. Sa désignation est une erreur mais il n’est pas trop tard pour la corriger.