Le député lfiste, dont des assistants seraient impliqués dans la mort de Quentin Deranque, ne se présente plus à l’Assemblée. Mal à l’aise, son parti affirme qu’il reviendra et qu’il ne compte absolument pas démissionner. Reste une question à laquelle il n’a toujours pas répondu à la presse: savait-il que ses proches étaient présents à Lyon, lors de la bagarre mortelle avec le militant nationaliste ?
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Il avait été la vedette des législatives de 2024, auréolé de ses trois fiches S, et la révélation de la XVIIe législature. Pourtant, depuis le drame du 12 février 2026 et la mort de Quentin Deranque, Raphaël Arnault a disparu des radars. Filmé pour la dernière fois à l’Assemblée nationale quelques heures après l’événement, le député du Vaucluse a publié un dernier tweet légèrement hypocrite (« J’apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue »), puis a disparu pendant près de deux mois.
Raphaël ? Absent !
Depuis le 12 février, Raphaël Arnault ne répond plus aux SMS des journalistes, ne se rend plus dans l’hémicycle ni en commission. Le 26 février, il faisait encore déléguer ses votes. Puis plus rien. Silenzio stampa. Suffisant pour inquiéter la rédaction de Quotidien hier soir.
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L’histoire de France a offert quelques grandes disparitions. Après la fusillade du Champ-de-Mars en juillet 1791, et alors qu’un mandat d’arrêt court contre lui, Jean-Paul Marat prend l’habitude de se cacher dans les égouts de Paris, ce qui n’arrange rien à ses problèmes de peau. En pleine Fronde, Mazarin doit s’exiler à deux reprises, d’abord à Saint-Germain-en-Laye, puis à Brühl, en Allemagne. Plus proche de nous, Jacques Vergès disparut entre 1970 et 1978, et est peut-être passé alors chez Pol Pot.
Etiam mortuus redeo
Sur les réseaux, ses collègues viennent à la rescousse. Antoine Léaument interpelle Quotidien : « Vous vous rendez compte que même Frontières n’a pas fait ça comme sujet ? Vous êtes au courant que, pendant les municipales, il y avait trois semaines de pause parlementaire et que, donc, il n’était pas plus absent que n’importe lequel d’entre nous ? Vous devriez avoir honte de ce que vous faites. » Comme si l’Assemblée nationale avait été complètement fermée pendant deux mois…
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Et soudain, il revint ! Au petit matin du 1er avril, Raphaël Arnault redonna signe de vie. Répondant dans un entretien à Blast, média proche de l’extrême gauche, le cofondateur de la Jeune Garde s’explique sur son long silence : « Je n’avais pas le sentiment que prendre la parole dans ce moment aurait été très opportun pour apaiser les choses », et exprime sa « peur affreuse que la violence s’embrase dans le pays ». Emu, il ne prononce pas une fois le nom de Quentin Deranque pendant une heure d’interview.




