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Lettre ouverte à Madame Zined Sedira

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Madame,

La France vous a choisie pour représenter notre pays à la prochaine Biennale de Venise.

Après que votre proximité avec le BDS ait été dénoncée, vous affirmez aujourd’hui « haut et fort » n’avoir jamais eu d’accointance avec ce mouvement nauséabond et vous opposer à lui ainsi qu’à toute action de boycott.

Si certains intellectuels (Mme Maya Nahum, Bernard-Henri Levy) qui se sont inquiétés de votre alliance au BDS[tooltips content= »Ce mouvement promeut les boycotts économiques, académiques, culturels et politiques contre Israël »](1)[/tooltips] se réjouissent de votre retrait, vous ne pouvez-vous dédouaner avec quelques paroles. Car, Madame, vous oubliez vite ! Comme l’avait affirmé Oscar Wilde,  « L’oubli de ses propres fautes est la plus sûre des absolutions »…

Sauf que certains éléments devraient rafraichir votre mémoire.

Relire: Pourquoi Zineb Sedira ne doit pas représenter la France à la Biennale de Venise

On peut commencer par cette article de presse de l’époque https://web.archive.org/web/20190723145515/https://www.huffpostmaghreb.com/2017/06/24/story_n_17282442.html ainsi que cette lettre que vous avez signée et dont vous avez demandé la diffusion

Enfin votre profil Facebook affichait sur votre page d’accueil, en 2017 :

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sedira2Il est bel et bien fait référence dans les commentaires de cette page Facebook à une décision politique de boycott et au BDS comme la raison de retraits de vos œuvres et non pas, comme vous le prétendez aujourd’hui, de problèmes d’ordre technique concernant les conditions de leur installation en Israël. Ailleurs sur Facebook, vous avez même confirmé la motivation du retrait des dites œuvres prêtées au musée israélien en écrivant : « me too Reem[tooltips content= »il s’agit de Reem Fada, l’un des pionniers du BDS https://bdsmovement.net/news/palestinian-filmmakers-artists-and-cultural-workers-call-cultural-boycott-israel »](2)[/tooltips] ! I have withdrawn my work and posted a statement  signed by Bouchra and Yto !! thanks for sharing ! xx »

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sedira4Vous prétendez avoir été « instrumentalisée » par le BDS et vous voulez sincèrement faire preuve de repentir ? Dont acte !

Acceptez alors de vous faire interviewer par la chaine de télévision I24 sur le mouvement BDS et sur les conditions de votre retrait de la Biennale en Méditerranée avec un débat contradictoire, face aux témoins des faits. Engagez vous à exposer dans l’année vos œuvres en Israël sans restriction.

Enfin, écrivez une lettre ouverte au BDS pour leur interdire d’utiliser votre nom à des fins de propagande pour boycotter Israël.

À ces conditions seulement, nous pourrons croire, Madame, à la réalité de votre repentir.

Odile Madar Cohen

Brexit: les larmes de crocodile

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Hier, because Brexit, les eurodéputés de la Perfide Albion faisaient leurs grands adieux au parlement européen. Que d’émotion ! Alors que les médias pro-UE ne savent plus trop comment expliquer que l’invasion de sauterelles sur les campagnes anglaises n’aura finalement pas lieu, notre chroniqueur s’amuse et constate que les pays restant dans l’Union continueront de discuter dans la langue de Shakespeare dans l’hémicycle.


 

Trois ans et demi. C’est le temps qu’il a fallu au peuple britannique pour obtenir ce qu’il avait demandé dans les urnes au lieu des deux ans prévus à l’origine par les traités.

Aujourd’hui, c’est fait. « Ce n’est qu’un au-revoir » a résonné au parlement européen. A la radio ce matin, on apprenait que c’est l’impayable Nathalie Loiseau (LREM) qui avait compté parmi les initiateurs de ce chant. En quelle langue ce célèbre chant a-t-il été entonné ? En anglais ? Les députés non anglophones ne se sont jamais autant plaint des réunions exclusivement tenues dans la langue de Shakespeare, l’arrivée des députés LREM, réunis dans le groupe « Renew Europe » en étant les utilisateurs les plus zélés.

Les Brits s’en vont, mais les autres députés continueront de parler anglais entre eux. De l’autre côté de la Manche, on doit bien en rire.

Le parti d’en rire

Il n’y aurait pourtant pas de quoi rire, si nous devions nous résoudre à lire et écouter la plupart des médias de notre bon pays. Il y a deux mois dans ces colonnes, nous n’avions pas été tendre avec ces derniers et nous espérions sans grand espoir une remise en question. Elle n’est évidemment pas venue. Mardi soir, France 2 nous offrait un reportage comme seul le service public de l’audiovisuel en a le secret : « Ces Britanniques qui deviennent Allemands ». Une brave dame a peur de ne plus pouvoir voyager avec son mari et ses enfants de nationalité allemande. Un brave monsieur, dont la grand-mère avait obtenu la citoyenneté britannique après avoir fui l’Allemagne nazie, décide de faire le chemin inverse, fuyant le Brexit. Kolossale finesse ! vous avez compris, braves téléspectateurs, le Brexit, c’est comme le nazisme, il faut le fuir !

A la fin du reportage, on apprend néanmoins que le Brexit consommé, l’Allemagne, ce pays tellement plus ouvert que le Royaume-Uni, n’acceptera plus la double-nationalité pour les ressortissants d’un pays hors-UE. Il faudra choisir. C’est ballot !

A lire aussi: Boris Johnson: le triomphe romain

Avant le scrutin de l’été 2016, on se souvient que les dix plaies d’Egypte devaient s’abattre sur ce peuple réfractaire – ils ne sont pourtant pas gaulois – en cas de mauvaise décision. Et on nous annonçait la catastrophe pour le lendemain du scrutin, pas pour le moment où le Brexit serait effectif. Ensuite, voyant que lesdites plaies se faisaient attendre, et que la santé économique du Royaume, loin de chanceler, s’améliorait, on nous faisait valoir que c’était parce que le Brexit n’était pas encore entré en application… Nous y sommes enfin.

Gageons que si tous ces malheurs ne s’abattaient pas à minuit sur la Perfide Albion, les mêmes étaleront encore leur mauvaise foi. Et si l’on en croit une note du FMI, ils devront encore faire preuve de ressources en la matière.

Châtier les Britanniques?

Jean Quatremer ou Valérie Pécresse avaient lâché le morceau il y a quelques mois: il faut absolument que les Britanniques souffrent de cette décision de quitter l’Union européenne. Il faut les punir.

Entendons-nous : il est totalement compréhensible que le gouvernement français défende les intérêts nationaux dans la négociation du divorce. Par exemple, il n’y a aucun cadeau à faire aux Britanniques en matière d’accès de nos pêcheurs aux eaux territoriales britanniques. C’est vrai aussi en matière d’immigration ou de la fixation de la frontière de leur Royaume en vertu des accords du Touquet, les Français seraient inspirés de repousser la frontière de Calais à Douvres. Non : les propos de Quatremer, Pécresse ou d’autres n’étaient pas prononcés sur le registre de la défense des intérêts nationaux. Il s’agissait de faire un exemple. Derrière ces pathétiques menaces se cache la trouille que d’autres pays s’aperçoivent qu’on peut vivre sans l’Union européenne. Que quitter cette dernière comporte quelques inconvénients, mais qu’on peut aussi retirer bien des avantages à la souveraineté retrouvée. Et si la tentation de quitter l’UE devenait contagieuse, façon Coronavirus ?

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Tandis que la rédaction de France 2 comme de nombreuses autres continue de réciter son catéchisme européen, on a compris du côté de Berlin ou de Bruxelles qu’il fallait sans doute afficher davantage de modestie après ce départ, mais aussi après d’autres progressions électorales souverainistes. L’heure n’est plus à prévoir un nouveau traité encore plus fédéraliste que le précédent, mais à afficher – au moins – son attachement à la protection des identités nationales. La création d’une vice-présidence de la Commission européenne à la « promotion de notre mode de vie européen » n’est-elle pas un signe envoyé à ceux que cela démange d’imiter les Britanniques ?

Ce 31 janvier est historique car il démontre que la fameuse construction européenne dont on nous avait longtemps expliqué, à l’instar de Che Guevara, qu’elle était comme une bicyclette, tombant si elle n’avançait plus, a fait une pause. Et que c’était sans doute la seule manière de ne pas faire imploser définitivement l’UE.

Paris-Berlin : la survie de l'Europe

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On n’entend pas les musulmans anonymes choqués par l’islamisme…

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Pendant la grève contre la réforme des retraites, notre chroniqueur a pris le taxi à Paris. Avec le chauffeur venu de Tunisie, la conversation s’engage sur le sujet de l’islamisation de la France…


Durant la grève de la RATP, j’ai goûté épisodiquement aux joies des taxis. Il y a peu, j’ai emprunté un G7. La chauffeur était une femme tunisienne d’une trentaine d’années. Ses cheveux lui arrivaient aux épaules. Son visage dégageait un charme un peu terni par des cernes fermement imprimées sous ses yeux. Elle confia être fatiguée par toutes ses heures passées dans les artères parisiennes. Venue de l’autre bord de la Méditerranée avec son fils, elle travaille six jours sur sept.

« La France n’est pas du tout ce que j’imaginais »

« On ne sait pas ce que veut le nouveau président tunisien, il est ambigu. La Tunisie s’islamise et ce sont les Tunisiens de France, ceux qui profitent de la liberté et qui sortent parfois au bar, qui ont fait élire les islamistes dans mon pays », se lamenta-t-elle. Elle confia alors être en France depuis un an. « Ce n’est pas du tout ce que j’imaginais », soupira-t-elle. Ayant perçu où elle voulait en venir, j’ai rétorqué qu’on était « en train de se faire avoir par les islamistes ». Elle acquiesça et ajouta : « Quand je passe à Belleville, je suis choquée de voir autant de barbus, autant de femmes voilées. Dans le centre de Tunis, ce n’est pas comme ça ! »

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Elle prit la peine de préciser être musulmane, prier tous les jours, boire de l’alcool une fois tous les deux mois en espérant « être pardonnée par Dieu ». Mais ajouta que « les barbus sont très hypocrites. Dans des villages de Tunisie, il y a des situations de fous, des femmes en niqab qui font les prudes la journée et qui couchent la nuit avec le meilleur ami de leur mari. Je suis partie de Tunisie à cause de tout ça, et je suis choquée de voir qu’en France, le pays des Droits de l’homme, le pays des libertés, l’islamisme est là ». Arrêtons-là pour ne pas lui attirer des problèmes. Le CCIF veille et pourrait crier au loup « islamophobe ».

Une acuité qui fait défaut à nos élites

Passons sur le fait que l’intimité d’un taxi semble délier les langues. Encore une fois, il faut que ce soit une personne de culture musulmane -et n’ayant pas renié sa foi dans ce cas présent- venue d’ailleurs pour lancer l’alerte. On n’entend jamais ces anonymes, ces gens qui n’ont pas une culture politique très développée certes, ces gens qui n’ont peut-être pas fait de grandes études, ces gens qui ne font pas de longs discours, mais qui perçoivent avec acuité ce que nos élites ne veulent surtout pas voir. « On n’entend pas assez les gens comme vous », lui ai-je confié.

A lire aussi, Céline Pina: Affaire Mila: Abdallah Zekri (CFCM) estime qu’elle l’a bien cherché

Je suis convaincu qu’il existe de nombreux anonymes de culture musulmane qui partagent le regard de cette femme. Mis à part le Conseil des ex-musulmans de France – qui donne la parole à des apostats, ce qui n’est pas le cas de ma chauffeur – ils n’ont pratiquement pas de voix. Sans doute ont-ils peur de parler. Comment leur en vouloir ? Les quelques voix charismatiques, tels Waleed Al-Husseini, Boualem Sansal ou Zineb el Rhazoui, qui consacrent leur vie à nous alerter sur le péril islamiste, le font au risque de leur intégrité physique.

Milliers d’anonymes, à vos plumes!

L’épisode de l’adolescente Mila en a encore témoigné : en 2020 en France, dire publiquement du mal de l’islam peut vous faire sortir de l’anonymat de la pire façon qui soit et briser votre vie, ceci dans l’indifférence complice de nos ministres. Ceux qui pensent, comme ma chauffeur, que des broderies islamistes s’immiscent solidement dans le tissu français devraient donc prendre la plume sous pseudonyme. Car même en restant anonymes, ils nous rendraient sans doute un fier service.

Milliers d’anonymes, vous qui comme ma chauffeur êtes choqués « de voir qu’en France, le pays des Droits de l’homme, le pays des libertés, l’islamisme est là », sortez de votre mutisme et exprimez-vous! Si vous lisez ces lignes, écrivez-moi donc, Causeur transmettra. Nul besoin de manier le lyrisme comme Victor Hugo pour être entendu. Souvent, quelques mots bien sentis valent peut-être mieux que de longs discours. Le temps presse mais il n’est pas encore trop tard pour agir. À vos plumes!

Fellini, la Strada des souvenirs

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L’Institut culturel italien de Paris célèbre cette semaine le centenaire du réalisateur sur le thème « Fellini et les arts ». Par ailleurs, différents cinémas de la capitale diffusent ses films.


La mémoire de Fellini (1920-1993) n’a pas besoin en vérité d’une date anniversaire butoir pour être ravivée à travers le monde entier. Le temps n’a pas de prise sur l’œuvre de Federico. Son nom, sa silhouette, ses dessins, son emphase naturelle, ses talents de conteur et ses histoires boulevardières suffisent à ouvrir les vannes de notre subconscient. Il fut et restera le tuteur de notre jeunesse brouillonne. L’artisan de nos emballements et de notre propension à s’inventer une autre réalité. Un guide en douces extravagances. Il donnait corps à notre présent en le transfigurant et en le rendant enfin acceptable. Le maître du cinéma italien, ogre de pellicule, dévore nos pensées depuis si longtemps maintenant. Il aura réussi à déformer notre vision, à nous rendre la vue en quelque sorte et à nous dépouiller de nos vieux réflexes calotins. Avant lui, nous étions affreusement aveugles, incapables de voir la beauté étrange d’une matrone abandonnée sur une plage déserte ou de sentir le souffle chaud de la transgression romaine. Les monstres devinrent nos alliés. Des gueules pas possibles peuplèrent nos nuits. Les lumières de la ville ceintureraient dorénavant nos espoirs. Et des femmes aux seins immenses s’agitaient autour de nous dans une danse macabre et érotique. Une Italie aux teintes délavées et à l’humour puissamment désespéré prenait forme.

A lire ensuite: Commençons l’année avec la Loren!

Un trafiquant d’images

Chez Fellini, le miracle de l’Après-guerre n’était pas d’ordre économique mais d’inspiration nostalgique. Dans cette cour des miracles, nous avions trouvé enfin un sens à notre vie. Fellini nous renvoyait le miroir de notre existence. Fantasque et absurde. Douloureuse et comique. Familière et outrancière. Tout serait désormais prétexte à la transformation des souvenirs et au recyclage des rêves. Aujourd’hui plus qu’hier, où la société semble enfermée dans un conformisme glaçant, ses films nous ouvrent des chemins de traverse, des sorties d’autostrade. Alors, échappons-nous un instant de cet enfer en courant (re)voir Fellini !

A lire aussi: Bernard de Fallois, de Proust à Fellini

L’Institut culturel italien de Paris célèbre cette semaine le centenaire du réalisateur sur le thème « Fellini et les arts », jusqu’au 3 février par une série de conférences et de séances dans différents cinémas de la capitale (Balzac, Ecoles Cinéma Club, Panthéon, Louxor) et aussi en passant par la Maison de la Poésie. Après Fellini, il ne fut plus possible d’apercevoir le chapiteau d’un cirque, le visage d’un clown ou une fontaine vespérale sans que notre imagination vagabonde. Ce trafiquant d’images, inventeur de fables, cartooniste de l’éphémère vampirisait sa propre vie. Le cinéma était sa façon à lui de se retrouver comme il le confia à Dominique Delouche lors d’entretiens filmés par André Delvaux entre 1960 et 1962. Si l’on veut comprendre ou plutôt entrevoir la mécanique fellinienne à la manœuvre, il faut se procurer Fellini au travail, un coffret DVD produit par Carlotta, sorti il y a une dizaine d’années. Sur le ton d’une fausse-vraie confession, Fellini se racontait en laissant surtout libre court à son esprit enjôleur et mystérieux. Une simple fugue de son collège prenait des allures d’Odyssée intérieure. Je crois que jamais un réalisateur n’a été aussi loin dans la propre narration de sa vie. Il fut aussi l’un des rares à théoriser l’importance de la province comme substrat à la création artistique. Elle dit beaucoup de l’attachement de l’homme devenu adulte à cette adolescence un peu instable, Fellini malaxe sans cesse ce terreau pour en extraire une quintessence fantasmée. « Je crois aux artistes qui viennent de la province, leur formation culturelle s’accomplit vraiment sous le signe de la fantaisie c’est-à-dire à quelque chose qui contraint à l’immobilité par le silence et la torpeur » avouait-il à celui qui deviendra plus tard son futur assistant.

Le mythe Dolce vita

Pour approcher le mythe, on peut également relire sa longue conversation avec José Luis de Vilallonga parue chez Michel Lafon en 1994. Et puis aussi prendre une voie détournée, celle d’Ennio Flaiano (1910-1972), son plus proche collaborateur, scénariste de La strada, La dolce vita, Huit et demi et Juliette des esprits. Ce chroniqueur phénoménal obtint dès 1947 le prix Strega pour Tempo di uccidere. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, les éditions Le Promeneur publièrent son Journal nocturne, son Autobiographie du Bleu de Prusse et surtout La solitude du satyre. Dans ce recueil époustouflant d’intelligence et de férocité sur la société italienne, l’auteur consacrait quelques feuillets à la via Veneto. Nous étions en juin 1958. Le tournage de la dolce Vita ne démarra qu’en 1959. « Je travaille avec Fellini et Tullio Pinelli, à épousseter une de vos vieilles idées de film ; celle du jeune provincial qui vient à Rome pour être journaliste. Fellini veut l’adapter aux temps qui courent, tracer un portrait de cette société des cafés qui papillonne entre érotisme, aliénation, ennui, et une soudaine aisance. […] Le film aura pour titre La dolce vita, et nous n’en avons pas encore écrit une ligne : nous prenons vaguement des notes et nous déambulons pour rafraîchir notre mémoire des lieux. Ces derniers temps Rome s’est dilatée, déformée, enrichie ». Voilà comme naissent les chefs-d’œuvre…

Consulter le programme du centenaire sur le site de l’Institut culturel italien

La Dolce vita

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Extraterritorialité du droit américain: coup d’arrêt au droit du plus fort


La justice américaine vient d’acquitter un cadre de Privinvest, holding d’Iskandar Safa, poursuivi pour fraude et escroquerie. Cet innocent qui a passé onze mois en prison est la victime collatérale d’une guerre économique sourde.


 

Onze mois de prison pour rien. Chef des ventes du groupe de construction navale Privinvest, propriété de l’homme d’affaires Iskandar Safa, Jean Boustani a été acquitté le 2 décembre 2019 par le tribunal de New York des accusations d’escroqueries portées contre lui par le département de la Justice américain (DOJ).

De plus en plus de voix en Europe, et singulièrement en France, dénoncent des procédures et des lois qui serviraient surtout à mettre des bâtons dans les roues des entreprises qui gênent les Américains. Total, Alstom et la BNP en ont fait les frais ces dernières années…

Son histoire tient du cauchemar. Ce cadre libanais avait été arrêté le 2 janvier à l’aéroport Kennedy, par lequel il transitait sur la route des vacances. Sans le savoir, il était sous le coup d’un mandat d’arrêt. L’État américain le poursuivait sur des fondements que des juristes sérieux qualifient de démentiels.

Tout commence en 2013. Le Mozambique veut acheter des navires de pêche et des vedettes de surveillance. Il emprunte sur les marchés financiers et passe commande aux chantiers navals de Privinvest, les Constructions mécaniques de Normandie, à Cherbourg. Jean Boustani s’occupe du dossier. Les bateaux sont livrés mais, hélas, la pêche au thon ne rapporte pas les fortunes escomptées. Sur fond d’incurie généralisée et de corruption, les gisements d’hydrocarbures off shore qui devaient sortir le Mozambique de la misère restent sous-exploités. L’État africain se retrouve en faillite en 2016. Il ne peut rembourser ses créanciers. Aux États-Unis, certains d’entre eux, représentés par des fonds d’investissement, saisissent la justice. On leur aurait menti, les « Tuna Bonds », ou « emprunts thon », n’affichent pas le rendement annoncé (6 % à 8 %, ce qui est énorme).

Le DOJ sort alors l’artillerie lourde : plusieurs lois adoptées dans les années 1990 et au début des années 2000, qui lui donnent une compétence planétaire. Il suffit que des dollars aient été utilisés ou un citoyen américain spolié pour lancer une procédure. Vont être ciblés Jean Boustani, Najib Allam, un autre cadre de Privinvest, mais également Manuel Chang, ancien ministre des Finances du Mozambique (arrêté en Afrique du Sud), ainsi que trois banquiers du Crédit suisse, coffrés le 3 janvier 2019 au Royaume-Uni, pour infraction au « Foreign Corrupt Practices Act » (FCPA). Impérialisme ? Oui, et à l’état pur, mais au nom du bien… En pratique, de plus en plus de voix en Europe, et singulièrement en France, dénoncent des procédures et des lois qui serviraient surtout à mettre des bâtons dans les roues des entreprises qui gênent les Américains. Total, Alstom et la BNP en ont fait les frais ces dernières années.

À lire aussi: Mozambique : les vedettes de Cherbourg

Dans le cas de Privinvest, la machine s’est grippée. Jean Boustani a décidé de plaider non coupable. Il a refusé de transiger avec le DOJ, ce que font la plupart des entreprises (voir entretien avec le député LREM Raphaël Gauvain). C’est ainsi qu’il s’est retrouvé devant un jury populaire, à Brooklyn, en novembre 2019. « Les décisions d’acquittement ne sont pas motivées aux États-Unis, expliquent ses avocats, Jacqueline Laffont et François Artuphel. Nous ne savons donc pas exactement ce qui a convaincu les jurés de l’innocence de Jean Boustani. » Il y avait trois chefs d’accusation : fraude aux valeurs mobilières, blanchiment et escroquerie par voie électronique. « Jean Boustani n’a jamais travaillé ni même vécu aux États-Unis, soulignent les avocats. Il n’a jamais été en contact avec les investisseurs qui se disent trompés et qui sont d’ailleurs bien plus aguerris en matière financière qu’un cadre de la construction navale ! » Certes, Jean Boustani avait admis le versement de commissions à des intermédiaires au Mozambique. En France comme aux États-Unis, il s’agirait de pots-de-vin, mais le climat des affaires est différent au Mozambique. Par ailleurs, ces commissions n’ont pas de rapport démontré avec la catastrophe des Tuna Bonds. La corruption est fréquente en Afrique, que les projets aboutissent ou non.

Le sort des autres accusés du scandale des Tuna Bonds est encore en suspens. Le Mozambique va un peu mieux. Le 12 décembre, les États-Unis ont annoncé un programme d’aide de plusieurs centaines de millions de dollars au profit de ce pays stratégique. En France, l’acquittement de Jean Boustani a été nettement moins médiatisé que son arrestation[tooltips content= »Le 30 octobre, en plein procès de Boustani, Emmanuel Macron a, en tout cas, accepté de faire la une de Valeurs Actuelles, propriété d’Iskandar Safa, en plein procès de Jean Boustani, et cela à l’occasion d’un voyage officiel à la Réunion et à Mayotte, juste en face du Mozambique. L’entourage d’Iskandar Safa assure que c’était une coïncidence. »][1][/tooltips]. Il est pourtant de bon augure. Les jurés populaires américains ne souhaitent pas nécessairement que leur justice se transforme en bras armé de la politique étrangère américaine, même au nom de la morale.

Nous sommes tous potentiellement concernés. Voté en mars 2018, le « Cloud Act » autorise les forces de l’ordre et les agences de renseignement américaines à consulter les données personnelles de n’importe quel client d’un opérateur télécom ou d’un hébergeur, y compris lorsque le client et le serveur qui stocke ses données se trouvent à l’étranger et n’ont aucun rapport avec les États-Unis. La personne concernée n’en sera même pas informée.

« Nous devons nous défendre »

Entretien avec Raphaël Gauvain, avocat et député LREM, auteur d’un rapport sur la protection des entreprises contre les lois et mesures à portée extraterritoriale, remis au Premier ministre en juin 2019.

Propos recueillis par Erwan Seznec.

Causeur. Que pensez-vous de la libération de Jean Boustani ?

Raphaël Gauvain. C’est l’exception et non le cas d’espèce. Il est fort rare qu’un prévenu soit innocenté dans ce genre de dossiers, où la justice américaine applique l’extraterritorialité du droit américain.

Est-ce à dire que les tribunaux américains sont aux ordres ?

Pas du tout, car dans l’immense majorité des cas, les firmes incriminées transigent avec le DOJ, ce qui fait que le contentieux n’arrive jamais devant un tribunal indépendant. Les lois extraterritoriales sont instrumentalisées. Les poursuites vont souvent dans le sens des intérêts économiques américains.

Raphaël Gauvain à l'Assemblée Nationale le 3 octobre 2018. © Jacques WITT/ SIPA
Raphaël Gauvain à l’Assemblée Nationale le 3 octobre 2018.
© Jacques WITT/ SIPA

Pourquoi accepter de négocier avec le département de la Justice, dès lors qu’aucune infraction n’a été commise sur le sol américain ?

Tout simplement parce que les États-Unis appliquent des mesures de rétorsion dès que les accusations sont formulées, sans attendre un jugement. Le DOJ lance une procédure, il fait arrêter des cadres, y compris à l’étranger, et immédiatement le gouvernement décrète des sanctions. Les entreprises qui veulent continuer à travailler là-bas, ou qui recourent à des sociétés américaines, sont obligées de négocier.

Que faire ?

On ne peut pas attendre que le système américain change. La France et l’Union européenne doivent se défendre et protéger leurs entreprises. Je fais des propositions en ce sens. C’est un sujet technique, mais de première importance.

 

Nicole Belloubet: la garde des Sceaux bien dans son époque

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Nicole Belloubet est sous le feu des critiques suite à ses propos tenus hier sur Europe 1. Interrogée sur l’affaire de la jeune Mila, la garde des Sceaux a affirmé qu’ « insulter les religions, c’est porter atteinte à la liberté de conscience ». L’exécutif avait restauré le délit de blasphème, mais ne nous avait pas prévenus ! Dans ce portrait, rédigé avant ces maladroites déclarations, nous rappelons que si Belloubet semble si sage, sa politique progressiste appelle pourtant bien des commentaires (notamment sur le djihadisme, la pédophilie, le féminisme et la politique carcérale).


Est-ce son apparence de grand-mère-confiture, extrêmement convenable et juste un peu sexy grâce à sa longue chevelure indisciplinée ? Est-ce son look de mamie idéale que les ados rêvent de présenter à leurs copains quand ceux-ci viennent faire les devoirs à la maison (en réalité se gaver ensemble de smartphone) ? Est-ce une relative discrétion qui l’empêche de défrayer la chronique par ses coups d’éclats, comme faisait Christiane Taubira ?

A lire aussi, Béatrice Brugère: Affaire Halimi: Macron a raté une occasion de se taire

En tout cas Nicole Belloubet, ministre de la Justice d’Emmanuel Macron, n’attire pas le feu roulant de critiques exaspérées qu’attirait sur elle la précédente Garde des Sceaux[tooltips content= »Cet article a été rédigé avant les propos tenus par Nicole Belloubet sur l’affaire Mila le 29 janvier NDLR »](1)[/tooltips].

Viol à distance

Cette mansuétude de l’opinion et des médias est profondément injuste car Nicole Belloubet fait largement pire que Taubira. Preuve est faite que les gouvernements socialistes de la Vème République peuvent toujours tomber plus bas. On savait qu’elle méditait une loi de “refondation pénale”, ce qui en langue de bois macroniste veut dire qu’on va encore réduire les peines de prison pour les remplacer par des dispositifs aussi efficaces que les rappels à la loi ou les bracelets électroniques, dont le crime de Saint-Etienne-du Rouvray a montré la merveilleuse efficacité. Mais on apprend dans le Figaro du 22 janvier que c’est une “réforme des peines qui va à rebours de la criminalité”. On se lamentait sur le laxisme de la justice, on découvre que les juges sont en train de réagir et que, face à la montée des violences, ils ont décidé de distribuer les peines de prison ferme avec beaucoup plus de sévérité. Problème : où va-t-on incarcérer tout ce beau monde, puisque les prisons sont déjà saturées et que le bisounoursisme macronien empêche d’en construire de nouvelles ?

A lire aussi, Renée Fregosi: Messieurs-Dames les sénateurs, encore un effort pour combattre l’islamisation!

Ce même 22 janvier, la belle (ou la bête?) fait encore parler d’elle. Le Point.fr annonce qu’elle souhaite créer l’infraction de “viol à distance” pour contrecarrer les phénomènes de criminalité et singulièrement de pédocriminalité sur internet. Il est possible de commander sur le darknet qu’un viol soit commis à l’autre bout du monde pour vous être ensuite livré chez vous sous forme de vidéo. Le problème existe, même si les méfaits commis en France en une année sont bien moins nombreux que les mains aux fesses ou à la poche qui contient le portefeuille en un seul jour d’une seule ligne de métro parisien, à condition bien sûr qu’elle fonctionne. Gageons que l’idée de “viol à distance” va avoir beaucoup de succès chez les ultraféministes et qu’elles vont bientôt réclamer la pénalisation des regards masculins trop appuyés.

Pour l’instant les “viols à distance” ne concernent que la pédopornographie. Ce qui donne l’occasion à Zorro Nicole de réclamer l’alourdissement des sanctions contre la consultation d’images pédopornographiques. Fort bien. Elle suit d’ailleurs la voie tracée par Emmanuel Macron qui a réclamé une telle mesure dès le mois de novembre dernier. Une question se pose : est-ce que la mise en valeur du pédophile dans la démonologie macroniste ne sert pas à cacher le djihadiste ? Le pédophile est apparemment devenu la figure absolue du mal, même s’il ne tue pas et se contente d’abuser physiquement de ses victimes. Le père Preynat a eu droit à ses sept années de prison ferme, c’est plus que beaucoup des djihadistes qui vont être relâchés dans la nature cette année. Il est loisible et sans risques de dire tout le mal qu’on voudra des pédophiles, aucune milice d’autodéfense des PPP (pro pedophiles people) ne viendra vous dézinguer à la kalachnikov.

Notre garde des sots: « Vous n’aurez pas ma haine »

Mais poursuivons la comparaison de ces deux pratiques hautement condamnables que sont le djihadisme et la pédophilie, plus exactement de la façon dont elles sont vues et jugées par l’opinion. Il s’est trouvé beaucoup de gens pour essayer d’entrer dans les raisons des terroristes djihadistes, dont le fameux Antoine Leiris et son trop fameux Vous n’aurez pas ma haine, devenu un slogan dans le camp du Bien. Au contraire, personne ne s’est jamais avisé de dire à un pédophile : “Tu n’auras pas ma haine”. Ce doit être pourtant une sexualité terrible à vivre, un chemin de nuit accidenté entre la honte, le désir, la culpabilité, et l’impossibilité totale de trouver écoute et sympathie chez quiconque. C’était un peu le sort des homosexuels dans les périodes et les pays très répressifs : quand j’écoute la sublime musique de Tchaïkovski, je pense à la vallée de larmes que fut sa vie sexuelle et sentimentale.

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Il n’existe à ma connaissance qu’un film qui adopte le point de vue du pédophile et le prend un peu en pitié : c’est Little Children de Todd Field, sorti en 2006. Il a été tourné dans une banlieue chic de Boston et croise les destins de plusieurs personnages dont le point commun est la frustration sexuelle. Le pédophile, joué par Jackie Earle Haley, qui obtint d’ailleurs l’Oscar du meilleur second rôle en 2007, a été relâché de prison, il essaie de s’amender, mais sa présence dans une piscine publique est signalée, ce qui donne lieu à une scène de panique générale grandiose, digne de figurer dans les anthologies. Il s’essaie vainement à l’hétérosexualité et à fin, dégoûté du monde, des autres et de lui-même, il s’émascule à mort dans un parc public.

Régis Debray explique dans son dernier livre Le Siècle vert que nous vivons dans un ordre moral dominé de plus en plus par le féminisme. Un ordre moral qui est devenu la religion d’aujourd’hui, une religion qui ne comporte ni pardon ni amour du pécheur. Nicole Belloubet est la parfaite incarnation de cet ordre moral féminisé qui se permet comme celui des Jésuites dénoncé par Pascal dans les Provinciales au XVII ème siècle de faire de la casuistique, c’est-à-dire du cas par cas dans l’examen des crimes et délits.

A voir: Elisabeth Lévy, directrice de Causeur, réagit sur Sud Radio aux déclarations de Nicole Belloubet concernant l’islam et la jeune Mila

 

Le Siècle Vert: Un changement de civilisation

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Vous n'aurez pas ma haine

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Parlons énergie: arrêtons les folies


Aux grands problèmes écologiques répondent les solutions désastreuses de nos hommes politiques…


La présence de Monsieur Hulot au Ministère de l’Ecologie a été loin d’éclairer le débat énergétique national mais nous nous enfonçons encore plus dans l’obscurantisme depuis son départ tandis que lui devient encore plus militant qu’hier pour des causes perdues : le péril est désormais aussi démocratique, c’est-à-dire que le « bien »  ayant été défini de manière définitive , il faut combattre le « mal » d’où qu’il vienne à l’intérieur de nos frontières comme à l’extérieur, et ainsi devenir la référence mondiale pour sauver les générations futures du cataclysme annoncé… désiré ? En paraphrasant Chateaubriand « Levez-vous vite orages désirés, qui devez emporter Nicolas dans les espaces d’une autre vie », on peut changer les prénoms à l’infini.

Pourquoi passer de 75% à 50% ? Parce que c’est trop ! Ah bon ! Et pourquoi on veut faire des éoliennes en mer qui sont intermittentes, couteuses, déplorables pour la faune et la flore en plus de pourrir les paysages ? Parce que c’est le bien et il faut faire le bien

Comme autrefois le « socialisme dans un seul pays » qui devait irriguer la terre entière, on commence par la nécessité autoritaire de montrer la voie au monde entier, il y a urgence climatique d’une part, et péril nucléaire d’autre part. Le fait que les deux objectifs soient contradictoires importe peu, on va faire les deux « en même temps ». Réduire le nucléaire de 75 à 50% dans la production électrique fait mécaniquement augmenter le CO2 (et donc les gaz à effet de serre) puisque l’intermittence du solaire et du vent obligent à prévoir des centrales à gaz. Qu’importe, on va installer des stockages partout, il en coutera des milliards (33 d’après les militants de RTE) et on va faire des recherches qui réussiront vite puisque nous sommes les plus intelligents de la planète : les chercheurs se cassent la tête sur le sujet depuis une centaine d’années mais nous avons des génies, ils sont connus ?

À lire aussi: Les écolos contre l’écologie

On commence par fermer un réacteur à Fessenheim pour des raisons électorales puis on veut programmer treize autres arrêts. Peu importe qu’ils fonctionnent bien et qu’ils soient amortis, donc payés, nous sommes tous riches, pas endettés et puis nous avons à montrer l’exemple, n’est-ce pas ? Peu importe aussi que nous ayons le meilleur bilan carbone avec celui des pays nordiques qui ont fait le plein d’énergie hydraulique, on va faire mieux en faisant moins bien d’abord, et on en profitera pour briser la filière nucléaire qui est le « mal ». Le vent et le soleil sont gratuits, vous ne le saviez pas ? Hé bien on vous le dit matin, midi et soir, et si vous n’avez pas compris les publicités automobiles vous le montrent, des enfants heureux dans des voitures électriques contemplant des éoliennes tranquilles sur le bord des routes ! Publicités mensongères, certes, mais quelle belle manipulation de l’enfance !

Nos génies de l’écologie

Pourquoi passer de 75% à 50% ? Parce que c’est trop ! Ah bon ! Et pourquoi on veut faire des éoliennes en mer qui sont intermittentes, couteuses, déplorables pour la faune et la flore en plus de pourrir les paysages ? Parce que c’est le bien et il faut faire le bien. Et alors on rêve d’un mix électrique 50% nucléaire 50% renouvelable en y incluant les 12% d’hydraulique pilotable. Mais dans l’état actuel du stockage il faut des centrales à gaz, et on doit changer tout le réseau, les fameux 33 milliards, c’est seulement pour demain… cela ne fera qu’augmenter. Mais le contribuable est riche, c’est connu et le client aussi, et puis c’est l’État qui paie, donc tout va bien. Tout ceci est déraisonnable et nous met à une vitesse vertigineuse dans le mur, il faut d’urgence arrêter les bêtises, car notre industrie en périra, le prix de l’électricité était il y a peu un des rares endroits de compétitivité de notre pays.

Que dire du délire anti-fossiles, alors que 85% de l’énergie mondiale est d’origine fossile et que ceci ne va pas s’effacer parce que des députés émotifs veulent l’éradiquer en France ?

La vraie écologie part de Stockholm 1972 : pensez globalement, agissez localement de René Dubos, et en ce qui nous concerne nous ne savons pas ce qui est le mieux pour nous d’un progrès de consommation et d’usage de la voiture thermique (essence ou diesel) ou de la voiture électrique dont nous ne maitrisons pas l’organe essentiel, la batterie (40% du cout). Le consommateur n’arrive pas à se persuader du gain de la voiture électrique pour lui malgré les incitations gouvernementales et les injonctions de la Commission Européenne.

Nous avons un des meilleurs bilans carbones de la planète, conservons-le et améliorons-le. C’est également notre héritage, détérioré depuis quelques années avec une politique démente de construction démesurée d’éoliennes

Le « totalitarisme » écologique aimerait nous orienter vers le « bien », mais nous résistons encore parce que la thermique est moins chère et plus pratique. La seule vérité en la matière c’est que la concentration urbaine nécessite de faire reculer la thermique dans les villes, mais si on le fait, c’est au profit de transports alternatifs et non de diktats punitifs. Qui vit dans les villes et qui se déplace ? Si les vieux doivent faire du vélo, ils seront obligés de partir tous à la campagne ou dans les mouroirs appelés EPHAD.

Avancer pas à pas

Il ne restait plus que le plastique qui devait aussi être interdit, c’est chose faite désormais, surtout le plastique issu de la transformation des hydrocarbures. Mais là encore le déni de réalité frappe. On peut faire du plastique à partir des plantes, dit « bio plastique », mais il est plus cher, beaucoup plus cher et… moins bio dégradable ! Car le pétrole et le gaz sont des produits « naturels » préparés par notre mère la terre pendant des millions d’années. Cette bio-culture gratuite est ignorée par nos génies actuels mais c’est la science dont ils ignorent également l’existence et les lois.

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La solution ? Héritage, Traditions, Projet nous dit Hannah Arendt.

Nous avons des centrales nucléaires désormais quasi gratuites, utilisons-les. C’était peut-être une erreur, mais c’est notre héritage comme le château de Versailles ou la Tour Eiffel. Notre tradition est d’utiliser le moteur thermique essence ou diesel, partons aussi de là pour faire évoluer les choses et rendre nos villes habitables, pour tous et pas seulement pour les adeptes de trottinettes et de vélos. Nous avons un des meilleurs bilans carbones de la planète, conservons-le et améliorons-le. C’est également notre héritage, détérioré depuis quelques années avec une politique démente de construction démesurée d’éoliennes. Nous devons avoir un meilleur mix énergétique, d’accord, mais chaque pas doit aller vers un mieux et non vers des délestages programmés et des pénuries pour nous « punir ». Si nous souhaitons modifier notre offre de véhicules individuels, soignons notre offre nationale pour ne pas tirer un trait sur une industrie qui mobilise plus de 5% de nos actifs nationaux. Ne créons pas indéfiniment des emplois à Pékin pour « sauver la planète »!

Arrêtons tout simplement d’être stupides et de croire que la France peut changer les lois de la physique, de la chimie et de la biologie de la planète. Je ne sais pas ce qu’il en sera de Mars, mais sur la Terre, notre Terre, tout changement d’état conduit à une perte de rendement, et j’engage tous les rêveurs à méditer cette difficulté, tandis que pour capter l’énergie du soleil, malgré toute notre science, les plantes font encore bien mieux que nous…

Le Mouton noir: 40 ans dans les coulisses de la République

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Les Français se mobilisent sur les retraites mais ignorent la loi bioéthique

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La journaliste Elisabeth Lévy reçoit le philosophe Pierre Manent dans l’Esprit de l’Escalier sur REACnROLL, la webtélé des mécontemporains (5€ par mois). Au cours d’un débat passionnant sur la tyrannie des moi, est évoqué le projet de loi bioéthique en cours d’élaboration, instituant un droit à l’enfant. Causeur vous propose de lire un petit extrait de cet échange.


Elisabeth Lévy. Les Français se mobilisent pour les retraites, mais en revanche je suis frappée de constater que la loi sur la bioéthique est en train d’être discutée dans une quasi-indifférence. Les manifestants anti PMA affirment que c’est parce qu’ils ne cassent rien dans la rue. Il y a peut-être un peu de vrai. Mais dans le fond, ce sujet mobilise-t-il malgré tout l’opinion comme il le devrait ?

Pierre Manent. On considère que de toute façon les jeux sont faits. Certains contestent et formulent leurs critiques. Mais je pense que le corps social a entériné l’idée que l’artificialisation de tout ce qui concerne la procréation est un fait acquis, que la science le permettant, la légitimité exclusive des droits individuels le nourrissant, nous irons au bout du processus. Les revendications les plus extrêmes seront finalement entérinées par la loi. 

Elisabeth Lévy.  Est-ce qu’il n’y a pas néanmoins une forme de légèreté “anthropologique”, laquelle nous fait dire « qu’est-ce que ça change après tout puisqu’elles le veulent, c’est normal, etc. » ?

Pierre Manent. Je pense que c’est plus qu’une légèreté, c’est une imprudence. Les repères de la vie humaine sont en voie d’être effacés. Nous n’avons déjà plus les mots pour dire ce que nous sommes en train de faire. Nous ne pouvons plus dire père, mère… Alors qu’est-ce qu’on va dire ? Parents, projets, X ? Quand on rentre dans une démarche qui ne peut plus être mise en mots, alors on rentre dans une expérience d’une rare imprudence…

Opposition à la réforme des retraites, malaise dans la démocratie représentative, projet de loi sur la bioéthique : retrouvez 30 minutes d’échanges sur RNR.TV

Elisabeth Lévy. (évoquant la PMA pour les couples de lesbiennes) La plupart des jeunes ne comprennent pas qu’une norme, même si elle ne concerne que très peu de gens, change profondément les choses. Ils ne comprennent pas qu’ébrécher la norme là-dessus est déjà un saut dans l’inconnu.

Pierre Manent.  Bien sûr. On dit : « étendre le mariage aux couples de personnes de même sexe, ça n’enlève rien à personne… » Si, puisque cela change radicalement le sens de l’institution du mariage. [Dans cette affaire] c’est le mariage qui est en cause, pas les couples homosexuels. La chose est très simple, il y a des étreintes fécondes et des étreintes qui ne le sont pas. L’humanité depuis toujours doit organiser l’institutionnalisation des étreintes fécondes, parce que l’humanité a ce besoin de se reproduire. [Avec la PMA pour toutes] nous allons nous détacher entièrement de toute base naturelle, alors que la base naturelle était cette union féconde de l’homme et de la femme. Je me répète, on ne pourra plus dire ce que l’on fait.

Elisabeth Lévy. Il y a une base parfaitement claire dans ce qui est en train de se passer c’est le désir d’enfant. On va donner à tous l’accès aux “ingrédients manquants” pour que chacun, chacune puisse satisfaire ce désir d’enfant. 

Pierre Manent. Oui, mais on ne peut pas séparer les droits de la vie que l’on mène. Les droits doivent avoir un rapport à la conduite de la vie. Les droits du travail sont en rapport avec une vie de travailleur. Les droits d’accès à l’université ont un rapport avec le travail intellectuel que l’on conduit. L’enfant vient naturellement dans l’engagement d’une vie de couple. Les biens du monde humain ne sont pas offerts comme des boites dans un supermarché, ils sont liés à une certaine conduite de la vie…

A lire aussi: PMA: décidément, le Sénat ne sert à rien

Elisabeth Lévy. D’accord, mais à partir du moment où la médecine vous permet de casser ce lien entre un certain mode de vie, celui de l’hétérosexualité et la reproduction, au nom de quoi cela ne devrait pas changer ?

Pierre Manent. Au nom de quoi, quelqu’un peut dire « Parce que c’est mon désir, je veux que mon enfant n’ait pas de père ou pas de mère » ? L’humanité est fournie en deux versions : homme et femme. La tâche humaine c’est de les combiner. C’est cette altérité première qui doit être institutionnalisée. Une humanité qui tourne le dos à la nécessité d’articuler cette altérité première, tourne le dos à sa propre condition. C’est une façon de nous fuir nous-mêmes. Nous fuyons les constituants les plus fondamentaux de notre nature. 

Elisabeth Lévy. Tous les partisans de cette transformation vous disent que l’on va changer de civilisation, changer d’humanité et nous trouvons ça très bien.

Pierre Manent. Je ne trouve pas ça bien du tout. Et nous avons des arguments solides contre….

>>> Retrouvez la suite de cet échange sur RNR.TV <<<

PMA: décidément, le Sénat ne sert à rien

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Loi Taubira, loi sur la bio-éthique, une fois de plus, le Sénat est aux fraises quant à la place qu’il est sensé tenir.


J’ai longtemps été un défenseur du Sénat – et du bicamérisme en général. L’idée d’une deuxième chambre plus modérée, plus proche par son mode d’élection de la France des terroirs, moins livrée aux emportements de la chambre dite basse, élue, elle, au suffrage universel, me paraissait un héritage précieux.

Quoique admirateur du général de Gaulle sur beaucoup de sujets, je pensais qu’il avait fait une erreur en s’en prenant à lui en 1969.

En votant comme il a voté, le Sénat se met certes à l’abri des foudres immédiates des milices LGBT, celles qui empêchent les opposants à leurs idées de s’exprimer, mais ce faisant, il montre à un public plus large qu’il ne sert à rien

Que le Sénat où pourtant En marche est très minoritaire, ait voté, pratiquement sans débat, le projet de loi relatif à la bioéthique comprenant la possibilité pour les femmes seules ou en couples de femmes, d’avoir des enfants par une insémination artificielle anonyme (dite PMA) m’a convaincu que le Sénat est bien une institution dépassée.

Ce faisant, il a manqué à deux de ses missions essentielles.

La voix de l’opposition

La première est de tenir lieu d’opposition quand le gouvernement n’en rencontre pas ailleurs, notamment quand il contrôle l’Assemblée nationale. C’était le cas dans les années soixante. Face à une assemblée dominée par ce qu’on appelait alors les « godillots », le président Monnerville comprit que le Sénat seul pouvait exprimer les réserves de l’opinion vis-à-vis du général de Gaulle dont la popularité commençait à s’éroder.

À lire aussi: Mariage pour tous, PMA, GPA: une droite de déserteurs

Cette fonction d’opposition est certes inutile, voire malvenue, quand un nouveau gouvernement à la légitimité toute fraîche et jouit d’un soutien large; mais quand cette popularité s’affaiblit, que le gouvernement commence à s’user, que l’opinion commence à s’en détacher, le Sénat – quand il est dans l’opposition comme c’était le cas dans les années soixante et comme c’est aussi le cas depuis quelques années – a le champ libre pour dire tout haut ce que l’Assemblée nationale ne peut pas dire. Quelle situation plus favorable que celle d’aujourd’hui où le président Macron ne bénéficie plus que de moins de 20% d’opinions favorables, qu’il a accumulé les frustrations de tous côtés : gilets jaunes, syndicats, professions libérales, corps médical, pompiers, que ni lui ni ses ministres ne peuvent plus sortir sans se faire conspuer ? Las, Gérard Larcher n’a pas l’étoffe d’un Gaston Monnerville. En ne se distanciant pas du gouvernement sur un sujet aussi controversé – ou sur d’autres – il a manqué une occasion de montrer que le Sénat servait encore à quelque chose.

Le bon sens face à l’idéologie

L’autre fonction du Sénat est celle de modérateur : il représente la voix du bon sens face aux emportements idéologiques. Pour ses opposants, quel projet plus contraire au bon sens que la PMA pour femme seule ? Les intéressées pourraient avoir un enfant avec un homme mais elles refusent ce moyen simple. Projet estimé contraire à la justice aussi puisqu’il entraine un grave préjudice pour l’enfant ainsi « fabriqué » – et donc contraire à un principe républicain essentiel : « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (article 4 de la Déclaration des droits de l’homme). Or la « liberté » ainsi validée consiste à permettre à des femmes d’attenter au droit éminent de tout enfant d’avoir un père, naturel ou adoptif, vivant ou mort, mais identifié.

En dehors de l’Occident, le monde entier rit de ces projets sociétaux excentriques où nous nous complaisons de plus en plus. Il nous tient pour des malades !

Quel est l’ennemi du bon sens ? C’est l’idéologie. L’idéologie tourne toujours un jour pour l’autre à la folie. Or la théorie du genre qui sous-tend toutes ces excentricités est une idéologie. Il n’est certes pas facile de s’opposer à l’idéologie, car elle entraine avec elle le manichéisme, la violence verbale et la marginalisation de ceux qui s’y opposent. Mais celui qui préserve les droits du bon sens face à l’emportement idéologique aura un jour sa récompense. Rien ni personne ne remettra en cause sa raison d’être car, quelque part, il aura avec lui le peuple, la masse de ceux qui ne sont « pas assez instruits pour raisonner de travers » (Montesquieu). En votant comme il a voté, le Sénat se met certes à l’abri des foudres immédiates des milices LGBT, celles qui empêchent les opposants à leurs idées de s’exprimer[tooltips content= »Ainsi Sylviane Agacinski à l’Université de Bordeaux »][1][/tooltips], mais ce faisant, il montre à un public plus large qu’il ne sert à rien.

À lire aussi: Sylviane Agacinski interdite de parole, ça vous étonne?

D’autant qu’une majorité de sénateurs, n’en doutons pas, pense in petto que cette réforme est folle, mais la lâcheté l’a empêchée de le dire.

Il se peut que l’élargissement du recours à la proportionnelle aux élections sénatoriales ait modifié la composition de cette assemblée et facilité l’entrée des idéologues – toujours plus à l’aise dans les appareils qui dressent les listes que face à un électorat comme celui des maires et autres gens de terrain. Il restait pourtant assez de sénateurs pour contrer le mouvement, comme cela avait été le cas avec la loi Taubira – que le Sénat n’a adoptée qu’au prix d’une obscure manœuvre.

Le conformisme idéologique a tué la Chambre des pairs britannique. Il est possible qu’en votant comme il l’a fait le projet fou de la PMA pour toutes, le Sénat ait à terme voté sa propre mort.

La fabrique d´orphelins - Essai

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Disparition de Roger Holeindre, figure de la droite nationale

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L’ancien député de Seine-Saint-Denis, qui s’était engagé pour la patrie dès son adolescence, avait répondu aux questions de Causeur en 2017


Roger Holeindre, figure de la droite nationale française, militaire, écrivain et journaliste proche de Jean-Marie Le Pen, faisait partie des fondateurs du Front national.

Il est décédé à l’âge de 90 ans, dans la nuit du 30 janvier 2020.

Il s’était éloigné du parti politique, regrettant que Marine Le Pen prenne la succession de son père à la tête du FN, alors qu’il lui préférait Bruno Gollnisch. En 2017, il avait accordé un entretien à Causeur, que nous vous proposons de relire.


« Je ne suis pas anti-musulman » [Entretien publié le 11 avril 2017]

Daoud Boughezala (Causeur). Tous les attentats islamistes perpétrés en France depuis 2015 ont été le fait d’enfants d’immigrés. A votre avis, ce scénario était-il inéluctable ?

Roger Holeindre. Ce que nous vivons est dû à des décennies d’immigration massive totalement abandonnée à elle-même. Tout a été fait pour que les enfants d’immigrés ne se sentent pas Français ! Quand j’étais député de Seine-Saint-Denis, de 1986 à 1988, je suis monté des dizaines de fois le mercredi à la tribune. Je parlais constamment de l’apprentissage et des mouvements de jeunes tandis que les autres députés criaient : « Holeindre nazi ! Jeunesse à Pétain ! » et me traînaient dans la boue. Je voulais que l’apprentissage commence à 14 ans parce que si on laisse les gamins en échec scolaire mettre le boxon à l’école sans que personne ne s’occupe d’eux, il est trop tard à 16 ou 17 ans pour leur faire mettre les mains dans le cambouis. Il y a encore de bons ouvriers en France capables de former des jeunes. Or, un jeune auquel on montre un moteur de voiture complètement en rade et qui réussit huit jours plus tard à le faire marcher est sauvé pour la vie. La ministre du gouvernement Chirac chargée de l’apprentissage me répondait sans arrêt : « Mon cher ami, vous savez bien que ça n’est pas possible ! » Pourquoi ? Je n’ai jamais eu la réponse.

Mais les enfants des banlieues ne sont pas totalement livrés à eux-mêmes, loin s’en faut. À la fin de votre dernier livre La réconciliation nationale. Lettre ouverte aux Français musulmans (Apopsix, 2017), vous énumérez les plans d’aide successifs aux banlieues depuis vingt-cinq ans et arrivez au total… de cent milliards d’euros !

La banlieue n’a pas été abandonnée sur le plan financier. Mais ce n’est pas avec les « grands frères » qu’on va régler le problème. Ces grands frères n’ont jamais eu aucune formation. Lorsque j’étais député de Sevran, Tremblay et Villepinte, j’ai bien vu comment les choses se passaient sur place. A l’époque, le maire communiste de Sevran m’a à plusieurs reprises envoyé des jeunes qu’il avait sous la main pour me casser la gueule. En cinq minutes, j’arrivais à les convaincre que j’avais raison contre leur laxiste de maire. Mais, depuis quarante ans, tout ce que propose Jean-Marie Le Pen a été assimilé à du nazisme, ce qui explique le marasme dans lequel la France est plongée. Nous défendons pourtant les bases-mêmes d’une nation – frontières, peuple, préférence nationale – que nos opposants critiquaient. Je crois en la France et n’ai rien contre les étrangers qui viennent chez nous, à condition qu’ils n’essaient pas de nous imposer leurs coutumes et ne crachent pas sur la France. Je demande simplement que les frontières soient moins ouvertes, et qu’on accueille les immigrés dont on a besoin, comme le fait le Canada.

En tant que partisan de l’Algérie française, vous vous faites même l’avocat d’une vision assimilationniste de la nation. Quoiqu’hostile à l’immigration de masse, croyez-vous l’islam soluble dans la République ?

Je ne suis pas anti-musulman : en Algérie, j’ai dirigé une troupe scoute et une maison des jeunes. 450 gosses en tout. Lorsque Charlie Hebdo a sorti les caricatures de Mahomet, j’ai même publié un communiqué m’élevant contre ces dessins pour dire que l’islam n’était pas ma religion mais qu’il fallait la respecter. Dans l’armée, l’islam n’était parfois pas sans poser problèmes, par exemple, les sous-officiers algériens musulmans mariés n’amenaient jamais leur épouse aux soirées. Il est sûr et certain que l’islam a été l’obstacle principal au fait que les Algériens deviennent entièrement des français. Mais j’ai tout fait pour qu’ils le deviennent, sans jamais critiquer leur religion, sauf les demandes communautaristes de viandes hallal qui, comme le casher, compliquent la vie sociale en instaurant des espaces séparés dans les cantines et ailleurs.

Sur ce point, votre discours est assez proche des positions de Marine Le Pen, que vous critiquez par ailleurs…

Je suis membre fondateur du Front national que j’ai quitté lors de son élection à la présidence. Marine Le Pen ne croit en rien, sauf en ses chances de devenir présidente de la République. Elle n’a ni les idées politiques de son père ni les miennes. J’aurais préféré que Marion Maréchal-Le Pen soit candidate à la place de sa tante. C’aurait été un joli coup car elle est jeune, belle et présente bien. De surcroît, je ne l’ai jamais entendue dire de bêtises. L’avenir de notre pays dépend de garçons et de filles comme elle qui s’assument comme des gens de droite.

Dans les rangs nationalistes, votre hantise de la guerre civile et votre main tendue aux musulmans Français sont-ils mal accueillis ?

Pas spécialement, car j’explique bien ma position. Je veux avoir le droit de dire qu’untel est un con, quelle que soit sa race ou sa religion. S’il n’est pas Français de cœur, c’est de la faute de certaines personnes qui ont fait en sorte qu’il n’aime pas la France. Certains à gauche n’attendent que la guerre civile. Il suffirait que trois abrutis descendent dans la rue en criant « Vive la France », l’un avec un lance-pierres, l’autre avec une batte de baseball et le troisième avec un pistolet-mitrailleur sans chargeur, pour qu’on arme les banlieues au nom de la défense des « valeurs de la République ». Dans un esprit de réconciliation, à 88 ans, pour que tous les Français patriotes fassent un bout de chemin ensemble, je vais me présenter à la députation dans la onzième circonscription de Seine-Saint-Denis sous l’étiquette comités Jeanne-Parti de la France. C’est un scoop que je vous annonce !

Passons à une cause qui vous tient à cœur : l’Algérie. Résistant à quinze ans dans la France occupée, vous vous êtes ensuite illustré militairement dans le maquis en Algérie, quitte à vous opposer à De Gaulle lorsque celui-ci enclencha le processus qui devait mener à l’indépendance du pays. Mais les Arabes d’Algérie étant traités en sous-citoyens depuis des décennies, pouvait-on décemment leur refuser l’autodétermination ?

On a gagné militairement avec une majorité de soldats musulmans ! L’armée française est la seule armée au monde à avoir à la fois vaincu ses ennemis dans le djebel et à avoir annihilé le terrorisme en ville. Or, il y avait plus de musulmans dans l’armée française que dans les rangs du FLN toutes divisions confondues.La population en avait marre du FLN. Même ceux qui balançaient des grenades, pour la plupart, ne le faisaient que parce que le FLN les y contraignait après avoir enlevé leurs enfants. Lorsque De Gaulle a fait un appel de fonds pour financer un emprunt, beaucoup de musulmans de Tébessa, ma ville, algériens riches, marchands de vaches ou autres, y ont souscrit.Dans mon maquis, j’avais beaucoup de musulmans qui ont d’ailleurs tous voté pour l’Algérie française.

Malgré tout, les départements français d’Algérie hébergeaient une société à deux vitesses, a fortiori depuis la promulgation du décret Crémieux (1871) naturalisant les juifs. La naturalisation avait été également proposée aux musulmans qui l’ont refusé car ils n’entendaient pas abandonner leur droit coutumier…

Les oulémas n’en voulaient pas mais cela aurait pu être rectifié, comme le proposait l’armée française. Les officiers des affaires indigènes qui tenaient le bled au moment du décret Crémieux avaient signalé à leur hiérarchie que le fait de n’accorder la nationalité française qu’aux juifs passait très mal auprès de la population. Ce décret a été rédigé à la va-vite alors que le gouvernement s’était exilé en province, Paris étant encerclée par l’armée prussienne. La France a eu des torts à ce moment-là mais n’a certainement pas eu tous les torts. L’autre jour, Enrico Macias a déclaré qu’en Algérie, les Pieds-noirs et les Arabes ne s’entendaient pas mais que Juifs et Arabes s’entendaient à merveille. Mais à Constantine, tous les quinze ans, les Arabes descendaient sur le quartier juif et tuaient des centaines de gens ! Parce que les juifs prêtaient de l’argent aux paysans arabes sur leurs futures récoltes. Parmi les Pieds-noirs, mon ami Jacques Casanova, dont le père a été découpé en morceaux par le FLN, avait des parents qui s’occupaient de tous les miséreux du coin sans discrimination. Ce ne sont pas des Arabes du coin mais des miliciens FLN venus d’ailleurs qui l’ont assassiné. En général, les musulmans préféraient travailler pour des patrons pieds-noirs qui les traitaient et les payaient bien mieux que leurs coreligionnaires.

La France aurait-elle pu rectifier le tir a posteriori en faisant des Algériens musulmans des citoyens de pleins droits ?

Cela aurait été possible au grand moment de l’Algérie française. « La colonie » était sur le point de devenir des départements français à part entière. Tous les chefs arabes anti-occidentaux qui débarquaient à Alger s’extasiaient devant les villes d’Algérie construites par la France, riches comme aucun pays arabe. En maintenant l’Algérie et le Sahara français, nous aurions préservé la paix dans toute l’Afrique noire. L’immigration ne serait pas partie de l’Algérie vers l’Europe mais de l’Europe vers l’Algérie. Il y avait moyen de bâtir une Afrique française, avec des grands projets. Au lieu de cela, le Sahara est devenu la base terroriste du monde entier.

Votre rêve d’une Algérie restée française relève de la géopolitique-fiction. Comme l’a compris De Gaulle, le sens de l’histoire rendait sans doute la décolonisation inéluctable, malgré la victoire militaire de l’armée française en Algérie…

De Gaulle a peut-être cru pouvoir garder le Sahara algérien entre les mains de la France mais le chancelier Adenauer l’a incité à devenir le patron de la troisième force entre les Etats-Unis et l’URSS. Pour que la France rassemble tous les pays émergents, sur les conseils d’Adenauer, la France devait brader l’Algérie, voire se séparer des Dom-Tom. Si De Gaulle laissait le drapeau français flotter sur la moindre parcelle de territoire habitée par des gens bronzés, il ne pourrait pas diriger le bloc du Tiers-Monde, lui expliquaient en substance Adenauer et bien d’autres. De Gaulle y a cru. À sa décharge, c’était peut-être un argument recevable. Il faut néanmoins savoir que le Sahara n’a jamais été algérien. Le gaz et le pétrole, c’est l’explorateur Conrad Killian qui les a découverts et y a planté le drapeau de la France. Le Sahara était donc français en vertu d’une règle internationalement reconnue.

En fin de compte, l’Algérie a été conquise en 1830 mais le traumatisme colonial demeure.

Quand Emmanuel Macron fustige  à Alger « la terreur » de la colonisation, il faut lui rappeler que tout cela s’est fait il y a deux cents ans ! Et la France est intervenue en Algérie parce que l’Europe entière – et même l’Amérique – le lui demandaient pour mettre fin aux attaques des barbaresques, qui assaillaient non seulement les navires dans toute la Méditerranée, razziant hommes, femmes et enfants, mais aussi sur les côtes de tous les pays riverains. Qui se souvient encore de la guerre entre les Etats-Unis d’Amérique et le Bey d’Alger ? A quatre reprises, la marine américaine a bombardé Alger alors que les Etats-Unis venaient de naître. De nos jours, si la guerre mémorielle continue, c’est uniquement dû au président Bouteflika qui attise les flammes pour de basses raisons de politique intérieure !

Lettre ouverte à Madame Zined Sedira

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La Franco-Algérienne Zineb Sedira. Image: capture d'écran YouTube

Madame,

La France vous a choisie pour représenter notre pays à la prochaine Biennale de Venise.

Après que votre proximité avec le BDS ait été dénoncée, vous affirmez aujourd’hui « haut et fort » n’avoir jamais eu d’accointance avec ce mouvement nauséabond et vous opposer à lui ainsi qu’à toute action de boycott.

Si certains intellectuels (Mme Maya Nahum, Bernard-Henri Levy) qui se sont inquiétés de votre alliance au BDS[tooltips content= »Ce mouvement promeut les boycotts économiques, académiques, culturels et politiques contre Israël »](1)[/tooltips] se réjouissent de votre retrait, vous ne pouvez-vous dédouaner avec quelques paroles. Car, Madame, vous oubliez vite ! Comme l’avait affirmé Oscar Wilde,  « L’oubli de ses propres fautes est la plus sûre des absolutions »…

Sauf que certains éléments devraient rafraichir votre mémoire.

Relire: Pourquoi Zineb Sedira ne doit pas représenter la France à la Biennale de Venise

On peut commencer par cette article de presse de l’époque https://web.archive.org/web/20190723145515/https://www.huffpostmaghreb.com/2017/06/24/story_n_17282442.html ainsi que cette lettre que vous avez signée et dont vous avez demandé la diffusion

Enfin votre profil Facebook affichait sur votre page d’accueil, en 2017 :

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sedira2Il est bel et bien fait référence dans les commentaires de cette page Facebook à une décision politique de boycott et au BDS comme la raison de retraits de vos œuvres et non pas, comme vous le prétendez aujourd’hui, de problèmes d’ordre technique concernant les conditions de leur installation en Israël. Ailleurs sur Facebook, vous avez même confirmé la motivation du retrait des dites œuvres prêtées au musée israélien en écrivant : « me too Reem[tooltips content= »il s’agit de Reem Fada, l’un des pionniers du BDS https://bdsmovement.net/news/palestinian-filmmakers-artists-and-cultural-workers-call-cultural-boycott-israel »](2)[/tooltips] ! I have withdrawn my work and posted a statement  signed by Bouchra and Yto !! thanks for sharing ! xx »

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sedira4Vous prétendez avoir été « instrumentalisée » par le BDS et vous voulez sincèrement faire preuve de repentir ? Dont acte !

Acceptez alors de vous faire interviewer par la chaine de télévision I24 sur le mouvement BDS et sur les conditions de votre retrait de la Biennale en Méditerranée avec un débat contradictoire, face aux témoins des faits. Engagez vous à exposer dans l’année vos œuvres en Israël sans restriction.

Enfin, écrivez une lettre ouverte au BDS pour leur interdire d’utiliser votre nom à des fins de propagande pour boycotter Israël.

À ces conditions seulement, nous pourrons croire, Madame, à la réalité de votre repentir.

Odile Madar Cohen

Brexit: les larmes de crocodile

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It's not Goodbye, it's au revoir © Yves Herman/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22423173_000152

Hier, because Brexit, les eurodéputés de la Perfide Albion faisaient leurs grands adieux au parlement européen. Que d’émotion ! Alors que les médias pro-UE ne savent plus trop comment expliquer que l’invasion de sauterelles sur les campagnes anglaises n’aura finalement pas lieu, notre chroniqueur s’amuse et constate que les pays restant dans l’Union continueront de discuter dans la langue de Shakespeare dans l’hémicycle.


 

Trois ans et demi. C’est le temps qu’il a fallu au peuple britannique pour obtenir ce qu’il avait demandé dans les urnes au lieu des deux ans prévus à l’origine par les traités.

Aujourd’hui, c’est fait. « Ce n’est qu’un au-revoir » a résonné au parlement européen. A la radio ce matin, on apprenait que c’est l’impayable Nathalie Loiseau (LREM) qui avait compté parmi les initiateurs de ce chant. En quelle langue ce célèbre chant a-t-il été entonné ? En anglais ? Les députés non anglophones ne se sont jamais autant plaint des réunions exclusivement tenues dans la langue de Shakespeare, l’arrivée des députés LREM, réunis dans le groupe « Renew Europe » en étant les utilisateurs les plus zélés.

Les Brits s’en vont, mais les autres députés continueront de parler anglais entre eux. De l’autre côté de la Manche, on doit bien en rire.

Le parti d’en rire

Il n’y aurait pourtant pas de quoi rire, si nous devions nous résoudre à lire et écouter la plupart des médias de notre bon pays. Il y a deux mois dans ces colonnes, nous n’avions pas été tendre avec ces derniers et nous espérions sans grand espoir une remise en question. Elle n’est évidemment pas venue. Mardi soir, France 2 nous offrait un reportage comme seul le service public de l’audiovisuel en a le secret : « Ces Britanniques qui deviennent Allemands ». Une brave dame a peur de ne plus pouvoir voyager avec son mari et ses enfants de nationalité allemande. Un brave monsieur, dont la grand-mère avait obtenu la citoyenneté britannique après avoir fui l’Allemagne nazie, décide de faire le chemin inverse, fuyant le Brexit. Kolossale finesse ! vous avez compris, braves téléspectateurs, le Brexit, c’est comme le nazisme, il faut le fuir !

A la fin du reportage, on apprend néanmoins que le Brexit consommé, l’Allemagne, ce pays tellement plus ouvert que le Royaume-Uni, n’acceptera plus la double-nationalité pour les ressortissants d’un pays hors-UE. Il faudra choisir. C’est ballot !

A lire aussi: Boris Johnson: le triomphe romain

Avant le scrutin de l’été 2016, on se souvient que les dix plaies d’Egypte devaient s’abattre sur ce peuple réfractaire – ils ne sont pourtant pas gaulois – en cas de mauvaise décision. Et on nous annonçait la catastrophe pour le lendemain du scrutin, pas pour le moment où le Brexit serait effectif. Ensuite, voyant que lesdites plaies se faisaient attendre, et que la santé économique du Royaume, loin de chanceler, s’améliorait, on nous faisait valoir que c’était parce que le Brexit n’était pas encore entré en application… Nous y sommes enfin.

Gageons que si tous ces malheurs ne s’abattaient pas à minuit sur la Perfide Albion, les mêmes étaleront encore leur mauvaise foi. Et si l’on en croit une note du FMI, ils devront encore faire preuve de ressources en la matière.

Châtier les Britanniques?

Jean Quatremer ou Valérie Pécresse avaient lâché le morceau il y a quelques mois: il faut absolument que les Britanniques souffrent de cette décision de quitter l’Union européenne. Il faut les punir.

Entendons-nous : il est totalement compréhensible que le gouvernement français défende les intérêts nationaux dans la négociation du divorce. Par exemple, il n’y a aucun cadeau à faire aux Britanniques en matière d’accès de nos pêcheurs aux eaux territoriales britanniques. C’est vrai aussi en matière d’immigration ou de la fixation de la frontière de leur Royaume en vertu des accords du Touquet, les Français seraient inspirés de repousser la frontière de Calais à Douvres. Non : les propos de Quatremer, Pécresse ou d’autres n’étaient pas prononcés sur le registre de la défense des intérêts nationaux. Il s’agissait de faire un exemple. Derrière ces pathétiques menaces se cache la trouille que d’autres pays s’aperçoivent qu’on peut vivre sans l’Union européenne. Que quitter cette dernière comporte quelques inconvénients, mais qu’on peut aussi retirer bien des avantages à la souveraineté retrouvée. Et si la tentation de quitter l’UE devenait contagieuse, façon Coronavirus ?

A lire aussi: Coronavirus, beaucoup de bruit pour rien?

Tandis que la rédaction de France 2 comme de nombreuses autres continue de réciter son catéchisme européen, on a compris du côté de Berlin ou de Bruxelles qu’il fallait sans doute afficher davantage de modestie après ce départ, mais aussi après d’autres progressions électorales souverainistes. L’heure n’est plus à prévoir un nouveau traité encore plus fédéraliste que le précédent, mais à afficher – au moins – son attachement à la protection des identités nationales. La création d’une vice-présidence de la Commission européenne à la « promotion de notre mode de vie européen » n’est-elle pas un signe envoyé à ceux que cela démange d’imiter les Britanniques ?

Ce 31 janvier est historique car il démontre que la fameuse construction européenne dont on nous avait longtemps expliqué, à l’instar de Che Guevara, qu’elle était comme une bicyclette, tombant si elle n’avançait plus, a fait une pause. Et que c’était sans doute la seule manière de ne pas faire imploser définitivement l’UE.

Paris-Berlin : la survie de l'Europe

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On n’entend pas les musulmans anonymes choqués par l’islamisme…

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Image d'illustration © FRANCK FIFE / AFP

Pendant la grève contre la réforme des retraites, notre chroniqueur a pris le taxi à Paris. Avec le chauffeur venu de Tunisie, la conversation s’engage sur le sujet de l’islamisation de la France…


Durant la grève de la RATP, j’ai goûté épisodiquement aux joies des taxis. Il y a peu, j’ai emprunté un G7. La chauffeur était une femme tunisienne d’une trentaine d’années. Ses cheveux lui arrivaient aux épaules. Son visage dégageait un charme un peu terni par des cernes fermement imprimées sous ses yeux. Elle confia être fatiguée par toutes ses heures passées dans les artères parisiennes. Venue de l’autre bord de la Méditerranée avec son fils, elle travaille six jours sur sept.

« La France n’est pas du tout ce que j’imaginais »

« On ne sait pas ce que veut le nouveau président tunisien, il est ambigu. La Tunisie s’islamise et ce sont les Tunisiens de France, ceux qui profitent de la liberté et qui sortent parfois au bar, qui ont fait élire les islamistes dans mon pays », se lamenta-t-elle. Elle confia alors être en France depuis un an. « Ce n’est pas du tout ce que j’imaginais », soupira-t-elle. Ayant perçu où elle voulait en venir, j’ai rétorqué qu’on était « en train de se faire avoir par les islamistes ». Elle acquiesça et ajouta : « Quand je passe à Belleville, je suis choquée de voir autant de barbus, autant de femmes voilées. Dans le centre de Tunis, ce n’est pas comme ça ! »

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Elle prit la peine de préciser être musulmane, prier tous les jours, boire de l’alcool une fois tous les deux mois en espérant « être pardonnée par Dieu ». Mais ajouta que « les barbus sont très hypocrites. Dans des villages de Tunisie, il y a des situations de fous, des femmes en niqab qui font les prudes la journée et qui couchent la nuit avec le meilleur ami de leur mari. Je suis partie de Tunisie à cause de tout ça, et je suis choquée de voir qu’en France, le pays des Droits de l’homme, le pays des libertés, l’islamisme est là ». Arrêtons-là pour ne pas lui attirer des problèmes. Le CCIF veille et pourrait crier au loup « islamophobe ».

Une acuité qui fait défaut à nos élites

Passons sur le fait que l’intimité d’un taxi semble délier les langues. Encore une fois, il faut que ce soit une personne de culture musulmane -et n’ayant pas renié sa foi dans ce cas présent- venue d’ailleurs pour lancer l’alerte. On n’entend jamais ces anonymes, ces gens qui n’ont pas une culture politique très développée certes, ces gens qui n’ont peut-être pas fait de grandes études, ces gens qui ne font pas de longs discours, mais qui perçoivent avec acuité ce que nos élites ne veulent surtout pas voir. « On n’entend pas assez les gens comme vous », lui ai-je confié.

A lire aussi, Céline Pina: Affaire Mila: Abdallah Zekri (CFCM) estime qu’elle l’a bien cherché

Je suis convaincu qu’il existe de nombreux anonymes de culture musulmane qui partagent le regard de cette femme. Mis à part le Conseil des ex-musulmans de France – qui donne la parole à des apostats, ce qui n’est pas le cas de ma chauffeur – ils n’ont pratiquement pas de voix. Sans doute ont-ils peur de parler. Comment leur en vouloir ? Les quelques voix charismatiques, tels Waleed Al-Husseini, Boualem Sansal ou Zineb el Rhazoui, qui consacrent leur vie à nous alerter sur le péril islamiste, le font au risque de leur intégrité physique.

Milliers d’anonymes, à vos plumes!

L’épisode de l’adolescente Mila en a encore témoigné : en 2020 en France, dire publiquement du mal de l’islam peut vous faire sortir de l’anonymat de la pire façon qui soit et briser votre vie, ceci dans l’indifférence complice de nos ministres. Ceux qui pensent, comme ma chauffeur, que des broderies islamistes s’immiscent solidement dans le tissu français devraient donc prendre la plume sous pseudonyme. Car même en restant anonymes, ils nous rendraient sans doute un fier service.

Milliers d’anonymes, vous qui comme ma chauffeur êtes choqués « de voir qu’en France, le pays des Droits de l’homme, le pays des libertés, l’islamisme est là », sortez de votre mutisme et exprimez-vous! Si vous lisez ces lignes, écrivez-moi donc, Causeur transmettra. Nul besoin de manier le lyrisme comme Victor Hugo pour être entendu. Souvent, quelques mots bien sentis valent peut-être mieux que de longs discours. Le temps presse mais il n’est pas encore trop tard pour agir. À vos plumes!

Fellini, la Strada des souvenirs

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Federico Fellini en 1962, album de famille © DOLCETTI/OGGI/PALLOTTELLI/MOROLD Numéro de reportage : 00236932_000004

L’Institut culturel italien de Paris célèbre cette semaine le centenaire du réalisateur sur le thème « Fellini et les arts ». Par ailleurs, différents cinémas de la capitale diffusent ses films.


La mémoire de Fellini (1920-1993) n’a pas besoin en vérité d’une date anniversaire butoir pour être ravivée à travers le monde entier. Le temps n’a pas de prise sur l’œuvre de Federico. Son nom, sa silhouette, ses dessins, son emphase naturelle, ses talents de conteur et ses histoires boulevardières suffisent à ouvrir les vannes de notre subconscient. Il fut et restera le tuteur de notre jeunesse brouillonne. L’artisan de nos emballements et de notre propension à s’inventer une autre réalité. Un guide en douces extravagances. Il donnait corps à notre présent en le transfigurant et en le rendant enfin acceptable. Le maître du cinéma italien, ogre de pellicule, dévore nos pensées depuis si longtemps maintenant. Il aura réussi à déformer notre vision, à nous rendre la vue en quelque sorte et à nous dépouiller de nos vieux réflexes calotins. Avant lui, nous étions affreusement aveugles, incapables de voir la beauté étrange d’une matrone abandonnée sur une plage déserte ou de sentir le souffle chaud de la transgression romaine. Les monstres devinrent nos alliés. Des gueules pas possibles peuplèrent nos nuits. Les lumières de la ville ceintureraient dorénavant nos espoirs. Et des femmes aux seins immenses s’agitaient autour de nous dans une danse macabre et érotique. Une Italie aux teintes délavées et à l’humour puissamment désespéré prenait forme.

A lire ensuite: Commençons l’année avec la Loren!

Un trafiquant d’images

Chez Fellini, le miracle de l’Après-guerre n’était pas d’ordre économique mais d’inspiration nostalgique. Dans cette cour des miracles, nous avions trouvé enfin un sens à notre vie. Fellini nous renvoyait le miroir de notre existence. Fantasque et absurde. Douloureuse et comique. Familière et outrancière. Tout serait désormais prétexte à la transformation des souvenirs et au recyclage des rêves. Aujourd’hui plus qu’hier, où la société semble enfermée dans un conformisme glaçant, ses films nous ouvrent des chemins de traverse, des sorties d’autostrade. Alors, échappons-nous un instant de cet enfer en courant (re)voir Fellini !

A lire aussi: Bernard de Fallois, de Proust à Fellini

L’Institut culturel italien de Paris célèbre cette semaine le centenaire du réalisateur sur le thème « Fellini et les arts », jusqu’au 3 février par une série de conférences et de séances dans différents cinémas de la capitale (Balzac, Ecoles Cinéma Club, Panthéon, Louxor) et aussi en passant par la Maison de la Poésie. Après Fellini, il ne fut plus possible d’apercevoir le chapiteau d’un cirque, le visage d’un clown ou une fontaine vespérale sans que notre imagination vagabonde. Ce trafiquant d’images, inventeur de fables, cartooniste de l’éphémère vampirisait sa propre vie. Le cinéma était sa façon à lui de se retrouver comme il le confia à Dominique Delouche lors d’entretiens filmés par André Delvaux entre 1960 et 1962. Si l’on veut comprendre ou plutôt entrevoir la mécanique fellinienne à la manœuvre, il faut se procurer Fellini au travail, un coffret DVD produit par Carlotta, sorti il y a une dizaine d’années. Sur le ton d’une fausse-vraie confession, Fellini se racontait en laissant surtout libre court à son esprit enjôleur et mystérieux. Une simple fugue de son collège prenait des allures d’Odyssée intérieure. Je crois que jamais un réalisateur n’a été aussi loin dans la propre narration de sa vie. Il fut aussi l’un des rares à théoriser l’importance de la province comme substrat à la création artistique. Elle dit beaucoup de l’attachement de l’homme devenu adulte à cette adolescence un peu instable, Fellini malaxe sans cesse ce terreau pour en extraire une quintessence fantasmée. « Je crois aux artistes qui viennent de la province, leur formation culturelle s’accomplit vraiment sous le signe de la fantaisie c’est-à-dire à quelque chose qui contraint à l’immobilité par le silence et la torpeur » avouait-il à celui qui deviendra plus tard son futur assistant.

Le mythe Dolce vita

Pour approcher le mythe, on peut également relire sa longue conversation avec José Luis de Vilallonga parue chez Michel Lafon en 1994. Et puis aussi prendre une voie détournée, celle d’Ennio Flaiano (1910-1972), son plus proche collaborateur, scénariste de La strada, La dolce vita, Huit et demi et Juliette des esprits. Ce chroniqueur phénoménal obtint dès 1947 le prix Strega pour Tempo di uccidere. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, les éditions Le Promeneur publièrent son Journal nocturne, son Autobiographie du Bleu de Prusse et surtout La solitude du satyre. Dans ce recueil époustouflant d’intelligence et de férocité sur la société italienne, l’auteur consacrait quelques feuillets à la via Veneto. Nous étions en juin 1958. Le tournage de la dolce Vita ne démarra qu’en 1959. « Je travaille avec Fellini et Tullio Pinelli, à épousseter une de vos vieilles idées de film ; celle du jeune provincial qui vient à Rome pour être journaliste. Fellini veut l’adapter aux temps qui courent, tracer un portrait de cette société des cafés qui papillonne entre érotisme, aliénation, ennui, et une soudaine aisance. […] Le film aura pour titre La dolce vita, et nous n’en avons pas encore écrit une ligne : nous prenons vaguement des notes et nous déambulons pour rafraîchir notre mémoire des lieux. Ces derniers temps Rome s’est dilatée, déformée, enrichie ». Voilà comme naissent les chefs-d’œuvre…

Consulter le programme du centenaire sur le site de l’Institut culturel italien

La Dolce vita

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La solitude du satyre

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Extraterritorialité du droit américain: coup d’arrêt au droit du plus fort

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Le département de la Justice des États-Unis annonce l'amende de 800 millions de dollars infligée à Siemens pour corruption, 15 décembre 2008. © SOMODEVILLA/ Getty Images/ AFP

La justice américaine vient d’acquitter un cadre de Privinvest, holding d’Iskandar Safa, poursuivi pour fraude et escroquerie. Cet innocent qui a passé onze mois en prison est la victime collatérale d’une guerre économique sourde.


 

Onze mois de prison pour rien. Chef des ventes du groupe de construction navale Privinvest, propriété de l’homme d’affaires Iskandar Safa, Jean Boustani a été acquitté le 2 décembre 2019 par le tribunal de New York des accusations d’escroqueries portées contre lui par le département de la Justice américain (DOJ).

De plus en plus de voix en Europe, et singulièrement en France, dénoncent des procédures et des lois qui serviraient surtout à mettre des bâtons dans les roues des entreprises qui gênent les Américains. Total, Alstom et la BNP en ont fait les frais ces dernières années…

Son histoire tient du cauchemar. Ce cadre libanais avait été arrêté le 2 janvier à l’aéroport Kennedy, par lequel il transitait sur la route des vacances. Sans le savoir, il était sous le coup d’un mandat d’arrêt. L’État américain le poursuivait sur des fondements que des juristes sérieux qualifient de démentiels.

Tout commence en 2013. Le Mozambique veut acheter des navires de pêche et des vedettes de surveillance. Il emprunte sur les marchés financiers et passe commande aux chantiers navals de Privinvest, les Constructions mécaniques de Normandie, à Cherbourg. Jean Boustani s’occupe du dossier. Les bateaux sont livrés mais, hélas, la pêche au thon ne rapporte pas les fortunes escomptées. Sur fond d’incurie généralisée et de corruption, les gisements d’hydrocarbures off shore qui devaient sortir le Mozambique de la misère restent sous-exploités. L’État africain se retrouve en faillite en 2016. Il ne peut rembourser ses créanciers. Aux États-Unis, certains d’entre eux, représentés par des fonds d’investissement, saisissent la justice. On leur aurait menti, les « Tuna Bonds », ou « emprunts thon », n’affichent pas le rendement annoncé (6 % à 8 %, ce qui est énorme).

Le DOJ sort alors l’artillerie lourde : plusieurs lois adoptées dans les années 1990 et au début des années 2000, qui lui donnent une compétence planétaire. Il suffit que des dollars aient été utilisés ou un citoyen américain spolié pour lancer une procédure. Vont être ciblés Jean Boustani, Najib Allam, un autre cadre de Privinvest, mais également Manuel Chang, ancien ministre des Finances du Mozambique (arrêté en Afrique du Sud), ainsi que trois banquiers du Crédit suisse, coffrés le 3 janvier 2019 au Royaume-Uni, pour infraction au « Foreign Corrupt Practices Act » (FCPA). Impérialisme ? Oui, et à l’état pur, mais au nom du bien… En pratique, de plus en plus de voix en Europe, et singulièrement en France, dénoncent des procédures et des lois qui serviraient surtout à mettre des bâtons dans les roues des entreprises qui gênent les Américains. Total, Alstom et la BNP en ont fait les frais ces dernières années.

À lire aussi: Mozambique : les vedettes de Cherbourg

Dans le cas de Privinvest, la machine s’est grippée. Jean Boustani a décidé de plaider non coupable. Il a refusé de transiger avec le DOJ, ce que font la plupart des entreprises (voir entretien avec le député LREM Raphaël Gauvain). C’est ainsi qu’il s’est retrouvé devant un jury populaire, à Brooklyn, en novembre 2019. « Les décisions d’acquittement ne sont pas motivées aux États-Unis, expliquent ses avocats, Jacqueline Laffont et François Artuphel. Nous ne savons donc pas exactement ce qui a convaincu les jurés de l’innocence de Jean Boustani. » Il y avait trois chefs d’accusation : fraude aux valeurs mobilières, blanchiment et escroquerie par voie électronique. « Jean Boustani n’a jamais travaillé ni même vécu aux États-Unis, soulignent les avocats. Il n’a jamais été en contact avec les investisseurs qui se disent trompés et qui sont d’ailleurs bien plus aguerris en matière financière qu’un cadre de la construction navale ! » Certes, Jean Boustani avait admis le versement de commissions à des intermédiaires au Mozambique. En France comme aux États-Unis, il s’agirait de pots-de-vin, mais le climat des affaires est différent au Mozambique. Par ailleurs, ces commissions n’ont pas de rapport démontré avec la catastrophe des Tuna Bonds. La corruption est fréquente en Afrique, que les projets aboutissent ou non.

Le sort des autres accusés du scandale des Tuna Bonds est encore en suspens. Le Mozambique va un peu mieux. Le 12 décembre, les États-Unis ont annoncé un programme d’aide de plusieurs centaines de millions de dollars au profit de ce pays stratégique. En France, l’acquittement de Jean Boustani a été nettement moins médiatisé que son arrestation[tooltips content= »Le 30 octobre, en plein procès de Boustani, Emmanuel Macron a, en tout cas, accepté de faire la une de Valeurs Actuelles, propriété d’Iskandar Safa, en plein procès de Jean Boustani, et cela à l’occasion d’un voyage officiel à la Réunion et à Mayotte, juste en face du Mozambique. L’entourage d’Iskandar Safa assure que c’était une coïncidence. »][1][/tooltips]. Il est pourtant de bon augure. Les jurés populaires américains ne souhaitent pas nécessairement que leur justice se transforme en bras armé de la politique étrangère américaine, même au nom de la morale.

Nous sommes tous potentiellement concernés. Voté en mars 2018, le « Cloud Act » autorise les forces de l’ordre et les agences de renseignement américaines à consulter les données personnelles de n’importe quel client d’un opérateur télécom ou d’un hébergeur, y compris lorsque le client et le serveur qui stocke ses données se trouvent à l’étranger et n’ont aucun rapport avec les États-Unis. La personne concernée n’en sera même pas informée.

« Nous devons nous défendre »

Entretien avec Raphaël Gauvain, avocat et député LREM, auteur d’un rapport sur la protection des entreprises contre les lois et mesures à portée extraterritoriale, remis au Premier ministre en juin 2019.

Propos recueillis par Erwan Seznec.

Causeur. Que pensez-vous de la libération de Jean Boustani ?

Raphaël Gauvain. C’est l’exception et non le cas d’espèce. Il est fort rare qu’un prévenu soit innocenté dans ce genre de dossiers, où la justice américaine applique l’extraterritorialité du droit américain.

Est-ce à dire que les tribunaux américains sont aux ordres ?

Pas du tout, car dans l’immense majorité des cas, les firmes incriminées transigent avec le DOJ, ce qui fait que le contentieux n’arrive jamais devant un tribunal indépendant. Les lois extraterritoriales sont instrumentalisées. Les poursuites vont souvent dans le sens des intérêts économiques américains.

Raphaël Gauvain à l'Assemblée Nationale le 3 octobre 2018. © Jacques WITT/ SIPA
Raphaël Gauvain à l’Assemblée Nationale le 3 octobre 2018.
© Jacques WITT/ SIPA

Pourquoi accepter de négocier avec le département de la Justice, dès lors qu’aucune infraction n’a été commise sur le sol américain ?

Tout simplement parce que les États-Unis appliquent des mesures de rétorsion dès que les accusations sont formulées, sans attendre un jugement. Le DOJ lance une procédure, il fait arrêter des cadres, y compris à l’étranger, et immédiatement le gouvernement décrète des sanctions. Les entreprises qui veulent continuer à travailler là-bas, ou qui recourent à des sociétés américaines, sont obligées de négocier.

Que faire ?

On ne peut pas attendre que le système américain change. La France et l’Union européenne doivent se défendre et protéger leurs entreprises. Je fais des propositions en ce sens. C’est un sujet technique, mais de première importance.

 

Nicole Belloubet: la garde des Sceaux bien dans son époque

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Nicole Belloubet en novembre 2019 © KONRAD K./SIPA Numéro de reportage: 00933737_000031

Nicole Belloubet est sous le feu des critiques suite à ses propos tenus hier sur Europe 1. Interrogée sur l’affaire de la jeune Mila, la garde des Sceaux a affirmé qu’ « insulter les religions, c’est porter atteinte à la liberté de conscience ». L’exécutif avait restauré le délit de blasphème, mais ne nous avait pas prévenus ! Dans ce portrait, rédigé avant ces maladroites déclarations, nous rappelons que si Belloubet semble si sage, sa politique progressiste appelle pourtant bien des commentaires (notamment sur le djihadisme, la pédophilie, le féminisme et la politique carcérale).


Est-ce son apparence de grand-mère-confiture, extrêmement convenable et juste un peu sexy grâce à sa longue chevelure indisciplinée ? Est-ce son look de mamie idéale que les ados rêvent de présenter à leurs copains quand ceux-ci viennent faire les devoirs à la maison (en réalité se gaver ensemble de smartphone) ? Est-ce une relative discrétion qui l’empêche de défrayer la chronique par ses coups d’éclats, comme faisait Christiane Taubira ?

A lire aussi, Béatrice Brugère: Affaire Halimi: Macron a raté une occasion de se taire

En tout cas Nicole Belloubet, ministre de la Justice d’Emmanuel Macron, n’attire pas le feu roulant de critiques exaspérées qu’attirait sur elle la précédente Garde des Sceaux[tooltips content= »Cet article a été rédigé avant les propos tenus par Nicole Belloubet sur l’affaire Mila le 29 janvier NDLR »](1)[/tooltips].

Viol à distance

Cette mansuétude de l’opinion et des médias est profondément injuste car Nicole Belloubet fait largement pire que Taubira. Preuve est faite que les gouvernements socialistes de la Vème République peuvent toujours tomber plus bas. On savait qu’elle méditait une loi de “refondation pénale”, ce qui en langue de bois macroniste veut dire qu’on va encore réduire les peines de prison pour les remplacer par des dispositifs aussi efficaces que les rappels à la loi ou les bracelets électroniques, dont le crime de Saint-Etienne-du Rouvray a montré la merveilleuse efficacité. Mais on apprend dans le Figaro du 22 janvier que c’est une “réforme des peines qui va à rebours de la criminalité”. On se lamentait sur le laxisme de la justice, on découvre que les juges sont en train de réagir et que, face à la montée des violences, ils ont décidé de distribuer les peines de prison ferme avec beaucoup plus de sévérité. Problème : où va-t-on incarcérer tout ce beau monde, puisque les prisons sont déjà saturées et que le bisounoursisme macronien empêche d’en construire de nouvelles ?

A lire aussi, Renée Fregosi: Messieurs-Dames les sénateurs, encore un effort pour combattre l’islamisation!

Ce même 22 janvier, la belle (ou la bête?) fait encore parler d’elle. Le Point.fr annonce qu’elle souhaite créer l’infraction de “viol à distance” pour contrecarrer les phénomènes de criminalité et singulièrement de pédocriminalité sur internet. Il est possible de commander sur le darknet qu’un viol soit commis à l’autre bout du monde pour vous être ensuite livré chez vous sous forme de vidéo. Le problème existe, même si les méfaits commis en France en une année sont bien moins nombreux que les mains aux fesses ou à la poche qui contient le portefeuille en un seul jour d’une seule ligne de métro parisien, à condition bien sûr qu’elle fonctionne. Gageons que l’idée de “viol à distance” va avoir beaucoup de succès chez les ultraféministes et qu’elles vont bientôt réclamer la pénalisation des regards masculins trop appuyés.

Pour l’instant les “viols à distance” ne concernent que la pédopornographie. Ce qui donne l’occasion à Zorro Nicole de réclamer l’alourdissement des sanctions contre la consultation d’images pédopornographiques. Fort bien. Elle suit d’ailleurs la voie tracée par Emmanuel Macron qui a réclamé une telle mesure dès le mois de novembre dernier. Une question se pose : est-ce que la mise en valeur du pédophile dans la démonologie macroniste ne sert pas à cacher le djihadiste ? Le pédophile est apparemment devenu la figure absolue du mal, même s’il ne tue pas et se contente d’abuser physiquement de ses victimes. Le père Preynat a eu droit à ses sept années de prison ferme, c’est plus que beaucoup des djihadistes qui vont être relâchés dans la nature cette année. Il est loisible et sans risques de dire tout le mal qu’on voudra des pédophiles, aucune milice d’autodéfense des PPP (pro pedophiles people) ne viendra vous dézinguer à la kalachnikov.

Notre garde des sots: « Vous n’aurez pas ma haine »

Mais poursuivons la comparaison de ces deux pratiques hautement condamnables que sont le djihadisme et la pédophilie, plus exactement de la façon dont elles sont vues et jugées par l’opinion. Il s’est trouvé beaucoup de gens pour essayer d’entrer dans les raisons des terroristes djihadistes, dont le fameux Antoine Leiris et son trop fameux Vous n’aurez pas ma haine, devenu un slogan dans le camp du Bien. Au contraire, personne ne s’est jamais avisé de dire à un pédophile : “Tu n’auras pas ma haine”. Ce doit être pourtant une sexualité terrible à vivre, un chemin de nuit accidenté entre la honte, le désir, la culpabilité, et l’impossibilité totale de trouver écoute et sympathie chez quiconque. C’était un peu le sort des homosexuels dans les périodes et les pays très répressifs : quand j’écoute la sublime musique de Tchaïkovski, je pense à la vallée de larmes que fut sa vie sexuelle et sentimentale.

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Il n’existe à ma connaissance qu’un film qui adopte le point de vue du pédophile et le prend un peu en pitié : c’est Little Children de Todd Field, sorti en 2006. Il a été tourné dans une banlieue chic de Boston et croise les destins de plusieurs personnages dont le point commun est la frustration sexuelle. Le pédophile, joué par Jackie Earle Haley, qui obtint d’ailleurs l’Oscar du meilleur second rôle en 2007, a été relâché de prison, il essaie de s’amender, mais sa présence dans une piscine publique est signalée, ce qui donne lieu à une scène de panique générale grandiose, digne de figurer dans les anthologies. Il s’essaie vainement à l’hétérosexualité et à fin, dégoûté du monde, des autres et de lui-même, il s’émascule à mort dans un parc public.

Régis Debray explique dans son dernier livre Le Siècle vert que nous vivons dans un ordre moral dominé de plus en plus par le féminisme. Un ordre moral qui est devenu la religion d’aujourd’hui, une religion qui ne comporte ni pardon ni amour du pécheur. Nicole Belloubet est la parfaite incarnation de cet ordre moral féminisé qui se permet comme celui des Jésuites dénoncé par Pascal dans les Provinciales au XVII ème siècle de faire de la casuistique, c’est-à-dire du cas par cas dans l’examen des crimes et délits.

A voir: Elisabeth Lévy, directrice de Causeur, réagit sur Sud Radio aux déclarations de Nicole Belloubet concernant l’islam et la jeune Mila

 

Le Siècle Vert: Un changement de civilisation

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Vous n'aurez pas ma haine

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Parlons énergie: arrêtons les folies

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Champ d'éoliennes en Espagne. © Budrul CHUKRUT/ SOPA Images/ Sip/ SIPA

Aux grands problèmes écologiques répondent les solutions désastreuses de nos hommes politiques…


La présence de Monsieur Hulot au Ministère de l’Ecologie a été loin d’éclairer le débat énergétique national mais nous nous enfonçons encore plus dans l’obscurantisme depuis son départ tandis que lui devient encore plus militant qu’hier pour des causes perdues : le péril est désormais aussi démocratique, c’est-à-dire que le « bien »  ayant été défini de manière définitive , il faut combattre le « mal » d’où qu’il vienne à l’intérieur de nos frontières comme à l’extérieur, et ainsi devenir la référence mondiale pour sauver les générations futures du cataclysme annoncé… désiré ? En paraphrasant Chateaubriand « Levez-vous vite orages désirés, qui devez emporter Nicolas dans les espaces d’une autre vie », on peut changer les prénoms à l’infini.

Pourquoi passer de 75% à 50% ? Parce que c’est trop ! Ah bon ! Et pourquoi on veut faire des éoliennes en mer qui sont intermittentes, couteuses, déplorables pour la faune et la flore en plus de pourrir les paysages ? Parce que c’est le bien et il faut faire le bien

Comme autrefois le « socialisme dans un seul pays » qui devait irriguer la terre entière, on commence par la nécessité autoritaire de montrer la voie au monde entier, il y a urgence climatique d’une part, et péril nucléaire d’autre part. Le fait que les deux objectifs soient contradictoires importe peu, on va faire les deux « en même temps ». Réduire le nucléaire de 75 à 50% dans la production électrique fait mécaniquement augmenter le CO2 (et donc les gaz à effet de serre) puisque l’intermittence du solaire et du vent obligent à prévoir des centrales à gaz. Qu’importe, on va installer des stockages partout, il en coutera des milliards (33 d’après les militants de RTE) et on va faire des recherches qui réussiront vite puisque nous sommes les plus intelligents de la planète : les chercheurs se cassent la tête sur le sujet depuis une centaine d’années mais nous avons des génies, ils sont connus ?

À lire aussi: Les écolos contre l’écologie

On commence par fermer un réacteur à Fessenheim pour des raisons électorales puis on veut programmer treize autres arrêts. Peu importe qu’ils fonctionnent bien et qu’ils soient amortis, donc payés, nous sommes tous riches, pas endettés et puis nous avons à montrer l’exemple, n’est-ce pas ? Peu importe aussi que nous ayons le meilleur bilan carbone avec celui des pays nordiques qui ont fait le plein d’énergie hydraulique, on va faire mieux en faisant moins bien d’abord, et on en profitera pour briser la filière nucléaire qui est le « mal ». Le vent et le soleil sont gratuits, vous ne le saviez pas ? Hé bien on vous le dit matin, midi et soir, et si vous n’avez pas compris les publicités automobiles vous le montrent, des enfants heureux dans des voitures électriques contemplant des éoliennes tranquilles sur le bord des routes ! Publicités mensongères, certes, mais quelle belle manipulation de l’enfance !

Nos génies de l’écologie

Pourquoi passer de 75% à 50% ? Parce que c’est trop ! Ah bon ! Et pourquoi on veut faire des éoliennes en mer qui sont intermittentes, couteuses, déplorables pour la faune et la flore en plus de pourrir les paysages ? Parce que c’est le bien et il faut faire le bien. Et alors on rêve d’un mix électrique 50% nucléaire 50% renouvelable en y incluant les 12% d’hydraulique pilotable. Mais dans l’état actuel du stockage il faut des centrales à gaz, et on doit changer tout le réseau, les fameux 33 milliards, c’est seulement pour demain… cela ne fera qu’augmenter. Mais le contribuable est riche, c’est connu et le client aussi, et puis c’est l’État qui paie, donc tout va bien. Tout ceci est déraisonnable et nous met à une vitesse vertigineuse dans le mur, il faut d’urgence arrêter les bêtises, car notre industrie en périra, le prix de l’électricité était il y a peu un des rares endroits de compétitivité de notre pays.

Que dire du délire anti-fossiles, alors que 85% de l’énergie mondiale est d’origine fossile et que ceci ne va pas s’effacer parce que des députés émotifs veulent l’éradiquer en France ?

La vraie écologie part de Stockholm 1972 : pensez globalement, agissez localement de René Dubos, et en ce qui nous concerne nous ne savons pas ce qui est le mieux pour nous d’un progrès de consommation et d’usage de la voiture thermique (essence ou diesel) ou de la voiture électrique dont nous ne maitrisons pas l’organe essentiel, la batterie (40% du cout). Le consommateur n’arrive pas à se persuader du gain de la voiture électrique pour lui malgré les incitations gouvernementales et les injonctions de la Commission Européenne.

Nous avons un des meilleurs bilans carbones de la planète, conservons-le et améliorons-le. C’est également notre héritage, détérioré depuis quelques années avec une politique démente de construction démesurée d’éoliennes

Le « totalitarisme » écologique aimerait nous orienter vers le « bien », mais nous résistons encore parce que la thermique est moins chère et plus pratique. La seule vérité en la matière c’est que la concentration urbaine nécessite de faire reculer la thermique dans les villes, mais si on le fait, c’est au profit de transports alternatifs et non de diktats punitifs. Qui vit dans les villes et qui se déplace ? Si les vieux doivent faire du vélo, ils seront obligés de partir tous à la campagne ou dans les mouroirs appelés EPHAD.

Avancer pas à pas

Il ne restait plus que le plastique qui devait aussi être interdit, c’est chose faite désormais, surtout le plastique issu de la transformation des hydrocarbures. Mais là encore le déni de réalité frappe. On peut faire du plastique à partir des plantes, dit « bio plastique », mais il est plus cher, beaucoup plus cher et… moins bio dégradable ! Car le pétrole et le gaz sont des produits « naturels » préparés par notre mère la terre pendant des millions d’années. Cette bio-culture gratuite est ignorée par nos génies actuels mais c’est la science dont ils ignorent également l’existence et les lois.

À lire aussi: Tri sélectif: le pollueur est une ordure

La solution ? Héritage, Traditions, Projet nous dit Hannah Arendt.

Nous avons des centrales nucléaires désormais quasi gratuites, utilisons-les. C’était peut-être une erreur, mais c’est notre héritage comme le château de Versailles ou la Tour Eiffel. Notre tradition est d’utiliser le moteur thermique essence ou diesel, partons aussi de là pour faire évoluer les choses et rendre nos villes habitables, pour tous et pas seulement pour les adeptes de trottinettes et de vélos. Nous avons un des meilleurs bilans carbones de la planète, conservons-le et améliorons-le. C’est également notre héritage, détérioré depuis quelques années avec une politique démente de construction démesurée d’éoliennes. Nous devons avoir un meilleur mix énergétique, d’accord, mais chaque pas doit aller vers un mieux et non vers des délestages programmés et des pénuries pour nous « punir ». Si nous souhaitons modifier notre offre de véhicules individuels, soignons notre offre nationale pour ne pas tirer un trait sur une industrie qui mobilise plus de 5% de nos actifs nationaux. Ne créons pas indéfiniment des emplois à Pékin pour « sauver la planète »!

Arrêtons tout simplement d’être stupides et de croire que la France peut changer les lois de la physique, de la chimie et de la biologie de la planète. Je ne sais pas ce qu’il en sera de Mars, mais sur la Terre, notre Terre, tout changement d’état conduit à une perte de rendement, et j’engage tous les rêveurs à méditer cette difficulté, tandis que pour capter l’énergie du soleil, malgré toute notre science, les plantes font encore bien mieux que nous…

Le Mouton noir: 40 ans dans les coulisses de la République

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Les Français se mobilisent sur les retraites mais ignorent la loi bioéthique

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Pierre Manent Photo: Hannah Assouline

La journaliste Elisabeth Lévy reçoit le philosophe Pierre Manent dans l’Esprit de l’Escalier sur REACnROLL, la webtélé des mécontemporains (5€ par mois). Au cours d’un débat passionnant sur la tyrannie des moi, est évoqué le projet de loi bioéthique en cours d’élaboration, instituant un droit à l’enfant. Causeur vous propose de lire un petit extrait de cet échange.


Elisabeth Lévy. Les Français se mobilisent pour les retraites, mais en revanche je suis frappée de constater que la loi sur la bioéthique est en train d’être discutée dans une quasi-indifférence. Les manifestants anti PMA affirment que c’est parce qu’ils ne cassent rien dans la rue. Il y a peut-être un peu de vrai. Mais dans le fond, ce sujet mobilise-t-il malgré tout l’opinion comme il le devrait ?

Pierre Manent. On considère que de toute façon les jeux sont faits. Certains contestent et formulent leurs critiques. Mais je pense que le corps social a entériné l’idée que l’artificialisation de tout ce qui concerne la procréation est un fait acquis, que la science le permettant, la légitimité exclusive des droits individuels le nourrissant, nous irons au bout du processus. Les revendications les plus extrêmes seront finalement entérinées par la loi. 

Elisabeth Lévy.  Est-ce qu’il n’y a pas néanmoins une forme de légèreté “anthropologique”, laquelle nous fait dire « qu’est-ce que ça change après tout puisqu’elles le veulent, c’est normal, etc. » ?

Pierre Manent. Je pense que c’est plus qu’une légèreté, c’est une imprudence. Les repères de la vie humaine sont en voie d’être effacés. Nous n’avons déjà plus les mots pour dire ce que nous sommes en train de faire. Nous ne pouvons plus dire père, mère… Alors qu’est-ce qu’on va dire ? Parents, projets, X ? Quand on rentre dans une démarche qui ne peut plus être mise en mots, alors on rentre dans une expérience d’une rare imprudence…

Opposition à la réforme des retraites, malaise dans la démocratie représentative, projet de loi sur la bioéthique : retrouvez 30 minutes d’échanges sur RNR.TV

Elisabeth Lévy. (évoquant la PMA pour les couples de lesbiennes) La plupart des jeunes ne comprennent pas qu’une norme, même si elle ne concerne que très peu de gens, change profondément les choses. Ils ne comprennent pas qu’ébrécher la norme là-dessus est déjà un saut dans l’inconnu.

Pierre Manent.  Bien sûr. On dit : « étendre le mariage aux couples de personnes de même sexe, ça n’enlève rien à personne… » Si, puisque cela change radicalement le sens de l’institution du mariage. [Dans cette affaire] c’est le mariage qui est en cause, pas les couples homosexuels. La chose est très simple, il y a des étreintes fécondes et des étreintes qui ne le sont pas. L’humanité depuis toujours doit organiser l’institutionnalisation des étreintes fécondes, parce que l’humanité a ce besoin de se reproduire. [Avec la PMA pour toutes] nous allons nous détacher entièrement de toute base naturelle, alors que la base naturelle était cette union féconde de l’homme et de la femme. Je me répète, on ne pourra plus dire ce que l’on fait.

Elisabeth Lévy. Il y a une base parfaitement claire dans ce qui est en train de se passer c’est le désir d’enfant. On va donner à tous l’accès aux “ingrédients manquants” pour que chacun, chacune puisse satisfaire ce désir d’enfant. 

Pierre Manent. Oui, mais on ne peut pas séparer les droits de la vie que l’on mène. Les droits doivent avoir un rapport à la conduite de la vie. Les droits du travail sont en rapport avec une vie de travailleur. Les droits d’accès à l’université ont un rapport avec le travail intellectuel que l’on conduit. L’enfant vient naturellement dans l’engagement d’une vie de couple. Les biens du monde humain ne sont pas offerts comme des boites dans un supermarché, ils sont liés à une certaine conduite de la vie…

A lire aussi: PMA: décidément, le Sénat ne sert à rien

Elisabeth Lévy. D’accord, mais à partir du moment où la médecine vous permet de casser ce lien entre un certain mode de vie, celui de l’hétérosexualité et la reproduction, au nom de quoi cela ne devrait pas changer ?

Pierre Manent. Au nom de quoi, quelqu’un peut dire « Parce que c’est mon désir, je veux que mon enfant n’ait pas de père ou pas de mère » ? L’humanité est fournie en deux versions : homme et femme. La tâche humaine c’est de les combiner. C’est cette altérité première qui doit être institutionnalisée. Une humanité qui tourne le dos à la nécessité d’articuler cette altérité première, tourne le dos à sa propre condition. C’est une façon de nous fuir nous-mêmes. Nous fuyons les constituants les plus fondamentaux de notre nature. 

Elisabeth Lévy. Tous les partisans de cette transformation vous disent que l’on va changer de civilisation, changer d’humanité et nous trouvons ça très bien.

Pierre Manent. Je ne trouve pas ça bien du tout. Et nous avons des arguments solides contre….

>>> Retrouvez la suite de cet échange sur RNR.TV <<<

PMA: décidément, le Sénat ne sert à rien

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Gérard Larcher au Sénat le 14 février 2019. © Jacques WITT/ SIPA

Loi Taubira, loi sur la bio-éthique, une fois de plus, le Sénat est aux fraises quant à la place qu’il est sensé tenir.


J’ai longtemps été un défenseur du Sénat – et du bicamérisme en général. L’idée d’une deuxième chambre plus modérée, plus proche par son mode d’élection de la France des terroirs, moins livrée aux emportements de la chambre dite basse, élue, elle, au suffrage universel, me paraissait un héritage précieux.

Quoique admirateur du général de Gaulle sur beaucoup de sujets, je pensais qu’il avait fait une erreur en s’en prenant à lui en 1969.

En votant comme il a voté, le Sénat se met certes à l’abri des foudres immédiates des milices LGBT, celles qui empêchent les opposants à leurs idées de s’exprimer, mais ce faisant, il montre à un public plus large qu’il ne sert à rien

Que le Sénat où pourtant En marche est très minoritaire, ait voté, pratiquement sans débat, le projet de loi relatif à la bioéthique comprenant la possibilité pour les femmes seules ou en couples de femmes, d’avoir des enfants par une insémination artificielle anonyme (dite PMA) m’a convaincu que le Sénat est bien une institution dépassée.

Ce faisant, il a manqué à deux de ses missions essentielles.

La voix de l’opposition

La première est de tenir lieu d’opposition quand le gouvernement n’en rencontre pas ailleurs, notamment quand il contrôle l’Assemblée nationale. C’était le cas dans les années soixante. Face à une assemblée dominée par ce qu’on appelait alors les « godillots », le président Monnerville comprit que le Sénat seul pouvait exprimer les réserves de l’opinion vis-à-vis du général de Gaulle dont la popularité commençait à s’éroder.

À lire aussi: Mariage pour tous, PMA, GPA: une droite de déserteurs

Cette fonction d’opposition est certes inutile, voire malvenue, quand un nouveau gouvernement à la légitimité toute fraîche et jouit d’un soutien large; mais quand cette popularité s’affaiblit, que le gouvernement commence à s’user, que l’opinion commence à s’en détacher, le Sénat – quand il est dans l’opposition comme c’était le cas dans les années soixante et comme c’est aussi le cas depuis quelques années – a le champ libre pour dire tout haut ce que l’Assemblée nationale ne peut pas dire. Quelle situation plus favorable que celle d’aujourd’hui où le président Macron ne bénéficie plus que de moins de 20% d’opinions favorables, qu’il a accumulé les frustrations de tous côtés : gilets jaunes, syndicats, professions libérales, corps médical, pompiers, que ni lui ni ses ministres ne peuvent plus sortir sans se faire conspuer ? Las, Gérard Larcher n’a pas l’étoffe d’un Gaston Monnerville. En ne se distanciant pas du gouvernement sur un sujet aussi controversé – ou sur d’autres – il a manqué une occasion de montrer que le Sénat servait encore à quelque chose.

Le bon sens face à l’idéologie

L’autre fonction du Sénat est celle de modérateur : il représente la voix du bon sens face aux emportements idéologiques. Pour ses opposants, quel projet plus contraire au bon sens que la PMA pour femme seule ? Les intéressées pourraient avoir un enfant avec un homme mais elles refusent ce moyen simple. Projet estimé contraire à la justice aussi puisqu’il entraine un grave préjudice pour l’enfant ainsi « fabriqué » – et donc contraire à un principe républicain essentiel : « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (article 4 de la Déclaration des droits de l’homme). Or la « liberté » ainsi validée consiste à permettre à des femmes d’attenter au droit éminent de tout enfant d’avoir un père, naturel ou adoptif, vivant ou mort, mais identifié.

En dehors de l’Occident, le monde entier rit de ces projets sociétaux excentriques où nous nous complaisons de plus en plus. Il nous tient pour des malades !

Quel est l’ennemi du bon sens ? C’est l’idéologie. L’idéologie tourne toujours un jour pour l’autre à la folie. Or la théorie du genre qui sous-tend toutes ces excentricités est une idéologie. Il n’est certes pas facile de s’opposer à l’idéologie, car elle entraine avec elle le manichéisme, la violence verbale et la marginalisation de ceux qui s’y opposent. Mais celui qui préserve les droits du bon sens face à l’emportement idéologique aura un jour sa récompense. Rien ni personne ne remettra en cause sa raison d’être car, quelque part, il aura avec lui le peuple, la masse de ceux qui ne sont « pas assez instruits pour raisonner de travers » (Montesquieu). En votant comme il a voté, le Sénat se met certes à l’abri des foudres immédiates des milices LGBT, celles qui empêchent les opposants à leurs idées de s’exprimer[tooltips content= »Ainsi Sylviane Agacinski à l’Université de Bordeaux »][1][/tooltips], mais ce faisant, il montre à un public plus large qu’il ne sert à rien.

À lire aussi: Sylviane Agacinski interdite de parole, ça vous étonne?

D’autant qu’une majorité de sénateurs, n’en doutons pas, pense in petto que cette réforme est folle, mais la lâcheté l’a empêchée de le dire.

Il se peut que l’élargissement du recours à la proportionnelle aux élections sénatoriales ait modifié la composition de cette assemblée et facilité l’entrée des idéologues – toujours plus à l’aise dans les appareils qui dressent les listes que face à un électorat comme celui des maires et autres gens de terrain. Il restait pourtant assez de sénateurs pour contrer le mouvement, comme cela avait été le cas avec la loi Taubira – que le Sénat n’a adoptée qu’au prix d’une obscure manœuvre.

Le conformisme idéologique a tué la Chambre des pairs britannique. Il est possible qu’en votant comme il l’a fait le projet fou de la PMA pour toutes, le Sénat ait à terme voté sa propre mort.

La fabrique d´orphelins - Essai

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Disparition de Roger Holeindre, figure de la droite nationale

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Roger Holeindre le 1er mai 2015 à paris. © SEVGI/SIPA Numéro de reportage: 00712376_000015

L’ancien député de Seine-Saint-Denis, qui s’était engagé pour la patrie dès son adolescence, avait répondu aux questions de Causeur en 2017


Roger Holeindre, figure de la droite nationale française, militaire, écrivain et journaliste proche de Jean-Marie Le Pen, faisait partie des fondateurs du Front national.

Il est décédé à l’âge de 90 ans, dans la nuit du 30 janvier 2020.

Il s’était éloigné du parti politique, regrettant que Marine Le Pen prenne la succession de son père à la tête du FN, alors qu’il lui préférait Bruno Gollnisch. En 2017, il avait accordé un entretien à Causeur, que nous vous proposons de relire.


« Je ne suis pas anti-musulman » [Entretien publié le 11 avril 2017]

Daoud Boughezala (Causeur). Tous les attentats islamistes perpétrés en France depuis 2015 ont été le fait d’enfants d’immigrés. A votre avis, ce scénario était-il inéluctable ?

Roger Holeindre. Ce que nous vivons est dû à des décennies d’immigration massive totalement abandonnée à elle-même. Tout a été fait pour que les enfants d’immigrés ne se sentent pas Français ! Quand j’étais député de Seine-Saint-Denis, de 1986 à 1988, je suis monté des dizaines de fois le mercredi à la tribune. Je parlais constamment de l’apprentissage et des mouvements de jeunes tandis que les autres députés criaient : « Holeindre nazi ! Jeunesse à Pétain ! » et me traînaient dans la boue. Je voulais que l’apprentissage commence à 14 ans parce que si on laisse les gamins en échec scolaire mettre le boxon à l’école sans que personne ne s’occupe d’eux, il est trop tard à 16 ou 17 ans pour leur faire mettre les mains dans le cambouis. Il y a encore de bons ouvriers en France capables de former des jeunes. Or, un jeune auquel on montre un moteur de voiture complètement en rade et qui réussit huit jours plus tard à le faire marcher est sauvé pour la vie. La ministre du gouvernement Chirac chargée de l’apprentissage me répondait sans arrêt : « Mon cher ami, vous savez bien que ça n’est pas possible ! » Pourquoi ? Je n’ai jamais eu la réponse.

Mais les enfants des banlieues ne sont pas totalement livrés à eux-mêmes, loin s’en faut. À la fin de votre dernier livre La réconciliation nationale. Lettre ouverte aux Français musulmans (Apopsix, 2017), vous énumérez les plans d’aide successifs aux banlieues depuis vingt-cinq ans et arrivez au total… de cent milliards d’euros !

La banlieue n’a pas été abandonnée sur le plan financier. Mais ce n’est pas avec les « grands frères » qu’on va régler le problème. Ces grands frères n’ont jamais eu aucune formation. Lorsque j’étais député de Sevran, Tremblay et Villepinte, j’ai bien vu comment les choses se passaient sur place. A l’époque, le maire communiste de Sevran m’a à plusieurs reprises envoyé des jeunes qu’il avait sous la main pour me casser la gueule. En cinq minutes, j’arrivais à les convaincre que j’avais raison contre leur laxiste de maire. Mais, depuis quarante ans, tout ce que propose Jean-Marie Le Pen a été assimilé à du nazisme, ce qui explique le marasme dans lequel la France est plongée. Nous défendons pourtant les bases-mêmes d’une nation – frontières, peuple, préférence nationale – que nos opposants critiquaient. Je crois en la France et n’ai rien contre les étrangers qui viennent chez nous, à condition qu’ils n’essaient pas de nous imposer leurs coutumes et ne crachent pas sur la France. Je demande simplement que les frontières soient moins ouvertes, et qu’on accueille les immigrés dont on a besoin, comme le fait le Canada.

En tant que partisan de l’Algérie française, vous vous faites même l’avocat d’une vision assimilationniste de la nation. Quoiqu’hostile à l’immigration de masse, croyez-vous l’islam soluble dans la République ?

Je ne suis pas anti-musulman : en Algérie, j’ai dirigé une troupe scoute et une maison des jeunes. 450 gosses en tout. Lorsque Charlie Hebdo a sorti les caricatures de Mahomet, j’ai même publié un communiqué m’élevant contre ces dessins pour dire que l’islam n’était pas ma religion mais qu’il fallait la respecter. Dans l’armée, l’islam n’était parfois pas sans poser problèmes, par exemple, les sous-officiers algériens musulmans mariés n’amenaient jamais leur épouse aux soirées. Il est sûr et certain que l’islam a été l’obstacle principal au fait que les Algériens deviennent entièrement des français. Mais j’ai tout fait pour qu’ils le deviennent, sans jamais critiquer leur religion, sauf les demandes communautaristes de viandes hallal qui, comme le casher, compliquent la vie sociale en instaurant des espaces séparés dans les cantines et ailleurs.

Sur ce point, votre discours est assez proche des positions de Marine Le Pen, que vous critiquez par ailleurs…

Je suis membre fondateur du Front national que j’ai quitté lors de son élection à la présidence. Marine Le Pen ne croit en rien, sauf en ses chances de devenir présidente de la République. Elle n’a ni les idées politiques de son père ni les miennes. J’aurais préféré que Marion Maréchal-Le Pen soit candidate à la place de sa tante. C’aurait été un joli coup car elle est jeune, belle et présente bien. De surcroît, je ne l’ai jamais entendue dire de bêtises. L’avenir de notre pays dépend de garçons et de filles comme elle qui s’assument comme des gens de droite.

Dans les rangs nationalistes, votre hantise de la guerre civile et votre main tendue aux musulmans Français sont-ils mal accueillis ?

Pas spécialement, car j’explique bien ma position. Je veux avoir le droit de dire qu’untel est un con, quelle que soit sa race ou sa religion. S’il n’est pas Français de cœur, c’est de la faute de certaines personnes qui ont fait en sorte qu’il n’aime pas la France. Certains à gauche n’attendent que la guerre civile. Il suffirait que trois abrutis descendent dans la rue en criant « Vive la France », l’un avec un lance-pierres, l’autre avec une batte de baseball et le troisième avec un pistolet-mitrailleur sans chargeur, pour qu’on arme les banlieues au nom de la défense des « valeurs de la République ». Dans un esprit de réconciliation, à 88 ans, pour que tous les Français patriotes fassent un bout de chemin ensemble, je vais me présenter à la députation dans la onzième circonscription de Seine-Saint-Denis sous l’étiquette comités Jeanne-Parti de la France. C’est un scoop que je vous annonce !

Passons à une cause qui vous tient à cœur : l’Algérie. Résistant à quinze ans dans la France occupée, vous vous êtes ensuite illustré militairement dans le maquis en Algérie, quitte à vous opposer à De Gaulle lorsque celui-ci enclencha le processus qui devait mener à l’indépendance du pays. Mais les Arabes d’Algérie étant traités en sous-citoyens depuis des décennies, pouvait-on décemment leur refuser l’autodétermination ?

On a gagné militairement avec une majorité de soldats musulmans ! L’armée française est la seule armée au monde à avoir à la fois vaincu ses ennemis dans le djebel et à avoir annihilé le terrorisme en ville. Or, il y avait plus de musulmans dans l’armée française que dans les rangs du FLN toutes divisions confondues.La population en avait marre du FLN. Même ceux qui balançaient des grenades, pour la plupart, ne le faisaient que parce que le FLN les y contraignait après avoir enlevé leurs enfants. Lorsque De Gaulle a fait un appel de fonds pour financer un emprunt, beaucoup de musulmans de Tébessa, ma ville, algériens riches, marchands de vaches ou autres, y ont souscrit.Dans mon maquis, j’avais beaucoup de musulmans qui ont d’ailleurs tous voté pour l’Algérie française.

Malgré tout, les départements français d’Algérie hébergeaient une société à deux vitesses, a fortiori depuis la promulgation du décret Crémieux (1871) naturalisant les juifs. La naturalisation avait été également proposée aux musulmans qui l’ont refusé car ils n’entendaient pas abandonner leur droit coutumier…

Les oulémas n’en voulaient pas mais cela aurait pu être rectifié, comme le proposait l’armée française. Les officiers des affaires indigènes qui tenaient le bled au moment du décret Crémieux avaient signalé à leur hiérarchie que le fait de n’accorder la nationalité française qu’aux juifs passait très mal auprès de la population. Ce décret a été rédigé à la va-vite alors que le gouvernement s’était exilé en province, Paris étant encerclée par l’armée prussienne. La France a eu des torts à ce moment-là mais n’a certainement pas eu tous les torts. L’autre jour, Enrico Macias a déclaré qu’en Algérie, les Pieds-noirs et les Arabes ne s’entendaient pas mais que Juifs et Arabes s’entendaient à merveille. Mais à Constantine, tous les quinze ans, les Arabes descendaient sur le quartier juif et tuaient des centaines de gens ! Parce que les juifs prêtaient de l’argent aux paysans arabes sur leurs futures récoltes. Parmi les Pieds-noirs, mon ami Jacques Casanova, dont le père a été découpé en morceaux par le FLN, avait des parents qui s’occupaient de tous les miséreux du coin sans discrimination. Ce ne sont pas des Arabes du coin mais des miliciens FLN venus d’ailleurs qui l’ont assassiné. En général, les musulmans préféraient travailler pour des patrons pieds-noirs qui les traitaient et les payaient bien mieux que leurs coreligionnaires.

La France aurait-elle pu rectifier le tir a posteriori en faisant des Algériens musulmans des citoyens de pleins droits ?

Cela aurait été possible au grand moment de l’Algérie française. « La colonie » était sur le point de devenir des départements français à part entière. Tous les chefs arabes anti-occidentaux qui débarquaient à Alger s’extasiaient devant les villes d’Algérie construites par la France, riches comme aucun pays arabe. En maintenant l’Algérie et le Sahara français, nous aurions préservé la paix dans toute l’Afrique noire. L’immigration ne serait pas partie de l’Algérie vers l’Europe mais de l’Europe vers l’Algérie. Il y avait moyen de bâtir une Afrique française, avec des grands projets. Au lieu de cela, le Sahara est devenu la base terroriste du monde entier.

Votre rêve d’une Algérie restée française relève de la géopolitique-fiction. Comme l’a compris De Gaulle, le sens de l’histoire rendait sans doute la décolonisation inéluctable, malgré la victoire militaire de l’armée française en Algérie…

De Gaulle a peut-être cru pouvoir garder le Sahara algérien entre les mains de la France mais le chancelier Adenauer l’a incité à devenir le patron de la troisième force entre les Etats-Unis et l’URSS. Pour que la France rassemble tous les pays émergents, sur les conseils d’Adenauer, la France devait brader l’Algérie, voire se séparer des Dom-Tom. Si De Gaulle laissait le drapeau français flotter sur la moindre parcelle de territoire habitée par des gens bronzés, il ne pourrait pas diriger le bloc du Tiers-Monde, lui expliquaient en substance Adenauer et bien d’autres. De Gaulle y a cru. À sa décharge, c’était peut-être un argument recevable. Il faut néanmoins savoir que le Sahara n’a jamais été algérien. Le gaz et le pétrole, c’est l’explorateur Conrad Killian qui les a découverts et y a planté le drapeau de la France. Le Sahara était donc français en vertu d’une règle internationalement reconnue.

En fin de compte, l’Algérie a été conquise en 1830 mais le traumatisme colonial demeure.

Quand Emmanuel Macron fustige  à Alger « la terreur » de la colonisation, il faut lui rappeler que tout cela s’est fait il y a deux cents ans ! Et la France est intervenue en Algérie parce que l’Europe entière – et même l’Amérique – le lui demandaient pour mettre fin aux attaques des barbaresques, qui assaillaient non seulement les navires dans toute la Méditerranée, razziant hommes, femmes et enfants, mais aussi sur les côtes de tous les pays riverains. Qui se souvient encore de la guerre entre les Etats-Unis d’Amérique et le Bey d’Alger ? A quatre reprises, la marine américaine a bombardé Alger alors que les Etats-Unis venaient de naître. De nos jours, si la guerre mémorielle continue, c’est uniquement dû au président Bouteflika qui attise les flammes pour de basses raisons de politique intérieure !