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À Nanterre, l’UNEF fusionne avec des grévistes quinquagénaires

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Les transports sont remis sur les rails mais… des étudiants et des enseignants font grève. Le quotidien universitaire se fait de plus en plus difficile et la faculté de Paris Nanterre s’illustre une fois de plus par des épisodes de blocage et de violence répétés.


Depuis décembre, des membres de l’UNEF (syndicat étudiant) débarquent dans les amphis, interrompent les cours et brutalisent les étudiants de la Cocarde ayant le malheur de tracter sur leur territoire (notre vidéo ci dessous). Le 27 janvier, à la veille des élections pour les étudiants représentants l’université de Paris Nanterre, une nouvelle « bagarre » éclate entre militants.

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La Cocarde étudiante distribue des tracts à la sortie du RER jusqu’à ce que des membres de l’UNEF et du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) se mettent en tête de déloger les dits « néo-nazis ». Si l’on en croit leurs habitudes, les jeunes antifas savent s’équiper : mégaphone et slogans (plus que sympathiques), matraques télescopiques parfois (moins sympathiques), lacrymos… mais cette fois, ils avaient décidé de bien s’entourer en demandant du renfort.

Aux gros bras habituels du monde étudiant d’extrême gauche s’ajoutent des grévistes d’une cinquantaine d’années venus tout droit de la RATP et de la Poste, à en croire un reportage de Campus Vox, média alternatif qui se targue sur Youtube de mettre en lumière les atteintes à la liberté d’expression et à la liberté d’étudier au sein du système universitaire.

Il faut croire qu’à l’UNEF, on redouble tellement que les militants ont l’âge de nos parents. Partent les coups et déguerpissent les « petits droitards », trop peu nombreux face aux « poids lourds » de l’UNEF, aux cagoulés du NPA et aux hystériques de la faculté ; le tout harangué par un Victor Mendez (membre actif de l’UNEF) aux catilinaires inimitables : « Vous êtes des grosses merdes ».

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En octobre dernier avaient déjà eu lieu des affrontements de ce genre.

Le dialogue semble impossible pour la minorité hurlante que représente l’UNEF et ses amis, du moins tant que la majorité silencieuse ne refait pas surface et n’affirme pas son désaccord quant au sabotage organisé et continue de la vie étudiante et des examens…

Affaire Halimi: Macron a raté une occasion de se taire

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En réclamant un procès pour le meurtre de Sarah Halimi, Emmanuel Macron agace les magistrats. Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats SNM FO, critique cette immixtion du président dans l’affaire.


En avril 2017, le meurtre sordide de Sarah Halimi, femme française d’origine juive âgée de 65 ans par Kobili Traoré, indignait à juste titre la société, dans un contexte de montée inquiétante de violences antisémites. Depuis les polémiques et les prises de position se sont succédées au fil de l’instruction d’abord sur le caractère antisémite, ensuite sur la responsabilité pénale de l’auteur.

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Si le caractère antisémite du meurtre a été finalement retenu, un premier arrêt de la chambre d’instruction a néanmoins estimé que l’auteur ne pouvait être renvoyé devant une Cour d’assises en raison de son état psychiatrique. Cet arrêt fait actuellement l’objet d’un pourvoi en cassation qui devrait trancher. C’est dans ce contexte que le président de la République vient de s’exprimer lors d’un déplacement en Israël. « Même si à la fin le juge décidait que la responsabilité pénale n’est pas là, le besoin de procès est là », déclara-t-il devant les Français d’Israël et, comme on pouvait l’attendre, les réactions du monde judiciaire sur l’opportunité de cette prise de parole publique n’ont pas tardé.

Le dossier est toujours en cours, Monsieur le président !

Pourquoi ? A cause du risque qu’elle entraîne tant sur le plan politique, institutionnel que juridique. Confusion des rôles, confusion des procédures, confusion des faits. Pourtant s’il y a bien un dossier où la pédagogie doit s’allier à la clarté et à la fermeté, c’est bien sur une affaire aussi tragique que symptomatique des violences de notre société contemporaine. A la confusion opérée par le politique qui s’en mêle et s’emmêle, le président de la République censé garantir l’indépendance de la justice, contredit – pendant un déplacement à l’étranger – la Garde des sceaux qui, quelques jours avant, expliquait que dans un Etat de droit on ne juge pas les irresponsables, il convient de rappeler quelques principes.

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A-t-on déjà vu telles prises de parole publique sur un dossier qui fait l’objet d’un recours devant la Cour de cassation sans risquer un procès en pression politique ? Peut-on encore accepter une telle immixtion du gouvernement dans les affaires individuelles, sans réduire à néant toute déclaration d’intention de respecter l’indépendance de la justice ? Comment comprendre dans notre système judiciaire que le parquet qui est indivisible et soumis à la hiérarchie puisse prendre dans le même dossier des réquisitions contraires ? Il faut donc se réjouir que notre procédure pénale offre la possibilité d’un recours et d’un nouvel examen lorsque les experts psychiatres divergent dans leurs appréciations.

Seul le procureur de la République peut commenter

A ce stade, il paraît bien imprudent de se prononcer sur la première décision attaquée (déclarant Kobili Traoré irresponsable pénalement), d’autant plus que comme l’a rappelé le Procureur Général de la Cour de cassation lors de la rentrée solennelle il y a quelques semaines à peine, le seul à pouvoir communiquer sur une procédure en cours doit être le procureur de la République dans le cadre de l’article 11 alinéa 3 du code de procédure pénale. Il a également rappelé la récente décision de la Cour de Justice de la République du 30 septembre 2019, qui condamnait l’ancien garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas pour violation du secret professionnel. Respecter ces principes, c’est éviter la confusion dans l’esprit des citoyens et la contamination politique d’un dossier qui ne doit être appréhendé que sous le regard strict du droit. C’est aussi respecter l’impartialité requise pour les magistrats. Une fois que la justice se sera prononcée, il sera bien temps de laisser la place aux commentaires et s’ils le souhaitent, aux politiques en charge d’édicter nos lois et de conduire notre politique pénale.

La police scientifique réclame le même statut que les collègues sur le terrain

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Le 15 janvier 2020, environ 500 agents de la police technique et scientifique ont manifesté de l’Assemblée nationale à la place Saint-Augustin. Ils se sont rassemblés pour attirer l’attention sur leurs conditions de travail. La police scientifique ne veut plus de son statut d’administratif: elle réclame les mêmes droits que les collègues armés, notamment en termes de départ à la retraite.


« Je n’ai été qu’une seule fois au Bataclan et ce n’était pas pour un concert », « Je suis un FLIC pour la population, je suis un SALE FLIC pour les criminels, je suis un SOUS FLIC pour l’État, qui suis-je ? » ou encore « 351 heures supplémentaires, 52 assistances à autopsies, 96 cadavres découverts, 3 nuits blanches par semaine d’astreinte, 184 missions opérationnelles… et tu me proposes la retraite à 64 ans ? Les calculs sont pas bons Christophe… » (Christophe Castaner, ndlr).

Les slogans ont été nombreux et originaux à la manifestation organisée par la police scientifique massée sur la place du Louvre le mercredi 15 janvier dernier. Que souhaite-t-elle ? Finira-t-elle par être entendue par le ministre?

Agent de police scientifique: un métier difficile et mal reconnu

Actuellement, le personnel composant la police technique et scientifique est régi par un statut administratif les considérant comme des sédentaires par rapport aux policiers « actifs » ou dits « de terrain ». Cela implique qu’ils effectuent théoriquement un travail exclusif de bureau, encadré par des horaires classiques, et sans risque, sans danger aucun. La réalité est toute autre.

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En réalité, ces agents sont très souvent tout autant sur le terrain que leurs collègues, aussi actifs et en danger qu’eux ; ils sont d’ailleurs munis d’un gilet pare-balles lorsqu’ils sont en déplacement, mais ne disposent pas d’une arme de service. C’est la preuve de la reconnaissance implicite du danger de leur profession mais on ne leur donne pas la possibilité de se défendre. Une hypocrisie.

« Nous aussi on est des flics »

Les conditions de travail de ces agents sont pour le moins compliquées : un policier contacté me révèle que de nombreux policiers scientifiques ont été arrêtés par leur médecin à cause entre autres des nombreuses pressions et menaces exercées à leur encontre par leur hiérarchie (dont des astreintes régulières du fait d’un manque criant d’effectifs), des brimades de leurs collèges actifs qui les considèrent comme des moins-que-rien, et du cœur de leur métier qui implique souvent des situations particulièrement dangereuses ou difficiles à vivre (prise d’empreintes de délinquants voire de criminels, caillassages par certaines populations agressives, prélèvements et photos effectués dans des lieux à risque, insalubres ou glauques…)

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Des revendications légitimes

La revendication principale de la police scientifique peut se résumer ainsi: l’obtention d’un statut « actif » semblable à celui de leurs collègues voire de certains personnels de la fonction publique (les pompiers, les employés de pompes funèbres et même les éboueurs bénéficient des avantages liés à ce statut). « On a le même costume, mais on n’a pas les mêmes droits » affirme à l’AFP Xavier Depecker, secrétaire du Syndicat National Indépendant des Personnels Administratifs Techniques et scientifiques.

Intervention de la police scientifique à Nantes le 18 juillet 2019 suite à l'affaire Steve Maia Caniço © Sébastien SALOM GOMIS/ SIPA
Intervention de la police scientifique à Nantes le 18 juillet 2019 suite à l’affaire Steve Maia Caniço
© Sébastien SALOM GOMIS/ SIPA

Une réunion avait été promise et prévue pour le 8 janvier par le ministre de l’Intérieur avec les représentants de la police technique et scientifique dans le but de revenir sur cette problématique. Non seulement il n’y a pas eu de rencontre, mais pire, une directive supplémentaire et contraignante a été prise permettant l’utilisation du personnel de police scientifique sur un rythme de travail comparable au personnel actif et sans aucune espèce de compensation.

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Les personnels de police technique et scientifique ne souhaitent qu’une chose : la simple reconnaissance de la pénibilité de leur métier et la reconnaissance de la réalité bien éloignée des clichés que l’on peut s’en faire. Ce n’est pas un travail calme, encadré et sans risque derrière un bureau.

Pour s’en convaincre, rappelons que les agents de police scientifique sont intervenus lors des attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, de Nice de Saint-Étienne-du-Rouvray et bien d’autres. Leur travail permet la résolution d’un tiers des enquêtes policières alors qu’ils ne représentent que 2% de l’effectif total.

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1917: un film impressionnant au service de la mémoire

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1917, de Sam Mendes, en salles depuis le 15 janvier 2020, est une grande réussite. Un film qui comptera dans la mémoire de la Première guerre mondiale. Critique.


En ces temps propices à l’amnésie collective, il aura fallu tout le poids de la machine hollywoodienne et le génie du réalisateur britannique Sam Mendes, allié à un budget de près de 100 millions de dollars, pour raviver la flamme du souvenir des anciens combattants de la Grande guerre. C’est donc chose faite avec la méga production 1917 des studios DreamWorks, distribuée par Universal Pictures.

Si intense est l’effet de ce film sur l’esprit du spectateur que l’impression de revivre les combats de la Première Guerre mondiale sous l’angle des tranchées perdure bien après sa projection dans les salles obscures. En lice pour la 92e cérémonie des Oscars prévue le 9 février prochain, et déjà couronné des titres de « Meilleur réalisateur » et « Meilleur film dramatique » aux Golden Globes 2020, nul doute qu’il entrera un jour au panthéon des chefs-d’œuvre du cinéma et qu’il finira par figurer au National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis, à l’instar des Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick (1957) et d’autres films remarquables. Au 26 janvier 2020, le film a déjà récolté 200 millions de dollars.

Immersion dans les tranchées

Ce film de fiction, dont l’action se situe dans le Nord de la France au printemps 1917, a été tourné en Angleterre et en Ecosse. Il a nécessité la participation de 500 figurants et la construction de 1600 mètres de tranchées. Le récit poignant est tiré d’un livre autobiographique écrit par Alfred Mendes, le grand-père du réalisateur, Autobiography of Alfred H Mendes 1897-1991, qui relatait sa conduite héroïque lors de la deuxième bataille des Flandres (31 juillet – 6 novembre 1917) à Passendale. Les combats sanglants qui y opposèrent Français, Britanniques et Canadiens aux forces allemandes se soldèrent par d’immenses pertes, soit plus de 250 000 morts dans chaque camp ! Mendes s’était porté volontaire pour aller localiser d’éventuels survivants parmi des centaines de corps de soldats britanniques éparpillés dans un no man’s land après une attaque allemande. Sam Mendes, s’en est inspiré pour décrire, sur un rythme haletant, la mission opérationnelle quasi impossible de deux jeunes soldats anglais chargés d’aller transmettre à pied, de l’autre côté des lignes ennemies, un message de l’état-major britannique annulant une offensive vouée à l’échec, sauvant ainsi potentiellement 1600 frères d’armes d’une mort certaine.

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Déterminé à donner au spectateur la sensation inoubliable d’une immersion totale au cœur-même de l’action, le réalisateur virtuose des deux derniers James Bond, Skyfall (2012) et Spectre (2015), parvient grâce au tournage avec de longs plans-séquences et à l’utilisation de techniques particulières utilisées par Hitchcock, à donner, pendant près de deux heures, l’illusion d’une action continue.

Une ode au Brexit?

En tant que Britannique, il s’interroge peut-être inconsciemment sur la relation entre son île et le continent européen et sur le sens de l’engagement de son peuple en faveur de la défense des autres Européens, tout comme l’ont fait récemment ses compatriotes, les réalisateurs Christopher Nolan (Dunkerque) en 2017 et Joe Wright (Les Heures sombres) en 2018.

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Avec la disparition des derniers vétérans de la Grande guerre (dont celle du Français Lazare Ponticelli en 2008 et celle du marin de la Royal Navy Claude Choules en 2010, tous deux âgés de 110 ans), le devoir de mémoire ne repose plus que sur le fil ténu de la bonne volonté des générations présentes, notamment par le biais du cinéma et de la littérature, car ces anciens combattants ne peuvent plus apporter leur témoignage vivant. Avec 1917, Sam Mendes contribue à graver efficacement, dans le marbre de notre mémoire collective, le souvenir glorieux du sacrifice des morts. Ce faisant il accomplit une démarche essentielle, que d’autres seront enclins à reproduire, afin de commémorer les tragédies qui ponctuent l’histoire de l’humanité.

1917, de Sam Mendes, en salles le 15 janvier 2020

Guerre d’Algérie: le président a-t-il des tendances masochistes?

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Après avoir dit que la colonisation était un « crime contre l’humanité » en 2017, le président Macron a évoqué guerre d’Algérie et Shoah dans une même discussion, dans son avion de retour d’Israël la semaine dernière. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin?


Le président, qui vient de remettre le couvert sur le crime contre l’humanité de la France dans la guerre d’Algérie et a osé l’analogie avec la Shoah, a-t-il des tendances masochistes ? Franck Crudo lui demande dans une lettre…

Monsieur le Président,

Je fais des rêves vraiment étranges en ce moment. Tenez, la nuit dernière, je vous ai imaginé menotté sur votre lit, tout de cuir vêtu, un bâillon boule à la bouche. Au loin, on entend vaguement l’intégrale de Mylène Farmer pendant que votre épouse, déguisée en Cruella dans les 101 Dalmatiens, vous fouette avec un knout et un chat à neuf queues en vous insultant dans la langue de Goethe. Étrangement, vous semblez prendre votre pied, le regard fixé sur la télé, laquelle diffuse une compilation des plus beaux buts contre son camp de l’histoire de l’OM, votre club de cœur. Je sais, c’est bizarre.

Un président étourdi

Peut-être ai-je été, malgré moi, influencé par la lecture matinale du Figaro, ce samedi. Lors de votre retour d’Israël en avion, vous vous êtes confié auprès de quelques journalistes, un verre de whisky (sans coca) à la main. Après avoir, si j’ose dire, assimilé l’assimilation « à la droite dure et à l’extrême droite », moi qui pensais naïvement que ce modèle était à l’origine défendu par les Républicains de tout bord au XIXe siècle (je n’ai au passage pas été subjugué par le modèle alternatif proposé ces dernières décennies), vous avez souligné que « le nouvel antisémitisme vient des extrêmes », de droite comme de gauche, oubliant étrangement de citer d’où venait, aujourd’hui en France, l’antisémitisme le plus redoutable. Le plus virulent, le plus mortifère. Sans doute une simple étourderie de votre part. Même les meilleurs peuvent avoir quelques absences, c’est humain.

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Entre deux gorgées, vous avez expliqué que la montée de l’islamisme et du communautarisme dans notre pays a pour origine « un phénomène mondial d’un islam radical qui se tend et une transformation de l’islam », qui s’est « greffé sur des fractures mémorielles et des échecs que nous-mêmes (en France), on a eus sur le plan économique et social ». C’est vrai quoi, tout ça, à la fin, c’est quand même avant tout de notre faute.

Analogie audacieuse

Et puis, droit dans vos bottes (cloutées?), vous avez assumé vos propos polémiques durant la dernière campagne présidentielle sur le crime contre l’humanité de la France en Algérie. Avant d’ajouter, cerise sur le gâteau, que ce sujet devrait avoir « à peu près le même statut que celui qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». En lisant ces lignes, je me suis surpris à me pincer, histoire d’être tout à fait certain que je n’étais pas de nouveau englué dans l’un de ces rêves incongrus dont je suis parfois prisonnier.

Je dois vous confesser, monsieur le Président, que le mauvais esprit qui sommeille en moi s’est furtivement demandé si vous n’agitiez pas ce genre d’analogies, que l’on pourrait qualifier pudiquement d’audacieuses, ou si vous ne surjouiez pas quelque peu – petit cabotin – le remake de la colère de Chirac à Jérusalem afin de gratter quelques voix dans nos banlieues. Si tel est le cas, sachez qu’il y a du monde au balcon et que Jean-Luc Mélenchon et ses amis sont déjà sur le coup. Du haut de votre Aventin, tout en haut, vous avez pu mesurer à quel point le discours et la surenchère victimaire produit des effets positifs dans notre beau pays. La gorge serrée, l’œil humide, j’ai presque envie de vous dire : « chapeau l’artiste ! »

Repentance: autant y aller franco

Mais trêve de flagornerie. Au point où l’on en est, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et se contenter de la guerre d’Algérie ? Dans votre entreprise progressiste de mortification mémorielle,  vous pourriez demander pardon chaque jour de la semaine. Le lundi, on pourrait expier les crimes de Charles Martel, qui n’a pas hésité à exterminer jusqu’au dernier homme toute l’armée d’Abd el-Rahman, aux alentours de 732. Le mardi serait un nouveau jour de pénitence, en hommage aux nombreuses victimes brûlées vives ou passées au fil de l’épée par les troupes de Godefroy de Bouillon, lors de la prise de Jérusalem en 1099. Le mercredi matin, on pourrait fermer toutes les écoles et mettre les drapeaux en berne en souvenir des exactions de Philippe Auguste, durant la 3e croisade et le siège de Saint-Jean d’Acre en 1182. Le jeudi, ce serait ravioli… mais aussi un jour de honte nationale, 850 ans après le carnage à Carthage perpétré par Saint-Louis, en 1270. Le « Saint » y est mort d’ailleurs, bien fait pour sa gueule.

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Le vendredi, on tancerait publiquement Louis-Philippe, coupable d’avoir réduit en cendres Tanger, en 1844. Le samedi, la France demanderait pardon à la Tunisie, pour ses milliers de morts en 1881, et au Maroc, pour la guerre du Rif dans les années 20. On bouclerait logiquement la boucle le jour du seigneur, avec la guerre d’Algérie, ce crime contre l’humanité. Histoire de bien marquer le coup, on observerait une minute de silence, dans l’émission de Michel Drucker.

Fais-moi mal!

On pourrait même, soyons fous, consacrer chaque jour de l’année aux différents crimes perpétrés par la France, son armée, ses dirigeants, ses hommes, durant sa longue et douloureuse histoire, et pas seulement contre les musulmans. Pourquoi ne pas poursuivre votre œuvre d’autoflagellation émancipatrice, monsieur le Président, en dénonçant les crimes de l’armée française en Italie, entre avril et juin 1944, avec des viols de masse et des massacres sur les populations civiles ? Sous les ordres du maréchal Juin, ce corps expéditionnaire était composé pour moitié de goumiers marocains, de soldats algériens et de tirailleurs tunisiens ou sénégalais. Bon, l’exemple est peut-être mal choisi du coup: pas de stigmatisation, pas d’amalgame, comme on dit chez vous en trinquant, un verre de whisky à la main.

Quant aux crimes contre l’humanité du reste de l’humanité, on va laisser tomber, car il faudrait sans doute plus d’un siècle à ce rythme. Je suis d’ailleurs fort étonné que vous n’ayez pas pointé du doigt la responsabilité des Alliés, qui ont décimé des centaines de milliers de civils, hommes, femmes, enfants, en bombardant les villes allemandes. Sans parler de Hiroshima. Qui sait, ça sera peut-être pour votre prochain mandat. J’ai d’ailleurs fait un drôle de rêve, encore un, dernièrement. Pour célébrer votre réélection, vous ne traversez pas le Louvre d’un air martial. Non, cette fois vous remontez les Champs-Elysées pieds nus, en marchant sur des clous et des éclats de verre, ceint d’une tenue en latex moulante et d’un collier en simili acéré. L’image ne déparerait pas dans votre album. À côté du selfie avec le jeune Guyanais qui vous fait un doigt ou de votre photo à l’Elysée, au milieu d’un groupe de musiciens LGBT sapés comme jamais pour l’occasion !

Macron, la stratégie du chaos au service de sa réélection

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Emmanuel Macron compare la guerre d’Algérie à la Shoah. Le président de la République mène-t-il une stratégie de chaos ethnique pour assurer sa réélection ? Quel bien peut-il sortir de la « nazification » des Français rapatriés d’Algérie ? 


Le président de la République Emmanuel Macron est allé à Jérusalem, commémorer le 75e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, pour mieux reprocher aux Israéliens d’instrumentaliser la Shoah. « Nul n’a le droit de convoquer ses morts pour justifier quelque division ou quelque haine contemporaine » a déclaré Emmanuel Macron devant un parterre de présidents et de chefs d’État. Une manière très Quai d’Orsay de reprocher aux Israéliens de se comporter comme des nazis vis-à-vis des Palestiniens et d’invoquer la Shoah pour paralyser la « solution à deux États ».

Sans grande vergogne, dans l’avion qui le ramenait jeudi 23 janvier d’Israël, le chef de l’État a convoqué trois journalistes pour dresser une équivalence entre la guerre d’Algérie et la Shoah. M. Macron a expliqué que la France devait revisiter la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) pour mettre un terme au « conflit mémoriel » qui « rend la chose très dure en France ». Le président a affirmé que le conflit algérien qui s’est achevé en 1962 irradie au sein de la société française avec une intensité égale à celle de la Shoah. « La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique (des conflits mémoriels). Je le sais depuis ma campagne. Il est là, et je pense qu’il a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995 », a affirmé Emmanuel Macron, devant trois journalistes du Monde, du Figaro et de Radio J.

Macron excite l’extrême droite

Cette mise en équivalence radioactive de la Shoah et la guerre d’Algérie est soit une provocation à destination de la droite et de l’extrême droite, soit une conviction profonde du président. S’il s’agissait de générer le buzz à droite, l’opération a été réussie ! Dans quel but ? Le but était-il de camper Les Républicains et le Rassemblement national en défenseurs de la Shoah ? On ne comprend pas bien.

A moins que le président de la République n’ait exprimé une conviction personnelle.

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Au cours de sa campagne électorale de 2017, Emmanuel Macron avait déjà évoqué la guerre d’Algérie comme un « crime contre l’humanité ». Là, comment ne pas donner raison à Bruno Retailleau (LR) qui a dénoncé, dans Le Figaro, une double offense: pour « les soldats français qui ont combattu en Afrique du Nord et qui se voient assimilés aux bourreaux de la pire espèce » et pour « les victimes de la Shoah puisque cet insupportable rapprochement revient à relativiser la monstruosité qu’a été l’Holocauste ».

Peut-on « nationaliser » les Français musulmans ? 

Toute cette agitation très émotionnelle et très stérile autour d’une mémoire de la Shoah encore vive et autour d’une mémoire de la guerre d’Algérie qui ne demande qu’à flamber, masque le seul vrai problème dont souffre la France aujourd’hui, à savoir qu’une nation islamique est aujourd’hui en formation sur le sol de France et en passe de faire sécession.

Dès 2003, le philosophe Shmuel Trigano évoquait une « démission »[tooltips content= »La démission de la République, Juifs et Musulmans en France, Shmuel Trigano, PUF, 2003″](1)[/tooltips] de la République à l’égard des problèmes d’immigration musulmane. Il regrettait l’importance des flux migratoires et protestait contre l’attribution sans conditions de la nationalité française à ces mêmes migrants musulmans. « Pour entrer dans la citoyenneté, il faut donc entrer par la porte de la nationalité et pour passer ce seuil, il doit y avoir un portier, l’État, qui impose des conditions d’entrée » écrivait Shmuel Trigano. Il ajoutait : « il n’est pas normal que l’islam et les Arabes soient dispensés de ce qui fut exigé des Juifs et des Chrétiens, après la révolution de 1789, pour entrer dans la nation française ».

La France n’est pas assez exigeante

Les Juifs, présents sur le territoire français depuis plusieurs siècles, n’ont fait leur entrée dans la nation française qu’en 1807. A l’occasion d’une assemblée convoquée par Napoléon, les Juifs furent sommés de répondre à douze questions pour le moins gênantes. Et qui seraient tout aussi gênantes si elles étaient posées aujourd’hui, aux représentants de la communauté musulmane. Exemples : « Aux yeux des Juifs, les Français sont-ils leurs frères ou sont-ils des étrangers ? » (question 4) ; « Dans l’un et l’autre cas, quels sont les rapports que leur loi leur prescrit avec les Français qui ne sont pas de leur religion ? » (question 5) ; « Les Juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ? Ont-ils l’obligation de la défendre ? Sont-ils obligés d’obéir aux lois et de suivre toutes les dispositions du Code Civil ? » (Question 6).

Aurait-il été « raciste » de poser aux musulmans candidats à l’émigration en France les questions qui furent imposées aux Juifs ? « Est-il licite aux Juifs d’épouser plusieurs femmes ? » (Question 1) ; « Une juive peut-elle se marier avec un Chrétien et une chrétienne avec un Juif ou la loi veut-elle que les Juifs ne se marient qu’entre eux ? » (Question 3)…  etc.

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Comme le fait remarquer Trigano, ces questions « très simples » mais « très exigeantes » ont amené une révolution dans le monde juif. Ce Sanhédrin[tooltips content= »Assemblée législative traditionnelle juive »](2)[/tooltips] de 1807 qui réunissait des rabbins de toute l’Europe a rapidement conclu qu’il était préférable « de dissocier les lois religieuses des lois civiles et politiques du judaïsme, déclarant ces dernières caduques, au profit de la loi française, allant jusqu’à proclamer qu’obéir aux lois de l’État était un devoir religieux pour les Juifs ».

Un processus inverse de « dé-nationalisation » a été infligé un siècle plus tard, sous la Troisième République, à l’Église catholique. Au nom de la laïcité qui devenait l’espace de la citoyenneté et du politique, les institutions de l’État ont été désintriquées des institutions du catholicisme. L’Église est certes demeurée influente par ses écoles « privées », par sa capacité de mobilisation des fidèles sur des sujets de société (le mariage pour tous est dans toutes les mémoires), mais elle a cessé de se confondre avec l’État. Elle s’est « citoyennisée ».

Aucun de ces processus n’a été appliqué à l’islam qui a été introduit en force sur le sol européen. Les pouvoirs politiques ont ouvert les frontières à l’immigration musulmane pour faire chuter les coûts du travail. Les musulmans ont été érigés en victimes pour éviter la révolte.

Beauf blanc contre victime musulmane

Une série de malversations idéologiques s’en est suivie : dans les années 1980, le prolétaire blanc de souche a été évincé de son piédestal communiste révolutionnaire au profit de la victime immigrée. L’un est devenu un « beauf raciste » tandis que l’autre était paré des qualités de la victime.

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Dans les années 2000, cette victime immigrée a été identifiée à la victime palestinienne qui souffrait sous les coups du colonialisme juif. Avec la complicité des Européens, la Nakba[tooltips content= »La défaite arabe de 1948 contre Israël »](3)[/tooltips] a été progressivement installée comme un équivalent de la Shoah et les Israéliens ont été considérés comme des nazis. C’est ce qui explique qu’Emmanuel Macron peut aller aujourd’hui à Jérusalem se lamenter sur la Shoah, accuser les Israéliens d’instrumentaliser l’extermination des Juifs, puis dans la même journée, faire un esclandre contre la police israélienne qui assure sa sécurité avant d’aller congratuler le négationniste Mahmoud Abbas à Ramallah.

Traitement de faveur

Dans l’avion de retour d’Israël, Macron a convoqué trois journalistes et a prétendu régler de brûlantes questions « mémorielles » en dressant une équivalence entre la guerre d’Algérie et la Shoah. C’est tout comme si le président de la République avait entrepris de nazifier les Pieds-noirs et les Harkis qui se sont battus pour la France !

Quel bien peut-il surgir de pareilles déclarations présidentielles ? On se le demande !

Quel bien peut-il surgir des propos d’un homme qui préside aux destinées d’un pays qui compte des milliers de Pieds-noirs et des dizaines de milliers de descendants de Pieds-noirs; d’un pays qui compte des dizaines de milliers de Harkis et de descendants de Harkis, et d’un pays, toujours le même, qui compte surtout plusieurs millions d’immigrés venus d’Algérie et qui ont fait leur vie en France ? Quel bien peut-il sortir des propos d’un président de la République qui nazifie les uns et porte les autres au pinacle ? On se le demande !

La seule réponse possible est qu’un pouvoir politique français, issu des grandes écoles, met en place une stratégie du chaos pour générer la peur et se maintenir au pouvoir. Ce pouvoir politique ne parait plus guère assuré de sa réélection et a entrepris d’instrumentaliser le chauvinisme maghrébin pour promouvoir les violences ethniques, générer le chaos et se maintenir au pouvoir en récupérant les voix des citoyens terrorisés par des violences que le pouvoir politique semble encourager. Quel sort la justice et la police réserveront-ils à ceux qui se révoltent contre le traitement de faveur accordé à une immigration arabe et musulmane que le pouvoir politique délie de toute obligation vis-à-vis du peuple français et de la République française ? On se le demande et nous ferions bien d’être nombreux à nous en inquiéter !

Le grand abandon: Les élites françaises et l'islamisme

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La démission de la République: Juifs et Musulmans en France

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Goldman Sachs veut plus de femmes et de personnes « racisées »


Goldman Sachs Group n’accompagnera plus en bourse des sociétés dont le conseil d’administration ne comporte pas au moins une femme et/ou une personne de couleur.


Une autre étape vient d’être franchie vers la dissolution de la méritocratie. Le 23 janvier dernier, le PDG de Goldman Sachs Group, David Solomon, a annoncé que sa célèbre banque n’introduirait plus en bourse des sociétés dont le conseil d’administration (CA) ne serait pas composé d’au moins une femme et/ou d’une personne issue de la diversité ethnoculturelle.

Il suffit maintenant pour les grandes entreprises de se proclamer féministes, multiculturalistes et écologistes pour passer pour de grandes humanistes…

En vigueur dès le 1er juillet prochain en Amérique du Nord et en Europe, la politique ne s’appliquera toutefois pas aux sociétés asiatiques.

A lire aussi, Michèle Tribalat: Etats-Unis: les blancs, une minorité parmi d’autres?

Les progressistes américains se réjouissent évidemment de cette nouvelle. Pour justifier sa décision, David Solomon a expliqué que les sociétés nouvellement cotées en bourse étaient plus performantes lorsque leurs CA comptaient au moins une femme. Une explication à saveur productiviste qui camoufle mal la nouvelle emprise du politiquement correct sur les secteurs les plus compétitifs de la société. Le monde des affaires n’échappe pas à la tentation de devenir l’un des avatars de la gauche postmoderne, à la fois par effet de mode et pour se mettre à l’abri de ce même courant. À l’ère des réseaux sociaux et de la vindicte populaire, le prix à payer pour ne pas se soumettre est probablement jugé trop élevé.

Les louves de Wall Street à l’assaut du progrès

Que des femmes et des membres de minorités puissent être intégrés aux secteurs traditionnellement «WASP» est une excellente chose. Mais que plusieurs de ces personnes doivent en partie leur succès à un nouveau mécanisme d’ingénierie sociale en est une autre. Bienvenue dans le monde par excellence des statistiques et des quotas, celui où plus personne ne saura si votre talent a vraiment fait votre carrière. Le corps fait office de curriculum vitae : votre couleur de peau et votre sexe serait une expérience en soi, voire une réalisation : celle d’un individu hautement discriminé par la société.

Pourtant, la discrimination positive peut avoir les effets contraires que ceux anticipés sur le plan de la valorisation sociale. L’émancipation forcée demeure une béquille, un aveu de faiblesse dont plusieurs femmes et personnes « racisées » n’ont déjà plus besoin pour gravir les échelons. À quoi bon institutionnaliser des pratiques qui au fond diminuent et paternalisent leurs bénéficiaires ? Ces politiques s’apparentent à du favoritisme, alors elles créent de la méfiance et du ressentiment envers les personnes qui en profitent. N’est-ce pas aussi un peu honteux que de devoir son poste à ce genre de mesure ?

A lire aussi, Mathieu Bock-Côté: Multiculturalisme: le délit de blasphème est de retour

La discrimination positive remplace un régime d’iniquité par un autre : les méchants hommes blancs de l’Amérique profonde se sont tournés vers Donald Trump parce qu’ils étaient convaincus que le système les désavantageait. Ce phénomène n’est pas propre aux États-Unis : qu’elle soit progressiste (positive) ou non (négative), la discrimination reste partout de la discrimination. Au Canada, les femmes n’ont d’ailleurs pas eu besoin de passe-droits pour devenir majoritaires au sein des diplômés de l’université. Le changement n’attend pas toujours des politiques pour prendre racine : les mentalités évoluent souvent plus vite que les mécanismes artificiels qu’elles tendent à produire.

Positive ou négative, la discrimination est… discriminatoire  

À bien y penser, il n’y a toutefois rien d’étonnant à ce que le monde des affaires ait choisi de se convertir à ce progressisme gnangnan. Il suffit maintenant pour les grandes entreprises de se proclamer féministes, multiculturalistes et écologistes pour passer pour de grandes humanistes. Les conditions des travailleurs comptent aujourd’hui beaucoup moins que leurs classements en catégories sexuelles et raciales. « Combien d’employés sous-payés avez-vous ? Plusieurs, mais ils sont encouragés à promouvoir leur identité de genre et de race ! Quelle avancée alors ! »

Le progressisme est devenu un slogan. Pour faire de votre entreprise un modèle de responsabilité sociale, il suffit de placer une femme noire dans son conseil d’administration, d’installer une toilette « non genrée » à son siège social ou de composter les déchets qui y sont produits avec une méthode innovante. Que vos activités appauvrissent ou même détruisent une région du monde n’a plus aucune importance. Vous êtes vert, féministe et multiculturaliste, alors vous êtes du côté du progrès.

La face cachée du multiculturalisme

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L'empire du politiquement correct

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The New Pope, une série déjantée sur la papauté

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Paolo Sorrentino nous surprend avec sa série pas franchement progressiste, diffusée par Canal +


Dans The New Pope, John Malkovich, dans le rôle d’un évêque britannique, succède à Pie XIII, le jeune pape interprété par Jude Law qui tombait dans le coma une saison plus tôt.

Nous retrouvons les mêmes séquences pop-déjantées qu’en première saison à une différence près, on voit plus grand. De nouveaux personnages, de nouvelles intrigues, et donc deux nouveaux papes.

Pas progressiste pour un sou

Le progressisme n’est pas à l’honneur dans les séries de Paolo Sorrentino. La première saison mettait en scène un pape beau gosse et conservateur, américano-italien, qui, malgré la réticence générale de la Curie romaine, redonnait à l’Église son panache d’antan. Rien de tout cela ne donnait à penser que Canal + diffuserait un deuxième volet de l’aventure ! Les critiques sont pourtant unanimes, le génie cinématographique du réalisateur apaise toutes les parties.

Ce qui paraît sacré aux yeux de Paolo Sorrentino nous parvient tel quel, intact. Les miracles ont leur part de mystère et de beauté. Ce qui plombe l’Église, le réalisateur le montre sans détour. La pédophilie, la corruption des cardinaux et le terrorisme islamiste font le malheur de l’État pontifical confronté à des situations extrêmes. Le public est amené à se demander où se trouve la part de vrai dans cette fiction.

Sorrentino réalise l’exploit d’allier blasphème et… foi en l’Eglise

La beauté des plans, la complexité des personnages d’Église, l’omniprésence du second degré et la place donnée à la libre interprétation laisse le choix au spectateur: se faire un avis ou de ne pas prendre parti. À l’inverse, certains événements ne laissent donc pas indifférents quant à leur ressemblance avec l’état actuel de l’Église.

À l’hospitalisation de Pie XIII, un premier pape est élu, le confesseur du Vatican, idiot utile des cardinaux, qui se révèle être un franciscain fanatique. Sa ressemblance avec le pape François dépasse le physique. François II revend donc toutes les richesses du Vatican pour les donner aux pauvres, ouvre les portes de la Cité-État aux migrants, semant le chaos, la peur et l’adversité dans la maison de Saint Pierre. Les traits sont grossis, mais l’esprit y est.

Beaucoup de subversion. C’est là la force du projet de Sorrentino qui allie blasphème et respect, foi et nihilisme. Le second degré sauve évidemment la mise et la présence de guest stars comme Sharon Stone ou encore Marylin Manson qui vouvoient le Saint Père ajoute à la fantaisie du réalisateur. Cela faisait longtemps que Canal + n’avait pas diffusé quelque chose d’aussi bon.

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Pas assez de femelles au Muséum d’histoire naturelle de Londres!


Une chercheuse au Muséum d’histoire naturelle de Londres dénonce la surreprésentation des mâles parmi les collections d’animaux empaillés. Pour combattre les stéréotypes de genre, chassons donc davantage de femelles.


 

Après les tableaux décrochés dans les musées, les animaux empaillés risquent d’être les prochaines victimes de l’épuration post-#metoo. Natalie Cooper, chercheuse au Muséum d’histoire naturelle de Londres, n’est pas peu fière d’avoir démontré, dans une étude publiée par la revue Proceeding of the Royal Society B, que les mâles oiseaux et mammifères sont scandaleusement surreprésentés dans les collections d’institutions historiques telles que les muséums de Londres, Paris, New York, Washington et Chicago.

La nature est injuste

« Nous nous intéressions aux préjugés de genre dans le milieu scientifique, explique-t-elle, où il y a par exemple une surreprésentation de chercheurs hommes blancs aux postes haut gradés. Aussi trouvions-nous intéressant de voir si ce biais masculin se retrouvait dans les collections des musées. » Avec une équipe de chercheurs très sérieux, elle a donc soulevé les jupes et baissé les pantalons de quelque 2,5 millions de spécimens pour savoir ce qu’il y avait dessous. Et sa scientifique intuition était juste : seuls 40 % des oiseaux et 48 % des mammifères empaillés, en moyenne, sont des femelles. Mais pour certaines espèces, leur pourcentage oblige à la repentance à perpétuité : on ne dénombre que 9,7 % de nanas chez les passereaux, 11,5 % chez les gobemouches noirs, moins de 10 % de donzelles dans les armoires de chauves-souris et à peine 24 % de demoiselles belettes. L’étude pondue par ces chercheurs pointe également le fait que moins de 40 % des artiodactyles (girafes, chameaux, cerfs et autres bisons) de nos musées sont des femelles, alors que dans la nature elles sont majoritaires !

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Faudrait-il tuer plus de mamans Bambi au nom de l’égalité ? C’est ce qu’on pourrait comprendre en lisant Natalie Cooper : « En ignorant les femelles, nous n’avons pas un tableau complet du vivant ; or cela est essentiel pour prédire, entre autres, comment la taille des corps pourrait répondre au changement climatique. » (Si c’est en plus au nom du « Climat », je veux bien être sonneur dans un équipage conduit par Greta Thunberg.) La chercheuse londonienne a aussi un autre message à faire passer : « Regardez comment les femelles animaux sont considérées comme chastes, soumises aux mâles, sans contrôle de leur accouplement. Cela reflète des stéréotypes de genre chez les humains au xixe siècle, pas la réalité de la nature. » Il est vrai que l’expression (très vulgaire) « c’est une chienne » vient bien de quelque part, que les demandes de GPA explosent ces temps-ci chez les lamas du Tibet et que les couples de lémuriens homos bataillent ferme pour faire reconnaître leur droit à la PMA. Mme Cooper a raison : c’est injuste. Mais il est une autre injustice, criante, terrible et implacable, étouffée qui plus est par un silence assourdissant. Dans la nature, la plupart des animaux mâles sont plus beaux que les femelles. Pour faire leur cour, être l’heureux élu des parades amoureuses ou tout simplement pour crâner, les oiseaux se parent de plumes chatoyantes, les poissons et batraciens rivalisent de tâches et de rayures multicolores, et que dire du pelage des grands fauves… quand leurs dames, contraintes par une Création machiste à couver le nid ou à allaiter la portée, sont condamnées à porter une simple tenue de camouflage. Comme le dit Calimero : « C’est vraiment trop injuste.

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C’était Michou…

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Michou vient de nous quitter. Le patron de cabaret avait 88 ans


Paris a le blues cet après-midi. Michou, c’était le douzième homme de notre sélection nationale, l’ami des Présidents et des stars du chobizenesse. Ce fameux corps intermédiaire tant recherché depuis plus d’une année, entre les élites et les poulbots. Il faisait le pont entre les générations et les identités, entre les modeux et les ringards, entre les culs-serrés et les flamboyants. Il était bien le seul à encore pacifier notre pays. À l’Élysée ou au bistrot du coin, on venait chercher son adoubement. Son sourire valait passe-droit. Officier de l’état-civil aux lunettes XXL, il avait le pouvoir réel d’octroyer la citoyenneté parisienne à quiconque se présenterait à lui et demanderait poliment le précieux sésame. Une photo avec lui, un simple selfie et c’était l’assurance de gagner une élection. Mieux, il permettait au quidam, venu de sa province ou des Amériques, de toucher l’âme de la capitale et de s’en prévaloir jusqu’à la fin des temps. Il était le gardien endimanché, souriant et festif à la limite de la caricature d’un XVIIIème féérique pas encore tombé dans le tourisme asphyxiant. Aujourd’hui où tout se ressemble, on a peine à imaginer la sauvagerie créatrice qui irriguait cette commune libre. 

Le dix-huitième en deuil

Sans vraiment s’en rendre compte, il s’inscrivait dans un long processus historique qui donna à cet arrondissement une aura si particulière, de Prévert à Dalida, de La Goulue à Piaf. Un monde parallèle où jadis l’ouvrier, le chansonnier et le grossium pouvaient cohabiter non sans heurts, mais avec le sentiment d’appartenir à une même caste, celle des affranchis. La pauvreté n’était pas indigne, elle se portait en rébellion. La scène servait de catharsis populaire. Depuis que les Halles Baltard ont été détruites, c’était au pied du Sacré-Cœur que Paris conservait cette joie gamine et effrontée des jolies mômes. Toute cette mythologie disparaît à mesure que la mondialisation gangrène nos espaces de liberté. Chez Michou, patron de cabaret entouré de ses « girls », l’outrance vestimentaire pouvait se comparer à cette vieille politesse des aristocrates napolitains. Une façon de se faire remarquer, d’illuminer la foule sans volonté de l’outrager. Il était cette figure de l’ancien monde qui s’encanaille sans moquer, qui s’amuse sans blesser, qui flirte avec les genres sans pétitionner. Un homme de spectacle qui aura fait bien plus pour l’acceptation des différences que les activistes encartés. La gentillesse taquine et le charme clinquant le caractérisaient. Et puis, la nuit, tout est permis, nous n’oublierons pas son message subliminal. Michou n’était pas l’un de ces adeptes de la transparence et de la démagogie. On l’appréciait aussi pour cette réserve, ce fond de timidité qui ferme les portes aux intrusions malsaines. La vie privée avait un sens. Ces dernières années, on voulait l’approcher, lui parler, recueillir ses confidences. Combien d’entre nous l’ont vu fatigué par la maladie mais toujours combattif en public ? Partout où il passait une tête, dans un restaurant ou une salle de théâtre, les gens se levaient, l’applaudissaient, voulaient lui témoigner leur amitié. Il attirait immédiatement la sympathie comme si un fil invisible nous reliait à lui. L’été dernier, sur une terrasse, lors d’un déjeuner de famille, j’ai pu constater son succès, des jeunes et des moins jeunes sont venus l’aborder avec une sincérité désarmante. Il fut tout de suite entouré, choyé, fêté. Cette vedette représentait quelque chose de léger, d’impalpable, un rêve ancien brouillé par la télévision de Guy Lux, les lumières de la nuit, une sorte de Paris fantasmé des années 60/70, thébaïde des libertés et du divertissement. L’esprit de sérieux, voilà le fautif, le malfaisant, celui qui nous amena l’ironie rigolarde et le dédain pour les plaisirs simples. 

La fantaisie de toute une époque

Saphir du transformisme, Michou portait chance. Il était l’intouchable de Montmartre, tels ces ermites reclus dans leur montagne qui aimantent les marcheurs. On savait que tout là-haut, sur la Butte, vivait un magicien au costume bleu EDF et à la casaque blond vénitien. Les plus chanceux le virent même traverser la ville assis dans une Citroën DS présidentielle. Ce n’est pas seulement Michou qui s’en va aujourd’hui, mais la fantaisie d’une époque et le temps des copains. Delon, Belmondo, Nana, Serge Lama, Claude Lelouch et tant d’autres doivent avoir le cœur serré. Demain, de la rue Lepic à la Place du Tertre, il y aura des processions en son honneur.

À Nanterre, l’UNEF fusionne avec des grévistes quinquagénaires

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Extrait du reportage de Campus Vox "Affrontements entre étudiants et grévistes à la veille de élections universitaires" © Image : capture d'écrn YouTube / Campus Vox

Les transports sont remis sur les rails mais… des étudiants et des enseignants font grève. Le quotidien universitaire se fait de plus en plus difficile et la faculté de Paris Nanterre s’illustre une fois de plus par des épisodes de blocage et de violence répétés.


Depuis décembre, des membres de l’UNEF (syndicat étudiant) débarquent dans les amphis, interrompent les cours et brutalisent les étudiants de la Cocarde ayant le malheur de tracter sur leur territoire (notre vidéo ci dessous). Le 27 janvier, à la veille des élections pour les étudiants représentants l’université de Paris Nanterre, une nouvelle « bagarre » éclate entre militants.

A lire aussi: Nanterre: les antifas plombés

La Cocarde étudiante distribue des tracts à la sortie du RER jusqu’à ce que des membres de l’UNEF et du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) se mettent en tête de déloger les dits « néo-nazis ». Si l’on en croit leurs habitudes, les jeunes antifas savent s’équiper : mégaphone et slogans (plus que sympathiques), matraques télescopiques parfois (moins sympathiques), lacrymos… mais cette fois, ils avaient décidé de bien s’entourer en demandant du renfort.

Aux gros bras habituels du monde étudiant d’extrême gauche s’ajoutent des grévistes d’une cinquantaine d’années venus tout droit de la RATP et de la Poste, à en croire un reportage de Campus Vox, média alternatif qui se targue sur Youtube de mettre en lumière les atteintes à la liberté d’expression et à la liberté d’étudier au sein du système universitaire.

Il faut croire qu’à l’UNEF, on redouble tellement que les militants ont l’âge de nos parents. Partent les coups et déguerpissent les « petits droitards », trop peu nombreux face aux « poids lourds » de l’UNEF, aux cagoulés du NPA et aux hystériques de la faculté ; le tout harangué par un Victor Mendez (membre actif de l’UNEF) aux catilinaires inimitables : « Vous êtes des grosses merdes ».

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En octobre dernier avaient déjà eu lieu des affrontements de ce genre.

Le dialogue semble impossible pour la minorité hurlante que représente l’UNEF et ses amis, du moins tant que la majorité silencieuse ne refait pas surface et n’affirme pas son désaccord quant au sabotage organisé et continue de la vie étudiante et des examens…

Affaire Halimi: Macron a raté une occasion de se taire

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Photo: Hannah Assouline

En réclamant un procès pour le meurtre de Sarah Halimi, Emmanuel Macron agace les magistrats. Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats SNM FO, critique cette immixtion du président dans l’affaire.


En avril 2017, le meurtre sordide de Sarah Halimi, femme française d’origine juive âgée de 65 ans par Kobili Traoré, indignait à juste titre la société, dans un contexte de montée inquiétante de violences antisémites. Depuis les polémiques et les prises de position se sont succédées au fil de l’instruction d’abord sur le caractère antisémite, ensuite sur la responsabilité pénale de l’auteur.

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Si le caractère antisémite du meurtre a été finalement retenu, un premier arrêt de la chambre d’instruction a néanmoins estimé que l’auteur ne pouvait être renvoyé devant une Cour d’assises en raison de son état psychiatrique. Cet arrêt fait actuellement l’objet d’un pourvoi en cassation qui devrait trancher. C’est dans ce contexte que le président de la République vient de s’exprimer lors d’un déplacement en Israël. « Même si à la fin le juge décidait que la responsabilité pénale n’est pas là, le besoin de procès est là », déclara-t-il devant les Français d’Israël et, comme on pouvait l’attendre, les réactions du monde judiciaire sur l’opportunité de cette prise de parole publique n’ont pas tardé.

Le dossier est toujours en cours, Monsieur le président !

Pourquoi ? A cause du risque qu’elle entraîne tant sur le plan politique, institutionnel que juridique. Confusion des rôles, confusion des procédures, confusion des faits. Pourtant s’il y a bien un dossier où la pédagogie doit s’allier à la clarté et à la fermeté, c’est bien sur une affaire aussi tragique que symptomatique des violences de notre société contemporaine. A la confusion opérée par le politique qui s’en mêle et s’emmêle, le président de la République censé garantir l’indépendance de la justice, contredit – pendant un déplacement à l’étranger – la Garde des sceaux qui, quelques jours avant, expliquait que dans un Etat de droit on ne juge pas les irresponsables, il convient de rappeler quelques principes.

A lire aussi, Régis de Castelnau: Affaire Sarah Halimi: la justice n’a pas failli

A-t-on déjà vu telles prises de parole publique sur un dossier qui fait l’objet d’un recours devant la Cour de cassation sans risquer un procès en pression politique ? Peut-on encore accepter une telle immixtion du gouvernement dans les affaires individuelles, sans réduire à néant toute déclaration d’intention de respecter l’indépendance de la justice ? Comment comprendre dans notre système judiciaire que le parquet qui est indivisible et soumis à la hiérarchie puisse prendre dans le même dossier des réquisitions contraires ? Il faut donc se réjouir que notre procédure pénale offre la possibilité d’un recours et d’un nouvel examen lorsque les experts psychiatres divergent dans leurs appréciations.

Seul le procureur de la République peut commenter

A ce stade, il paraît bien imprudent de se prononcer sur la première décision attaquée (déclarant Kobili Traoré irresponsable pénalement), d’autant plus que comme l’a rappelé le Procureur Général de la Cour de cassation lors de la rentrée solennelle il y a quelques semaines à peine, le seul à pouvoir communiquer sur une procédure en cours doit être le procureur de la République dans le cadre de l’article 11 alinéa 3 du code de procédure pénale. Il a également rappelé la récente décision de la Cour de Justice de la République du 30 septembre 2019, qui condamnait l’ancien garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas pour violation du secret professionnel. Respecter ces principes, c’est éviter la confusion dans l’esprit des citoyens et la contamination politique d’un dossier qui ne doit être appréhendé que sous le regard strict du droit. C’est aussi respecter l’impartialité requise pour les magistrats. Une fois que la justice se sera prononcée, il sera bien temps de laisser la place aux commentaires et s’ils le souhaitent, aux politiques en charge d’édicter nos lois et de conduire notre politique pénale.

La police scientifique réclame le même statut que les collègues sur le terrain

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A Paris, la police scientifique manifeste pour obtenir le même statut que la police nationale, le 15 Janvier 2020. © Carine Schmitt / Hans Lucas

Le 15 janvier 2020, environ 500 agents de la police technique et scientifique ont manifesté de l’Assemblée nationale à la place Saint-Augustin. Ils se sont rassemblés pour attirer l’attention sur leurs conditions de travail. La police scientifique ne veut plus de son statut d’administratif: elle réclame les mêmes droits que les collègues armés, notamment en termes de départ à la retraite.


« Je n’ai été qu’une seule fois au Bataclan et ce n’était pas pour un concert », « Je suis un FLIC pour la population, je suis un SALE FLIC pour les criminels, je suis un SOUS FLIC pour l’État, qui suis-je ? » ou encore « 351 heures supplémentaires, 52 assistances à autopsies, 96 cadavres découverts, 3 nuits blanches par semaine d’astreinte, 184 missions opérationnelles… et tu me proposes la retraite à 64 ans ? Les calculs sont pas bons Christophe… » (Christophe Castaner, ndlr).

Les slogans ont été nombreux et originaux à la manifestation organisée par la police scientifique massée sur la place du Louvre le mercredi 15 janvier dernier. Que souhaite-t-elle ? Finira-t-elle par être entendue par le ministre?

Agent de police scientifique: un métier difficile et mal reconnu

Actuellement, le personnel composant la police technique et scientifique est régi par un statut administratif les considérant comme des sédentaires par rapport aux policiers « actifs » ou dits « de terrain ». Cela implique qu’ils effectuent théoriquement un travail exclusif de bureau, encadré par des horaires classiques, et sans risque, sans danger aucun. La réalité est toute autre.

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En réalité, ces agents sont très souvent tout autant sur le terrain que leurs collègues, aussi actifs et en danger qu’eux ; ils sont d’ailleurs munis d’un gilet pare-balles lorsqu’ils sont en déplacement, mais ne disposent pas d’une arme de service. C’est la preuve de la reconnaissance implicite du danger de leur profession mais on ne leur donne pas la possibilité de se défendre. Une hypocrisie.

« Nous aussi on est des flics »

Les conditions de travail de ces agents sont pour le moins compliquées : un policier contacté me révèle que de nombreux policiers scientifiques ont été arrêtés par leur médecin à cause entre autres des nombreuses pressions et menaces exercées à leur encontre par leur hiérarchie (dont des astreintes régulières du fait d’un manque criant d’effectifs), des brimades de leurs collèges actifs qui les considèrent comme des moins-que-rien, et du cœur de leur métier qui implique souvent des situations particulièrement dangereuses ou difficiles à vivre (prise d’empreintes de délinquants voire de criminels, caillassages par certaines populations agressives, prélèvements et photos effectués dans des lieux à risque, insalubres ou glauques…)

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Des revendications légitimes

La revendication principale de la police scientifique peut se résumer ainsi: l’obtention d’un statut « actif » semblable à celui de leurs collègues voire de certains personnels de la fonction publique (les pompiers, les employés de pompes funèbres et même les éboueurs bénéficient des avantages liés à ce statut). « On a le même costume, mais on n’a pas les mêmes droits » affirme à l’AFP Xavier Depecker, secrétaire du Syndicat National Indépendant des Personnels Administratifs Techniques et scientifiques.

Intervention de la police scientifique à Nantes le 18 juillet 2019 suite à l'affaire Steve Maia Caniço © Sébastien SALOM GOMIS/ SIPA
Intervention de la police scientifique à Nantes le 18 juillet 2019 suite à l’affaire Steve Maia Caniço
© Sébastien SALOM GOMIS/ SIPA

Une réunion avait été promise et prévue pour le 8 janvier par le ministre de l’Intérieur avec les représentants de la police technique et scientifique dans le but de revenir sur cette problématique. Non seulement il n’y a pas eu de rencontre, mais pire, une directive supplémentaire et contraignante a été prise permettant l’utilisation du personnel de police scientifique sur un rythme de travail comparable au personnel actif et sans aucune espèce de compensation.

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Les personnels de police technique et scientifique ne souhaitent qu’une chose : la simple reconnaissance de la pénibilité de leur métier et la reconnaissance de la réalité bien éloignée des clichés que l’on peut s’en faire. Ce n’est pas un travail calme, encadré et sans risque derrière un bureau.

Pour s’en convaincre, rappelons que les agents de police scientifique sont intervenus lors des attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, de Nice de Saint-Étienne-du-Rouvray et bien d’autres. Leur travail permet la résolution d’un tiers des enquêtes policières alors qu’ils ne représentent que 2% de l’effectif total.

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1917: un film impressionnant au service de la mémoire

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1917 de Sam Mendes (2020). Image: Universal Pictures France.

1917, de Sam Mendes, en salles depuis le 15 janvier 2020, est une grande réussite. Un film qui comptera dans la mémoire de la Première guerre mondiale. Critique.


En ces temps propices à l’amnésie collective, il aura fallu tout le poids de la machine hollywoodienne et le génie du réalisateur britannique Sam Mendes, allié à un budget de près de 100 millions de dollars, pour raviver la flamme du souvenir des anciens combattants de la Grande guerre. C’est donc chose faite avec la méga production 1917 des studios DreamWorks, distribuée par Universal Pictures.

Si intense est l’effet de ce film sur l’esprit du spectateur que l’impression de revivre les combats de la Première Guerre mondiale sous l’angle des tranchées perdure bien après sa projection dans les salles obscures. En lice pour la 92e cérémonie des Oscars prévue le 9 février prochain, et déjà couronné des titres de « Meilleur réalisateur » et « Meilleur film dramatique » aux Golden Globes 2020, nul doute qu’il entrera un jour au panthéon des chefs-d’œuvre du cinéma et qu’il finira par figurer au National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis, à l’instar des Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick (1957) et d’autres films remarquables. Au 26 janvier 2020, le film a déjà récolté 200 millions de dollars.

Immersion dans les tranchées

Ce film de fiction, dont l’action se situe dans le Nord de la France au printemps 1917, a été tourné en Angleterre et en Ecosse. Il a nécessité la participation de 500 figurants et la construction de 1600 mètres de tranchées. Le récit poignant est tiré d’un livre autobiographique écrit par Alfred Mendes, le grand-père du réalisateur, Autobiography of Alfred H Mendes 1897-1991, qui relatait sa conduite héroïque lors de la deuxième bataille des Flandres (31 juillet – 6 novembre 1917) à Passendale. Les combats sanglants qui y opposèrent Français, Britanniques et Canadiens aux forces allemandes se soldèrent par d’immenses pertes, soit plus de 250 000 morts dans chaque camp ! Mendes s’était porté volontaire pour aller localiser d’éventuels survivants parmi des centaines de corps de soldats britanniques éparpillés dans un no man’s land après une attaque allemande. Sam Mendes, s’en est inspiré pour décrire, sur un rythme haletant, la mission opérationnelle quasi impossible de deux jeunes soldats anglais chargés d’aller transmettre à pied, de l’autre côté des lignes ennemies, un message de l’état-major britannique annulant une offensive vouée à l’échec, sauvant ainsi potentiellement 1600 frères d’armes d’une mort certaine.

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Déterminé à donner au spectateur la sensation inoubliable d’une immersion totale au cœur-même de l’action, le réalisateur virtuose des deux derniers James Bond, Skyfall (2012) et Spectre (2015), parvient grâce au tournage avec de longs plans-séquences et à l’utilisation de techniques particulières utilisées par Hitchcock, à donner, pendant près de deux heures, l’illusion d’une action continue.

Une ode au Brexit?

En tant que Britannique, il s’interroge peut-être inconsciemment sur la relation entre son île et le continent européen et sur le sens de l’engagement de son peuple en faveur de la défense des autres Européens, tout comme l’ont fait récemment ses compatriotes, les réalisateurs Christopher Nolan (Dunkerque) en 2017 et Joe Wright (Les Heures sombres) en 2018.

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Avec la disparition des derniers vétérans de la Grande guerre (dont celle du Français Lazare Ponticelli en 2008 et celle du marin de la Royal Navy Claude Choules en 2010, tous deux âgés de 110 ans), le devoir de mémoire ne repose plus que sur le fil ténu de la bonne volonté des générations présentes, notamment par le biais du cinéma et de la littérature, car ces anciens combattants ne peuvent plus apporter leur témoignage vivant. Avec 1917, Sam Mendes contribue à graver efficacement, dans le marbre de notre mémoire collective, le souvenir glorieux du sacrifice des morts. Ce faisant il accomplit une démarche essentielle, que d’autres seront enclins à reproduire, afin de commémorer les tragédies qui ponctuent l’histoire de l’humanité.

1917, de Sam Mendes, en salles le 15 janvier 2020

Guerre d’Algérie: le président a-t-il des tendances masochistes?

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Emmanuel Macron le 21 janvier 2020 © Yoan VALAT / POOL / AFP

Après avoir dit que la colonisation était un « crime contre l’humanité » en 2017, le président Macron a évoqué guerre d’Algérie et Shoah dans une même discussion, dans son avion de retour d’Israël la semaine dernière. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin?


Le président, qui vient de remettre le couvert sur le crime contre l’humanité de la France dans la guerre d’Algérie et a osé l’analogie avec la Shoah, a-t-il des tendances masochistes ? Franck Crudo lui demande dans une lettre…

Monsieur le Président,

Je fais des rêves vraiment étranges en ce moment. Tenez, la nuit dernière, je vous ai imaginé menotté sur votre lit, tout de cuir vêtu, un bâillon boule à la bouche. Au loin, on entend vaguement l’intégrale de Mylène Farmer pendant que votre épouse, déguisée en Cruella dans les 101 Dalmatiens, vous fouette avec un knout et un chat à neuf queues en vous insultant dans la langue de Goethe. Étrangement, vous semblez prendre votre pied, le regard fixé sur la télé, laquelle diffuse une compilation des plus beaux buts contre son camp de l’histoire de l’OM, votre club de cœur. Je sais, c’est bizarre.

Un président étourdi

Peut-être ai-je été, malgré moi, influencé par la lecture matinale du Figaro, ce samedi. Lors de votre retour d’Israël en avion, vous vous êtes confié auprès de quelques journalistes, un verre de whisky (sans coca) à la main. Après avoir, si j’ose dire, assimilé l’assimilation « à la droite dure et à l’extrême droite », moi qui pensais naïvement que ce modèle était à l’origine défendu par les Républicains de tout bord au XIXe siècle (je n’ai au passage pas été subjugué par le modèle alternatif proposé ces dernières décennies), vous avez souligné que « le nouvel antisémitisme vient des extrêmes », de droite comme de gauche, oubliant étrangement de citer d’où venait, aujourd’hui en France, l’antisémitisme le plus redoutable. Le plus virulent, le plus mortifère. Sans doute une simple étourderie de votre part. Même les meilleurs peuvent avoir quelques absences, c’est humain.

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Entre deux gorgées, vous avez expliqué que la montée de l’islamisme et du communautarisme dans notre pays a pour origine « un phénomène mondial d’un islam radical qui se tend et une transformation de l’islam », qui s’est « greffé sur des fractures mémorielles et des échecs que nous-mêmes (en France), on a eus sur le plan économique et social ». C’est vrai quoi, tout ça, à la fin, c’est quand même avant tout de notre faute.

Analogie audacieuse

Et puis, droit dans vos bottes (cloutées?), vous avez assumé vos propos polémiques durant la dernière campagne présidentielle sur le crime contre l’humanité de la France en Algérie. Avant d’ajouter, cerise sur le gâteau, que ce sujet devrait avoir « à peu près le même statut que celui qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». En lisant ces lignes, je me suis surpris à me pincer, histoire d’être tout à fait certain que je n’étais pas de nouveau englué dans l’un de ces rêves incongrus dont je suis parfois prisonnier.

Je dois vous confesser, monsieur le Président, que le mauvais esprit qui sommeille en moi s’est furtivement demandé si vous n’agitiez pas ce genre d’analogies, que l’on pourrait qualifier pudiquement d’audacieuses, ou si vous ne surjouiez pas quelque peu – petit cabotin – le remake de la colère de Chirac à Jérusalem afin de gratter quelques voix dans nos banlieues. Si tel est le cas, sachez qu’il y a du monde au balcon et que Jean-Luc Mélenchon et ses amis sont déjà sur le coup. Du haut de votre Aventin, tout en haut, vous avez pu mesurer à quel point le discours et la surenchère victimaire produit des effets positifs dans notre beau pays. La gorge serrée, l’œil humide, j’ai presque envie de vous dire : « chapeau l’artiste ! »

Repentance: autant y aller franco

Mais trêve de flagornerie. Au point où l’on en est, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et se contenter de la guerre d’Algérie ? Dans votre entreprise progressiste de mortification mémorielle,  vous pourriez demander pardon chaque jour de la semaine. Le lundi, on pourrait expier les crimes de Charles Martel, qui n’a pas hésité à exterminer jusqu’au dernier homme toute l’armée d’Abd el-Rahman, aux alentours de 732. Le mardi serait un nouveau jour de pénitence, en hommage aux nombreuses victimes brûlées vives ou passées au fil de l’épée par les troupes de Godefroy de Bouillon, lors de la prise de Jérusalem en 1099. Le mercredi matin, on pourrait fermer toutes les écoles et mettre les drapeaux en berne en souvenir des exactions de Philippe Auguste, durant la 3e croisade et le siège de Saint-Jean d’Acre en 1182. Le jeudi, ce serait ravioli… mais aussi un jour de honte nationale, 850 ans après le carnage à Carthage perpétré par Saint-Louis, en 1270. Le « Saint » y est mort d’ailleurs, bien fait pour sa gueule.

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Le vendredi, on tancerait publiquement Louis-Philippe, coupable d’avoir réduit en cendres Tanger, en 1844. Le samedi, la France demanderait pardon à la Tunisie, pour ses milliers de morts en 1881, et au Maroc, pour la guerre du Rif dans les années 20. On bouclerait logiquement la boucle le jour du seigneur, avec la guerre d’Algérie, ce crime contre l’humanité. Histoire de bien marquer le coup, on observerait une minute de silence, dans l’émission de Michel Drucker.

Fais-moi mal!

On pourrait même, soyons fous, consacrer chaque jour de l’année aux différents crimes perpétrés par la France, son armée, ses dirigeants, ses hommes, durant sa longue et douloureuse histoire, et pas seulement contre les musulmans. Pourquoi ne pas poursuivre votre œuvre d’autoflagellation émancipatrice, monsieur le Président, en dénonçant les crimes de l’armée française en Italie, entre avril et juin 1944, avec des viols de masse et des massacres sur les populations civiles ? Sous les ordres du maréchal Juin, ce corps expéditionnaire était composé pour moitié de goumiers marocains, de soldats algériens et de tirailleurs tunisiens ou sénégalais. Bon, l’exemple est peut-être mal choisi du coup: pas de stigmatisation, pas d’amalgame, comme on dit chez vous en trinquant, un verre de whisky à la main.

Quant aux crimes contre l’humanité du reste de l’humanité, on va laisser tomber, car il faudrait sans doute plus d’un siècle à ce rythme. Je suis d’ailleurs fort étonné que vous n’ayez pas pointé du doigt la responsabilité des Alliés, qui ont décimé des centaines de milliers de civils, hommes, femmes, enfants, en bombardant les villes allemandes. Sans parler de Hiroshima. Qui sait, ça sera peut-être pour votre prochain mandat. J’ai d’ailleurs fait un drôle de rêve, encore un, dernièrement. Pour célébrer votre réélection, vous ne traversez pas le Louvre d’un air martial. Non, cette fois vous remontez les Champs-Elysées pieds nus, en marchant sur des clous et des éclats de verre, ceint d’une tenue en latex moulante et d’un collier en simili acéré. L’image ne déparerait pas dans votre album. À côté du selfie avec le jeune Guyanais qui vous fait un doigt ou de votre photo à l’Elysée, au milieu d’un groupe de musiciens LGBT sapés comme jamais pour l’occasion !

Macron, la stratégie du chaos au service de sa réélection

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Emmanuel Macron à Jérusalem le 23 janvier 2020 © GPO/SIPA Numéro de reportage: 00941665_000046

Emmanuel Macron compare la guerre d’Algérie à la Shoah. Le président de la République mène-t-il une stratégie de chaos ethnique pour assurer sa réélection ? Quel bien peut-il sortir de la « nazification » des Français rapatriés d’Algérie ? 


Le président de la République Emmanuel Macron est allé à Jérusalem, commémorer le 75e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, pour mieux reprocher aux Israéliens d’instrumentaliser la Shoah. « Nul n’a le droit de convoquer ses morts pour justifier quelque division ou quelque haine contemporaine » a déclaré Emmanuel Macron devant un parterre de présidents et de chefs d’État. Une manière très Quai d’Orsay de reprocher aux Israéliens de se comporter comme des nazis vis-à-vis des Palestiniens et d’invoquer la Shoah pour paralyser la « solution à deux États ».

Sans grande vergogne, dans l’avion qui le ramenait jeudi 23 janvier d’Israël, le chef de l’État a convoqué trois journalistes pour dresser une équivalence entre la guerre d’Algérie et la Shoah. M. Macron a expliqué que la France devait revisiter la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) pour mettre un terme au « conflit mémoriel » qui « rend la chose très dure en France ». Le président a affirmé que le conflit algérien qui s’est achevé en 1962 irradie au sein de la société française avec une intensité égale à celle de la Shoah. « La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique (des conflits mémoriels). Je le sais depuis ma campagne. Il est là, et je pense qu’il a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995 », a affirmé Emmanuel Macron, devant trois journalistes du Monde, du Figaro et de Radio J.

Macron excite l’extrême droite

Cette mise en équivalence radioactive de la Shoah et la guerre d’Algérie est soit une provocation à destination de la droite et de l’extrême droite, soit une conviction profonde du président. S’il s’agissait de générer le buzz à droite, l’opération a été réussie ! Dans quel but ? Le but était-il de camper Les Républicains et le Rassemblement national en défenseurs de la Shoah ? On ne comprend pas bien.

A moins que le président de la République n’ait exprimé une conviction personnelle.

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Au cours de sa campagne électorale de 2017, Emmanuel Macron avait déjà évoqué la guerre d’Algérie comme un « crime contre l’humanité ». Là, comment ne pas donner raison à Bruno Retailleau (LR) qui a dénoncé, dans Le Figaro, une double offense: pour « les soldats français qui ont combattu en Afrique du Nord et qui se voient assimilés aux bourreaux de la pire espèce » et pour « les victimes de la Shoah puisque cet insupportable rapprochement revient à relativiser la monstruosité qu’a été l’Holocauste ».

Peut-on « nationaliser » les Français musulmans ? 

Toute cette agitation très émotionnelle et très stérile autour d’une mémoire de la Shoah encore vive et autour d’une mémoire de la guerre d’Algérie qui ne demande qu’à flamber, masque le seul vrai problème dont souffre la France aujourd’hui, à savoir qu’une nation islamique est aujourd’hui en formation sur le sol de France et en passe de faire sécession.

Dès 2003, le philosophe Shmuel Trigano évoquait une « démission »[tooltips content= »La démission de la République, Juifs et Musulmans en France, Shmuel Trigano, PUF, 2003″](1)[/tooltips] de la République à l’égard des problèmes d’immigration musulmane. Il regrettait l’importance des flux migratoires et protestait contre l’attribution sans conditions de la nationalité française à ces mêmes migrants musulmans. « Pour entrer dans la citoyenneté, il faut donc entrer par la porte de la nationalité et pour passer ce seuil, il doit y avoir un portier, l’État, qui impose des conditions d’entrée » écrivait Shmuel Trigano. Il ajoutait : « il n’est pas normal que l’islam et les Arabes soient dispensés de ce qui fut exigé des Juifs et des Chrétiens, après la révolution de 1789, pour entrer dans la nation française ».

La France n’est pas assez exigeante

Les Juifs, présents sur le territoire français depuis plusieurs siècles, n’ont fait leur entrée dans la nation française qu’en 1807. A l’occasion d’une assemblée convoquée par Napoléon, les Juifs furent sommés de répondre à douze questions pour le moins gênantes. Et qui seraient tout aussi gênantes si elles étaient posées aujourd’hui, aux représentants de la communauté musulmane. Exemples : « Aux yeux des Juifs, les Français sont-ils leurs frères ou sont-ils des étrangers ? » (question 4) ; « Dans l’un et l’autre cas, quels sont les rapports que leur loi leur prescrit avec les Français qui ne sont pas de leur religion ? » (question 5) ; « Les Juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ? Ont-ils l’obligation de la défendre ? Sont-ils obligés d’obéir aux lois et de suivre toutes les dispositions du Code Civil ? » (Question 6).

Aurait-il été « raciste » de poser aux musulmans candidats à l’émigration en France les questions qui furent imposées aux Juifs ? « Est-il licite aux Juifs d’épouser plusieurs femmes ? » (Question 1) ; « Une juive peut-elle se marier avec un Chrétien et une chrétienne avec un Juif ou la loi veut-elle que les Juifs ne se marient qu’entre eux ? » (Question 3)…  etc.

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Comme le fait remarquer Trigano, ces questions « très simples » mais « très exigeantes » ont amené une révolution dans le monde juif. Ce Sanhédrin[tooltips content= »Assemblée législative traditionnelle juive »](2)[/tooltips] de 1807 qui réunissait des rabbins de toute l’Europe a rapidement conclu qu’il était préférable « de dissocier les lois religieuses des lois civiles et politiques du judaïsme, déclarant ces dernières caduques, au profit de la loi française, allant jusqu’à proclamer qu’obéir aux lois de l’État était un devoir religieux pour les Juifs ».

Un processus inverse de « dé-nationalisation » a été infligé un siècle plus tard, sous la Troisième République, à l’Église catholique. Au nom de la laïcité qui devenait l’espace de la citoyenneté et du politique, les institutions de l’État ont été désintriquées des institutions du catholicisme. L’Église est certes demeurée influente par ses écoles « privées », par sa capacité de mobilisation des fidèles sur des sujets de société (le mariage pour tous est dans toutes les mémoires), mais elle a cessé de se confondre avec l’État. Elle s’est « citoyennisée ».

Aucun de ces processus n’a été appliqué à l’islam qui a été introduit en force sur le sol européen. Les pouvoirs politiques ont ouvert les frontières à l’immigration musulmane pour faire chuter les coûts du travail. Les musulmans ont été érigés en victimes pour éviter la révolte.

Beauf blanc contre victime musulmane

Une série de malversations idéologiques s’en est suivie : dans les années 1980, le prolétaire blanc de souche a été évincé de son piédestal communiste révolutionnaire au profit de la victime immigrée. L’un est devenu un « beauf raciste » tandis que l’autre était paré des qualités de la victime.

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Dans les années 2000, cette victime immigrée a été identifiée à la victime palestinienne qui souffrait sous les coups du colonialisme juif. Avec la complicité des Européens, la Nakba[tooltips content= »La défaite arabe de 1948 contre Israël »](3)[/tooltips] a été progressivement installée comme un équivalent de la Shoah et les Israéliens ont été considérés comme des nazis. C’est ce qui explique qu’Emmanuel Macron peut aller aujourd’hui à Jérusalem se lamenter sur la Shoah, accuser les Israéliens d’instrumentaliser l’extermination des Juifs, puis dans la même journée, faire un esclandre contre la police israélienne qui assure sa sécurité avant d’aller congratuler le négationniste Mahmoud Abbas à Ramallah.

Traitement de faveur

Dans l’avion de retour d’Israël, Macron a convoqué trois journalistes et a prétendu régler de brûlantes questions « mémorielles » en dressant une équivalence entre la guerre d’Algérie et la Shoah. C’est tout comme si le président de la République avait entrepris de nazifier les Pieds-noirs et les Harkis qui se sont battus pour la France !

Quel bien peut-il surgir de pareilles déclarations présidentielles ? On se le demande !

Quel bien peut-il surgir des propos d’un homme qui préside aux destinées d’un pays qui compte des milliers de Pieds-noirs et des dizaines de milliers de descendants de Pieds-noirs; d’un pays qui compte des dizaines de milliers de Harkis et de descendants de Harkis, et d’un pays, toujours le même, qui compte surtout plusieurs millions d’immigrés venus d’Algérie et qui ont fait leur vie en France ? Quel bien peut-il sortir des propos d’un président de la République qui nazifie les uns et porte les autres au pinacle ? On se le demande !

La seule réponse possible est qu’un pouvoir politique français, issu des grandes écoles, met en place une stratégie du chaos pour générer la peur et se maintenir au pouvoir. Ce pouvoir politique ne parait plus guère assuré de sa réélection et a entrepris d’instrumentaliser le chauvinisme maghrébin pour promouvoir les violences ethniques, générer le chaos et se maintenir au pouvoir en récupérant les voix des citoyens terrorisés par des violences que le pouvoir politique semble encourager. Quel sort la justice et la police réserveront-ils à ceux qui se révoltent contre le traitement de faveur accordé à une immigration arabe et musulmane que le pouvoir politique délie de toute obligation vis-à-vis du peuple français et de la République française ? On se le demande et nous ferions bien d’être nombreux à nous en inquiéter !

Le grand abandon: Les élites françaises et l'islamisme

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La démission de la République: Juifs et Musulmans en France

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Goldman Sachs veut plus de femmes et de personnes « racisées »

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Le patron de Goldman Sachs, David Solomon, a reconnu que sa décision fera sans doute perdre des affaires à sa banque © Mark Lennihan/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22381689_000001

Goldman Sachs Group n’accompagnera plus en bourse des sociétés dont le conseil d’administration ne comporte pas au moins une femme et/ou une personne de couleur.


Une autre étape vient d’être franchie vers la dissolution de la méritocratie. Le 23 janvier dernier, le PDG de Goldman Sachs Group, David Solomon, a annoncé que sa célèbre banque n’introduirait plus en bourse des sociétés dont le conseil d’administration (CA) ne serait pas composé d’au moins une femme et/ou d’une personne issue de la diversité ethnoculturelle.

Il suffit maintenant pour les grandes entreprises de se proclamer féministes, multiculturalistes et écologistes pour passer pour de grandes humanistes…

En vigueur dès le 1er juillet prochain en Amérique du Nord et en Europe, la politique ne s’appliquera toutefois pas aux sociétés asiatiques.

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Les progressistes américains se réjouissent évidemment de cette nouvelle. Pour justifier sa décision, David Solomon a expliqué que les sociétés nouvellement cotées en bourse étaient plus performantes lorsque leurs CA comptaient au moins une femme. Une explication à saveur productiviste qui camoufle mal la nouvelle emprise du politiquement correct sur les secteurs les plus compétitifs de la société. Le monde des affaires n’échappe pas à la tentation de devenir l’un des avatars de la gauche postmoderne, à la fois par effet de mode et pour se mettre à l’abri de ce même courant. À l’ère des réseaux sociaux et de la vindicte populaire, le prix à payer pour ne pas se soumettre est probablement jugé trop élevé.

Les louves de Wall Street à l’assaut du progrès

Que des femmes et des membres de minorités puissent être intégrés aux secteurs traditionnellement «WASP» est une excellente chose. Mais que plusieurs de ces personnes doivent en partie leur succès à un nouveau mécanisme d’ingénierie sociale en est une autre. Bienvenue dans le monde par excellence des statistiques et des quotas, celui où plus personne ne saura si votre talent a vraiment fait votre carrière. Le corps fait office de curriculum vitae : votre couleur de peau et votre sexe serait une expérience en soi, voire une réalisation : celle d’un individu hautement discriminé par la société.

Pourtant, la discrimination positive peut avoir les effets contraires que ceux anticipés sur le plan de la valorisation sociale. L’émancipation forcée demeure une béquille, un aveu de faiblesse dont plusieurs femmes et personnes « racisées » n’ont déjà plus besoin pour gravir les échelons. À quoi bon institutionnaliser des pratiques qui au fond diminuent et paternalisent leurs bénéficiaires ? Ces politiques s’apparentent à du favoritisme, alors elles créent de la méfiance et du ressentiment envers les personnes qui en profitent. N’est-ce pas aussi un peu honteux que de devoir son poste à ce genre de mesure ?

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La discrimination positive remplace un régime d’iniquité par un autre : les méchants hommes blancs de l’Amérique profonde se sont tournés vers Donald Trump parce qu’ils étaient convaincus que le système les désavantageait. Ce phénomène n’est pas propre aux États-Unis : qu’elle soit progressiste (positive) ou non (négative), la discrimination reste partout de la discrimination. Au Canada, les femmes n’ont d’ailleurs pas eu besoin de passe-droits pour devenir majoritaires au sein des diplômés de l’université. Le changement n’attend pas toujours des politiques pour prendre racine : les mentalités évoluent souvent plus vite que les mécanismes artificiels qu’elles tendent à produire.

Positive ou négative, la discrimination est… discriminatoire  

À bien y penser, il n’y a toutefois rien d’étonnant à ce que le monde des affaires ait choisi de se convertir à ce progressisme gnangnan. Il suffit maintenant pour les grandes entreprises de se proclamer féministes, multiculturalistes et écologistes pour passer pour de grandes humanistes. Les conditions des travailleurs comptent aujourd’hui beaucoup moins que leurs classements en catégories sexuelles et raciales. « Combien d’employés sous-payés avez-vous ? Plusieurs, mais ils sont encouragés à promouvoir leur identité de genre et de race ! Quelle avancée alors ! »

Le progressisme est devenu un slogan. Pour faire de votre entreprise un modèle de responsabilité sociale, il suffit de placer une femme noire dans son conseil d’administration, d’installer une toilette « non genrée » à son siège social ou de composter les déchets qui y sont produits avec une méthode innovante. Que vos activités appauvrissent ou même détruisent une région du monde n’a plus aucune importance. Vous êtes vert, féministe et multiculturaliste, alors vous êtes du côté du progrès.

La face cachée du multiculturalisme

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The New Pope, une série déjantée sur la papauté

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The New Pope (avec Jude Law) le lundi à 21h sur Canal +

 


Paolo Sorrentino nous surprend avec sa série pas franchement progressiste, diffusée par Canal +


Dans The New Pope, John Malkovich, dans le rôle d’un évêque britannique, succède à Pie XIII, le jeune pape interprété par Jude Law qui tombait dans le coma une saison plus tôt.

Nous retrouvons les mêmes séquences pop-déjantées qu’en première saison à une différence près, on voit plus grand. De nouveaux personnages, de nouvelles intrigues, et donc deux nouveaux papes.

Pas progressiste pour un sou

Le progressisme n’est pas à l’honneur dans les séries de Paolo Sorrentino. La première saison mettait en scène un pape beau gosse et conservateur, américano-italien, qui, malgré la réticence générale de la Curie romaine, redonnait à l’Église son panache d’antan. Rien de tout cela ne donnait à penser que Canal + diffuserait un deuxième volet de l’aventure ! Les critiques sont pourtant unanimes, le génie cinématographique du réalisateur apaise toutes les parties.

Ce qui paraît sacré aux yeux de Paolo Sorrentino nous parvient tel quel, intact. Les miracles ont leur part de mystère et de beauté. Ce qui plombe l’Église, le réalisateur le montre sans détour. La pédophilie, la corruption des cardinaux et le terrorisme islamiste font le malheur de l’État pontifical confronté à des situations extrêmes. Le public est amené à se demander où se trouve la part de vrai dans cette fiction.

Sorrentino réalise l’exploit d’allier blasphème et… foi en l’Eglise

La beauté des plans, la complexité des personnages d’Église, l’omniprésence du second degré et la place donnée à la libre interprétation laisse le choix au spectateur: se faire un avis ou de ne pas prendre parti. À l’inverse, certains événements ne laissent donc pas indifférents quant à leur ressemblance avec l’état actuel de l’Église.

À l’hospitalisation de Pie XIII, un premier pape est élu, le confesseur du Vatican, idiot utile des cardinaux, qui se révèle être un franciscain fanatique. Sa ressemblance avec le pape François dépasse le physique. François II revend donc toutes les richesses du Vatican pour les donner aux pauvres, ouvre les portes de la Cité-État aux migrants, semant le chaos, la peur et l’adversité dans la maison de Saint Pierre. Les traits sont grossis, mais l’esprit y est.

Beaucoup de subversion. C’est là la force du projet de Sorrentino qui allie blasphème et respect, foi et nihilisme. Le second degré sauve évidemment la mise et la présence de guest stars comme Sharon Stone ou encore Marylin Manson qui vouvoient le Saint Père ajoute à la fantaisie du réalisateur. Cela faisait longtemps que Canal + n’avait pas diffusé quelque chose d’aussi bon.

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Pas assez de femelles au Muséum d’histoire naturelle de Londres!

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Muséum d'histoire naturelle de Londres. © Rue des Archives

Une chercheuse au Muséum d’histoire naturelle de Londres dénonce la surreprésentation des mâles parmi les collections d’animaux empaillés. Pour combattre les stéréotypes de genre, chassons donc davantage de femelles.


 

Après les tableaux décrochés dans les musées, les animaux empaillés risquent d’être les prochaines victimes de l’épuration post-#metoo. Natalie Cooper, chercheuse au Muséum d’histoire naturelle de Londres, n’est pas peu fière d’avoir démontré, dans une étude publiée par la revue Proceeding of the Royal Society B, que les mâles oiseaux et mammifères sont scandaleusement surreprésentés dans les collections d’institutions historiques telles que les muséums de Londres, Paris, New York, Washington et Chicago.

La nature est injuste

« Nous nous intéressions aux préjugés de genre dans le milieu scientifique, explique-t-elle, où il y a par exemple une surreprésentation de chercheurs hommes blancs aux postes haut gradés. Aussi trouvions-nous intéressant de voir si ce biais masculin se retrouvait dans les collections des musées. » Avec une équipe de chercheurs très sérieux, elle a donc soulevé les jupes et baissé les pantalons de quelque 2,5 millions de spécimens pour savoir ce qu’il y avait dessous. Et sa scientifique intuition était juste : seuls 40 % des oiseaux et 48 % des mammifères empaillés, en moyenne, sont des femelles. Mais pour certaines espèces, leur pourcentage oblige à la repentance à perpétuité : on ne dénombre que 9,7 % de nanas chez les passereaux, 11,5 % chez les gobemouches noirs, moins de 10 % de donzelles dans les armoires de chauves-souris et à peine 24 % de demoiselles belettes. L’étude pondue par ces chercheurs pointe également le fait que moins de 40 % des artiodactyles (girafes, chameaux, cerfs et autres bisons) de nos musées sont des femelles, alors que dans la nature elles sont majoritaires !

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Faudrait-il tuer plus de mamans Bambi au nom de l’égalité ? C’est ce qu’on pourrait comprendre en lisant Natalie Cooper : « En ignorant les femelles, nous n’avons pas un tableau complet du vivant ; or cela est essentiel pour prédire, entre autres, comment la taille des corps pourrait répondre au changement climatique. » (Si c’est en plus au nom du « Climat », je veux bien être sonneur dans un équipage conduit par Greta Thunberg.) La chercheuse londonienne a aussi un autre message à faire passer : « Regardez comment les femelles animaux sont considérées comme chastes, soumises aux mâles, sans contrôle de leur accouplement. Cela reflète des stéréotypes de genre chez les humains au xixe siècle, pas la réalité de la nature. » Il est vrai que l’expression (très vulgaire) « c’est une chienne » vient bien de quelque part, que les demandes de GPA explosent ces temps-ci chez les lamas du Tibet et que les couples de lémuriens homos bataillent ferme pour faire reconnaître leur droit à la PMA. Mme Cooper a raison : c’est injuste. Mais il est une autre injustice, criante, terrible et implacable, étouffée qui plus est par un silence assourdissant. Dans la nature, la plupart des animaux mâles sont plus beaux que les femelles. Pour faire leur cour, être l’heureux élu des parades amoureuses ou tout simplement pour crâner, les oiseaux se parent de plumes chatoyantes, les poissons et batraciens rivalisent de tâches et de rayures multicolores, et que dire du pelage des grands fauves… quand leurs dames, contraintes par une Création machiste à couver le nid ou à allaiter la portée, sont condamnées à porter une simple tenue de camouflage. Comme le dit Calimero : « C’est vraiment trop injuste.

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C’était Michou…

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Michou, photographié en 2016 © JOEL SAGET / AFP

Michou vient de nous quitter. Le patron de cabaret avait 88 ans


Paris a le blues cet après-midi. Michou, c’était le douzième homme de notre sélection nationale, l’ami des Présidents et des stars du chobizenesse. Ce fameux corps intermédiaire tant recherché depuis plus d’une année, entre les élites et les poulbots. Il faisait le pont entre les générations et les identités, entre les modeux et les ringards, entre les culs-serrés et les flamboyants. Il était bien le seul à encore pacifier notre pays. À l’Élysée ou au bistrot du coin, on venait chercher son adoubement. Son sourire valait passe-droit. Officier de l’état-civil aux lunettes XXL, il avait le pouvoir réel d’octroyer la citoyenneté parisienne à quiconque se présenterait à lui et demanderait poliment le précieux sésame. Une photo avec lui, un simple selfie et c’était l’assurance de gagner une élection. Mieux, il permettait au quidam, venu de sa province ou des Amériques, de toucher l’âme de la capitale et de s’en prévaloir jusqu’à la fin des temps. Il était le gardien endimanché, souriant et festif à la limite de la caricature d’un XVIIIème féérique pas encore tombé dans le tourisme asphyxiant. Aujourd’hui où tout se ressemble, on a peine à imaginer la sauvagerie créatrice qui irriguait cette commune libre. 

Le dix-huitième en deuil

Sans vraiment s’en rendre compte, il s’inscrivait dans un long processus historique qui donna à cet arrondissement une aura si particulière, de Prévert à Dalida, de La Goulue à Piaf. Un monde parallèle où jadis l’ouvrier, le chansonnier et le grossium pouvaient cohabiter non sans heurts, mais avec le sentiment d’appartenir à une même caste, celle des affranchis. La pauvreté n’était pas indigne, elle se portait en rébellion. La scène servait de catharsis populaire. Depuis que les Halles Baltard ont été détruites, c’était au pied du Sacré-Cœur que Paris conservait cette joie gamine et effrontée des jolies mômes. Toute cette mythologie disparaît à mesure que la mondialisation gangrène nos espaces de liberté. Chez Michou, patron de cabaret entouré de ses « girls », l’outrance vestimentaire pouvait se comparer à cette vieille politesse des aristocrates napolitains. Une façon de se faire remarquer, d’illuminer la foule sans volonté de l’outrager. Il était cette figure de l’ancien monde qui s’encanaille sans moquer, qui s’amuse sans blesser, qui flirte avec les genres sans pétitionner. Un homme de spectacle qui aura fait bien plus pour l’acceptation des différences que les activistes encartés. La gentillesse taquine et le charme clinquant le caractérisaient. Et puis, la nuit, tout est permis, nous n’oublierons pas son message subliminal. Michou n’était pas l’un de ces adeptes de la transparence et de la démagogie. On l’appréciait aussi pour cette réserve, ce fond de timidité qui ferme les portes aux intrusions malsaines. La vie privée avait un sens. Ces dernières années, on voulait l’approcher, lui parler, recueillir ses confidences. Combien d’entre nous l’ont vu fatigué par la maladie mais toujours combattif en public ? Partout où il passait une tête, dans un restaurant ou une salle de théâtre, les gens se levaient, l’applaudissaient, voulaient lui témoigner leur amitié. Il attirait immédiatement la sympathie comme si un fil invisible nous reliait à lui. L’été dernier, sur une terrasse, lors d’un déjeuner de famille, j’ai pu constater son succès, des jeunes et des moins jeunes sont venus l’aborder avec une sincérité désarmante. Il fut tout de suite entouré, choyé, fêté. Cette vedette représentait quelque chose de léger, d’impalpable, un rêve ancien brouillé par la télévision de Guy Lux, les lumières de la nuit, une sorte de Paris fantasmé des années 60/70, thébaïde des libertés et du divertissement. L’esprit de sérieux, voilà le fautif, le malfaisant, celui qui nous amena l’ironie rigolarde et le dédain pour les plaisirs simples. 

La fantaisie de toute une époque

Saphir du transformisme, Michou portait chance. Il était l’intouchable de Montmartre, tels ces ermites reclus dans leur montagne qui aimantent les marcheurs. On savait que tout là-haut, sur la Butte, vivait un magicien au costume bleu EDF et à la casaque blond vénitien. Les plus chanceux le virent même traverser la ville assis dans une Citroën DS présidentielle. Ce n’est pas seulement Michou qui s’en va aujourd’hui, mais la fantaisie d’une époque et le temps des copains. Delon, Belmondo, Nana, Serge Lama, Claude Lelouch et tant d’autres doivent avoir le cœur serré. Demain, de la rue Lepic à la Place du Tertre, il y aura des processions en son honneur.