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Marianne: 46% des musulmans sur le départ en cas d’élection de Marine Le Pen

Bismillah, c’est de l’algèbre !


Marianne: 46% des musulmans sur le départ en cas d’élection de Marine Le Pen
Marine Le Pen, octobre 2025 © OLIVIER JUSZCZAK/SIPA

Cette semaine, un sondage exclusif publié par l’hebdomadaire Marianne1 joue à nous faire peur. Marine Le Pen affirme qu’elle n’interdirait pas le voile dès son accession au pouvoir mais soumettrait la mesure à référendum.


C’est un sondage qui va faire l’effet d’une bombe. Dans son numéro daté du 15 octobre 2026, Marianne publie une enquête IFOP qui examine l’état des esprits à six mois de la présidentielle autour d’un thème : l’identité.

Port du voile, désobéissance civile et même tentation du départ parmi les ressortissants musulmans : l’hebdomadaire ne s’est interdit aucun tabou.

Contre le voile, tout contre

Premier axe de l’enquête : la visibilité de l’islam. Le mois de septembre a été marqué par le retour de la querelle du voile, ressuscitée par accident par Jean-Philippe Tanguy. Tous étaient tombés sur le député RN, à commencer par Bruno Retailleau, qui avait qualifié de démagogique et de populiste sa proposition d’en interdire le port dans la rue. Quelques semaines plus tard, le sondage IFOP laisse pourtant penser que l’opinion est sur ce sujet plutôt dans le camp RN : 53% des sondés se disent opposés au port du voile dans la rue. Une analyse à nuancer lorsqu’on la regarde sous un prisme générationnel : 56% des membres de la Gen Z, nés entre 1997 et 2010 ne voient pas d’inconvénient à la libre déambulation dans les rues de femmes voilées. Indice de l’importance de la part musulmane parmi ces classes d’âge, mais aussi de la diffusion d’une conception anglo-saxonne de la laïcité parmi les jeunes générations.

Les militantes islamistes en faveur du voile dans le foot, devant le Sénat, janvier 2022. Image: capture d’écran YOUTUBE / Le Parisien.

Parmi les propositions phares des candidats, plusieurs débordent de leur socle électoral d’origine. Ainsi, l’idée défendue par Gabriel Attal d’interdire l’abaya dans les collèges et lycées publics est soutenu par 75% des sondés, mais ne fait pas un carton plein chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon : 37% seulement y sont favorables à cette mesure. L’interdiction du port de signes religieux ostensibles lors des compétitions sportives, défendue par Bruno Retailleau, est soutenue par 72% des sondés. Et elle recueille même 82% d’opinions favorable… chez les sympathisants de Raphaël Glucksmann.

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On observera par ailleurs avec amusement que les derniers reliquats de « républicanisme à l’ancienne » présent dans le programme de Jean-Luc Mélenchon obtiennent la sympathie de l’opinion, comme par exemple l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle (et donc l’arrêt du financement d’écoles confessionnelles dans ces territoires), avec un score de 64%, mais lui font perdre une bonne partie de sa base électorale, puisque seulement 49% de ses soutiens acquiescent cette mesure… Etonnant, lorsque l’on sait que l’islam ne pas fait partie des cultes reconnus par le Concordat. « Les électeurs insoumis semblent devenus hostiles à toute forme de mesure pro-laïcité, comme si elles étaient automatiquement perçues comme potentiellement “islamophobes” », souligne François Kraus, directeur adjoint du département « Opinion » de l’Ifop.

Près de la moitié des musulmans prêts à partir

Les conséquences et les réactions à une hypothétique victoire de Marine Le Pen ont également été mesurées. Selon 81% des musulmans, l’élection de la candidate RN entraînerait une hausse des agressions et des discriminations contre les adeptes de leur religion. Un peu plus d’un quart (27%) d’entre eux en viendraient alors à dissimuler leur appartenance religieuse. Mais la véritable trouvaille de l’enquête est la suivante : 46% d’entre eux envisagent de quitter le pays, contre 21% pour l’ensemble de la moyenne nationale, en cas d’accession à l’Elysée de la députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais. A noter que 44% de la population juive serait aussi tentée aussi par l’exil, moins peut-être par crainte du RN lui-même que des conséquences et de l’instabilité créées par cette victoire. Les musulmans ne seraient pas les seuls à être mal à l’aise en cas de succès lepeniste. Au sein de la fonction publique, 45% des sondés se disent prêts à désobéir à des lois qu’ils jugent injustes. Ce chiffre monte même à 77% parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Un tableau qui montre que les crispations identitaires seront au centre de la campagne qui s’ouvre. Où l’on peut voir que progressivement, la vieille ligne de fracture entre droite et gauche s’est amenuisée au profit de clivages ethnico-religieux et générationnels.


  1. Enquête Ifop pour Marianne auprès de 9689 personnes âgées de 18 ans et plus représentatives de la population française, effectuée par questionnaire auto-administré en ligne du 25 au 30 septembre 2026. ↩︎


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