Avec Philippe Bilger et Jeremy Stubbs.
Jordan Bardella est accusé par Mediapart d’avoir échangé des messages à caractère antisémite à l’âge de 17 ans. Des documents publiés par le journal d’extrême-gauche semblent justifier cette accusation. Or, la faute de Jordan Bardella ne devrait pas être considérée comme un crime inexpiable. Après tout, Edwy Plenel, le co-fondateur de Mediapart, a pu bénéficier d’une certaine indulgence concernant ses déclarations passées. Si le président du RN avait adopté, dès le départ, une attitude de responsabilité et de sincérité, il aurait pu s’en sortir – et son parti aussi. La procédure qu’il a entamée pourrait retarder la conclusion de l’affaire au-delà de la date de la présidentielle et donc s’avérer utile sur le plan de la convenance politique, mais à la longue, un politique a toujours intérêt à dire la vérité.
Mercredi, le maire de Béziers comparaissait devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir, en juillet 2023, refusé de marier un homme sous OQTF. Le parquet a requis une peine d’amende de 7 500 euros – bien inférieure à la peine maximale de 75 000. Et l’inéligibilité n’a pas été requise. Il est probable que, lorsque le tribunal rendra sa décision le 1er décembre, Robert Ménard sera condamné pour ce qui constitue une infraction sur le plan purement juridique. Mais son action apparaît déjà comme une démarche de rupture intelligente par rapport à un dysfonctionnement absurde et une loi qu’il est urgent de modifier. Bref, le maire a déjà remporté une victoire pour le bon sens.
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En revanche, le bon sens manque cruellement aux manifestations violentes des lycéens et étudiants, ainsi qu’à la réaction du gouvernement. Certes, tout le monde reconnaît qu’il y a des problèmes au sein de l’Education nationale. La valse des ministres – chacun ayant une approche différente de celles des autres – n’a pas du tout aidé. Mais la protestation contre l’état des lycées apparaît comme un prétexte pour promouvoir d’autres idées qui n’ont rien à voir avec l’éducation, notamment le soutien à Gaza et la volonté de limiter le droit à la légitime défense des forces de l’ordre. Les saccages et les agressions des pompiers et des policiers constituent une forme de guerre civile larvée.
Par leurs déclarations, les politiciens de la gauche radicale semblent non seulement instrumentaliser les violences, mais les inciter, selon une stratégie qui consisterait à préparer un troisième tour dans la rue après la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon prépare-t-il déjà son intervention, suite à une défaite dans les urnes face à Marine Le Pen, en tant que grand pacificateur sauvant le pays d’une série d’émeutes que ses lieutenants auront provoquées? À l’heure actuelle, le gouvernement semble dépassé par les événements, le ministre de l’Intérieur donnant des consignes apparemment contradictoires aux forces de l’ordre. Derrière une façade de compétence, on constate l’impuissance des autorités. Ecoutez 👇
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