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Slavik est dans la place !

Une plaque apposée dans le 8e au nom de Slavik, le décorateur du Drugstore


Slavik est dans la place !
Norma Editions.

Une place Slavik a été inaugurée le 2 octobre dans le VIIIe arrondissement de Paris, derrière le Drugstore des Champs-Élysées, dont il a inventé l’âme. Hommage à un génial créateur de la vie parisienne.


La place Slavik inaugurée par la maire du VIIIe Catherine Lécuyer, l’homme d’affaires Maurice Lévy et la famille du créateur. DR.

« Slavik n’est jamais devenu une icône, tels Claude Parent, Jean Prouvé ou Charlotte Perriand. Et pourtant grâce à lui, la capitale, au temps où elle était encore une fête, s’est enrichie d’innombrables « lieux de vie », pour la plupart aujourd’hui disparus, qui ont marqué le dernier tiers du XXe siècle. L’inventaire de ses créations est impressionnant, à la mesure de la nostalgie qu’il inspire », écrivait Julien San Frax dans Causeur en avril 2022[1], à l’occasion de la parution d’un livre magistral retraçant la richesse de ses créations, conduit par sa compagne, Géraldine Cerf de Dudzeele.

Paris, et plus encore le VIIIe arrondissement qui lui doit tant, ne sont pas ingrats. Ce vendredi 2 octobre a été inaugurée une place portant le nom du génial créateur, à l’angle des rues Vernet et de Presbourg, à l’arrière du Drugstore Publicis dont il a inventé l’âme. Marcel Bleustein-Blanchet l’avait appelé en 1954 pour prendre la direction du département d’ « esthétique industrielle » de Publicis. Dès lors naîtront l’univers du mythique Drugstore des Champs-Élysées, inauguré en 1958, puis celui de Saint-Germain-des-Prés (1965) et du Pub Renault (1962).  

Son style ? Un mélange d’Art nouveau teinté d’influences anglo-saxonnes saupoudrées d’un esprit slave et d’un zeste de modernité. Cèdre du Liban, bronze, laiton, cuivre et cuirs sont ses matériaux de prédilection pour créer des atmosphères chaleureuses, profondes et confortables, savamment tamisées par des éclairages discrets.

Slavik ayant été décorateur, designer et concepteur d’espaces, chacune de ses réalisations est une œuvre d’art total. Tout au long de sa vie (1920-2014), il imagine plus de 300 décors en France et à l’étranger. Restaurants, brasseries, bars, clubs, boutiques, dessinent la carte des plaisirs et de la joie de vivre qui ont façonné une certaine idée de la vie parisienne. La liste non exhaustive de ses réalisations donne le tournis : du Bistrot de Paris, rue de Lille (1965) au Berkeley, avenue Matignon (1970) ; de L’Assiette au bœuf (1974) au Petit Mâchon (1976), du London Tavern (1968) au Bistro 121 (1972) ; de la brasserie du Lutetia (1979) à celles du Dôme et du Zeyer la même année (1980), sans oublier le Jules Vernes de la tour Eiffel (1983) et l’American Dream (1995) de la rue Daunou. Tous ont été, longtemps, les cœurs battant de la capitale.

L’hommage rendu à cet enfant émigré russe, formé aux Arts décoratifs et à l’IDHEC, est discret mais amplement mérité. Pour prendre conscience de l’héritage colossal qu’il nous a laissé, la lecture de Slavik. Les années Drugstore (Éditions Norma) s’impose.


[1] https://www.causeur.fr/slavik-celui-qui-reinventa-paris-drugstores-231527




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Journaliste. Dernière publication "Triompher en festins - Une histoire de France en vingt repas" (Éditions Perrin, 2026).

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