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Violences sexuelles: « La parole des victimes n’est pas sacrée »


Marie-Cécile Nathan est signataire de la tribune « Une inquiétante présomption de culpabilité s’invite trop souvent en matière d’infractions sexuelles » dans Le Monde.


Daoud Boughezala. Dès le déclenchement des mouvements #Metoo et Balance ton porc, certains insinuaient que chaque femme avait un porc et qu’un compliment ou une attitude déplacée valait pratiquement un harcèlement. Le triste spectacle de la dernière cérémonie des César est-elle l’aboutissement logique de cette guerre des sexes ?

Marie-Cécile Nathan. Ça ne doit pas être une guerre des sexes. Si ces prises de parole sont nécessaires, en tout état de cause elles doivent être portées devant la justice et dans un cadre procédural.

Avec peut-être une confusion entre morale et droit ?

C’est tout le problème dans ce type de dossier, la morale n’a pas sa place dans le débat judiciaire. On assiste à cette confrontation-là où la morale essaie de prendre le dessus sur le droit, ce qui est dommageable dans une société démocratique. En effet, la morale n’est jamais universelle, elle est appréciée différemment en fonction de chacun (âge, sexe, religion…) et par conséquent seules les normes juridiques en ce qu’elles s’appliquent à tous préservent de l’arbitraire.

Avant de rentrer dans l’examen des arguments juridiques, j’ai l’impression qu’il y a un conflit générationnel ; chez les acteurs par exemple et notamment chez les femmes. Regardez Fanny Ardant et Adèle Haenel, ne pensez-vous pas que les jeunes générations sont plus sensibles à certains arguments moraux ?

Non, dans notre tribune on a des signataires qui sont vraiment de toutes les générations. De notre point de vue, ce n’est pas une question de générations mais plutôt d’application des grands principes et ça doit être inter-générationnel.

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Dans votre tribune, vous dénoncez la sacralisation des paroles des victimes qui entraîne une sorte de présomption de culpabilité. S’exerce-t-elle systématiquement contre les hommes ?

Aucune parole n’est sacrée, ni celle des victimes, ni celle des mis en cause.

C’est en effet en grande majorité des dossiers d’affaires de mœurs qui concernent des victimes femmes et des auteurs hommes. Donc la problématique se pose à 99% sur ce postulat-là. Maintenant, il y a une libération de la parole, elle doit être prise en compte et entendue, mais ce n’est pas à un tribunal populaire de décider si elle est valable ou pas, c’est à un Tribunal ou une Cour d’Assises de le décider. Une décision de condamnation ne peut pas se fonder uniquement sur la parole d’une personne mais doit s’appuyer également sur des éléments matériels qui viennent corroborer cette déclaration.

Avez-vous exemples en tête de dérives ? Je pense à l’affaire Jacqueline Sauvage.

L’affaire Jacqueline Sauvage pour ce que j’en connais est une affaire qui n’a posé aucun problème juridique aux deux Cours d’Assises qui l’ont condamnée. En effet, la seule chose que l’on doit constater est qu’une vérité judiciaire en est ressortie, celle de deux cours d’assises, qui l’ont condamnée. Pourtant, dans l’opinion publique et médiatiquement parlant, le discours était totalement en contradiction avec les décisions des magistrats et des jurés populaires qui ont eu à juger de ce dossier. La justice sait faire la part des choses ainsi dans un autre dossier où une femme était accusée d’avoir tué son mari, dans un fameux réquisitoire l’Avocat Général Monsieur Frémiot avait requis avec force un acquittement.

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Chaque dossier est différent, chaque dossier doit être appréhendé au regard des éléments matériels. Et c’est à une cour d’en décider et non pas au tribunal populaire.

À propos de sacralisation de la victime, vous faites référence dans votre tribune aux fameux propos de Samantha Geimer qui se dit plus traumatisée par tout le battage médiatique que ce que lui a fait subir Polanski à l’époque. Mais n’est-ce pas une contradiction dans votre raisonnement que d’un côté dénoncer la sacralisation de la victime et de l’autre vous appuyer sur les jugements subjectifs de Samantha Geimer ?

Non, pas du tout. Si une victime souhaite dénoncer les faits, elle doit le faire. Il faut nécessairement qu’elle le fasse et qu’elle porte plainte à la police ou à la gendarmerie. Ensuite la justice fait son œuvre. Ça doit se jouer entre les mains des professionnels du droit, les magistrats qui doivent être indépendants et neutres.

C’est uniquement comme ça que les choses avancent. Ça n’est pas par le biais de dénonciations dans des interviews et dans différents médias. Il est nécessaire de passer par la justice pour que ce soit indépendant et fait de la manière la plus sereine possible.

Et s’agissant de l’attitude du ministre de la Culture qui a publiquement regretté l’attribution du César du meilleur réalisateur à Roman Polanski, d’un point de vue de juriste, est-ce que vous y voyez une grave intrusion dans le travail de la justice ?

J’y vois une méconnaissance assez importante du mécanisme judiciaire, je trouve ça dommage qu’un ministre ne s’en réfère pas à la justice de son pays et ne renvoie pas ce genre de problématique à l’endroit où ça devrait être traité, c’est-à-dire devant un tribunal ou une cour.

Comme certains campus américains, risque-t-on de faire évoluer la notion de consentement en le remettant en cause pendant et après la relation sexuelle ?

Oui. Et c’est préjudiciable. Aujourd’hui, nos textes sont parfaitement adaptés, le consentement s’apprécie au moment de l’acte. Et cela doit perdurer.

Par ailleurs, la question de l’accueil et de la prise en charge des victimes doit évoluer, la situation n’est évidemment pas parfaite en revanche sur le consentement il ne faut pas modifier les textes en place.

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La difficulté actuelle est que l’on cherche à aller vers une imprescriptibilité du crime sexuel et là c’est dangereux. Cela maintiendra les victimes dans une posture victimaire qui ne leur apportera au niveau psychologique pas que du bien car elles n’arriveront pas à se faire reconnaitre comme telle par la justice. En effet, pouvez-vous imaginer que l’on condamne une personne 30 ans après les faits sur les seules déclarations d’une personne sans autre élément matériel ou preuve? Si la justice apportant une réponse en temps et en heure, permet de faire reconnaitre son statut de victime cela ne peut pas tout réparer, mais cela peut lui permettre d’avancer et de comprendre les choses. La justice ne pourra pas donner ces réponses plus de trente ans après les faits.

Ça pourrait aussi créer des situations d’insécurité juridique voire de manipulation trente ans après…

Pour tous, pour l’auteur et la victime. Pourquoi autant d’affaires n’aboutissent pas et sont classées sans suite ? Il faut justement se poser la question de l’allongement de la prescription dans la mesure où on ne peut pas condamner quelqu’un quand on a une plainte qui arrive trente ans après et qui parle de faits qui sont arrivés trente ans avant, vous n’avez plus de constatation médicale, plus d’échanges téléphoniques, plus de SMS, plus d’éléments qui pourraient apporter du crédit aux déclarations. C’est donner un faux espoir que d’allonger la prescription.

Le porc émissaire

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Le temps passé des temps modernes


À l’ère des réseaux sociaux, le désir d’apparaître pour être quelqu’un a pris le pas sur la pudeur. Quand ce ne sont pas les individus eux-mêmes qui arrachent le rideau protecteur, des malveillants s’en chargent.


Le 16 janvier de cette année, Mila, lycéenne aux cheveux bleutés, apparaît dans une vidéo et se met à converser avec quelques-uns de ses 9 000 abonnés. Un internaute lui fait alors des avances. Elle le rembarre. Le « live » se poursuit. À un autre abonné, elle confie qu’elle est lesbienne. Le soupirant éconduit voit rouge. Il la traite de « sale pute » et l’insulte au nom d’Allah. La discussion dérive alors sur les religions. L’adolescente dit qu’elle les rejette toutes et ajoute qu’elle n’aime pas l’islam, que c’est une religion de haine. Pour bien montrer qu’elle fait fausse route et que l’islam n’est qu’amour, on lui promet les feux de l’enfer. Dans une seconde vidéo postée le jour même, Mila, nullement impressionnée, persiste : « Votre religion, c’est de la merde. Votre Dieu, je lui mets le doigt dans le trou du cul. Merci et au revoir. »

Dans l’univers où chacun peut créer sa propre Stasi, les non-paranoïaques sont des inadaptés sociaux

Le client islam est roi

En réponse à cet adieu retentissant, diffusé partout sur la Toile, elle reçoit un tombereau de menaces et d’injures : « On va te retrouver et t’égorger, sale chienne ! » ; « sale française de merde » ; « t’es morte, on sait où t’habites » ; « si je te croise dans la rue, je vais te faire avaler tes organes ». Mila ne peut pas retourner au lycée : sa sécurité n’est plus garantie. Les autres élèves ont prévenu : si elle y remet les pieds, ils lui feront sa fête. Interrogé sur une radio, le secrétaire général du Conseil français du culte musulman affirme : « Elle l’a cherché, qu’elle assume. »

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Ainsi, la blessure faite à l’islam a déchaîné dans notre vieux pays naguère encore « catho-laïque » un véritable ouragan. Et cet ouragan en impose. Il fait même autorité sur une partie non négligeable de l’establishment politique, médiatique et culturel. Ségolène Royal, qui se prépare pour l’élection présidentielle, réprimande vertement l’adolescente irresponsable et irrespectueuse. Martine Aubry, qui brigue plus modestement un quatrième mandat de maire de Lille, fait part de sa très vive inquiétude : « Dans une période où beaucoup se sentent attaqués, je pense à l’augmentation des attaques contre les musulmans […] peut-être que chacun peut se dire qu’il vaut mieux éviter ce type de propos. » D’autres élus ou candidats déplorent la sortie inutilement blasphématoire de Mila en ces temps troublés. Or, comme le dit très justement Salman Rushdie, « là où il n’y a pas de croyance, il n’y a pas de blasphème ».

J’avais écrit dans La Défaite de la pensée que notre monde risquait de devenir le théâtre d’un affrontement terrible et dérisoire entre le fanatique et le zombie. Nous y sommes

La compassion et le clientélisme sont aujourd’hui l’avers et le revers d’une même médaille. L’esprit de capitulation se dissimule derrière l’élan du cœur. On cède devant la force du nombre en se racontant qu’on vole au secours des plus faibles. On se croit antiraciste et fidèle au devoir de mémoire au moment même où on entre dans la voie de la collaboration. Qu’est-ce que collaborer, en effet, sinon se plier, en fondant le droit sur le fait, au verdict de l’Histoire ? L’Histoire ayant fait de l’islam la deuxième religion de France, et même la première dans un nombre croissant d’agglomérations, le sentiment d’humanité est devenu l’alibi de la soumission. Un compte LGBTQI (comme il faut dire depuis que les dénominations sexuelles se sont alignées sans coup férir sur le modèle acronymique des grandes banques et des chaînes de télévision) a envoyé ce message à Mila : « Tu n’as absolument pas l’ouverture d’esprit de faire partie d’une communauté qui prône l’amour et l’acceptation. […] Tu ne fais aucun effort pour comprendre l’autre. » Garants de la convergence des luttes, les grands hebdomadaires culturels de la gauche progressiste ont choisi de détourner les yeux et le site Mediapart (érigé en idéal dans toutes les écoles de journalisme) a publié une longue enquête sur les dérives sexistes et « LGBT-phobes » des chroniqueurs de l’émission phare de France Inter « Le Masque et la Plume ». Tout rentrait dans l’ordre : au procès permanent des phobies, le mâle blanc occupait seul le banc des accusés.

Je soutiens sans être Mila

Face au déferlement de haine et à ses accablantes justifications, je soutiens Mila sans la moindre réserve. Pour autant, je ne me range pas derrière la bannière ou, plus exactement, nouveau monde oblige, derrière le hashtag #JeSuisMila. Voici mes raisons. La liberté d’expression est une conquête de la civilisation. Dans l’expression « Votre Dieu, je lui mets le doigt dans le trou du cul », la décivilisation est à l’œuvre. La vulgarité peut être roborative, mais le degré zéro de la parole articulée ne mérite pas le qualificatif de vulgaire. S’exprimer en public, ce n’est pas se lâcher, c’est, non pour se censurer, mais pour se grandir, parler sous le contrôle du surmoi. Si comme on me le répète, les jeunes filles en fleur n’existent plus que dans les livres qui font rêver les vieillards et si la langue la plus bêtement scatologique est désormais l’idiome distinctif des « gamines » et des « gamins » de 16 ans, alors il faut, de toute urgence, refaire un surmoi aux jeunes générations et remettre à l’honneur une notion que l’école républicaine et la bourgeoisie ont entraînée dans leur chute : bien élevé. Pour transgresser vraiment les règles de la bienséance, encore faut-il les avoir apprises.

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J’avais écrit dans La Défaite de la pensée que notre monde risquait de devenir le théâtre d’un affrontement terrible et dérisoire entre le fanatique et le zombie. Nous y sommes. Le fanatique et le zombie barbotent dans la même obscénité crasse et le second facilite la tâche du premier car, même quand il lui résiste, il ne lui oppose, à proprement parler, rien. On a dit de Mila qu’elle était la digne héritière des Lumières. La pauvre, qui a besoin qu’on l’aide et non qu’on l’adore, n’en demandait pas tant. Les Lumières, c’était la mise en œuvre et en forme de la liberté de l’esprit. Et la forme, en l’occurrence, n’habillait pas la pensée : elle l’affinait, elle l’approfondissait même. De nos jours, l’informe règne et il s’étale. L’espace public n’a plus d’existence propre. Comme tant d’autres, Mila dit tout, indistinctement et sans jamais changer de registre, à tout le monde. Car pour vivre heureux dans le nouveau monde, on a cessé de vivre caché, on se montre, au contraire, on s’exhibe, on ne laisse rien ignorer de ses menus, de ses manies, de ses humeurs, de ses orientations, de ses coups de mou, de ses anniversaires. Le désir d’apparaître pour être quelqu’un a pris le pas sur le sens de la pudeur.

La méfiance généralisée devient le ciment du vivre-ensemble

La pudeur, notion-clé des Temps modernes européens, comme le rappelle Kundera dans Les Testaments trahis, c’est la liberté de n’être pas vu. Rien à voir avec la pruderie. La pudeur n’exclut pas l’impudeur d’Éros, elle le met à l’abri des regards étrangers : « Pudeur : réaction épidermique pour défendre sa vie privée, pour exiger un rideau sur une fenêtre, pour insister afin qu’une lettre adressée à A ne soit pas lue par B. L’une des situations élémentaires du passage à l’âge adulte, l’un des premiers conflits avec les parents, c’est la revendication d’un tiroir à clé pour ses lettres et ses carnets : on entre dans l’âge adulte par la révolte de la pudeur. » On y entre maintenant en ouvrant le tiroir et en affichant tout ce qu’il contient sur Facebook ou sur Instagram. À la place de la clé, l’écran. « Le privé et le public, ajoute Kundera, sont deux mondes différents par essence et le respect de cette différence est la condition sine qua non pour qu’un homme puisse vivre en homme libre ; le rideau qui sépare ces deux mondes est intouchable et les arracheurs de rideaux sont des criminels. »

benjamin Griveaux, après l'annonce du retrait de sa candidature à la mairie de Paris, 14 février 2020. © BONAVENTURE/ AFP
benjamin Griveaux, après l’annonce du retrait de sa candidature à la mairie de Paris, 14 février 2020.
© BONAVENTURE/ AFP

Faut-il parler des Temps modernes au passé ? Le mélange du public et du privé va-t-il être fatal à l’un et à l’autre ? En tout cas, quand ce ne sont pas les individus eux-mêmes qui arrachent le rideau protecteur, des malveillants s’en chargent. Dans le cadre d’une conversation privée sur internet, Benjamin Griveaux, qui n’était pas encore candidat de la majorité présidentielle à la mairie de Paris, a envoyé une image de son sexe turgescent à sa maîtresse. Cette vidéo, qui n’avait pas d’autre destinataire, était programmée pour disparaître au bout de quelques minutes. Elle a été conservée à l’insu de l’envoyeur et, deux ans après les faits, jetée en pâture aux redoutables « réseaux sociaux ». Cette « porno-divulgation » (encore un mot et une pratique du nouveau monde) a mis fin à la carrière politique de Benjamin Griveaux. Avec une belle unanimité, les commentateurs se sont émus de cette atteinte sans précédent à la vie privée. Mais, tout en affirmant avec regret et même avec effroi qu’un cap avait été franchi, un grand nombre d’entre eux ont blâmé l’imprudence de l’homme piégé et dénoncé sa duplicité puisqu’il s’affichait en bon père de famille. Il aurait dû prévoir le coup, c’est donc « un gros con », a tranché l’ancien directeur du journal Libération. Et l’éditorialiste reconnaissable à son écharpe rouge a parlé du « naufrage personnel d’un homme qui n’a pas su contrôler son ubris et qui n’a que ce qu’il mérite ».

À lire aussi: Affaire Griveaux: les liens troubles entre « Le Média » et les maîtres-chanteurs

Les nouvelles technologies ayant démocratiquement mis la surveillance et le piratage à la portée du premier « artiste » venu, il nous incombe, pour ne tomber dans aucune machination, d’être constamment sur nos gardes. Dans l’univers où chacun peut créer sa propre Stasi, les non-paranoïaques sont des inadaptés sociaux. Il faut être malade pour ne pas se sentir épié. La méfiance généralisée devient le ciment du vivre-ensemble.

Saccagée quand elle n’est pas sacrifiée par ses bénéficiaires, l’intimité subit une double mise à mort. Il n’en restera bientôt qu’un pâle souvenir.

Les testaments trahis

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La défaite de la pensée

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À la première personne

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Haro sur Thierry Baudet!

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Après l’assassinat de Pim Fortuyn et les menaces que font peser les islamistes sur Geert Wilders, c’est Thierry Baudet qui se retrouve dans la tourmente.


Aux Pays-Bas, les menaces reçues par le dirigeant politique conservateur Thierry Baudet font revivre le spectre de l’assassinat de Pim Fortuyn, dont les plaies restent ouvertes.

Pim Fortuyn, populiste érudit et de droite, dandy, homosexuel assumé, fut assassiné le 6 mai 2002 par un activiste vegan qui y voyait un danger pour le pays.

Son meurtre stoppa net une campagne électorale pendant laquelle M. Fortuyn concentra la haine de ses adversaires politiques et des médias traditionnels. Le jour de sa mort, le journal libéral NRC avait, dans un éditorial, qualifié de “honteuse” l’hypothèse que M. Fortuyn devienne Premier ministre.

 “Fasciste, nazi !” : les noms d’oiseau et attaques physiques pleuvaient sur M. Fortuyn durant la campagne législative. Après avoir été entarté au purin, il demanda au gouvernement une protection renforcée. Le jour fatidique, il n’y avait pourtant personne autour de lui pour empêcher le tueur, Volkert van der Graaf, de passer à l’acte. La droite dure néerlandaise continue d’ailleurs à marteler que “la balle venait de la gauche”, accusant les socialistes et la droite libérale d’avoir incité des esprits pervers à commettre l’irréparable. 

Baudet harcelé par la presse de gauche

L’assassinat de Pim Fortuyn a mis la gauche dans l’embarras. Ses partisans ont été priés de ne plus diaboliser l’adversaire par des références à la persécution des Juifs. Ainsi, un politicien de centre gauche avait participé à une manifestation contre M. Fortuyn en récitant des phrases du journal d’Anne Frank, insinuant que les « minorités » risquaient la déportation sous un hypothétique gouvernement de Pim Fortuyn.

Thierry Baudet, 37 ans, dandy comme M. Fortuyn, mais hétérosexuel, ne s’était jusque-là jamais publiquement inquiété pour sa sécurité. Fin février, une journaliste de télévision l’a peut-être mis en danger en caricaturant ses vues sur l’immigration. Citation inventée de toutes pièces : “L’UE a le projet de remplacer la race blanche européenne par des migrants africains”. On peut se demander si ce procédé malhonnête n’est pas tout simplement une contribution délibérée à la campagne de haine anti-Baudet. Ce dernier a démenti les allégations de la journaliste, par ailleurs collaboratrice au journal de gauche De Volkskrant, et crié à la condamnation à mort. Baudet lui a donc posé un ultimatum. De deux choses l’une : soit la journaliste retire ses propos et présente ses excuses, soit il porte plainte pour diffamation. La journaliste estimant qu’elle avait correctement résumé la pensée de M. Baudet, c’était au tribunal de Lelystad de trancher. Le 25 mars, un juge a débouté M. Baudet, arguant que celui-ci, en tant que politicien connu, doit accepter d’être critiqué plus que le Néerlandais lambda. Cependant, le juge a qualifié d’ ‘inadéquat’ les propos de la journaliste selon laquelle M.Baudet avait prôné la supériorité de la race blanche.

M. Baudet est-il vraiment sincère quand il dit craindre pour sa vie ? Difficile de se prononcer, tant ce provocateur-né, autre trait qu’il partage avec Pim Fortuyn et son ami le cinéaste Theo van Gogh, assassiné en 2004 dans une rue d’Amsterdam par un islamiste, joue avec les médias. L’homme aime se victimiser. Ce qui n’enlève rien à la campagne de dénigrement et de haine qu’il subit de la part de journaux tels que De Volkskrant.

Menaces, blagues douteuses, attaques de féministes…

Des appels au meurtre voilés semblent s’en inspirer. Ainsi, dans une attaque contre M. Baudet sur Facebook, un enseignant universitaire s’adressait récemment au meurtrier de Pim Fortuyn: « Volkert, où es-tu? » Cette blague douteuse lui a valu d’être suspendu de l’université d’Utrecht. Comme si cela ne suffisait pas, des manifestants antiracistes ont appelé à « tirer » sur M. Baudet, dont le domicile à Amsterdam a déjà été attaqué par des féministes en fureur. Car M. Baudet est également romancier, jugé misogyne par bien des femmes. 

Au fond, que lui reprochent ses adversaires ? Souhaiter que les Blancs restent majoritaires aux Pays-Bas et en Europe. Quitte à critiquer la politique européenne d’immigration qui menace cette perspective.

En Baudet, la haine des bien-pensants vise un intellectuel francophile dont le parti Forum voor Democratie (FvD) n’occupe que deux des 150 sièges de la Chambre Basse. Sa popularité ne cesse d’augmenter. Son parti, créé en 2016, compte déjà plus de membres que les partis traditionnels tels le VVD libéral du Premier ministre Mark Rutte. En 2019, le Fvd a gagné les élections provinciales, dont dépend la composition du Sénat. M. Baudet manie mieux que ses adversaires les réseaux sociaux tels Instagram, qui attirent un public majoritairement jeune. Il ringardise ainsi son principal rival à droite, Geert Wilders, dont l’électorat déclinant est plutôt populaire.

Plus le succès de Thierry Baudet s’affirme, plus il s’attire les foudres jusqu’ici dirigées contre Wilders. Celui-ci vit caché et sous protection depuis la fatwa le condamnant à mort il y a quinze ans pour ses diatribes anti-islam, semblables à celles de M. Pim Fortuyn. Sur ce terrain, Thierry Baudet s’est montré plus prudent. Pas sûr que cela lui épargne un sort tragique.

Friends: celui qui a mal vieilli


Pour David Schwimmer, l’humour de Friends est plein de sexisme, d’homophobie et de grossophobie… L’acteur s’est également dit «tout à fait conscient de son privilège de mâle blanc hétérosexuel».


La série américaine Friends a marqué la génération Y. De nombreux jeunes qui ont grandi au tournant des années 1990 et 2000 suivaient les aventures sentimentales de cette bande d’amis new-yorkais. Seize ans après son dénouement, des adolescents téléchargent et regardent en boucle les dix saisons dont chaque épisode est systématiquement titré « Celui qui… ». Autant dire que la nostalgie ne s’est jamais aussi bien portée. Sauf peut-être pour les premiers concernés. Interrogé par The Guardian au mois de janvier, l’acteur David Schwimmer (Ross) s’en est vivement pris à la série qui l’a fait connaître. Se disant « tout à fait conscient de son privilège de mâle blanc hétérosexuel », Schwimmer s’inquiète du sexisme, de l’homophobie ou de la transphobie de certaines scènes qui ont selon lui mal vieilli. Ainsi, Chandler, moqué pour sa préciosité, craint-il constamment de passer pour homosexuel. Comble du mauvais goût, Friends moque régulièrement l’obésité passée de Monica, la sœur de Ross. Homophobe et grossophobe, le dossier s’alourdit. Sans compter que ses six héros sont tous blancs. Rétrospectivement horrifié, David Schwimmer se prend à rêver : « Il faudrait peut-être qu’il y ait une version de Friends avec uniquement des Noirs, ou uniquement des Asiatiques. » Cependant, il lui sera crédité le fait qu’au fil des épisodes, Ross ait tout de même séduit (à sa demande) une femme d’origine asiatique et une Afro-Américaine. Pour calmer complètement les remords de Schwimmer, en mai prochain, une nouvelle plate-forme lancée par HBO diffusera un épisode inédit. Alors qu’Hollywood nous annonce un prochain Spider-Man bisexuel, Friends a toutes les chances de renflouer son capital diversité. Reste à savoir qui, de la série ou de ses acteurs, a le plus (mal) vieilli.

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Chacune cherche son gland


Une chasse aux sextoys aura lieu le 19 avril dans la région de Namur. Un plaisir à partager… entre femmes.


Comment fabriquer une usine à cash ? Rien n’est plus simple. On greffe une recette marketing qui marche – la démonstration-vente à domicile – sur un créneau porteur, par exemple le sexe. Cela donne le « Tupperware » du sextoy. C’est le marché que laboure Soft Love, l’entreprise belge à l’initiative de la chasse aux sextoys qui aura lieu le 19 avril dans la région de Namur.

L’idée consiste à inviter les participants à retourner un champ truffé de plus d’un millier de sextoys, comme on irait à la chasse aux œufs de Pâques. Les riverains, eux, redoutent certainement moins le passage des hardes de sangliers qui sévissent dans la région que cette masse ludique venue retourner le sol à coups de bêche en quête de plastique. Et comme l’opération n’a pas oublié d’être caritative, elle n’est pas gratuite. Pour y participer, il vous en coûtera près de 20 euros, bêche comprise. Cette année, c’est l’endométriose, un trouble qui rend l’utérus douloureux au gré des cycles, qui sera à l’honneur.

A lire ensuite: Manifeste pour l’instauration d’une journée du silence féminin

Les hommes ne sont pas invités, mais tolérés à titre d’accompagnants. Par ailleurs, 300 places sur les 6 500 leur sont réservées, à condition qu’ils se déguisent. But du jeu : leur ôter toute trace de virilité. L’événement qui en est à sa dixième édition attire des foules – délire et bonne cause sur fond de morosité sexuelle généralisée.

Le catalogue de Soft Love proposant des plugs anaux, la prochaine édition verra peut-être la recherche sur les hémorroïdes bénéficier d’un coup de pouce. Pas très sexy, certes. Mais en tant que mal non discriminant, en ces temps où le sexisme menace de toutes parts, les hémorroïdes tirent leur épingle du jeu.

Mairie de Paris: la contagion des alliances


Malgré l’épidémie de coronavirus, tout est bon pour gagner ou conserver le pouvoir dans la capitale


Même pas peur du coronavirus : Agnès Buzyn tend la main à Rachida Dati contre une Anne Hidalgo qui tend la sienne à Cédric Villani… Devant les risques de contagion il est déconseillé de s’approcher de ces quatre personnes. Une mise en quarantaine s’impose.

Paris vaut bien une messe avait dit Henri IV. La mairie de Paris vaut bien le danger d’attraper un virus mortel venu de Chine. Pourtant Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé et donc très qualifiée, avait fait savoir qu’elle entendait prendre ses précautions.

La candidate LREM avait imaginé un vaccin très efficace contre le coronavirus. Elle n’avait pas renoncé à faire campagne sur les marchés où pourtant règne une promiscuité inquiétante. Agnès Buzyn avait suggéré qu’au lieu de se serrer la main on se touche les coudes et les pieds. En effet le coronavirus ne passe pas par là…

En vertu de quoi elle a entrepris de faire du pied à Rachida Dati. Cette dernière, manifestement émoustillée, donne l’impression d’être tout à fait consentante. Car contre Anne Hidalgo tout est bon, tout est permis. Deux femmes contre une seule : la partie n’était pas égale.

Anne Hidalgo, tacticienne éprouvée, a senti le danger. C’est pourquoi elle a fait des avances à Cédric Villani, qui peu farouche, n’a pas dit non. On remarque avec plaisir que dans le couple Hidalgo-Villani la parité est respectée. Tel n’est pas le cas dans l’attelage Buzyn-Dati. C’est pas bien. Reste qu’on peut être dubitatif sur les chances de succès de l’initiative de la maire de Paris. Car Villani a tous les charmes et aussi les faiblesses, d’un doux rêveur.

« Il n’a pas les épaules » avait dit de lui le très viril Benjamin Griveaux. Donc Hidalgo-Villani ça ne peut pas être une dream team… Dans ce sanglant combat je n’aurais pas aimé prendre partie. Mais tout va bien : j’habite la Normandie et j’ai la chance de ne pas voter à Paris.

Coronavirus: aurons-nous assez de lits?


L’épidémie, en progression alarmante dans l’hexagone, est un terrible révélateur. L’Oise et le Haut-Rhin sont confinés depuis ce lundi matin. Le nombre de lits de réanimation sera-t-il suffisant dans les prochaines semaines?


Frappée par l’épidémie de coronavirus, l’Italie vient d’annoncer la mise en quarantaine de la Lombardie, d’une partie du Piémont, de l’Émilie Romagne et de la Vénétie, isolant 15 millions de personnes et paralysant les régions les plus dynamiques et les plus riches du pays. En France, des ordres similaires de confinement commencent à être prononcés, notamment dans l’Oise et le Haut-Rhin. Devant des mesures aussi extrêmes, les citoyens s’interrogent : les gouvernements en font-ils trop ? Ou pas assez ?

Le calcul cynique de nos gouvernants

Pour comprendre l’effroi qui saisit les autorités, il faut réfléchir et compter. Compter non seulement les morts potentiels, mais surtout les malades graves. En effet la mortalité du virus, si elle est plus élevée que celle de la grippe, n’est pas en soi le problème principal. Elle concernerait 1 à 2% des malades, frappant en grande majorité des personnes très âgées, immunodéprimées ou porteuses de comorbidités sévères (cancers, insuffisance respiratoire chronique, etc.). Certes cette létalité est 10 à 20 fois plus élevée que pour la grippe saisonnière, mais la protection de la population affectée ne peut sans doute pas justifier de paralyser tout un pays.  Avec un brin de cynisme, on peut même considérer que les personnes réellement menacées de mort par le coronavirus sont des inactifs, des poids-mort pour la société, et qu’avancer de quelques mois le moment de leur décès n’est pas forcément un drame en soi – ce cynisme est détestable, mais il est difficile d’imaginer que les preux chevaliers qui nous gouvernent en sont entièrement indemnes.

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Le vrai danger pour le système de santé et la société toute entière réside dans les formes graves de la maladie, qui peuvent toucher aussi des personnes jeunes et sans comorbidité. Ces patients devront être hospitalisés (sans doute aux alentours de 15% des cas) et parmi eux certains présenteront un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) et auront besoin de réanimation (potentiellement entre 5 à 10% des cas). Qu’est-ce qu’un SDRA ? C’est un état de défaillance respiratoire et parfois même multiviscérale, qui conduit à la mort en l’absence de réanimation lourde. Par réanimation lourde, on entend des mesures « extraordinaires » : intubation et ventilation mécanique, drogues inotropes positives, parfois trachéotomie, épuration extrarénale, au maximum oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO), c’est-à-dire circulation extracorporelle le temps que les poumons reprennent leur fonction normale. Au prix d’un tel traitement, et en l’absence de complications supplémentaires, on peut espérer guérir d’un SDRA. La durée d’hospitalisation en soins intensifs est rarement moins de trois semaines, puis la récupération complète peut prendre des semaines, enfin des séquelles à type de fibrose pulmonaire sont possibles. Sans compter les séquelles laissées par les complications intercurrentes (surinfections, phlébites et embolies pulmonaires, escarres, ostéomes d’immobilisation, neuropathie périphérique, fonte musculaire, etc.).

Une fois qu’on a pris conscience de ce qu’implique la prise en charge d’une telle pathologie, il faut compter. Il y a en France un peu moins de 400 services de réanimation, qui totalisent environ 5500 lits. À l’heure où j’écris, le cap des 1000 cas d’infections par le coronavirus a été dépassé en France, et 19 personnes sont décédées. Cela représente donc probablement une centaine de patients en soins intensifs (ou y ayant séjourné). Qu’adviendrait-il si l’épidémie devenait hors de contrôle ? Si elle devait toucher 10 000 personnes, cela ferait un surplus de 500 à 1000 patients ayant besoin de réanimation ; 100 000 malades = 5000 à 10 000 hospitalisations supplémentaires en réanimation ! Comme on le voit, les capacités hospitalières seraient alors largement dépassées. Et ce même si l’arrivée des cas se faisait de façon filée, un malade atteint remplaçant un malade guéri – redisons que la durée de séjour en réanimation en cas de SDRA est rarement inférieure à 3 semaines.

Quid des autres pathologies ?

D’autre part, ce n’est pas comme si les lits de réanimation étaient actuellement sous-utilisés dans notre pays. En réalité, loin d’être vides, ils sont déjà fortement en tension. Les patients atteints d’un SDRA consécutif à l’infection par le coronavirus s’ajouteraient donc aux autres malades, dont on ne peut guère imaginer qu’ils guériraient comme par enchantement pour libérer des places. Faudrait-il alors faire le tri entre ceux qui pourraient bénéficier de la réanimation et les autres, qu’il faudrait abandonner à leur évolution naturelle ? Et selon quels critères ? Jusqu’à présent en France, on ne parle pas de rationner les soins selon le pronostic, les plus vieux et les plus malades devant laisser la place aux plus jeunes, mais il faudrait bien en venir là au cas où l’épidémie s’étendrait. Ou alors faudrait-il choisir selon les pathologies ? Imaginons ce que serait la réquisition des services disponibles pour soigner les malades du coronavirus : faudrait-il en chasser les malades atteints d’autres pathologies ?

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Je prends pour exemple mon service de neurochirurgie d’un grand hôpital parisien. Nous disposons d’une unité de réanimation spécialement dédiée à l’accueil des patients porteurs de pathologies neurochirurgicales (traumas crâniens, hémorragies cérébro-méningées, tumeurs cérébrales graves, infections…). 25 lits sont disponibles – en fait régulièrement moins car, faute de personnel, il arrive souvent que deux à cinq lits doivent être fermés. En cas d’épidémie hors de contrôle, devrait-on réquisitionner le matériel et le personnel pour les mettre à disposition, et « remplacer » par là-même les malades atteints de pathologies neurochirurgicales ? Et le service voisin de réanimation neurologique, qui prend en charge les polyradiculonévrites en défaillance respiratoire, les états de mal épileptiques, les encéphalites et autres comas ? Ce service, déjà affecté par des restrictions constantes, devrait-il se consacrer aux malades du coronavirus au détriment de son « cœur de métier », la neurologie lourde ?

Le coronavirus sera le test de résistance du système de santé français

Et je ne parle pas ici de la désorganisation générale liée à la panique de la population, sourde aux messages de confinement chez soi, et qui se précipite déjà en masse aux Urgences. Dans mon hôpital, il a fallu ouvrir une consultation supplémentaire, en faisant appel à des volontaires pour pallier le manque de personnel. Et je parle encore moins du cercle vicieux que pourrait enclencher la contamination du personnel soignant, aux premières loges de cette maladie très contagieuse – on connaît le sort du médecin chinois lanceur d’alerte, le Dr Li Wenliang…

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On comprend ici la fébrilité qui saisit nos autorités. Déjà incapables de faire face à la crise qui secoue l’hôpital hors de tout contexte épidémique, elles sont prises de vertige à l’idée de ce qui nous menace à court terme. Ce d’autant que certains épidémiologistes, jouant les Cassandre, annoncent que l’épidémie ne sera pas maîtrisée et qu’elle deviendra une pandémie mondiale, infectant de 40 à 70% de l’humanité d’ici un an (Marc Lipsitch, professeur à Harvard, a annoncé de tels chiffres dans un article relayé par le site The Atlantic ! L’infection à coronavirus deviendrait alors une maladie durablement implantée dans le monde, maladie dont il faudrait se prémunir par la vaccination… une fois que ce traitement sera mis au point !

Ainsi l’épidémie en cours est un révélateur des fragilités d’un système à bout de souffle. Un système (la mondialisation) qui multiplie les échanges et place chaque pays dans la dépendance des autres. On a ainsi appris que le confinement d’une région entière de la Chine faisait courir le risque de pénurie de médicaments de première nécessité, car moins de 20% des principes actifs étaient encore fabriqués en Europe. Mais aussi un système (l’hôpital géré comme une entreprise) qui rationne les ressources au motif de faire des économies. L’épidémie n’avait pas encore vraiment commencé que paraissait le cri d’alarme d’un médecin hospitalier, mon collègue et ami Stéphane Velut. Dans L’hôpital, une nouvelle industrie, il raconte comment des « communiquants » imbus de leur bon droit expliquent aux médecins « comment passer d’un hôpital des stocks à un hôpital des flux ». On voit à quoi mène la doctrine du flux tendu dans un domaine aussi éminemment variable et imprévisible que l’urgence médicale. Il suffit d’une situation épidémique inattendue pour mettre à bas l’édifice si patiemment « rationalisé », c’est-à-dire asséché.

En vérité, nous sommes à l’heure des choix, voire des grandes décisions. Et peut-être même est-il déjà trop tard pour éviter l’effondrement, sanitaire et économique, de nos pays rongés par les incohérences, les non-dits et les lâchetés. Dans son allocution enregistrée depuis sa bibliothèque et retransmise sur écran géant dans une place Saint-Pierre encombrée de fidèles dont beaucoup étaient équipés de masques de protection, le pape s’est dit proche des malades et des soignants. Il paraît qu’il prie pour nous. En sommes-nous déjà là ?

Le retour du Catoblépas

Sorte de gnou à la tête trop lourde pour son cou chétif, le catoblépas est un animal mythique si stupide, et à l’horizon si borné, qu’il en arrive à se dévorer lui-même. Flaubert en fit, pour cette raison, le symbole d’une forme particulière de bêtise. On croyait la bestiole disparue mais, depuis quelques années, elle semble avoir trouvé une seconde jeunesse. On l’appelle désormais « progressisme », et sa bêtise n’a toujours d’égale que la rage qu’elle met à se dévorer elle-même dans une frénésie ahurissante d’auto-contradiction.

Prenons l’antiracisme. Depuis quelque temps, sous l’inspiration de délires venus d’outre-Atlantique, nous avons vu les mouvements antiracistes réhabiliter la notion même de race puis, emportés par la rage de l’entre-soi, défendre et promouvoir la mode des « safe-spaces », ces espaces réservés à des personnes d’une certaine couleur ou d’un certain « genre » pour leur permettre de se sentir à l’aise. Plus récemment, grâce à Mme Aïssa Maïga, nous avons découvert que le comble de l’antiracisme chic consiste, lorsqu’on entre dans un lieu quelconque, à y compter les Blancs et les Noirs. Encore deux ou trois ans et, sous la pression des associations antiracistes, nous verrons apparaître dans les bus et les métros des espaces séparés, réservés selon les « races »… Rosa Parks, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Folies américaines

Voyons le féminisme. Le spectacle y est dantesque. On savait déjà que, pour certains mouvements, le summum du féminisme consiste à défendre et promouvoir une vision sexiste de la femme, considérée comme ontologiquement impure et pécheresse et donc sommée de se dissimuler… Mais depuis quelques temps, il y a du nouveau. On assiste désormais à une lutte à mort entre d’autres catégories de féministes : celles dites « inclusives » qui veulent mêler à leur combat celui des droits des transgenres et autres LGBTQWERTUIYOP+, et celles qui considèrent que tout porteur d’un zizi doit être ipso facto exclu des combats et des espaces réservés aux femmes. C’est ainsi que, tout récemment, trois jeunes filles du Connecticut ont engagé une procédure pour obtenir que les transgenres – ici, des personnes à anatomie et carrure masculines – ne soient plus autorisées à participer à des compétitions sportives féministes. Ces jeunes filles, battues par des transgenres, ont fait valoir qu’il y avait là une inégalité de traitement qui les avait pénalisées et leur avait fait perdre des opportunités universitaires (car, aux USA, des résultats sportifs marquants peuvent vous ouvrir les portes d’universités réputées). L’association d’athlétisme scolaire du Connecticut a répondu qu’elle avait agi en parfaite conformité avec une loi de l’état stipulant que tout élève doit être traité conformément au genre dont il se revendique. Pour l’instant, on en est là.

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Dans le même esprit, toujours aux USA, un condamné a pu obtenir d’être enfermé dans une prison pour femmes en faisant valoir qu’il se reconnaissait comme transgenre, bien que son anatomie fût restée masculine. Une fois sous les verrous, il s’est livré à un certain nombre d’agressions sexuelles sur des codétenues, jusqu’à ce que l’affaire arrive finalement devant la justice, après quelques tentatives d’étouffement. L’avocat du transgenre a défendu son client en niant toute agression et en accusant les détenues plaignantes de « transphobie ». Notons d’ailleurs qu’une affaire en tous points semblables s’était déroulée au Royaume-Uni en 2018 : une personne condamnée pour viol avait pu obtenir d’être placée dans une prison pour femmes et y avait allègrement repris ses activités… Elle a depuis été à nouveau condamnée pour ces nouvelles agressions, placée dans une prison pour hommes (je suppose…) et le ministère de la Justice britannique a présenté ses excuses aux détenues violées.

Les TERF

Toujours est-il que désormais la guerre fait rage entre féministes inclusives et féministes non-inclusives, celles-ci étant affublées par celles-là du terme infamant de « TERF » (« Trans Exclusionary Radical Feminist », soit « Féministes radicales rejetant les Trans »). De leur côté, lesdites TERF dénoncent dans le fait pour un homme de déclarer unilatéralement et péremptoirement « Je suis une femme », le comble de l’autoritarisme masculin et, disons le mot, du machisme.

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Dans le même temps, le corps médical se retrouve pris entre des injonctions contradictoires au sujet du changement de sexe. En effet, d’un côté, des médecins nord-américains se font traîner en justice pour ne pas avoir accepté de procéder à une opération de « transition » ; et de l’autre des médecins britanniques se font traîner en justice pour l’avoir fait, le patient regrettant aujourd’hui sa décision. Et débrouillez-vous avec ça !

Et je ne vous parle pas des droits humains

Et qu’en est-il des droits de l’Homme – pardon, des Droits Humains ? Eh bien, dans cette même frénésie autophage, les mouvements de défense des droits humains, se concentrant sur ceux des minorités, en arrivent là encore à l’exact inverse de ce qu’ils défendent. C’est en effet au nom de la démocratie, de l’égalité et de « l’inclusion » que des groupuscules d’excités de la pureté, sortes de résurgence des Gardes rouges de Mao, organisent des coups de main pour interdire tel spectacle, telle conférence ou tel film qui n’auront pas eu l’heur de leur convenir. Dans certains cas, la chose pourra aller jusqu’à incendier livres ou librairies. Comme au bon vieux temps, diraient de mauvais esprits. On assiste à cela aux USA, bien sûr, mais pas seulement. En Belgique, deux rédacteurs de Charlie Hebdo ont récemment fait l’objet d’une tentative d’interdiction par un groupe d’extrême-gauche les accusant d’être « réactionnaires » et de nuire aux droits des minorités. Et en France ? Eh bien, en France, patrie des Lumières, c’est le gouvernement lui-même qui s’y colle. Car, prenant prétexte de la ridicule affaire Griveaux, dans laquelle les réseaux sociaux n’ont joué aucun rôle déterminant, le gouvernement affirme haut et fort sa volonté de lever l’anonymat et de censurer les communications sur Facebook et autres Instagram, le tout au nom de la liberté. C’est un peu comme si, à la suite d’un grave accident entre une trottinette et un camion rue Royale à Paris, le gouvernement déclarait qu’il n’y a rien de plus pressé que de limiter la vitesse à 80 km/h sur les autoroutes, d’y multiplier par cinq le nombre de radars et de passer l’amende pour excès de vitesse à 500 euros… Tandis que les députés LREM se préparent à voter ce chef-d’œuvre de flou liberticide qu’est la loi Avia, notre tout frais nouveau ministre de la Santé nous ouvre des perspectives médicales insoupçonnées en expliquant au micro de France Inter que la trop grande liberté sur les réseaux sociaux facilite sans doute la propagation de maladies comme le coronavirus.

De plus en plus vertigineux

Et puisqu’on parle de santé, saluons pour finir cette nouvelle avancée à la fois scientifique et éthique dont nous ont récemment gratifié deux médecins britanniques : le « droit » pour chaque homme de voir son sperme prélevé après sa mort pour alimenter des banques en mal de matière première. La chose est déjà autorisée dans certains états des USA ou au Royaume-Uni, sous des conditions très restrictives. Mais là, il s’agirait de faire de ce type de don un « don d’organe » comme les autres. Qui ne voit en effet que le don de sperme post mortem est un droit humain (et même, pour le coup, un droit de l’homme) fondamental, et que seule une conception rétrograde de la morale ou de la dignité humaine nous empêche d’adopter cette mesure si progressiste ? Qui ne voit l’intérêt économique et social d’une telle démarche, à une époque où la démocratisation de la PMA comme de la GPA devrait faire exploser la demande ?

Certes, des esprits chagrins pourront s’étonner d’un tel enthousiasme nataliste dans les rangs progressistes, au moment où ces mêmes progressistes s’alarment de l’état de notre planète et commencent à prôner, pour y remédier, une diminution de la population mondiale. Mais là encore, on l’aura compris, ce ne sont pas les contradictions qui leur font peur.

Vraies et fausses féministes

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Des femmes manifestaient donc hier dimanche sur le Vieux-Port — 2500 personnes, en comptant les curieux sur les trottoirs. Pas mal pour une ville de 900 000 habitants.
Jeunes, pour la plupart, éduquées, petites bourgeoises ulcérées, soutenues par tout ce que la sociologie institutionnelle pouvait offrir de belles consciences enrubannées, bref, tout ce que l’on attend d’un pareil défilé. Et pas une femme voilée dans une ville où elles sont pourtant majoritaires : les vraies victimes de l’oppression n’étaient pas là. Pourtant, on pensait à elles.

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La lutte était (forcément) intersectionnelle,

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et les références au voile nombreuses. Ces jeunes filles cultivées ont cru s’apercevoir que « voile » était l’anagramme partiel de « viol »,

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et au lieu d’en tirer la conclusion évidente qu’imposer le voile est une forme de viol, elles préférent le revendiquer — l’ultime liberté de la femme étant sans doute d’être esclave.

Les slogans griffonnés sur les banderoles et les bouts de carton annonçaient la couleur. Références à Adèle Haenel,

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qui s’est effectivement « cassée » avec son ex-compagne, Céline Sciamma, quand elles ont constaté qu’elles n’avaient pas le César que méritait leur manque absolu de talent (et dans le monde orwellien qui est désormais le nôtre, elles auraient dû en décrocher des brassées) — et après avoir vérifié que les caméras étaient braquées sur…

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Manifeste pour l’instauration d’une journée du silence féminin


Causeur dresse son bilan du 8 mars 2020 (journée de la Sainte Nana) et esquisse quelques perspectives.


Pour la Sainte Nana de cette année, le 8 mars comme chacun sait, le bilan n’a rien de reluisant, il serait plutôt consternant. Elisabeth qui oublie de mettre un “s” du pluriel dans la phrase-titre de sa couverture ! Ursula (pas Andress hélas, mais Von der Leyen) qui laisse le Grand Turc pisser sur le paillasson de l’Europe et n’a pas les roupettes de recommander aux Grecs la méthode israélienne en matière d’immigration sauvage (efficacité garantie et infiniment moins de morts sur le terrain que n’en laissent les atermoiements européens au fond de la Méditerranée) ! Adèle qui tonitrue aux César et détruit méthodiquement des siècles de droit élaboré de Justinien à Napoléon ! Une plainte devant la justice, un procès en bonne et due forme ? À quoi bon ? La justice-lynchage de Facebook suffit.

L’une des dissertations les plus habituelles de la classe de philo consistait à se demander si toutes les inégalités sont des injustices. La réponse habituelle du corrigé du professeur consistait à dire que non. Mais aujourd’hui…

La morale féministe qui dévoile sous nos yeux son visage hideux ignore le pardon, ignore la prescription, ignore le débat contradictoire. Nous voilà ramenés avant le Christ, avant la fondation de la justice à Athènes, splendidement mythifiée dans la trilogie d’Eschyle sur les Atrides. 

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Woody Allen lâché par son éditeur

Bravo aussi à Dylan Farrow, la fille adoptive de Woody Allen, qui appuyée par son frère, a réussi à intimider la filiale américaine de Hachette au point que celle-ci ne fera pas paraître l’autobiographie du grand cinéaste Soit dit en passant. Espérons que Manuel Carcassonne, directeur de Stock, tiendra bon pour la parution de la traduction française. Dans Figarovox du 7 mars, Gilles-William Goldnadel cite un rapport de l’hôpital de New Haven rédigé en 1993 : “Nous pouvons conclure que Dylan n’a pas été agressée sexuellement, mais nous ne pouvons pas être définitifs sur les raisons de son accusation envers M. Allen : est-ce parce que c’est une enfant vulnérable qui a grandi dans une famille perturbée, ou est-ce parce que Dylan a été influencée par sa mère ?” Mia Farrow, comme c’était la mode chez les dames divorçantes des années 90, a chargé le plateau de la balance de la Justice d’un bon poids de pédophilie pour la faire pencher de son côté. L’auteur de ces lignes sait de quoi il parle, il a subi cet affreux mensonge à la même époque. Le jour où l’on écrira le Livre Noir du féminisme comme on le fait après la mort de chaque idéologie devenue folle, je me porte volontaire pour écrire ce chapitre peu glorieux de l’histoire de la féminité.


Deux puritanismes mortifères vont assombrir nos années vingt : le féminisme et l’islamisme. Tous deux se croient poussés par un moralisme vertueux alors que leur vrai ressort est la jalousie. La jalousie à l’égard de l’argent ne se dissimule pas, du moins en France, pays où plusieurs partis politiques en font leur pain quotidien. Mais il existe une jalousie plus secrète, plus mordante d’autant plus qu’elle n’ose pas s’avouer : c’est la jalousie qui porte sur la dose de jouissance sexuelle que chacun réussit à obtenir. Jouirait-il, jouirait-elle infiniment plus que moi ? Cette pensée est un rat dans les poitrines, et je crois qu’elle explique le déchaînement de haine contre Gabriel Matzneff. Celui-ci paraissait être un milliardaire de la jouissance, et il a vu se lever contre lui une jacquerie de sans-culottes mal baisées et de mal baisants. Ce que l’opinion n’a pas compris, c’est que tout artiste a forcément une sensibilité plus aiguisée que la moyenne de l’humanité, sinon il ne serait pas artiste. Le cou gracile d’une adolescente ou le mollet musclé d’un garçon en short peut mettre Gabriel Matzneff dans tous ses états, tandis qu’un passant marchant sur le même trottoir ne les remarquerait même pas. Eh oui, il y a de fortes inégalités dans les sensibilités humaines. L’une des dissertations les plus habituelles de la classe de philo consistait à se demander si toutes les inégalités sont des injustices. La réponse habituelle du corrigé du professeur, après la pesée du pour et du contre, consistait à dire que non. Aujourd’hui, de Mélenchon aux féministes en passant par les Indigènes de la République et les indigents du spectacle, la réponse à la fameuse question philosophique est que oui, toutes les inégalités sont des injustices. Avec de pareilles idées, la guerre de tous contre tous prévue par Hobbes va déployer partout ses révolvers, ses kalachnikovs et ses grands couteaux de cuisine.

Féminisme et islamisme se donnent la main

La jalousie sexuelle est une calamité du monde musulman, on le sait depuis les Philosophes jusqu’à Kamel Daoud. Il est quand même significatif que le plus grand chef-d’œuvre littéraire du monde arabo-persan, Les Mille et Une Nuits, commence par une scène de jalousie sexuelle très explicite. Le roi Schahryar aperçoit ses épouses qui copulent allègrement avec des esclaves noirs. Il s’en scandalise, fait couper le cou aux copulantes et copulants. Désormais, les noirs présents au palais ne porteront plus rien de dangereux entre les jambes et Schahryar fera l’amour chaque nuit avec une femme différente que le bourreau décapitera à l’aube. Jusqu’à ce que survienne Shéhérazade et ses enchantements…

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Ces deux puritanismes, qui cachent leurs jalousies sous des airs de vertu outragée, devraient logiquement se combattre, l’un veut la promotion de la femme, l’autre veut sa relégation et sa dissimulation sous des voiles chargés de la soustraire au désir du voisin ou du passant. Eh bien non, ils s’unissent contre un mâle blanc adulte et hétérosexuel sans cesse fantasmé en dominateur impitoyable…

Vos gueules, les meufs !

Alors mes chéries, s’il vous plaît, après cette salve crépitante de crétineries (à laquelle beaucoup se sont opposées, est-il besoin de le dire ?), il conviendrait de la mettre un peu en veilleuse, non ? Allez, bon prince, je ne vous demande pas de la boucler éternellement, mais il serait bon d’instituer chaque année, le 15 mars par exemple, une Journée du silence féminin. Cette journée sans blabla ni tweet ni rien permettrait de rouler des pensées dépassionnées sur la complémentarité du féminin et du masculin, sur la fatale dose d’agressivité à la testostérone que l’évolution darwinienne a allouée au mâle pour que l’espèce puisse se reproduire, sur la sensualité plus ou moins exacerbée des grands artistes. On pourrait lire en silence de beaux poèmes d’amour de Victor Hugo qui a passé sa vie jusqu’à la veille de sa mort à sauter sur tous les jupons et qui n’en reste pas moins un de nos chers génies nationaux. 

La domination masculine n'existe pas

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Violences sexuelles: « La parole des victimes n’est pas sacrée »

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Caroline de Haas et Najat Vallaud-Belkacem, lors de la Journée internationale des droits des femmes, à Paris © Vincent Loison/SIPA

Marie-Cécile Nathan est signataire de la tribune « Une inquiétante présomption de culpabilité s’invite trop souvent en matière d’infractions sexuelles » dans Le Monde.


Daoud Boughezala. Dès le déclenchement des mouvements #Metoo et Balance ton porc, certains insinuaient que chaque femme avait un porc et qu’un compliment ou une attitude déplacée valait pratiquement un harcèlement. Le triste spectacle de la dernière cérémonie des César est-elle l’aboutissement logique de cette guerre des sexes ?

Marie-Cécile Nathan. Ça ne doit pas être une guerre des sexes. Si ces prises de parole sont nécessaires, en tout état de cause elles doivent être portées devant la justice et dans un cadre procédural.

Avec peut-être une confusion entre morale et droit ?

C’est tout le problème dans ce type de dossier, la morale n’a pas sa place dans le débat judiciaire. On assiste à cette confrontation-là où la morale essaie de prendre le dessus sur le droit, ce qui est dommageable dans une société démocratique. En effet, la morale n’est jamais universelle, elle est appréciée différemment en fonction de chacun (âge, sexe, religion…) et par conséquent seules les normes juridiques en ce qu’elles s’appliquent à tous préservent de l’arbitraire.

Avant de rentrer dans l’examen des arguments juridiques, j’ai l’impression qu’il y a un conflit générationnel ; chez les acteurs par exemple et notamment chez les femmes. Regardez Fanny Ardant et Adèle Haenel, ne pensez-vous pas que les jeunes générations sont plus sensibles à certains arguments moraux ?

Non, dans notre tribune on a des signataires qui sont vraiment de toutes les générations. De notre point de vue, ce n’est pas une question de générations mais plutôt d’application des grands principes et ça doit être inter-générationnel.

A lire aussi: Polanski: Samantha Geimer lui pardonne, ne vous déplaise

Dans votre tribune, vous dénoncez la sacralisation des paroles des victimes qui entraîne une sorte de présomption de culpabilité. S’exerce-t-elle systématiquement contre les hommes ?

Aucune parole n’est sacrée, ni celle des victimes, ni celle des mis en cause.

C’est en effet en grande majorité des dossiers d’affaires de mœurs qui concernent des victimes femmes et des auteurs hommes. Donc la problématique se pose à 99% sur ce postulat-là. Maintenant, il y a une libération de la parole, elle doit être prise en compte et entendue, mais ce n’est pas à un tribunal populaire de décider si elle est valable ou pas, c’est à un Tribunal ou une Cour d’Assises de le décider. Une décision de condamnation ne peut pas se fonder uniquement sur la parole d’une personne mais doit s’appuyer également sur des éléments matériels qui viennent corroborer cette déclaration.

Avez-vous exemples en tête de dérives ? Je pense à l’affaire Jacqueline Sauvage.

L’affaire Jacqueline Sauvage pour ce que j’en connais est une affaire qui n’a posé aucun problème juridique aux deux Cours d’Assises qui l’ont condamnée. En effet, la seule chose que l’on doit constater est qu’une vérité judiciaire en est ressortie, celle de deux cours d’assises, qui l’ont condamnée. Pourtant, dans l’opinion publique et médiatiquement parlant, le discours était totalement en contradiction avec les décisions des magistrats et des jurés populaires qui ont eu à juger de ce dossier. La justice sait faire la part des choses ainsi dans un autre dossier où une femme était accusée d’avoir tué son mari, dans un fameux réquisitoire l’Avocat Général Monsieur Frémiot avait requis avec force un acquittement.

A lire aussi, Gil Mihaely: Jacqueline Sauvage: une criminelle graciée par les réseaux sociaux

Chaque dossier est différent, chaque dossier doit être appréhendé au regard des éléments matériels. Et c’est à une cour d’en décider et non pas au tribunal populaire.

À propos de sacralisation de la victime, vous faites référence dans votre tribune aux fameux propos de Samantha Geimer qui se dit plus traumatisée par tout le battage médiatique que ce que lui a fait subir Polanski à l’époque. Mais n’est-ce pas une contradiction dans votre raisonnement que d’un côté dénoncer la sacralisation de la victime et de l’autre vous appuyer sur les jugements subjectifs de Samantha Geimer ?

Non, pas du tout. Si une victime souhaite dénoncer les faits, elle doit le faire. Il faut nécessairement qu’elle le fasse et qu’elle porte plainte à la police ou à la gendarmerie. Ensuite la justice fait son œuvre. Ça doit se jouer entre les mains des professionnels du droit, les magistrats qui doivent être indépendants et neutres.

C’est uniquement comme ça que les choses avancent. Ça n’est pas par le biais de dénonciations dans des interviews et dans différents médias. Il est nécessaire de passer par la justice pour que ce soit indépendant et fait de la manière la plus sereine possible.

Et s’agissant de l’attitude du ministre de la Culture qui a publiquement regretté l’attribution du César du meilleur réalisateur à Roman Polanski, d’un point de vue de juriste, est-ce que vous y voyez une grave intrusion dans le travail de la justice ?

J’y vois une méconnaissance assez importante du mécanisme judiciaire, je trouve ça dommage qu’un ministre ne s’en réfère pas à la justice de son pays et ne renvoie pas ce genre de problématique à l’endroit où ça devrait être traité, c’est-à-dire devant un tribunal ou une cour.

Comme certains campus américains, risque-t-on de faire évoluer la notion de consentement en le remettant en cause pendant et après la relation sexuelle ?

Oui. Et c’est préjudiciable. Aujourd’hui, nos textes sont parfaitement adaptés, le consentement s’apprécie au moment de l’acte. Et cela doit perdurer.

Par ailleurs, la question de l’accueil et de la prise en charge des victimes doit évoluer, la situation n’est évidemment pas parfaite en revanche sur le consentement il ne faut pas modifier les textes en place.

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La difficulté actuelle est que l’on cherche à aller vers une imprescriptibilité du crime sexuel et là c’est dangereux. Cela maintiendra les victimes dans une posture victimaire qui ne leur apportera au niveau psychologique pas que du bien car elles n’arriveront pas à se faire reconnaitre comme telle par la justice. En effet, pouvez-vous imaginer que l’on condamne une personne 30 ans après les faits sur les seules déclarations d’une personne sans autre élément matériel ou preuve? Si la justice apportant une réponse en temps et en heure, permet de faire reconnaitre son statut de victime cela ne peut pas tout réparer, mais cela peut lui permettre d’avancer et de comprendre les choses. La justice ne pourra pas donner ces réponses plus de trente ans après les faits.

Ça pourrait aussi créer des situations d’insécurité juridique voire de manipulation trente ans après…

Pour tous, pour l’auteur et la victime. Pourquoi autant d’affaires n’aboutissent pas et sont classées sans suite ? Il faut justement se poser la question de l’allongement de la prescription dans la mesure où on ne peut pas condamner quelqu’un quand on a une plainte qui arrive trente ans après et qui parle de faits qui sont arrivés trente ans avant, vous n’avez plus de constatation médicale, plus d’échanges téléphoniques, plus de SMS, plus d’éléments qui pourraient apporter du crédit aux déclarations. C’est donner un faux espoir que d’allonger la prescription.

Le porc émissaire

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Le temps passé des temps modernes

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Mila, la lycéenne de l'Isère menacée de mort à la suite de ses propos anti-islam. © D.R.

À l’ère des réseaux sociaux, le désir d’apparaître pour être quelqu’un a pris le pas sur la pudeur. Quand ce ne sont pas les individus eux-mêmes qui arrachent le rideau protecteur, des malveillants s’en chargent.


Le 16 janvier de cette année, Mila, lycéenne aux cheveux bleutés, apparaît dans une vidéo et se met à converser avec quelques-uns de ses 9 000 abonnés. Un internaute lui fait alors des avances. Elle le rembarre. Le « live » se poursuit. À un autre abonné, elle confie qu’elle est lesbienne. Le soupirant éconduit voit rouge. Il la traite de « sale pute » et l’insulte au nom d’Allah. La discussion dérive alors sur les religions. L’adolescente dit qu’elle les rejette toutes et ajoute qu’elle n’aime pas l’islam, que c’est une religion de haine. Pour bien montrer qu’elle fait fausse route et que l’islam n’est qu’amour, on lui promet les feux de l’enfer. Dans une seconde vidéo postée le jour même, Mila, nullement impressionnée, persiste : « Votre religion, c’est de la merde. Votre Dieu, je lui mets le doigt dans le trou du cul. Merci et au revoir. »

Dans l’univers où chacun peut créer sa propre Stasi, les non-paranoïaques sont des inadaptés sociaux

Le client islam est roi

En réponse à cet adieu retentissant, diffusé partout sur la Toile, elle reçoit un tombereau de menaces et d’injures : « On va te retrouver et t’égorger, sale chienne ! » ; « sale française de merde » ; « t’es morte, on sait où t’habites » ; « si je te croise dans la rue, je vais te faire avaler tes organes ». Mila ne peut pas retourner au lycée : sa sécurité n’est plus garantie. Les autres élèves ont prévenu : si elle y remet les pieds, ils lui feront sa fête. Interrogé sur une radio, le secrétaire général du Conseil français du culte musulman affirme : « Elle l’a cherché, qu’elle assume. »

À lire aussi: Affaire Mila: Abdallah Zekri (CFCM) estime qu’elle l’a bien cherché

Ainsi, la blessure faite à l’islam a déchaîné dans notre vieux pays naguère encore « catho-laïque » un véritable ouragan. Et cet ouragan en impose. Il fait même autorité sur une partie non négligeable de l’establishment politique, médiatique et culturel. Ségolène Royal, qui se prépare pour l’élection présidentielle, réprimande vertement l’adolescente irresponsable et irrespectueuse. Martine Aubry, qui brigue plus modestement un quatrième mandat de maire de Lille, fait part de sa très vive inquiétude : « Dans une période où beaucoup se sentent attaqués, je pense à l’augmentation des attaques contre les musulmans […] peut-être que chacun peut se dire qu’il vaut mieux éviter ce type de propos. » D’autres élus ou candidats déplorent la sortie inutilement blasphématoire de Mila en ces temps troublés. Or, comme le dit très justement Salman Rushdie, « là où il n’y a pas de croyance, il n’y a pas de blasphème ».

J’avais écrit dans La Défaite de la pensée que notre monde risquait de devenir le théâtre d’un affrontement terrible et dérisoire entre le fanatique et le zombie. Nous y sommes

La compassion et le clientélisme sont aujourd’hui l’avers et le revers d’une même médaille. L’esprit de capitulation se dissimule derrière l’élan du cœur. On cède devant la force du nombre en se racontant qu’on vole au secours des plus faibles. On se croit antiraciste et fidèle au devoir de mémoire au moment même où on entre dans la voie de la collaboration. Qu’est-ce que collaborer, en effet, sinon se plier, en fondant le droit sur le fait, au verdict de l’Histoire ? L’Histoire ayant fait de l’islam la deuxième religion de France, et même la première dans un nombre croissant d’agglomérations, le sentiment d’humanité est devenu l’alibi de la soumission. Un compte LGBTQI (comme il faut dire depuis que les dénominations sexuelles se sont alignées sans coup férir sur le modèle acronymique des grandes banques et des chaînes de télévision) a envoyé ce message à Mila : « Tu n’as absolument pas l’ouverture d’esprit de faire partie d’une communauté qui prône l’amour et l’acceptation. […] Tu ne fais aucun effort pour comprendre l’autre. » Garants de la convergence des luttes, les grands hebdomadaires culturels de la gauche progressiste ont choisi de détourner les yeux et le site Mediapart (érigé en idéal dans toutes les écoles de journalisme) a publié une longue enquête sur les dérives sexistes et « LGBT-phobes » des chroniqueurs de l’émission phare de France Inter « Le Masque et la Plume ». Tout rentrait dans l’ordre : au procès permanent des phobies, le mâle blanc occupait seul le banc des accusés.

Je soutiens sans être Mila

Face au déferlement de haine et à ses accablantes justifications, je soutiens Mila sans la moindre réserve. Pour autant, je ne me range pas derrière la bannière ou, plus exactement, nouveau monde oblige, derrière le hashtag #JeSuisMila. Voici mes raisons. La liberté d’expression est une conquête de la civilisation. Dans l’expression « Votre Dieu, je lui mets le doigt dans le trou du cul », la décivilisation est à l’œuvre. La vulgarité peut être roborative, mais le degré zéro de la parole articulée ne mérite pas le qualificatif de vulgaire. S’exprimer en public, ce n’est pas se lâcher, c’est, non pour se censurer, mais pour se grandir, parler sous le contrôle du surmoi. Si comme on me le répète, les jeunes filles en fleur n’existent plus que dans les livres qui font rêver les vieillards et si la langue la plus bêtement scatologique est désormais l’idiome distinctif des « gamines » et des « gamins » de 16 ans, alors il faut, de toute urgence, refaire un surmoi aux jeunes générations et remettre à l’honneur une notion que l’école républicaine et la bourgeoisie ont entraînée dans leur chute : bien élevé. Pour transgresser vraiment les règles de la bienséance, encore faut-il les avoir apprises.

À lire aussi: Pourquoi Alain Finkielkraut n’a pas dit « Je suis Mila »

J’avais écrit dans La Défaite de la pensée que notre monde risquait de devenir le théâtre d’un affrontement terrible et dérisoire entre le fanatique et le zombie. Nous y sommes. Le fanatique et le zombie barbotent dans la même obscénité crasse et le second facilite la tâche du premier car, même quand il lui résiste, il ne lui oppose, à proprement parler, rien. On a dit de Mila qu’elle était la digne héritière des Lumières. La pauvre, qui a besoin qu’on l’aide et non qu’on l’adore, n’en demandait pas tant. Les Lumières, c’était la mise en œuvre et en forme de la liberté de l’esprit. Et la forme, en l’occurrence, n’habillait pas la pensée : elle l’affinait, elle l’approfondissait même. De nos jours, l’informe règne et il s’étale. L’espace public n’a plus d’existence propre. Comme tant d’autres, Mila dit tout, indistinctement et sans jamais changer de registre, à tout le monde. Car pour vivre heureux dans le nouveau monde, on a cessé de vivre caché, on se montre, au contraire, on s’exhibe, on ne laisse rien ignorer de ses menus, de ses manies, de ses humeurs, de ses orientations, de ses coups de mou, de ses anniversaires. Le désir d’apparaître pour être quelqu’un a pris le pas sur le sens de la pudeur.

La méfiance généralisée devient le ciment du vivre-ensemble

La pudeur, notion-clé des Temps modernes européens, comme le rappelle Kundera dans Les Testaments trahis, c’est la liberté de n’être pas vu. Rien à voir avec la pruderie. La pudeur n’exclut pas l’impudeur d’Éros, elle le met à l’abri des regards étrangers : « Pudeur : réaction épidermique pour défendre sa vie privée, pour exiger un rideau sur une fenêtre, pour insister afin qu’une lettre adressée à A ne soit pas lue par B. L’une des situations élémentaires du passage à l’âge adulte, l’un des premiers conflits avec les parents, c’est la revendication d’un tiroir à clé pour ses lettres et ses carnets : on entre dans l’âge adulte par la révolte de la pudeur. » On y entre maintenant en ouvrant le tiroir et en affichant tout ce qu’il contient sur Facebook ou sur Instagram. À la place de la clé, l’écran. « Le privé et le public, ajoute Kundera, sont deux mondes différents par essence et le respect de cette différence est la condition sine qua non pour qu’un homme puisse vivre en homme libre ; le rideau qui sépare ces deux mondes est intouchable et les arracheurs de rideaux sont des criminels. »

benjamin Griveaux, après l'annonce du retrait de sa candidature à la mairie de Paris, 14 février 2020. © BONAVENTURE/ AFP
benjamin Griveaux, après l’annonce du retrait de sa candidature à la mairie de Paris, 14 février 2020.
© BONAVENTURE/ AFP

Faut-il parler des Temps modernes au passé ? Le mélange du public et du privé va-t-il être fatal à l’un et à l’autre ? En tout cas, quand ce ne sont pas les individus eux-mêmes qui arrachent le rideau protecteur, des malveillants s’en chargent. Dans le cadre d’une conversation privée sur internet, Benjamin Griveaux, qui n’était pas encore candidat de la majorité présidentielle à la mairie de Paris, a envoyé une image de son sexe turgescent à sa maîtresse. Cette vidéo, qui n’avait pas d’autre destinataire, était programmée pour disparaître au bout de quelques minutes. Elle a été conservée à l’insu de l’envoyeur et, deux ans après les faits, jetée en pâture aux redoutables « réseaux sociaux ». Cette « porno-divulgation » (encore un mot et une pratique du nouveau monde) a mis fin à la carrière politique de Benjamin Griveaux. Avec une belle unanimité, les commentateurs se sont émus de cette atteinte sans précédent à la vie privée. Mais, tout en affirmant avec regret et même avec effroi qu’un cap avait été franchi, un grand nombre d’entre eux ont blâmé l’imprudence de l’homme piégé et dénoncé sa duplicité puisqu’il s’affichait en bon père de famille. Il aurait dû prévoir le coup, c’est donc « un gros con », a tranché l’ancien directeur du journal Libération. Et l’éditorialiste reconnaissable à son écharpe rouge a parlé du « naufrage personnel d’un homme qui n’a pas su contrôler son ubris et qui n’a que ce qu’il mérite ».

À lire aussi: Affaire Griveaux: les liens troubles entre « Le Média » et les maîtres-chanteurs

Les nouvelles technologies ayant démocratiquement mis la surveillance et le piratage à la portée du premier « artiste » venu, il nous incombe, pour ne tomber dans aucune machination, d’être constamment sur nos gardes. Dans l’univers où chacun peut créer sa propre Stasi, les non-paranoïaques sont des inadaptés sociaux. Il faut être malade pour ne pas se sentir épié. La méfiance généralisée devient le ciment du vivre-ensemble.

Saccagée quand elle n’est pas sacrifiée par ses bénéficiaires, l’intimité subit une double mise à mort. Il n’en restera bientôt qu’un pâle souvenir.

Les testaments trahis

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La défaite de la pensée

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À la première personne

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Haro sur Thierry Baudet!

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Thierry Baudet

Après l’assassinat de Pim Fortuyn et les menaces que font peser les islamistes sur Geert Wilders, c’est Thierry Baudet qui se retrouve dans la tourmente.


Aux Pays-Bas, les menaces reçues par le dirigeant politique conservateur Thierry Baudet font revivre le spectre de l’assassinat de Pim Fortuyn, dont les plaies restent ouvertes.

Pim Fortuyn, populiste érudit et de droite, dandy, homosexuel assumé, fut assassiné le 6 mai 2002 par un activiste vegan qui y voyait un danger pour le pays.

Son meurtre stoppa net une campagne électorale pendant laquelle M. Fortuyn concentra la haine de ses adversaires politiques et des médias traditionnels. Le jour de sa mort, le journal libéral NRC avait, dans un éditorial, qualifié de “honteuse” l’hypothèse que M. Fortuyn devienne Premier ministre.

 “Fasciste, nazi !” : les noms d’oiseau et attaques physiques pleuvaient sur M. Fortuyn durant la campagne législative. Après avoir été entarté au purin, il demanda au gouvernement une protection renforcée. Le jour fatidique, il n’y avait pourtant personne autour de lui pour empêcher le tueur, Volkert van der Graaf, de passer à l’acte. La droite dure néerlandaise continue d’ailleurs à marteler que “la balle venait de la gauche”, accusant les socialistes et la droite libérale d’avoir incité des esprits pervers à commettre l’irréparable. 

Baudet harcelé par la presse de gauche

L’assassinat de Pim Fortuyn a mis la gauche dans l’embarras. Ses partisans ont été priés de ne plus diaboliser l’adversaire par des références à la persécution des Juifs. Ainsi, un politicien de centre gauche avait participé à une manifestation contre M. Fortuyn en récitant des phrases du journal d’Anne Frank, insinuant que les « minorités » risquaient la déportation sous un hypothétique gouvernement de Pim Fortuyn.

Thierry Baudet, 37 ans, dandy comme M. Fortuyn, mais hétérosexuel, ne s’était jusque-là jamais publiquement inquiété pour sa sécurité. Fin février, une journaliste de télévision l’a peut-être mis en danger en caricaturant ses vues sur l’immigration. Citation inventée de toutes pièces : “L’UE a le projet de remplacer la race blanche européenne par des migrants africains”. On peut se demander si ce procédé malhonnête n’est pas tout simplement une contribution délibérée à la campagne de haine anti-Baudet. Ce dernier a démenti les allégations de la journaliste, par ailleurs collaboratrice au journal de gauche De Volkskrant, et crié à la condamnation à mort. Baudet lui a donc posé un ultimatum. De deux choses l’une : soit la journaliste retire ses propos et présente ses excuses, soit il porte plainte pour diffamation. La journaliste estimant qu’elle avait correctement résumé la pensée de M. Baudet, c’était au tribunal de Lelystad de trancher. Le 25 mars, un juge a débouté M. Baudet, arguant que celui-ci, en tant que politicien connu, doit accepter d’être critiqué plus que le Néerlandais lambda. Cependant, le juge a qualifié d’ ‘inadéquat’ les propos de la journaliste selon laquelle M.Baudet avait prôné la supériorité de la race blanche.

M. Baudet est-il vraiment sincère quand il dit craindre pour sa vie ? Difficile de se prononcer, tant ce provocateur-né, autre trait qu’il partage avec Pim Fortuyn et son ami le cinéaste Theo van Gogh, assassiné en 2004 dans une rue d’Amsterdam par un islamiste, joue avec les médias. L’homme aime se victimiser. Ce qui n’enlève rien à la campagne de dénigrement et de haine qu’il subit de la part de journaux tels que De Volkskrant.

Menaces, blagues douteuses, attaques de féministes…

Des appels au meurtre voilés semblent s’en inspirer. Ainsi, dans une attaque contre M. Baudet sur Facebook, un enseignant universitaire s’adressait récemment au meurtrier de Pim Fortuyn: « Volkert, où es-tu? » Cette blague douteuse lui a valu d’être suspendu de l’université d’Utrecht. Comme si cela ne suffisait pas, des manifestants antiracistes ont appelé à « tirer » sur M. Baudet, dont le domicile à Amsterdam a déjà été attaqué par des féministes en fureur. Car M. Baudet est également romancier, jugé misogyne par bien des femmes. 

Au fond, que lui reprochent ses adversaires ? Souhaiter que les Blancs restent majoritaires aux Pays-Bas et en Europe. Quitte à critiquer la politique européenne d’immigration qui menace cette perspective.

En Baudet, la haine des bien-pensants vise un intellectuel francophile dont le parti Forum voor Democratie (FvD) n’occupe que deux des 150 sièges de la Chambre Basse. Sa popularité ne cesse d’augmenter. Son parti, créé en 2016, compte déjà plus de membres que les partis traditionnels tels le VVD libéral du Premier ministre Mark Rutte. En 2019, le Fvd a gagné les élections provinciales, dont dépend la composition du Sénat. M. Baudet manie mieux que ses adversaires les réseaux sociaux tels Instagram, qui attirent un public majoritairement jeune. Il ringardise ainsi son principal rival à droite, Geert Wilders, dont l’électorat déclinant est plutôt populaire.

Plus le succès de Thierry Baudet s’affirme, plus il s’attire les foudres jusqu’ici dirigées contre Wilders. Celui-ci vit caché et sous protection depuis la fatwa le condamnant à mort il y a quinze ans pour ses diatribes anti-islam, semblables à celles de M. Pim Fortuyn. Sur ce terrain, Thierry Baudet s’est montré plus prudent. Pas sûr que cela lui épargne un sort tragique.

Friends: celui qui a mal vieilli

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© D.R.

Pour David Schwimmer, l’humour de Friends est plein de sexisme, d’homophobie et de grossophobie… L’acteur s’est également dit «tout à fait conscient de son privilège de mâle blanc hétérosexuel».


La série américaine Friends a marqué la génération Y. De nombreux jeunes qui ont grandi au tournant des années 1990 et 2000 suivaient les aventures sentimentales de cette bande d’amis new-yorkais. Seize ans après son dénouement, des adolescents téléchargent et regardent en boucle les dix saisons dont chaque épisode est systématiquement titré « Celui qui… ». Autant dire que la nostalgie ne s’est jamais aussi bien portée. Sauf peut-être pour les premiers concernés. Interrogé par The Guardian au mois de janvier, l’acteur David Schwimmer (Ross) s’en est vivement pris à la série qui l’a fait connaître. Se disant « tout à fait conscient de son privilège de mâle blanc hétérosexuel », Schwimmer s’inquiète du sexisme, de l’homophobie ou de la transphobie de certaines scènes qui ont selon lui mal vieilli. Ainsi, Chandler, moqué pour sa préciosité, craint-il constamment de passer pour homosexuel. Comble du mauvais goût, Friends moque régulièrement l’obésité passée de Monica, la sœur de Ross. Homophobe et grossophobe, le dossier s’alourdit. Sans compter que ses six héros sont tous blancs. Rétrospectivement horrifié, David Schwimmer se prend à rêver : « Il faudrait peut-être qu’il y ait une version de Friends avec uniquement des Noirs, ou uniquement des Asiatiques. » Cependant, il lui sera crédité le fait qu’au fil des épisodes, Ross ait tout de même séduit (à sa demande) une femme d’origine asiatique et une Afro-Américaine. Pour calmer complètement les remords de Schwimmer, en mai prochain, une nouvelle plate-forme lancée par HBO diffusera un épisode inédit. Alors qu’Hollywood nous annonce un prochain Spider-Man bisexuel, Friends a toutes les chances de renflouer son capital diversité. Reste à savoir qui, de la série ou de ses acteurs, a le plus (mal) vieilli.

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Chacune cherche son gland

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© D.R.

Une chasse aux sextoys aura lieu le 19 avril dans la région de Namur. Un plaisir à partager… entre femmes.


Comment fabriquer une usine à cash ? Rien n’est plus simple. On greffe une recette marketing qui marche – la démonstration-vente à domicile – sur un créneau porteur, par exemple le sexe. Cela donne le « Tupperware » du sextoy. C’est le marché que laboure Soft Love, l’entreprise belge à l’initiative de la chasse aux sextoys qui aura lieu le 19 avril dans la région de Namur.

L’idée consiste à inviter les participants à retourner un champ truffé de plus d’un millier de sextoys, comme on irait à la chasse aux œufs de Pâques. Les riverains, eux, redoutent certainement moins le passage des hardes de sangliers qui sévissent dans la région que cette masse ludique venue retourner le sol à coups de bêche en quête de plastique. Et comme l’opération n’a pas oublié d’être caritative, elle n’est pas gratuite. Pour y participer, il vous en coûtera près de 20 euros, bêche comprise. Cette année, c’est l’endométriose, un trouble qui rend l’utérus douloureux au gré des cycles, qui sera à l’honneur.

A lire ensuite: Manifeste pour l’instauration d’une journée du silence féminin

Les hommes ne sont pas invités, mais tolérés à titre d’accompagnants. Par ailleurs, 300 places sur les 6 500 leur sont réservées, à condition qu’ils se déguisent. But du jeu : leur ôter toute trace de virilité. L’événement qui en est à sa dixième édition attire des foules – délire et bonne cause sur fond de morosité sexuelle généralisée.

Le catalogue de Soft Love proposant des plugs anaux, la prochaine édition verra peut-être la recherche sur les hémorroïdes bénéficier d’un coup de pouce. Pas très sexy, certes. Mais en tant que mal non discriminant, en ces temps où le sexisme menace de toutes parts, les hémorroïdes tirent leur épingle du jeu.

Mairie de Paris: la contagion des alliances

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Agnès Buzyn en campagne pour les municpales à Paris, le 8 mars 2020 © Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage: 00948837_000051

Malgré l’épidémie de coronavirus, tout est bon pour gagner ou conserver le pouvoir dans la capitale


Même pas peur du coronavirus : Agnès Buzyn tend la main à Rachida Dati contre une Anne Hidalgo qui tend la sienne à Cédric Villani… Devant les risques de contagion il est déconseillé de s’approcher de ces quatre personnes. Une mise en quarantaine s’impose.

Paris vaut bien une messe avait dit Henri IV. La mairie de Paris vaut bien le danger d’attraper un virus mortel venu de Chine. Pourtant Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé et donc très qualifiée, avait fait savoir qu’elle entendait prendre ses précautions.

La candidate LREM avait imaginé un vaccin très efficace contre le coronavirus. Elle n’avait pas renoncé à faire campagne sur les marchés où pourtant règne une promiscuité inquiétante. Agnès Buzyn avait suggéré qu’au lieu de se serrer la main on se touche les coudes et les pieds. En effet le coronavirus ne passe pas par là…

En vertu de quoi elle a entrepris de faire du pied à Rachida Dati. Cette dernière, manifestement émoustillée, donne l’impression d’être tout à fait consentante. Car contre Anne Hidalgo tout est bon, tout est permis. Deux femmes contre une seule : la partie n’était pas égale.

Anne Hidalgo, tacticienne éprouvée, a senti le danger. C’est pourquoi elle a fait des avances à Cédric Villani, qui peu farouche, n’a pas dit non. On remarque avec plaisir que dans le couple Hidalgo-Villani la parité est respectée. Tel n’est pas le cas dans l’attelage Buzyn-Dati. C’est pas bien. Reste qu’on peut être dubitatif sur les chances de succès de l’initiative de la maire de Paris. Car Villani a tous les charmes et aussi les faiblesses, d’un doux rêveur.

« Il n’a pas les épaules » avait dit de lui le très viril Benjamin Griveaux. Donc Hidalgo-Villani ça ne peut pas être une dream team… Dans ce sanglant combat je n’aurais pas aimé prendre partie. Mais tout va bien : j’habite la Normandie et j’ai la chance de ne pas voter à Paris.

Coronavirus: aurons-nous assez de lits?

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Sibeth Ndiaye et Olivier Veran, le 8 mars 2020 © Eliot Blondet/Pool/SIPA Numéro de reportage: 00948924_000003

L’épidémie, en progression alarmante dans l’hexagone, est un terrible révélateur. L’Oise et le Haut-Rhin sont confinés depuis ce lundi matin. Le nombre de lits de réanimation sera-t-il suffisant dans les prochaines semaines?


Frappée par l’épidémie de coronavirus, l’Italie vient d’annoncer la mise en quarantaine de la Lombardie, d’une partie du Piémont, de l’Émilie Romagne et de la Vénétie, isolant 15 millions de personnes et paralysant les régions les plus dynamiques et les plus riches du pays. En France, des ordres similaires de confinement commencent à être prononcés, notamment dans l’Oise et le Haut-Rhin. Devant des mesures aussi extrêmes, les citoyens s’interrogent : les gouvernements en font-ils trop ? Ou pas assez ?

Le calcul cynique de nos gouvernants

Pour comprendre l’effroi qui saisit les autorités, il faut réfléchir et compter. Compter non seulement les morts potentiels, mais surtout les malades graves. En effet la mortalité du virus, si elle est plus élevée que celle de la grippe, n’est pas en soi le problème principal. Elle concernerait 1 à 2% des malades, frappant en grande majorité des personnes très âgées, immunodéprimées ou porteuses de comorbidités sévères (cancers, insuffisance respiratoire chronique, etc.). Certes cette létalité est 10 à 20 fois plus élevée que pour la grippe saisonnière, mais la protection de la population affectée ne peut sans doute pas justifier de paralyser tout un pays.  Avec un brin de cynisme, on peut même considérer que les personnes réellement menacées de mort par le coronavirus sont des inactifs, des poids-mort pour la société, et qu’avancer de quelques mois le moment de leur décès n’est pas forcément un drame en soi – ce cynisme est détestable, mais il est difficile d’imaginer que les preux chevaliers qui nous gouvernent en sont entièrement indemnes.

A lire aussi: Docteur Jekyll et Mister Blanquer

Le vrai danger pour le système de santé et la société toute entière réside dans les formes graves de la maladie, qui peuvent toucher aussi des personnes jeunes et sans comorbidité. Ces patients devront être hospitalisés (sans doute aux alentours de 15% des cas) et parmi eux certains présenteront un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) et auront besoin de réanimation (potentiellement entre 5 à 10% des cas). Qu’est-ce qu’un SDRA ? C’est un état de défaillance respiratoire et parfois même multiviscérale, qui conduit à la mort en l’absence de réanimation lourde. Par réanimation lourde, on entend des mesures « extraordinaires » : intubation et ventilation mécanique, drogues inotropes positives, parfois trachéotomie, épuration extrarénale, au maximum oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO), c’est-à-dire circulation extracorporelle le temps que les poumons reprennent leur fonction normale. Au prix d’un tel traitement, et en l’absence de complications supplémentaires, on peut espérer guérir d’un SDRA. La durée d’hospitalisation en soins intensifs est rarement moins de trois semaines, puis la récupération complète peut prendre des semaines, enfin des séquelles à type de fibrose pulmonaire sont possibles. Sans compter les séquelles laissées par les complications intercurrentes (surinfections, phlébites et embolies pulmonaires, escarres, ostéomes d’immobilisation, neuropathie périphérique, fonte musculaire, etc.).

Une fois qu’on a pris conscience de ce qu’implique la prise en charge d’une telle pathologie, il faut compter. Il y a en France un peu moins de 400 services de réanimation, qui totalisent environ 5500 lits. À l’heure où j’écris, le cap des 1000 cas d’infections par le coronavirus a été dépassé en France, et 19 personnes sont décédées. Cela représente donc probablement une centaine de patients en soins intensifs (ou y ayant séjourné). Qu’adviendrait-il si l’épidémie devenait hors de contrôle ? Si elle devait toucher 10 000 personnes, cela ferait un surplus de 500 à 1000 patients ayant besoin de réanimation ; 100 000 malades = 5000 à 10 000 hospitalisations supplémentaires en réanimation ! Comme on le voit, les capacités hospitalières seraient alors largement dépassées. Et ce même si l’arrivée des cas se faisait de façon filée, un malade atteint remplaçant un malade guéri – redisons que la durée de séjour en réanimation en cas de SDRA est rarement inférieure à 3 semaines.

Quid des autres pathologies ?

D’autre part, ce n’est pas comme si les lits de réanimation étaient actuellement sous-utilisés dans notre pays. En réalité, loin d’être vides, ils sont déjà fortement en tension. Les patients atteints d’un SDRA consécutif à l’infection par le coronavirus s’ajouteraient donc aux autres malades, dont on ne peut guère imaginer qu’ils guériraient comme par enchantement pour libérer des places. Faudrait-il alors faire le tri entre ceux qui pourraient bénéficier de la réanimation et les autres, qu’il faudrait abandonner à leur évolution naturelle ? Et selon quels critères ? Jusqu’à présent en France, on ne parle pas de rationner les soins selon le pronostic, les plus vieux et les plus malades devant laisser la place aux plus jeunes, mais il faudrait bien en venir là au cas où l’épidémie s’étendrait. Ou alors faudrait-il choisir selon les pathologies ? Imaginons ce que serait la réquisition des services disponibles pour soigner les malades du coronavirus : faudrait-il en chasser les malades atteints d’autres pathologies ?

A lire aussi: Coronavirus: la Chine s’estime victime du racisme des pays occidentaux

Je prends pour exemple mon service de neurochirurgie d’un grand hôpital parisien. Nous disposons d’une unité de réanimation spécialement dédiée à l’accueil des patients porteurs de pathologies neurochirurgicales (traumas crâniens, hémorragies cérébro-méningées, tumeurs cérébrales graves, infections…). 25 lits sont disponibles – en fait régulièrement moins car, faute de personnel, il arrive souvent que deux à cinq lits doivent être fermés. En cas d’épidémie hors de contrôle, devrait-on réquisitionner le matériel et le personnel pour les mettre à disposition, et « remplacer » par là-même les malades atteints de pathologies neurochirurgicales ? Et le service voisin de réanimation neurologique, qui prend en charge les polyradiculonévrites en défaillance respiratoire, les états de mal épileptiques, les encéphalites et autres comas ? Ce service, déjà affecté par des restrictions constantes, devrait-il se consacrer aux malades du coronavirus au détriment de son « cœur de métier », la neurologie lourde ?

Le coronavirus sera le test de résistance du système de santé français

Et je ne parle pas ici de la désorganisation générale liée à la panique de la population, sourde aux messages de confinement chez soi, et qui se précipite déjà en masse aux Urgences. Dans mon hôpital, il a fallu ouvrir une consultation supplémentaire, en faisant appel à des volontaires pour pallier le manque de personnel. Et je parle encore moins du cercle vicieux que pourrait enclencher la contamination du personnel soignant, aux premières loges de cette maladie très contagieuse – on connaît le sort du médecin chinois lanceur d’alerte, le Dr Li Wenliang…

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On comprend ici la fébrilité qui saisit nos autorités. Déjà incapables de faire face à la crise qui secoue l’hôpital hors de tout contexte épidémique, elles sont prises de vertige à l’idée de ce qui nous menace à court terme. Ce d’autant que certains épidémiologistes, jouant les Cassandre, annoncent que l’épidémie ne sera pas maîtrisée et qu’elle deviendra une pandémie mondiale, infectant de 40 à 70% de l’humanité d’ici un an (Marc Lipsitch, professeur à Harvard, a annoncé de tels chiffres dans un article relayé par le site The Atlantic ! L’infection à coronavirus deviendrait alors une maladie durablement implantée dans le monde, maladie dont il faudrait se prémunir par la vaccination… une fois que ce traitement sera mis au point !

Ainsi l’épidémie en cours est un révélateur des fragilités d’un système à bout de souffle. Un système (la mondialisation) qui multiplie les échanges et place chaque pays dans la dépendance des autres. On a ainsi appris que le confinement d’une région entière de la Chine faisait courir le risque de pénurie de médicaments de première nécessité, car moins de 20% des principes actifs étaient encore fabriqués en Europe. Mais aussi un système (l’hôpital géré comme une entreprise) qui rationne les ressources au motif de faire des économies. L’épidémie n’avait pas encore vraiment commencé que paraissait le cri d’alarme d’un médecin hospitalier, mon collègue et ami Stéphane Velut. Dans L’hôpital, une nouvelle industrie, il raconte comment des « communiquants » imbus de leur bon droit expliquent aux médecins « comment passer d’un hôpital des stocks à un hôpital des flux ». On voit à quoi mène la doctrine du flux tendu dans un domaine aussi éminemment variable et imprévisible que l’urgence médicale. Il suffit d’une situation épidémique inattendue pour mettre à bas l’édifice si patiemment « rationalisé », c’est-à-dire asséché.

En vérité, nous sommes à l’heure des choix, voire des grandes décisions. Et peut-être même est-il déjà trop tard pour éviter l’effondrement, sanitaire et économique, de nos pays rongés par les incohérences, les non-dits et les lâchetés. Dans son allocution enregistrée depuis sa bibliothèque et retransmise sur écran géant dans une place Saint-Pierre encombrée de fidèles dont beaucoup étaient équipés de masques de protection, le pape s’est dit proche des malades et des soignants. Il paraît qu’il prie pour nous. En sommes-nous déjà là ?

Le retour du Catoblépas

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Sorte de gnou à la tête trop lourde pour son cou chétif, le catoblépas est un animal mythique si stupide, et à l’horizon si borné, qu’il en arrive à se dévorer lui-même. Flaubert en fit, pour cette raison, le symbole d’une forme particulière de bêtise. On croyait la bestiole disparue mais, depuis quelques années, elle semble avoir trouvé une seconde jeunesse. On l’appelle désormais « progressisme », et sa bêtise n’a toujours d’égale que la rage qu’elle met à se dévorer elle-même dans une frénésie ahurissante d’auto-contradiction.

Prenons l’antiracisme. Depuis quelque temps, sous l’inspiration de délires venus d’outre-Atlantique, nous avons vu les mouvements antiracistes réhabiliter la notion même de race puis, emportés par la rage de l’entre-soi, défendre et promouvoir la mode des « safe-spaces », ces espaces réservés à des personnes d’une certaine couleur ou d’un certain « genre » pour leur permettre de se sentir à l’aise. Plus récemment, grâce à Mme Aïssa Maïga, nous avons découvert que le comble de l’antiracisme chic consiste, lorsqu’on entre dans un lieu quelconque, à y compter les Blancs et les Noirs. Encore deux ou trois ans et, sous la pression des associations antiracistes, nous verrons apparaître dans les bus et les métros des espaces séparés, réservés selon les « races »… Rosa Parks, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Folies américaines

Voyons le féminisme. Le spectacle y est dantesque. On savait déjà que, pour certains mouvements, le summum du féminisme consiste à défendre et promouvoir une vision sexiste de la femme, considérée comme ontologiquement impure et pécheresse et donc sommée de se dissimuler… Mais depuis quelques temps, il y a du nouveau. On assiste désormais à une lutte à mort entre d’autres catégories de féministes : celles dites « inclusives » qui veulent mêler à leur combat celui des droits des transgenres et autres LGBTQWERTUIYOP+, et celles qui considèrent que tout porteur d’un zizi doit être ipso facto exclu des combats et des espaces réservés aux femmes. C’est ainsi que, tout récemment, trois jeunes filles du Connecticut ont engagé une procédure pour obtenir que les transgenres – ici, des personnes à anatomie et carrure masculines – ne soient plus autorisées à participer à des compétitions sportives féministes. Ces jeunes filles, battues par des transgenres, ont fait valoir qu’il y avait là une inégalité de traitement qui les avait pénalisées et leur avait fait perdre des opportunités universitaires (car, aux USA, des résultats sportifs marquants peuvent vous ouvrir les portes d’universités réputées). L’association d’athlétisme scolaire du Connecticut a répondu qu’elle avait agi en parfaite conformité avec une loi de l’état stipulant que tout élève doit être traité conformément au genre dont il se revendique. Pour l’instant, on en est là.

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Dans le même esprit, toujours aux USA, un condamné a pu obtenir d’être enfermé dans une prison pour femmes en faisant valoir qu’il se reconnaissait comme transgenre, bien que son anatomie fût restée masculine. Une fois sous les verrous, il s’est livré à un certain nombre d’agressions sexuelles sur des codétenues, jusqu’à ce que l’affaire arrive finalement devant la justice, après quelques tentatives d’étouffement. L’avocat du transgenre a défendu son client en niant toute agression et en accusant les détenues plaignantes de « transphobie ». Notons d’ailleurs qu’une affaire en tous points semblables s’était déroulée au Royaume-Uni en 2018 : une personne condamnée pour viol avait pu obtenir d’être placée dans une prison pour femmes et y avait allègrement repris ses activités… Elle a depuis été à nouveau condamnée pour ces nouvelles agressions, placée dans une prison pour hommes (je suppose…) et le ministère de la Justice britannique a présenté ses excuses aux détenues violées.

Les TERF

Toujours est-il que désormais la guerre fait rage entre féministes inclusives et féministes non-inclusives, celles-ci étant affublées par celles-là du terme infamant de « TERF » (« Trans Exclusionary Radical Feminist », soit « Féministes radicales rejetant les Trans »). De leur côté, lesdites TERF dénoncent dans le fait pour un homme de déclarer unilatéralement et péremptoirement « Je suis une femme », le comble de l’autoritarisme masculin et, disons le mot, du machisme.

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Dans le même temps, le corps médical se retrouve pris entre des injonctions contradictoires au sujet du changement de sexe. En effet, d’un côté, des médecins nord-américains se font traîner en justice pour ne pas avoir accepté de procéder à une opération de « transition » ; et de l’autre des médecins britanniques se font traîner en justice pour l’avoir fait, le patient regrettant aujourd’hui sa décision. Et débrouillez-vous avec ça !

Et je ne vous parle pas des droits humains

Et qu’en est-il des droits de l’Homme – pardon, des Droits Humains ? Eh bien, dans cette même frénésie autophage, les mouvements de défense des droits humains, se concentrant sur ceux des minorités, en arrivent là encore à l’exact inverse de ce qu’ils défendent. C’est en effet au nom de la démocratie, de l’égalité et de « l’inclusion » que des groupuscules d’excités de la pureté, sortes de résurgence des Gardes rouges de Mao, organisent des coups de main pour interdire tel spectacle, telle conférence ou tel film qui n’auront pas eu l’heur de leur convenir. Dans certains cas, la chose pourra aller jusqu’à incendier livres ou librairies. Comme au bon vieux temps, diraient de mauvais esprits. On assiste à cela aux USA, bien sûr, mais pas seulement. En Belgique, deux rédacteurs de Charlie Hebdo ont récemment fait l’objet d’une tentative d’interdiction par un groupe d’extrême-gauche les accusant d’être « réactionnaires » et de nuire aux droits des minorités. Et en France ? Eh bien, en France, patrie des Lumières, c’est le gouvernement lui-même qui s’y colle. Car, prenant prétexte de la ridicule affaire Griveaux, dans laquelle les réseaux sociaux n’ont joué aucun rôle déterminant, le gouvernement affirme haut et fort sa volonté de lever l’anonymat et de censurer les communications sur Facebook et autres Instagram, le tout au nom de la liberté. C’est un peu comme si, à la suite d’un grave accident entre une trottinette et un camion rue Royale à Paris, le gouvernement déclarait qu’il n’y a rien de plus pressé que de limiter la vitesse à 80 km/h sur les autoroutes, d’y multiplier par cinq le nombre de radars et de passer l’amende pour excès de vitesse à 500 euros… Tandis que les députés LREM se préparent à voter ce chef-d’œuvre de flou liberticide qu’est la loi Avia, notre tout frais nouveau ministre de la Santé nous ouvre des perspectives médicales insoupçonnées en expliquant au micro de France Inter que la trop grande liberté sur les réseaux sociaux facilite sans doute la propagation de maladies comme le coronavirus.

De plus en plus vertigineux

Et puisqu’on parle de santé, saluons pour finir cette nouvelle avancée à la fois scientifique et éthique dont nous ont récemment gratifié deux médecins britanniques : le « droit » pour chaque homme de voir son sperme prélevé après sa mort pour alimenter des banques en mal de matière première. La chose est déjà autorisée dans certains états des USA ou au Royaume-Uni, sous des conditions très restrictives. Mais là, il s’agirait de faire de ce type de don un « don d’organe » comme les autres. Qui ne voit en effet que le don de sperme post mortem est un droit humain (et même, pour le coup, un droit de l’homme) fondamental, et que seule une conception rétrograde de la morale ou de la dignité humaine nous empêche d’adopter cette mesure si progressiste ? Qui ne voit l’intérêt économique et social d’une telle démarche, à une époque où la démocratisation de la PMA comme de la GPA devrait faire exploser la demande ?

Certes, des esprits chagrins pourront s’étonner d’un tel enthousiasme nataliste dans les rangs progressistes, au moment où ces mêmes progressistes s’alarment de l’état de notre planète et commencent à prôner, pour y remédier, une diminution de la population mondiale. Mais là encore, on l’aura compris, ce ne sont pas les contradictions qui leur font peur.

Vraies et fausses féministes

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Jean-Paul Brighelli, 2009. SIPA. 00587572_000021

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Des femmes manifestaient donc hier dimanche sur le Vieux-Port — 2500 personnes, en comptant les curieux sur les trottoirs. Pas mal pour une ville de 900 000 habitants.
Jeunes, pour la plupart, éduquées, petites bourgeoises ulcérées, soutenues par tout ce que la sociologie institutionnelle pouvait offrir de belles consciences enrubannées, bref, tout ce que l’on attend d’un pareil défilé. Et pas une femme voilée dans une ville où elles sont pourtant majoritaires : les vraies victimes de l’oppression n’étaient pas là. Pourtant, on pensait à elles.

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La lutte était (forcément) intersectionnelle,

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et les références au voile nombreuses. Ces jeunes filles cultivées ont cru s’apercevoir que « voile » était l’anagramme partiel de « viol »,

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et au lieu d’en tirer la conclusion évidente qu’imposer le voile est une forme de viol, elles préférent le revendiquer — l’ultime liberté de la femme étant sans doute d’être esclave.

Les slogans griffonnés sur les banderoles et les bouts de carton annonçaient la couleur. Références à Adèle Haenel,

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qui s’est effectivement « cassée » avec son ex-compagne, Céline Sciamma, quand elles ont constaté qu’elles n’avaient pas le César que méritait leur manque absolu de talent (et dans le monde orwellien qui est désormais le nôtre, elles auraient dû en décrocher des brassées) — et après avoir vérifié que les caméras étaient braquées sur…

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Manifeste pour l’instauration d’une journée du silence féminin

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Manifestation à Lyon le 8 mars 2020 © KONRAD K./SIPA Numéro de reportage: 00948870_000003

Causeur dresse son bilan du 8 mars 2020 (journée de la Sainte Nana) et esquisse quelques perspectives.


Pour la Sainte Nana de cette année, le 8 mars comme chacun sait, le bilan n’a rien de reluisant, il serait plutôt consternant. Elisabeth qui oublie de mettre un “s” du pluriel dans la phrase-titre de sa couverture ! Ursula (pas Andress hélas, mais Von der Leyen) qui laisse le Grand Turc pisser sur le paillasson de l’Europe et n’a pas les roupettes de recommander aux Grecs la méthode israélienne en matière d’immigration sauvage (efficacité garantie et infiniment moins de morts sur le terrain que n’en laissent les atermoiements européens au fond de la Méditerranée) ! Adèle qui tonitrue aux César et détruit méthodiquement des siècles de droit élaboré de Justinien à Napoléon ! Une plainte devant la justice, un procès en bonne et due forme ? À quoi bon ? La justice-lynchage de Facebook suffit.

L’une des dissertations les plus habituelles de la classe de philo consistait à se demander si toutes les inégalités sont des injustices. La réponse habituelle du corrigé du professeur consistait à dire que non. Mais aujourd’hui…

La morale féministe qui dévoile sous nos yeux son visage hideux ignore le pardon, ignore la prescription, ignore le débat contradictoire. Nous voilà ramenés avant le Christ, avant la fondation de la justice à Athènes, splendidement mythifiée dans la trilogie d’Eschyle sur les Atrides. 

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Woody Allen lâché par son éditeur

Bravo aussi à Dylan Farrow, la fille adoptive de Woody Allen, qui appuyée par son frère, a réussi à intimider la filiale américaine de Hachette au point que celle-ci ne fera pas paraître l’autobiographie du grand cinéaste Soit dit en passant. Espérons que Manuel Carcassonne, directeur de Stock, tiendra bon pour la parution de la traduction française. Dans Figarovox du 7 mars, Gilles-William Goldnadel cite un rapport de l’hôpital de New Haven rédigé en 1993 : “Nous pouvons conclure que Dylan n’a pas été agressée sexuellement, mais nous ne pouvons pas être définitifs sur les raisons de son accusation envers M. Allen : est-ce parce que c’est une enfant vulnérable qui a grandi dans une famille perturbée, ou est-ce parce que Dylan a été influencée par sa mère ?” Mia Farrow, comme c’était la mode chez les dames divorçantes des années 90, a chargé le plateau de la balance de la Justice d’un bon poids de pédophilie pour la faire pencher de son côté. L’auteur de ces lignes sait de quoi il parle, il a subi cet affreux mensonge à la même époque. Le jour où l’on écrira le Livre Noir du féminisme comme on le fait après la mort de chaque idéologie devenue folle, je me porte volontaire pour écrire ce chapitre peu glorieux de l’histoire de la féminité.


Deux puritanismes mortifères vont assombrir nos années vingt : le féminisme et l’islamisme. Tous deux se croient poussés par un moralisme vertueux alors que leur vrai ressort est la jalousie. La jalousie à l’égard de l’argent ne se dissimule pas, du moins en France, pays où plusieurs partis politiques en font leur pain quotidien. Mais il existe une jalousie plus secrète, plus mordante d’autant plus qu’elle n’ose pas s’avouer : c’est la jalousie qui porte sur la dose de jouissance sexuelle que chacun réussit à obtenir. Jouirait-il, jouirait-elle infiniment plus que moi ? Cette pensée est un rat dans les poitrines, et je crois qu’elle explique le déchaînement de haine contre Gabriel Matzneff. Celui-ci paraissait être un milliardaire de la jouissance, et il a vu se lever contre lui une jacquerie de sans-culottes mal baisées et de mal baisants. Ce que l’opinion n’a pas compris, c’est que tout artiste a forcément une sensibilité plus aiguisée que la moyenne de l’humanité, sinon il ne serait pas artiste. Le cou gracile d’une adolescente ou le mollet musclé d’un garçon en short peut mettre Gabriel Matzneff dans tous ses états, tandis qu’un passant marchant sur le même trottoir ne les remarquerait même pas. Eh oui, il y a de fortes inégalités dans les sensibilités humaines. L’une des dissertations les plus habituelles de la classe de philo consistait à se demander si toutes les inégalités sont des injustices. La réponse habituelle du corrigé du professeur, après la pesée du pour et du contre, consistait à dire que non. Aujourd’hui, de Mélenchon aux féministes en passant par les Indigènes de la République et les indigents du spectacle, la réponse à la fameuse question philosophique est que oui, toutes les inégalités sont des injustices. Avec de pareilles idées, la guerre de tous contre tous prévue par Hobbes va déployer partout ses révolvers, ses kalachnikovs et ses grands couteaux de cuisine.

Féminisme et islamisme se donnent la main

La jalousie sexuelle est une calamité du monde musulman, on le sait depuis les Philosophes jusqu’à Kamel Daoud. Il est quand même significatif que le plus grand chef-d’œuvre littéraire du monde arabo-persan, Les Mille et Une Nuits, commence par une scène de jalousie sexuelle très explicite. Le roi Schahryar aperçoit ses épouses qui copulent allègrement avec des esclaves noirs. Il s’en scandalise, fait couper le cou aux copulantes et copulants. Désormais, les noirs présents au palais ne porteront plus rien de dangereux entre les jambes et Schahryar fera l’amour chaque nuit avec une femme différente que le bourreau décapitera à l’aube. Jusqu’à ce que survienne Shéhérazade et ses enchantements…

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Ces deux puritanismes, qui cachent leurs jalousies sous des airs de vertu outragée, devraient logiquement se combattre, l’un veut la promotion de la femme, l’autre veut sa relégation et sa dissimulation sous des voiles chargés de la soustraire au désir du voisin ou du passant. Eh bien non, ils s’unissent contre un mâle blanc adulte et hétérosexuel sans cesse fantasmé en dominateur impitoyable…

Vos gueules, les meufs !

Alors mes chéries, s’il vous plaît, après cette salve crépitante de crétineries (à laquelle beaucoup se sont opposées, est-il besoin de le dire ?), il conviendrait de la mettre un peu en veilleuse, non ? Allez, bon prince, je ne vous demande pas de la boucler éternellement, mais il serait bon d’instituer chaque année, le 15 mars par exemple, une Journée du silence féminin. Cette journée sans blabla ni tweet ni rien permettrait de rouler des pensées dépassionnées sur la complémentarité du féminin et du masculin, sur la fatale dose d’agressivité à la testostérone que l’évolution darwinienne a allouée au mâle pour que l’espèce puisse se reproduire, sur la sensualité plus ou moins exacerbée des grands artistes. On pourrait lire en silence de beaux poèmes d’amour de Victor Hugo qui a passé sa vie jusqu’à la veille de sa mort à sauter sur tous les jupons et qui n’en reste pas moins un de nos chers génies nationaux. 

La domination masculine n'existe pas

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