Une faute d’orthographe à la une de Causeur : j’ai longuement hésité entre le hara-kiri, le confinement à vie et l’autocritique publique. J’ai retenu cette dernière solution.

Voilà trois jours que ma première pensée, au réveil, est pour ce maudit « s » manquant : « Le gauchisme tendance rend possible tous les délires » – bien sûr, il fallait écrire « possibles ».

Comment avons-nous pu laisser passer une telle faute ? Je l’ignore. La fatigue et la presse ne justifient rien. Et que cela tombe sur la couverture où figurent trois penseurs rend la vexation encore plus cuisante.

Depuis deux jours, mes camarades m’envoient gentiment des « unes » de confrères comportant des fautes encore plus laides que la nôtre. Cela ne me console pas.

Nous nous employons tous à traquer les tournures fautives et autres lourdeurs de forme – qui sont toujours le reflet d’un défaut de la pensée. Notre correcteur Frédéric Baquet également (la justice exige que je précise qu’il n’a pas vu passer cette « une »). Bien sûr, la perfection n’est pas de ce monde et, tous les éditeurs le savent, le « zéro faute » presque hors d’atteinte. Cependant, d’une façon générale, nous avons l’immodestie de penser que Causeur est l’un des titres les mieux écrits de la presse. Du reste, on nous en fait souvent compliment. La mortification d’avoir failli est à la hauteur de ces gratifications.

Le contrat entre Causeur et ses lecteurs comporte le respect de notre belle langue. Je vous présente donc mes excuses, ainsi qu’à Michel Onfray, pour cette faute lamentable en « une ». C’était la première fois en douze ans. Ce sera la dernière.

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