Causeur dresse son bilan du 8 mars 2020 (journée de la Sainte Nana) et esquisse quelques perspectives.


Pour la Sainte Nana de cette année, le 8 mars comme chacun sait, le bilan n’a rien de reluisant, il serait plutôt consternant. Elisabeth qui oublie de mettre un “s” du pluriel dans la phrase-titre de sa couverture ! Ursula (pas Andress hélas, mais Von der Leyen) qui laisse le Grand Turc pisser sur le paillasson de l’Europe et n’a pas les roupettes de recommander aux Grecs la méthode israélienne en matière d’immigration sauvage (efficacité garantie et infiniment moins de morts sur le terrain que n’en laissent les atermoiements européens au fond de la Méditerranée) ! Adèle qui tonitrue aux César et détruit méthodiquement des siècles de droit élaboré de Justinien à Napoléon ! Une plainte devant la justice, un procès en bonne et due forme ? À quoi bon ? La justice-lynchage de Facebook suffit.

L’une des dissertations les plus habituelles de la classe de philo consistait à se demander si toutes les inégalités sont des injustices. La réponse habituelle du corrigé du professeur consistait à dire que non. Mais aujourd’hui…

La morale féministe qui dévoile sous nos yeux son visage hideux ignore le pardon, ignore la prescription, ignore le débat contradictoire. Nous voilà ramenés avant le Christ, avant la fondation de la justice à Athènes, splendidement mythifiée dans la trilogie d’Eschyle sur les Atrides. 

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Woody Allen lâché par son éditeur

Bravo aussi à Dylan Farrow, la fille adoptive de Woody Allen, qui appuyée par son frère, a réussi à intimider la filiale américaine de Hachette au point que celle-ci ne fera pas paraître l’autobiographie du grand cinéaste Soit dit en passant. Espérons que Manuel Carcassonne, directeur de Stock, tiendra bon pour la parution de la traduction française. Dans Figarovox du 7 mars, Gilles-William Goldnadel cite un rapport de l’hôpital de New Haven rédigé en 1993 : “Nous pouvons conclure que Dylan n’a pas été agressée sexuellement, mais nous ne pouvons pas être définitifs sur les raisons de son accusation envers M. Allen : est-ce parce que c’est une enfant vulnérable qui a grandi dans une famille perturbée, ou est-ce parce que Dylan a été influencée par sa mère ?” Mia Farrow, comme c’était la mode chez les dames divorçantes des années 90, a chargé le plateau de la balance de la Justice d’un bon poids de pédophilie pour la faire pencher de son côté. L’auteur de ces lignes sait de quoi il parle, il a subi cet affreux mensonge à la même époque. Le jour où l’on écrira le Livre Noir du féminisme comme on le fait après la mort de chaque idéologie devenue folle, je me porte volontaire pour écrire ce chapitre peu glorieux de l’histoire de la féminité.


Deux puritanismes mortifères vont assombrir nos années vingt : le féminisme et l’islamisme. Tous deux se croient poussés par un moralisme vertueux alors que leur vrai ressort est la jalousie. La jalousie à l’égard de l’argent ne se dissimule pas, du moins en France, pays où plusieurs partis politiques en font leur pain quotidien. Mais il existe une jalousie plus secrète, plus mordante d’autant plus qu’elle n’ose pas s’avouer : c’est la jalousie qui porte sur la dose de jouissance sexuelle que chacun réussit à obtenir. Jouirait-il, jouirait-elle infiniment plus que moi ? Cette pensée est un rat dans les poitrines, et je crois qu’elle explique le déchaînement de haine contre Gabriel Matzneff. Celui-ci paraissait être un milliardaire de la jouissance, et il a vu se lever contre lui une jacquerie de sans-culottes mal baisées et de mal baisants. Ce que l’opinion n’a pas compris, c’est que tout artiste a forcément une sensibilité plus aiguisée que la moyenne de l’humanité, sinon il ne serait pas artiste. Le cou gracile d’une adolescente ou le mollet musclé d’un garçon en short peut mettre Gabriel Matzneff dans tous ses états, tandis qu’un passant marchant sur le même trottoir ne les remarquerait même pas. Eh oui, il y a de fortes inégalités dans les sensibilités humaines. L’une des dissertations les plus habituelles de la classe de philo consistait à se demander si toutes les inégalités sont des injustices. La réponse habituelle du corrigé du professeur, après la pesée du pour et du contre, consistait à dire que non. Aujourd’hui, de Mélenchon aux féministes en passant par les Indigènes de la République et les indigents du spectacle, la réponse à la fameuse question philosophique est que oui, toutes les inégalités sont des injustices. Avec de pareilles idées, la guerre de tous contre tous prévue par Hobbes va déployer partout ses révolvers, ses kalachnikovs et ses grands couteaux de cuisine.

Féminisme et islamisme se donnent la main

La jalousie sexuelle est une calamité du monde musulman, on le sait depuis les Philosophes jusqu’à Kamel Daoud. Il est quand même significatif que le plus grand chef-d’œuvre littéraire du monde arabo-persan, Les Mille et Une Nuits, commence par une scène de jalousie sexuelle très explicite. Le roi Schahryar aperçoit ses épouses qui copulent allègrement avec des esclaves noirs. Il s’en scandalise, fait couper le cou aux copulantes et copulants. Désormais, les noirs présents au palais ne porteront plus rien de dangereux entre les jambes et Schahryar fera l’amour chaque nuit avec une femme différente que le bourreau décapitera à l’aube. Jusqu’à ce que survienne Shéhérazade et ses enchantements…

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Ces deux puritanismes, qui cachent leurs jalousies sous des airs de vertu outragée, devraient logiquement se combattre, l’un veut la promotion de la femme, l’autre veut sa relégation et sa dissimulation sous des voiles chargés de la soustraire au désir du voisin ou du passant. Eh bien non, ils s’unissent contre un mâle blanc adulte et hétérosexuel sans cesse fantasmé en dominateur impitoyable…

Vos gueules, les meufs !

Alors mes chéries, s’il vous plaît, après cette salve crépitante de crétineries (à laquelle beaucoup se sont opposées, est-il besoin de le dire ?), il conviendrait de la mettre un peu en veilleuse, non ? Allez, bon prince, je ne vous demande pas de la boucler éternellement, mais il serait bon d’instituer chaque année, le 15 mars par exemple, une Journée du silence féminin. Cette journée sans blabla ni tweet ni rien permettrait de rouler des pensées dépassionnées sur la complémentarité du féminin et du masculin, sur la fatale dose d’agressivité à la testostérone que l’évolution darwinienne a allouée au mâle pour que l’espèce puisse se reproduire, sur la sensualité plus ou moins exacerbée des grands artistes. On pourrait lire en silence de beaux poèmes d’amour de Victor Hugo qui a passé sa vie jusqu’à la veille de sa mort à sauter sur tous les jupons et qui n’en reste pas moins un de nos chers génies nationaux. 

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