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Cryogéniser la vie n’est pas assurer la santé!

 


Reconfinement. Emmanuel Macron dit vouloir faire passer la santé des Français avant toute chose. Or, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever…


La suppression des libertés individuelles doit être toujours équilibrée et justifiée par la finalité qu’elle poursuit, caractéristique de l’État de droit. Le nouveau confinement qui s’annonce est justifié par les autorités par l’urgence sanitaire. Autrement dit : conserver le maximum de citoyens en bonne santé, c’est-à-dire exempt d’une infection au Covid-19.

Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades

Pourtant, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever. Canguilhem, dans Le normal et le pathologique, inverse notre manière habituelle de concevoir la santé comme une « normalité » de la vie du corps. Nous pensons souvent qu’on est en bonne santé si l’on n’a ni fièvre, ni douleur, ni problème particulier. Or, Canguilhem affirme que la santé n’est pas réductible à n’être que le contraire de la maladie. Sinon, nous pourrions décrire comme étant en bonne santé le maladif, le chétif, l’individu vulnérable physiquement, même s’il n’est pas atteint d’une pathologie précise. Il est en réalité en sursis : la maladie n’est pas un évènement pour son organisme mais presque un état latent. Il est pour ainsi dire diminué, « rétréci » écrit Canguilhem. Nous voyons donc bien que la santé ne peut être décrite comme une simple conservation, une préservation d’un ordre immuable : cela ne se rencontre d’ailleurs jamais dans les individus vivants. C’est la différence que l’on pourrait ainsi noter entre l’objet, dont les possibilités d’état sont restreintes – il peut être cassé ou en bon état – et l’organisme qui est croissance perpétuelle, progrès, obstacle surmonté. Dans une conception de la vie que l’on pourrait qualifier de nietzschéenne, Canguilhem rappelle le phénomène qu’est le vivant comme ce qui établit en permanence de nouvelles normes. On pourrait l’illustrer de manière très concrète ainsi : une fois un virus surmonté, le corps n’est plus le même car il s’est immunisé contre ce dernier. Il est fondamentalement différent dans son ordre interne lequel est renforcé, mais aussi dans son rapport au vivant hors de lui. Les maladies infantiles n’inquiètent jamais pour cette raison : l’enfant a en lui toute la force vitale et les ressources d’un organisme sain pour surmonter des virus qui emporteraient en quelques heures une personne âgée ou adulte plus fragile. La robustesse de l’enfant n’est pas un statut quo, mais la capacité de tout traverser. Si la santé est donc un certain bon ordre du corps, ce n’est pas un ordre immuable que la maladie viendrait amoindrir, affaiblir, perturber. C’est plutôt un ordre que la maladie vient perturber parce qu’il doit être repensé et renforcé. L’homme en bonne santé est celui qui peut risquer de tomber malade, car précisément son organisme a la latitude de se renforcer grâce à la maladie.  

Le Covid ne tue pas aléatoirement

La santé est donc un état actuel du corps qui décrit sa capacité de surmonter la maladie plutôt qu’elle n’en serait le contraire. Elle ne peut être une justification ultime des décisions politiques.

Des contraintes ahurissantes pèsent sur les individus sans distinction dans cette crise « sanitaire ». Mais la santé de qui s’agit-il de « préserver » ? Si en mars, sans connaissances réelles de cette maladie, nous pouvions craindre une hécatombe digne de la grippe espagnole avec laquelle le Covid avait alors été comparé, il en est désormais tout autrement. Le Covid n’est pas non plus la peste bubonique, terrassant tous les individus sur son passage. Nous avons désormais des statistiques solides et éprouvées, du recul et des connaissances sur les victimes du Covid. Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades. Des individus qui n’ont déjà plus de santé, nous dit Canguilhem : ils ne peuvent plus risquer de rencontrer ce virus, leur corps n’ayant plus l’aptitude d’instaurer un nouveau système de norme pour s’en relever. Aucune mesure politique prise ne peut restaurer la santé ainsi comprise. Être confiné n’est pas rester en bonne santé, mais chercher à conserver une norme vitale précaire, quitte à cryogéniser le corps social. Le coût politique, économique, social du confinement n’est-il alors pas infiniment trop élevé pour le bénéfice qu’il envisage ? De plus, le choix n’est pas binaire : il ne s’agit pas de choisir entre la survie économique des bien portants et quelques années de vie supplémentaires pour des personnes déjà amoindries, mais de restaurer une authentique responsabilité individuelle. Autrement dit, laisser les individus prendre les risques et les précautions qui les concernent, en assumant que le service public hospitalier n’est pas sans limites.

Une jeunesse sacrifiée?

Car il n’y a pas que la vulnérabilité biologique. Comme le fait remarquer avec beaucoup de justesse Comte-Sponville dans une interview radiophonique récente sur Europe 1, il y a la vulnérabilité sociale, économique, qui est le propre de la jeunesse de 2020. Des jeunes gens sans bac ni examens réels, dont les diplômes seront donc sévèrement dévalués. Qui vivent des conditions d’études bien souvent difficiles ; dans des logements souvent exigus parfois vétustes, suivant leurs cours à distance – quand leur fac ou leur école est équipée suffisamment en termes numériques –  sans accès aux bibliothèques universitaires, sans certitude sur la tenue de leurs examens et encore moins sur leur valeur dans le futur. Que dire, également, des diplômés de juin 2020 sans espoir de trouver leur premier emploi dans la situation actuelle ? Une seule certitude leur est permise : la crise sera forte, et ce sera eux qui en feront les frais alors même que les principaux bénéfices de ces exigences sanitaires ne les concernent pas. Voilà des fragilités que le politique aurait le pouvoir d’amoindrir, alors qu’il est impuissant, de fait, face à ce qui régit le vivant. Il ne suffit pas au président de reconnaître qu’avoir 20 ans est difficile actuellement pour s’arroger le droit de demander à cette jeunesse tous les sacrifices. La crise économique sans précédent qui s’annonce créé des fragilités économiques et sociales évitables au profit de la conservation d’une fragilité biologique actuelle indépassable. 

Il n’y a pas de justice face au virus, certes, et on ne peut juger de la valeur d’une vie. La justice n’est pas qu’une norme idéale : elle doit être l’étalon permettant de mesurer et d’équilibrer les décisions politique au niveau général, en visant non l’égalité mais l’équité. En l’occurrence, n’est-il pas profondément injuste d’aggraver considérablement la situation économique et sociale du pays au profit de personnes qui n’auront pas à le relever ? 

Le normal et le pathologique

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Musulmans français, encore un (gros) effort vers l’assimilation!


Le double discours des représentants du culte musulman trahit une réticence à l’assimilation


Vingt-quatre heures après avoir tenu des propos intolérables sur la liberté d’expression, Mohammed Moussaoui évoque une « maladresse ».

Pourtant, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a eu de longues minutes pour préciser sa pensée et l’étayer ; il ne s’agit donc pas exactement d’un « dérapage ». Ses déclarations sont dans la continuité du discours toléré par la France de la part de ses instances musulmanes, depuis plus de vingt ans.

L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches

« Il ne faudrait pas laisser s’installer l’idée que les musulmans de France sont provoqués par ce type de caricatures ». C’est en ces mots que le président du CFCM (Conseil français du culte musulman), haut représentant reçu lundi à l’Élysée par Emmanuel Macron et interlocuteur privilégié de l’État, analyse la montée des tensions entre la France et une partie du monde musulman. Mohammed Moussaoui en rajoute une couche ; par une pirouette douteuse, il explique que la censure doit s’exercer auprès des dessinateurs et autres blasphémateurs car, sinon, les caricatures pourraient être exploitées par les terroristes. Traduction : il ne faut pas froisser les ennemis de la République.

L’universitaire, par ailleurs décoré de la médaille de chevalier de l’ordre national du Mérite sous la mandature de François Hollande, enfonce le clou en estimant que « pour préserver l’ordre public, parfois on est obligés de renoncer à certains droits », avant de se lancer dans une comparaison hallucinante avec le Covid, qui « nous impose à tous des mesures de protection pour se protéger mutuellement ». Invoquant le « devoir de fraternité », il appelle à de la « pédagogie » des deux côtés, comme si les Français devaient prendre en compte la susceptibilité de ceux qu’ils caricaturent : irrésistible marche vers un affaiblissement – synonyme à terme de disparition – du droit au blasphème.

Marchandages et sempiternelles plaintes

Comment accueillir les regrets de Mohammed Moussaoui et admettre leur sincérité, quand l’association qu’il préside n’en est pas à son coup d’essai ? Au moment de l’affaire Mila, alors que la jeune femme croulait sous les menaces de mort, le délégué du CFCM Abdallah Zekri arguait qu’elle l’avait « cherché » et devait assumer. Quelques années avant l’attentat de Charlie Hebdo, Mohammed Moussaoui avait réagi, au nom des musulmans de France, à des caricatures publiées dans le journal satirique : « Il s’agit bien d’une intrusion agressive et gratuite dans les tréfonds de leurs sentiments religieux. Il s’agit d’une provocation ».

A lire aussi: La laïcité ne peut être aimée, si l’on n’a pas rendu aimable le pays qui l’a inventée

En remontant le temps, on observe qu’apparaissait déjà au moment de l’établissement d’un islam de France – ou plutôt durant sa genèse – une opposition à certains principes de notre société. En 1999, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur et désireux de structurer la deuxième religion du pays, soumit aux organisations islamiques un texte qui ne pouvait « faire l’objet d’une négociation ». Pourtant, les pouvoirs publics, à la demande de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) ont à l’époque amendé le texte.

Alors que le droit musulman prévoit la peine de mort pour l’apostasie –  châtiment présent dans la charia et les hadîths –, on peut lire sur ce rapport du Sénat que « ce texte est accepté mais au prix d’un compromis sur son contenu. La mention du droit de changer de religion est notamment retirée à la demande de l’UOIF ». La pusillanimité ne date donc pas d’hier.

L’islam politique ne sera jamais rassasié de nos compromissions

Il est totalement mensonger et malhonnête d’invoquer la liberté de croyance quand il n’y a rien de spirituel dans la démarche d’un islam politique. Ces revendications ne relèvent pas tant d’une sensibilité religieuse, que d’une orthopraxie dont une partie de nos compatriotes musulmans refusent de se distancer, faisant sans cesse référence dans leurs doléances aux textes et paroles de leur livre. La défaillance de la France dans l’application du principe de laïcité est actée à partir du moment où elle ne met pas les musulmans face à leurs responsabilités. Dans l’état actuel des choses, la voix des musulmans est inaudible, discordante, contradictoire. Leurs réponses quant à la compatibilité de l’islam avec les valeurs républicaines mettent chaque jour en lumière un schisme irréconciliable entre deux franges impossibles à quantifier – et parfois même à distinguer – : les musulmans de France, intégrés, républicains, et les adeptes d’un islam rigoriste.

L’expérience et le discernement nous indiquent que l’islam politique – qui est en soit un radicalisme – ne sera jamais rassasié de nos compromissions. Demain, nous ferons face à de nouvelles exigences, jérémiades et intimidations. L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches : il en est au contraire sorti renforcé, et nous menace aujourd’hui plus que jamais. Jean-Paul Sartre disait détester les victimes « quand elles respectent leur bourreau », et les islamistes partagent avec certitude ce sentiment. Les bougies, marches blanches, appels à ne pas stigmatiser et cœurs en papier mâché doivent urgemment faire place à l’élaboration d’un nouvel arsenal juridique, ferme et parfaitement applicable, afin de passer à l’offensive contre les ennemis de la France – seule issue pour que la peur change de camp.

Roule, Britannia!


Le journal de l’ouvreuse


Un petit tour à Londres où le virus n’a rien pu contre les indestructibles « Concerts Promenade » (because le public peut rester debout) aussi appelés « Proms ». Festival produit par la BBC, qui dure deux mois et culmine chaque mi-septembre dans une orgie de tubes patriotiques, folkloriques ou classiques avec stars, foule et Union Jack en délire : « The last night of the Proms ».

Les "Proms" au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP
Les « Proms » au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP

Traditionnellement au programme de la dernière night : l’hymne officieux des Grands-Bretons, Rule, Britannia. Plusieurs fois menacé pour bellicisme, Rule, Britannia a encore perdu des points depuis le Brexit. Mais il tenait bon, et tous les étés finissaient au Royal Albert Hall sur l’air de « Règne, Britannia, règne sur les flots ». Quand mi-juillet trois indignés lancent une pétition. « Les paroles écrites en 1740 l’ont été pour un public différent du nôtre. De la même manière que nous réformons les statues et les monuments, nous devons réformer notre musique. Cet air est offensant. Nous vivons dans un monde multiculturel où les Vies Noires Importent, et ce message doit être aussi entendu en musique. » Black Lives Matter : merci aux gentils organisateurs d’interdire le méchant chant.

À lire aussi, François-Xavier Ajavon : La politique du socle vide

Everybody s’en cogne et une semaine plus tard la pétition n’a pas recueilli 200 signatures. Mais la BBC annonce que, pour ne pas insulter la mémoire de George Floyd, la « Last night » omettra Britannia. Le concert 2020 sera « un évènement inclusif et poignant ».

Boris Johnson monte au front

Indigné par la victoire des indignés, le camp adverse prend les armes. Le député Michael Fabricant trouve que « l’histoire de la Grande-Bretagne n’est pas si mauvaise, nous avons aboli l’esclavage en 1807 ». Et le prime Boris Johnson in person monte au front : « Je pense que ce pays traverse un orage national à propos de certaines choses, ces choses justement que d’autres à travers le monde aiment le plus chez nous. Ils aiment nos traditions et notre histoire avec toutes ses imperfections. Quelle folie de la censurer ! » Notre rôle ici-bas ? « Écrire le présent et non réécrire le passé. »

Réécrire, le verbe est mou. Rule, Britannia n’a carrément aucun rapport avec la Guyane ou le Nigéria. C’est une ode pour temps de guerre tirée d’un petit opéra composé en 1740 par un nommé Thomas Arne sur les paroles du poète écossais James Thomson. La pièce met en scène le roi anglo-saxon Alfred le Grand, vainqueur des Vikings en 878. Et il n’y est question d’esclavage que pour en dire le plus grand mal : « Britons never, never, never shall be slaves », les Britanniques ne seront jamais, jamais, jamais esclaves, et tant pis si leurs voisins « tombent aux mains des tyrans ». « Grand Dieu ! par des mains enchaînées / Nos fronts sous le joug se ploieraient, / De vils despotes deviendraient / Les maîtres de nos destinées ? », exactement pareil, et ça, c’est dans La Marseillaise. Rien à signaler, tous les pays ont leur péan.

Comme de nos jours le ridicule tue, la BBC a fait marche arrière. Au mois d’août, elle proposait que la dernière nuit des Proms garde son hymne, mais en version instrumentale, sans les paroles. Et finalement, le 12 septembre, un chœur distance-barriérisé dans un Royal Albert Hall vidé de son public, mais télédiffusé, a bien (et même très bien) chanté Rule, Britannia comme d’habitude. Sous la direction de l’Ukrainienne Dalia Stasevska. Blanche, la pauvre. Mais femme, c’est déjà ça.

Nice: Christian Estrosi dit que “tout doit être fait pour anéantir l’islamo-fascisme”

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Suite à l’attaque islamiste et la mort de trois personnes dans la Basilique Notre-Dame-de-Nice, après des mots de compassion et de tristesse, Christian Estrosi a appelé à sortir des « lois de paix » pour vaincre le terrorisme. Il rencontrera Emmanuel Macron dans la journée.


Nice, ville martyre

“Une fois de plus c’est la barbarie islamiste qui frappe” a déploré Christian Estrosi aujourd’hui après l’assassinat de trois personnes dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption située en plein centre-ville de Nice. Un nouvel événement dramatique pour la ville, quatre ans après l’attentat au camion-bélier sur la promenade des Anglais qui avait fait 86 morts.

A lire ensuite: Que veulent les terroristes? Nous soumettre!

Le maire LR a d’abord eu des mots de compassion à l’égard des proches et des familles des victimes, ainsi que pour la communauté paroissiale de la basilique Notre-Dame de Nice. Lucide, il a déclaré : « Nous sommes en train de payer un tribut beaucoup trop lourd en étant une fois de plus victimes de l’islamo-fascisme. » C’est l’expression qu’il a choisi d’utiliser pour décrire le terrorisme islamique. Pour le maire niçois il n’y a pas un instant eu de doutes sur les motivations de l’attaque. Il assure avoir lui-même entendu l’assaillant répéter « Allah Akbar », « alors qu’il était médicalisé sur place ». Il a d’ores et déjà demandé que « toutes les églises soient mises sous surveillance ou fermées, ainsi que tous les autres lieux de culte de la ville ».

S’exonérer des lois de paix

L’ancien pilote de moto ne s’est pas contenté de nommer le problème et de rendre hommage aux victimes, aux policiers et aux personnels soignants. Il a tenu un discours énergique pour lutter contre l’islamisme.  Pour y parvenir, Christian Estrosi a appellé devant la presse la France à « s’exonérer des lois de la paix pour anéantir définitivement l’islamo-fascisme de notre territoire ». Le président Emmanuel Macron va se rendre à Nice et le rencontrera aujourd’hui. Les deux hommes parleront certainement du plan pour mettre un terme à ses attentats sanglants. 

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Comme l’a rappelé l’abbé Grosjean sur Twitter après l’attaque : « Les fleurs et les bougies ne suffiront pas. » L’islamisme ne nous laisse aucun répit, reste à espérer que le gouvernement accélère son action pour l’arrêter.

Birmanie: retour à la dictature?

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Prenant prétexte de l’épidémie de Covid, qui touche très peu le pays, le gouvernement birman organise couvre-feu, fermetures des frontières et contrôles renforcés des territoires. Après cinq années d’ouverture relative, le pays connaît un raidissement politique qui ouvre la voie à un retour d’une dictature forte.


Après seulement cinq années d’ouverture, la Birmanie se referme à nouveau

Depuis le 31 mars 2020, les frontières terrestres internationales sont fermées, ne laissant transiter que les marchandises, légalement ou de manière interlope. Le trafic de drogue, dont la Birmanie est un grand producteur mondial (opium, héroïne et méthamphétamines) semble avoir même augmenté d’après les observateurs locaux. Les aéroports internationaux sont quasiment à l’arrêt, n’autorisant les entrées dans le pays seulement au compte goûte et sur autorisation exceptionnelle. Les trajets internes entre les villes et les régions ou États birmans sont aussi très restreints, soumis à autorisation spéciale et mesures de quarantaine.

Ces mesures drastiques sont catastrophiques pour une grande partie de la population. De nombreuses usines de textile fabriquant des vêtements pour de grandes marques occidentales ont fermé mettant à la rue des dizaines de milliers d’ouvriers. Privées de revenu des femmes se tournent vers la prostitution pour survivre et nourrir leur famille. Des cas de suicides ont aussi été révélés, souvent des pères de famille sans argent et désespérés. Dans les campagnes, n’ayant pas le droit de circuler pour aller sur les marchés, des agriculteurs voient leurs récoltes de fruits et légumes pourrir sur place. Des restrictions aux répercussions dramatiques dans un pays ou plus d’un tiers de la population vit avec moins d’un euro par jour.

Les groupes armés en Birmanie

Une population civile de plus en plus touchée par les conflits armés

Ce n’est pas le coronavirus qui tue, la Birmanie ayant un taux extrêmement faible de personnes infectées et hospitalisées (comme la majorité des pays d’Asie du Sud-Est). En revanche les opérations militaires de la Tadmadaw (l’Armée birmane) ont pris une ampleur et une violence qu’on ne connaissait plus depuis 2012, date des accords bilatéraux de cessez-le-feu avec plusieurs groupes armés.

Ce sont principalement dans les États d’Arakan, Nord Shan et Nord Karen où les troupes birmanes ont intensifié leur pression. Le plus gros des opérations a lieu en Arakan où l’Armée birmane poursuit son operation clearance (opération d’évacuation) selon les termes officiels du gouvernement. Démarrés à l’encontre de la minorité musulmane Rohingya en 2016, les efforts de la Tadmadaw se concentrent depuis deux ans sur l’ethnie bouddhiste arakanaise et son groupe armé l’Arakan Army (AA). Après de multiples revers face à cette armée de guérilla comptant des milliers d’hommes bien équipés et encadrés, les militaires birmans ont entrepris une véritable politique de la terre brûlée visant les populations civiles, bombardant et incendiant méthodiquement, en représailles, les villages se trouvant dans les zones rebelles.

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En octobre 2020, face aux effectifs importants de l’armée birmane dans la région, ainsi qu’à l’ampleur des combats, le gouvernement du Bangladesh voisin a ordonné la mobilisation de troupes, notamment de l’artillerie, pour sécuriser sa frontière.

Les villageois fuyant les combats se comptent par milliers, pris au piège dans une région à feu et à sang que le gouvernement a entièrement verrouillée pour cause de « risques sanitaires liés au Covid-19 ». Ces mesures sanitaires ont fini de couper l’Arakan du reste du monde, le gouvernement ayant déjà supprimé les connexions internet de plusieurs districts et complètement bridé le réseau dans le reste de l’État, rendant toute communication vers l’extérieur très difficile.

Les déclarations de l’OMS sur l’épidémie de Covid-19 sont donc tombées à pic, une grande partie des représentants étrangers des ONG, les diplomates, et les journalistes internationaux n’ayant plus accès au territoire birman, le pouvoir central a en quelque sorte les mains libres pour poursuivre sa politique de contrôle à l’égard des territoires ethniques sans risque d’ingérence occidentale dans ses conflits intranationaux.

À l’opposé de l’Arakan et du Bangladesh, à proximité de la frontière chinoise dans le Nord Shan, ce sont aussi plusieurs milliers de civils qui ont dû fuir les affrontements entre militaires birmans et l’un des principaux groupes armés du Shan (la RCSS-SSA[tooltips content= »Restoration Council of Shan State – Shan State Army ; cet important groupe armé contrôle majoritairement les territoires de l’Est du Shan proche de la frontière thaïlandaise. Il est l’héritier de la Mong Taï Army de Khun Sa, célèbre « Roi de l’Opium » du le Triangle d’Or de 1964 à 1996, date de sa reddition au pouvoir birman. »](1)[/tooltips]) depuis le mois de septembre. L’emploi d’hélicoptères effectuant des frappes sur les zones habitées indique le haut niveau d’intensité des combats dans cette région montagneuse stratégique traversée par la principale route reliant la Birmanie à la Chine.

L’agence birmane des Nations-Unies a publié un rapport alarmant indiquant que plus d’une centaine d’enfants ont été tués ou mutilés dans les combats menés par l’Armée birmane lors des trois premiers mois de l’année 2020. Les Nations-Unies ont aussi dénoncé l’utilisation des civils, en particulier des enfants, par l’Armée birmane dans ses opérations militaires, comme porteurs ou boucliers humains.

Les blessés par mines antipersonnel sont aussi nombreux et réguliers dans la population civile, le gouvernement birman étant l’unique gouvernement au monde qui produit et utilise ces engins explosifs sur son territoire[tooltips content= »En juillet 2020, en l’espace d’une dizaine de jours, 4 enfants sont tués et 13 autres mutilés par des engins explosifs dans les différentes régions en guerre. En 2019, pour la deuxième année consécutive, ICBL (International Campain to Ban Landmines) a établi le fait que la Birmanie est le seul pays au monde dont le gouvernement poursuit l’implantation de mines sur son territoire. »](2)[/tooltips].

L’émergence des partis ethniques, un danger pour le pouvoir central

En août 2020, dans l’État Karen, près de trois mille villageois se réunissaient afin de protester « contre l’occupation de leurs territoires par l’armée birmane, les exécutions de civils, les viols, la destruction de l’identité des peuples autochtones et de leurs territoires sauvages ». Ainsi, loin de parvenir à une unité de la population, l’alliance au pouvoir du parti démocratique d’Aung San Suu Kii et des militaires birmans a poussé les minorités ethniques à se regrouper autour de partis politiques représentants leurs identités respectives centrées sur leurs petits états nationaux (Karenni, Karen, Shan, Kachin, Arakan, Chin et Mon). Ces partis politiques se sont rapidement fait remarquer, palliant leurs faibles moyens financiers par un gros soutien populaire d’un électorat déçu par les échecs du parti démocrate.

Face à ces menaces électorales identitaires, le gouvernement a interdit de vote plusieurs régions en conflit. Ainsi, sont privés de scrutin la quasi-totalité de l’Arakan, le Nord Karen, Nord Shan ainsi qu’une grande partie du Kachin. Globalement toutes les zones connaissant des combats intenses et réguliers ainsi que les territoires indépendants contrôlés par les narcotrafiquants Wa et Kokang (USWA et MNDAA) dans l’Est du Shan.

A lire ensuite, Reportage: Lesbos: abus d’hospitalité

Privant de vote ces régions fortement hostiles au pouvoir central, le gouvernement s’assure de garder le pouvoir entre les mains du parti démocrate et leurs alliés de circonstance : les militaires. Ces derniers obtiennent d’office 25% des sièges parlementaires, et gardent le contrôle des ministères stratégiques (entre autres ceux de la défense et des frontières) selon la constitution de 2008 qu’ils ont eux-mêmes mis en place.

En rouge les régions où les scrutins électoraux ne sont plus assurés.

La République de l’Union du Myanmar fait l’unité contre elle

Les cinq années de gouvernance démocrate s’achèvent dans une crise économique terrible, on estime qu’un tiers de la population est retombée dans la pauvreté.

Concernant les conflits armés, le gouvernement s’est décrédibilisé, incapable de…

>>> Lire la fin de cette analyse géopolitique de la Birmanie de 2020 sur le site de la revue Conflits <<<

Philip Mansel, le biographe anglais de Louis XIV

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Philip Mansel revient sur le règne passionnant de Louis XIV. Dans Roi du monde, il dresse un portrait aussi novateur que singulier du Roi-Soleil. Lucien Rabouille l’a lu pour nous.


Le titre de Roi du monde n’échut pas à Louis XIV mais à la dernière biographie qui lui est consacrée. En lisant son auteur, Philip Mansel, on comprend que les ambitions du Roi ont été plus éclatantes que ses réussites. Sévère par son antiphrase, l’auteur l’est aussi dans ses jugements. Louis XIV aspira bien à la monarchie universelle. L’ambition du grand Roy excéda cependant l’étendue de son génie –  in fine celle de son empire.

Mansel est Anglais. Ajoutons qu’il est talentueux et caustique. Fidélité oblige, ses reproches convoquent parfois l’affectif. En protestant, il pleure l’édit de Nantes et la « tolérance » accordée aux huguenots français. Hypnotisé par Versailles, temple perpétuel à la gloire de son fondateur, il raconte avec délice l’art subtil de mener les hommes et observe leurs extravagances ; parfois leur écart au sens commun.

L’Anglais et le Roy

Déjà auteur d’une belle biographie du Prince de Ligne, on remarque avec bonheur qu’il n’a rien perdu de son style : classique et sérieux, il fourmille d’anecdotes et participe de la beauté du règne. La somme est ample, délayée comme une fine causerie aristocratique, tout anglaise dans ses rituels d’expression, son ironie et sa retenue. L’examen minutieux d’instants anodins, humains et royaux, dépaysera  certains lecteurs français ; habitués au mépris dans lequel le genre biographique a longtemps été tenu par notre Université. Comme pour les démentir, ces qualités  tiennent le texte éloigné de l’admiration béate ou de la critique tendancieuse. Et l’intelligence du propos lui autorise in fine l’ambivalence : admirable dans ses goûts et certains de ses choix, Louis XIV le fut aussi – et paradoxalement – dans ses erreurs et sa démesure. Le ton est étranger, comme son auteur, et même distancié alors que le dossier biographique est en France passionnel : avec F.Bluche faisant l’avocat passionné de la défense, D.Dessert le procureur sourcilleux et J.C Petitfils l’arbitre raisonné avec un opus admirable mais néanmoins admiratif.

A lire aussi, du même auteur: J’ai un trou dans mon Panthéon

Pour éclairer ce phénomène, Mansel ne néglige ni l’intime ni la psychologie. On voit alors qu’une époque n’en fait pas une autre ; et l’élan vital de la couronne comme de la France louis-quarzienne surprennent. Enfant, son appétit vorace avait épuisé pas moins de huit nourrices. Chasseur et viandard, le roi est espiègle. Il « danse les folies d’Espagne jusqu’à l’épuisement ». Il travaille beaucoup, survit à la pression du pouvoir ou à une santé que dégrade l’infection des eaux stagnantes de Versailles ; plus tard remuées par le faste et les jets.

Si Versailles m’était compté…

Le château coûta et compta beaucoup. Peine perdue que le sage Colbert plaide « à maintes reprises auprès de lui, généralement en vain, pour qu’il fonde ses dépenses sur ses recettes plutôt que sur ses désirs. » Sur trois chapitres, l’auteur en détaille le faste sans en négliger l’utilité. Délaissant sa légende noire – la fameuse cage dorée d’une aristocratie « domestiquée » – Mansel en fait un instrument de prestige. Géopolitique d’abord, il jette un regard de diplomate assez neuf sur le joyau du patrimoine. Versailles fut « un hub » : ambassades du monde entier, merveilles d’Asie, du Maroc, des milliers de lettres qui partent et y arrivent chaque jour…

Dernière chance de renouvellement pour l’historiographie, l’approche internationale de Mansel est aussi une mode éditoriale vulgarisée par Patrick Boucheron. Pour y souscrire, l’auteur insiste sur l’étrange folie des grandeurs géopolitique qui saisit le Roy à partir de la décennie 1680. Malgré Colbert, malgré le bon sens, malgré les échecs et surtout aux frais de la princesse le Roi tente d’étendre son influence au Siam, en Asie, reçoit aussi des Marocains, s’implante en Amérique, se lie au grand Perse et surtout l’Empereur Ottoman avec lequel il défie Vienne et les Habsbourg. Les manœuvres échouent et lui aliènent même l’opinion catholique européenne qui ne s’amuse pas comme Molière avec Monsieur Jourdain de ses turqueries contre l’Autriche.

Il y eut bien des succès comme l’extension au nord et à l’est de frontières que nous avons faites naturelles car elles furent bien défendues (merci Vauban) ; mais ceux-là furent aussitôt suivis (et gâchés) par d’étranges offensives de mégalomanie.

Louis XIV. Wikipedia.
Louis XIV. Wikipedia.

Les turqueries du grand Roy  

Fidèle et tenace, sans doute aveugle, la France s’isolait de ses alliés alors qu’il soutenait tous les canards boiteux d’Europe : la Bavière, la Suède ou la couronne des Stuarts en exil alors que Mazarin et Richelieu avaient construit un système d’alliance redoutable. Artiste, Louis avait beaucoup sacrifié de sa popularité au caprice. Il fallait que l’honneur fut sauf et la geste emphatique : « pour Louis XIV comme pour nombre de ses contemporains, la guerre n’avait peut-être pas d’autre objet qu’elle-même. » Et notre Roy d’ajouter : « la gloire n’est pas une maîtresse qu’on puisse négliger. »

De manière dramatique « il  pâtit de son goût pour les apparences ». A Bruxelles, il ordonne « un beau feu » et la ville brûle. Le dégât du Palatinat sidère toute l’Europe. Laquelle se ligue pour empêcher Philippe V, son petit-fils, de monter sur le trône d’Espagne pendant la guerre qui devait décider de sa succession. Le continent semble triompher, alors que l’Etat manque de faire faillite, la France d’être envahie sans parler de la famine qui ampute son peuple amputé de deux millions d’âmes. Le tout pour une politique familiale assez éloignée des intérêts de la France, plus encore de l’esprit du temps. Dans le même temps, l’affrontement révèle les fragilités de l’État louis quatorzien incapable de mobiliser la richesse du pays quand l’Angleterre admit avec le parlement ses élites au cœur du pouvoir pour leur faire accepter l’effort de guerre. Au terme du règne, cette dernière comme l’Autriche sont installées dans un jeu européen que la France ne domine plus.

D’où vient alors que son nom inspire encore la gloire ? Pour répondre, Mansel change habilement d’échelle. Délaissant le macrocosme mondial, il revient au microcosme versaillais. Au plus près du Roi, il note qu’il fut jusqu’au bout admiré et craint. L’autorité qu’il inspirait ne fut pas seulement politique. Elle devient avec Mansel intime – presque secrète. Ce fut pour Louis une hygiène de vie. A tout moment, sa majesté l’exprime dans son portrait, son goût, son genre de vie, ses manières, son habitude ou même ses hochements de tête… Il dort peu, ne s’écoute jamais. Il sait aussi paraître. Même quand il est fiévreux, on remarque son énergie et sa force héroïque. Il voit aussi du pays, visite Nantes, Toulon, Dunkerque ou Saint-Jean-de-Luz. Tant de force impressionne et aussi séduit : « Sa chaleur, son charme, ses joies de vivre, que Saint Simon qualifiait de majesté et de grâce incomparables, renforçaient les pouvoirs sur lesquels la monarchie étaient assis ».

En 1709, au pire moment de la guerre et de l’hiver, Louis s’adresse à la nation. Le ton est pénitentiel, presque repentant. Les mots sonnent juste. La France se retrouve elle-même, écoute le Roy à son crépuscule et tend l’effort de guerre. Une paix honteuse est finalement évitée. Face à l’Europe coalisée, on salue le rebelle. On admire l’artiste. Et on s’incline aussi devant son biographe.

Louis XIV: Roi du monde

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Le blasphème de Maïwenn dans « Paris-Match »

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Maïwenn a blasphémé la religion du néoféminisme et ça ne passe pas


Interviewée par Paris-Match à l’occasion de la sortie de son nouveau film « ADN » où elle explore des thèmes qui lui sont chers, le retour aux origines et la quête d’identité, la réalisatrice a évoqué sa féminité, son rapport à la séduction et embrayé sur les féministes auxquelles son discours déplaît. « C’est fou ce que les féministes peuvent dire comme conneries. Elles n’aiment pas les hommes » dit-elle, avant de voler au secours de ces derniers : « Moi je suis pour dire aux hommes à quel point on les aime. Il faut arrêter de dire que ce sont tous des pervers ».

Roselyne Bachelot sommée de se positionner

Ses propos maintes fois repris et surtout réinterprétés à l’aune de l’idéologie victimaire en vogue ont suscité la haine des internautes, et même Roselyne Bachelot a été sommée de trancher sur ce sujet au micro d’Apolline de Malherbe. La ministre de la Culture, visiblement embarrassée, a refourgué comme alpha et oméga de sa pensée une phrase fourre-tout qui ne mange pas de pain : « Moi ce que je veux c’est combattre le sexisme ». Bien envoyé Rosie ! La faim dans le monde aussi peut-être, dans la foulée ? Et d’assurer ensuite qu’elle se serait elle aussi levée, « c’est sûr », comme Adèle Haenel, à l’annonce de l’attribution du César à Roman Polanski si elle avait été ministre de la Culture à l’époque.  On le sait, en 1945, tout le monde était résistant.

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La lecture de l’interview (et ses promesses de soufre) décevra le vrai amateur de scandales. N’y allez pas, on l’a survendue ! Les propos sont déformés. Non, Maïwenn n’encourage pas le viol et ne justifie pas le harcèlement quand elle déclare sans fausse pudeur qu’elle aime se faire draguer dans la rue : « Je ne me suis jamais sentie offensée parce qu’un homme portait un regard bestial sur moi. Au contraire, je prends ça comme un compliment ». Plaire et susciter le désir peut effectivement être exquis et fait partie du jeu éternel entre hommes et femmes, voire garantit leur égalité. Maïwenn fait ainsi écho à la tribune signée par cent femmes après l’affaire Weinstein, dont Catherine Deneuve revendiquant « le droit d’être importunée indispensable à une liberté sexuelle »

Maïwenn ne soutient pas Adèle Haenel 

Dire que Maïwenn soutient ou défend Polanski est une surinterprétation : « Polanski a reçu un prix pour un film formidable, où est le problème? On ne lui a pas non plus décerné un prix Nobel ! Adèle Haenel doit avoir un gros bobo quelque part pour être partie comme elle l’a fait. Le politiquement correct dans ce milieu, aujourd’hui, exige de se déclarer pour elle. Eh bien moi je ne le suis pas ! Toute cette clique de féministes n’a réussi qu’à faire du mal à la victime de Polanski qui, depuis quarante ans, ne demande qu’une chose : qu’on lui fiche la paix ! » Même si on peut déplorer l’emploi du terme « bobo » pour désigner les attouchements dont l’actrice aurait été victime dans son adolescence et regretter que Polanski n’ait malgré tout jamais eu à répondre de ses actes devant la justice, il n’en reste pas moins que Maïwenn se contente de souligner que c’est avant tout une œuvre qui était consacrée ce soir-là plutôt qu’un homme, d’autant plus – et elle est bien placée pour le savoir – qu’un film est aussi le fruit d’une équipe. Défendre une œuvre et défendre son auteur, ce n’est pas tout à fait la même chose, mais il est vrai que le sens de la nuance semble échapper cruellement aux jugements hâtifs de notre époque.

Le néoféminisme n’envisage la société que sous l’angle du combat entre deux haines supposées et fantasmées: la misandrie contre la misogynie, empruntant sa rhétorique aux thèses marxistes et indigénistes

Car cette tempête dans un verre d’eau en dit long sur la vacuité et la vanité du discours néoféministe et montre une fois de plus son imposture. Importé du monde anglo-saxon, ce féminisme radical ne cherche pas à valoriser les femmes mais bien à rabaisser les hommes. Il n’envisage la société que sous l’angle du combat entre deux haines supposées et fantasmées : la misandrie contre la misogynie, empruntant sa rhétorique aux thèses marxistes et indigénistes. Sa logorrhée indigeste s’accompagne d’une appropriation des codes masculins caricaturaux, où on trouvera par exemple le célèbre hirsutisme militant et combatif, un acte de bravoure qui consiste en l’exhibition de ses aisselles velues car, sachez-le, un poil qui pousse sous le bras, c’est un homme cisgenre qui meurt quelque part sur Terre ! Il faut en convenir, le combat est audacieux et ne manque pas de panache à l’heure où de pauvres filles à travers le monde – et aussi dans des quartiers en France – se battent ridiculement pour exiger le droit d’être regardées comme des êtres humains et même parfois – les gourdes – d’être regardées tout court !

La réalisatrice de l’excellent Polisse tacle ensuite les excès du mouvement #metoo et renvoie chacun à ses responsabilités : « moi, si j’accepte de me rendre dans la chambre d’un homme à une heure du matin, je me doute bien que ce n’est pas pour parler d’un rôle…  ».  Elle en appelle, non sans maladresse, à une vertu oubliée qu’on appelle le sens commun, qui s’instaure dans les relations humaines, loin des théories, et aux conventions que peuvent générer une civilisation où on considère que chacun – homme tant que femme – possède son libre arbitre. Effroyable à une époque où on cherche sans cesse des excuses et des pathologies pour infantiliser l’individu et ou on s’ingénie à rester au premier degré sur l’échelle de la subtilité.

Maïwenn refuse la victimisation

Nous sommes certes dans une société qui a le culte de l’administration et de la paperasserie, mais on ne va tout de même pas faire une lettre recommandée avec constat d’huissier pour demander à quelqu’un s’il veut bien coucher avec vous. Le contexte, les regards et les sous-entendus sont autant d’accords tacites qui, le plus souvent, en cas de malentendus, peuvent être conclus par un « non » et dans le meilleur des cas reconduits.
Mais surtout, le grand tort de Maïwenn est de ne pas jouer le jeu de ces féministes qui voient dans toutes les femmes des victimes, toutes sans exception, qu’elles aient du pouvoir où en soient dépourvues, et dans tous les hommes des coupables au nom d’une culture du viol séculaire, instituée par le joug masculin qui fait ainsi de tout rapport hétéronormé une agression.

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Dans leur propre code pénal, le regard est déjà qualifié de viol et le harcèlement sexuel intervient dès qu’on vous tient galamment la porte. Quant au monstre qui ose payer l’addition au restaurant, il n’est rien moins qu’un dangereux criminel à haut potentiel de récidive, fasciste de surcroît pour peu qu’il soit blanc et quinquagénaire. Les condamnations sont sévères et sans appel et le système de preuves basé sur la délation.

Un tel puritanisme est curieux, quand on songe que la culture progressiste des néoféministes encourage à célébrer et surtout mettre sous le nez de tout un chacun clitoris, vagin ou sang des règles dans les publicités ou l’art subventionné, prétendant ainsi défendre la cause des femmes. Exit le décolleté, les lèvres mordues ou les yeux de velours, c’est trop vulgaire. Désormais, l’esthétique est vulvaire.

“Beaucoup de femmes pensent comme moi”

Très curieusement, celles qui trouveront les propos de Maïwenn scandaleux sont restées silencieuses quand il s’est agi de défendre Mila menacée de mort pour blasphème et accessoirement copieusement insultée car lesbienne, les femmes harcelées à la Chapelle-Pajol, la jeune Bosniaque tondue ou les viols de Cologne. Leur cible est avant tout le patriarcat occidental incarné par la domination de l’homme blanc, mâle alpha et premier des porcs devant tous les pourceaux de la terre. Il piétine tout ce qui lui est étranger. Il est coupable, d’emblée coupable, forcement coupable.

Le filtre victimaire avec lequel les néoféministes envisagent la société épargne les hommes et les cultures qui ne sentent pas cette odeur rance et nauséabonde propre à l’occidental blanc et judéo-chrétien. Entre victimes d’une même domination, on peut même se tripoter n’en-veux-tu pas-en-voilà, ce n’est plus du viol mais la convergence des luttes. Une consolation qui n’a même pas amené un merci de la part des femmes violées et harcelées à leurs consœurs. Quelle ingratitude.

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Maïwenn l’assure et elle a raison: « Beaucoup de femmes pensent comme moi ». C’est une évidence mais la majorité silencieuse ne l’emporte pas et, en plus de déclencher un appareil juridique de plus en plus inquisiteur et liberticide, l’entrisme des associations féministes porteuses de cette idéologie dans les institutions publiques et leur complicité avec l’indigénisme contribuent à communautariser davantage la France. On traque, on flique et on censure.

Maïwenn avoue avoir renoué avec ses origines algériennes en demandant un passeport algérien et en vivant une partie du temps dans la patrie de son grand-père, ancien combattant auprès du FLN et récemment décédé. Ce retour aux sources, surtout pour elle, enfant abîmée par des parents qu’elle a jugés toxiques, un père violent et une mère obsédée par le succès qui la traînait sur les tournages, est peut-être à mettre en perspective avec ses prises de position d’un féminisme plus classique, qui ne refuse pas l’altérité hommes/femmes mais plutôt la cherche et l’encourage. « Plus un homme est viril, plus je me sens féminine ». On n’appartient jamais uniquement à soi-même. Si les hommes cèdaient totalement à l’émasculation qu’on leur impose, les femmes iront trouver – et c’est déjà le cas – auprès des hommes issus de cultures plus virilisées ce qui manque désormais à la nôtre, si couarde, en train de s’effilocher par la perte de ses repères et ses valeurs, par le renoncement, par la lâcheté et la soumission. Même si la fin du monde est peut-être proche, mesdames, continuez de rouler des hanches sur les trottoirs, larges ou pas. Elles ne passeront pas.

Sur Sud Radio, Elisabeth Lévy réagit aux déclarations de Roselyne Bachelot

 

Ces Français qui boycottent… la France

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Annus horribilis avait dit Elisabeth II à propos de l’année 1992. Que dire alors de 2020? À la sourde menace de la pandémie de coronavirus s’ajoutent une situation économique désastreuse, des problèmes sécuritaires majeurs et le spectre du danger islamiste. Comme si tout cela ne suffisait pas, la France se trouve aujourd’hui en guerre ouverte avec une partie de l’opinion publique islamique et arabophone mondiale qu’elle savait autrefois amadouer. Comment en sommes-nous arrivés là?


La France est-elle devenue une puissance musulmane ? De fait, nous hébergeons une importante communauté musulmane, parmi les plus puissantes en Occident. Une communauté qui n’a pas de voix consensuelles pour la guider, trop souvent attirée par l’étranger chez qui elle va chercher appui, soutien et moyens financiers. Depuis quelques jours, les tensions entre la France et certaines puissances musulmanes s’intensifient. Nous ne sommes pourtant pas seuls. Des nations de premier plan comme l’Égypte, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis ou le Bahreïn soutenant directement la France ou ne participant pas à la curée contre notre pays, visé en sa double qualité d’héritière des croisés et de fille de la Révolution de 1789.

Boycott contre la France: une « cinquième colonne » à l’œuvre

La campagne de boycott visant la France et ses exportations lancée par des activistes musulmans au Pakistan, au Koweït ou en Turquie n’est pas étrangère aux dernières inclinaisons prises par le gouvernement Castex qui a fait de la lutte contre le « séparatisme » l’un de ses objectifs politiques pour la fin du quinquennat, ni aux mesures légitimes de contre-attaque culturelle décidées après l’assassinat de Samuel Paty par un jeune réfugié tchétchène influencé par une cabale lancée par des parents d’élèves et complaisamment relayée par des associations menacées de dissolution ou des pages Facebook telle celle de la mosquée de Pantin en Seine-Saint-Denis.

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Les acteurs du monde associatif musulman liés à une partie de la gauche, souvent qualifiée d’ « islamo-gauchiste », ont choisi de dénoncer ce qu’ils qualifient d’ « islamophobie systémique », concept inspiré du « racisme systémique » forgé par les progressistes américains ou le Parti des Indigènes de la République d’Houria Bouteldja en France. L’appel au boycott des produits français a d’ailleurs été largement soutenu par des… Français. Le très suivi site « Dômes et Minarets » s’est ainsi fait le porte-voix des « musulmans opprimés » par la France, activant ses réseaux internationaux pour mettre la pression sur l’exécutif.

D’autres organes proches ont aussi témoigné de leur émoi. Marwann Muhammad du CCIF a par exemple déclaré : « C’est triste d’en arriver là, mais à force de cibler les musulmans sans cesse, la France se ridiculise une fois de plus à l’international. Cela cause du tort à son image, à son économie, sa diplomatie, et plus grave encore, sa crédibilité en matière de respect des droits humains ». Faisait-il référence, par opposition à la France, au Pakistan de l’ancien international de cricket Imran Khan semble-t-il très apprécié par Dômes et Minarets ? L’actuel premier ministre pakistanais a demandé que toute critique de l’islam soit interdite sur Facebook en plus de son soutien à l’appel au boycott des produits d’exportation français. 

pakistanRappelons que la législation pakistanaise relative au blasphème – héritée de l’Empire britannique qui entendait apaiser les relations entre les différentes communautés de la région en proscrivant tous les « blasphèmes » – est l’une des plus restrictives au monde depuis la réforme portée par le général Zia-Ul-Haq en 1977, conduisant chaque année à des exécutions d’innocents et d’immondes condamnations comme le montre le célèbre cas d’Asia Bibi. L’affaire Asia Bibi, du nom de cette chrétienne condamnée à mort pour un blasphème imaginaire, n’est d’ailleurs pas isolée. La Commission nationale pour la justice et la paix a estimé qu’entre 1987 et 2014, 633 musulmans, 494 ahmadis, 187 chrétiens et 21 hindous avaient été poursuivis pour blasphème.

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Au Pakistan, la réaction du gouvernement aux propos d’Emmanuel Macron voulant qu’en France le droit de caricaturer soit pleinement affirmé est logique, ce pays étant soumis aux réactions d’une population empreinte d’une religiosité confinant au fanatisme ainsi qu’à l’emprise des officiers de l’armée proches des mouvements islamistes. Idem au Koweït, seul pays au monde où les islamistes jouissent d’un pouvoir concret, salafistes et frères musulmans présents au Parlement bénéficiant d’une grande liberté de manœuvre. En Turquie, le président Erdogan exerce le pouvoir en bonne harmonie avec les Frères musulmans, infusant le nationalisme turc dans l’islam. Lui vise l’hégémonie régionale. Il est à prévoir que des manifestations et des débordements se produiront vendredi après la prière.

Le concept controversé d’islamophobie de nouveau instrumentalisé contre la France

Chez nous, la situation est très différente. Issu des courants fréristes via une personne comme Samy Debah son fondateur et président entre 2003 et 2017, proche des Indigènes de la République qui fut à deux doigts d’être élu maire de Garges-lès-Gonesse et qui durant son adolescence était prédicateur du Tabligh, le CCIF fait figure d’exception dans un paysage militant qui juge les Frères musulmans… trop peu radicaux. Dômes et Minarets ou l’association Barakacity qui a opéré en Syrie avec le soutien de la Turquie, avant que son fondateur Idriss Sihamedi n’en soit expulsé en 2019, sont en revanche plus proches du salafisme.

Si ces associations n’ont ni les mêmes objectifs ni exactement les mêmes racines idéologiques, elles ont toutes relayé la campagne de diffamation visant la France et ses intérêts avec le plus grand zèle. Financé par le projet HATEMER de l’Union européenne pour son action menée contre « l’islamophobie », le CCIF a utilisé un registre de langage comparable à celui employé par Erdogan, lequel établit un parallèle entre le sort des juifs d’Europe dans l’entre deux-guerres et celui que subirait aujourd’hui les musulmans vivant en Europe. Alors qu’on comprendra aisément les motivations du dirigeant turc quand il cible la France, moyen habile de mobiliser ses partisans et de se faire le champion de l’islam tout en faisant oublier que la livre turque s’enfonce dès qu’il prend la parole dans les grands débats internationaux, on s’interrogera sur l’opportunité pour ces mouvements fondés par des personnes de nationalité françaises de s’exposer de la sorte.

Ont-ils si peur de vivre dans un pays où ils ont tous les droits, hors celui de porter des burkas empêchant l’identification par les forces de l’ordre ? Il leur est simplement demandé de remplir leur devoir de citoyen en respectant le droit en vigueur.

La campagne de victimisation de ces officines est extrêmement dangereuse et pernicieuse car elle pousse des milliers, sinon des millions de personnes possédant la nationalité française à cracher sur le pays qui les nourrit et à se réjouir de dénaturer les relations commerciales, militaires et diplomatiques que la France entretient avec le monde musulman. Heureusement, quelques voix raisonnables se sont fait entendre en France, à l’image du recteur de la mosquée de Paris monsieur Chems-eddine. À l’étranger, la Ligue islamique mondiale a par la voix de son porte-parole fait savoir que « le prophète (était) trop grand et trop majestueux » pour être affecté par des caricatures. Le CFCM avait par la voix de monsieur Moussaoui tenté une approche consensuelle, avant de tenter une impossible synthèse : « Je pense que nous pouvons renoncer à certains droits [liberté de caricaturer] surtout par le devoir de responsabilité et de fraternité ». Détournez le regard si ça ne vous plaît pas. Se rend-il compte qu’il demande un privilège exorbitant et particulier qui n’est demandé par aucun autre culte ? Une telle position est intenable. Ce n’est pas possible.

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Les voix de la raison et de l’apaisement sont trop peu nombreuses. Tant de militants continuent de faire leur beurre sur une islamophobie totalement fantasmée et ont participé au dénigrement de la France dans le monde, ont utilisé toutes les ressources à leur disposition pour nous nuire. Et pourquoi ? Parce qu’un professeur a été assassiné ? Parce qu’un dessin vulgaire de Mahomet a été diffusé entre dix dessins sur Jésus et cinquante sur la classe politique française ?

Erdogan a indiqué vouloir accueillir tous les binationaux opprimés, voire tous les musulmans d’Europe subissant des « injustices ». Désormais, réfugiés radicalisés et mineurs non accompagnés auront un pays sûr pour être expulsés. Prenons-le au mot. Mettons-le face à ses mensonges. Ne cédons pas à ses provocations. Ici comme à l’extérieur, la France ne doit plus avoir peur d’affirmer ce qu’elle est. Elle en sortira grandie et ses relations diplomatiques renforcées. Ne nous leurrons pas, les caricatures ne sont qu’un prétexte pour des jeux diplomatiques troubles et rassurer les opinions publiques, occupant le rôle autrefois dévolu au conflit israélo-palestinien. De la même manière que la Turquie et le Pakistan sont des puissances souveraines, nous le sommes aussi. Ils sont, de fait, bien moins inquiétants pour notre pays que la cinquième colonne et ses supplétifs qui vivent sur notre territoire et constituent leur armée de réserve.

Exposition pour le bicentenaire de la disparition de Napoléon: aura-t-elle lieu?


Genre : masculin. Couleur : blanc. Tendance : hétérosexuel. Taille : 1m68. Profession : maître de l’Europe. Individu très dangereux. Neutralisé. Date de décès : 5 mai 1821. Affaire non classée. 


Napoléon Ier est mort il y a 199 ans, mais il fait encore peur à la République. Ce qui inquiète aujourd’hui en haut lieu n’est ni un possible remake des Cent Jours par un sosie en costume ni la candidature d’un descendant du roi de Rome à la présidentielle, mais l’exposition qui retracera la vie et l’œuvre de l’empereur à l’occasion du bicentenaire de sa disparition. Organisée par la Réunion des musées nationaux et le Grand Palais, prévue du 14 avril au 19 septembre 2021, à la Grande Halle de La Villette, elle doit pourtant faire événement.

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Si on ignore ce qu’on y verra, on sait que durant un an des régiments de conservateurs ont travaillé avec des divisions de commissaires, des bataillons d’experts et des brigades de collectionneurs pour présenter le Premier Empire sous son meilleur jour et dans sa « diversité ». Outre son art attestant de gloires incontestables, comment montrer aux visiteurs des événements vieux de deux siècles et leur permettre de comprendre un régime militaire qui, conduit par un empereur révolutionnaire, traça le cadre de notre société, ses routes et ses lois, légalisa le divorce, instaura la liberté de culte, favorisa les arts et abolit l’esclavage. Après l’avoir rétabli…

Napoléon persona non grata à cause de l’esclavage ?

Voilà ce qui fâche : la paix d’Amiens, signée par le Consulat en 1802, par laquelle l’abolition de l’esclavage, votée en 1794, est abrogée. Napoléon l’abolira de nouveau en 1815, mais ce n’est pas assez pour les associations et militants de la cause noire. C’est même ce qui devrait occulter toute son existence. Et comme la tendance est de ne pas fâcher, pas ceux-là du moins, ils ont été entendus cinq sur cinq par le ministère de la Culture. Roselyne Bachelot serait, semble-t-il, hostile à l’idée même de cette méga-exposition qui entre pourtant dans les clous de la définition du Petit Robert : « Action d’exposer, de mettre en vue […] explication et narration ». La trouille de la Rue de Valois de voir se télescoper l’agenda culturel et celui dicté par des vociférations enragées n’a pas encore contaminé les autres cabinets. Toutefois, un nouveau cycle de réunions et de négociations devrait permettre à la RMN et au Grand Palais de prouver leur engagement contre l’esclavage. Il se dit même que le dernier mot pourrait revenir à l’Élysée. Diantre !

Après le déboulonnage de la statue de Napoléon par la municipalité de Rouen façon The Square (film de Ruben Östlund, Palme d’or 2017), les bibelots de Joséphine et le trône de l’Empereur pourraient se retrouver sur le trottoir. Pour joindre le service des encombrants : paris.fr

Le CCIF étend ses activités à l’international

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Si des manifestants appellent au boycott de produits français dans les pays musulmans, et s’étranglent contre les propos d’Emmanuel Macron sur les caricatures, il ne faut pas sous-estimer les intenses campagnes dénigrant la France en Occident. Ces campagnes victimisent les musulmans et font la promotion d’un amalgame entre notre laïcité et « hate speech ».


Il serait dangereux de fermer les yeux sur les liens entre islamistes qui font fi des frontières. Le CCIF vient d’annoncer sa décision d’étendre ses activités à l’international pour s’assurer de la continuité de ses opérations et “protéger ses équipes”. Pendant que la colère populaire gronde contre Macron dans le monde arabo-musulman, on aurait tort de ne pas se pencher sur la fureur des islamistes occidentaux, certains très influents, qui vilipendent Macron de Londres à la Californie en passant par New York.  

Quoi que l’on pense du CCIF, complice aveugle de l’islamisme qu’il refuse de nommer ou “officine islamiste” selon Gerald Darmanin, une chose est sûre: il ne s’agit pas de modérés et leurs partisans ne le sont pas non plus.

Le CCIF trouve refuge à l’étranger

C’est sur le site islamiste britannique, 5Pillars, que le CCIF a annoncé son intention de poursuivre ses activités de l’étranger et d’y développer d’autres projets, notamment une unité de réponse juridique renforcée, un centre de recherche comprenant un centre de collecte de données, ainsi qu’un centre de production médiatique et culturel. Le CCIF y exprime également son espoir que ce projet servira à protéger les libertés fondamentales des communautés musulmanes en France.

Ces projets auront certainement un coût assez élevé, le CCIF bénéficie donc de généreux mécènes. Les islamistes anglo-saxons ne cessent d’exprimer leur soutien indéfectible à leur coterie française. Rien d’étonnant à ce que le CCIF, menacé de dissolution en France, décide de se réfugier à l’étranger où les islamistes condamnent furieusement Macron et la France elle-même et où le CCIF n’aura donc aucune peine à dénicher des alliés. 

Au Royaume-Uni, toujours dans le très peu respectable 5Pillars, c’était au tour de l’islamiste britannique Abdul Wahid, dirigeant de l’organisation islamiste Hizbut Tahrir, d’exprimer son point de vue dans un article plaisamment intitulé “Mais non, Monsieur Macron! Le problème est la laïcité et l’islam peut être la réponse.” Wahid y accuse Macron de colporter des sottises et en profite pour annoncer sa conférence qui se tiendra le 31 octobre.

En route vers le califat!

Le but de Hizbut Tahrir est de rétablir le califat; lors de cette conférence, Wahid compte démontrer que les idées et valeurs islamiques ne pourront être réalisées sans califat. Il a aussi la ferme intention de rappeler à ses coreligionnaires qu’établir l’islam en tant qu’autorité politique à un niveau national n’offre pas seulement une solution aux problèmes du monde musulman mais serait également un exemple pour l’humanité entière en démontrant que ce devrait être le cas au niveau international. 

Un peu plus à l’ouest, aux États- Unis, le Council on American-Islamic Relations (CAIR), fondé à l’origine pour poursuivre les objectifs des Frères Musulmans, se réclame, comme beaucoup d’organisations islamistes américaines, de la gauche. Contrairement à la confrérie aux branches étendues à travers le monde, CAIR a en grande partie abandonné ses ambitions religieuses pour se concentrer sur la politique: combat contre le racisme, contestation des politiques de Donald Trump concernant l’immigration, et lutte contre les incarcérations abusives. Ce qui, par ailleurs, ne l’empêche pas d’être dirigé par des antisémites dont la sympathie est réservée au Hamas. 

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Depuis le discours de Macron aux Mureaux, CAIR mène l’offensive contre la France. Le 22 octobre, CAIR appelait la U.S. Commission on International Religious Freedom (USCIRF) à enquêter sur le “châtiment collectif” que la France infligerait à sa communauté musulmane.

CAIR réprouve, bien sûr, la dissolution d’organisations considérées comme islamistes en France et se comporte à l’avenant. En effet, CAIR appelle aussi la USCIRF a s’opposer aux restrictions françaises en matière de liberté religieuse qu’il décrit comme des “politiques irrationnelles” et qui, selon lui, comprendrait le fait d’exclure de l’école les élèves portant croix, kippa ou hijab; d’interdire aux fonctionnaires de porter ces mêmes signes religieux ; et de criminaliser les niqabs et burqas tout en rendant le masque obligatoire. 

CAIR appelle même la USCIRF à ajouter la France a sa liste des pays particulièrement préoccupants en ce qui concerne la liberté religieuse. Pour avoir l’honneur douteux de se retrouver sur cette liste publiée chaque année, le pays en question doit avoir commis de sévères violations de la liberté de culte, parmi lesquelles : torture, traitement ou châtiment dégradant, détention prolongée sans chefs d’inculpation, enlèvement ou détention clandestine. CAIR voudrait donc voir la France sur le banc des accusés aux côtés de la Chine, du Burma, de la Corée du Nord, de l’Iran, du Pakistan, ou encore de l’Arabie Saoudite. Pays où la dissidence est souvent réprimée dans le sang et, dans le cas des trois derniers, ou le blasphème est sévèrement puni, parfois par la mort.

Le sort des musulmans français mis sur le même plan que les Ouïghours

Le sens de la mesure n’est pas davantage présent dans la lettre à l’USCRIF envoyée par le directeur de CAIR, Nihad Awad, où il semble prendre des intonations aiguës de tragédienne pour annoncer que la nation américaine ayant condamné la persécution des minorités musulmanes tel les Ouïghours en Chine et les Rohingya au Burma, elle devrait en faire de même pour la politique « anti-musulmane » de la France. 

Le 27 octobre, CAIR allait plus loin encore en déconseillant carrément aux musulmans américains de se rendre en France, évoquant la campagne islamophobe “hypocrite et dangereuse” qui s’en prendrait aux musulmans, mosquées et organisations islamiques. CAIR, n’ayant jamais peur d’en faire trop, brandit les restrictions françaises sur le port de signes religieux comme exemple du danger et des discriminations que subirait n’importe quel musulman Américain assez téméraire pour se rendre dans ce pays hostile.

Ces gémissements sont repris en chœur par les islamistes américains qui se déchirent régulièrement autour de la question LGBT ainsi que sur la Palestine. Ils se retrouvent, pour une fois, unis par leur haine de la laïcité.

Le célèbre imam Yasir Qadhi, adulé par certains en France, se prend pour une pythie et prédit qu’un temps viendra où la France n’existera plus mais l’héritage du prophète et l’amour que les musulmans portent à ce dernier, eux, perdureront alors que président français et sa nation seront relégués aux livres d’histoire. Qadhi a d’ailleurs rejoint Tariq Ramadan, désormais connu surtout pour l’amour qu’il porte aux liaisons extra-conjugales, pour discuter de la liberté d’expression. 

La France abriterait un satanisme pervers

Le salafiste Daniel Haqiqatjou, dont les articles sont régulièrement traduits vers le français par ses partisans francophones, ne décolère pas contre la France, ce qui l’a mené à des prises de positions quelque peu inattendues. En effet, lui qui considère que les chrétiens sont des mécréants et s’en prend violemment aux islamistes qui osent s’afficher à des événements avec eux, défend passionnément les prêtres assassinés lors de la révolution française “au nom de la Raison.”  Selon lui, la soif sanguinaire de la France continue à être inassouvie et le pays accueillerait en son sein un “satanisme pervers” qui se ferait passer pour la raison. 

Le Council for Social Justice de la ICNA, organisation proche du mouvement islamiste sud-asiatique Jamaat-e-Islami, proclame que les mesures de Macron ne se distingueraient aucunement des “délires fascistes de Marine Le Pen.”

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Hussam Ayloush, directeur de la branche californienne de CAIR, et éternel amoureux de Erdogan, semble passer ses journées à partager des articles maudissant Macron. Il annonce être même prêt à un sacrifice impressionnant: il ne mangera plus de fromages français jusqu’à ce que les dirigeants de l’Hexagone cessent de manquer de respect à l’islam. On regretterait presque qu’il se prive de ce plaisir qui aurait pu calmer l’agitation dont il fait preuve sur les réseaux sociaux où il assène un “ta gueule” se voulant magistral, au président Macron dont “l’hypocrisie” le rend malade.

Boycott des produits français

Tout ce petit monde disparate se rejoint sur l’essentiel: le boycott des produits français. Partageant à qui mieux mieux une liste de marques françaises accompagnées de leurs logos respectifs. Les islamistes américains rivalisent d’esprit guerrier en déclarant leur soutien corps et âme à cette révolte contre les produits tricolores, suppôts de la laïcité. On les imagine arpenter les allées du supermarché d’un pas martial, résistant au prix d’un effort surhumain à la tentation d’un paquet de biscuits LU ou d’un Babybel, se bouchant les oreilles pour se protéger des séduisantes sirènes du maquillage l’Oréal ou d’un shampoing Garnier; renonçant, la mort dans l’âme, à la volupté d’ouvrir un compte chez BNP Paribas.

Même si le CCIF est dissous en France comme le souhaitent certains, les problèmes ne s’arrêteront pas là. Partout en Occident, les islamistes crient leur haine à l’égard de la France, coupable à leurs yeux de refuser tout compromis et de hisser fermement l’étendard de la laïcité. Macron a l’intention de durcir les règles régissant les associations cultuelles et leurs entrées d’argent. Ce déferlement d’animosité provenant de toute part, y compris d’islamistes fortunés, confirme qu’il est impératif de se montrer intransigeant sur les financements provenant de l’étranger et atterrissant dans les caisses d’islamistes Français.

Cryogéniser la vie n’est pas assurer la santé!

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Le 28 octobre 2020 à la télévision, le président Macron a demandé aux Français de rester chez eux «a minima jusqu'au 1er décembre» pour faire face à la seconde vague de l'épidémie. © Thibault Camus/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22507372_000006.

 


Reconfinement. Emmanuel Macron dit vouloir faire passer la santé des Français avant toute chose. Or, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever…


La suppression des libertés individuelles doit être toujours équilibrée et justifiée par la finalité qu’elle poursuit, caractéristique de l’État de droit. Le nouveau confinement qui s’annonce est justifié par les autorités par l’urgence sanitaire. Autrement dit : conserver le maximum de citoyens en bonne santé, c’est-à-dire exempt d’une infection au Covid-19.

Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades

Pourtant, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever. Canguilhem, dans Le normal et le pathologique, inverse notre manière habituelle de concevoir la santé comme une « normalité » de la vie du corps. Nous pensons souvent qu’on est en bonne santé si l’on n’a ni fièvre, ni douleur, ni problème particulier. Or, Canguilhem affirme que la santé n’est pas réductible à n’être que le contraire de la maladie. Sinon, nous pourrions décrire comme étant en bonne santé le maladif, le chétif, l’individu vulnérable physiquement, même s’il n’est pas atteint d’une pathologie précise. Il est en réalité en sursis : la maladie n’est pas un évènement pour son organisme mais presque un état latent. Il est pour ainsi dire diminué, « rétréci » écrit Canguilhem. Nous voyons donc bien que la santé ne peut être décrite comme une simple conservation, une préservation d’un ordre immuable : cela ne se rencontre d’ailleurs jamais dans les individus vivants. C’est la différence que l’on pourrait ainsi noter entre l’objet, dont les possibilités d’état sont restreintes – il peut être cassé ou en bon état – et l’organisme qui est croissance perpétuelle, progrès, obstacle surmonté. Dans une conception de la vie que l’on pourrait qualifier de nietzschéenne, Canguilhem rappelle le phénomène qu’est le vivant comme ce qui établit en permanence de nouvelles normes. On pourrait l’illustrer de manière très concrète ainsi : une fois un virus surmonté, le corps n’est plus le même car il s’est immunisé contre ce dernier. Il est fondamentalement différent dans son ordre interne lequel est renforcé, mais aussi dans son rapport au vivant hors de lui. Les maladies infantiles n’inquiètent jamais pour cette raison : l’enfant a en lui toute la force vitale et les ressources d’un organisme sain pour surmonter des virus qui emporteraient en quelques heures une personne âgée ou adulte plus fragile. La robustesse de l’enfant n’est pas un statut quo, mais la capacité de tout traverser. Si la santé est donc un certain bon ordre du corps, ce n’est pas un ordre immuable que la maladie viendrait amoindrir, affaiblir, perturber. C’est plutôt un ordre que la maladie vient perturber parce qu’il doit être repensé et renforcé. L’homme en bonne santé est celui qui peut risquer de tomber malade, car précisément son organisme a la latitude de se renforcer grâce à la maladie.  

Le Covid ne tue pas aléatoirement

La santé est donc un état actuel du corps qui décrit sa capacité de surmonter la maladie plutôt qu’elle n’en serait le contraire. Elle ne peut être une justification ultime des décisions politiques.

Des contraintes ahurissantes pèsent sur les individus sans distinction dans cette crise « sanitaire ». Mais la santé de qui s’agit-il de « préserver » ? Si en mars, sans connaissances réelles de cette maladie, nous pouvions craindre une hécatombe digne de la grippe espagnole avec laquelle le Covid avait alors été comparé, il en est désormais tout autrement. Le Covid n’est pas non plus la peste bubonique, terrassant tous les individus sur son passage. Nous avons désormais des statistiques solides et éprouvées, du recul et des connaissances sur les victimes du Covid. Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades. Des individus qui n’ont déjà plus de santé, nous dit Canguilhem : ils ne peuvent plus risquer de rencontrer ce virus, leur corps n’ayant plus l’aptitude d’instaurer un nouveau système de norme pour s’en relever. Aucune mesure politique prise ne peut restaurer la santé ainsi comprise. Être confiné n’est pas rester en bonne santé, mais chercher à conserver une norme vitale précaire, quitte à cryogéniser le corps social. Le coût politique, économique, social du confinement n’est-il alors pas infiniment trop élevé pour le bénéfice qu’il envisage ? De plus, le choix n’est pas binaire : il ne s’agit pas de choisir entre la survie économique des bien portants et quelques années de vie supplémentaires pour des personnes déjà amoindries, mais de restaurer une authentique responsabilité individuelle. Autrement dit, laisser les individus prendre les risques et les précautions qui les concernent, en assumant que le service public hospitalier n’est pas sans limites.

Une jeunesse sacrifiée?

Car il n’y a pas que la vulnérabilité biologique. Comme le fait remarquer avec beaucoup de justesse Comte-Sponville dans une interview radiophonique récente sur Europe 1, il y a la vulnérabilité sociale, économique, qui est le propre de la jeunesse de 2020. Des jeunes gens sans bac ni examens réels, dont les diplômes seront donc sévèrement dévalués. Qui vivent des conditions d’études bien souvent difficiles ; dans des logements souvent exigus parfois vétustes, suivant leurs cours à distance – quand leur fac ou leur école est équipée suffisamment en termes numériques –  sans accès aux bibliothèques universitaires, sans certitude sur la tenue de leurs examens et encore moins sur leur valeur dans le futur. Que dire, également, des diplômés de juin 2020 sans espoir de trouver leur premier emploi dans la situation actuelle ? Une seule certitude leur est permise : la crise sera forte, et ce sera eux qui en feront les frais alors même que les principaux bénéfices de ces exigences sanitaires ne les concernent pas. Voilà des fragilités que le politique aurait le pouvoir d’amoindrir, alors qu’il est impuissant, de fait, face à ce qui régit le vivant. Il ne suffit pas au président de reconnaître qu’avoir 20 ans est difficile actuellement pour s’arroger le droit de demander à cette jeunesse tous les sacrifices. La crise économique sans précédent qui s’annonce créé des fragilités économiques et sociales évitables au profit de la conservation d’une fragilité biologique actuelle indépassable. 

Il n’y a pas de justice face au virus, certes, et on ne peut juger de la valeur d’une vie. La justice n’est pas qu’une norme idéale : elle doit être l’étalon permettant de mesurer et d’équilibrer les décisions politique au niveau général, en visant non l’égalité mais l’équité. En l’occurrence, n’est-il pas profondément injuste d’aggraver considérablement la situation économique et sociale du pays au profit de personnes qui n’auront pas à le relever ? 

Le normal et le pathologique

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Musulmans français, encore un (gros) effort vers l’assimilation!

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Mohamed Moussaoui © KENZO TRIBOUILLARD / AFP.

Le double discours des représentants du culte musulman trahit une réticence à l’assimilation


Vingt-quatre heures après avoir tenu des propos intolérables sur la liberté d’expression, Mohammed Moussaoui évoque une « maladresse ».

Pourtant, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a eu de longues minutes pour préciser sa pensée et l’étayer ; il ne s’agit donc pas exactement d’un « dérapage ». Ses déclarations sont dans la continuité du discours toléré par la France de la part de ses instances musulmanes, depuis plus de vingt ans.

L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches

« Il ne faudrait pas laisser s’installer l’idée que les musulmans de France sont provoqués par ce type de caricatures ». C’est en ces mots que le président du CFCM (Conseil français du culte musulman), haut représentant reçu lundi à l’Élysée par Emmanuel Macron et interlocuteur privilégié de l’État, analyse la montée des tensions entre la France et une partie du monde musulman. Mohammed Moussaoui en rajoute une couche ; par une pirouette douteuse, il explique que la censure doit s’exercer auprès des dessinateurs et autres blasphémateurs car, sinon, les caricatures pourraient être exploitées par les terroristes. Traduction : il ne faut pas froisser les ennemis de la République.

L’universitaire, par ailleurs décoré de la médaille de chevalier de l’ordre national du Mérite sous la mandature de François Hollande, enfonce le clou en estimant que « pour préserver l’ordre public, parfois on est obligés de renoncer à certains droits », avant de se lancer dans une comparaison hallucinante avec le Covid, qui « nous impose à tous des mesures de protection pour se protéger mutuellement ». Invoquant le « devoir de fraternité », il appelle à de la « pédagogie » des deux côtés, comme si les Français devaient prendre en compte la susceptibilité de ceux qu’ils caricaturent : irrésistible marche vers un affaiblissement – synonyme à terme de disparition – du droit au blasphème.

Marchandages et sempiternelles plaintes

Comment accueillir les regrets de Mohammed Moussaoui et admettre leur sincérité, quand l’association qu’il préside n’en est pas à son coup d’essai ? Au moment de l’affaire Mila, alors que la jeune femme croulait sous les menaces de mort, le délégué du CFCM Abdallah Zekri arguait qu’elle l’avait « cherché » et devait assumer. Quelques années avant l’attentat de Charlie Hebdo, Mohammed Moussaoui avait réagi, au nom des musulmans de France, à des caricatures publiées dans le journal satirique : « Il s’agit bien d’une intrusion agressive et gratuite dans les tréfonds de leurs sentiments religieux. Il s’agit d’une provocation ».

A lire aussi: La laïcité ne peut être aimée, si l’on n’a pas rendu aimable le pays qui l’a inventée

En remontant le temps, on observe qu’apparaissait déjà au moment de l’établissement d’un islam de France – ou plutôt durant sa genèse – une opposition à certains principes de notre société. En 1999, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur et désireux de structurer la deuxième religion du pays, soumit aux organisations islamiques un texte qui ne pouvait « faire l’objet d’une négociation ». Pourtant, les pouvoirs publics, à la demande de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) ont à l’époque amendé le texte.

Alors que le droit musulman prévoit la peine de mort pour l’apostasie –  châtiment présent dans la charia et les hadîths –, on peut lire sur ce rapport du Sénat que « ce texte est accepté mais au prix d’un compromis sur son contenu. La mention du droit de changer de religion est notamment retirée à la demande de l’UOIF ». La pusillanimité ne date donc pas d’hier.

L’islam politique ne sera jamais rassasié de nos compromissions

Il est totalement mensonger et malhonnête d’invoquer la liberté de croyance quand il n’y a rien de spirituel dans la démarche d’un islam politique. Ces revendications ne relèvent pas tant d’une sensibilité religieuse, que d’une orthopraxie dont une partie de nos compatriotes musulmans refusent de se distancer, faisant sans cesse référence dans leurs doléances aux textes et paroles de leur livre. La défaillance de la France dans l’application du principe de laïcité est actée à partir du moment où elle ne met pas les musulmans face à leurs responsabilités. Dans l’état actuel des choses, la voix des musulmans est inaudible, discordante, contradictoire. Leurs réponses quant à la compatibilité de l’islam avec les valeurs républicaines mettent chaque jour en lumière un schisme irréconciliable entre deux franges impossibles à quantifier – et parfois même à distinguer – : les musulmans de France, intégrés, républicains, et les adeptes d’un islam rigoriste.

L’expérience et le discernement nous indiquent que l’islam politique – qui est en soit un radicalisme – ne sera jamais rassasié de nos compromissions. Demain, nous ferons face à de nouvelles exigences, jérémiades et intimidations. L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches : il en est au contraire sorti renforcé, et nous menace aujourd’hui plus que jamais. Jean-Paul Sartre disait détester les victimes « quand elles respectent leur bourreau », et les islamistes partagent avec certitude ce sentiment. Les bougies, marches blanches, appels à ne pas stigmatiser et cœurs en papier mâché doivent urgemment faire place à l’élaboration d’un nouvel arsenal juridique, ferme et parfaitement applicable, afin de passer à l’offensive contre les ennemis de la France – seule issue pour que la peur change de camp.

Roule, Britannia!

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Image d’illustration des "Concerts Promenade". © Soleil

Le journal de l’ouvreuse


Un petit tour à Londres où le virus n’a rien pu contre les indestructibles « Concerts Promenade » (because le public peut rester debout) aussi appelés « Proms ». Festival produit par la BBC, qui dure deux mois et culmine chaque mi-septembre dans une orgie de tubes patriotiques, folkloriques ou classiques avec stars, foule et Union Jack en délire : « The last night of the Proms ».

Les "Proms" au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP
Les « Proms » au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP

Traditionnellement au programme de la dernière night : l’hymne officieux des Grands-Bretons, Rule, Britannia. Plusieurs fois menacé pour bellicisme, Rule, Britannia a encore perdu des points depuis le Brexit. Mais il tenait bon, et tous les étés finissaient au Royal Albert Hall sur l’air de « Règne, Britannia, règne sur les flots ». Quand mi-juillet trois indignés lancent une pétition. « Les paroles écrites en 1740 l’ont été pour un public différent du nôtre. De la même manière que nous réformons les statues et les monuments, nous devons réformer notre musique. Cet air est offensant. Nous vivons dans un monde multiculturel où les Vies Noires Importent, et ce message doit être aussi entendu en musique. » Black Lives Matter : merci aux gentils organisateurs d’interdire le méchant chant.

À lire aussi, François-Xavier Ajavon : La politique du socle vide

Everybody s’en cogne et une semaine plus tard la pétition n’a pas recueilli 200 signatures. Mais la BBC annonce que, pour ne pas insulter la mémoire de George Floyd, la « Last night » omettra Britannia. Le concert 2020 sera « un évènement inclusif et poignant ».

Boris Johnson monte au front

Indigné par la victoire des indignés, le camp adverse prend les armes. Le député Michael Fabricant trouve que « l’histoire de la Grande-Bretagne n’est pas si mauvaise, nous avons aboli l’esclavage en 1807 ». Et le prime Boris Johnson in person monte au front : « Je pense que ce pays traverse un orage national à propos de certaines choses, ces choses justement que d’autres à travers le monde aiment le plus chez nous. Ils aiment nos traditions et notre histoire avec toutes ses imperfections. Quelle folie de la censurer ! » Notre rôle ici-bas ? « Écrire le présent et non réécrire le passé. »

Réécrire, le verbe est mou. Rule, Britannia n’a carrément aucun rapport avec la Guyane ou le Nigéria. C’est une ode pour temps de guerre tirée d’un petit opéra composé en 1740 par un nommé Thomas Arne sur les paroles du poète écossais James Thomson. La pièce met en scène le roi anglo-saxon Alfred le Grand, vainqueur des Vikings en 878. Et il n’y est question d’esclavage que pour en dire le plus grand mal : « Britons never, never, never shall be slaves », les Britanniques ne seront jamais, jamais, jamais esclaves, et tant pis si leurs voisins « tombent aux mains des tyrans ». « Grand Dieu ! par des mains enchaînées / Nos fronts sous le joug se ploieraient, / De vils despotes deviendraient / Les maîtres de nos destinées ? », exactement pareil, et ça, c’est dans La Marseillaise. Rien à signaler, tous les pays ont leur péan.

Comme de nos jours le ridicule tue, la BBC a fait marche arrière. Au mois d’août, elle proposait que la dernière nuit des Proms garde son hymne, mais en version instrumentale, sans les paroles. Et finalement, le 12 septembre, un chœur distance-barriérisé dans un Royal Albert Hall vidé de son public, mais télédiffusé, a bien (et même très bien) chanté Rule, Britannia comme d’habitude. Sous la direction de l’Ukrainienne Dalia Stasevska. Blanche, la pauvre. Mais femme, c’est déjà ça.

Nice: Christian Estrosi dit que “tout doit être fait pour anéantir l’islamo-fascisme”

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Christian Estrosi entouré de sa police municipale, le 29 octobre 2020 à Nice. Source: Twitter de Christian Estrosi.

Suite à l’attaque islamiste et la mort de trois personnes dans la Basilique Notre-Dame-de-Nice, après des mots de compassion et de tristesse, Christian Estrosi a appelé à sortir des « lois de paix » pour vaincre le terrorisme. Il rencontrera Emmanuel Macron dans la journée.


Nice, ville martyre

“Une fois de plus c’est la barbarie islamiste qui frappe” a déploré Christian Estrosi aujourd’hui après l’assassinat de trois personnes dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption située en plein centre-ville de Nice. Un nouvel événement dramatique pour la ville, quatre ans après l’attentat au camion-bélier sur la promenade des Anglais qui avait fait 86 morts.

A lire ensuite: Que veulent les terroristes? Nous soumettre!

Le maire LR a d’abord eu des mots de compassion à l’égard des proches et des familles des victimes, ainsi que pour la communauté paroissiale de la basilique Notre-Dame de Nice. Lucide, il a déclaré : « Nous sommes en train de payer un tribut beaucoup trop lourd en étant une fois de plus victimes de l’islamo-fascisme. » C’est l’expression qu’il a choisi d’utiliser pour décrire le terrorisme islamique. Pour le maire niçois il n’y a pas un instant eu de doutes sur les motivations de l’attaque. Il assure avoir lui-même entendu l’assaillant répéter « Allah Akbar », « alors qu’il était médicalisé sur place ». Il a d’ores et déjà demandé que « toutes les églises soient mises sous surveillance ou fermées, ainsi que tous les autres lieux de culte de la ville ».

S’exonérer des lois de paix

L’ancien pilote de moto ne s’est pas contenté de nommer le problème et de rendre hommage aux victimes, aux policiers et aux personnels soignants. Il a tenu un discours énergique pour lutter contre l’islamisme.  Pour y parvenir, Christian Estrosi a appellé devant la presse la France à « s’exonérer des lois de la paix pour anéantir définitivement l’islamo-fascisme de notre territoire ». Le président Emmanuel Macron va se rendre à Nice et le rencontrera aujourd’hui. Les deux hommes parleront certainement du plan pour mettre un terme à ses attentats sanglants. 

A lire aussi: La légèreté criminelle du progressisme

Comme l’a rappelé l’abbé Grosjean sur Twitter après l’attaque : « Les fleurs et les bougies ne suffiront pas. » L’islamisme ne nous laisse aucun répit, reste à espérer que le gouvernement accélère son action pour l’arrêter.

Birmanie: retour à la dictature?

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La communauté Rakhine du Bangladesh a organisé une manifestation à Dhaka, contre les meurtres, les viols, les incendies criminels et autres crimes contre l'humanité dans l'Arakan du Myanmar (c) Sipa Shutterstock40797604_000007 / Revue Conflits.

Prenant prétexte de l’épidémie de Covid, qui touche très peu le pays, le gouvernement birman organise couvre-feu, fermetures des frontières et contrôles renforcés des territoires. Après cinq années d’ouverture relative, le pays connaît un raidissement politique qui ouvre la voie à un retour d’une dictature forte.


Après seulement cinq années d’ouverture, la Birmanie se referme à nouveau

Depuis le 31 mars 2020, les frontières terrestres internationales sont fermées, ne laissant transiter que les marchandises, légalement ou de manière interlope. Le trafic de drogue, dont la Birmanie est un grand producteur mondial (opium, héroïne et méthamphétamines) semble avoir même augmenté d’après les observateurs locaux. Les aéroports internationaux sont quasiment à l’arrêt, n’autorisant les entrées dans le pays seulement au compte goûte et sur autorisation exceptionnelle. Les trajets internes entre les villes et les régions ou États birmans sont aussi très restreints, soumis à autorisation spéciale et mesures de quarantaine.

Ces mesures drastiques sont catastrophiques pour une grande partie de la population. De nombreuses usines de textile fabriquant des vêtements pour de grandes marques occidentales ont fermé mettant à la rue des dizaines de milliers d’ouvriers. Privées de revenu des femmes se tournent vers la prostitution pour survivre et nourrir leur famille. Des cas de suicides ont aussi été révélés, souvent des pères de famille sans argent et désespérés. Dans les campagnes, n’ayant pas le droit de circuler pour aller sur les marchés, des agriculteurs voient leurs récoltes de fruits et légumes pourrir sur place. Des restrictions aux répercussions dramatiques dans un pays ou plus d’un tiers de la population vit avec moins d’un euro par jour.

Les groupes armés en Birmanie

Une population civile de plus en plus touchée par les conflits armés

Ce n’est pas le coronavirus qui tue, la Birmanie ayant un taux extrêmement faible de personnes infectées et hospitalisées (comme la majorité des pays d’Asie du Sud-Est). En revanche les opérations militaires de la Tadmadaw (l’Armée birmane) ont pris une ampleur et une violence qu’on ne connaissait plus depuis 2012, date des accords bilatéraux de cessez-le-feu avec plusieurs groupes armés.

Ce sont principalement dans les États d’Arakan, Nord Shan et Nord Karen où les troupes birmanes ont intensifié leur pression. Le plus gros des opérations a lieu en Arakan où l’Armée birmane poursuit son operation clearance (opération d’évacuation) selon les termes officiels du gouvernement. Démarrés à l’encontre de la minorité musulmane Rohingya en 2016, les efforts de la Tadmadaw se concentrent depuis deux ans sur l’ethnie bouddhiste arakanaise et son groupe armé l’Arakan Army (AA). Après de multiples revers face à cette armée de guérilla comptant des milliers d’hommes bien équipés et encadrés, les militaires birmans ont entrepris une véritable politique de la terre brûlée visant les populations civiles, bombardant et incendiant méthodiquement, en représailles, les villages se trouvant dans les zones rebelles.

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En octobre 2020, face aux effectifs importants de l’armée birmane dans la région, ainsi qu’à l’ampleur des combats, le gouvernement du Bangladesh voisin a ordonné la mobilisation de troupes, notamment de l’artillerie, pour sécuriser sa frontière.

Les villageois fuyant les combats se comptent par milliers, pris au piège dans une région à feu et à sang que le gouvernement a entièrement verrouillée pour cause de « risques sanitaires liés au Covid-19 ». Ces mesures sanitaires ont fini de couper l’Arakan du reste du monde, le gouvernement ayant déjà supprimé les connexions internet de plusieurs districts et complètement bridé le réseau dans le reste de l’État, rendant toute communication vers l’extérieur très difficile.

Les déclarations de l’OMS sur l’épidémie de Covid-19 sont donc tombées à pic, une grande partie des représentants étrangers des ONG, les diplomates, et les journalistes internationaux n’ayant plus accès au territoire birman, le pouvoir central a en quelque sorte les mains libres pour poursuivre sa politique de contrôle à l’égard des territoires ethniques sans risque d’ingérence occidentale dans ses conflits intranationaux.

À l’opposé de l’Arakan et du Bangladesh, à proximité de la frontière chinoise dans le Nord Shan, ce sont aussi plusieurs milliers de civils qui ont dû fuir les affrontements entre militaires birmans et l’un des principaux groupes armés du Shan (la RCSS-SSA[tooltips content= »Restoration Council of Shan State – Shan State Army ; cet important groupe armé contrôle majoritairement les territoires de l’Est du Shan proche de la frontière thaïlandaise. Il est l’héritier de la Mong Taï Army de Khun Sa, célèbre « Roi de l’Opium » du le Triangle d’Or de 1964 à 1996, date de sa reddition au pouvoir birman. »](1)[/tooltips]) depuis le mois de septembre. L’emploi d’hélicoptères effectuant des frappes sur les zones habitées indique le haut niveau d’intensité des combats dans cette région montagneuse stratégique traversée par la principale route reliant la Birmanie à la Chine.

L’agence birmane des Nations-Unies a publié un rapport alarmant indiquant que plus d’une centaine d’enfants ont été tués ou mutilés dans les combats menés par l’Armée birmane lors des trois premiers mois de l’année 2020. Les Nations-Unies ont aussi dénoncé l’utilisation des civils, en particulier des enfants, par l’Armée birmane dans ses opérations militaires, comme porteurs ou boucliers humains.

Les blessés par mines antipersonnel sont aussi nombreux et réguliers dans la population civile, le gouvernement birman étant l’unique gouvernement au monde qui produit et utilise ces engins explosifs sur son territoire[tooltips content= »En juillet 2020, en l’espace d’une dizaine de jours, 4 enfants sont tués et 13 autres mutilés par des engins explosifs dans les différentes régions en guerre. En 2019, pour la deuxième année consécutive, ICBL (International Campain to Ban Landmines) a établi le fait que la Birmanie est le seul pays au monde dont le gouvernement poursuit l’implantation de mines sur son territoire. »](2)[/tooltips].

L’émergence des partis ethniques, un danger pour le pouvoir central

En août 2020, dans l’État Karen, près de trois mille villageois se réunissaient afin de protester « contre l’occupation de leurs territoires par l’armée birmane, les exécutions de civils, les viols, la destruction de l’identité des peuples autochtones et de leurs territoires sauvages ». Ainsi, loin de parvenir à une unité de la population, l’alliance au pouvoir du parti démocratique d’Aung San Suu Kii et des militaires birmans a poussé les minorités ethniques à se regrouper autour de partis politiques représentants leurs identités respectives centrées sur leurs petits états nationaux (Karenni, Karen, Shan, Kachin, Arakan, Chin et Mon). Ces partis politiques se sont rapidement fait remarquer, palliant leurs faibles moyens financiers par un gros soutien populaire d’un électorat déçu par les échecs du parti démocrate.

Face à ces menaces électorales identitaires, le gouvernement a interdit de vote plusieurs régions en conflit. Ainsi, sont privés de scrutin la quasi-totalité de l’Arakan, le Nord Karen, Nord Shan ainsi qu’une grande partie du Kachin. Globalement toutes les zones connaissant des combats intenses et réguliers ainsi que les territoires indépendants contrôlés par les narcotrafiquants Wa et Kokang (USWA et MNDAA) dans l’Est du Shan.

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Privant de vote ces régions fortement hostiles au pouvoir central, le gouvernement s’assure de garder le pouvoir entre les mains du parti démocrate et leurs alliés de circonstance : les militaires. Ces derniers obtiennent d’office 25% des sièges parlementaires, et gardent le contrôle des ministères stratégiques (entre autres ceux de la défense et des frontières) selon la constitution de 2008 qu’ils ont eux-mêmes mis en place.

En rouge les régions où les scrutins électoraux ne sont plus assurés.

La République de l’Union du Myanmar fait l’unité contre elle

Les cinq années de gouvernance démocrate s’achèvent dans une crise économique terrible, on estime qu’un tiers de la population est retombée dans la pauvreté.

Concernant les conflits armés, le gouvernement s’est décrédibilisé, incapable de…

>>> Lire la fin de cette analyse géopolitique de la Birmanie de 2020 sur le site de la revue Conflits <<<

Philip Mansel, le biographe anglais de Louis XIV

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L'historien Philip Mansel © Hannah ASSOULINE

Philip Mansel revient sur le règne passionnant de Louis XIV. Dans Roi du monde, il dresse un portrait aussi novateur que singulier du Roi-Soleil. Lucien Rabouille l’a lu pour nous.


Le titre de Roi du monde n’échut pas à Louis XIV mais à la dernière biographie qui lui est consacrée. En lisant son auteur, Philip Mansel, on comprend que les ambitions du Roi ont été plus éclatantes que ses réussites. Sévère par son antiphrase, l’auteur l’est aussi dans ses jugements. Louis XIV aspira bien à la monarchie universelle. L’ambition du grand Roy excéda cependant l’étendue de son génie –  in fine celle de son empire.

Mansel est Anglais. Ajoutons qu’il est talentueux et caustique. Fidélité oblige, ses reproches convoquent parfois l’affectif. En protestant, il pleure l’édit de Nantes et la « tolérance » accordée aux huguenots français. Hypnotisé par Versailles, temple perpétuel à la gloire de son fondateur, il raconte avec délice l’art subtil de mener les hommes et observe leurs extravagances ; parfois leur écart au sens commun.

L’Anglais et le Roy

Déjà auteur d’une belle biographie du Prince de Ligne, on remarque avec bonheur qu’il n’a rien perdu de son style : classique et sérieux, il fourmille d’anecdotes et participe de la beauté du règne. La somme est ample, délayée comme une fine causerie aristocratique, tout anglaise dans ses rituels d’expression, son ironie et sa retenue. L’examen minutieux d’instants anodins, humains et royaux, dépaysera  certains lecteurs français ; habitués au mépris dans lequel le genre biographique a longtemps été tenu par notre Université. Comme pour les démentir, ces qualités  tiennent le texte éloigné de l’admiration béate ou de la critique tendancieuse. Et l’intelligence du propos lui autorise in fine l’ambivalence : admirable dans ses goûts et certains de ses choix, Louis XIV le fut aussi – et paradoxalement – dans ses erreurs et sa démesure. Le ton est étranger, comme son auteur, et même distancié alors que le dossier biographique est en France passionnel : avec F.Bluche faisant l’avocat passionné de la défense, D.Dessert le procureur sourcilleux et J.C Petitfils l’arbitre raisonné avec un opus admirable mais néanmoins admiratif.

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Pour éclairer ce phénomène, Mansel ne néglige ni l’intime ni la psychologie. On voit alors qu’une époque n’en fait pas une autre ; et l’élan vital de la couronne comme de la France louis-quarzienne surprennent. Enfant, son appétit vorace avait épuisé pas moins de huit nourrices. Chasseur et viandard, le roi est espiègle. Il « danse les folies d’Espagne jusqu’à l’épuisement ». Il travaille beaucoup, survit à la pression du pouvoir ou à une santé que dégrade l’infection des eaux stagnantes de Versailles ; plus tard remuées par le faste et les jets.

Si Versailles m’était compté…

Le château coûta et compta beaucoup. Peine perdue que le sage Colbert plaide « à maintes reprises auprès de lui, généralement en vain, pour qu’il fonde ses dépenses sur ses recettes plutôt que sur ses désirs. » Sur trois chapitres, l’auteur en détaille le faste sans en négliger l’utilité. Délaissant sa légende noire – la fameuse cage dorée d’une aristocratie « domestiquée » – Mansel en fait un instrument de prestige. Géopolitique d’abord, il jette un regard de diplomate assez neuf sur le joyau du patrimoine. Versailles fut « un hub » : ambassades du monde entier, merveilles d’Asie, du Maroc, des milliers de lettres qui partent et y arrivent chaque jour…

Dernière chance de renouvellement pour l’historiographie, l’approche internationale de Mansel est aussi une mode éditoriale vulgarisée par Patrick Boucheron. Pour y souscrire, l’auteur insiste sur l’étrange folie des grandeurs géopolitique qui saisit le Roy à partir de la décennie 1680. Malgré Colbert, malgré le bon sens, malgré les échecs et surtout aux frais de la princesse le Roi tente d’étendre son influence au Siam, en Asie, reçoit aussi des Marocains, s’implante en Amérique, se lie au grand Perse et surtout l’Empereur Ottoman avec lequel il défie Vienne et les Habsbourg. Les manœuvres échouent et lui aliènent même l’opinion catholique européenne qui ne s’amuse pas comme Molière avec Monsieur Jourdain de ses turqueries contre l’Autriche.

Il y eut bien des succès comme l’extension au nord et à l’est de frontières que nous avons faites naturelles car elles furent bien défendues (merci Vauban) ; mais ceux-là furent aussitôt suivis (et gâchés) par d’étranges offensives de mégalomanie.

Louis XIV. Wikipedia.
Louis XIV. Wikipedia.

Les turqueries du grand Roy  

Fidèle et tenace, sans doute aveugle, la France s’isolait de ses alliés alors qu’il soutenait tous les canards boiteux d’Europe : la Bavière, la Suède ou la couronne des Stuarts en exil alors que Mazarin et Richelieu avaient construit un système d’alliance redoutable. Artiste, Louis avait beaucoup sacrifié de sa popularité au caprice. Il fallait que l’honneur fut sauf et la geste emphatique : « pour Louis XIV comme pour nombre de ses contemporains, la guerre n’avait peut-être pas d’autre objet qu’elle-même. » Et notre Roy d’ajouter : « la gloire n’est pas une maîtresse qu’on puisse négliger. »

De manière dramatique « il  pâtit de son goût pour les apparences ». A Bruxelles, il ordonne « un beau feu » et la ville brûle. Le dégât du Palatinat sidère toute l’Europe. Laquelle se ligue pour empêcher Philippe V, son petit-fils, de monter sur le trône d’Espagne pendant la guerre qui devait décider de sa succession. Le continent semble triompher, alors que l’Etat manque de faire faillite, la France d’être envahie sans parler de la famine qui ampute son peuple amputé de deux millions d’âmes. Le tout pour une politique familiale assez éloignée des intérêts de la France, plus encore de l’esprit du temps. Dans le même temps, l’affrontement révèle les fragilités de l’État louis quatorzien incapable de mobiliser la richesse du pays quand l’Angleterre admit avec le parlement ses élites au cœur du pouvoir pour leur faire accepter l’effort de guerre. Au terme du règne, cette dernière comme l’Autriche sont installées dans un jeu européen que la France ne domine plus.

D’où vient alors que son nom inspire encore la gloire ? Pour répondre, Mansel change habilement d’échelle. Délaissant le macrocosme mondial, il revient au microcosme versaillais. Au plus près du Roi, il note qu’il fut jusqu’au bout admiré et craint. L’autorité qu’il inspirait ne fut pas seulement politique. Elle devient avec Mansel intime – presque secrète. Ce fut pour Louis une hygiène de vie. A tout moment, sa majesté l’exprime dans son portrait, son goût, son genre de vie, ses manières, son habitude ou même ses hochements de tête… Il dort peu, ne s’écoute jamais. Il sait aussi paraître. Même quand il est fiévreux, on remarque son énergie et sa force héroïque. Il voit aussi du pays, visite Nantes, Toulon, Dunkerque ou Saint-Jean-de-Luz. Tant de force impressionne et aussi séduit : « Sa chaleur, son charme, ses joies de vivre, que Saint Simon qualifiait de majesté et de grâce incomparables, renforçaient les pouvoirs sur lesquels la monarchie étaient assis ».

En 1709, au pire moment de la guerre et de l’hiver, Louis s’adresse à la nation. Le ton est pénitentiel, presque repentant. Les mots sonnent juste. La France se retrouve elle-même, écoute le Roy à son crépuscule et tend l’effort de guerre. Une paix honteuse est finalement évitée. Face à l’Europe coalisée, on salue le rebelle. On admire l’artiste. Et on s’incline aussi devant son biographe.

Louis XIV: Roi du monde

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Le blasphème de Maïwenn dans « Paris-Match »

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L'actrice et réalisatrice Maïwenn à Deauville, septembre 2020 © Loic VENANCE / AFP.

Maïwenn a blasphémé la religion du néoféminisme et ça ne passe pas


Interviewée par Paris-Match à l’occasion de la sortie de son nouveau film « ADN » où elle explore des thèmes qui lui sont chers, le retour aux origines et la quête d’identité, la réalisatrice a évoqué sa féminité, son rapport à la séduction et embrayé sur les féministes auxquelles son discours déplaît. « C’est fou ce que les féministes peuvent dire comme conneries. Elles n’aiment pas les hommes » dit-elle, avant de voler au secours de ces derniers : « Moi je suis pour dire aux hommes à quel point on les aime. Il faut arrêter de dire que ce sont tous des pervers ».

Roselyne Bachelot sommée de se positionner

Ses propos maintes fois repris et surtout réinterprétés à l’aune de l’idéologie victimaire en vogue ont suscité la haine des internautes, et même Roselyne Bachelot a été sommée de trancher sur ce sujet au micro d’Apolline de Malherbe. La ministre de la Culture, visiblement embarrassée, a refourgué comme alpha et oméga de sa pensée une phrase fourre-tout qui ne mange pas de pain : « Moi ce que je veux c’est combattre le sexisme ». Bien envoyé Rosie ! La faim dans le monde aussi peut-être, dans la foulée ? Et d’assurer ensuite qu’elle se serait elle aussi levée, « c’est sûr », comme Adèle Haenel, à l’annonce de l’attribution du César à Roman Polanski si elle avait été ministre de la Culture à l’époque.  On le sait, en 1945, tout le monde était résistant.

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La lecture de l’interview (et ses promesses de soufre) décevra le vrai amateur de scandales. N’y allez pas, on l’a survendue ! Les propos sont déformés. Non, Maïwenn n’encourage pas le viol et ne justifie pas le harcèlement quand elle déclare sans fausse pudeur qu’elle aime se faire draguer dans la rue : « Je ne me suis jamais sentie offensée parce qu’un homme portait un regard bestial sur moi. Au contraire, je prends ça comme un compliment ». Plaire et susciter le désir peut effectivement être exquis et fait partie du jeu éternel entre hommes et femmes, voire garantit leur égalité. Maïwenn fait ainsi écho à la tribune signée par cent femmes après l’affaire Weinstein, dont Catherine Deneuve revendiquant « le droit d’être importunée indispensable à une liberté sexuelle »

Maïwenn ne soutient pas Adèle Haenel 

Dire que Maïwenn soutient ou défend Polanski est une surinterprétation : « Polanski a reçu un prix pour un film formidable, où est le problème? On ne lui a pas non plus décerné un prix Nobel ! Adèle Haenel doit avoir un gros bobo quelque part pour être partie comme elle l’a fait. Le politiquement correct dans ce milieu, aujourd’hui, exige de se déclarer pour elle. Eh bien moi je ne le suis pas ! Toute cette clique de féministes n’a réussi qu’à faire du mal à la victime de Polanski qui, depuis quarante ans, ne demande qu’une chose : qu’on lui fiche la paix ! » Même si on peut déplorer l’emploi du terme « bobo » pour désigner les attouchements dont l’actrice aurait été victime dans son adolescence et regretter que Polanski n’ait malgré tout jamais eu à répondre de ses actes devant la justice, il n’en reste pas moins que Maïwenn se contente de souligner que c’est avant tout une œuvre qui était consacrée ce soir-là plutôt qu’un homme, d’autant plus – et elle est bien placée pour le savoir – qu’un film est aussi le fruit d’une équipe. Défendre une œuvre et défendre son auteur, ce n’est pas tout à fait la même chose, mais il est vrai que le sens de la nuance semble échapper cruellement aux jugements hâtifs de notre époque.

Le néoféminisme n’envisage la société que sous l’angle du combat entre deux haines supposées et fantasmées: la misandrie contre la misogynie, empruntant sa rhétorique aux thèses marxistes et indigénistes

Car cette tempête dans un verre d’eau en dit long sur la vacuité et la vanité du discours néoféministe et montre une fois de plus son imposture. Importé du monde anglo-saxon, ce féminisme radical ne cherche pas à valoriser les femmes mais bien à rabaisser les hommes. Il n’envisage la société que sous l’angle du combat entre deux haines supposées et fantasmées : la misandrie contre la misogynie, empruntant sa rhétorique aux thèses marxistes et indigénistes. Sa logorrhée indigeste s’accompagne d’une appropriation des codes masculins caricaturaux, où on trouvera par exemple le célèbre hirsutisme militant et combatif, un acte de bravoure qui consiste en l’exhibition de ses aisselles velues car, sachez-le, un poil qui pousse sous le bras, c’est un homme cisgenre qui meurt quelque part sur Terre ! Il faut en convenir, le combat est audacieux et ne manque pas de panache à l’heure où de pauvres filles à travers le monde – et aussi dans des quartiers en France – se battent ridiculement pour exiger le droit d’être regardées comme des êtres humains et même parfois – les gourdes – d’être regardées tout court !

La réalisatrice de l’excellent Polisse tacle ensuite les excès du mouvement #metoo et renvoie chacun à ses responsabilités : « moi, si j’accepte de me rendre dans la chambre d’un homme à une heure du matin, je me doute bien que ce n’est pas pour parler d’un rôle…  ».  Elle en appelle, non sans maladresse, à une vertu oubliée qu’on appelle le sens commun, qui s’instaure dans les relations humaines, loin des théories, et aux conventions que peuvent générer une civilisation où on considère que chacun – homme tant que femme – possède son libre arbitre. Effroyable à une époque où on cherche sans cesse des excuses et des pathologies pour infantiliser l’individu et ou on s’ingénie à rester au premier degré sur l’échelle de la subtilité.

Maïwenn refuse la victimisation

Nous sommes certes dans une société qui a le culte de l’administration et de la paperasserie, mais on ne va tout de même pas faire une lettre recommandée avec constat d’huissier pour demander à quelqu’un s’il veut bien coucher avec vous. Le contexte, les regards et les sous-entendus sont autant d’accords tacites qui, le plus souvent, en cas de malentendus, peuvent être conclus par un « non » et dans le meilleur des cas reconduits.
Mais surtout, le grand tort de Maïwenn est de ne pas jouer le jeu de ces féministes qui voient dans toutes les femmes des victimes, toutes sans exception, qu’elles aient du pouvoir où en soient dépourvues, et dans tous les hommes des coupables au nom d’une culture du viol séculaire, instituée par le joug masculin qui fait ainsi de tout rapport hétéronormé une agression.

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Dans leur propre code pénal, le regard est déjà qualifié de viol et le harcèlement sexuel intervient dès qu’on vous tient galamment la porte. Quant au monstre qui ose payer l’addition au restaurant, il n’est rien moins qu’un dangereux criminel à haut potentiel de récidive, fasciste de surcroît pour peu qu’il soit blanc et quinquagénaire. Les condamnations sont sévères et sans appel et le système de preuves basé sur la délation.

Un tel puritanisme est curieux, quand on songe que la culture progressiste des néoféministes encourage à célébrer et surtout mettre sous le nez de tout un chacun clitoris, vagin ou sang des règles dans les publicités ou l’art subventionné, prétendant ainsi défendre la cause des femmes. Exit le décolleté, les lèvres mordues ou les yeux de velours, c’est trop vulgaire. Désormais, l’esthétique est vulvaire.

“Beaucoup de femmes pensent comme moi”

Très curieusement, celles qui trouveront les propos de Maïwenn scandaleux sont restées silencieuses quand il s’est agi de défendre Mila menacée de mort pour blasphème et accessoirement copieusement insultée car lesbienne, les femmes harcelées à la Chapelle-Pajol, la jeune Bosniaque tondue ou les viols de Cologne. Leur cible est avant tout le patriarcat occidental incarné par la domination de l’homme blanc, mâle alpha et premier des porcs devant tous les pourceaux de la terre. Il piétine tout ce qui lui est étranger. Il est coupable, d’emblée coupable, forcement coupable.

Le filtre victimaire avec lequel les néoféministes envisagent la société épargne les hommes et les cultures qui ne sentent pas cette odeur rance et nauséabonde propre à l’occidental blanc et judéo-chrétien. Entre victimes d’une même domination, on peut même se tripoter n’en-veux-tu pas-en-voilà, ce n’est plus du viol mais la convergence des luttes. Une consolation qui n’a même pas amené un merci de la part des femmes violées et harcelées à leurs consœurs. Quelle ingratitude.

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Maïwenn l’assure et elle a raison: « Beaucoup de femmes pensent comme moi ». C’est une évidence mais la majorité silencieuse ne l’emporte pas et, en plus de déclencher un appareil juridique de plus en plus inquisiteur et liberticide, l’entrisme des associations féministes porteuses de cette idéologie dans les institutions publiques et leur complicité avec l’indigénisme contribuent à communautariser davantage la France. On traque, on flique et on censure.

Maïwenn avoue avoir renoué avec ses origines algériennes en demandant un passeport algérien et en vivant une partie du temps dans la patrie de son grand-père, ancien combattant auprès du FLN et récemment décédé. Ce retour aux sources, surtout pour elle, enfant abîmée par des parents qu’elle a jugés toxiques, un père violent et une mère obsédée par le succès qui la traînait sur les tournages, est peut-être à mettre en perspective avec ses prises de position d’un féminisme plus classique, qui ne refuse pas l’altérité hommes/femmes mais plutôt la cherche et l’encourage. « Plus un homme est viril, plus je me sens féminine ». On n’appartient jamais uniquement à soi-même. Si les hommes cèdaient totalement à l’émasculation qu’on leur impose, les femmes iront trouver – et c’est déjà le cas – auprès des hommes issus de cultures plus virilisées ce qui manque désormais à la nôtre, si couarde, en train de s’effilocher par la perte de ses repères et ses valeurs, par le renoncement, par la lâcheté et la soumission. Même si la fin du monde est peut-être proche, mesdames, continuez de rouler des hanches sur les trottoirs, larges ou pas. Elles ne passeront pas.

Sur Sud Radio, Elisabeth Lévy réagit aux déclarations de Roselyne Bachelot

 

Ces Français qui boycottent… la France

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Manifestations contre la France à Dhaka, Bangladesh, le 28 octobre 2020 © Suvra Kanti Das/Shutterstock/SIPA Numéro de reportage: Shutterstock40801396_000040.

Annus horribilis avait dit Elisabeth II à propos de l’année 1992. Que dire alors de 2020? À la sourde menace de la pandémie de coronavirus s’ajoutent une situation économique désastreuse, des problèmes sécuritaires majeurs et le spectre du danger islamiste. Comme si tout cela ne suffisait pas, la France se trouve aujourd’hui en guerre ouverte avec une partie de l’opinion publique islamique et arabophone mondiale qu’elle savait autrefois amadouer. Comment en sommes-nous arrivés là?


La France est-elle devenue une puissance musulmane ? De fait, nous hébergeons une importante communauté musulmane, parmi les plus puissantes en Occident. Une communauté qui n’a pas de voix consensuelles pour la guider, trop souvent attirée par l’étranger chez qui elle va chercher appui, soutien et moyens financiers. Depuis quelques jours, les tensions entre la France et certaines puissances musulmanes s’intensifient. Nous ne sommes pourtant pas seuls. Des nations de premier plan comme l’Égypte, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis ou le Bahreïn soutenant directement la France ou ne participant pas à la curée contre notre pays, visé en sa double qualité d’héritière des croisés et de fille de la Révolution de 1789.

Boycott contre la France: une « cinquième colonne » à l’œuvre

La campagne de boycott visant la France et ses exportations lancée par des activistes musulmans au Pakistan, au Koweït ou en Turquie n’est pas étrangère aux dernières inclinaisons prises par le gouvernement Castex qui a fait de la lutte contre le « séparatisme » l’un de ses objectifs politiques pour la fin du quinquennat, ni aux mesures légitimes de contre-attaque culturelle décidées après l’assassinat de Samuel Paty par un jeune réfugié tchétchène influencé par une cabale lancée par des parents d’élèves et complaisamment relayée par des associations menacées de dissolution ou des pages Facebook telle celle de la mosquée de Pantin en Seine-Saint-Denis.

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Les acteurs du monde associatif musulman liés à une partie de la gauche, souvent qualifiée d’ « islamo-gauchiste », ont choisi de dénoncer ce qu’ils qualifient d’ « islamophobie systémique », concept inspiré du « racisme systémique » forgé par les progressistes américains ou le Parti des Indigènes de la République d’Houria Bouteldja en France. L’appel au boycott des produits français a d’ailleurs été largement soutenu par des… Français. Le très suivi site « Dômes et Minarets » s’est ainsi fait le porte-voix des « musulmans opprimés » par la France, activant ses réseaux internationaux pour mettre la pression sur l’exécutif.

D’autres organes proches ont aussi témoigné de leur émoi. Marwann Muhammad du CCIF a par exemple déclaré : « C’est triste d’en arriver là, mais à force de cibler les musulmans sans cesse, la France se ridiculise une fois de plus à l’international. Cela cause du tort à son image, à son économie, sa diplomatie, et plus grave encore, sa crédibilité en matière de respect des droits humains ». Faisait-il référence, par opposition à la France, au Pakistan de l’ancien international de cricket Imran Khan semble-t-il très apprécié par Dômes et Minarets ? L’actuel premier ministre pakistanais a demandé que toute critique de l’islam soit interdite sur Facebook en plus de son soutien à l’appel au boycott des produits d’exportation français. 

pakistanRappelons que la législation pakistanaise relative au blasphème – héritée de l’Empire britannique qui entendait apaiser les relations entre les différentes communautés de la région en proscrivant tous les « blasphèmes » – est l’une des plus restrictives au monde depuis la réforme portée par le général Zia-Ul-Haq en 1977, conduisant chaque année à des exécutions d’innocents et d’immondes condamnations comme le montre le célèbre cas d’Asia Bibi. L’affaire Asia Bibi, du nom de cette chrétienne condamnée à mort pour un blasphème imaginaire, n’est d’ailleurs pas isolée. La Commission nationale pour la justice et la paix a estimé qu’entre 1987 et 2014, 633 musulmans, 494 ahmadis, 187 chrétiens et 21 hindous avaient été poursuivis pour blasphème.

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Au Pakistan, la réaction du gouvernement aux propos d’Emmanuel Macron voulant qu’en France le droit de caricaturer soit pleinement affirmé est logique, ce pays étant soumis aux réactions d’une population empreinte d’une religiosité confinant au fanatisme ainsi qu’à l’emprise des officiers de l’armée proches des mouvements islamistes. Idem au Koweït, seul pays au monde où les islamistes jouissent d’un pouvoir concret, salafistes et frères musulmans présents au Parlement bénéficiant d’une grande liberté de manœuvre. En Turquie, le président Erdogan exerce le pouvoir en bonne harmonie avec les Frères musulmans, infusant le nationalisme turc dans l’islam. Lui vise l’hégémonie régionale. Il est à prévoir que des manifestations et des débordements se produiront vendredi après la prière.

Le concept controversé d’islamophobie de nouveau instrumentalisé contre la France

Chez nous, la situation est très différente. Issu des courants fréristes via une personne comme Samy Debah son fondateur et président entre 2003 et 2017, proche des Indigènes de la République qui fut à deux doigts d’être élu maire de Garges-lès-Gonesse et qui durant son adolescence était prédicateur du Tabligh, le CCIF fait figure d’exception dans un paysage militant qui juge les Frères musulmans… trop peu radicaux. Dômes et Minarets ou l’association Barakacity qui a opéré en Syrie avec le soutien de la Turquie, avant que son fondateur Idriss Sihamedi n’en soit expulsé en 2019, sont en revanche plus proches du salafisme.

Si ces associations n’ont ni les mêmes objectifs ni exactement les mêmes racines idéologiques, elles ont toutes relayé la campagne de diffamation visant la France et ses intérêts avec le plus grand zèle. Financé par le projet HATEMER de l’Union européenne pour son action menée contre « l’islamophobie », le CCIF a utilisé un registre de langage comparable à celui employé par Erdogan, lequel établit un parallèle entre le sort des juifs d’Europe dans l’entre deux-guerres et celui que subirait aujourd’hui les musulmans vivant en Europe. Alors qu’on comprendra aisément les motivations du dirigeant turc quand il cible la France, moyen habile de mobiliser ses partisans et de se faire le champion de l’islam tout en faisant oublier que la livre turque s’enfonce dès qu’il prend la parole dans les grands débats internationaux, on s’interrogera sur l’opportunité pour ces mouvements fondés par des personnes de nationalité françaises de s’exposer de la sorte.

Ont-ils si peur de vivre dans un pays où ils ont tous les droits, hors celui de porter des burkas empêchant l’identification par les forces de l’ordre ? Il leur est simplement demandé de remplir leur devoir de citoyen en respectant le droit en vigueur.

La campagne de victimisation de ces officines est extrêmement dangereuse et pernicieuse car elle pousse des milliers, sinon des millions de personnes possédant la nationalité française à cracher sur le pays qui les nourrit et à se réjouir de dénaturer les relations commerciales, militaires et diplomatiques que la France entretient avec le monde musulman. Heureusement, quelques voix raisonnables se sont fait entendre en France, à l’image du recteur de la mosquée de Paris monsieur Chems-eddine. À l’étranger, la Ligue islamique mondiale a par la voix de son porte-parole fait savoir que « le prophète (était) trop grand et trop majestueux » pour être affecté par des caricatures. Le CFCM avait par la voix de monsieur Moussaoui tenté une approche consensuelle, avant de tenter une impossible synthèse : « Je pense que nous pouvons renoncer à certains droits [liberté de caricaturer] surtout par le devoir de responsabilité et de fraternité ». Détournez le regard si ça ne vous plaît pas. Se rend-il compte qu’il demande un privilège exorbitant et particulier qui n’est demandé par aucun autre culte ? Une telle position est intenable. Ce n’est pas possible.

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Les voix de la raison et de l’apaisement sont trop peu nombreuses. Tant de militants continuent de faire leur beurre sur une islamophobie totalement fantasmée et ont participé au dénigrement de la France dans le monde, ont utilisé toutes les ressources à leur disposition pour nous nuire. Et pourquoi ? Parce qu’un professeur a été assassiné ? Parce qu’un dessin vulgaire de Mahomet a été diffusé entre dix dessins sur Jésus et cinquante sur la classe politique française ?

Erdogan a indiqué vouloir accueillir tous les binationaux opprimés, voire tous les musulmans d’Europe subissant des « injustices ». Désormais, réfugiés radicalisés et mineurs non accompagnés auront un pays sûr pour être expulsés. Prenons-le au mot. Mettons-le face à ses mensonges. Ne cédons pas à ses provocations. Ici comme à l’extérieur, la France ne doit plus avoir peur d’affirmer ce qu’elle est. Elle en sortira grandie et ses relations diplomatiques renforcées. Ne nous leurrons pas, les caricatures ne sont qu’un prétexte pour des jeux diplomatiques troubles et rassurer les opinions publiques, occupant le rôle autrefois dévolu au conflit israélo-palestinien. De la même manière que la Turquie et le Pakistan sont des puissances souveraines, nous le sommes aussi. Ils sont, de fait, bien moins inquiétants pour notre pays que la cinquième colonne et ses supplétifs qui vivent sur notre territoire et constituent leur armée de réserve.

Exposition pour le bicentenaire de la disparition de Napoléon: aura-t-elle lieu?

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Napoléon Bonaparte, vers 1800.© Michel Bury

Genre : masculin. Couleur : blanc. Tendance : hétérosexuel. Taille : 1m68. Profession : maître de l’Europe. Individu très dangereux. Neutralisé. Date de décès : 5 mai 1821. Affaire non classée. 


Napoléon Ier est mort il y a 199 ans, mais il fait encore peur à la République. Ce qui inquiète aujourd’hui en haut lieu n’est ni un possible remake des Cent Jours par un sosie en costume ni la candidature d’un descendant du roi de Rome à la présidentielle, mais l’exposition qui retracera la vie et l’œuvre de l’empereur à l’occasion du bicentenaire de sa disparition. Organisée par la Réunion des musées nationaux et le Grand Palais, prévue du 14 avril au 19 septembre 2021, à la Grande Halle de La Villette, elle doit pourtant faire événement.

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Si on ignore ce qu’on y verra, on sait que durant un an des régiments de conservateurs ont travaillé avec des divisions de commissaires, des bataillons d’experts et des brigades de collectionneurs pour présenter le Premier Empire sous son meilleur jour et dans sa « diversité ». Outre son art attestant de gloires incontestables, comment montrer aux visiteurs des événements vieux de deux siècles et leur permettre de comprendre un régime militaire qui, conduit par un empereur révolutionnaire, traça le cadre de notre société, ses routes et ses lois, légalisa le divorce, instaura la liberté de culte, favorisa les arts et abolit l’esclavage. Après l’avoir rétabli…

Napoléon persona non grata à cause de l’esclavage ?

Voilà ce qui fâche : la paix d’Amiens, signée par le Consulat en 1802, par laquelle l’abolition de l’esclavage, votée en 1794, est abrogée. Napoléon l’abolira de nouveau en 1815, mais ce n’est pas assez pour les associations et militants de la cause noire. C’est même ce qui devrait occulter toute son existence. Et comme la tendance est de ne pas fâcher, pas ceux-là du moins, ils ont été entendus cinq sur cinq par le ministère de la Culture. Roselyne Bachelot serait, semble-t-il, hostile à l’idée même de cette méga-exposition qui entre pourtant dans les clous de la définition du Petit Robert : « Action d’exposer, de mettre en vue […] explication et narration ». La trouille de la Rue de Valois de voir se télescoper l’agenda culturel et celui dicté par des vociférations enragées n’a pas encore contaminé les autres cabinets. Toutefois, un nouveau cycle de réunions et de négociations devrait permettre à la RMN et au Grand Palais de prouver leur engagement contre l’esclavage. Il se dit même que le dernier mot pourrait revenir à l’Élysée. Diantre !

Après le déboulonnage de la statue de Napoléon par la municipalité de Rouen façon The Square (film de Ruben Östlund, Palme d’or 2017), les bibelots de Joséphine et le trône de l’Empereur pourraient se retrouver sur le trottoir. Pour joindre le service des encombrants : paris.fr

Le CCIF étend ses activités à l’international

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L'imam Yasir Qadhi, photographié ici au Texas en mai 2020, prédit que la France et sa laïcité seront relégués aux livres d’histoire © LM Otero/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22478160_000001

Si des manifestants appellent au boycott de produits français dans les pays musulmans, et s’étranglent contre les propos d’Emmanuel Macron sur les caricatures, il ne faut pas sous-estimer les intenses campagnes dénigrant la France en Occident. Ces campagnes victimisent les musulmans et font la promotion d’un amalgame entre notre laïcité et « hate speech ».


Il serait dangereux de fermer les yeux sur les liens entre islamistes qui font fi des frontières. Le CCIF vient d’annoncer sa décision d’étendre ses activités à l’international pour s’assurer de la continuité de ses opérations et “protéger ses équipes”. Pendant que la colère populaire gronde contre Macron dans le monde arabo-musulman, on aurait tort de ne pas se pencher sur la fureur des islamistes occidentaux, certains très influents, qui vilipendent Macron de Londres à la Californie en passant par New York.  

Quoi que l’on pense du CCIF, complice aveugle de l’islamisme qu’il refuse de nommer ou “officine islamiste” selon Gerald Darmanin, une chose est sûre: il ne s’agit pas de modérés et leurs partisans ne le sont pas non plus.

Le CCIF trouve refuge à l’étranger

C’est sur le site islamiste britannique, 5Pillars, que le CCIF a annoncé son intention de poursuivre ses activités de l’étranger et d’y développer d’autres projets, notamment une unité de réponse juridique renforcée, un centre de recherche comprenant un centre de collecte de données, ainsi qu’un centre de production médiatique et culturel. Le CCIF y exprime également son espoir que ce projet servira à protéger les libertés fondamentales des communautés musulmanes en France.

Ces projets auront certainement un coût assez élevé, le CCIF bénéficie donc de généreux mécènes. Les islamistes anglo-saxons ne cessent d’exprimer leur soutien indéfectible à leur coterie française. Rien d’étonnant à ce que le CCIF, menacé de dissolution en France, décide de se réfugier à l’étranger où les islamistes condamnent furieusement Macron et la France elle-même et où le CCIF n’aura donc aucune peine à dénicher des alliés. 

Au Royaume-Uni, toujours dans le très peu respectable 5Pillars, c’était au tour de l’islamiste britannique Abdul Wahid, dirigeant de l’organisation islamiste Hizbut Tahrir, d’exprimer son point de vue dans un article plaisamment intitulé “Mais non, Monsieur Macron! Le problème est la laïcité et l’islam peut être la réponse.” Wahid y accuse Macron de colporter des sottises et en profite pour annoncer sa conférence qui se tiendra le 31 octobre.

En route vers le califat!

Le but de Hizbut Tahrir est de rétablir le califat; lors de cette conférence, Wahid compte démontrer que les idées et valeurs islamiques ne pourront être réalisées sans califat. Il a aussi la ferme intention de rappeler à ses coreligionnaires qu’établir l’islam en tant qu’autorité politique à un niveau national n’offre pas seulement une solution aux problèmes du monde musulman mais serait également un exemple pour l’humanité entière en démontrant que ce devrait être le cas au niveau international. 

Un peu plus à l’ouest, aux États- Unis, le Council on American-Islamic Relations (CAIR), fondé à l’origine pour poursuivre les objectifs des Frères Musulmans, se réclame, comme beaucoup d’organisations islamistes américaines, de la gauche. Contrairement à la confrérie aux branches étendues à travers le monde, CAIR a en grande partie abandonné ses ambitions religieuses pour se concentrer sur la politique: combat contre le racisme, contestation des politiques de Donald Trump concernant l’immigration, et lutte contre les incarcérations abusives. Ce qui, par ailleurs, ne l’empêche pas d’être dirigé par des antisémites dont la sympathie est réservée au Hamas. 

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Depuis le discours de Macron aux Mureaux, CAIR mène l’offensive contre la France. Le 22 octobre, CAIR appelait la U.S. Commission on International Religious Freedom (USCIRF) à enquêter sur le “châtiment collectif” que la France infligerait à sa communauté musulmane.

CAIR réprouve, bien sûr, la dissolution d’organisations considérées comme islamistes en France et se comporte à l’avenant. En effet, CAIR appelle aussi la USCIRF a s’opposer aux restrictions françaises en matière de liberté religieuse qu’il décrit comme des “politiques irrationnelles” et qui, selon lui, comprendrait le fait d’exclure de l’école les élèves portant croix, kippa ou hijab; d’interdire aux fonctionnaires de porter ces mêmes signes religieux ; et de criminaliser les niqabs et burqas tout en rendant le masque obligatoire. 

CAIR appelle même la USCIRF à ajouter la France a sa liste des pays particulièrement préoccupants en ce qui concerne la liberté religieuse. Pour avoir l’honneur douteux de se retrouver sur cette liste publiée chaque année, le pays en question doit avoir commis de sévères violations de la liberté de culte, parmi lesquelles : torture, traitement ou châtiment dégradant, détention prolongée sans chefs d’inculpation, enlèvement ou détention clandestine. CAIR voudrait donc voir la France sur le banc des accusés aux côtés de la Chine, du Burma, de la Corée du Nord, de l’Iran, du Pakistan, ou encore de l’Arabie Saoudite. Pays où la dissidence est souvent réprimée dans le sang et, dans le cas des trois derniers, ou le blasphème est sévèrement puni, parfois par la mort.

Le sort des musulmans français mis sur le même plan que les Ouïghours

Le sens de la mesure n’est pas davantage présent dans la lettre à l’USCRIF envoyée par le directeur de CAIR, Nihad Awad, où il semble prendre des intonations aiguës de tragédienne pour annoncer que la nation américaine ayant condamné la persécution des minorités musulmanes tel les Ouïghours en Chine et les Rohingya au Burma, elle devrait en faire de même pour la politique « anti-musulmane » de la France. 

Le 27 octobre, CAIR allait plus loin encore en déconseillant carrément aux musulmans américains de se rendre en France, évoquant la campagne islamophobe “hypocrite et dangereuse” qui s’en prendrait aux musulmans, mosquées et organisations islamiques. CAIR, n’ayant jamais peur d’en faire trop, brandit les restrictions françaises sur le port de signes religieux comme exemple du danger et des discriminations que subirait n’importe quel musulman Américain assez téméraire pour se rendre dans ce pays hostile.

Ces gémissements sont repris en chœur par les islamistes américains qui se déchirent régulièrement autour de la question LGBT ainsi que sur la Palestine. Ils se retrouvent, pour une fois, unis par leur haine de la laïcité.

Le célèbre imam Yasir Qadhi, adulé par certains en France, se prend pour une pythie et prédit qu’un temps viendra où la France n’existera plus mais l’héritage du prophète et l’amour que les musulmans portent à ce dernier, eux, perdureront alors que président français et sa nation seront relégués aux livres d’histoire. Qadhi a d’ailleurs rejoint Tariq Ramadan, désormais connu surtout pour l’amour qu’il porte aux liaisons extra-conjugales, pour discuter de la liberté d’expression. 

La France abriterait un satanisme pervers

Le salafiste Daniel Haqiqatjou, dont les articles sont régulièrement traduits vers le français par ses partisans francophones, ne décolère pas contre la France, ce qui l’a mené à des prises de positions quelque peu inattendues. En effet, lui qui considère que les chrétiens sont des mécréants et s’en prend violemment aux islamistes qui osent s’afficher à des événements avec eux, défend passionnément les prêtres assassinés lors de la révolution française “au nom de la Raison.”  Selon lui, la soif sanguinaire de la France continue à être inassouvie et le pays accueillerait en son sein un “satanisme pervers” qui se ferait passer pour la raison. 

Le Council for Social Justice de la ICNA, organisation proche du mouvement islamiste sud-asiatique Jamaat-e-Islami, proclame que les mesures de Macron ne se distingueraient aucunement des “délires fascistes de Marine Le Pen.”

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Hussam Ayloush, directeur de la branche californienne de CAIR, et éternel amoureux de Erdogan, semble passer ses journées à partager des articles maudissant Macron. Il annonce être même prêt à un sacrifice impressionnant: il ne mangera plus de fromages français jusqu’à ce que les dirigeants de l’Hexagone cessent de manquer de respect à l’islam. On regretterait presque qu’il se prive de ce plaisir qui aurait pu calmer l’agitation dont il fait preuve sur les réseaux sociaux où il assène un “ta gueule” se voulant magistral, au président Macron dont “l’hypocrisie” le rend malade.

Boycott des produits français

Tout ce petit monde disparate se rejoint sur l’essentiel: le boycott des produits français. Partageant à qui mieux mieux une liste de marques françaises accompagnées de leurs logos respectifs. Les islamistes américains rivalisent d’esprit guerrier en déclarant leur soutien corps et âme à cette révolte contre les produits tricolores, suppôts de la laïcité. On les imagine arpenter les allées du supermarché d’un pas martial, résistant au prix d’un effort surhumain à la tentation d’un paquet de biscuits LU ou d’un Babybel, se bouchant les oreilles pour se protéger des séduisantes sirènes du maquillage l’Oréal ou d’un shampoing Garnier; renonçant, la mort dans l’âme, à la volupté d’ouvrir un compte chez BNP Paribas.

Même si le CCIF est dissous en France comme le souhaitent certains, les problèmes ne s’arrêteront pas là. Partout en Occident, les islamistes crient leur haine à l’égard de la France, coupable à leurs yeux de refuser tout compromis et de hisser fermement l’étendard de la laïcité. Macron a l’intention de durcir les règles régissant les associations cultuelles et leurs entrées d’argent. Ce déferlement d’animosité provenant de toute part, y compris d’islamistes fortunés, confirme qu’il est impératif de se montrer intransigeant sur les financements provenant de l’étranger et atterrissant dans les caisses d’islamistes Français.