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Après Conflans-Sainte-Honorine, la menace de l’escalade

Après Conflans-Sainte-Honorine, la menace de l’escalade
Des personnes se recueillent le 24 août 1955 devant les cercueils alignés des victimes de Philippeville, où plusieurs centaines d'Algériens indépendantistes ont déclenché le 20 août l'insurrection en attaquant des maisons d'Européens tuant au total une soixantaine de personnes, notamment des musulmans francophiles. © AFP PHOTO STF / INTERCONTINENTALE / AFP.

Conflans-Sainte-Honorine peut-il annoncer l’équivalent de la tragédie de Philippeville?


En août 1955, l’insurrection du FLN s’essoufflait et l’organisation indépendantiste redoutait que les avances faites par Jacques Soustelle, le gouverneur général de l’Algérie, ne rencontrent des échos favorables chez les insurgés. La direction du FLN décida alors de dresser un mur de sang entre pieds-noirs et musulmans.

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Plusieurs milliers de paysans munis d’armes blanches et encadrés par des moudjahidin armés de fusils attaquèrent des villages dans la région de Philippeville et égorgèrent des Européens et des notables pro-français. Les conditions des meurtres furent horribles, on fracassa le crâne d’enfants contre des murs, des femmes furent violées avant d’être coupées en morceaux. On tua un gamin devant sa mère et on replaça le petit cadavre dans le ventre de celle-ci après l’avoir éventrée. En représailles, des milices pieds noirs aidées par des unités spéciales de parachutistes et de légionnaires commirent des représailles atroces en exécutant entre 1500 et 3500 musulmans de plus de 14 ans. L’armée et le croiseur Montcalm bombardèrent les zones musulmanes suivant la doctrine de la responsabilité collective, en vigueur alors dans la doctrine coloniale. Ces massacres aveugles et injustifiables focalisèrent l’attention internationale sur le drame de l’Algérie. Le piège du FLN avait fonctionné : aucune paix de compromis n’était désormais possible, tant la haine était forte des deux côtés et les seules solutions étaient l’abandon de l’Algérie ou sa partition.

L’autre radicalisation

La décapitation de Samuel Paty peut rappeler les massacres de Philippeville. D’un côté, une partie des Français, révulsée par cette exécution sauvage, envisage des solutions extrêmes. Jamais les appels pour l’expulsion des musulmans n’ont été aussi nombreux sur les réseaux sociaux. La haine a fait un bond spectaculaire et le slogan « vous n’aurez pas ma haine » semble mièvre et dépassé.

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En écho à ces Français radicalisés, on trouve de l’autre côté des islamistes absolument indignés par les caricatures de Mahomet qui, par réaction au drame, fleurissent sur les réseaux sociaux ou seront diffusées prochainement par des enseignants solidaires de la victime. En effet, si une majorité de musulmans se contente de déplorer qu’on mette en avant ces dessins, blâme le professeur et est horrifiée par le meurtre, d’autres plus extrémistes voient dans l’action de M. Paty une véritable déclaration de guerre à l’islam. Représenter Mahomet nu est pour une minorité qu’il est malaisé de mesurer aussi grave (voire plus) que de décapiter un homme. Selon un sondage de 2017, 30% des musulmans sont favorables à l’instauration de la charia, qui prévoit la peine de mort pour blasphème.

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C’est dans ce terreau qu’on trouve les laudateurs de l’égorgeur. Il est difficile de dire combien ils sont, mais, comme 20% des moins de dix-huit ans sont musulmans, ils constituent un pourcentage significatif de notre jeunesse. Ils sont moins enclins que leurs aînés à faire des concessions. Ils veulent obliger la France à se plier à leurs coutumes et à tout accepter sans rechigner.

La pente de la soumission

Certes beaucoup de Français sont sur la pente de la soumission comme l’a si bien décrit Michel Houellebecq dans son roman éponyme. Hier ont fleuri nombre de commentaires du genre «  Ce professeur l’a bien cherché ». Pourtant, si un catholique avait égorgé Plantu pour son dessin montrant le Pape sodomisant un enfant de chœur, l’indignation aurait vraiment été générale. Pas là ! Un vaste marais est prêt à instaurer de jure ou de facto un délit de blasphème et à céder aux islamistes en France. On le voit bien avec le débat sur les certificats de virginité où circulent des arguments ahurissants : « Il ne faut pas les interdire, car ils donnent lieu à de belles fêtes familiales »…

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Néanmoins, une minorité de nos compatriotes veut résister, y compris par la force. Des violences pourraient-elles éclater ? Difficile de le dire, mais il faut espérer que non, car une intifada interminable provoquerait l’effondrement économique de la France sans résoudre aucun problème. Malheureusement, il suffit parfois de peu de choses pour que les événements se précipitent dans un sens ou dans un autre, et il suffit que dans chaque camp une minorité agissante souhaite le conflit pour que le drame éclate.

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