Si des manifestants appellent au boycott de produits français dans les pays musulmans, et s’étranglent contre les propos d’Emmanuel Macron sur les caricatures, il ne faut pas sous-estimer les intenses campagnes dénigrant la France en Occident. Ces campagnes victimisent les musulmans et font la promotion d’un amalgame entre notre laïcité et « hate speech ».


Il serait dangereux de fermer les yeux sur les liens entre islamistes qui font fi des frontières. Le CCIF vient d’annoncer sa décision d’étendre ses activités à l’international pour s’assurer de la continuité de ses opérations et “protéger ses équipes”. Pendant que la colère populaire gronde contre Macron dans le monde arabo-musulman, on aurait tort de ne pas se pencher sur la fureur des islamistes occidentaux, certains très influents, qui vilipendent Macron de Londres à la Californie en passant par New York.  

Quoi que l’on pense du CCIF, complice aveugle de l’islamisme qu’il refuse de nommer ou “officine islamiste” selon Gerald Darmanin, une chose est sûre: il ne s’agit pas de modérés et leurs partisans ne le sont pas non plus.

Le CCIF trouve refuge à l’étranger

C’est sur le site islamiste britannique, 5Pillars, que le CCIF a annoncé son intention de poursuivre ses activités de l’étranger et d’y développer d’autres projets, notamment une unité de réponse juridique renforcée, un centre de recherche comprenant un centre de collecte de données, ainsi qu’un centre de production médiatique et culturel. Le CCIF y exprime également son espoir que ce projet servira à protéger les libertés fondamentales des communautés musulmanes en France.

Ces projets auront certainement un coût assez élevé, le CCIF bénéficie donc de généreux mécènes. Les islamistes anglo-saxons ne cessent d’exprimer leur soutien indéfectible à leur coterie française. Rien d’étonnant à ce que le CCIF, menacé de dissolution en France, décide de se réfugier à l’étranger où les islamistes condamnent furieusement Macron et la France elle-même et où le CCIF n’aura donc aucune peine à dénicher des alliés. 

Au Royaume-Uni, toujours dans le très peu respectable 5Pillars, c’était au tour de l’islamiste britannique Abdul Wahid, dirigeant de l’organisation islamiste Hizbut Tahrir, d’exprimer son point de vue dans un article plaisamment intitulé “Mais non, Monsieur Macron! Le problème est la laïcité et l’islam peut être la réponse.” Wahid y accuse Macron de colporter des sottises et en profite pour annoncer sa conférence qui se tiendra le 31 octobre.

En route vers le califat!

Le but de Hizbut Tahrir est de rétablir le califat; lors de cette conférence, Wahid compte démontrer que les idées et valeurs islamiques ne pourront être réalisées sans califat. Il a aussi la ferme intention de rappeler à ses coreligionnaires qu’établir l’islam en tant qu’autorité politique à un niveau national n’offre pas seulement une solution aux problèmes du monde musulman mais serait également un exemple pour l’humanité entière en démontrant que ce devrait être le cas au niveau international. 

Un peu plus à l’ouest, aux États- Unis, le Council on American-Islamic Relations (CAIR), fondé à l’origine pour poursuivre les objectifs des Frères Musulmans, se réclame, comme beaucoup d’organisations islamistes américaines, de la gauche. Contrairement à la confrérie aux branches étendues à travers le monde, CAIR a en grande partie abandonné ses ambitions religieuses pour se concentrer sur la politique: combat contre le racisme, contestation des politiques de Donald Trump concernant l’immigration, et lutte contre les incarcérations abusives. Ce qui, par ailleurs, ne l’empêche pas d’être dirigé par des antisémites dont la sympathie est réservée au Hamas. 

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