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Des débats, mais vers le haut?

A Paris, Rachida Dati et Emmanuel Grégoire ont finalement accepté de débattre à la télévision dans l’entre deux tours. Si les journalistes de BFMTV nous ont présenté leur émission de mercredi comme un évènement extra et susceptible de rebattre les cartes, le citoyen passionné de politique est toujours déçu par ce genre de débats. Quant au citoyen que la politique n’intéresse que de loin, il verra bien dimanche ce qu’il décide de faire…


Pourquoi les citoyens passionnés de politique sont-ils, en général, déçus par les débats médiatiques ? En effet, je n’ai jamais entendu, dans mon environnement, qui que ce soit se féliciter d’une confrontation télévisuelle ou radiophonique après avoir écouté des responsables politiques de tous partis. La plupart du temps, on a droit à cette banalité: c’était nettement mieux avant ; les hommes et les femmes politiques avaient une autre allure, une autre culture et de la courtoisie. C’est sans doute vrai, même si, par contraste, on surestime la qualité d’hier. Pour ma part, je récuse ce pessimisme global qui voudrait, en permanence, nous faire tomber dans la dérision ou, pire, dans l’opprobre face à n’importe quelle joute médiatique, qu’elle soit bien ou mal maîtrisée par les journalistes qui la dirigent ou l’animent. Il me semble, au contraire, qu’on apprend toujours quelque chose d’un débat. Prenons l’exemple de celui, sur BFM TV, ayant opposé les trois candidats à la mairie de Paris pour l’élection du 22 mars. Je pourrais aisément généraliser, tant on retrouve souvent des frustrations et une aigreur identiques. Si le fond est rarement développé, d’autres leçons sont données aux citoyens. Certes, lorsque ceux-ci attendent de la précision, des détails sur les projets, ils sont fréquemment dans une vaine attente, parce qu’il est rare, dans une émission politique, de trouver satisfaction sur ce plan. D’abord parce que les journalistes ne posent pas forcément les bonnes questions ou que celles-ci sont trop longues – ils n’ont pas tous le même talent que Caroline Roux dans ce registre ! — , ensuite parce que les candidats préfèrent trop souvent se réfugier dans les banalités plutôt que d’affronter l’exposé précis de leur programme. À la suite de n’importe quelle confrontation – et, en ce sens, tous les débats nous élèvent -, on en apprend beaucoup sur le candidat ou la candidate, et sur les candidats entre eux, par une appréhension à la fois singulière et collective. La psychologie, le caractère, le tempérament, l’écoute, la politesse, la maîtrise de la parole, la capacité à laisser une place au contradicteur, une forme de respect pour ce qu’il y a de démocratique dans l’exercice constituent un formidable vivier où chaque citoyen peut puiser, au-delà de ses propres convictions, de quoi se faire une idée éclairée de celui ou celle qui le représentera s’il est élu. J’admets qu’on puisse se tromper dans cette vie prise de plein fouet, qui nous donne à voir, médiatiquement, ce qu’elle est : sa surface, ses ombres possibles, ses lumières indiscutables, son identité. Cette vision, d’une richesse inouïe, permet non pas de négliger le fond, mais de le mesurer – s’il a pu, ne serait-ce qu’un peu, être exprimé – à l’aune de l’être qui nous sollicite et cherche à nous convaincre qu’il est, de toute façon, le meilleur.

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Pour la mairie de Paris comme pour la future élection présidentielle, on en sait déjà long : en 2027, on ne sera pas à court de jugements ! Il faut avoir la passion d’écouter, de comprendre, avant de stigmatiser par principe.

Le citoyen, lui aussi, doit être à la hauteur…

Merah, quatorze ans après: l’impuissance érigée en politique

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On a un peu oublié la barbarie des attaques de l’islamiste Mohammed Merah à Toulouse. Ce midi, le député LFI François Piquemal, possible maire de la ville dimanche prochain, a été sifflé lors d’une commémoration. « Honte à vous Piquemal !« , « Dehors, LFI !« , « Antijuif !« , « Vous n’avez rien à faire ici, honte à vous le parti de l’islamisme ! » a-t-on notamment entendu, rapporte ICI. Lors du débat de hier soir, son rival Jean-Luc Moudenc lui avait demandé de se « distancier » des propos récents de M. Mélenchon « à la veille de cette journée funeste ». Face à l’islamisme, il faut tenir une ligne de fer dans la durée, affirme dans cette analyse Jean Messiha.


Quatorze ans ont passé, lourds comme un linceul, sur les tueries de Toulouse et Montauban. Nulle commémoration solennelle, nulle procession de ministres en deuil de façade. Seulement le silence embarrassé des puissants, des bougies éteintes depuis longtemps et des discours creux, quand ils existent, aussi vides que les serments d’un courtisan. Et pourtant, le diagnostic demeure, implacable comme la sentence de Camus : « Le fléau n’est pas une chose qui passe, c’est une chose qui reste. » Le terrorisme islamique réclame des réponses tranchantes, assumées, impitoyables. Pas de la tiédeur, de la mièvrerie, de la pusillanimité. « Le terrorisme est un crime qu’on ne peut excuser », tranchait Camus dans ses Actuelles. Nommer le monstre. Agir sans merci. Ou périr en souriant, tandis que le loup, repu, se lèche les babines. Voltaire l’avait déjà cloué : « Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion. »

Illumination perverse

Mars 2012. Toulouse. Montauban. En quelques jours d’une barbarie froide et calculée, Mohammed Merah, vingt-trois ans à peine, enfant des Izards à Toulouse, délinquant endurci passé du vol sordide à la kalachnikov djihadiste, se radicalise en prison comme un poison qui infuse lentement dans les veines d’un corps affaibli. « L’enfer, c’est les autres », murmurait Sartre ; pour Merah, l’enfer fut d’abord lui-même, puis les barreaux pénitentiaires complices – et surtout cette violence qui se drape toujours des fards avenants de la contre-violence, c’est-à-dire pour une riposte à la violence de l’autre, comme le diagnostiquait le philosophe dans sa Critique de la raison dialectique. Une résistance à une violence fantasmée qui légitime sa propre cruauté.

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Janvier 2008 : jeté en cellule pour un vol crapleux, il rumine son ressentiment. Puis vient l’illumination perverse. Extrait de sa prison pour une audience, il échappe miraculeusement à la justice des hommes. « Les gendarmes étaient à côté de leurs pompes… Cela fut pour moi une preuve d’Allah », avouera-t-il plus tard. Un Allah qui couvre le vol et le mensonge ? Peu importe. Sa conversion est fulgurante. Il dévore le Coran seul dans l’ombre de sa geôle, prie avec une ferveur nouvelle sous le regard indifférent des gardiens. Son frère Abdelkader (celui que le futur ex garde des sceaux Éric Dupond-Moretti se dira « fier » de défendre), salafiste fanatique surnommé « Ben Laden » dans le quartier, devient son guide invisible: visites répétées, livres empoisonnés, CD de haine, images de La Mecque pour nourrir la flamme. La prison, cette université du mal, transforme le voyou en guerrier de l’ombre. La radicalisation en prison, à l’époque, n’intéresse pas un système politique qui y voit un fantasme d’extrême-droite. Pas de surveillance digne de ce nom de ce phénomène pourtant inquiétant. Pas de déradicalisation, en dehors de stages bidons au cours desquels les radicalisés caressent des hamsters. Rien. Une fois dehors, le disciple file vers l’Orient: Égypte, Syrie, Liban, puis les camps de la mort en Afghanistan et au Pakistan. Stage chez les talibans et Al-Qaïda. Retour en France, fiché S depuis 2006, surveillé mollement, presque recruté comme indic. Il opère alors en artiste du néant: scooter volé, GoPro pour filmer ses massacres, armes froides et précises. Baudelaire l’avait pressenti : « Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan ». Dans le cas de Merah, Satan y a élu demeure et en monopole.

Prologue sanglant au terrorisme islamiste hexagonal

Le 11 mars 2012 à Toulouse, il attire Imad Ibn Ziaten dans un piège, l’abat d’une balle dans la tête en crachant sa haine. Le 15 mars à Montauban, il exécute froidement deux militaires devant un distributeur de billets. Le 19 mars, devant l’école Ozar Hatorah, il abat le rabbin Jonathan Sandler et ses deux petits garçons, puis poursuit la petite Myriam, huit ans, dans une course aussi insensée qu’impitoyable. Il finit par l’attraper par les cheveux, la soulever de terre et lui mettre une balle de 11.43 à bout touchant dans la tête. Sept âmes fauchées au nom de l’islam radical – cette peste qui rêve d’ériger un califat sur les ruines fumantes de notre civilisation crépusculaire.

Quatorze ans. Quatorze ans que ce sang crie dans le désert de notre mémoire. Et nos élites, de Sarkozy à Macron, n’ont rien vu, rien appris, rien changé. Merah n’était que le prologue sanglant. Vinrent les Kouachi, radicalisés dans les mêmes geôles, massacrant Charlie Hebdo ; Coulibaly, frère d’armes, égorgeant et rafalant dans l’Hyper Casher ; puis, le 13 novembre 2015, le Bataclan, le Stade de France, les terrasses: cent trente morts en une nuit de cauchemar. Tous issus des immigrations arabo-afro-islamiques et du même terreau idéologique antinational qui gangrène nos institutions : prisons pouponnières, fichés S négligés, voyages en terre de guerre tolérés, expulsions avortées dans les méandres judiciaires. Comme le fléau dans La Peste de Camus, le mal ne passe pas, il s’installe. Avant lui, Victor Hugo l’avait pourtant prophétisé : « Toutes les violences ont un lendemain. »

Pire : nous avons renoncé à la seule victoire possible, celle théorisée par Malraux quand il écrit : « la civilisation, c’est la violence maîtrisée, la victoire toujours inachevée sur l’agressivité du primate ». Quant à nous, nous avons choisi la défaite. « Appartenir à l’histoire, c’est appartenir à la haine », ajoutait-il. Et nous y sommes. Plongés jusqu’au cou.

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Nommer, ce n’est pas amalgamer: c’est disséquer avec précision. C’est séparer l’idéologie de mort de la foi sincère. Mais nos grands esprits tremblent. « Mal nommer un objet, ajoutait Camus, c’est ajouter au malheur de ce monde. » On préfère l’euphémisme lâche: « extrémisme violent », « déséquilibre psychiatrique » quand ce n’est pas « conséquence des injustices sociales et des inégalités ». Des voiles pudiques jetés sur la peste. Montaigne nous avait pourtant prévenus : « Qui ne voit pas la vérité, la déguise ». Et qui la déguise ne la voit pas venir et exploser sous nos yeux. Nommer ne suffit pas. Il faut agir. Agir, c’est appliquer les lois sans faiblesse. Agir, c’est expulser sans remords ceux qui ont trahi. Agir, c’est reprendre le contrôle de nos frontières et de nos prisons. Agir, c’est investir dans le renseignement véritable et non dans les prières laïques du « vivre-ensemble ». Agir, c’est enfin parler vrai, sans cette langue de bois qui dissout les responsabilités comme un acide lent.

Quatorze ans après Merah, la France n’a même plus la force… de faire des commémorations de pacotille. Il n’empêche. Les Français réclament cohérence, constance et courage. Protéger n’est pas pleurer. Protéger est choisir. Protéger est trancher. Protéger est tenir, dans la durée, une ligne de fer. Saint-Exupéry le disait avec la clarté des étoiles: « Être homme, c’est précisément être responsable. »

La mémoire des sept innocents l’exige. Elle nous somme de sortir des postures et surtout, des impostures. Et d’inscrire enfin l’action dans une stratégie implacable: identifier le mal, appliquer les règles, écraser la menace, tenir la ligne. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que le silence coupable des puissants cessera d’être une mascarade et deviendra le premier pas vers une France qui refuse de plier devant ses pires ennemis.

Dimanche, c’est à droite, toute!

Les trois candidats en lice pour la mairie de Paris ont débattu ensemble hier soir. Si Rachida Dati s’est montrée moins convaincante qu’espéré, elle a en revanche martelé un message clair : M. Grégoire et la municipalité sortante, en raison de leur défaillance dans la gestion des ressources humaines de l’encadrement périscolaire — défaillance ayant conduit à des abus sexuels sur des jeunes enfants — auraient dû être disqualifiés d’emblée dans un pays normal.


Le débat ne fut pas toujours aisé à suivre. Certaines réponses ne furent pas assez précises. Mais tout le monde convint que la dame en rose l’avait emporté haut la main dans le débat triangulaire opposant, hier 18 mars, sur BFMTV, les trois candidats à la mairie de Paris. Morceau de choix ! La dame en rose n’avait rien à perdre et tout à gagner. Aussi donna-t-elle des coups à son camarade de gauche, très à la peine, et marqua une complicité sur certains points avec Dati. Le champion de la gauche encaissa les coups venus de sa droite et ne trouva, à sa gauche, que des parades maladroites, comme tenter de faire monter les enchères lepéniste, homophobe, ou encore lancer une attaque personnelle à Dati. Quant à Rachida Dati, si elle n’a pas renversé la table et paru moins combative que d’habitude, pour ne pas paraître le bulldozer qu’elle est souvent, afin de ne pas effrayer ses électeurs, elle se montra volontaire, professionnelle, convaincue et rassurante. Mais il est regrettable de s’être défendue de recevoir les voix de Sarah Knafo avec qui elle dit avoir des points communs comme dix pour cent des Parisiens. N’aurait-elle pas, personnellement, avantage à rejeter ce prêt-à-porter de la pensée qui voit du fascisme partout, pour revenir au style haute couture auquel elle nous avait, jadis, habitués ?

Grégoire veut faire de Paris un HLM géant

Le programme des candidats est suffisamment connu pour qu’on y insiste ici. Suffit de dire que la gauche, toute la gauche, reste la gauche, en tout et pour tout. Aucune régulation annoncée du flux de migrants, 60.000 logements sociaux en plus, toujours plus de vélos. Qui croit encore en eux – les politiques ? Même Grégoire était à la peine faute de feu sacré : il est vrai que dix années passées avec Madame Hidalgo fatiguent son homme. Dati, elle, fut simple, nette et sobre sur les dossiers chauds de la capitale: immigration, sécurité et propreté de la ville, rétablissement de la circulation, rue de Rivoli, paquet mis sur les commerces de proximité, qualité de l’enseignement, réduction des dépenses. Certes, le soleil de Knafo manquait mais ce n’est peut-être qu’une éclipse momentanée. Dati fut surtout très ferme sur deux points : le dossier des migrants, les réfugiés de Barbès et du pont Jean-Jaurès, dénonçant avec force le déni de la gauche sur le sujet. Elle le fut aussi sur les dossiers scandaleux des abus sexuels sur les enfants dans le périscolaire, qui remontent à 2015 et que la gauche a négligés ! Problème systémique mis à jour voire réseau criminel ? Nouvelle affaire Bétharram ? Où scolariser son enfant en toute sécurité ? Telle est désormais la grande préoccupation des parents, dans notre capitale. Quel pavé dans les bottes de la gauche que ces scandales !

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Gagner le débat n’est pas gagner les élections. L’enjeu est historique. Il ne s’agit pas d’avoir des états d’âme, des valses hésitation, des pas de deux et trois ratés, des entrechats compliqués, des arrière-pensées, des pudeurs de violette ni de gazelle, des hauts-le cœur d’indignation, des reflux de moralité, des aigreurs, des seins qu’on ne saurait voir, des plus jamais ça qui tournent en eau de boudin et en alliances honteuses. Pas de lézard ! Dimanche, c’est à droite, toute ! Pareille opportunité ne se représentera plus de si tôt !

Union des droites contre RATP du vélo, choisis ton Paris !

Le problème est simple. Veut-on que Paris reste à gauche ou passe à droite ? Si c’est le cas, à droite, toute ! La vie politique ce n’est pas un coup d’éclat ni un coup de cœur. C’est un choix intelligent. Grégoire, « un maire fier et fiable » comme il se définit lui-même ? Allons donc ! Va-t-on rempiler dans des rues sans commerces, avec des mulots dans les jardins publics, avec une immigration incontrôlée, une enfance en insécurité, une dette exponentielle ? Des rues coupe-gorges ? Du trafic de drogue en bas de chez soi ? Pourquoi pas dans la cour de votre immeuble ?

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Le plat ne repassera pas deux fois. Dimanche, il faut voter, et bien. L’union des droites s’impose sans discussion aucune. Finie la guerre des chefs ! Finies les vieilles lunes : c’est Chikirou qui l’a dit ! Grégoire a tenté, en vain, de ramener l’ombre maléfique des années sombres de la France. Lui aussi, il faut qu’il prenne un bain de jouvence ! Mais le pompon revient à Chikirou et « sa politique du vélo » — mon ordinateur avait écrit « voile », j’ai dû corriger. Avez-vous remarqué, a dit la dame en rose, « la forte demande en vélos » de la capitale ? Non, j’avoue ne pas avoir vu « cette forte demande » autour de moi. Je pensais justement qu’on allait voir la fin des forêts de guidons qui défigurent nos rues, avec ces cyclistes casqués, branchés qui pédalent, pédalent, brûlent les feux rouges, fauchent les piétons sur les trottoirs et font des bras d’honneur à tous/ t/e/s. Eh bien, je me trompais ! La dame LFI – et avec elle la gauche écolo branchée de notre capitale qui broute la sarriette qu’elle fait pousser sur son balcon – propose une régie nouvelle du vélo ! Un service public du vélo ! Une école d’apprentissage du vélo ! Des cours de vélo ! Une clinique du vélo ! En un mot comme en dix, une démocratisation du vélo ! Vélos de tous les pays, unissez-vous !

Alors, dimanche, c’est à droite, toute !

🎙️Podcast: Trump et la fracture du mouvement MAGA

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Avec Harold Hyman et Jeremy Stubbs.


Le mouvement MAGA est en train de se fracturer : certains des influenceurs et des personnalités qui y jouent un rôle clé considèrent que, en déclenchant une guerre en Iran, Donald Trump a trahi sa promesse de ne pas intervenir militairement à grande échelle dans des conflits à l’étranger. Ils sont nombreux à inviter dans leur podcast ou talk show Joe Kent, qui a démissionné de son poste de directeur du Centre national de l’anti-terrorisme et qui prétend, à qui veut l’entendre, que l’Iran ne représentait pas une « menace imminente » pour les Etats-Unis.

Pourtant, Kent n’est pas un expert du renseignement international et son témoignage minimise la dimension nucléaire de la menace iranienne. D’ailleurs, les acteurs les plus influents du mouvement MAGA ignorent superbement la question, aussi actuelle qu’inquiétante, de la prolifération des armes nucléaires. Jusqu’à présent, l’Iran et la Corée du Nord travaillaient main dans la main pour développer une capacité nucléaire dont le reste du monde aurait tout à craindre.

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Donald Trump n’avait donc pas nécessairement tort de saisir cette opportunité pour neutraliser la menace iranienne. S’il lui sera difficile de mettre fin aux opérations militaires pour rentrer dans les bonnes grâces de ses électeurs à temps pour les élections législatives en novembre, ce ne sera pas nécessairement impossible.

Cinq pays européens – dont la France, le Royaume Uni, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas – ainsi que le Japon, viennent d’annoncer qu’ils sont prêts à contribuer à des efforts pour garder ouvert le détroit d’Ormuz. Ces alliés traditionnels des Etats-Unis s’étaient montrés jusqu’ici réticents à donner un coup de main à Donald Trump. Pourtant, l’Iran est leur ennemi aussi et, s’ils veulent faire baisser le prix du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL), ils ont intérêt à sécuriser les livraisons en provenance des pays du Golfe.

Oh non! Le capitalisme vous a volé votre sommeil

Un ethnographe rennais explique que dormir moins de sept heures est le fruit de l’aliénation voulue par le Grand Capital. Les chasseurs-cueilleurs tanzaniens, interrogés à ce sujet, ont déclaré ne pas bien comprendre.


Il dort six heures cinquante. C’est un Français moyen. Il ne le sait pas encore, mais il est victime du capitalisme. Heureusement, Romain Huët, maître de conférences à Rennes 2, est là pour le lui expliquer.

On politise tout, on nous dit rien

Dans un entretien accordé au site Reporterre — dont la ligne éditoriale pourrait se résumer à « il faut détruire le capitalisme pour sauver la planète » —, notre homme explique que la crise du sommeil n’est pas un problème d’hygiène de vie.

C’est un symptôme politique.

On croit naïvement se coucher tard parce qu’on regarde une série brésilienne.  On apprend en réalité que « le capitalisme produit l’épuisement, puis le recapte en lui vendant des solutions ». La tisane « Nuit tranquille » ? Un instrument d’oppression en sachet biodégradable ! La gélule de mélatonine ? Un ersatz de marxisme encapsulé ! Notre ethnographe diagnostique une vie « inexpressive » : le sentiment que toutes les puissances qu’on pourrait avoir sont empêchées de s’exprimer. Le scrolling illustre la thèse : c’est, nous dit-il en invoquant Deleuze, « le dernier verre de l’alcoolique ». On notera avec admiration que Deleuze, mort en 1995, a eu la prescience d’anticiper Tiktok. La conclusion s’impose : il faut « politiser l’épuisement ».

Car il est évident que le capitalisme est responsable de tous les maux de la planète: du réchauffement climatique, de la fonte des glaces, des violences conjugales et, désormais, des valises sous les yeux.

Les nobles âmes rêvaient : sauver le peuple de lui-même

Il serait pourtant injuste de railler sans mémoire.

Les grands patrons français n’ont pas fait preuve d’un enthousiasme excessif lors des « avancées sociales » conquises de haute lutte. Force est de reconnaître que le capitalisme n’est pas paré que de vertus. Les luttes sociales ne manquaient pas de noblesse dans les idées.

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Paul Lafargue réclamait en 1880 dans son Droit à la paresse le repos pour l’ouvrier pour lui permettre de « développer ses facultés intellectuelles ». Pour Jaurès, revendication sociale et exigence culturelle étaient liées. Les universités populaires du tournant du siècle incarnaient cet idéal avec une ferveur touchante. Leur lutte a payé. En 1830, les soyeux lyonnais travaillait entre soixante-quinze et quatre-vingts heures par semaine. Aujourd’hui, la durée légale française est de mille six cent sept heures annuelles. Robert Fogel, prix Nobel d’économie 1993, a calculé que le temps de loisir disponible sur une vie entière avait plus que triplé entre 1880 et 1995. Journée de huit heures en 1919, congés payés en 1936, trente-cinq heures en 2000 : déroute complète, historique et irréfutable du Grand Capital.

Mais quel est le bilan?

Surgit alors cette question vaguement inconfortable :

Qu’a-t-on fait du temps si chèrement conquis ?

L’ouvrier de Jaurès devait lire Montaigne, écouter Beethoven et faire partie d’un club de réflexion. Mais l’employé de 2025 passe cinq heures par jour devant la télévision (Médiamétrie, 2024), auxquelles s’ajoutent deux heures et demie sur les réseaux sociaux (We Are Social, 2024). Sept heures et demie de contemplation passive pour être aimable, de crétinisation digitale si l’on voit les choses en face.

Adorno avait tenté de résoudre ce paradoxe : les masses sont manipulées, leurs désirs fabriqués. Séduisant, mais condescendant : l’ouvrier qui préfère Koh-Lanta à La Nausée serait victime d’une mystification dont seul le sociologue de Rennes 2 perçoit la mécanique ?

Le divertissement passif est donc plus prisé que la culture active. Serait-ce nouveau? Pas vraiment : Aristophane se plaignait déjà du goût du peuple athénien pour les spectacles faciles. Si les gens préfèrent avaler du contenu plutôt qu’écouter des chants grégoriens, c’est leur choix le plus absolu : les deux leurs sont également accessibles. Le capitalisme n’a donc pas inventé la paresse intellectuelle. Il l’a seulement monétisée, avec l’opportunisme qui le caractérise.

Les Hadza dorment mal. Pourtant, ils n’ont pas la 5G

Une étude publiée dans Current Biology (Siegel et al., UCLA, 2015) a équipé d’actimètres trois populations de chasseurs-cueilleurs sans électricité : les Hadza de Tanzanie, les San du Botswana, les Chimané de Bolivie.

Résultat : ils dorment en moyenne six heures vingt-cinq minutes par nuit, soit moins que le Français épuisé par le capitalisme. Ils s’endorment trois heures après le coucher du soleil, se réveillent avant l’aube : ils ne dorment que six et demie.

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L’hypothèse popularisée par Matthew Walker (Pourquoi nous dormons, 2017), selon laquelle l’éclairage électrique serait le grand coupable de nos insomnies, se heurte à cette évidence : les Hadza ignorent les ampoules. Ils n’ont pas non plus sept heures de sommeil. Siegel propose une explication alternative : on s’endort quand la température ambiante baisse, on se réveille à son minimum. Si son analyse est juste, le remède n’est peut-être pas de renverser le capitalisme mais de baisser le chauffage. Solution économique, écologique et infiniment moins fatigante que la révolution.

Bilan : nous dormons autant que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs qui ignorent tout des vertus ou des affres du capitalisme. Le capitalisme ne nous vole pas notre temps. C’est nous qui lui en faisons cadeau. Mais rien n’empêchera Romain Huët, comme ses illustres prédécesseurs humanistes de se tromper de combat.

Le socialisme est pavé de bonnes intentions, c’est un recueil de bonnes idées qui ne marchent pas. Et si le capitalisme empêche de dormir, ce n’est pas toujours ceux que l’on croit. Jean de La Fontaine l’avait réglé en dix vers : le savetier chante, le financier ne dort plus.

Bonne nuit!

Le Droit à la paresse

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Pourquoi nous dormons

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LA DICTATURE DU CARBONE

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Sénégal-Maroc: le match de foot le plus long de l’histoire

Colère et stupéfaction au Sénégal. Deux mois après la finale, la Confédération africaine de football a retiré son titre aux lions sénégalais et attribué la victoire au Maroc. Le match avait basculé dans le chaos en fin de partie, un penalty ayant été accordé au Maroc après intervention de la VAR, peu après qu’un but sénégalais ait été annulé sans recours à cette même VAR, ce qui avait provoqué une forte contestation. En réaction, les joueurs sénégalais avaient quitté le terrain, tandis que des tensions éclataient dans le stade avec des supporteurs tentant d’entrer sur la pelouse, obligeant à une longue interruption avant la reprise du match.


Il y a, dans certaines décisions sportives, une portée qui dépasse largement le terrain. La Coupe d’Afrique des nations de football 2025 (CAN) en fait partie. Plus qu’une compétition, elle s’inscrit dans une logique d’affirmation continentale où le football devient un levier d’influence, un outil diplomatique et un marqueur de crédibilité pour les États comme pour les institutions qui l’organisent. La géopolitique du sport devient un enjeu central.

Le choix du Maroc comme pays hôte de la CAN 2025 n’était pas anodin. Il traduisait une ambition : celle d’inscrire le football africain dans une dynamique d’excellence organisationnelle et de visibilité internationale. Infrastructures modernisées, attractivité croissante, audiences en hausse, tout concourt désormais à repositionner la CAN comme un événement majeur du calendrier sportif mondial. Mais cette montée en puissance impose une contrepartie : celle d’un cadre clair, stable et respecté. Car à mesure que les enjeux grandissent, les marges d’approximation se réduisent. Le football africain ne peut plus se permettre les incertitudes qui ont longtemps nourri critiques et controverses…

L’obligation de se professionnaliser

C’est précisément dans cette perspective que la décision de la Confédération africaine de football (CAF) prend toute sa signification. En s’appuyant strictement sur le droit pour trancher une situation contestée, elle a opéré mardi un déplacement important: celui d’un système parfois perçu comme fluctuant vers une logique de prévisibilité et de cohérence.

Le cas du Sénégal illustre cette évolution. En ne respectant pas les règles, l’équipe s’expose à une sanction. Non pas parce qu’elle serait désignée comme fautive dans un rapport de force politique, mais parce qu’elle a enfreint un cadre connu. Ce point est essentiel : la légitimité d’une décision repose moins sur son acceptation immédiate que sur sa conformité aux règles établies.

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Cette approche peut déstabiliser à court terme. Elle bouscule des habitudes, des réflexes, parfois même des attentes. Mais elle s’inscrit dans une trajectoire plus large, comparable à d’autres évolutions du football mondial. L’introduction de la VAR, par exemple, a d’abord suscité scepticisme et critiques avant de s’imposer comme un outil structurant.

La décision de la CAF agit de la même manière. Elle ne se limite pas à régler un différend ponctuel: elle crée un précédent. Elle signifie que les comportements observés lors d’un match peuvent être réévalués à la lumière du droit, même après coup. Ce simple fait modifie en profondeur les incitations des acteurs.

Gagner en crédibilité internationale

Les pays africains ont pour ambition d’accueillir de plus en plus de compétitions internationales. Ce sera d’ailleurs le cas du Maroc pour la Coupe du monde de football de 2030. Pour ce faire, ils doivent affirmer leur crédibilité, que ce soit en matière d’organisation, de sécurité, d’accueil du public mais aussi de respect des règlements. La décision de la CAF s’inscrit dans ce contexte: démontrer que le football africain est mûr et répond aux standards internationaux, y compris dans le respect du règlement.

Reste une exigence à consolider: celle de la rapidité. Car si le droit gagne en importance, il doit aussi gagner en efficacité. Une décision juste mais tardive perd en lisibilité et alimente les contestations. L’enjeu pour les instances sera donc d’articuler rigueur juridique et réactivité. Donner une décision deux mois après la finale peut affaiblir la portée juridique. Mais dans d’autres sports, il n’est pas rare de voir des classements remis en cause quelques mois, voire quelques années plus tard. Que ce soit pour cause de dopage ou de tricherie avérée. C’est aussi une exigence pour la respectabilité du sport et son sérieux à long terme.

Ce qui se joue avec la CAN 2025 dépasse ainsi la seule compétition de football. C’est une transformation progressive de la gouvernance du football africain qui s’opère. Une transformation discrète, mais décisive, où le droit cesse d’être un simple cadre formel pour devenir un véritable instrument de crédibilité. Avec une volonté de se hisser, y compris au niveau juridique, au même niveau que les autres continents.

À mesure que le football africain s’affirme sur la scène internationale, cette évolution apparaît indispensable. Car sans règles claires et appliquées, il ne peut y avoir ni confiance durable, ni reconnaissance pleine et entière. En ce sens, la décision prise mardi trace déjà les contours du football africain de demain.

🎙️ Atlanti’Causeur: ni pour, ni contre, bien au contraire !

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Élisabeth Lévy (Causeur) et Jean-Sébastien Ferjou (Atlantico) débattent de l’actualité de la semaine. Une discussion toujours franche, jamais froide, parfois féroce. Sans langue de bois ni sujets tabou, ces deux-là ne sont pas toujours d’accord et ne se l’envoient pas dire !


Au menu de l’émission: une Élisabeth Lévy déprimée par la poussée insoumise, un Jean-Sébastien Ferjou qui tente de la rassurer — ou, à défaut, de « changer la nature de sa dépression ». Au fil des municipales, c’est toute la mécanique politique française qui est passée au crible par la directrice de Causeur et le directeur d’Atlantico dans ce nouvel épisode. Ecoutez ! 👇

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Qui méritera le tableau d’honneur?

Les petits arrangements honteux pendant l’entre-deux-tours des élections municipales sont observés avec gourmandise par les spécialistes de la politique, mais dégoutent les citoyens ordinaires.


On n’a jamais connu d’élections municipales aussi passionnantes, sur le plan tactique et en matière d’alliances, entre les deux tours. En effet, il est intéressant de voir combien certains des pronostics les plus pessimistes sur la morale des responsables politiques se sont révélés exacts. Je me souviens d’échanges bien antérieurs où l’on n’osait pas imaginer que la profonde fracture entre les socialistes et les écologistes, d’un côté, et les Insoumis, de l’autre — à cause de l’antisémitisme imputé à Jean-Luc Mélenchon, diaboliquement habile dans sa manière de laisser entendre sans jamais dire vraiment — serait comblée. Cette opposition, de nature éthique, paraissait tellement plus importante que les discordes partisanes et laissait espérer, dans la confrontation à venir, un dissentiment durable. D’autres voix, il est vrai, traitaient ces optimistes de naïfs et, avec une sorte de sagesse résignée, présumaient le pire ainsi que le retour, lors des élections municipales, de reniements quasiment obligatoires. Comme si l’éthique était impossible en politique et comme si les accords nationaux proclamant haut et fort le refus des alliances délétères n’étaient qu’une promesse creuse destinée à couvrir les multiples alliances et complicités du terrain.

Quelle indignité !

Sans l’ombre d’une hésitation, sans même chercher à donner le change, beaucoup de socialistes, stimulés seulement par l’enjeu municipal, ont non seulement voulu sauver leur mise en feignant de ne se livrer qu’à des processus techniques, alors même que ceux-ci constituaient un abandon moral et politique, mais ont parfois accepté, sans frémir, de laisser LFI en première ligne, comme à Toulouse par exemple, ou de la rejoindre sans vergogne comme à Nantes. Face à ce cataclysme qui a indigné beaucoup de citoyens, parce qu’il dépassait les facilités et les contradictions quasiment consubstantielles aux affrontements partisans, on a entendu Olivier Faure, volontiers donneur de leçons… pour les autres, approuver la multitude de ces trahisons et ajouter, à une réalité déjà scandaleuse, l’aval d’une autorité dont on attendait rigueur et constance. Quelle lamentable déconvenue républicaine !

Il faut porter, au crédit de Jean-Luc Mélenchon, une impitoyable et sarcastique lucidité sur les socialistes, « des combinards qu’on pourrait acheter pour pas cher pour le second tour », et dont la fermeté affichée sur un accord national n’était destinée qu’à permettre une multitude de reniements à la base et sur le terrain. Il avait vu juste, dans son discours du 4 mars à Bondy, et avait anticipé, dans le détail, ce que serait la déroute socialiste, à son seul bénéfice, aussi bien sur le plan des conquêtes que pour une restauration symbolique.

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Il est navrant — on a le droit d’observer ailleurs que dans son camp — de ne pas avoir entendu davantage la voix de l’ancien président François Hollande, qui affirme plus volontiers ses principes et ses lignes rouges sur le plan médiatique que concrètement dans le débat public. À ma connaissance, il n’a rien dit pour dénoncer avec force et clarté ces « accords de la honte », selon une expression émanant non seulement des adversaires du Parti socialiste, mais aussi de certains socialistes eux-mêmes, notamment — et avec quelle netteté — Jérôme Guedj. Ce qui démontre qu’il ne faut jamais totalement désespérer.

Au risque de me faire désavouer par tous ceux qui confondent la vie politique avec la guerre civile, il y a eu, chez les socialistes, des personnalités qui ont tenu et qui méritent le tableau d’honneur, aussi bien à Paris et à Marseille que dans d’autres municipalités moins connues. Quelques fidélités à des engagements ont projeté une éclatante lumière dans un monde qui, depuis quelques jours, n’a pas brillé par son intégrité.

Dati traite mal Knafo

Mon appréciation positive du respect de l’éthique par quelques-uns n’a rigoureusement rien à voir avec une quelconque adhésion politique ; mais, pour ma part, dans une démocratie malade, je ne me paierai jamais le luxe de demeurer indifférent à des comportements qui rassurent et battent en brèche un pessimisme qui trouve, par ailleurs, tellement de justifications. On me pardonnera de constater l’effet délétère des dérives socialistes sur les attitudes et les positions de la droite républicaine. Je n’évoquerai pas la manière, à mon sens méprisante, dont on a évoqué Sarah Knafo, son score et les citoyens qui l’ont soutenue. Pour être en opposition politique, on n’est pas obligé de la traiter, elle et ses partisans, comme s’ils étaient le diable.

Je crains cette propension du camp conservateur — depuis le 17 mars à 18 heures, tout est fixé, figé — à s’être tellement persuadé qu’il fallait être irréprochable, contrairement aux socialistes, qu’il a accepté trop facilement, trop paresseusement, le grief d’une prétendue similitude entre LFI et le Rassemblement national, alors qu’elle n’est pas pertinente: une majorité de citoyens, dans les enquêtes d’opinion, ont choisi leur danger, sinon exclusif, du moins largement prioritaire : LFI. Le comportement du RN, dans tous les lieux où la République se déploie, jusqu’à nouvel ordre, n’a rien qui puisse lui être reproché, sauf à confondre la contradiction politique avec l’opprobre moral, ce qui facilite les dénonciations mais ne convainc personne. La conséquence en est que, là où les socialistes ont eu immédiatement le front de s’allier avec LFI pour battre la droite et le centre, ces derniers ont eu des pudeurs de chaisière pour ne pas aller au bout de leur envie de faire perdre la gauche et l’extrême gauche. Cette droite n’est de loin pas la plus bête du monde, mais en tout cas la moins réaliste. Elle n’aurait pas perdu son âme, mais aurait permis à des municipalités de mieux se porter demain !

Le tableau d’honneur n’est pas très rempli. J’ose espérer que dimanche prochain, le 22 mars, ceux qui s’y trouvent seront au moins récompensés.

Saint-Denis, nécropole électorale d’une certaine France?

Parce qu’une journaliste de BFMTV avait cru entendre dans la bouche de Bally Bagayoko « la ville des Noirs », alors qu’il avait dit « c’est la ville des rois morts et du peuple vivant » (Jean Marcenac), et parce qu’il affirme qu’à la différence des autres Lfistes, il n’aime pas le mot « racisé » pour se définir, nous sommes désormais priés de croire que le nouveau maire de Saint-Denis (93) n’a pas mené une campagne communautariste et qu’aucun électeur n’a voté pour lui en raison de sa couleur de peau.


Dès le premier tour des élections municipales, la ville de Saint-Denis — deuxième cité la plus peuplée d’Île-de-France avec ses 150 000 habitants — a élu maire un citoyen issu de l’immigration, Bally Bagayoko. Élection incontestable, d’ailleurs non contestée.

Victoire manifeste pour La France insoumise (LFI), dont le nouvel élu est un membre éminent. Victoire aussi, mais au goût beaucoup plus amer en l’occurrence, pour ceux qui, avant tout le monde, évoquaient la perspective d’un « grand remplacement » et qui, de ce fait, se voyaient accusés de délirer. De toute évidence, l’élection de Saint-Denis leur donne a posteriori raison.

En fait, conspués, ils l’étaient jusqu’à ce que le gourou Jean-Luc Mélenchon ne les rejoigne sur ce terrain, évoquant — je cite — « la nouvelle France, la France bigarrée, celle du grand remplacement ». Donc, puisque M. Mélenchon lui-même nous le dit, nous l’enseigne, inclinons-nous bien bas et admettons que l’élection de M. Bagayoko n’est qu’un des tout premiers épisodes du « grand remplacement » dans sa dimension politique et électorale. Un premier pas vers la métamorphose de la France que, autre éminente membre de LFI, Mme Obono appelait implicitement de ses vœux lorsque, à la Fête de l’Humanité, où elle trônait en invitée vedette, elle tint à faire savoir qu’elle ne voyait dans cette assemblée qu’une intolérable domination de la gauche blanche au détriment de la gauche non blanche. En clair, l’Insoumise « racisée » déplorait, à mots à peine couverts, que le pays, la France, soit encore aujourd’hui, malgré tous les efforts de nos prétendues élites politiques depuis cinquante ou soixante ans, majoritairement un « pays de race blanche », comme le constatait le général de Gaulle avec bon sens. Qu’elle se rassure, Madame Obono: son affaire est en bonne marche. Encore un peu de patience, juste un peu.

Il est clair que, pour M. Mélenchon, Saint-Denis représente le laboratoire de la tambouille électorale qu’il entend concocter pour les présidentielles de 2027. Lors de celles de 2022, il lui manquait 600 000 voix pour accéder au second tour. Ces 600 000 voix, il compte bien aller les harponner du côté de l’électorat qui a porté, ce dernier dimanche, M. Bagayoko à la mairie d’une ville d’une telle importance.

M. Bagayoko qui, si l’on regarde les choses d’un peu près, se trouve, qu’il le veuille ou non, pris en otage par son propre parti et son grand maître Mélenchon. Car il ne viendrait à l’esprit d’aucun vrai démocrate, d’aucun esprit français, pétri de tolérance et de sens civique, de contester a priori que le nouvel élu puisse se révéler un bon maire pour sa ville, ses concitoyens, pour la France. Donc tout procès d’intention à son encontre ne saurait être justifié. Pire, il serait à condamner, puisque chez nous, et depuis des lustres, nous sommes régis par le noble principe selon lequel nul ne peut être inquiété pour ses opinions, sa race, ses origines, etc.

Or, ce sont bien ces principes admirables qui se trouvent bafoués par la clique LFI qui, très ouvertement, avant même le scrutin, plaidait et militait pour l’instauration chez nous d’une forme de jurisprudence électorale dont le résultat — positivement antidémocratique — serait que, désormais, à Saint-Denis — et bientôt ailleurs — nul individu non racisé ne pourrait être propulsé à la tête de la cité. M. Delogu — la tête pensante de LFI — le proclamait à Saint-Denis même : la prise en compte de ce qu’est « le réel peuple de France » implique l’accession à la mairie d’un candidat « racisé ».

Le pire est que, disant cela, on n’exagère qu’à peine, on ne caricature qu’à la marge, tant il paraît évident que, à l’avenir, bien audacieux et bien téméraire serait le non-racisé qui s’aventurerait à rêver d’alternance. Il y a un bien grand risque, en effet, que l’affaire ne soit verrouillée à double ou triple tour, et pour longtemps. L’élection d’un Blanc, à l’avenir, à Saint-Denis ne pourrait être perçue que — nullement comme un épisode de la vie démocratique — mais bel et bien comme le résultat d’un horrible complot fasciste, à combattre, à annihiler par tous les moyens, légaux ou moins légaux. Nous en sommes là.

En France, une mairie interdite aux Blancs: le rêve à peine voilé de la mélenchonie. Une régression culturelle et civilisationnelle terrifiante. Mais, à la vérité, la sanction éminemment prévisible d’une immigration incontrôlée, cette immigration qui aboutit, en une génération ou deux, à une modification substantielle et radicale du corps électoral. Saint-Denis, en cela, fait figure de cas d’école. Que le sommeil éternel de nos rois, inhumés en sa basilique, n’en soit pas troublé est bien tout ce qui reste à espérer…

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Ne m’appelez plus jamais France libre!

En visite hier à Nantes-Indret, en Loire-Atlantique, le président de la République a dévoilé le nom choisi pour notre futur porte-avions destiné à remplacer le Charles-de-Gaulle. Le bâtiment, doté de trois pistes de catapultage et long de 310 mètres sera livré en 2038. Son chantier est estimé à 10 milliards d’euros.


J’ai assisté au baptême du futur porte-avions français à la télévision hier. C’est notre royal baby à nous. Alors forcément, les paris allaient bon train sur le nom du futur nouveau-né – il ne verra le jour que dans dix ans mais le travail a commencé.

Avant de le dévoiler, le curé, un brin sadique a infligé à son auditoire et à votre servante une longue homélie sur cet exploit militaire et industriel, réellement admirable d’ailleurs. Promettant un nom inscrit dans l’avenir, il a enfin lâché: le France libre succèdera au Charles-de-Gaulle. Sauf qu’on dirait un bégaiement. France libre, c’est l’autre nom de Charles de Gaulle. Comme si, dans notre Panthéon, il n’y avait plus que le Général qui fasse encore consensus. Pasteur, Marie Curie ou Balzac, ce serait un peu pacifique pour un navire de guerre – en supposant que leurs noms disent quelque chose à la jeunesse. Charlemagne, c’est un peu allemand. Napoléon, ce n’est même pas envisageable dans un pays qui n’a pas osé célébrer Austerlitz. Les lecteurs du Figaro avaient plébiscité Jeanne d’Arc et Richelieu, mais imaginez les braillements des insoumis sur cette histoire trop catholique, trop blanche etc. Reste donc le Général, même si de nombreux lycéens le confondent avec Louis XIV.

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Numéro 109 de « Causeur »

France libre, ce n’est pas seulement un nom propre, c’est un programme. Un programme qui ne peut choquer personne. Qui se déclarerait pour une France affaiblie, vassalisée et dépendante (particulièrement de la bonne volonté financière de nos partenaires) ? Seulement, la liberté, comme le vivre-ensemble, on les brandit d’autant plus qu’ils ont disparu ou sont en passe de l’être. En écoutant Emmanuel Macron parler de notre volonté de rester libre, et proclamer une fois de plus que « pour être puissant, il faut être prêts aux efforts », on avait l’impression qu’il parlait de ce que nous ne sommes plus. Et ce n’est pas seulement à cause d’Emmanuel Macron et de nos dirigeants politiques. La liberté, l’indépendance et la souveraineté ont un prix et un peuple qui pleurniche pour sa retraite et réclame des subventions à cor et à cri en permanence n’est pas prêt à le payer. Rappelez-vous les cris d’orfraie quand le chef d’Etat-major des Armées a expliqué que pour rester souverains, nous devions accepter de perdre des enfants. Nous nous réclamons de De Gaulle mais sommes prêts à troquer la liberté pour le confort. Ne m’appelez plus jamais France libre. Parce que la France, on l’a laissée tomber. Et la liberté aussi.


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Des débats, mais vers le haut?

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Débat télévisé entre Sophia Chikirou, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, élection municipale à Paris, 18 mars 2026 © Stephane Lemouton/SIPA

A Paris, Rachida Dati et Emmanuel Grégoire ont finalement accepté de débattre à la télévision dans l’entre deux tours. Si les journalistes de BFMTV nous ont présenté leur émission de mercredi comme un évènement extra et susceptible de rebattre les cartes, le citoyen passionné de politique est toujours déçu par ce genre de débats. Quant au citoyen que la politique n’intéresse que de loin, il verra bien dimanche ce qu’il décide de faire…


Pourquoi les citoyens passionnés de politique sont-ils, en général, déçus par les débats médiatiques ? En effet, je n’ai jamais entendu, dans mon environnement, qui que ce soit se féliciter d’une confrontation télévisuelle ou radiophonique après avoir écouté des responsables politiques de tous partis. La plupart du temps, on a droit à cette banalité: c’était nettement mieux avant ; les hommes et les femmes politiques avaient une autre allure, une autre culture et de la courtoisie. C’est sans doute vrai, même si, par contraste, on surestime la qualité d’hier. Pour ma part, je récuse ce pessimisme global qui voudrait, en permanence, nous faire tomber dans la dérision ou, pire, dans l’opprobre face à n’importe quelle joute médiatique, qu’elle soit bien ou mal maîtrisée par les journalistes qui la dirigent ou l’animent. Il me semble, au contraire, qu’on apprend toujours quelque chose d’un débat. Prenons l’exemple de celui, sur BFM TV, ayant opposé les trois candidats à la mairie de Paris pour l’élection du 22 mars. Je pourrais aisément généraliser, tant on retrouve souvent des frustrations et une aigreur identiques. Si le fond est rarement développé, d’autres leçons sont données aux citoyens. Certes, lorsque ceux-ci attendent de la précision, des détails sur les projets, ils sont fréquemment dans une vaine attente, parce qu’il est rare, dans une émission politique, de trouver satisfaction sur ce plan. D’abord parce que les journalistes ne posent pas forcément les bonnes questions ou que celles-ci sont trop longues – ils n’ont pas tous le même talent que Caroline Roux dans ce registre ! — , ensuite parce que les candidats préfèrent trop souvent se réfugier dans les banalités plutôt que d’affronter l’exposé précis de leur programme. À la suite de n’importe quelle confrontation – et, en ce sens, tous les débats nous élèvent -, on en apprend beaucoup sur le candidat ou la candidate, et sur les candidats entre eux, par une appréhension à la fois singulière et collective. La psychologie, le caractère, le tempérament, l’écoute, la politesse, la maîtrise de la parole, la capacité à laisser une place au contradicteur, une forme de respect pour ce qu’il y a de démocratique dans l’exercice constituent un formidable vivier où chaque citoyen peut puiser, au-delà de ses propres convictions, de quoi se faire une idée éclairée de celui ou celle qui le représentera s’il est élu. J’admets qu’on puisse se tromper dans cette vie prise de plein fouet, qui nous donne à voir, médiatiquement, ce qu’elle est : sa surface, ses ombres possibles, ses lumières indiscutables, son identité. Cette vision, d’une richesse inouïe, permet non pas de négliger le fond, mais de le mesurer – s’il a pu, ne serait-ce qu’un peu, être exprimé – à l’aune de l’être qui nous sollicite et cherche à nous convaincre qu’il est, de toute façon, le meilleur.

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Pour la mairie de Paris comme pour la future élection présidentielle, on en sait déjà long : en 2027, on ne sera pas à court de jugements ! Il faut avoir la passion d’écouter, de comprendre, avant de stigmatiser par principe.

Le citoyen, lui aussi, doit être à la hauteur…

Merah, quatorze ans après: l’impuissance érigée en politique

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DR

On a un peu oublié la barbarie des attaques de l’islamiste Mohammed Merah à Toulouse. Ce midi, le député LFI François Piquemal, possible maire de la ville dimanche prochain, a été sifflé lors d’une commémoration. « Honte à vous Piquemal !« , « Dehors, LFI !« , « Antijuif !« , « Vous n’avez rien à faire ici, honte à vous le parti de l’islamisme ! » a-t-on notamment entendu, rapporte ICI. Lors du débat de hier soir, son rival Jean-Luc Moudenc lui avait demandé de se « distancier » des propos récents de M. Mélenchon « à la veille de cette journée funeste ». Face à l’islamisme, il faut tenir une ligne de fer dans la durée, affirme dans cette analyse Jean Messiha.


Quatorze ans ont passé, lourds comme un linceul, sur les tueries de Toulouse et Montauban. Nulle commémoration solennelle, nulle procession de ministres en deuil de façade. Seulement le silence embarrassé des puissants, des bougies éteintes depuis longtemps et des discours creux, quand ils existent, aussi vides que les serments d’un courtisan. Et pourtant, le diagnostic demeure, implacable comme la sentence de Camus : « Le fléau n’est pas une chose qui passe, c’est une chose qui reste. » Le terrorisme islamique réclame des réponses tranchantes, assumées, impitoyables. Pas de la tiédeur, de la mièvrerie, de la pusillanimité. « Le terrorisme est un crime qu’on ne peut excuser », tranchait Camus dans ses Actuelles. Nommer le monstre. Agir sans merci. Ou périr en souriant, tandis que le loup, repu, se lèche les babines. Voltaire l’avait déjà cloué : « Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion. »

Illumination perverse

Mars 2012. Toulouse. Montauban. En quelques jours d’une barbarie froide et calculée, Mohammed Merah, vingt-trois ans à peine, enfant des Izards à Toulouse, délinquant endurci passé du vol sordide à la kalachnikov djihadiste, se radicalise en prison comme un poison qui infuse lentement dans les veines d’un corps affaibli. « L’enfer, c’est les autres », murmurait Sartre ; pour Merah, l’enfer fut d’abord lui-même, puis les barreaux pénitentiaires complices – et surtout cette violence qui se drape toujours des fards avenants de la contre-violence, c’est-à-dire pour une riposte à la violence de l’autre, comme le diagnostiquait le philosophe dans sa Critique de la raison dialectique. Une résistance à une violence fantasmée qui légitime sa propre cruauté.

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Janvier 2008 : jeté en cellule pour un vol crapleux, il rumine son ressentiment. Puis vient l’illumination perverse. Extrait de sa prison pour une audience, il échappe miraculeusement à la justice des hommes. « Les gendarmes étaient à côté de leurs pompes… Cela fut pour moi une preuve d’Allah », avouera-t-il plus tard. Un Allah qui couvre le vol et le mensonge ? Peu importe. Sa conversion est fulgurante. Il dévore le Coran seul dans l’ombre de sa geôle, prie avec une ferveur nouvelle sous le regard indifférent des gardiens. Son frère Abdelkader (celui que le futur ex garde des sceaux Éric Dupond-Moretti se dira « fier » de défendre), salafiste fanatique surnommé « Ben Laden » dans le quartier, devient son guide invisible: visites répétées, livres empoisonnés, CD de haine, images de La Mecque pour nourrir la flamme. La prison, cette université du mal, transforme le voyou en guerrier de l’ombre. La radicalisation en prison, à l’époque, n’intéresse pas un système politique qui y voit un fantasme d’extrême-droite. Pas de surveillance digne de ce nom de ce phénomène pourtant inquiétant. Pas de déradicalisation, en dehors de stages bidons au cours desquels les radicalisés caressent des hamsters. Rien. Une fois dehors, le disciple file vers l’Orient: Égypte, Syrie, Liban, puis les camps de la mort en Afghanistan et au Pakistan. Stage chez les talibans et Al-Qaïda. Retour en France, fiché S depuis 2006, surveillé mollement, presque recruté comme indic. Il opère alors en artiste du néant: scooter volé, GoPro pour filmer ses massacres, armes froides et précises. Baudelaire l’avait pressenti : « Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan ». Dans le cas de Merah, Satan y a élu demeure et en monopole.

Prologue sanglant au terrorisme islamiste hexagonal

Le 11 mars 2012 à Toulouse, il attire Imad Ibn Ziaten dans un piège, l’abat d’une balle dans la tête en crachant sa haine. Le 15 mars à Montauban, il exécute froidement deux militaires devant un distributeur de billets. Le 19 mars, devant l’école Ozar Hatorah, il abat le rabbin Jonathan Sandler et ses deux petits garçons, puis poursuit la petite Myriam, huit ans, dans une course aussi insensée qu’impitoyable. Il finit par l’attraper par les cheveux, la soulever de terre et lui mettre une balle de 11.43 à bout touchant dans la tête. Sept âmes fauchées au nom de l’islam radical – cette peste qui rêve d’ériger un califat sur les ruines fumantes de notre civilisation crépusculaire.

Quatorze ans. Quatorze ans que ce sang crie dans le désert de notre mémoire. Et nos élites, de Sarkozy à Macron, n’ont rien vu, rien appris, rien changé. Merah n’était que le prologue sanglant. Vinrent les Kouachi, radicalisés dans les mêmes geôles, massacrant Charlie Hebdo ; Coulibaly, frère d’armes, égorgeant et rafalant dans l’Hyper Casher ; puis, le 13 novembre 2015, le Bataclan, le Stade de France, les terrasses: cent trente morts en une nuit de cauchemar. Tous issus des immigrations arabo-afro-islamiques et du même terreau idéologique antinational qui gangrène nos institutions : prisons pouponnières, fichés S négligés, voyages en terre de guerre tolérés, expulsions avortées dans les méandres judiciaires. Comme le fléau dans La Peste de Camus, le mal ne passe pas, il s’installe. Avant lui, Victor Hugo l’avait pourtant prophétisé : « Toutes les violences ont un lendemain. »

Pire : nous avons renoncé à la seule victoire possible, celle théorisée par Malraux quand il écrit : « la civilisation, c’est la violence maîtrisée, la victoire toujours inachevée sur l’agressivité du primate ». Quant à nous, nous avons choisi la défaite. « Appartenir à l’histoire, c’est appartenir à la haine », ajoutait-il. Et nous y sommes. Plongés jusqu’au cou.

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Nommer, ce n’est pas amalgamer: c’est disséquer avec précision. C’est séparer l’idéologie de mort de la foi sincère. Mais nos grands esprits tremblent. « Mal nommer un objet, ajoutait Camus, c’est ajouter au malheur de ce monde. » On préfère l’euphémisme lâche: « extrémisme violent », « déséquilibre psychiatrique » quand ce n’est pas « conséquence des injustices sociales et des inégalités ». Des voiles pudiques jetés sur la peste. Montaigne nous avait pourtant prévenus : « Qui ne voit pas la vérité, la déguise ». Et qui la déguise ne la voit pas venir et exploser sous nos yeux. Nommer ne suffit pas. Il faut agir. Agir, c’est appliquer les lois sans faiblesse. Agir, c’est expulser sans remords ceux qui ont trahi. Agir, c’est reprendre le contrôle de nos frontières et de nos prisons. Agir, c’est investir dans le renseignement véritable et non dans les prières laïques du « vivre-ensemble ». Agir, c’est enfin parler vrai, sans cette langue de bois qui dissout les responsabilités comme un acide lent.

Quatorze ans après Merah, la France n’a même plus la force… de faire des commémorations de pacotille. Il n’empêche. Les Français réclament cohérence, constance et courage. Protéger n’est pas pleurer. Protéger est choisir. Protéger est trancher. Protéger est tenir, dans la durée, une ligne de fer. Saint-Exupéry le disait avec la clarté des étoiles: « Être homme, c’est précisément être responsable. »

La mémoire des sept innocents l’exige. Elle nous somme de sortir des postures et surtout, des impostures. Et d’inscrire enfin l’action dans une stratégie implacable: identifier le mal, appliquer les règles, écraser la menace, tenir la ligne. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que le silence coupable des puissants cessera d’être une mascarade et deviendra le premier pas vers une France qui refuse de plier devant ses pires ennemis.

Dimanche, c’est à droite, toute!

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Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, sur le plateau de BFMTV, 18 mars 2026 © Stephane Lemouton/SIPA

Les trois candidats en lice pour la mairie de Paris ont débattu ensemble hier soir. Si Rachida Dati s’est montrée moins convaincante qu’espéré, elle a en revanche martelé un message clair : M. Grégoire et la municipalité sortante, en raison de leur défaillance dans la gestion des ressources humaines de l’encadrement périscolaire — défaillance ayant conduit à des abus sexuels sur des jeunes enfants — auraient dû être disqualifiés d’emblée dans un pays normal.


Le débat ne fut pas toujours aisé à suivre. Certaines réponses ne furent pas assez précises. Mais tout le monde convint que la dame en rose l’avait emporté haut la main dans le débat triangulaire opposant, hier 18 mars, sur BFMTV, les trois candidats à la mairie de Paris. Morceau de choix ! La dame en rose n’avait rien à perdre et tout à gagner. Aussi donna-t-elle des coups à son camarade de gauche, très à la peine, et marqua une complicité sur certains points avec Dati. Le champion de la gauche encaissa les coups venus de sa droite et ne trouva, à sa gauche, que des parades maladroites, comme tenter de faire monter les enchères lepéniste, homophobe, ou encore lancer une attaque personnelle à Dati. Quant à Rachida Dati, si elle n’a pas renversé la table et paru moins combative que d’habitude, pour ne pas paraître le bulldozer qu’elle est souvent, afin de ne pas effrayer ses électeurs, elle se montra volontaire, professionnelle, convaincue et rassurante. Mais il est regrettable de s’être défendue de recevoir les voix de Sarah Knafo avec qui elle dit avoir des points communs comme dix pour cent des Parisiens. N’aurait-elle pas, personnellement, avantage à rejeter ce prêt-à-porter de la pensée qui voit du fascisme partout, pour revenir au style haute couture auquel elle nous avait, jadis, habitués ?

Grégoire veut faire de Paris un HLM géant

Le programme des candidats est suffisamment connu pour qu’on y insiste ici. Suffit de dire que la gauche, toute la gauche, reste la gauche, en tout et pour tout. Aucune régulation annoncée du flux de migrants, 60.000 logements sociaux en plus, toujours plus de vélos. Qui croit encore en eux – les politiques ? Même Grégoire était à la peine faute de feu sacré : il est vrai que dix années passées avec Madame Hidalgo fatiguent son homme. Dati, elle, fut simple, nette et sobre sur les dossiers chauds de la capitale: immigration, sécurité et propreté de la ville, rétablissement de la circulation, rue de Rivoli, paquet mis sur les commerces de proximité, qualité de l’enseignement, réduction des dépenses. Certes, le soleil de Knafo manquait mais ce n’est peut-être qu’une éclipse momentanée. Dati fut surtout très ferme sur deux points : le dossier des migrants, les réfugiés de Barbès et du pont Jean-Jaurès, dénonçant avec force le déni de la gauche sur le sujet. Elle le fut aussi sur les dossiers scandaleux des abus sexuels sur les enfants dans le périscolaire, qui remontent à 2015 et que la gauche a négligés ! Problème systémique mis à jour voire réseau criminel ? Nouvelle affaire Bétharram ? Où scolariser son enfant en toute sécurité ? Telle est désormais la grande préoccupation des parents, dans notre capitale. Quel pavé dans les bottes de la gauche que ces scandales !

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Gagner le débat n’est pas gagner les élections. L’enjeu est historique. Il ne s’agit pas d’avoir des états d’âme, des valses hésitation, des pas de deux et trois ratés, des entrechats compliqués, des arrière-pensées, des pudeurs de violette ni de gazelle, des hauts-le cœur d’indignation, des reflux de moralité, des aigreurs, des seins qu’on ne saurait voir, des plus jamais ça qui tournent en eau de boudin et en alliances honteuses. Pas de lézard ! Dimanche, c’est à droite, toute ! Pareille opportunité ne se représentera plus de si tôt !

Union des droites contre RATP du vélo, choisis ton Paris !

Le problème est simple. Veut-on que Paris reste à gauche ou passe à droite ? Si c’est le cas, à droite, toute ! La vie politique ce n’est pas un coup d’éclat ni un coup de cœur. C’est un choix intelligent. Grégoire, « un maire fier et fiable » comme il se définit lui-même ? Allons donc ! Va-t-on rempiler dans des rues sans commerces, avec des mulots dans les jardins publics, avec une immigration incontrôlée, une enfance en insécurité, une dette exponentielle ? Des rues coupe-gorges ? Du trafic de drogue en bas de chez soi ? Pourquoi pas dans la cour de votre immeuble ?

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Le plat ne repassera pas deux fois. Dimanche, il faut voter, et bien. L’union des droites s’impose sans discussion aucune. Finie la guerre des chefs ! Finies les vieilles lunes : c’est Chikirou qui l’a dit ! Grégoire a tenté, en vain, de ramener l’ombre maléfique des années sombres de la France. Lui aussi, il faut qu’il prenne un bain de jouvence ! Mais le pompon revient à Chikirou et « sa politique du vélo » — mon ordinateur avait écrit « voile », j’ai dû corriger. Avez-vous remarqué, a dit la dame en rose, « la forte demande en vélos » de la capitale ? Non, j’avoue ne pas avoir vu « cette forte demande » autour de moi. Je pensais justement qu’on allait voir la fin des forêts de guidons qui défigurent nos rues, avec ces cyclistes casqués, branchés qui pédalent, pédalent, brûlent les feux rouges, fauchent les piétons sur les trottoirs et font des bras d’honneur à tous/ t/e/s. Eh bien, je me trompais ! La dame LFI – et avec elle la gauche écolo branchée de notre capitale qui broute la sarriette qu’elle fait pousser sur son balcon – propose une régie nouvelle du vélo ! Un service public du vélo ! Une école d’apprentissage du vélo ! Des cours de vélo ! Une clinique du vélo ! En un mot comme en dix, une démocratisation du vélo ! Vélos de tous les pays, unissez-vous !

Alors, dimanche, c’est à droite, toute !

🎙️Podcast: Trump et la fracture du mouvement MAGA

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Char pour la fête de Purim comprenant une statue de Donald Trump, le lion de Juda et une limousiné dorée. La parade a été annulée à cause de la guerre. Jérusalem, le 18 mars 2026. Debbie Hill/UPI/Shutterstock/SIPA

Avec Harold Hyman et Jeremy Stubbs.


Le mouvement MAGA est en train de se fracturer : certains des influenceurs et des personnalités qui y jouent un rôle clé considèrent que, en déclenchant une guerre en Iran, Donald Trump a trahi sa promesse de ne pas intervenir militairement à grande échelle dans des conflits à l’étranger. Ils sont nombreux à inviter dans leur podcast ou talk show Joe Kent, qui a démissionné de son poste de directeur du Centre national de l’anti-terrorisme et qui prétend, à qui veut l’entendre, que l’Iran ne représentait pas une « menace imminente » pour les Etats-Unis.

Pourtant, Kent n’est pas un expert du renseignement international et son témoignage minimise la dimension nucléaire de la menace iranienne. D’ailleurs, les acteurs les plus influents du mouvement MAGA ignorent superbement la question, aussi actuelle qu’inquiétante, de la prolifération des armes nucléaires. Jusqu’à présent, l’Iran et la Corée du Nord travaillaient main dans la main pour développer une capacité nucléaire dont le reste du monde aurait tout à craindre.

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Donald Trump n’avait donc pas nécessairement tort de saisir cette opportunité pour neutraliser la menace iranienne. S’il lui sera difficile de mettre fin aux opérations militaires pour rentrer dans les bonnes grâces de ses électeurs à temps pour les élections législatives en novembre, ce ne sera pas nécessairement impossible.

Cinq pays européens – dont la France, le Royaume Uni, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas – ainsi que le Japon, viennent d’annoncer qu’ils sont prêts à contribuer à des efforts pour garder ouvert le détroit d’Ormuz. Ces alliés traditionnels des Etats-Unis s’étaient montrés jusqu’ici réticents à donner un coup de main à Donald Trump. Pourtant, l’Iran est leur ennemi aussi et, s’ils veulent faire baisser le prix du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL), ils ont intérêt à sécuriser les livraisons en provenance des pays du Golfe.

Oh non! Le capitalisme vous a volé votre sommeil

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Image d'illustration Unsplash

Un ethnographe rennais explique que dormir moins de sept heures est le fruit de l’aliénation voulue par le Grand Capital. Les chasseurs-cueilleurs tanzaniens, interrogés à ce sujet, ont déclaré ne pas bien comprendre.


Il dort six heures cinquante. C’est un Français moyen. Il ne le sait pas encore, mais il est victime du capitalisme. Heureusement, Romain Huët, maître de conférences à Rennes 2, est là pour le lui expliquer.

On politise tout, on nous dit rien

Dans un entretien accordé au site Reporterre — dont la ligne éditoriale pourrait se résumer à « il faut détruire le capitalisme pour sauver la planète » —, notre homme explique que la crise du sommeil n’est pas un problème d’hygiène de vie.

C’est un symptôme politique.

On croit naïvement se coucher tard parce qu’on regarde une série brésilienne.  On apprend en réalité que « le capitalisme produit l’épuisement, puis le recapte en lui vendant des solutions ». La tisane « Nuit tranquille » ? Un instrument d’oppression en sachet biodégradable ! La gélule de mélatonine ? Un ersatz de marxisme encapsulé ! Notre ethnographe diagnostique une vie « inexpressive » : le sentiment que toutes les puissances qu’on pourrait avoir sont empêchées de s’exprimer. Le scrolling illustre la thèse : c’est, nous dit-il en invoquant Deleuze, « le dernier verre de l’alcoolique ». On notera avec admiration que Deleuze, mort en 1995, a eu la prescience d’anticiper Tiktok. La conclusion s’impose : il faut « politiser l’épuisement ».

Car il est évident que le capitalisme est responsable de tous les maux de la planète: du réchauffement climatique, de la fonte des glaces, des violences conjugales et, désormais, des valises sous les yeux.

Les nobles âmes rêvaient : sauver le peuple de lui-même

Il serait pourtant injuste de railler sans mémoire.

Les grands patrons français n’ont pas fait preuve d’un enthousiasme excessif lors des « avancées sociales » conquises de haute lutte. Force est de reconnaître que le capitalisme n’est pas paré que de vertus. Les luttes sociales ne manquaient pas de noblesse dans les idées.

A lire aussi: Pourquoi les Occidentaux sont psychologiquement désarmés pour défendre leur civilisation

Paul Lafargue réclamait en 1880 dans son Droit à la paresse le repos pour l’ouvrier pour lui permettre de « développer ses facultés intellectuelles ». Pour Jaurès, revendication sociale et exigence culturelle étaient liées. Les universités populaires du tournant du siècle incarnaient cet idéal avec une ferveur touchante. Leur lutte a payé. En 1830, les soyeux lyonnais travaillait entre soixante-quinze et quatre-vingts heures par semaine. Aujourd’hui, la durée légale française est de mille six cent sept heures annuelles. Robert Fogel, prix Nobel d’économie 1993, a calculé que le temps de loisir disponible sur une vie entière avait plus que triplé entre 1880 et 1995. Journée de huit heures en 1919, congés payés en 1936, trente-cinq heures en 2000 : déroute complète, historique et irréfutable du Grand Capital.

Mais quel est le bilan?

Surgit alors cette question vaguement inconfortable :

Qu’a-t-on fait du temps si chèrement conquis ?

L’ouvrier de Jaurès devait lire Montaigne, écouter Beethoven et faire partie d’un club de réflexion. Mais l’employé de 2025 passe cinq heures par jour devant la télévision (Médiamétrie, 2024), auxquelles s’ajoutent deux heures et demie sur les réseaux sociaux (We Are Social, 2024). Sept heures et demie de contemplation passive pour être aimable, de crétinisation digitale si l’on voit les choses en face.

Adorno avait tenté de résoudre ce paradoxe : les masses sont manipulées, leurs désirs fabriqués. Séduisant, mais condescendant : l’ouvrier qui préfère Koh-Lanta à La Nausée serait victime d’une mystification dont seul le sociologue de Rennes 2 perçoit la mécanique ?

Le divertissement passif est donc plus prisé que la culture active. Serait-ce nouveau? Pas vraiment : Aristophane se plaignait déjà du goût du peuple athénien pour les spectacles faciles. Si les gens préfèrent avaler du contenu plutôt qu’écouter des chants grégoriens, c’est leur choix le plus absolu : les deux leurs sont également accessibles. Le capitalisme n’a donc pas inventé la paresse intellectuelle. Il l’a seulement monétisée, avec l’opportunisme qui le caractérise.

Les Hadza dorment mal. Pourtant, ils n’ont pas la 5G

Une étude publiée dans Current Biology (Siegel et al., UCLA, 2015) a équipé d’actimètres trois populations de chasseurs-cueilleurs sans électricité : les Hadza de Tanzanie, les San du Botswana, les Chimané de Bolivie.

Résultat : ils dorment en moyenne six heures vingt-cinq minutes par nuit, soit moins que le Français épuisé par le capitalisme. Ils s’endorment trois heures après le coucher du soleil, se réveillent avant l’aube : ils ne dorment que six et demie.

A lire aussi: Son cul sur la commode

L’hypothèse popularisée par Matthew Walker (Pourquoi nous dormons, 2017), selon laquelle l’éclairage électrique serait le grand coupable de nos insomnies, se heurte à cette évidence : les Hadza ignorent les ampoules. Ils n’ont pas non plus sept heures de sommeil. Siegel propose une explication alternative : on s’endort quand la température ambiante baisse, on se réveille à son minimum. Si son analyse est juste, le remède n’est peut-être pas de renverser le capitalisme mais de baisser le chauffage. Solution économique, écologique et infiniment moins fatigante que la révolution.

Bilan : nous dormons autant que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs qui ignorent tout des vertus ou des affres du capitalisme. Le capitalisme ne nous vole pas notre temps. C’est nous qui lui en faisons cadeau. Mais rien n’empêchera Romain Huët, comme ses illustres prédécesseurs humanistes de se tromper de combat.

Le socialisme est pavé de bonnes intentions, c’est un recueil de bonnes idées qui ne marchent pas. Et si le capitalisme empêche de dormir, ce n’est pas toujours ceux que l’on croit. Jean de La Fontaine l’avait réglé en dix vers : le savetier chante, le financier ne dort plus.

Bonne nuit!

Le Droit à la paresse

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Pourquoi nous dormons

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LA DICTATURE DU CARBONE

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Sénégal-Maroc: le match de foot le plus long de l’histoire

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A Dakar, au Sénégal, la presse est scandalisée par la décision de retirer le trophée de la CAN à l'équipe nationale, 18 mars 2026 © Misper Apawu/AP/SIPA

Colère et stupéfaction au Sénégal. Deux mois après la finale, la Confédération africaine de football a retiré son titre aux lions sénégalais et attribué la victoire au Maroc. Le match avait basculé dans le chaos en fin de partie, un penalty ayant été accordé au Maroc après intervention de la VAR, peu après qu’un but sénégalais ait été annulé sans recours à cette même VAR, ce qui avait provoqué une forte contestation. En réaction, les joueurs sénégalais avaient quitté le terrain, tandis que des tensions éclataient dans le stade avec des supporteurs tentant d’entrer sur la pelouse, obligeant à une longue interruption avant la reprise du match.


Il y a, dans certaines décisions sportives, une portée qui dépasse largement le terrain. La Coupe d’Afrique des nations de football 2025 (CAN) en fait partie. Plus qu’une compétition, elle s’inscrit dans une logique d’affirmation continentale où le football devient un levier d’influence, un outil diplomatique et un marqueur de crédibilité pour les États comme pour les institutions qui l’organisent. La géopolitique du sport devient un enjeu central.

Le choix du Maroc comme pays hôte de la CAN 2025 n’était pas anodin. Il traduisait une ambition : celle d’inscrire le football africain dans une dynamique d’excellence organisationnelle et de visibilité internationale. Infrastructures modernisées, attractivité croissante, audiences en hausse, tout concourt désormais à repositionner la CAN comme un événement majeur du calendrier sportif mondial. Mais cette montée en puissance impose une contrepartie : celle d’un cadre clair, stable et respecté. Car à mesure que les enjeux grandissent, les marges d’approximation se réduisent. Le football africain ne peut plus se permettre les incertitudes qui ont longtemps nourri critiques et controverses…

L’obligation de se professionnaliser

C’est précisément dans cette perspective que la décision de la Confédération africaine de football (CAF) prend toute sa signification. En s’appuyant strictement sur le droit pour trancher une situation contestée, elle a opéré mardi un déplacement important: celui d’un système parfois perçu comme fluctuant vers une logique de prévisibilité et de cohérence.

Le cas du Sénégal illustre cette évolution. En ne respectant pas les règles, l’équipe s’expose à une sanction. Non pas parce qu’elle serait désignée comme fautive dans un rapport de force politique, mais parce qu’elle a enfreint un cadre connu. Ce point est essentiel : la légitimité d’une décision repose moins sur son acceptation immédiate que sur sa conformité aux règles établies.

A lire aussi: Boycott de la Coupe du monde de foot: la menace fantoche

Cette approche peut déstabiliser à court terme. Elle bouscule des habitudes, des réflexes, parfois même des attentes. Mais elle s’inscrit dans une trajectoire plus large, comparable à d’autres évolutions du football mondial. L’introduction de la VAR, par exemple, a d’abord suscité scepticisme et critiques avant de s’imposer comme un outil structurant.

La décision de la CAF agit de la même manière. Elle ne se limite pas à régler un différend ponctuel: elle crée un précédent. Elle signifie que les comportements observés lors d’un match peuvent être réévalués à la lumière du droit, même après coup. Ce simple fait modifie en profondeur les incitations des acteurs.

Gagner en crédibilité internationale

Les pays africains ont pour ambition d’accueillir de plus en plus de compétitions internationales. Ce sera d’ailleurs le cas du Maroc pour la Coupe du monde de football de 2030. Pour ce faire, ils doivent affirmer leur crédibilité, que ce soit en matière d’organisation, de sécurité, d’accueil du public mais aussi de respect des règlements. La décision de la CAF s’inscrit dans ce contexte: démontrer que le football africain est mûr et répond aux standards internationaux, y compris dans le respect du règlement.

Reste une exigence à consolider: celle de la rapidité. Car si le droit gagne en importance, il doit aussi gagner en efficacité. Une décision juste mais tardive perd en lisibilité et alimente les contestations. L’enjeu pour les instances sera donc d’articuler rigueur juridique et réactivité. Donner une décision deux mois après la finale peut affaiblir la portée juridique. Mais dans d’autres sports, il n’est pas rare de voir des classements remis en cause quelques mois, voire quelques années plus tard. Que ce soit pour cause de dopage ou de tricherie avérée. C’est aussi une exigence pour la respectabilité du sport et son sérieux à long terme.

Ce qui se joue avec la CAN 2025 dépasse ainsi la seule compétition de football. C’est une transformation progressive de la gouvernance du football africain qui s’opère. Une transformation discrète, mais décisive, où le droit cesse d’être un simple cadre formel pour devenir un véritable instrument de crédibilité. Avec une volonté de se hisser, y compris au niveau juridique, au même niveau que les autres continents.

À mesure que le football africain s’affirme sur la scène internationale, cette évolution apparaît indispensable. Car sans règles claires et appliquées, il ne peut y avoir ni confiance durable, ni reconnaissance pleine et entière. En ce sens, la décision prise mardi trace déjà les contours du football africain de demain.

🎙️ Atlanti’Causeur: ni pour, ni contre, bien au contraire !

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Les journalistes Jean-Sébastien Ferjou et Elisabeth Lévy. DR.

Élisabeth Lévy (Causeur) et Jean-Sébastien Ferjou (Atlantico) débattent de l’actualité de la semaine. Une discussion toujours franche, jamais froide, parfois féroce. Sans langue de bois ni sujets tabou, ces deux-là ne sont pas toujours d’accord et ne se l’envoient pas dire !


Au menu de l’émission: une Élisabeth Lévy déprimée par la poussée insoumise, un Jean-Sébastien Ferjou qui tente de la rassurer — ou, à défaut, de « changer la nature de sa dépression ». Au fil des municipales, c’est toute la mécanique politique française qui est passée au crible par la directrice de Causeur et le directeur d’Atlantico dans ce nouvel épisode. Ecoutez ! 👇

Pour retrouver en intégralité le nouveau podcast d’Atlanti’Causeur : cliquez ICI

Qui méritera le tableau d’honneur?

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A Toulouse, le candidat socialiste rejoint la liste du candidat islamo-gauchiste François Piquemal, LFI, ici à droite, pour le second tour des élections municipales, 17 mars 2026 © Fred Scheiber/SIPA

Les petits arrangements honteux pendant l’entre-deux-tours des élections municipales sont observés avec gourmandise par les spécialistes de la politique, mais dégoutent les citoyens ordinaires.


On n’a jamais connu d’élections municipales aussi passionnantes, sur le plan tactique et en matière d’alliances, entre les deux tours. En effet, il est intéressant de voir combien certains des pronostics les plus pessimistes sur la morale des responsables politiques se sont révélés exacts. Je me souviens d’échanges bien antérieurs où l’on n’osait pas imaginer que la profonde fracture entre les socialistes et les écologistes, d’un côté, et les Insoumis, de l’autre — à cause de l’antisémitisme imputé à Jean-Luc Mélenchon, diaboliquement habile dans sa manière de laisser entendre sans jamais dire vraiment — serait comblée. Cette opposition, de nature éthique, paraissait tellement plus importante que les discordes partisanes et laissait espérer, dans la confrontation à venir, un dissentiment durable. D’autres voix, il est vrai, traitaient ces optimistes de naïfs et, avec une sorte de sagesse résignée, présumaient le pire ainsi que le retour, lors des élections municipales, de reniements quasiment obligatoires. Comme si l’éthique était impossible en politique et comme si les accords nationaux proclamant haut et fort le refus des alliances délétères n’étaient qu’une promesse creuse destinée à couvrir les multiples alliances et complicités du terrain.

Quelle indignité !

Sans l’ombre d’une hésitation, sans même chercher à donner le change, beaucoup de socialistes, stimulés seulement par l’enjeu municipal, ont non seulement voulu sauver leur mise en feignant de ne se livrer qu’à des processus techniques, alors même que ceux-ci constituaient un abandon moral et politique, mais ont parfois accepté, sans frémir, de laisser LFI en première ligne, comme à Toulouse par exemple, ou de la rejoindre sans vergogne comme à Nantes. Face à ce cataclysme qui a indigné beaucoup de citoyens, parce qu’il dépassait les facilités et les contradictions quasiment consubstantielles aux affrontements partisans, on a entendu Olivier Faure, volontiers donneur de leçons… pour les autres, approuver la multitude de ces trahisons et ajouter, à une réalité déjà scandaleuse, l’aval d’une autorité dont on attendait rigueur et constance. Quelle lamentable déconvenue républicaine !

Il faut porter, au crédit de Jean-Luc Mélenchon, une impitoyable et sarcastique lucidité sur les socialistes, « des combinards qu’on pourrait acheter pour pas cher pour le second tour », et dont la fermeté affichée sur un accord national n’était destinée qu’à permettre une multitude de reniements à la base et sur le terrain. Il avait vu juste, dans son discours du 4 mars à Bondy, et avait anticipé, dans le détail, ce que serait la déroute socialiste, à son seul bénéfice, aussi bien sur le plan des conquêtes que pour une restauration symbolique.

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Il est navrant — on a le droit d’observer ailleurs que dans son camp — de ne pas avoir entendu davantage la voix de l’ancien président François Hollande, qui affirme plus volontiers ses principes et ses lignes rouges sur le plan médiatique que concrètement dans le débat public. À ma connaissance, il n’a rien dit pour dénoncer avec force et clarté ces « accords de la honte », selon une expression émanant non seulement des adversaires du Parti socialiste, mais aussi de certains socialistes eux-mêmes, notamment — et avec quelle netteté — Jérôme Guedj. Ce qui démontre qu’il ne faut jamais totalement désespérer.

Au risque de me faire désavouer par tous ceux qui confondent la vie politique avec la guerre civile, il y a eu, chez les socialistes, des personnalités qui ont tenu et qui méritent le tableau d’honneur, aussi bien à Paris et à Marseille que dans d’autres municipalités moins connues. Quelques fidélités à des engagements ont projeté une éclatante lumière dans un monde qui, depuis quelques jours, n’a pas brillé par son intégrité.

Dati traite mal Knafo

Mon appréciation positive du respect de l’éthique par quelques-uns n’a rigoureusement rien à voir avec une quelconque adhésion politique ; mais, pour ma part, dans une démocratie malade, je ne me paierai jamais le luxe de demeurer indifférent à des comportements qui rassurent et battent en brèche un pessimisme qui trouve, par ailleurs, tellement de justifications. On me pardonnera de constater l’effet délétère des dérives socialistes sur les attitudes et les positions de la droite républicaine. Je n’évoquerai pas la manière, à mon sens méprisante, dont on a évoqué Sarah Knafo, son score et les citoyens qui l’ont soutenue. Pour être en opposition politique, on n’est pas obligé de la traiter, elle et ses partisans, comme s’ils étaient le diable.

Je crains cette propension du camp conservateur — depuis le 17 mars à 18 heures, tout est fixé, figé — à s’être tellement persuadé qu’il fallait être irréprochable, contrairement aux socialistes, qu’il a accepté trop facilement, trop paresseusement, le grief d’une prétendue similitude entre LFI et le Rassemblement national, alors qu’elle n’est pas pertinente: une majorité de citoyens, dans les enquêtes d’opinion, ont choisi leur danger, sinon exclusif, du moins largement prioritaire : LFI. Le comportement du RN, dans tous les lieux où la République se déploie, jusqu’à nouvel ordre, n’a rien qui puisse lui être reproché, sauf à confondre la contradiction politique avec l’opprobre moral, ce qui facilite les dénonciations mais ne convainc personne. La conséquence en est que, là où les socialistes ont eu immédiatement le front de s’allier avec LFI pour battre la droite et le centre, ces derniers ont eu des pudeurs de chaisière pour ne pas aller au bout de leur envie de faire perdre la gauche et l’extrême gauche. Cette droite n’est de loin pas la plus bête du monde, mais en tout cas la moins réaliste. Elle n’aurait pas perdu son âme, mais aurait permis à des municipalités de mieux se porter demain !

Le tableau d’honneur n’est pas très rempli. J’ose espérer que dimanche prochain, le 22 mars, ceux qui s’y trouvent seront au moins récompensés.

Saint-Denis, nécropole électorale d’une certaine France?

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Le nouveau maire de Saint-Denis (93) d'extrème gauche Bally Bagayoko, Paris, 17 mars 2026 © Stephane Lemouton/SIPA

Parce qu’une journaliste de BFMTV avait cru entendre dans la bouche de Bally Bagayoko « la ville des Noirs », alors qu’il avait dit « c’est la ville des rois morts et du peuple vivant » (Jean Marcenac), et parce qu’il affirme qu’à la différence des autres Lfistes, il n’aime pas le mot « racisé » pour se définir, nous sommes désormais priés de croire que le nouveau maire de Saint-Denis (93) n’a pas mené une campagne communautariste et qu’aucun électeur n’a voté pour lui en raison de sa couleur de peau.


Dès le premier tour des élections municipales, la ville de Saint-Denis — deuxième cité la plus peuplée d’Île-de-France avec ses 150 000 habitants — a élu maire un citoyen issu de l’immigration, Bally Bagayoko. Élection incontestable, d’ailleurs non contestée.

Victoire manifeste pour La France insoumise (LFI), dont le nouvel élu est un membre éminent. Victoire aussi, mais au goût beaucoup plus amer en l’occurrence, pour ceux qui, avant tout le monde, évoquaient la perspective d’un « grand remplacement » et qui, de ce fait, se voyaient accusés de délirer. De toute évidence, l’élection de Saint-Denis leur donne a posteriori raison.

En fait, conspués, ils l’étaient jusqu’à ce que le gourou Jean-Luc Mélenchon ne les rejoigne sur ce terrain, évoquant — je cite — « la nouvelle France, la France bigarrée, celle du grand remplacement ». Donc, puisque M. Mélenchon lui-même nous le dit, nous l’enseigne, inclinons-nous bien bas et admettons que l’élection de M. Bagayoko n’est qu’un des tout premiers épisodes du « grand remplacement » dans sa dimension politique et électorale. Un premier pas vers la métamorphose de la France que, autre éminente membre de LFI, Mme Obono appelait implicitement de ses vœux lorsque, à la Fête de l’Humanité, où elle trônait en invitée vedette, elle tint à faire savoir qu’elle ne voyait dans cette assemblée qu’une intolérable domination de la gauche blanche au détriment de la gauche non blanche. En clair, l’Insoumise « racisée » déplorait, à mots à peine couverts, que le pays, la France, soit encore aujourd’hui, malgré tous les efforts de nos prétendues élites politiques depuis cinquante ou soixante ans, majoritairement un « pays de race blanche », comme le constatait le général de Gaulle avec bon sens. Qu’elle se rassure, Madame Obono: son affaire est en bonne marche. Encore un peu de patience, juste un peu.

Il est clair que, pour M. Mélenchon, Saint-Denis représente le laboratoire de la tambouille électorale qu’il entend concocter pour les présidentielles de 2027. Lors de celles de 2022, il lui manquait 600 000 voix pour accéder au second tour. Ces 600 000 voix, il compte bien aller les harponner du côté de l’électorat qui a porté, ce dernier dimanche, M. Bagayoko à la mairie d’une ville d’une telle importance.

M. Bagayoko qui, si l’on regarde les choses d’un peu près, se trouve, qu’il le veuille ou non, pris en otage par son propre parti et son grand maître Mélenchon. Car il ne viendrait à l’esprit d’aucun vrai démocrate, d’aucun esprit français, pétri de tolérance et de sens civique, de contester a priori que le nouvel élu puisse se révéler un bon maire pour sa ville, ses concitoyens, pour la France. Donc tout procès d’intention à son encontre ne saurait être justifié. Pire, il serait à condamner, puisque chez nous, et depuis des lustres, nous sommes régis par le noble principe selon lequel nul ne peut être inquiété pour ses opinions, sa race, ses origines, etc.

Or, ce sont bien ces principes admirables qui se trouvent bafoués par la clique LFI qui, très ouvertement, avant même le scrutin, plaidait et militait pour l’instauration chez nous d’une forme de jurisprudence électorale dont le résultat — positivement antidémocratique — serait que, désormais, à Saint-Denis — et bientôt ailleurs — nul individu non racisé ne pourrait être propulsé à la tête de la cité. M. Delogu — la tête pensante de LFI — le proclamait à Saint-Denis même : la prise en compte de ce qu’est « le réel peuple de France » implique l’accession à la mairie d’un candidat « racisé ».

Le pire est que, disant cela, on n’exagère qu’à peine, on ne caricature qu’à la marge, tant il paraît évident que, à l’avenir, bien audacieux et bien téméraire serait le non-racisé qui s’aventurerait à rêver d’alternance. Il y a un bien grand risque, en effet, que l’affaire ne soit verrouillée à double ou triple tour, et pour longtemps. L’élection d’un Blanc, à l’avenir, à Saint-Denis ne pourrait être perçue que — nullement comme un épisode de la vie démocratique — mais bel et bien comme le résultat d’un horrible complot fasciste, à combattre, à annihiler par tous les moyens, légaux ou moins légaux. Nous en sommes là.

En France, une mairie interdite aux Blancs: le rêve à peine voilé de la mélenchonie. Une régression culturelle et civilisationnelle terrifiante. Mais, à la vérité, la sanction éminemment prévisible d’une immigration incontrôlée, cette immigration qui aboutit, en une génération ou deux, à une modification substantielle et radicale du corps électoral. Saint-Denis, en cela, fait figure de cas d’école. Que le sommeil éternel de nos rois, inhumés en sa basilique, n’en soit pas troublé est bien tout ce qui reste à espérer…

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Ne m’appelez plus jamais France libre!

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Emmanuel Macron et des ministres se tiennent devant la maquette du nouveau porte-avions de nouvelle génération, baptisé « Le France Libre », dévoilée sur le site de Naval Group à Nantes-Indret le mercredi 18 mars 2026 © Billioux Yannick-Pool/SIPA

En visite hier à Nantes-Indret, en Loire-Atlantique, le président de la République a dévoilé le nom choisi pour notre futur porte-avions destiné à remplacer le Charles-de-Gaulle. Le bâtiment, doté de trois pistes de catapultage et long de 310 mètres sera livré en 2038. Son chantier est estimé à 10 milliards d’euros.


J’ai assisté au baptême du futur porte-avions français à la télévision hier. C’est notre royal baby à nous. Alors forcément, les paris allaient bon train sur le nom du futur nouveau-né – il ne verra le jour que dans dix ans mais le travail a commencé.

Avant de le dévoiler, le curé, un brin sadique a infligé à son auditoire et à votre servante une longue homélie sur cet exploit militaire et industriel, réellement admirable d’ailleurs. Promettant un nom inscrit dans l’avenir, il a enfin lâché: le France libre succèdera au Charles-de-Gaulle. Sauf qu’on dirait un bégaiement. France libre, c’est l’autre nom de Charles de Gaulle. Comme si, dans notre Panthéon, il n’y avait plus que le Général qui fasse encore consensus. Pasteur, Marie Curie ou Balzac, ce serait un peu pacifique pour un navire de guerre – en supposant que leurs noms disent quelque chose à la jeunesse. Charlemagne, c’est un peu allemand. Napoléon, ce n’est même pas envisageable dans un pays qui n’a pas osé célébrer Austerlitz. Les lecteurs du Figaro avaient plébiscité Jeanne d’Arc et Richelieu, mais imaginez les braillements des insoumis sur cette histoire trop catholique, trop blanche etc. Reste donc le Général, même si de nombreux lycéens le confondent avec Louis XIV.

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Numéro 109 de « Causeur »

France libre, ce n’est pas seulement un nom propre, c’est un programme. Un programme qui ne peut choquer personne. Qui se déclarerait pour une France affaiblie, vassalisée et dépendante (particulièrement de la bonne volonté financière de nos partenaires) ? Seulement, la liberté, comme le vivre-ensemble, on les brandit d’autant plus qu’ils ont disparu ou sont en passe de l’être. En écoutant Emmanuel Macron parler de notre volonté de rester libre, et proclamer une fois de plus que « pour être puissant, il faut être prêts aux efforts », on avait l’impression qu’il parlait de ce que nous ne sommes plus. Et ce n’est pas seulement à cause d’Emmanuel Macron et de nos dirigeants politiques. La liberté, l’indépendance et la souveraineté ont un prix et un peuple qui pleurniche pour sa retraite et réclame des subventions à cor et à cri en permanence n’est pas prêt à le payer. Rappelez-vous les cris d’orfraie quand le chef d’Etat-major des Armées a expliqué que pour rester souverains, nous devions accepter de perdre des enfants. Nous nous réclamons de De Gaulle mais sommes prêts à troquer la liberté pour le confort. Ne m’appelez plus jamais France libre. Parce que la France, on l’a laissée tomber. Et la liberté aussi.


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