L’icône d’Hollywod aurait eu 100 ans cette année. Tandis que rétrospectives et expositions mettent en lumière la star, deux écrivains choisissent de privilégier la femme. Passionnant.

Elle incarna la beauté, la jeunesse et le glamour mais qui était vraiment Marylin Monroe ? C’est à cette question que répondent deux livres qui semblent fait pour être lus de concert tant ils se complètent et s’éclairent. Le premier, I’m not M.M est le fait d’un écrivain belge, Daniel Charneux. Le second, Conversations avec Marylin celui d’un journaliste américain W.J Weatherby. Deux livres aussi justes que sensibles pour raconter Marylin. Entre Daniel Charneux et la star de Sept ans de réflexion, c’est une longue histoire. Ce dernier tombe éperdument amoureux de la star à l’adolescence. Plus tard il lui consacre un roman et, aujourd’hui, ce que l’on aurait tort de prendre pour une simple biographie. I’m not M.M est bien plus que cela. Le portrait intime d’une femme qui se dévore comme un roman. Charneux a lu tous les livres, vu tous les films, entendu toutes les chansons sur Marilyn. Il est incollable sur sa filmographie et s’attarde aussi bien sur les blockbusters que sur les navets, partageant la conviction de Louis Jouvet : il n’y a pas de petits rôles, il n’y a que de petits comédiens. Avec une empathie peu commune l’écrivain raconte l’enfance malmenée, la mère en hôpital psychiatrique, l’absence de père, l’oncle incestueux, jusqu’à l’extraordinaire ascension de la gamine de Sawtelle qui, en quelques années, devient l’icône de l’Amérique. Mais ce qui l’intéresse vraiment est ailleurs. Dans un petit carnet italien sur lequel Marylin écrit I’m not M.M avant de biffer le not. Comment savoir qui on est vraiment quand on commence son existence sous un patronyme qui n’est pas celui du père – Norma Jeane Baker- et qu’on la finit sous un pseudonyme – Marilyn Monroe ? C’est cette quête d’identité que retrace Daniel Charneux avec sensibilité, compassion, poésie aussi.
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Si l’écrivain belge est tombé sous le charme de la star, ce n’est pas le cas du journaliste américain qui pendant tout le temps où il l’a côtoyée, s’est fait fort de lui résister. Weatherby rencontre Marylin en 1960 à Reno, Nevada, sur le tournage maudit des Désaxés. Il la retrouve à New York dans un « bar à soiffards » de la Huitième avenue, lequel deviendra vite leur lieu de rendez-vous. La première fois, le journaliste ne la reconnaît pas. Sans maquillage, tout juste coiffée, il lui trouve l’allure d’une ménagère avec « des jambes pas vraiment jolies ». Mais, et même s’il s’en défend, le charme de l’actrice opère. Il lui promet de ne pas divulguer ses propos. Elle se confie à lui. Sa peur de finir à l’asile. Son désir d’être reconnue pour ses talents d’actrice et non pour sa seule plastique. Ses échecs amoureux. Son manque d’assurance. Son addiction aux médicaments. Des confessions bouleversantes qui donnent à entendre cette voix unique « capable de passer de la séductrice à la petite fille ou à la vieille dame ». La voix d’une femme profonde, lucide, fragile. Une femme à mille lieux de ce personnage de blonde écervelée auquel Hollywood l’a cantonnée. Une femme fascinante et ô combien émouvante à l’image de ces deux livres qui, chacun à leur manière, célèbrent la femme cachée derrière la star.
I’m not M.M de Daniel Charneux Arléa 192 pages
Conversations avec Marilyn Seghers 256 pages





