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Restore Britain: le Reconquête! à l’anglaise

Comme Éric Zemmour chez nous, Rupert Lowe (notre photo) promeut la remigration


Restore Britain: le Reconquête! à l’anglaise
Rupert Lowe, ancien membre de Reform UK et actuel dirigeant de Restore Britain, arrive à la Cour royale de justice pour son audience contre le Système indépendant de traitement des plaintes et des griefs, le 17 mars 2026. © Vuk Valcic / SOPA/SIPA

Depuis son exclusion de Reform UK, le parti de Nigel Farage, en mars 2025, Rupert Lowe a lancé son propre parti sur une ligne politique nettement plus radicale et pleinement assumée.


L’actuel député (MP) de Great Yarmouth, ancien élu au Parlement européen sous l’étiquette Reform UK, s’est fait connaître du grand public via une vidéo publiée sur X, déjà créditée de plus de 40 millions de vues (voir plus bas). Il y enchaîne les déclarations coup de poing : « Des millions doivent partir », « Nous allons discriminer ». Le ton est posé. Restore Britain ne cherche pas à ménager les sensibilités.

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Ce qui sépare Lowe de son ancien parti ne relève pas du détail. Sur l’immigration d’abord ; là où Reform UK brandit des promesses, Lowe exige des actes : expulsions massives, détention des clandestins, réimmigration assumée. Il accuse Farage d’être fondamentalement « mou » sur le sujet qui a pourtant fait sa fortune politique. Sur l’identité ensuite ; Lowe va plus loin en contestant la présence même de ressortissants étrangers fussent-ils naturalisés britanniques à des postes élus. Il vise nommément des figures comme Zia Yusuf, son ancien président de parti, dont les origines pakistanaises lui semblent incompatibles avec la représentation des intérêts britanniques. Il fustige enfin ce qu’il perçoit comme une dérive « woke » de Reform, citant en exemple un conseiller du parti ayant fondé un club de football BAME1 qu’il qualifie sans détour de « racisme anti-blanc ». Lowe reproche à Farage d’avoir construit un « parti de protestation » géré de façon messianique, incapable de porter la rupture radicale qu’attend selon lui la frange la plus dure de l’électorat patriote. Là où Reform veut réformer, Restore Britain entend restaurer et la nuance est un programme.

Le parti enregistre déjà près de 100 000 adhérents, 300 000 abonnés sur X, ainsi que le soutien affiché d’Elon Musk, le détenteur de ce dernier. Le parti oscille déjà entre 7 et 14 % d’intentions de vote selon les sondages, performances remarquables pour une formation toute récente.

Le parallèle avec Éric Zemmour chez nous s’impose naturellement. Même trajectoire de rupture avec la droite établie jugée trop timorée, même combat identitaire, frontal contre l’immigration légale comme illégale et même revendication d’une remigration assumée. La différence de profil: Zemmour journaliste, Lowe homme d’affaires et élu ne masque pas la convergence idéologique. Et si Zemmour n’a pas remporté la présidentielle, sa poussée dans les sondages avait révélé un électorat que les partis traditionnels ne captaient plus. Électorat qui s’est finalement rabattu sur Marine le Pen. Les Britanniques semblent traverser le même mouvement.

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La grille de lecture est désormais claire : si Reform UK est le Rassemblement national anglais, Restore Britain en est l’équivalent de Reconquête!. Un parti qui, à l’image de son homologue français, pourrait paradoxalement consolider Reform UK dans un rôle de droite « raisonnable » exactement comme Reconquête a parfois rendu service au RN en le faisant paraître modéré par comparaison. Presque un parti de gauche, pour certains. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance européenne plus large : des populations qui, confrontées à des mutations culturelles et démographiques profondes, cherchent à renouer avec ce qu’elles perçoivent comme leur identité. Le Royaume-Uni, malgré ou à cause de sa sortie de l’Union européenne, n’échappe pas à cette dynamique. Il l’incarne désormais à sa façon.


  1. Noirs, Asiatiques et membres de minorités ethniques ↩︎


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