Coupe du monde: la compétition n’a pas encore commencé, mais Marie Portolano a déjà chaussé ses crampons et dit une ânerie !
Il parait qu’il n’y a pas assez de femmes parmi les journalistes qui couvriront la Coupe du monde. C’est le sport préféré des féministes : compter les femmes – dans les conseils d’administration du CAC 40, les municipalités, les équipes de tournage de cinéma et les abonnés au gaz. Je ne sais pas si ça les aide à s’endormir mais le résultat est toujours le même: il n’y en a pas assez.
Bête comme ses pieds
Avant le début du Mondial de football, la journaliste Marie Portolano pousse une gueulante dans une tribune intitulée « Il faut nous dire si on dérange[1] ». Co-auteur du documentaire Je ne suis pas une salope je suis journaliste, officiant désormais aux Maternelles sur France 5, elle nous prévient : on va en bouffer. « Pendant un mois, le foot sera partout, tout le temps ». Chouette ! Mais, la fête sera gâchée parce que sur 150 journalistes français dépêchés aux Etats-Unis et au Mexique pour nous faire vivre ce grand moment de fraternité, il y a seulement dix femmes (6%). Depuis des années, Marie Portolano et d’autres tempêtent, accusent, publient livres et articles. Et pourtant les journalistes sportives sont toujours invisibilisées, c’est trop injuste.
J’ironise, mais 6 % de femmes ce n’est effectivement pas beaucoup. La société bouge à son rythme. Les femmes ont investi le journalisme sportif depuis une quinzaine d’années. Faites leur confiance, Messieurs, dans une génération voire moins, elles seront majoritaires… Regardez la féminisation du reste de l’ensemble de la profession.
En attendant, une seule question devrait compter : des consœurs sont-elles privées de Coupe du Monde parce qu’elles sont des femmes ? Marie Portolano le suggère mais ne fournit malheureusement aucun témoignage.
On discute sur le sexe des anges…
Surtout, je me fiche complètement du sexe des journalistes qui commenteront le foot. Le public serait-il mieux informé s’il y avait 50 % de femmes ? Si toutes les activités humaines doivent être paritaires, Mme Portolano devrait réclamer la parité sur les chantiers de BTP, dans les mines, ou sur les navires de guerre. Et déplorer aussi le fait que l’audiovisuel public soit actuellement dirigé exclusivement par des femmes. Pas très partitaire, tout ça…
Derrière ces ratiocinations statistiques, il y a un récit mensonger d’un monde éternellement patriarcal. En réalité, les féministes ont gagné depuis un moment : l’égalité est la NORME dans nos sociétés. Certes, elle n’est pas pleinement réalisée. Il y a encore ici et là des femmes dominées. Des hommes aussi, d’ailleurs. Mais je vois autour de moi des amazones, des conquérantes, des guerrières, des battantes, des femmes qui font ce qui leur plait sans exiger d’être traitées comme une espèce protégée. Alors, non, Marie Portolano, ce ne sont pas les femmes journalistes qui me dérangent mais ces humiliantes pleurnicheries.
Cette chronique a été diffusée sur Sud radio
Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale
[1] https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/10-femmes-sur-150-journalistes-au-mondial-de-football-il-faut-nous-dire-si-on-derange-par-marie-portolano-20260608_VKKVC4DWVNGCRGH3YWUEJDDOI4




