Alors que la mairie de Clermont-Ferrand renonce à employer l’écriture inclusive dans ses textes officiels, sous prétexte qu’elle serait « un frein à la lecture », l’expérimentation continue outre-Manche. Désormais, les élèves britanniques sont libres d’utiliser un vocabulaire « non-binaire » pour leurs examens de langue française…
Depuis le 4 mai, les élèves britanniques de terminale planchent sur les épreuves finales du GCSE, l’équivalent du baccalauréat outre-Manche. Parmi eux, environ 130 000 lycéens, soit 20 % de la classe d’âge, présentent le français comme langue étrangère. Signe des temps radieusement inclusifs que nous vivons, l’organisme qui établit les standards académiques de l’enseignement secondaire au Royaume-Uni, l’institut Pearson Edexcel, autorise pour la première fois cette année l’emploi dans les copies et lors des oraux du « vocabulaire relatif aux termes “trans” et “non-binaire” ». Concrètement, les candidats ne seront pas sanctionnés s’ils utilisent des « néo-pronoms hybrides » tels que « iel », « yel » ou « ielle ». Cependant, la consigne ne précise pas s’il convient d’écrire « iel est joli·e », « yel est joli’e » ou « ielle est joli-e »…
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Pour rappel, le jargon LGBTQIA – superbe illustration de ce que Milan Kundera appelle le « kitsch politique » pour désigner « l’embellissement du mensonge » – n’est pas recommandé par les instances de contrôle de la langue de Molière que sont l’Académie française ou l’Office québécois de la langue française, et n’est pas davantage consigné dans les dictionnaires de référence comme le Larousse ou le non moins excellent Usito de l’université de Sherbrooke au Québec. Si « iel » figure bien en revanche, depuis 2023, dans l’édition papier du Petit Robert, il y est renseigné comme « rare », car les auteurs en ont constaté l’existence « seulement dans des textes militants et pas dans la langue courante ». En d’autres termes, l’école britannique prend un temps d’avance idéologique sur la nôtre en envisageant d’enseigner le français « non pas comme il est, mais comme on voudrait qu’il soit », pour reprendre la fameuse expression de Delphine Ernotte-Cunci au sujet de la diversité à la télévision publique. Maigre consolation toutefois, il sera indiqué dans les manuels d’outre Manche que les « formes non genrées sont conçues pour offrir une plus grande liberté d’expression, et non pour imposer une terminologie à autrui ». Ouf, ils n’ont pas complètement enterré John Stuart Mill !




