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Salah Hamouri menaçait-il vraiment d’importer le conflit israélo-palestinien à Lyon?

Certains voient dans l’annulation de la venue de l’activiste politique franco-palestinien une censure injuste, quand d’autres craignaient une menace de trouble à l’ordre public.


L’affaire a remué ces dernières heures la capitale rhodanienne. Quelques semaines après son expulsion d’Israël et son arrivée en France, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 37 ans, était attendu à Lyon pour une table ronde qui avait pour thème « Trente ans après la signature des accords d’Oslo, regards sur la Palestine ». Le maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV), qui s’était surtout jusque-là distingué pour son faible goût pour le Tour de France et pour la Patrouille de France, a été contraint d’annuler la conférence qui devait se dérouler le mercredi 1er février et au sujet de laquelle la préfecture du Rhône avait mis en garde dès lundi dans un courrier contre les « risques de troubles à l’ordre public ».

L’édile regrettait de ne pas « pouvoir garantir sereinement la liberté d’expression », au moment même où Israël connait une flambée de violence, et alors que la France a toujours été un terrain propice à l’importation du conflit israélo-palestinien.

Emotion au sein de la communauté juive

Au sein de la communauté juive de Lyon, la conférence commençait à susciter de vives émotions. Vendredi dernier, le grand rabbin de Lyon, Daniel Dahan, annonçait qu’il se retirait du groupe interconfessionnel créé en 2002 et qui rassemblait les représentants des cultes chrétien, juif et musulman. Dimanche, lors d’une cérémonie consacrée au souvenir de la libération du camp d’Auschwitz, le nom du maire (qui n’a pas eu l’audace de se rendre lui-même sur place) a été hué. Des appels à la démission ont fusé. L’adjointe au maire à la Mémoire, Florence Delaunay, dépêchée pour l’occasion, a tenté de prendre la parole. Huée à son tour, elle a dû stopper son intervention. Le public lui avait alors tourné symboliquement le dos. Le fils d’Ida Nathan s’est alors emparé de son micro alors qu’elle venait d’évoquer la mémoire de la Lyonnaise rescapée d’Auschwitz et décédée en juin dernier. « Je ne vous donne pas l’autorisation de parler au nom de ma mère ». À l’époque, la mairie de Lyon n’avait pas le moindre mot pour la dernière rescapée du train de la mort du 11 août 1944.

Un profil qui interroge

On connaît la passion historique des Verts pour le conflit israélo-palestinien. Le profil de Salah Hamouri interroge. Libéré de prison en 2011 dans le cadre d’une libération de prisonniers contre Gilad Shalit, soldat franco-israélien détenu par le Hamas, il avait été arrêté six années plus tôt parce qu’il avait été suspecté de vouloir assassiner le rabbin orthodoxe Ovadia Yosef. En 2008, il avait reconnu sa culpabilité.

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C’est aussi en 2008 qu’un « comité de soutien national » se met en place pour protester contre sa condamnation, avec des noms impressionnants : Marie-George Buffet, Noël Mamère, Christiane Taubira, Jean-Louis Bianco, Jack Lang, Olivier Besancenot, Rony Brauman, Monseigneur Gaillot. Toute ressemblance avec la liste des anciens soutiens de Cesare Battisti serait purement fortuite. Suspecté par l’Etat hébreu d’avoir repris contact avec ses petits camarades du Front populaire de libération de la Palestine (organisation reconnue par la France comme terroriste), il fut de nouveau incarcéré puis expulsé, fin 2022, vers la France, pour « défaut d’allégeance », en décembre dernier. « Je suis leur cible depuis plus de vingt ans. Ils voulaient me déporter (sic) vers la France depuis 2005. J’ai toujours refusé. Ils m’ont contraint à partir. De force. C’est pour faire un exemple, pour montrer aux jeunes générations ce qui attend ceux qui veulent leur résister », déclarait-il le 18 décembre dernier, sur le tarmac de Roissy.

Des propos qui n’annonçaient pas forcément une prise de parole apaisée si la conférence lyonnaise avait eu lieu. Né à Jérusalem d’un père palestinien et d’une mère française, Salah Hamouri n’a pas la nationalité israélienne et n’avait à l’intérieur de Jérusalem-Est qu’un statut de résident révocable. L’expulsion a provoqué l’ire du Haut-Commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, qui par l’intermédiaire de Jeremy Laurence, a rappelé qu’il était interdit d’expulser des personnes d’un « territoire occupé » et de « contraindre ces personnes à prêter serment d’allégeance à la puissance occupante ». Le 22 décembre dernier, l’hebdomadaire Marianne a publié un article intitulé « Le symbole Salah Hamouri » et qui tente un parallèle hasardeux entre le conflit israélo-palestinien et la guerre russo-ukrainienne : « Seule sa double nationalité a empêché Israël de le traiter comme l’un de ces Palestiniens anonymes que les occupants arrêtent à la moindre occasion, espérant faire taire la voix d’un peuple qui défend son droit à la souveraineté, cette valeur que certains redécouvrent avec l’invasion de l’Ukraine ».

L’éternel soupçon du clientélisme politique

Véritable menace pour la sécurité israélienne ou martyr de la cause palestinienne ? Toujours est-il que l’idée de la mairie de Lyon de recevoir Salah Hamouri a suscité l’émotion au sein de l’opposition locale.

Jérémie Bréaud, maire de Bron et conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, reproche à Grégory Doucet « d’être un maire militant d’extrême-gauche » et lui demande de devenir « enfin le maire de Lyon ». Les éléments les plus chafouins reprocheront peut-être à l’élu lyonnais de courir après les voix musulmanes à coups de clins d’œil plus ou moins discrets, au risque de mettre en péril la paix publique dans la deuxième ville de France, qui compte une communauté juive de 30 000 personnes.

Vers l’effondrement de la filière sucre française

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Une tribune libre d’Alexandre Sabatou, député (RN) de la 3e circonscription de l’Oise.


L’annonce est donc tombée fin janvier, après la décision de la Cour de Justice européenne : le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, renonce à donner une nouvelle dérogation aux agriculteurs pour autoriser les néonicotinoïdes dans la culture betteravière à sucre. Ce renoncement du gouvernement pourrait conduire à l’effondrement de la filière, pourtant leader sur le marché européen en sucre et alcool agricole.

Rendements en baisse

L’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes dans les exploitations agricoles françaises est encore dans tous les esprits des professionnels. Couplée à la prolifération des pucerons et à la sécheresse estivale, les professionnels ont constaté concrètement une baisse de la productivité au niveau national de 23 à 30% allant jusqu’à 70% dans les zones les plus touchées selon l’institut technique de la betterave dans son bilan d’activité 2020. Près de 20 tonnes à l’hectare en moins !

D.R.

L’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes a eu des effets immédiats en déclenchant la prolifération des pucerons, vecteurs de la maladie de la jaunisse qui baisse considérablement le rendement de la plante. Une année noire pour le secteur qui a bénéficié par la suite de deux dérogations successives.

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Pourtant, lors du débat autour de l’interdiction des néonicotinoïdes, les professionnels du secteur avaient soulevé le vrai problème : il n’existe pas d’alternative crédible, en l’état des connaissances scientifiques, à l’usage de cette substance. Si les farouches défenseurs de son interdiction parlaient vaguement d’un autre modèle d’agriculture à promouvoir tout aussi hypothétique qu’une alternative aux néonicotinoïdes, le gouvernement socialiste de l’époque a tout de même jugé opportun de les écouter en sachant pertinemment que la filière serait livrée à elle-même – qui plus est dans un monde globalisé concurrentiel. L’expérience catastrophique de 2020 a conduit aussitôt à accorder la dérogation nécessaire aux betteraviers.

Des années noires en perspective

Aujourd’hui, rien n’a changé. Par cette décision de la Cour de justice européenne, le ministre de l’Agriculture s’emploie déjà à proposer une compensation financière pour soutenir la filière qui, tous les experts le savent déjà, connaîtra de nouvelles années noires. Par cette décision, la filière sera contrainte de se réorganiser en diminuant ses terres agricoles, et en produisant d’autres produits plutôt qu’en investissant dans la betterave à sucre dont les rendements s’effondrent.

Sous couvert de bons sentiments auprès des Européens, l’Union européenne déploie une nouvelle fois toute son hypocrisie. Après le déclin de l’industrie depuis 30 ans dans les pays du marché commun européen, particulièrement visible en France, elle s’apprête à livrer les consommateurs aux marchés brésiliens, thaïlandais ou indiens ! La France, qui est par ailleurs la seule en Europe à interdire tous les néonicotinoïdes, produira peu à cause de normes uniques au monde. Mais les Européens consommeront des produits importés aux normes environnementales médiocres. Dans le cas français, le patient va mourir guéri.

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Leader du marché européen avec ses 40 000 emplois, la filière betteravière française, déjà confrontée à des difficultés bien connues, risque donc de s’effondrer face à cette concurrence déloyale. Dès cette année, la filière subira la concurrence intra-européenne notamment de l’Allemagne ou de la Pologne qui auront recours à des pulvérisations d’acétamipride. Dès cette année, les résultats de cette politique absurde produiront des effets désastreux chez nous.

Il est temps de voir les choses en face et d’agir en conséquence. Acceptons-nous la destruction de la filière sous couvert de bons sentiments ? Acceptons-nous de dilapider de l’argent public dans des aides aux betteraviers qui n’ont aucune chance de s’en sortir ? Le ministère de l’Agriculture le sait comme tous les experts. Tout cela pour importer du sucre de « partenaires » européens à la concurrence déloyale voire de pays usant des néonicotinoïdes ? Il est temps de se réveiller et de voir le monde tel qu’il est.

En Iran, le «World Hijab day», c’est tous les jours!

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Tenter de promouvoir une journée incitant les femmes de toutes origines à porter le voile islamique pour soi-disant « lutter contre les discriminations », tel est l’objectif du world hijab day ou journée internationale du hijab. Les progressistes qui y participent ou soutiennent l’initiative se fourvoient, analyse Céline Pina. Le voile islamique est un signe de sexisme qui refuse l’égalité entre les hommes et les femmes, et qui n’est pas plus respectable que le racisme qui refuse l’égalité à raison de la couleur de la peau.


Une telle promotion ne manque pas de culot, alors même que l’Iran, à l’heure où j’écris ces lignes, massacre les femmes qui osent l’enlever et réclament d’être libres de s’en débarrasser ! Mais cela n’embarrasse pas les promoteurs du concept, dont il est d’ailleurs très difficile de retracer le parcours. En effet, le scénario de cette opération de mise en avant d’un des symboles de l’islam politique est aussi victimaire que peu crédible. L’initiative viendrait d’une citoyenne bengladi-américaine, Nazma Khan, une simple femme voilée, victime de l’intolérance de ses concitoyens américains. Pour une personne isolée, la dame a de la ressource et un sacré réseau. Au point que les figures des frères musulmans, au premier rang desquelles Recep Tayip Erdogan, soutiennent et encouragent cette « initiative » et qu’elle arrive à la promouvoir dans bien des lieux de pouvoir ou de formation des élites européennes et américaines.


Ceci n’est pas un vêtement

Il faut dire que le discours qui accompagne ce world hijab day est parfaitement compatible avec la stratégie des frères musulmans. Le voile islamique y est présenté comme une simple façon de s’habiller et sa remise en cause comme une manifestation d’intolérance, une façon de porter atteinte à la liberté des femmes. Un peu comme si les chaînes portées par les esclaves étaient érigées en accessoires de mode ! En effet le voile islamique n’est pas un vêtement, c’est un signe religieux. Peu importe les raisons et le discours de celle qui le porte. Peu importe qu’il lui soit imposé par la violence, par déterminisme, par aliénation ou qu’elle le porte par militantisme ou pour témoigner sa haine de l’occident. Sa signification est univoque et envoie un seul message à l’extérieur : la femme est impure, son corps est une provocation et en aucun cas elle ne saurait être l’égale d’un homme.

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Le hijab dit le refus de l’égalité entre les êtres humains à raison du sexe. Ce sexisme n’est pas plus respectable que le racisme qui, lui, refuse l’égalité à raison de la couleur de la peau. Derrière cette violence faite aux femmes, c’est le refus d’accorder aux êtres humains la même dignité humaine qui est en cause. Le voile islamique est une discrimination équivalente au racisme, il est à la fois cynique et habile de tenter d’amener les femmes occidentales à le défendre au nom de valeurs qu’il piétine pourtant allégrement.

En France, parmi les premières à s’être fait piéger, des étudiantes de Sciences Po Paris ont été à l’initiative d’une journée internationale du hijab en 2016. Initiative qui causa un retentissant scandale. L’absence de courage de la direction de Sciences-po fut notable. Le sexisme décomplexé à raison de la religion a été jugé comme parfaitement acceptable au sein de l’école censée former une partie de notre élite.

Un jour fâcheux

Une élite dont on ne peut que relever l’inculture crasse. La date de la journée internationale du hijab, le 1er février, est une référence importante pour les frères musulmans, celle de l’instauration de la première théocratie. En effet cette date marque le retour de l’ayatollah Khomeini en Iran et a été érigée en Jour de la révolution islamique. C’est une date on ne peut plus symbolique et qui ne doit rien au hasard. Les acteurs de la Révolution iranienne et les frères musulmans ont en effet beaucoup de points communs. Ils partagent la même idéologie, et ont des liens historiques et politiques forts. Ces liens se sont noués bien avant 1979 et l’avènement de la révolution islamique. Navvab Safavi, fondateur du premier groupe terroriste islamiste en Iran, le Fada’iyan-e-Islam, a œuvré à rapprocher et à lier les islamistes chiites et les frères musulmans dès la fin des années 40. Il va même finir par fusionner son mouvement avec celui de son grand ami Sayyid Qutb, leader des frères musulmans en Egypte. C’est ainsi que les idées des frères musulmans se retrouveront au fondement de la République islamique d’Iran.

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L’hypocrisie de cette journée internationale du hijab prend ici toute sa dimension : si le hijab est obligatoire dans un régime théocratique islamiste comme le régime iranien, c’est parce qu’il est un instrument d’avilissement et de rabaissement de la femme. Les violences que subissent les femmes iraniennes pour vouloir simplement la liberté et l’égalité sont là pour nous le rappeler. Et pendant qu’elles meurent, subissent viols et violences sous le joug des islamistes iraniens, d’autres islamistes en Europe proposent aux femmes de tester le port du voile, discours lacrymal, victimaire et culpabilisant à l’appui. Et le pire c’est que cela marche : cette journée de valorisation de l’humiliation des femmes a fait l’objet d’une reconnaissance par l’État de New-York en 2017, la Chambre des communes du Royaume-Uni l’a mise à l’honneur la même année tandis que la chambre des représentants des Philippines l’a institutionnalisée en 2021 !

Le Frérisme et ses réseaux: l'enquête

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Causeur: Tous retraités! Le dernier rêve français

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Découvrez le sommaire de notre numéro de février


Que l’on soit pour ou contre la réforme des retraites, il faut – comme le dit Elisabeth Lévy en présentant notre dossier – « essayer de comprendre ce que ce refus quasi unanime de travailler (un peu) plus dit de nous ». La contestation massive de cette réforme traduit non seulement le désenchantement des Français à l’égard d’une démocratie représentative qui ne fabrique plus de légitimité, mais aussi notre addiction à la dépense publique. Devenus un peuple d’ayants droit, nous nous adonnons aux délices d’un individualisme financé par l’État. En oubliant que l’État, c’est les autres. Pierre Vermeren retrace l’histoire de ce désamour du travail de la part des Français. Durant des siècles, ils ont été libres de développer leur intelligence pour travailler. Mais depuis quelques décennies, les élites liquident l’industrie et l’agriculture au bénéfice de la bureaucratie. En même temps, elles accompagnent le désastre de l’École et permettent la transformation de nos jeunes en purs consommateurs électroniques, addicts de réseaux sociaux, de jeux en ligne et de pornographie numérique. Joseph François explique comment notre protection sociale, à l’origine un système d’assurance universelle, est devenue une forme d’assistanat. Si vous ne voulez pas vivre trop vieux sur le dos des jeunes, inspirez-vous de l’exemple de Cyril Bennasar. Son programme se résume en deux mots: travailler et mourir. Selon l’enseignant à Sciences Po et HEC, Julien Damon, interviewé par Gil Mihaely, nous payons aujourd’hui la décision du gouvernement Mauroy, il y a 40 ans, de faire passer l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans. Tant que ce dernier ne sera pas indexé sur l’espérance de vie, les réformes sont appelées à se répéter en vain.

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Philippe d’Iribarne rappelle l’importance de la notion d’honneur pour le travailleur français, notion qui est de moins en moins prise en compte par les entreprises et les autorités publiques. Si le travail n’occupe plus une place centrale dans la vie des Français, le directeur général de l’IFOP, Frédéric Dabi, se confiant à notre directrice de la rédaction, insiste sur le fait que ces derniers croient encore suffisamment à la valeur travail pour voir d’un mauvais œil les inactifs vivant du RSA. Que pense-t-on dans la France périphérique et à l’étranger ? Sophie Rierba a enquêté à Épernon et Dreux en Eure-et-Loir, tandis que Georgia Ray nous explique les dysfonctionnements du système espagnol. La figure mythique du travailleur, incarnant le dynamisme collectif au siècle dernier, n’existe plus, regrette Françoise Bonardel. Mais nous sommes tous un travailleur d’un type ou d’un autre : pour connaître votre profil, prenez le test – d’une fiabilité irréprochable – proposé par Céline Pina.

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Dans son éditorial du mois, Elisabeth Lévy analyse le dixième rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que le baromètre Viavoice réalisé pour accompagner sa publication. À lire ces documents catastrophistes, on pourrait croire qu’il s’agit, non de la France, mais de l’Iran ou l’Afghanistan. La raison en est le « confusionnisme délibéré créé par le terme « sexisme », improbable fourre-tout qui met sur le même plan la séduction et la violence, la goujaterie et la discrimination, la différence et l’égalité ». Jean-Michel Delacomptée poursuit sa défense de la cause des hommes en pointant les inégalités homme-femme en matière d’espérance de vie et de santé, inégalités qui favorisent les femmes mais qui sont largement ignorées par les retraites. Emmanuelle Ménard raconte sa vie à l’Assemblée, entre le retour d’Adrien Quatennens et l’échec d’une proposition pour rendre obligatoire le port d’un uniforme scolaire. L’équipe de nos chroniqueurs comprend désormais l’ex-dirigeant communiste, Olivier Dartigolles, qui, dans « Coup de rouge », nous promet de la pugnacité. Le prince Harry a publié un best-seller – à défaut de l’avoir écrit lui-même. Je mets à nu les mobiles derrière sa campagne de dénigrement de la maison des Windsor : jalousie fraternelle, cupidité et manipulation wokiste. A ceux qui déclarent que les pertes en chars des Russes montrent que cette arme a fait son temps, Gil Mihaely répond que non : le problème relève de l’erreur humaine plus que du matériel. Cet outil demeure essentiel sur un champ de bataille. Le Monde, ce quotidien dit « de référence », censé être le plus objectif possible, est plus que propalestinien, selon Benjamin Goldnadel. Benjamin Barthe, son rédacteur en chef adjoint pour l’étranger et correspondant au Proche-Orient, verse beaucoup plus dans le militantisme que le journalisme. Son épouse, Muzna Shihabi, défend ouvertement le nationalisme palestinien le plus extrême. Si le nouveau film d’Omar Sy est un film de guerre, nous explique Nicolas Levine, c’est parce qu’il fait la guerre à l’histoire et aux Français, coupables d’avoir été de méchants Blancs colonisateurs. Sarah-Louise Guille nous parle du projet de tramway à Marseille, une fausse bonne idée qui vise à relier le centre-ville aux quartiers « sensibles ». Dans le domaine de l’éducation, Sami Biasoni révèle les ravages provoqués par l’égalitarisme wokiste dans l’université suédoise, pendant que Jean-Paul Brighelli félicite Pap Ndiaye de recommander la pratique quotidienne de la dictée. Etant donné l’état actuel de l’École, Brighelli craint que ce ne soit qu’un sparadrap sur un cadavre.

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Cette année voit le 50 e anniversaire de la mort de Picasso. Pourtant, il est devenu difficile de lui rendre hommage, car c’était un homme et – pire encore – un homme à femmes. Heureusement, selon Georgia Ray, certaines des expositions qui lui sont consacrées échappent au contrôle des professionnels de la vertu. Franco-américain lui-même, Harold Hyman s’enthousiasme pour l’exposition « Art déco, France / Amérique du Nord » à la Cité de l’architecture qui célèbre non seulement l’interfécondation des deux cultures mais aussi les rapports entre l’art et la technologie. La chanteuse et comédienne, Marie-Thérèse Orain, se confie à Yannis Ezziadi. Témoin privilégié du Paris des cabarets et des music-halls, elle a connu les plus grands et les derniers feux d’une époque bénie pour la chanson française. Quant au roman français, il n’est pas mort. C’est le verdict du docteur Jérôme Leroy qui en a pris le pouls en lisant les dernières publications de Laurent Quintreau et Julien Leschiera. Celui qui est bien mort (en 2016), c’est Leonard Cohen, mais une nouvelle biographie – saluée par Sophie Bachat – le fait revivre. De toute façon, ses chansons sont immortelles. Quant au cinéma français, Jean Chauvet trouve que La Grande Magie de Noémie Lvovsky mérite son nom, tandis que le nouvel Astérix et Obélix de Guillaume Canet ne mérite que le rayon des fruits et légumes, dans le bac des navets bon marché. Gardons les plus tendres pour la fin ! Ivan Rioufol dénonce les « parvenus du progressisme » qui « crachent sur les « ploucs » et les « beaufs » suspects d’être attachés à leur mémoire collective ». Il faut compter sur « le lent réveil de la France profonde et silencieuse. Pourvu qu’elle n’arrive pas trop tard ! » Marsault nous montre le « plouc » ou « beauf » en question, celui que détestent les mondialistes, qui se fait dépouiller par les politiciens, par les immigrés et enfin par les journalistes – ceux de la gauche progressiste, bien entendu !

Leonard Cohen

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ChatGPT, la Grande Peur de Sciences-Pipeau

Sciences-Po vient d’interdire l’usage de ChatGPT, l’application qui permet à tous les empêchés de la plume ou du clavier de produire en un temps record des textes bourrés d’idées reçues — de crainte sans doute, persifle notre chroniqueur, que l’on ne distingue pas les produits de l’Intelligence Artificielle et ceux de nos futurs énarques.


David Cayla, un économiste qui ne dit pas que des âneries, s’est fendu d’un tweet ravageur dès qu’il a appris que Sciences-Po avait décidé d’interdire à ses élèves l’usage de ChatGPT. « La stricte interdiction de #ChatGPT à Sciences Po révèle que cette école se sent menacée par une IA qui est capable de construire de belles phrases à partir de tout sujet, sans comprendre de quoi elle parle, et en faisant régulièrement des erreurs grossières. » Et toc.

Rappel des faits pour ceux qui sortent à peine de leur grotte d’hibernation. Chloé Woitier, journaliste Tech au Figaro, vous explique en direct live ce qu’est cette application : la capacité à générer du texte — sans grand souci d’originalité et avec une capacité réelle d’erreurs grandioses — à partir de cohortes de mots et de phrases mis en mémoire. En fait, il s’agit de ce que l’on appelle en rhétorique un texte-centon, fabriqué à partir de collages de citations. Vous en avez un joli exemple ici.

Une chance pour les tire-au-flanc

Rien de nouveau — si ce n’est la capacité à produire un résultat de façon quasi instantanée. Voilà qui nous arrange bien, se disent déjà les élèves peu besogneux qui s’aperçoivent à 7 heures du matin qu’ils ont une dissertation-maison à rendre à 10 heures. En gros, le résultat vaut une petite moyenne.

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Laurence Plazanet, professeur de littérature à l’université de Clermont-Auvergne, note que « nourri de la vaste littérature disponible sur la toile, littérature qu’il remâche suivant des algorithmes statistiques et probabilistes aptes à se reprogrammer eux-mêmes, dit-on, selon des procédures que cessent de maîtriser leurs programmeurs initiaux, ChatGPT patauge dans le prêt-à-penser. » Et d’ajouter : « Pas un instant ce robot éclairé ne pense. »

Intelligence artificielle, un oxymore

Comprenons bien que ces deux mots, « intelligence artificielle », sont ce que l’on appelle en stylistique un oxymore — une contradiction en soi. Comme « obscure clarté », « nuit blanche », « homme fidèle » ou « femme intelligente »…

(C’étaient les exemples que je citais en cours pour expliquer l’oxymore. Protestations immédiates des uns et des autres, comme vous l’imaginez, mais du coup, par l’exemple provocateur, la notion s’ancrait dans les mémoires.)

Ce qu’il y a d’intelligent dans la machine y a été mis par des hommes. Lorsqu’un ordinateur vous bat aux échecs, c’est que vous êtes moins fort que la cohorte de grands maîtres qui l’ont programmé — ce qui est assez logique.

Que Sciences-Pipeau s’en émeuve est en revanche très inquiétant — et très drôle : les grandes intelligences qui nourriront les ministères et parviendront peut-être un jour au sommet (pensez, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique de Villepin appartenaient à la même promo de l’ENA) se sentent menacées par un robot qui mécaniquement débite des platitudes. « Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on n’pense pas, Monsieur, on n’pense pas », chantait Brel. La machine à débiter des lieux communs, dont Flaubert s’est si ardemment moqué dans le discours du sous-préfet (c’est dans Madame Bovary) vous est désormais accessible.

Des inquiétudes injustifiées

ChatGPT n’est pas capable de rédiger une dissertation crédible. Un enseignant un peu rodé repère immédiatement les copiés-collés que les étudiants pressés vont cueillir sur le Net (c’est simple, il n’y a soudain plus de fautes d’orthographe), et ne met pas cinq secondes pour en identifier la source. 

Il est encore moins capable de rédiger une thèse — le plus simple étant d’aller copier une thèse déjà écrite : en 2013 déjà une ministre allemande a été déchue de son doctorat (rendu 33 ans auparavant) parce qu’il avait été pompé sur un travail antérieur. Deux ans auparavant c’était le ministre de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, qui s’était vu dénoncé pour un plagiat similaire dans sa thèse de Droit. 

A lire aussi: Pourquoi l’intelligence artificielle de ChatGPT est-elle progressiste?

Et ChatGPT ne saurait pas non plus écrire un roman original. Ne vous avisez pas de le lui demander : au pire, il vous arrivera ce qui est arrivé jadis à Thierry Ardisson, dont le nègre indélicat est allé chercher un récit des années 1930 pour Pondichéry, un roman publié en 1994. Et les héritiers de l’auteur véritable ont porté plainte. Ardisson m’avait confié dans les coulisses d’une émission qu’il avait été « con » de ne pas vérifier. Mais en 1994 c’était moins facile qu’aujourd’hui, où tout se sait à la vitesse de la Toile.

La rumeur de la rue Saint-Guillaume

Que la rumeur d’un robot doué d’une vraie intelligence ait si vite enthousiasmé les commentateurs et effrayé les enseignants témoigne de notre candeur et de notre incapacité à comprendre ce qui fait l’originalité d’un travail. Ou, plus inquiétant, de notre aspiration à la paresse.

Rassurons-nous : HAL 9000 (ou Carl 500, dans la version française, pour Cerveau analytique de Recherche et de Liaison), l’ordinateur rebelle de 2001 l’Odyssée de l’espace, n’est pas pour demain.

Une preuve ? J’ai demandé à ChapGPT de répondre à cette question simple : l’IA va-t-elle remplacer l’intelligence humaine ? Et le robot m’a répondu : 

« Non, l’IA ne remplacera pas complètement l’intelligence humaine. L’IA est un outil qui peut être utilisé pour augmenter les capacités humaines et faciliter certaines tâches, mais elle ne peut pas remplacer la conscience, la créativité et l’empathie qui sont uniques à l’intelligence humaine. » Plus plat, tu meurs. On dirait de l’Annie Ernaux. 
Et le fait est que si vous supprimez de votre conversation « la conscience, la créativité et l’empathie », vous êtes bon pour être un parfait étudiant de Sciences-Po, un parfait énarque en devenir, et très probablement un excellent président de la République.

La fabrique du crétin: Vers l'apocalypse scolaire

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La potion n’est plus magique, mais amère

Invité sur RTL, pour la sortie de Astérix et Obélix: l’empire du Milieu, Guillaume Canet s’inquiète: « Tout le monde est conscient que si ce film ne fonctionne pas, il n’y aura plus de films [à gros budget NDLR] en France ». Il supplie le public d’aller en salles demain voir la superproduction à 65 millions d’euros. Malheureusement, le film de Canet ne peut que frustrer les amoureux des Gaulois. Ce film « moderne, dans son temps », présente des blagues qui ne sont pas à la hauteur du mordant originel de Goscinny. La potion n’est plus magique, mais amère. Létale pour le cinéma français ?


Affiche officielle

Le coup du menhir !

Le pauvre Goscinny risque de se retourner dans sa tombe à la vision de ce calamiteux nouvel épisode cinématographique des aventures de ses héros gaulois. Rien ne va, à commencer par un Gilles Lellouche qui flotte littéralement dans les larges habits du géant Obélix. Suivent un scénario sans intérêt, des gags qui tombent à plat, une surabondance d’effets numériques. Les seules répliques du film qui prêtent à sourire sont des citations pures et simples de dialogues d’Audiard. Ce qui est un comble.

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Cerise sur ce gâteau indigeste, la description de la Chine est d’une platitude absolue : où est donc passée la causticité originelle ?

Canet doit viser le marché asiatique et fait profil bas. Tant de moyens déployés pour un résultat aussi indigeste : la potion n’est plus magique, mais amère.

Astérix et Obélix : l’empire du Milieu, de Guillaume Canet, dans les salles le 1er février.

Qatargate: les Britanniques jubilent

Quand les truculentes malhonnêtetés de membres du Parlement européen sont révélées, les Brexiters se délectent.


L’affaire de corruption au sein du Parlement européen prend de plus en plus d’ampleur. Sans surprise, cela réjouit le cœur des Brexiters et attire même les critiques des médias de gauche outre-Manche. Rappelons le premier acte de cette tragi-comédie. Le 9 décembre, suite à des perquisitions, la police belge saisit 1,5 million d’euros en liquide et procède à l’arrestation de Éva Kaïli, socialiste grecque, vice-présidente du Parlement européen, son compagnon Francesco Giorgi, assistant parlementaire, et Pier Antonio Panzeri, ancien eurodéputé socialiste. Quelques jours plus tard, le quotidien, The Daily Mail, s’en délecte en évoquant – photos glamour à l’appui – la vie de jetsetteurs du couple qui aurait mené grand train.

Le même jour, Nigel Farage, grand promoteur du Brexit et aujourd’hui chroniqueur vedette de la chaîne d’infos GB News, s’enflamme dans son émission. Celui qui avait lui-même fait l’objet d’accusations de corruption quand il était eurodéputé peste: « cette affaire, c’est le « bouquet ! » » (« this takes the biscuit »).

Une semaine plus tard, il renchérit : « le fait est, que les gros bonnets de l’UE ont construit un corps de politiciens et de bureaucrates qui constituent ce qui est, en fait, une classe à part. Et en créant cette élite, les pontes de l’UE se sont inspirés de l’aristocratie des bureaucrates les plus doués au monde : les Français ». Entretemps, le quotidien de gauche, normalement pro-européen, The Guardian, avait semblé abonder dans le sens des Brexiters, commentant : « Pourtant, quoi qu’il arrive, le scandale nuira à l’Union européenne, qui aime faire la leçon au monde sur les valeurs démocratiques, y compris les normes de la vie publique. Cette tendance à distribuer des leçons de morale ne se limite pas au Parlement. La Commission européenne s’y complait tout autant. Demandez à la Hongrie, à la Pologne – ou au Royaume-Uni ».

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Le deuxième acte est intervenu le 17 janvier, quand le parquet fédéral belge a annoncé que Panzeri, qui a effectué trois mandats au Parlement européen, avait signé un « accord de repentance » et s’était engagé, en contrepartie d’une réduction de peine, à partager des informations « substantielles » avec les enquêteurs. Le lendemain, son avocat a confirmé l’implication du Qatar et du Maroc dans le scandale de corruption, tout en niant que son client soit le cerveau de l’opération. « M. Panzeri avoue avoir participé activement à des actes de corruption en lien avec le Qatar et le Maroc, avoir été corrompu et avoir corrompu lui-même d’autres personnes ». Prétextant le secret de l’instruction, il a refusé toutefois de confirmer si d’autres pays étrangers étaient impliqués. Or, le 20 janvier, le site en ligne de la revue allemande, Der Spiegel, a publié un reportage détaillé et accablant sur l’affaire après avoir consulté les 1300 documents officiels de cette enquête internationale. Le groupe auquel Panzeri appartenait – ou qu’il dirigeait – a pu bénéficier pendant des années de pots-de-vin du Qatar et du Maroc, mais aussi de la Mauritanie et peut-être de l’Arabie Saoudite. Selon l’eurodéputée allemande écologiste, Viola von Cramon, plusieurs pays ont systématiquement acheté de l’influence au Parlement – non seulement le Qatar et le Maroc, mais aussi la Russie, le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan. Les eurodéputés ne sont pas au bout de leurs peines.

Au moment où la présidente du Parlement, la Maltaise Roberta Metsola, présentait son plan d’action en 14 points pour lutter contre la corruption, la nouvelle est tombée qu’elle n’avait pas déclaré dans les temps 125 des 140 cadeaux qu’elle avait reçus entre février et novembre 2022. Pendant le même temps, d’autres eurodéputés se sont empressés de déclarer des cadeaux, dont certains aussi importants que des voyages internationaux, qu’ils avaient oublié de mentionner avant la date limite. Sans surprise, un autre tabloïd britannique, The Daily Express, n’a pas hésité à jubiler. En tant que présidente, Mme Metsola n’est cependant pas obligée officiellement de faire de telles déclarations et le fait seulement selon une coutume – explication qui n’est toutefois pas de nature à dissiper les soupçons dont le système parlementaire européen fait désormais l’objet.

Que les Brexiters et d’autres au Royaume-Uni pavoisent est peut-être quelque chose de banal. Le problème, cette fois, c’est que leurs critiques, doutes et railleries au sujet de l’UE semblent, au moins en partie, justifiés.

«Sensitivity readers»: bienvenue dans le meilleur des mondes littéraires

Le wokisme déploie son emprise sur l’édition en France. Aux États-Unis, rares sont les maisons d’édition qui résistent encore aux nouveaux ayatollahs, en conséquence de quoi la littérature américaine s’appauvrit et ne sera bientôt plus qu’un champ de ruines littéraires et de récriminations victimaires…


« La littérature, c’est cette barque sur les houles nocturnes dont rêve Céline sur sa fin. L’embarquement. L’esquif ! Le bateau chargé des meutes humaines, prêt à appareiller, à quitter les rives pour, sur le Styx, s’éloigner » Philippe Muray.

Comme la plupart des cochonneries wokistes, celle-ci nous vient encore des États-Unis d’Amérique. Les « sensitivity readers » se multiplient de l’autre côté de l’Atlantique, expurgent des livres anciens ou contraignent des auteurs contemporains à revoir leurs ouvrages afin de « n’offenser personne » et d’éviter des accusations de racisme, de sexisme, de « validisme » ou de grossophobie. Cette nouvelle censure est en train de s’installer chez nous.

Un vaste toilettage idéologique est en cours

Il y a quelques années sont d’abord apparus des « sensitivity readers » (ou « lecteurs de sensibilité ») pour les livres pour la jeunesse. Celle-ci avait été jusque-là confrontée à des abjections que le nouveau monde allait s’efforcer d’effacer : un prince embrassant une Belle au bois dormant sans son consentement, des personnages antipathiques avec la peau rouge ou noire, des femmes méchantes comme des sorcières, ou des handicapés, pardon, des « personnes en situation de handicap » hypocrites ou menteuses – les associations représentant les « minorités » dénoncèrent les « stéréotypes » ou les « offenses » faites aux femmes, aux Amérindiens, aux Noirs, aux sourds, etc. Depuis, les livres d’enfants, mais aussi les bandes dessinées et les films d’animation, subissent une grande opération de toilettage idéologique.

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Quand l’opération en question s’avère trop compliquée, on interdit carrément les œuvres. C’est ainsi que, suite à la plainte d’une mère d’un élève métissé, Huckleberry Finn de Mark Twain et Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee ont été retirés des écoles de Virginie au motif qu’on y trouvait à de nombreuses reprises ce que les Américains appellent maintenant, novlangue oblige, le « n-word », c’est-à-dire le mot « nigger » (nègre). Incapables de contextualiser le vocabulaire d’une époque, incultes, les associations qui soutinrent cette mère dans son « combat » ignoraient apparemment que les deux livres incriminés, en plus d’être des chefs-d’œuvre littéraires, mettent souvent en relief les difficultés sociales des Noirs américains descendants d’esclaves et dénoncent le racisme.

Les dix petits nègres renommés Ils étaient dix

Le temps est venu de nettoyer la littérature, toute la littérature. L’ancienne et la nouvelle. Le plus célèbre des romans d’Agatha Christie ne s’intitule plus Les dix petits nègres mais Ils étaient dix. Les plus prestigieuses universités américaines et anglaises caviardent les livres de leurs bibliothèques ou ajoutent des notes pour prévenir de l’aspect « offensant », supposément raciste, sexiste ou LGBTphobe de tel passage de tel livre. Sous la pression des lobbies, les maisons d’édition américaines embauchent de plus en plus de « sensitivity readers », de crainte de subir la vindicte des groupes de pression ou, pire, de se retrouver devant les tribunaux. Si Tocqueville avait bien senti ce qu’il allait advenir de cette démocratie égalitaire jusqu’à la pointe des cheveux et peu encline à laisser un peu de liberté s’échapper du filet égalitariste – « L’Inquisition n’a jamais pu empêcher qu’il ne circulât en Espagne des livres contraires à la religion du plus grand nombre. L’empire de la majorité fait mieux aux États-Unis : elle a ôté jusqu’à la pensée d’en publier » [1] – il ne pouvait imaginer que cette majorité allait se fragmenter en minorités wokistes se disant chacune victime, opprimée, exploitée depuis la nuit des temps par un ennemi commun : l’homme blanc hétérosexuel. Après avoir obligé les médias, les universités et les bibliothèques au nettoyage des œuvres les plus anciennes, ces minorités préparent le terrain idéologique pour une prochaine littérature synthétique, chimiquement et wokistement pure. Aux États-Unis, rares sont les maisons d’édition qui résistent aux nouveaux ayatollahs, en conséquence de quoi la littérature américaine s’appauvrit et ne sera bientôt plus qu’un champ de ruines littéraires et de récriminations victimaires.

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Les « lecteurs de sensibilité » arrivent en France. Cela se fait insidieusement, par petites touches, comme d’habitude. La décolonialiste Maboula Soumahoro, après avoir fait une partie de ses études à New-York et dénoncé le fait qu’elle était en France « un corps noir évoluant dans une société aveugle à la race », a développé la notion de « charge raciale ». Elle a donc été sollicitée et rémunérée pour aider au choix de la meilleure traduction possible (c’est-à-dire n’offensant ethniquement personne) pour le titre du livre de la romancière américaine Daphne Palasi Andreades, Brown girls, devenu, dans la novlangue éditoriale, Les filles comme nous. Dans Le Monde, Maboula Soumahoro considère que cela relève d’une question de « bon sens, d’honnêteté et de recherche de qualité ». Non, cela relève de ce qu’on appelle le wokisme, ici de son versant racialiste. Et cela n’a rien à voir avec le bon sens ou l’honnêteté qui, eux-mêmes, n’ont rien à voir avec la littérature.

La militante radicale Maboula Soumahoro en 2012 © BALTEL/SIPA

On ne relit que pour votre bien

En tout cas avec ce que nous, nous entendons par littérature. Cela ressemble assez, en revanche, à la conception déconstructiviste mise en avant par l’écrivain Laura Nsafou, relectrice sensible, très sensible à ses heures perdues, dans les colonnes des inénarrables Inrocks: « L’idée est simplement de veiller à ce qu’il n’y ait pas de propos sexistes, racistes, homophobes ou validistes dans un roman. Si des personnes estiment qu’une œuvre va perdre en qualité parce qu’il n’y a pas de propos discriminants dedans, on se demande quelle littérature ils défendent. » Nous, ce que nous nous demandons, c’est si Mme Nsafou sait ce qu’est la littérature, si elle sait faire la distinction entre un roman et un livre de rééducation politique. Apparemment, non. Idem pour une dénommée Cordélia, « autrice et youtubeuse » spécialisée dans la littérature LGBT (sic), qui écrit (mal) dans les mêmes Inrocks : « Le monde de l’édition est très uniforme, très privilégié, très blanc, très hétéro, très cisgenre. Leur avis est supposé objectif, alors que celui des minorités serait biaisé par leur expérience personnelle. Le sensitivity reading est au final une aide pour les auteur·ice·s ne vivant pas les discriminations et oppressions sur lesquelles ils et elles écrivent. » En Chine maoïste, les Gardes rouges considéraient que le monde des intellectuels et des universitaires était trop uniforme, trop privilégié, trop conservateur, trop ignorant des discriminations et des oppressions que le peuple chinois avait subies sous les prédécesseurs du Grand Timonier. Ces révolutionnaires « aidaient » les écrivains et les intellectuels en les rééduquant d’une manière infiniment plus brutale que nos « sensitivity readers » qui se contentent de censurer en corrigeant, en javellisant, en expurgeant les œuvres – mais le principe totalitaire est le même.

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Dans le roman de Patrice Jean, L’homme surnuméraire, après avoir réduit Voyage au bout de la nuit à « une plaquette d’à peine vingt pages, dont le contenu guilleret, printanier et fleuri, n’aurait pas choqué les séides les plus soumis au politiquement correct », un des personnages invente le verbe « céliner ». « Lorsque Beaussant m’informait qu’il avait céliné une œuvre, c’est qu’il n’en restait, dans le volume et dans l’esprit, presque rien », écrit le narrateur.

L’auteur, facétieux, imagine de nouvelles collections : « Littérature humaniste », « Belles-Lettres égalitaires » ou « Romances sans racisme ». C’est ce vers quoi, dans la vie réelle cette fois, nous allons tout droit. Expurgés, nettoyés, wokisés à mort, de prochains romans de qualité médiocre ne pourront se vanter que de « n’offenser personne ». Ce sera doux comme du papier toilette, aussi ennuyeux que le dernier Ernaux (Le jeune homme, aussi soporifique que les précédents ouvrages de notre commissaire politico-littéraire, présente toutefois l’avantage, sans avoir été « céliné », de ne comporter que 28 pages), politiquement irréprochable, littérairement abominable, mais cela plaira, il y aura des lecteurs pour ça ; on peut même craindre qu’il y aura de plus en plus de lecteurs pour ça – l’Éducation nationale et les médias avides de vide y travaillent. Un jour, adviendra réellement le meilleur des mondes littéraires, un monde lisse, inoffensif et uniforme destiné à des individus Deltas heureux, « sans émotions violentes », ignorant Othello, la mort, « la passion et la vieillesse », et disposant du soma (la drogue) pour surmonter les rares moments de vague à l’âme [2]. Dans ce monde néantisé, comment pourrait encore subsister ce que nous, nous appelions littérature ?

[1] Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Éditions Garnier-Flammarion.

[2] Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, Éditions Pocket.

Comme Fabrice Luchini, aimerions-nous être de gauche?

L’acteur Fabrice Luchini, histrion génial, assure dans les colonnes du Parisien avoir échoué à l’examen!


Qu’on se rassure : Fabrice Luchini aimerait « être de gauche » mais il ne peut pas l’être « parce qu’il faut des qualités de supériorité morale et psychique que je n’ai pas ». Comme souvent avec Fabrice Luchini dans ses exercices médiatiques, derrière une forme de dérision, il y a de la réflexion. Dans cette saillie il y a à creuser…


D’autant plus que cela faisait longtemps que Fabrice Luchini n’avait pas été à ce remarquable niveau qui lui a permis de développer ses réponses avec brio et gravité. Sur des sujets aussi divers que le bonheur, l’amitié, son rapport avec sa fille, sa conception de l’amour, la politique, le reproche d’être un histrion médiatique, sa mère, sa sociabilité, il se révèle, sans afféterie ni comédie. Et dans une vérité d’autant plus convaincante qu’à l’évidence, il ne joue pas le rôle d’une personnalité voulant à tout prix être singulière.

Examen de conscience

C’est à cause de cette parfaite réussite de l’entretien sur le fond que sa phrase sur son inaptitude à être « de gauche » m’a frappé. Elle a le mérite de faire son chemin dans les têtes et de contraindre à un examen de conscience qui incite à chercher, derrière les convictions, s’il n’y a pas autre chose qui justifie les choix politiques.

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Fabrice Luchini met l’accent sur cette perception que les tenants de la gauche auraient un air de supériorité intellectuelle et morale, comme s’ils étaient, eux, forcément du bon côté de la vie civique et de la démocratie. Il semble alors que les gens de droite, pas suffisamment assurés d’eux-mêmes, partent d’emblée avec un handicap : celui d’être désaccordés d’avec le progrès, la générosité et le partage. Il va leur manquer forcément ce qui constitue le signe éclatant de l’idéologie pour laquelle le pessimisme est une honte, le peuple un risque et le désir de sécurité une aberration.

Fabrice Luchini, à sa manière inimitable, nous déclare qu’il est évidemment trop pécheur pour oser se dire de gauche. Il se moque mais met en exergue la difficulté de tout dialogue non seulement avec un contradicteur politique, mais surtout avec le militant de gauche : point de salut en dehors de celle-ci. Le doute une tare, la nuance une hérésie, l’écoute de l’autre une dérive, la tolérance une horreur et la violence une tentation. Pour être de gauche, il faut passer un examen : est-on digne de l’être ? Montrer patte blanche et orthodoxie. La ligne, rien que la ligne. Fort heureusement, je n’ai pas cessé de faire la politique buissonnière et je n’ai jamais désiré être de gauche. Globalement. Au détail, pourquoi pas, mais alors avec modération.

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«Vaincre ou mourir»: derrière les zélés historiens inquisiteurs, la gauche radicale

Il est intéressant de regarder quels intellectuels ont donné du grain à moudre à la presse de gauche pour dézinguer le film Vaincre ou Mourir consacré à Charette et 1793…


Voir dans un même élan Libération, Télérama ou encore Le Monde se pousser des coudes, afin de désigner celui qui cracherait le plus fort et le plus longtemps sur Vaincre ou Mourir, a en réalité quelque chose de jouissif. Les traits sont tellement grossiers, les critiques tellement abjectes, que les papiers dégoulinent de bile enragée !  Leurs auteurs descendraient en ligne directe des assassins du Comité de Salut Public ou des milliers de bourreaux qui ont répandu le sang de centaines de milliers de Français, femmes, enfants innocents pendant la Terreur, qu’on n’en serait pas plus étonné.

La presse ne s’est pas contentée de dénigrer la qualité de « Vaincre ou mourir ». Elle accuse le film de véhiculer une idéologie, ce qui est habituellement une chasse gardée de la gauche.


C’est somme toute, logique : si, 230 ans après la Révolution, des millions de visiteurs viennent chaque année visiter le Parc du Puy du Fou, sachant pertinemment quoi y trouver, et quelle flamme du souvenir est entretenue là-bas, il n’y a rien d’étonnant à ce que quelques enragés déplorent encore aujourd’hui que l’on n’ait pas totalement exterminé les Chouans et les Vendéens, et avec eux, tous les Français courageux qui se sont rebellés contre les sanglants révolutionnaires.

Des militants politiques engagés dans la présidentielle

Mais on est en même temps peinés de voir combien ces inquisiteurs zélés manquent d’arguments. Pour tenter de faire tomber encore et encore des têtes, ils répètent en boucle, telle une litanie, ce qu’ils ont lu dans leur Bible le Puy-du-Faux (Les Arènes éditions).

A lire aussi, Didier Desrimais: Dans les colonnes infernales de “Libé”, on incendie un film sur la guerre de Vendée

Enfin, lu, probablement pas, vu les chiffres de ventes calamiteux de l’ouvrage collectif des « historiens » Florian Besson, Pauline Ducret, Guillaume Lancereau et Mathilde Larrère. Malgré le battage médiatique inégalé dont ils ont bénéficié à la sortie de Le Puy-du-Faux (16900 références sur Google !), il ne s’en est écoulé que… 6 000 exemplaires, dont une bonne moitié acquise par des militants bibliothécaires zélés. En consultant les registres de certaines médiathèques en ligne, on est à peine étonné d’apprendre que l’ouvrage n’est parfois… jamais sorti des rayons.

Rien d’étonnant à cela : en réalité, Le Puy-du-Faux n’est pas un livre d’histoire, issu d’un travail d’historiens, mais un mauvais pamphlet politique rédigé par des militants de la gauche radicale ! Florian Besson, Guillaume Lancereau et Mathilde Larrère sont en effet coutumiers du fait : on leur doit aussi l’ouvrage Zemmour contre l’histoire, paru en février 2022 (juste avant Le Puy-du-Faux, voilà des auteurs prolixes, dévoués à la cause politique). Un ouvrage paru, lui aussi, bah voyons, en pleine campagne présidentielle. Un autre pamphlet qui, cela ne s’invente pas, est édité dans la collection « Tracts » de Gallimard. Sachant que l’ouvrage (pardon, le « Tract ») fait… 64 pages, auxquelles il faut soustraire la garde et le sommaire, et qu’ils ont eu besoin d’être douze pour accomplir ce devoir citoyen, cela donne une copie double à peine par prof d’histoire, moins long à pondre qu’un discours de Mélenchon à subir….

Mélenchon, justement : Mathilde Larrère en est l’un des plus fervents soutiens, après être passée par le Parti de gauche. Pour elle, l’histoire est ni plus ni moins un instrument politique. Mathilde Larrère soutient que “dire que l’histoire est neutre, c’est une grande arnaque pour faire passer une histoire de droite”. Autrement dit, elle assume parfaitement construire une histoire politisée, destinée à servir ses idéaux politiques. On imagine aisément ce que la donzelle pense de la monarchie, ou de l’empreinte du christianisme sur l’Occident. Si elle avait vécu aux époques dont elle parle, et se prétend experte, c’est du côté des barbares et des envahisseurs païens qu’elle aurait planté sa tente…

La religion chatouille aussi Guillaume Lancereau, spécialiste auto-proclamé de la Révolution Française. On sait quelle culotte il n’aurait pas porté pendant la Terreur. Interrogé sur le film par l’émission Quotidien (TMC), qui l’a emmené à une avant-première, il s’étonne face caméra qu’il “n’y ait pas d’autre religion que la religion catholique dans le film”. On admire l’expert, qui ignore quelles régions étaient protestantes dans la France du XVIIIe siècle… Un peu plus au sud Guillaume, un peu plus au sud ! Ou bien alors peut-être souhaitait-il que Puy du Fou Films ajoute des guerriers bouddhistes ou hindous, bardés de breloques et de boucles d’oreilles improbables, à son image ?

Cueilli devant le cinéma, notre ami Guillaume ne trouve rien d’autre à reprocher au film que l’omniprésence de la religion catholique. À tel point qu’il se surprend même à déclarer à la caméra de Quotidien “qu’on n’est pas dans un discours qui falsifie l’Histoire. C’est un discours qui raconte à partir d’éléments relativement vrais l’histoire qu’il a envie de raconter, l’histoire du peuple éternel de Vendée qui se serait dressé pour ses valeurs éternelles, la Royauté d’un côté, la religion catholique de l’autre”. Sous le charme du film, le jeune Guillaume est.

Des « historiens » jaloux du succès du Puy du Fou

« Quand on paye 15 euros des expertises au tarif d’une femme de ménage, on a des expertises de femme de ménage », dénonçait le psychologue Jean-Luc Viaux au procès d’Outreau. Quand on demande à des militants de la gauche radicale déguisés en profs d’histoire et en universitaires de pondre un bouquin visant à démontrer que le Puy du Fou prêche le faux, on obtient un salmigondis d’idées reçues, de jugements à l’emporte-pièce et de démonstrations bancales. Le tout largement badigeonné d’aigreur, teintée d’admiration. Nos experts se sont en effet rendus deux jours sur le Parc, et en sont revenus avec « des étoiles plein les yeux » (déclaration à StreetPress). Et même, jaloux, au dernier stade (ce qui n’est jamais bon pour écrire sereinement sur un sujet…) « parce que c’est très réussi et très jouissif », confesse Mathilde Larrère !

Et de rêver de faire un contre Puy du Fou, Guillaume Lancereau « proposant un spectacle qui contiendrait les circulations transculturelles et géographiques au tout début de la modernité ». Rien qu’à lire le synopsis, on trépigne d’impatience. Ce monument, quand le visite-t-on ? En définitive, que Libération, Télérama ou encore Le Monde aient recours à un quarteron de Mousquetaires sans panache, pour tenter d’égratigner Vaincre ou Mourir, en en faisant la seule et unique source du fiel de leurs articles n’est finalement que de très logique. Et jouissif…

Salah Hamouri menaçait-il vraiment d’importer le conflit israélo-palestinien à Lyon?

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Certains voient dans l’annulation de la venue de l’activiste politique franco-palestinien une censure injuste, quand d’autres craignaient une menace de trouble à l’ordre public.


L’affaire a remué ces dernières heures la capitale rhodanienne. Quelques semaines après son expulsion d’Israël et son arrivée en France, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 37 ans, était attendu à Lyon pour une table ronde qui avait pour thème « Trente ans après la signature des accords d’Oslo, regards sur la Palestine ». Le maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV), qui s’était surtout jusque-là distingué pour son faible goût pour le Tour de France et pour la Patrouille de France, a été contraint d’annuler la conférence qui devait se dérouler le mercredi 1er février et au sujet de laquelle la préfecture du Rhône avait mis en garde dès lundi dans un courrier contre les « risques de troubles à l’ordre public ».

L’édile regrettait de ne pas « pouvoir garantir sereinement la liberté d’expression », au moment même où Israël connait une flambée de violence, et alors que la France a toujours été un terrain propice à l’importation du conflit israélo-palestinien.

Emotion au sein de la communauté juive

Au sein de la communauté juive de Lyon, la conférence commençait à susciter de vives émotions. Vendredi dernier, le grand rabbin de Lyon, Daniel Dahan, annonçait qu’il se retirait du groupe interconfessionnel créé en 2002 et qui rassemblait les représentants des cultes chrétien, juif et musulman. Dimanche, lors d’une cérémonie consacrée au souvenir de la libération du camp d’Auschwitz, le nom du maire (qui n’a pas eu l’audace de se rendre lui-même sur place) a été hué. Des appels à la démission ont fusé. L’adjointe au maire à la Mémoire, Florence Delaunay, dépêchée pour l’occasion, a tenté de prendre la parole. Huée à son tour, elle a dû stopper son intervention. Le public lui avait alors tourné symboliquement le dos. Le fils d’Ida Nathan s’est alors emparé de son micro alors qu’elle venait d’évoquer la mémoire de la Lyonnaise rescapée d’Auschwitz et décédée en juin dernier. « Je ne vous donne pas l’autorisation de parler au nom de ma mère ». À l’époque, la mairie de Lyon n’avait pas le moindre mot pour la dernière rescapée du train de la mort du 11 août 1944.

Un profil qui interroge

On connaît la passion historique des Verts pour le conflit israélo-palestinien. Le profil de Salah Hamouri interroge. Libéré de prison en 2011 dans le cadre d’une libération de prisonniers contre Gilad Shalit, soldat franco-israélien détenu par le Hamas, il avait été arrêté six années plus tôt parce qu’il avait été suspecté de vouloir assassiner le rabbin orthodoxe Ovadia Yosef. En 2008, il avait reconnu sa culpabilité.

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C’est aussi en 2008 qu’un « comité de soutien national » se met en place pour protester contre sa condamnation, avec des noms impressionnants : Marie-George Buffet, Noël Mamère, Christiane Taubira, Jean-Louis Bianco, Jack Lang, Olivier Besancenot, Rony Brauman, Monseigneur Gaillot. Toute ressemblance avec la liste des anciens soutiens de Cesare Battisti serait purement fortuite. Suspecté par l’Etat hébreu d’avoir repris contact avec ses petits camarades du Front populaire de libération de la Palestine (organisation reconnue par la France comme terroriste), il fut de nouveau incarcéré puis expulsé, fin 2022, vers la France, pour « défaut d’allégeance », en décembre dernier. « Je suis leur cible depuis plus de vingt ans. Ils voulaient me déporter (sic) vers la France depuis 2005. J’ai toujours refusé. Ils m’ont contraint à partir. De force. C’est pour faire un exemple, pour montrer aux jeunes générations ce qui attend ceux qui veulent leur résister », déclarait-il le 18 décembre dernier, sur le tarmac de Roissy.

Des propos qui n’annonçaient pas forcément une prise de parole apaisée si la conférence lyonnaise avait eu lieu. Né à Jérusalem d’un père palestinien et d’une mère française, Salah Hamouri n’a pas la nationalité israélienne et n’avait à l’intérieur de Jérusalem-Est qu’un statut de résident révocable. L’expulsion a provoqué l’ire du Haut-Commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, qui par l’intermédiaire de Jeremy Laurence, a rappelé qu’il était interdit d’expulser des personnes d’un « territoire occupé » et de « contraindre ces personnes à prêter serment d’allégeance à la puissance occupante ». Le 22 décembre dernier, l’hebdomadaire Marianne a publié un article intitulé « Le symbole Salah Hamouri » et qui tente un parallèle hasardeux entre le conflit israélo-palestinien et la guerre russo-ukrainienne : « Seule sa double nationalité a empêché Israël de le traiter comme l’un de ces Palestiniens anonymes que les occupants arrêtent à la moindre occasion, espérant faire taire la voix d’un peuple qui défend son droit à la souveraineté, cette valeur que certains redécouvrent avec l’invasion de l’Ukraine ».

L’éternel soupçon du clientélisme politique

Véritable menace pour la sécurité israélienne ou martyr de la cause palestinienne ? Toujours est-il que l’idée de la mairie de Lyon de recevoir Salah Hamouri a suscité l’émotion au sein de l’opposition locale.

Jérémie Bréaud, maire de Bron et conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, reproche à Grégory Doucet « d’être un maire militant d’extrême-gauche » et lui demande de devenir « enfin le maire de Lyon ». Les éléments les plus chafouins reprocheront peut-être à l’élu lyonnais de courir après les voix musulmanes à coups de clins d’œil plus ou moins discrets, au risque de mettre en péril la paix publique dans la deuxième ville de France, qui compte une communauté juive de 30 000 personnes.

Dix petits mensonges et leurs grandes conséquences

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Vers l’effondrement de la filière sucre française

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Le député Alexandre Sabatou. D.R.

Une tribune libre d’Alexandre Sabatou, député (RN) de la 3e circonscription de l’Oise.


L’annonce est donc tombée fin janvier, après la décision de la Cour de Justice européenne : le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, renonce à donner une nouvelle dérogation aux agriculteurs pour autoriser les néonicotinoïdes dans la culture betteravière à sucre. Ce renoncement du gouvernement pourrait conduire à l’effondrement de la filière, pourtant leader sur le marché européen en sucre et alcool agricole.

Rendements en baisse

L’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes dans les exploitations agricoles françaises est encore dans tous les esprits des professionnels. Couplée à la prolifération des pucerons et à la sécheresse estivale, les professionnels ont constaté concrètement une baisse de la productivité au niveau national de 23 à 30% allant jusqu’à 70% dans les zones les plus touchées selon l’institut technique de la betterave dans son bilan d’activité 2020. Près de 20 tonnes à l’hectare en moins !

D.R.

L’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes a eu des effets immédiats en déclenchant la prolifération des pucerons, vecteurs de la maladie de la jaunisse qui baisse considérablement le rendement de la plante. Une année noire pour le secteur qui a bénéficié par la suite de deux dérogations successives.

A lire aussi : 64 ans, un horizon déjà largement fictif

Pourtant, lors du débat autour de l’interdiction des néonicotinoïdes, les professionnels du secteur avaient soulevé le vrai problème : il n’existe pas d’alternative crédible, en l’état des connaissances scientifiques, à l’usage de cette substance. Si les farouches défenseurs de son interdiction parlaient vaguement d’un autre modèle d’agriculture à promouvoir tout aussi hypothétique qu’une alternative aux néonicotinoïdes, le gouvernement socialiste de l’époque a tout de même jugé opportun de les écouter en sachant pertinemment que la filière serait livrée à elle-même – qui plus est dans un monde globalisé concurrentiel. L’expérience catastrophique de 2020 a conduit aussitôt à accorder la dérogation nécessaire aux betteraviers.

Des années noires en perspective

Aujourd’hui, rien n’a changé. Par cette décision de la Cour de justice européenne, le ministre de l’Agriculture s’emploie déjà à proposer une compensation financière pour soutenir la filière qui, tous les experts le savent déjà, connaîtra de nouvelles années noires. Par cette décision, la filière sera contrainte de se réorganiser en diminuant ses terres agricoles, et en produisant d’autres produits plutôt qu’en investissant dans la betterave à sucre dont les rendements s’effondrent.

Sous couvert de bons sentiments auprès des Européens, l’Union européenne déploie une nouvelle fois toute son hypocrisie. Après le déclin de l’industrie depuis 30 ans dans les pays du marché commun européen, particulièrement visible en France, elle s’apprête à livrer les consommateurs aux marchés brésiliens, thaïlandais ou indiens ! La France, qui est par ailleurs la seule en Europe à interdire tous les néonicotinoïdes, produira peu à cause de normes uniques au monde. Mais les Européens consommeront des produits importés aux normes environnementales médiocres. Dans le cas français, le patient va mourir guéri.

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Leader du marché européen avec ses 40 000 emplois, la filière betteravière française, déjà confrontée à des difficultés bien connues, risque donc de s’effondrer face à cette concurrence déloyale. Dès cette année, la filière subira la concurrence intra-européenne notamment de l’Allemagne ou de la Pologne qui auront recours à des pulvérisations d’acétamipride. Dès cette année, les résultats de cette politique absurde produiront des effets désastreux chez nous.

Il est temps de voir les choses en face et d’agir en conséquence. Acceptons-nous la destruction de la filière sous couvert de bons sentiments ? Acceptons-nous de dilapider de l’argent public dans des aides aux betteraviers qui n’ont aucune chance de s’en sortir ? Le ministère de l’Agriculture le sait comme tous les experts. Tout cela pour importer du sucre de « partenaires » européens à la concurrence déloyale voire de pays usant des néonicotinoïdes ? Il est temps de se réveiller et de voir le monde tel qu’il est.

En Iran, le «World Hijab day», c’est tous les jours!

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Devant Sciences po Paris, lors du "Hijab day" le mercredi 20 avril 2016, une étudiante explique son point de vue sur la laïcité. Capture d'écran Youtube/ Public Sénat.

Tenter de promouvoir une journée incitant les femmes de toutes origines à porter le voile islamique pour soi-disant « lutter contre les discriminations », tel est l’objectif du world hijab day ou journée internationale du hijab. Les progressistes qui y participent ou soutiennent l’initiative se fourvoient, analyse Céline Pina. Le voile islamique est un signe de sexisme qui refuse l’égalité entre les hommes et les femmes, et qui n’est pas plus respectable que le racisme qui refuse l’égalité à raison de la couleur de la peau.


Une telle promotion ne manque pas de culot, alors même que l’Iran, à l’heure où j’écris ces lignes, massacre les femmes qui osent l’enlever et réclament d’être libres de s’en débarrasser ! Mais cela n’embarrasse pas les promoteurs du concept, dont il est d’ailleurs très difficile de retracer le parcours. En effet, le scénario de cette opération de mise en avant d’un des symboles de l’islam politique est aussi victimaire que peu crédible. L’initiative viendrait d’une citoyenne bengladi-américaine, Nazma Khan, une simple femme voilée, victime de l’intolérance de ses concitoyens américains. Pour une personne isolée, la dame a de la ressource et un sacré réseau. Au point que les figures des frères musulmans, au premier rang desquelles Recep Tayip Erdogan, soutiennent et encouragent cette « initiative » et qu’elle arrive à la promouvoir dans bien des lieux de pouvoir ou de formation des élites européennes et américaines.


Ceci n’est pas un vêtement

Il faut dire que le discours qui accompagne ce world hijab day est parfaitement compatible avec la stratégie des frères musulmans. Le voile islamique y est présenté comme une simple façon de s’habiller et sa remise en cause comme une manifestation d’intolérance, une façon de porter atteinte à la liberté des femmes. Un peu comme si les chaînes portées par les esclaves étaient érigées en accessoires de mode ! En effet le voile islamique n’est pas un vêtement, c’est un signe religieux. Peu importe les raisons et le discours de celle qui le porte. Peu importe qu’il lui soit imposé par la violence, par déterminisme, par aliénation ou qu’elle le porte par militantisme ou pour témoigner sa haine de l’occident. Sa signification est univoque et envoie un seul message à l’extérieur : la femme est impure, son corps est une provocation et en aucun cas elle ne saurait être l’égale d’un homme.

A lire aussi : À propos du voile des “hijabeuses” et de la tolérance

Le hijab dit le refus de l’égalité entre les êtres humains à raison du sexe. Ce sexisme n’est pas plus respectable que le racisme qui, lui, refuse l’égalité à raison de la couleur de la peau. Derrière cette violence faite aux femmes, c’est le refus d’accorder aux êtres humains la même dignité humaine qui est en cause. Le voile islamique est une discrimination équivalente au racisme, il est à la fois cynique et habile de tenter d’amener les femmes occidentales à le défendre au nom de valeurs qu’il piétine pourtant allégrement.

En France, parmi les premières à s’être fait piéger, des étudiantes de Sciences Po Paris ont été à l’initiative d’une journée internationale du hijab en 2016. Initiative qui causa un retentissant scandale. L’absence de courage de la direction de Sciences-po fut notable. Le sexisme décomplexé à raison de la religion a été jugé comme parfaitement acceptable au sein de l’école censée former une partie de notre élite.

Un jour fâcheux

Une élite dont on ne peut que relever l’inculture crasse. La date de la journée internationale du hijab, le 1er février, est une référence importante pour les frères musulmans, celle de l’instauration de la première théocratie. En effet cette date marque le retour de l’ayatollah Khomeini en Iran et a été érigée en Jour de la révolution islamique. C’est une date on ne peut plus symbolique et qui ne doit rien au hasard. Les acteurs de la Révolution iranienne et les frères musulmans ont en effet beaucoup de points communs. Ils partagent la même idéologie, et ont des liens historiques et politiques forts. Ces liens se sont noués bien avant 1979 et l’avènement de la révolution islamique. Navvab Safavi, fondateur du premier groupe terroriste islamiste en Iran, le Fada’iyan-e-Islam, a œuvré à rapprocher et à lier les islamistes chiites et les frères musulmans dès la fin des années 40. Il va même finir par fusionner son mouvement avec celui de son grand ami Sayyid Qutb, leader des frères musulmans en Egypte. C’est ainsi que les idées des frères musulmans se retrouveront au fondement de la République islamique d’Iran.

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L’hypocrisie de cette journée internationale du hijab prend ici toute sa dimension : si le hijab est obligatoire dans un régime théocratique islamiste comme le régime iranien, c’est parce qu’il est un instrument d’avilissement et de rabaissement de la femme. Les violences que subissent les femmes iraniennes pour vouloir simplement la liberté et l’égalité sont là pour nous le rappeler. Et pendant qu’elles meurent, subissent viols et violences sous le joug des islamistes iraniens, d’autres islamistes en Europe proposent aux femmes de tester le port du voile, discours lacrymal, victimaire et culpabilisant à l’appui. Et le pire c’est que cela marche : cette journée de valorisation de l’humiliation des femmes a fait l’objet d’une reconnaissance par l’État de New-York en 2017, la Chambre des communes du Royaume-Uni l’a mise à l’honneur la même année tandis que la chambre des représentants des Philippines l’a institutionnalisée en 2021 !

Le Frérisme et ses réseaux: l'enquête

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Causeur: Tous retraités! Le dernier rêve français

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© Causeur

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Que l’on soit pour ou contre la réforme des retraites, il faut – comme le dit Elisabeth Lévy en présentant notre dossier – « essayer de comprendre ce que ce refus quasi unanime de travailler (un peu) plus dit de nous ». La contestation massive de cette réforme traduit non seulement le désenchantement des Français à l’égard d’une démocratie représentative qui ne fabrique plus de légitimité, mais aussi notre addiction à la dépense publique. Devenus un peuple d’ayants droit, nous nous adonnons aux délices d’un individualisme financé par l’État. En oubliant que l’État, c’est les autres. Pierre Vermeren retrace l’histoire de ce désamour du travail de la part des Français. Durant des siècles, ils ont été libres de développer leur intelligence pour travailler. Mais depuis quelques décennies, les élites liquident l’industrie et l’agriculture au bénéfice de la bureaucratie. En même temps, elles accompagnent le désastre de l’École et permettent la transformation de nos jeunes en purs consommateurs électroniques, addicts de réseaux sociaux, de jeux en ligne et de pornographie numérique. Joseph François explique comment notre protection sociale, à l’origine un système d’assurance universelle, est devenue une forme d’assistanat. Si vous ne voulez pas vivre trop vieux sur le dos des jeunes, inspirez-vous de l’exemple de Cyril Bennasar. Son programme se résume en deux mots: travailler et mourir. Selon l’enseignant à Sciences Po et HEC, Julien Damon, interviewé par Gil Mihaely, nous payons aujourd’hui la décision du gouvernement Mauroy, il y a 40 ans, de faire passer l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans. Tant que ce dernier ne sera pas indexé sur l’espérance de vie, les réformes sont appelées à se répéter en vain.

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Philippe d’Iribarne rappelle l’importance de la notion d’honneur pour le travailleur français, notion qui est de moins en moins prise en compte par les entreprises et les autorités publiques. Si le travail n’occupe plus une place centrale dans la vie des Français, le directeur général de l’IFOP, Frédéric Dabi, se confiant à notre directrice de la rédaction, insiste sur le fait que ces derniers croient encore suffisamment à la valeur travail pour voir d’un mauvais œil les inactifs vivant du RSA. Que pense-t-on dans la France périphérique et à l’étranger ? Sophie Rierba a enquêté à Épernon et Dreux en Eure-et-Loir, tandis que Georgia Ray nous explique les dysfonctionnements du système espagnol. La figure mythique du travailleur, incarnant le dynamisme collectif au siècle dernier, n’existe plus, regrette Françoise Bonardel. Mais nous sommes tous un travailleur d’un type ou d’un autre : pour connaître votre profil, prenez le test – d’une fiabilité irréprochable – proposé par Céline Pina.

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Dans son éditorial du mois, Elisabeth Lévy analyse le dixième rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que le baromètre Viavoice réalisé pour accompagner sa publication. À lire ces documents catastrophistes, on pourrait croire qu’il s’agit, non de la France, mais de l’Iran ou l’Afghanistan. La raison en est le « confusionnisme délibéré créé par le terme « sexisme », improbable fourre-tout qui met sur le même plan la séduction et la violence, la goujaterie et la discrimination, la différence et l’égalité ». Jean-Michel Delacomptée poursuit sa défense de la cause des hommes en pointant les inégalités homme-femme en matière d’espérance de vie et de santé, inégalités qui favorisent les femmes mais qui sont largement ignorées par les retraites. Emmanuelle Ménard raconte sa vie à l’Assemblée, entre le retour d’Adrien Quatennens et l’échec d’une proposition pour rendre obligatoire le port d’un uniforme scolaire. L’équipe de nos chroniqueurs comprend désormais l’ex-dirigeant communiste, Olivier Dartigolles, qui, dans « Coup de rouge », nous promet de la pugnacité. Le prince Harry a publié un best-seller – à défaut de l’avoir écrit lui-même. Je mets à nu les mobiles derrière sa campagne de dénigrement de la maison des Windsor : jalousie fraternelle, cupidité et manipulation wokiste. A ceux qui déclarent que les pertes en chars des Russes montrent que cette arme a fait son temps, Gil Mihaely répond que non : le problème relève de l’erreur humaine plus que du matériel. Cet outil demeure essentiel sur un champ de bataille. Le Monde, ce quotidien dit « de référence », censé être le plus objectif possible, est plus que propalestinien, selon Benjamin Goldnadel. Benjamin Barthe, son rédacteur en chef adjoint pour l’étranger et correspondant au Proche-Orient, verse beaucoup plus dans le militantisme que le journalisme. Son épouse, Muzna Shihabi, défend ouvertement le nationalisme palestinien le plus extrême. Si le nouveau film d’Omar Sy est un film de guerre, nous explique Nicolas Levine, c’est parce qu’il fait la guerre à l’histoire et aux Français, coupables d’avoir été de méchants Blancs colonisateurs. Sarah-Louise Guille nous parle du projet de tramway à Marseille, une fausse bonne idée qui vise à relier le centre-ville aux quartiers « sensibles ». Dans le domaine de l’éducation, Sami Biasoni révèle les ravages provoqués par l’égalitarisme wokiste dans l’université suédoise, pendant que Jean-Paul Brighelli félicite Pap Ndiaye de recommander la pratique quotidienne de la dictée. Etant donné l’état actuel de l’École, Brighelli craint que ce ne soit qu’un sparadrap sur un cadavre.

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Cette année voit le 50 e anniversaire de la mort de Picasso. Pourtant, il est devenu difficile de lui rendre hommage, car c’était un homme et – pire encore – un homme à femmes. Heureusement, selon Georgia Ray, certaines des expositions qui lui sont consacrées échappent au contrôle des professionnels de la vertu. Franco-américain lui-même, Harold Hyman s’enthousiasme pour l’exposition « Art déco, France / Amérique du Nord » à la Cité de l’architecture qui célèbre non seulement l’interfécondation des deux cultures mais aussi les rapports entre l’art et la technologie. La chanteuse et comédienne, Marie-Thérèse Orain, se confie à Yannis Ezziadi. Témoin privilégié du Paris des cabarets et des music-halls, elle a connu les plus grands et les derniers feux d’une époque bénie pour la chanson française. Quant au roman français, il n’est pas mort. C’est le verdict du docteur Jérôme Leroy qui en a pris le pouls en lisant les dernières publications de Laurent Quintreau et Julien Leschiera. Celui qui est bien mort (en 2016), c’est Leonard Cohen, mais une nouvelle biographie – saluée par Sophie Bachat – le fait revivre. De toute façon, ses chansons sont immortelles. Quant au cinéma français, Jean Chauvet trouve que La Grande Magie de Noémie Lvovsky mérite son nom, tandis que le nouvel Astérix et Obélix de Guillaume Canet ne mérite que le rayon des fruits et légumes, dans le bac des navets bon marché. Gardons les plus tendres pour la fin ! Ivan Rioufol dénonce les « parvenus du progressisme » qui « crachent sur les « ploucs » et les « beaufs » suspects d’être attachés à leur mémoire collective ». Il faut compter sur « le lent réveil de la France profonde et silencieuse. Pourvu qu’elle n’arrive pas trop tard ! » Marsault nous montre le « plouc » ou « beauf » en question, celui que détestent les mondialistes, qui se fait dépouiller par les politiciens, par les immigrés et enfin par les journalistes – ceux de la gauche progressiste, bien entendu !

Leonard Cohen

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Eve et Adam

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ChatGPT, la Grande Peur de Sciences-Pipeau

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Image: Pixabay

Sciences-Po vient d’interdire l’usage de ChatGPT, l’application qui permet à tous les empêchés de la plume ou du clavier de produire en un temps record des textes bourrés d’idées reçues — de crainte sans doute, persifle notre chroniqueur, que l’on ne distingue pas les produits de l’Intelligence Artificielle et ceux de nos futurs énarques.


David Cayla, un économiste qui ne dit pas que des âneries, s’est fendu d’un tweet ravageur dès qu’il a appris que Sciences-Po avait décidé d’interdire à ses élèves l’usage de ChatGPT. « La stricte interdiction de #ChatGPT à Sciences Po révèle que cette école se sent menacée par une IA qui est capable de construire de belles phrases à partir de tout sujet, sans comprendre de quoi elle parle, et en faisant régulièrement des erreurs grossières. » Et toc.

Rappel des faits pour ceux qui sortent à peine de leur grotte d’hibernation. Chloé Woitier, journaliste Tech au Figaro, vous explique en direct live ce qu’est cette application : la capacité à générer du texte — sans grand souci d’originalité et avec une capacité réelle d’erreurs grandioses — à partir de cohortes de mots et de phrases mis en mémoire. En fait, il s’agit de ce que l’on appelle en rhétorique un texte-centon, fabriqué à partir de collages de citations. Vous en avez un joli exemple ici.

Une chance pour les tire-au-flanc

Rien de nouveau — si ce n’est la capacité à produire un résultat de façon quasi instantanée. Voilà qui nous arrange bien, se disent déjà les élèves peu besogneux qui s’aperçoivent à 7 heures du matin qu’ils ont une dissertation-maison à rendre à 10 heures. En gros, le résultat vaut une petite moyenne.

A lire aussi, du même auteur: 64 ans, un horizon déjà largement fictif

Laurence Plazanet, professeur de littérature à l’université de Clermont-Auvergne, note que « nourri de la vaste littérature disponible sur la toile, littérature qu’il remâche suivant des algorithmes statistiques et probabilistes aptes à se reprogrammer eux-mêmes, dit-on, selon des procédures que cessent de maîtriser leurs programmeurs initiaux, ChatGPT patauge dans le prêt-à-penser. » Et d’ajouter : « Pas un instant ce robot éclairé ne pense. »

Intelligence artificielle, un oxymore

Comprenons bien que ces deux mots, « intelligence artificielle », sont ce que l’on appelle en stylistique un oxymore — une contradiction en soi. Comme « obscure clarté », « nuit blanche », « homme fidèle » ou « femme intelligente »…

(C’étaient les exemples que je citais en cours pour expliquer l’oxymore. Protestations immédiates des uns et des autres, comme vous l’imaginez, mais du coup, par l’exemple provocateur, la notion s’ancrait dans les mémoires.)

Ce qu’il y a d’intelligent dans la machine y a été mis par des hommes. Lorsqu’un ordinateur vous bat aux échecs, c’est que vous êtes moins fort que la cohorte de grands maîtres qui l’ont programmé — ce qui est assez logique.

Que Sciences-Pipeau s’en émeuve est en revanche très inquiétant — et très drôle : les grandes intelligences qui nourriront les ministères et parviendront peut-être un jour au sommet (pensez, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique de Villepin appartenaient à la même promo de l’ENA) se sentent menacées par un robot qui mécaniquement débite des platitudes. « Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on n’pense pas, Monsieur, on n’pense pas », chantait Brel. La machine à débiter des lieux communs, dont Flaubert s’est si ardemment moqué dans le discours du sous-préfet (c’est dans Madame Bovary) vous est désormais accessible.

Des inquiétudes injustifiées

ChatGPT n’est pas capable de rédiger une dissertation crédible. Un enseignant un peu rodé repère immédiatement les copiés-collés que les étudiants pressés vont cueillir sur le Net (c’est simple, il n’y a soudain plus de fautes d’orthographe), et ne met pas cinq secondes pour en identifier la source. 

Il est encore moins capable de rédiger une thèse — le plus simple étant d’aller copier une thèse déjà écrite : en 2013 déjà une ministre allemande a été déchue de son doctorat (rendu 33 ans auparavant) parce qu’il avait été pompé sur un travail antérieur. Deux ans auparavant c’était le ministre de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, qui s’était vu dénoncé pour un plagiat similaire dans sa thèse de Droit. 

A lire aussi: Pourquoi l’intelligence artificielle de ChatGPT est-elle progressiste?

Et ChatGPT ne saurait pas non plus écrire un roman original. Ne vous avisez pas de le lui demander : au pire, il vous arrivera ce qui est arrivé jadis à Thierry Ardisson, dont le nègre indélicat est allé chercher un récit des années 1930 pour Pondichéry, un roman publié en 1994. Et les héritiers de l’auteur véritable ont porté plainte. Ardisson m’avait confié dans les coulisses d’une émission qu’il avait été « con » de ne pas vérifier. Mais en 1994 c’était moins facile qu’aujourd’hui, où tout se sait à la vitesse de la Toile.

La rumeur de la rue Saint-Guillaume

Que la rumeur d’un robot doué d’une vraie intelligence ait si vite enthousiasmé les commentateurs et effrayé les enseignants témoigne de notre candeur et de notre incapacité à comprendre ce qui fait l’originalité d’un travail. Ou, plus inquiétant, de notre aspiration à la paresse.

Rassurons-nous : HAL 9000 (ou Carl 500, dans la version française, pour Cerveau analytique de Recherche et de Liaison), l’ordinateur rebelle de 2001 l’Odyssée de l’espace, n’est pas pour demain.

Une preuve ? J’ai demandé à ChapGPT de répondre à cette question simple : l’IA va-t-elle remplacer l’intelligence humaine ? Et le robot m’a répondu : 

« Non, l’IA ne remplacera pas complètement l’intelligence humaine. L’IA est un outil qui peut être utilisé pour augmenter les capacités humaines et faciliter certaines tâches, mais elle ne peut pas remplacer la conscience, la créativité et l’empathie qui sont uniques à l’intelligence humaine. » Plus plat, tu meurs. On dirait de l’Annie Ernaux. 
Et le fait est que si vous supprimez de votre conversation « la conscience, la créativité et l’empathie », vous êtes bon pour être un parfait étudiant de Sciences-Po, un parfait énarque en devenir, et très probablement un excellent président de la République.

La fabrique du crétin: Vers l'apocalypse scolaire

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La potion n’est plus magique, mais amère

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Scène du film "Astérix et Obélix: L'Empire du Milieu" © Christophe Brachet

Invité sur RTL, pour la sortie de Astérix et Obélix: l’empire du Milieu, Guillaume Canet s’inquiète: « Tout le monde est conscient que si ce film ne fonctionne pas, il n’y aura plus de films [à gros budget NDLR] en France ». Il supplie le public d’aller en salles demain voir la superproduction à 65 millions d’euros. Malheureusement, le film de Canet ne peut que frustrer les amoureux des Gaulois. Ce film « moderne, dans son temps », présente des blagues qui ne sont pas à la hauteur du mordant originel de Goscinny. La potion n’est plus magique, mais amère. Létale pour le cinéma français ?


Affiche officielle

Le coup du menhir !

Le pauvre Goscinny risque de se retourner dans sa tombe à la vision de ce calamiteux nouvel épisode cinématographique des aventures de ses héros gaulois. Rien ne va, à commencer par un Gilles Lellouche qui flotte littéralement dans les larges habits du géant Obélix. Suivent un scénario sans intérêt, des gags qui tombent à plat, une surabondance d’effets numériques. Les seules répliques du film qui prêtent à sourire sont des citations pures et simples de dialogues d’Audiard. Ce qui est un comble.

A lire aussi: Comme Fabrice Luchini, aimerions-nous être de gauche?

Cerise sur ce gâteau indigeste, la description de la Chine est d’une platitude absolue : où est donc passée la causticité originelle ?

Canet doit viser le marché asiatique et fait profil bas. Tant de moyens déployés pour un résultat aussi indigeste : la potion n’est plus magique, mais amère.

Astérix et Obélix : l’empire du Milieu, de Guillaume Canet, dans les salles le 1er février.

Qatargate: les Britanniques jubilent

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Nigel Farage. Capture d'écran Twitter Le 13 décembre 2022 à l'antenne de GB news.

Quand les truculentes malhonnêtetés de membres du Parlement européen sont révélées, les Brexiters se délectent.


L’affaire de corruption au sein du Parlement européen prend de plus en plus d’ampleur. Sans surprise, cela réjouit le cœur des Brexiters et attire même les critiques des médias de gauche outre-Manche. Rappelons le premier acte de cette tragi-comédie. Le 9 décembre, suite à des perquisitions, la police belge saisit 1,5 million d’euros en liquide et procède à l’arrestation de Éva Kaïli, socialiste grecque, vice-présidente du Parlement européen, son compagnon Francesco Giorgi, assistant parlementaire, et Pier Antonio Panzeri, ancien eurodéputé socialiste. Quelques jours plus tard, le quotidien, The Daily Mail, s’en délecte en évoquant – photos glamour à l’appui – la vie de jetsetteurs du couple qui aurait mené grand train.

Le même jour, Nigel Farage, grand promoteur du Brexit et aujourd’hui chroniqueur vedette de la chaîne d’infos GB News, s’enflamme dans son émission. Celui qui avait lui-même fait l’objet d’accusations de corruption quand il était eurodéputé peste: « cette affaire, c’est le « bouquet ! » » (« this takes the biscuit »).

Une semaine plus tard, il renchérit : « le fait est, que les gros bonnets de l’UE ont construit un corps de politiciens et de bureaucrates qui constituent ce qui est, en fait, une classe à part. Et en créant cette élite, les pontes de l’UE se sont inspirés de l’aristocratie des bureaucrates les plus doués au monde : les Français ». Entretemps, le quotidien de gauche, normalement pro-européen, The Guardian, avait semblé abonder dans le sens des Brexiters, commentant : « Pourtant, quoi qu’il arrive, le scandale nuira à l’Union européenne, qui aime faire la leçon au monde sur les valeurs démocratiques, y compris les normes de la vie publique. Cette tendance à distribuer des leçons de morale ne se limite pas au Parlement. La Commission européenne s’y complait tout autant. Demandez à la Hongrie, à la Pologne – ou au Royaume-Uni ».

A lire aussi: L’Union européenne ou l’art de se tirer une balle dans le pied

Le deuxième acte est intervenu le 17 janvier, quand le parquet fédéral belge a annoncé que Panzeri, qui a effectué trois mandats au Parlement européen, avait signé un « accord de repentance » et s’était engagé, en contrepartie d’une réduction de peine, à partager des informations « substantielles » avec les enquêteurs. Le lendemain, son avocat a confirmé l’implication du Qatar et du Maroc dans le scandale de corruption, tout en niant que son client soit le cerveau de l’opération. « M. Panzeri avoue avoir participé activement à des actes de corruption en lien avec le Qatar et le Maroc, avoir été corrompu et avoir corrompu lui-même d’autres personnes ». Prétextant le secret de l’instruction, il a refusé toutefois de confirmer si d’autres pays étrangers étaient impliqués. Or, le 20 janvier, le site en ligne de la revue allemande, Der Spiegel, a publié un reportage détaillé et accablant sur l’affaire après avoir consulté les 1300 documents officiels de cette enquête internationale. Le groupe auquel Panzeri appartenait – ou qu’il dirigeait – a pu bénéficier pendant des années de pots-de-vin du Qatar et du Maroc, mais aussi de la Mauritanie et peut-être de l’Arabie Saoudite. Selon l’eurodéputée allemande écologiste, Viola von Cramon, plusieurs pays ont systématiquement acheté de l’influence au Parlement – non seulement le Qatar et le Maroc, mais aussi la Russie, le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan. Les eurodéputés ne sont pas au bout de leurs peines.

Au moment où la présidente du Parlement, la Maltaise Roberta Metsola, présentait son plan d’action en 14 points pour lutter contre la corruption, la nouvelle est tombée qu’elle n’avait pas déclaré dans les temps 125 des 140 cadeaux qu’elle avait reçus entre février et novembre 2022. Pendant le même temps, d’autres eurodéputés se sont empressés de déclarer des cadeaux, dont certains aussi importants que des voyages internationaux, qu’ils avaient oublié de mentionner avant la date limite. Sans surprise, un autre tabloïd britannique, The Daily Express, n’a pas hésité à jubiler. En tant que présidente, Mme Metsola n’est cependant pas obligée officiellement de faire de telles déclarations et le fait seulement selon une coutume – explication qui n’est toutefois pas de nature à dissiper les soupçons dont le système parlementaire européen fait désormais l’objet.

Que les Brexiters et d’autres au Royaume-Uni pavoisent est peut-être quelque chose de banal. Le problème, cette fois, c’est que leurs critiques, doutes et railleries au sujet de l’UE semblent, au moins en partie, justifiés.

«Sensitivity readers»: bienvenue dans le meilleur des mondes littéraires

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L'auteur de livres pour enfants Laura Nsafou, relectrice en sensibilité à ses heures perdues, réfute l'idée de “police de la pensée”. Capture d'écran YouTube / Le Monde

Le wokisme déploie son emprise sur l’édition en France. Aux États-Unis, rares sont les maisons d’édition qui résistent encore aux nouveaux ayatollahs, en conséquence de quoi la littérature américaine s’appauvrit et ne sera bientôt plus qu’un champ de ruines littéraires et de récriminations victimaires…


« La littérature, c’est cette barque sur les houles nocturnes dont rêve Céline sur sa fin. L’embarquement. L’esquif ! Le bateau chargé des meutes humaines, prêt à appareiller, à quitter les rives pour, sur le Styx, s’éloigner » Philippe Muray.

Comme la plupart des cochonneries wokistes, celle-ci nous vient encore des États-Unis d’Amérique. Les « sensitivity readers » se multiplient de l’autre côté de l’Atlantique, expurgent des livres anciens ou contraignent des auteurs contemporains à revoir leurs ouvrages afin de « n’offenser personne » et d’éviter des accusations de racisme, de sexisme, de « validisme » ou de grossophobie. Cette nouvelle censure est en train de s’installer chez nous.

Un vaste toilettage idéologique est en cours

Il y a quelques années sont d’abord apparus des « sensitivity readers » (ou « lecteurs de sensibilité ») pour les livres pour la jeunesse. Celle-ci avait été jusque-là confrontée à des abjections que le nouveau monde allait s’efforcer d’effacer : un prince embrassant une Belle au bois dormant sans son consentement, des personnages antipathiques avec la peau rouge ou noire, des femmes méchantes comme des sorcières, ou des handicapés, pardon, des « personnes en situation de handicap » hypocrites ou menteuses – les associations représentant les « minorités » dénoncèrent les « stéréotypes » ou les « offenses » faites aux femmes, aux Amérindiens, aux Noirs, aux sourds, etc. Depuis, les livres d’enfants, mais aussi les bandes dessinées et les films d’animation, subissent une grande opération de toilettage idéologique.

À lire aussi: Mince! Un premier roman sur la grossophobie

Quand l’opération en question s’avère trop compliquée, on interdit carrément les œuvres. C’est ainsi que, suite à la plainte d’une mère d’un élève métissé, Huckleberry Finn de Mark Twain et Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee ont été retirés des écoles de Virginie au motif qu’on y trouvait à de nombreuses reprises ce que les Américains appellent maintenant, novlangue oblige, le « n-word », c’est-à-dire le mot « nigger » (nègre). Incapables de contextualiser le vocabulaire d’une époque, incultes, les associations qui soutinrent cette mère dans son « combat » ignoraient apparemment que les deux livres incriminés, en plus d’être des chefs-d’œuvre littéraires, mettent souvent en relief les difficultés sociales des Noirs américains descendants d’esclaves et dénoncent le racisme.

Les dix petits nègres renommés Ils étaient dix

Le temps est venu de nettoyer la littérature, toute la littérature. L’ancienne et la nouvelle. Le plus célèbre des romans d’Agatha Christie ne s’intitule plus Les dix petits nègres mais Ils étaient dix. Les plus prestigieuses universités américaines et anglaises caviardent les livres de leurs bibliothèques ou ajoutent des notes pour prévenir de l’aspect « offensant », supposément raciste, sexiste ou LGBTphobe de tel passage de tel livre. Sous la pression des lobbies, les maisons d’édition américaines embauchent de plus en plus de « sensitivity readers », de crainte de subir la vindicte des groupes de pression ou, pire, de se retrouver devant les tribunaux. Si Tocqueville avait bien senti ce qu’il allait advenir de cette démocratie égalitaire jusqu’à la pointe des cheveux et peu encline à laisser un peu de liberté s’échapper du filet égalitariste – « L’Inquisition n’a jamais pu empêcher qu’il ne circulât en Espagne des livres contraires à la religion du plus grand nombre. L’empire de la majorité fait mieux aux États-Unis : elle a ôté jusqu’à la pensée d’en publier » [1] – il ne pouvait imaginer que cette majorité allait se fragmenter en minorités wokistes se disant chacune victime, opprimée, exploitée depuis la nuit des temps par un ennemi commun : l’homme blanc hétérosexuel. Après avoir obligé les médias, les universités et les bibliothèques au nettoyage des œuvres les plus anciennes, ces minorités préparent le terrain idéologique pour une prochaine littérature synthétique, chimiquement et wokistement pure. Aux États-Unis, rares sont les maisons d’édition qui résistent aux nouveaux ayatollahs, en conséquence de quoi la littérature américaine s’appauvrit et ne sera bientôt plus qu’un champ de ruines littéraires et de récriminations victimaires.

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Les « lecteurs de sensibilité » arrivent en France. Cela se fait insidieusement, par petites touches, comme d’habitude. La décolonialiste Maboula Soumahoro, après avoir fait une partie de ses études à New-York et dénoncé le fait qu’elle était en France « un corps noir évoluant dans une société aveugle à la race », a développé la notion de « charge raciale ». Elle a donc été sollicitée et rémunérée pour aider au choix de la meilleure traduction possible (c’est-à-dire n’offensant ethniquement personne) pour le titre du livre de la romancière américaine Daphne Palasi Andreades, Brown girls, devenu, dans la novlangue éditoriale, Les filles comme nous. Dans Le Monde, Maboula Soumahoro considère que cela relève d’une question de « bon sens, d’honnêteté et de recherche de qualité ». Non, cela relève de ce qu’on appelle le wokisme, ici de son versant racialiste. Et cela n’a rien à voir avec le bon sens ou l’honnêteté qui, eux-mêmes, n’ont rien à voir avec la littérature.

La militante radicale Maboula Soumahoro en 2012 © BALTEL/SIPA

On ne relit que pour votre bien

En tout cas avec ce que nous, nous entendons par littérature. Cela ressemble assez, en revanche, à la conception déconstructiviste mise en avant par l’écrivain Laura Nsafou, relectrice sensible, très sensible à ses heures perdues, dans les colonnes des inénarrables Inrocks: « L’idée est simplement de veiller à ce qu’il n’y ait pas de propos sexistes, racistes, homophobes ou validistes dans un roman. Si des personnes estiment qu’une œuvre va perdre en qualité parce qu’il n’y a pas de propos discriminants dedans, on se demande quelle littérature ils défendent. » Nous, ce que nous nous demandons, c’est si Mme Nsafou sait ce qu’est la littérature, si elle sait faire la distinction entre un roman et un livre de rééducation politique. Apparemment, non. Idem pour une dénommée Cordélia, « autrice et youtubeuse » spécialisée dans la littérature LGBT (sic), qui écrit (mal) dans les mêmes Inrocks : « Le monde de l’édition est très uniforme, très privilégié, très blanc, très hétéro, très cisgenre. Leur avis est supposé objectif, alors que celui des minorités serait biaisé par leur expérience personnelle. Le sensitivity reading est au final une aide pour les auteur·ice·s ne vivant pas les discriminations et oppressions sur lesquelles ils et elles écrivent. » En Chine maoïste, les Gardes rouges considéraient que le monde des intellectuels et des universitaires était trop uniforme, trop privilégié, trop conservateur, trop ignorant des discriminations et des oppressions que le peuple chinois avait subies sous les prédécesseurs du Grand Timonier. Ces révolutionnaires « aidaient » les écrivains et les intellectuels en les rééduquant d’une manière infiniment plus brutale que nos « sensitivity readers » qui se contentent de censurer en corrigeant, en javellisant, en expurgeant les œuvres – mais le principe totalitaire est le même.

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Dans le roman de Patrice Jean, L’homme surnuméraire, après avoir réduit Voyage au bout de la nuit à « une plaquette d’à peine vingt pages, dont le contenu guilleret, printanier et fleuri, n’aurait pas choqué les séides les plus soumis au politiquement correct », un des personnages invente le verbe « céliner ». « Lorsque Beaussant m’informait qu’il avait céliné une œuvre, c’est qu’il n’en restait, dans le volume et dans l’esprit, presque rien », écrit le narrateur.

L’auteur, facétieux, imagine de nouvelles collections : « Littérature humaniste », « Belles-Lettres égalitaires » ou « Romances sans racisme ». C’est ce vers quoi, dans la vie réelle cette fois, nous allons tout droit. Expurgés, nettoyés, wokisés à mort, de prochains romans de qualité médiocre ne pourront se vanter que de « n’offenser personne ». Ce sera doux comme du papier toilette, aussi ennuyeux que le dernier Ernaux (Le jeune homme, aussi soporifique que les précédents ouvrages de notre commissaire politico-littéraire, présente toutefois l’avantage, sans avoir été « céliné », de ne comporter que 28 pages), politiquement irréprochable, littérairement abominable, mais cela plaira, il y aura des lecteurs pour ça ; on peut même craindre qu’il y aura de plus en plus de lecteurs pour ça – l’Éducation nationale et les médias avides de vide y travaillent. Un jour, adviendra réellement le meilleur des mondes littéraires, un monde lisse, inoffensif et uniforme destiné à des individus Deltas heureux, « sans émotions violentes », ignorant Othello, la mort, « la passion et la vieillesse », et disposant du soma (la drogue) pour surmonter les rares moments de vague à l’âme [2]. Dans ce monde néantisé, comment pourrait encore subsister ce que nous, nous appelions littérature ?

Le meilleur des mondes

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[1] Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Éditions Garnier-Flammarion.

[2] Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, Éditions Pocket.

Comme Fabrice Luchini, aimerions-nous être de gauche?

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Fabrice Luchini pendant la 33e Nuit des Molières à Paris, le 31 mai 2022 © ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

L’acteur Fabrice Luchini, histrion génial, assure dans les colonnes du Parisien avoir échoué à l’examen!


Qu’on se rassure : Fabrice Luchini aimerait « être de gauche » mais il ne peut pas l’être « parce qu’il faut des qualités de supériorité morale et psychique que je n’ai pas ». Comme souvent avec Fabrice Luchini dans ses exercices médiatiques, derrière une forme de dérision, il y a de la réflexion. Dans cette saillie il y a à creuser…


D’autant plus que cela faisait longtemps que Fabrice Luchini n’avait pas été à ce remarquable niveau qui lui a permis de développer ses réponses avec brio et gravité. Sur des sujets aussi divers que le bonheur, l’amitié, son rapport avec sa fille, sa conception de l’amour, la politique, le reproche d’être un histrion médiatique, sa mère, sa sociabilité, il se révèle, sans afféterie ni comédie. Et dans une vérité d’autant plus convaincante qu’à l’évidence, il ne joue pas le rôle d’une personnalité voulant à tout prix être singulière.

Examen de conscience

C’est à cause de cette parfaite réussite de l’entretien sur le fond que sa phrase sur son inaptitude à être « de gauche » m’a frappé. Elle a le mérite de faire son chemin dans les têtes et de contraindre à un examen de conscience qui incite à chercher, derrière les convictions, s’il n’y a pas autre chose qui justifie les choix politiques.

A lire aussi : La corrida n’est ni de gauche ni de droite

Fabrice Luchini met l’accent sur cette perception que les tenants de la gauche auraient un air de supériorité intellectuelle et morale, comme s’ils étaient, eux, forcément du bon côté de la vie civique et de la démocratie. Il semble alors que les gens de droite, pas suffisamment assurés d’eux-mêmes, partent d’emblée avec un handicap : celui d’être désaccordés d’avec le progrès, la générosité et le partage. Il va leur manquer forcément ce qui constitue le signe éclatant de l’idéologie pour laquelle le pessimisme est une honte, le peuple un risque et le désir de sécurité une aberration.

Fabrice Luchini, à sa manière inimitable, nous déclare qu’il est évidemment trop pécheur pour oser se dire de gauche. Il se moque mais met en exergue la difficulté de tout dialogue non seulement avec un contradicteur politique, mais surtout avec le militant de gauche : point de salut en dehors de celle-ci. Le doute une tare, la nuance une hérésie, l’écoute de l’autre une dérive, la tolérance une horreur et la violence une tentation. Pour être de gauche, il faut passer un examen : est-on digne de l’être ? Montrer patte blanche et orthodoxie. La ligne, rien que la ligne. Fort heureusement, je n’ai pas cessé de faire la politique buissonnière et je n’ai jamais désiré être de gauche. Globalement. Au détail, pourquoi pas, mais alors avec modération.

Libres propos d'un inclassable

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«Vaincre ou mourir»: derrière les zélés historiens inquisiteurs, la gauche radicale

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Vaincre ou mourir est sorti ce 25 janvier dans les salles. © CHRISTINE TAMALET/SAJE DISTRIBUTION

Il est intéressant de regarder quels intellectuels ont donné du grain à moudre à la presse de gauche pour dézinguer le film Vaincre ou Mourir consacré à Charette et 1793…


Voir dans un même élan Libération, Télérama ou encore Le Monde se pousser des coudes, afin de désigner celui qui cracherait le plus fort et le plus longtemps sur Vaincre ou Mourir, a en réalité quelque chose de jouissif. Les traits sont tellement grossiers, les critiques tellement abjectes, que les papiers dégoulinent de bile enragée !  Leurs auteurs descendraient en ligne directe des assassins du Comité de Salut Public ou des milliers de bourreaux qui ont répandu le sang de centaines de milliers de Français, femmes, enfants innocents pendant la Terreur, qu’on n’en serait pas plus étonné.

La presse ne s’est pas contentée de dénigrer la qualité de « Vaincre ou mourir ». Elle accuse le film de véhiculer une idéologie, ce qui est habituellement une chasse gardée de la gauche.


C’est somme toute, logique : si, 230 ans après la Révolution, des millions de visiteurs viennent chaque année visiter le Parc du Puy du Fou, sachant pertinemment quoi y trouver, et quelle flamme du souvenir est entretenue là-bas, il n’y a rien d’étonnant à ce que quelques enragés déplorent encore aujourd’hui que l’on n’ait pas totalement exterminé les Chouans et les Vendéens, et avec eux, tous les Français courageux qui se sont rebellés contre les sanglants révolutionnaires.

Des militants politiques engagés dans la présidentielle

Mais on est en même temps peinés de voir combien ces inquisiteurs zélés manquent d’arguments. Pour tenter de faire tomber encore et encore des têtes, ils répètent en boucle, telle une litanie, ce qu’ils ont lu dans leur Bible le Puy-du-Faux (Les Arènes éditions).

A lire aussi, Didier Desrimais: Dans les colonnes infernales de “Libé”, on incendie un film sur la guerre de Vendée

Enfin, lu, probablement pas, vu les chiffres de ventes calamiteux de l’ouvrage collectif des « historiens » Florian Besson, Pauline Ducret, Guillaume Lancereau et Mathilde Larrère. Malgré le battage médiatique inégalé dont ils ont bénéficié à la sortie de Le Puy-du-Faux (16900 références sur Google !), il ne s’en est écoulé que… 6 000 exemplaires, dont une bonne moitié acquise par des militants bibliothécaires zélés. En consultant les registres de certaines médiathèques en ligne, on est à peine étonné d’apprendre que l’ouvrage n’est parfois… jamais sorti des rayons.

Rien d’étonnant à cela : en réalité, Le Puy-du-Faux n’est pas un livre d’histoire, issu d’un travail d’historiens, mais un mauvais pamphlet politique rédigé par des militants de la gauche radicale ! Florian Besson, Guillaume Lancereau et Mathilde Larrère sont en effet coutumiers du fait : on leur doit aussi l’ouvrage Zemmour contre l’histoire, paru en février 2022 (juste avant Le Puy-du-Faux, voilà des auteurs prolixes, dévoués à la cause politique). Un ouvrage paru, lui aussi, bah voyons, en pleine campagne présidentielle. Un autre pamphlet qui, cela ne s’invente pas, est édité dans la collection « Tracts » de Gallimard. Sachant que l’ouvrage (pardon, le « Tract ») fait… 64 pages, auxquelles il faut soustraire la garde et le sommaire, et qu’ils ont eu besoin d’être douze pour accomplir ce devoir citoyen, cela donne une copie double à peine par prof d’histoire, moins long à pondre qu’un discours de Mélenchon à subir….

Mélenchon, justement : Mathilde Larrère en est l’un des plus fervents soutiens, après être passée par le Parti de gauche. Pour elle, l’histoire est ni plus ni moins un instrument politique. Mathilde Larrère soutient que “dire que l’histoire est neutre, c’est une grande arnaque pour faire passer une histoire de droite”. Autrement dit, elle assume parfaitement construire une histoire politisée, destinée à servir ses idéaux politiques. On imagine aisément ce que la donzelle pense de la monarchie, ou de l’empreinte du christianisme sur l’Occident. Si elle avait vécu aux époques dont elle parle, et se prétend experte, c’est du côté des barbares et des envahisseurs païens qu’elle aurait planté sa tente…

La religion chatouille aussi Guillaume Lancereau, spécialiste auto-proclamé de la Révolution Française. On sait quelle culotte il n’aurait pas porté pendant la Terreur. Interrogé sur le film par l’émission Quotidien (TMC), qui l’a emmené à une avant-première, il s’étonne face caméra qu’il “n’y ait pas d’autre religion que la religion catholique dans le film”. On admire l’expert, qui ignore quelles régions étaient protestantes dans la France du XVIIIe siècle… Un peu plus au sud Guillaume, un peu plus au sud ! Ou bien alors peut-être souhaitait-il que Puy du Fou Films ajoute des guerriers bouddhistes ou hindous, bardés de breloques et de boucles d’oreilles improbables, à son image ?

Cueilli devant le cinéma, notre ami Guillaume ne trouve rien d’autre à reprocher au film que l’omniprésence de la religion catholique. À tel point qu’il se surprend même à déclarer à la caméra de Quotidien “qu’on n’est pas dans un discours qui falsifie l’Histoire. C’est un discours qui raconte à partir d’éléments relativement vrais l’histoire qu’il a envie de raconter, l’histoire du peuple éternel de Vendée qui se serait dressé pour ses valeurs éternelles, la Royauté d’un côté, la religion catholique de l’autre”. Sous le charme du film, le jeune Guillaume est.

Des « historiens » jaloux du succès du Puy du Fou

« Quand on paye 15 euros des expertises au tarif d’une femme de ménage, on a des expertises de femme de ménage », dénonçait le psychologue Jean-Luc Viaux au procès d’Outreau. Quand on demande à des militants de la gauche radicale déguisés en profs d’histoire et en universitaires de pondre un bouquin visant à démontrer que le Puy du Fou prêche le faux, on obtient un salmigondis d’idées reçues, de jugements à l’emporte-pièce et de démonstrations bancales. Le tout largement badigeonné d’aigreur, teintée d’admiration. Nos experts se sont en effet rendus deux jours sur le Parc, et en sont revenus avec « des étoiles plein les yeux » (déclaration à StreetPress). Et même, jaloux, au dernier stade (ce qui n’est jamais bon pour écrire sereinement sur un sujet…) « parce que c’est très réussi et très jouissif », confesse Mathilde Larrère !

Et de rêver de faire un contre Puy du Fou, Guillaume Lancereau « proposant un spectacle qui contiendrait les circulations transculturelles et géographiques au tout début de la modernité ». Rien qu’à lire le synopsis, on trépigne d’impatience. Ce monument, quand le visite-t-on ? En définitive, que Libération, Télérama ou encore Le Monde aient recours à un quarteron de Mousquetaires sans panache, pour tenter d’égratigner Vaincre ou Mourir, en en faisant la seule et unique source du fiel de leurs articles n’est finalement que de très logique. Et jouissif…