Notre chroniqueur revient sur le meurtre de Quentin, trop français pour le système, selon lui. Le procureur de la République de Lyon prendra la parole vers 15 heures. S’il s’avère que les meurtriers étaient bien membres de la Jeune Garde, le fameux groupe « antifa » dont Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse, est le cofondateur, le parti de Jean-Luc Mélenchon pourrait connaître une grave crise.
C’est reparti ! La perspective présidentielle attise les ambitions. Mais la valse des egos est surannée. Jeudi soir, sur TF1, c’est Bruno Retailleau (LR) qui a annoncé sa candidature, tandis que Quentin Deranque sombrait dans un coma mortel après son lynchage par des « antifas » à Lyon. « Je veux que la France se relève », explique aussi Retailleau dans le Figaro Magazine. Dans le même hebdomadaire, Éric Zemmour se présente comme « l’incarnation de cet immense mouvement en France » qu’est le réveil d’un peuple qui ne veut pas mourir. Mais sont-ce bien ces immodesties de sauveurs autodésignés qu’attendent les Français ? La prestation de Retailleau a fait partir 700.000 téléspectateurs, selon Le Parisien de samedi. Zemmour, que Sarah Knafo présente comme « l’homme de l’histoire », reste dans l’étiage des sondages.
Les craintes identitaires françaises délégitimées depuis trop longtemps
Rien de s’enclenchera tant que les oubliés ne seront pas appelés en renfort. Les «moi» et les «je» des prétendants, aussi brillants soient-ils, ne sont plus opérants. Les bernés ont suffisamment donné dans le registre de l’enflure. L’homme providentiel est une chimère. Il n’y aura pas de « moment gaullien » en 2027 car il n’y a plus de « Grands Hommes ». La Ve République offre un costume trop grand. D’ailleurs, Retailleau analyse cette situation quand il dit : « Je redonnerai au peuple le pouvoir de décider ». Cependant, promettre de « renverser la table » oblige à fédérer préalablement les colères françaises. Or la société éruptive, cette révolution conservatrice qui rebute la droite centriste et populophobe, reste laissée à elle-même. Avant d’entrer dans la course, le candidat devrait apprendre plus humblement à dire « nous ». La crise de la démocratie force à entendre le parti du peuple, ce « front populiste » appelé à co-écrire une histoire française avec des élites qui le suivent enfin.
Une guerre civile est à conjurer. Elle est l’autre éléphant dans le salon, à côté de l’immigration invasive. A force de délégitimer les craintes identitaires des autochtones et de s’attendrir sur les minorités agressives, les partis conformistes, Emmanuel Macron en tête, ont fait des nationaux des cibles à abattre. La partie molle des Républicains demeure dans cette débandade, quand ses membres refusent l’union avec Éric Ciotti ou Marine Le Pen.
C’est pourri, c’est LFI ?
Quentin Deranque, 23 ans, a été tué parce qu’il protestait contre la mainmise de la gauche totalitaire sur l’enseignement supérieur. Il protégeait les jeunes femmes occidentales du mouvement Némésis, venues dénoncer la présence de Rima Hassan à Sciences-Po à l’aide d’une banderole : « Islamo-gauchistes hors de nos facs ». Outre une militante brutalisée, Quentin a été tabassé, à terre, par des nervis de la députée LFI, antisioniste et anti-France.
La semaine dernière, c’est un djihadiste français, Brahim B., qui a été tué par la Garde Républicaine après s’en être pris, sous l’Arc de Triomphe, à des gendarmes qu’il voulait « flinguer ». Dans les deux cas, la terreur a des liens avec Jean-Luc Mélenchon et ses alliés de l’islam radical. La haine de la France française fédère les islamo-gauchistes, qui entendent faire pression sur les votes à venir. Aussi revient-il aux Français de se défendre, sans attendre le réveil des politiques. Pourquoi pas une manifestation de masse en souvenir de Quentin, tué pour avoir défendu son pays ?
Selon Randy Yaloz, Republicans Overseas, l’intervention du Secrétaire d’Etat de Donald Trump, samedi, était une invitation au réalisme transatlantique. La France doit saisir cette opportunité pour redéfinir un partenariat fondé non sur les habitudes du passé, mais sur les réalités du XXIᵉ siècle, estime-t-il.
Le discours du secrétaire d’État américain Marco Rubio à la Conférence de Munich sur la sécurité constitue un moment révélateur de l’évolution de la politique étrangère américaine sous la présidence de Donald Trump. Pour les dirigeants français et européens, il ne s’agit pas simplement d’une intervention diplomatique de plus, mais d’un signal stratégique sur la direction durable des relations transatlantiques. Ce discours n’était ni une rupture brutale ni un simple exercice de communication. Il s’inscrit dans une continuité idéologique avec les priorités du mouvement républicain actuel, tout en adoptant un ton plus conciliant que certaines déclarations précédentes. Rubio a insisté sur les racines communes entre l’Europe et les États-Unis, qualifiant l’Amérique « d’enfant de l’Europe », tout en maintenant des positions fermes sur l’immigration, le commerce et les institutions internationales.
Une doctrine plus réaliste et centrée sur l’intérêt national
Le message central de Rubio à Munich reflète une évolution vers une politique étrangère américaine plus réaliste et axée sur les intérêts nationaux. Selon plusieurs analyses, il a remis en cause l’idée que le libre-échange et l’ordre international libéral suffisent à garantir la paix et la prospérité. Cette vision marque une rupture avec les décennies d’internationalisme bipartisan qui ont caractérisé la politique américaine depuis la fin de la guerre froide. Rubio a également évoqué les effets négatifs de certaines politiques commerciales sur l’industrie américaine et a laissé entendre que les États-Unis pourraient agir de manière plus unilatérale si leurs intérêts fondamentaux étaient menacés.
Pour les Européens, cela confirme une tendance déjà perceptible : Washington continuera de privilégier ses priorités économiques et sécuritaires, même au prix de tensions avec ses alliés.
Un ton apaisant, mais des divergences persistantes
Si le fond du message est resté fidèle aux orientations de l’administration Trump, le ton adopté à Munich a été nettement plus conciliant. Plusieurs observateurs ont noté que Rubio cherchait à réparer une relation transatlantique fragilisée, notamment après des discours plus durs de responsables américains les années précédentes. Il a souligné que les États-Unis et l’Europe restent unis et a exprimé le souhait de renforcer la coopération, malgré les différends. Cependant, les réactions européennes ont montré une certaine méfiance. Des responsables de l’Union européenne ont rejeté les critiques américaines sur l’immigration et la prétendue « érosion civilisationnelle » du continent.
Cette dualité — ton amical, désaccords substantiels — caractérise désormais la relation transatlantique.
Un contexte de tensions structurelles
Le discours de Rubio s’inscrit dans un contexte où les relations entre les États-Unis et l’Europe ont été mises à l’épreuve par des désaccords sur le commerce, l’Ukraine, la défense et la souveraineté stratégique.
Depuis le début du second mandat de Donald Trump, Washington a adopté une approche plus transactionnelle envers ses alliés, notamment sur les dépenses de défense et les questions commerciales. Ces tensions ont poussé certains dirigeants européens à accélérer les discussions sur l’autonomie stratégique et le renforcement des capacités de défense européennes.
Ce que la France et l’Europe devraient comprendre
Pour la France et ses partenaires européens, quatre leçons principales se dégagent du discours de Munich. Premièrement, le changement américain est durable. La doctrine exposée par Rubio ne doit pas être perçue comme une parenthèse politique, mais comme l’expression d’un courant profond dans la société américaine. Une politique étrangère davantage centrée sur les intérêts nationaux, la souveraineté économique et la sécurité des frontières bénéficie d’un soutien électoral réel aux États-Unis. Deuxièmement, l’alliance transatlantique demeure, mais sous conditions. Rubio a clairement indiqué que Washington souhaite continuer à coopérer avec l’Europe. Cependant, cette coopération sera de plus en plus conditionnée à un partage des charges, à des politiques commerciales perçues comme équitables et à une convergence stratégique sur les grands enjeux. Troisièmement, l’Europe doit renforcer son autonomie sans rompre l’alliance. Le discours de Munich confirme que les Européens ne peuvent plus dépendre exclusivement du parapluie américain pour leur sécurité. Mais il ne justifie pas une rupture avec Washington. Au contraire, une Europe plus forte militairement et économiquement peut devenir un partenaire plus crédible et plus respecté aux yeux des États-Unis. Quatrièmement, la question iranienne reste un test stratégique majeur. Dans la vision républicaine actuelle, la stabilité du Moyen-Orient ne peut être assurée tant que le régime des mollahs à Téhéran poursuit une politique d’expansion régionale et de confrontation avec l’Occident. Une évolution interne de l’Iran, portée par une révolution du peuple iranien et l’émergence d’un gouvernement plus représentatif et moins idéologique, est perçue par de nombreux responsables américains comme un élément clé d’un nouvel équilibre régional. Dans cette optique, la politique étrangère de Donald Trump ne se limite pas à des accords ou à des sanctions ponctuelles, mais vise à créer les conditions d’un changement durable, qui bénéficierait non seulement aux Iraniens eux-mêmes, mais aussi à la sécurité de l’Europe et des États-Unis.
Une opportunité pour un nouveau réalisme transatlantique
Plutôt que d’interpréter le discours de Rubio comme une menace, la France et l’Europe devraient y voir une invitation à un nouveau réalisme transatlantique.
Les États-Unis n’abandonnent pas l’Europe, mais attendent d’elle qu’elle assume davantage de responsabilités et qu’elle prenne au sérieux les préoccupations américaines en matière d’immigration, de commerce et de sécurité. La relation transatlantique a toujours évolué avec les changements politiques de part et d’autre de l’Atlantique. Le discours de Munich montre que cette relation n’est pas terminée, mais qu’elle entre dans une phase plus pragmatique, plus exigeante et potentiellement plus équilibrée.
Pour la France, qui a toujours défendu à la fois l’indépendance stratégique et l’alliance occidentale, ce moment constitue une opportunité : celle de redéfinir un partenariat transatlantique fondé non sur les habitudes du passé, mais sur les réalités du XXIᵉ siècle.
Une vaste affaire mêlant accusations de pédocriminalité, réseau sexuel organisé et transmission volontaire du VIH provoque la stupeur au Sénégal. Plus d’une dizaine de personnes ont été arrêtées à Dakar, soupçonnées d’avoir participé à un réseau pédocriminel présumé, orchestré par un septuagénaire français. Derrière ce scandale judiciaire, c’est aussi la question explosive du traitement des droits LGBT qui ressurgit, révélant les profondes fractures d’une société musulmane qui passe son temps à pointer la prétendue responsabilité de l’Occident…
C’est une affaire qui a fait les principales manchettes des quotidiens sénégalais. Tous oscillant entre consternation et horreur face à l’ampleur des révélations étalées dans la presse locale.
Le 7 février 2026, la gendarmerie de Keur Massar, département situé dans la presqu’île du Cap-Vert, à l’est de Dakar, a révélé avoir procédé à l’arrestation d’une douzaine de personnes, issues de toutes les tranches de la société civile, dont deux célébrités locales : l’animateur de télévision de l’émission Quartier Général sur la chaine TFM, Pape Cheikh Diallo, ainsi que le chanteur Djiby Dramé.
Elles sont toutes accusées par la justice sénégalaise « d’association de malfaiteurs, actes contre-nature, transmission volontaire du VIH sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui », traduisez : coupables de fornication entre personnes de même sexe. Dans un communiqué rapidement publié sur ses réseaux sociaux, Stop Homophobie a exprimé ses inquiétudes après l’emprisonnement des incriminés, avant de dénoncer des arrestations jugées arbitraires et stigmatisantes, regrettant que les « relations sexuelles entre adultes consentant restent criminalisées » au Sénégal.
Une affaire internationale embarassante
Loin des cris d’orfraie de cette association bien connue, basée à Paris, la Division des investigations criminelles (Dic) a également arrêté 14 autres personnes. Toutes en lien supposé avec les premières interpellations dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Pierre R.», du nom de ce Français de 73 ans qui serait compromis dans ce dossier qui tient tout du sordide pour les commentateurs sénégalais. Présenté comme « un riche homosexuel », le quotidien Le Soleil affirme que ce Beauvaisien, ayant fait de fréquents séjours dans le pays, « aurait payé des Sénégalais pour contaminer d’autres homosexuels au VIH/Sida ». Désigné comme « la tête d’un réseau spécialisé dans la production des vidéos dans lesquelles des enfants étaient violés », comme le rapporte dans ses colonnes le Courrier Picard, ce serait plus de 150 enfants qui auraient été victimes de ce vaste système pédocriminel.
Selon la Deutsche Welle, « de jeunes garçons auraient été transformés en objets sexuels, contraints d’avoir des rapports non protégés, filmés et monnayés avec des hommes pour la plupart séropositifs ». Qualifiée de « bombe sanitaire et judiciaire » par le quotidien L’Info, l’affaire révèle des faits d’une extrême gravité qui perdurent depuis 2017. Connu de la justice, « Babtou Peter », le surnom donné à Pierre R., a été interpellé en France l’année dernière et mis en examen « pour traite d’êtres humains, proxénétisme aggravé et viol sur mineur de 15 ans », rapporte Le Monde. C’est dans le cadre de cette enquête menée sur le territoire français que des liens avec le Sénégal ont été établis, conduisant la justice sénégalaise à mener ce qu’elle décrit comme un vaste « coup de filet » anti-pédophile.
Une affaire particulièrement sensible qui a ravivé des tensions profondes dans le pays de la Teranga, où la confusion entre pédophilie et homosexualité est régulièrement entretenue par certains médias locaux, prompts à vouer à la vindicte populaire tout Sénégalais suspecté d’être « inverti ».
Une loi répressive datant du régime de Vichy
Le Sénégal dispose en effet de l’une des législations les plus sévères d’Afrique de l’Ouest à l’égard de l’homosexualité. L’origine de ce cadre juridique remonte à 1942, lorsqu’une loi réprimant les relations sexuelles entre personnes de même sexe fut instaurée sous le régime de Vichy dans cette colonie française, soumise à l’influence de leaders religieux musulmans et dans un contexte marqué par un fort conservatisme moral parmi les colons.
Au moment des indépendances, les nouvelles autorités sénégalaises ne remettent pas en cause cette législation, qui sera au contraire maintenue puis progressivement renforcée au fil des décennies. En 1966, agrémentée d’une forte amende, elle punit d’un an à cinq ans d’emprisonnement tout Sénégalais ou étranger surpris en train de commettre un « acte impudique ou contre-nature avec une personne du même sexe ».
Le sommet de l’État n’est pas en reste. En visite dans la ville de Guédiawaye, en pleine campagne en faveur de la révision constitutionnelle (2016), le président Macky Sall (2012-2024) profite de l’occasion pour rappeler ce qu’il pense de ceux qui appellent à une réforme du code de la famille : « Tant que je serais le président de la République, l’homosexualité ne sera jamais permise ici (…) car cela va à l’encontre des principes édictés par l’islam », déclare-t-il.
Depuis, tout militant LGBT est pourchassé dans le pays, promptement embastillé et les arrestations sont souvent médiatisées par une presse à scandale qui raffole des ragots en tout genre sur ces sujets. Une homophobie accentuée par divers leaders religieux qui se sont constitués en un Front islamique pour la défense des valeurs éthiques. Ils réclament même que la peine de mort soit mise en place pour toutes personnes reconnue coupable d’homosexualité, refusant toute idée de dépénalisation.
Le paroxysme a été atteint en octobre 2023[1] : un homme décédé, soupçonné d’avoir été homosexuel de son vivant, est promptement exhumé et livré à la vindicte populaire qui décide de le brûler. L’événement provoque un émoi sans que pour autant la chasse aux gays ne cesse. Plus récemment, une proposition de loi a été soumise au vote visant à porter à près de quinze ans de prison les peines encourues par les militants homosexuels. Le texte prévoit également une série de dispositions introduisant de nouveaux délits, incluant notamment la bisexualité, la transidentité, ainsi que des infractions assimilées à la nécrophilie et à la zoophilie…
Le Sénégal dénonce en permanence un agenda occidental pro-« LGBTQI+ »
Selon le député Cheikh Abdou Bara Dolly Mbacké, à l’origine de cette réforme (qui exprime une tendance sur le sujet en augmentation dans toute l’Afrique noire), il s’agit d’une volonté de « lutter contre la perversion des mœurs de notre société, contre ces valeurs culturelles immorales importées de l’Occident »[2], régulièrement pointé du doigt en Afrique pour sa permissivité.
Preuve s’il en est, en janvier 2024, le Dakar Times n’avait pas hésité à mettre en une de son journal, la photo du Premier ministre Gabriel Attal, avec ce sous-titre : « Le lobby gay prend le pouvoir en France ». En mai suivant, alors en conférence conjointe avec Jean-Luc Mélenchon, le Premier ministre Ousmane Sonko avait averti solennellement les Occidentaux qu’il considérerait comme « un casus belli » toute tentative de pression de leur part sur les questions de genre[3]. Une déclaration qui avait eu le don d’agacer immédiatement le leader de La France Insoumise (LFI). En guise de réponse, au cours de l’échange, Jean-Luc Mélenchon avait fait part de sa divergence avec le chef du gouvernement sénégalais, le comparant aux « pires réactionnaires et [aux] pires racistes qui se sont opposés à cette disposition légale[4] » [en France -ndlr][5].
Tant et si bien que face à cette recrudescence d’homophobie, la patrie de l’académicien Léopold Sédar Senghor a été retirée récemment de la liste des pays « surs » en raison de leur orientation sexuelle par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
Pour un pays qui revendique sa stabilité démocratique et sa tradition de dialogue depuis 1960, cette affaire agit comme un révélateur des fractures entre modernité juridique, souveraineté culturelle et respect des libertés fondamentales. Alors que la justice sénégalaise doit encore établir les responsabilités pénales de chacun des protagonistes et apporter des preuves de leur implication éventuelle dans le réseau pédocriminel ou du caractère répréhensible des activités dans lesquelles ils se sont engagés sexuellement, le traitement médiatique et politique de l’affaire pose déjà une interrogation plus large : celle de la capacité du Sénégal à distinguer la répression légitime des crimes sexuels de la stigmatisation globale d’une partie de sa population, à respecter les droits de ses minorités sexuelles sans pour autant trahir ses traditions pluriculturelles. Un échec jusqu’à présent.
Cette tribune plaide pour l’organisation d’une vaste primaire avant l’été 2026, pour laisser au candidat désigné le temps de construire sa légitimité, d’élargir son socle, et de se présenter au pays non comme le survivant d’une guerre civile de droite, mais comme son représentant légitime, choisi par les Français.
Regardons en face ce que cinq ans de hollandisme et dix ans de macronisme auront produit. Un État obèse qui se mêle de tout mais ne résout rien, une dette abyssale de 3200 milliards €, une école publique sinistrée, une insécurité chronique, une industrie en décrochage accéléré, une immigration de peuplement hors de contrôle, et le constat — partagé par une majorité de Français — que le pays s’enfonce dans le déclin. Le macronisme s’est vendu comme une révolution libérale. Il ne s’agissait que d’une énième nuance du social-étatisme, qui s’achève avec un grave déni de démocratie : le verrouillage systématique des institutions par des personnalités de gauche.
L’état catastrophique de la France nécessite une politique enfin courageuse et radicale. Pas un ajustement à la marge. Pas quelques coupes symboliques dans un budget hors de contrôle. Un choc de bon sens : Baisser les impôts sur le travail et la production. Alléger radicalement la charge réglementaire qui étouffe les entreprises et les artisans. Tailler à la tronçonneuse dans une dépense publique qui représente désormais 57 % du PIB — le record de l’OCDE. Redonner à l’école ses fondamentaux : l’exigence, la transmission, la discipline. Rétablir l’autorité de l’État dans les territoires perdus de la République. Investir dans les technologies du futur. Ce programme existe. Il est cohérent. Il est majoritaire dans le pays réel. Il n’attend qu’un candidat pour le porter avec clarté et courage.
Le RN : du socialisme sous emballage patriote
Voici où réside la première des impostures que la droite doit nommer sans ambages. Le Rassemblement national n’est pas un parti de droite au sens économique du terme. Son programme est structurellement socialiste. Protectionnisme tous azimuts, maintien de la retraite à 60 ans pour certaines catégories, indexation généralisée des salaires, méfiance viscérale envers l’entreprise et la concurrence. Derrière les drapeaux bleu-blanc-rouge et les discours sur l’identité, le logiciel économique du RN est celui de la gauche, celui-là même qui plombe l’économie française depuis des décennies.
Un président RN appliquant son programme ne produirait pas le redressement que la France attend : il produirait une accélération du déclin. Davantage de dépenses publiques, davantage de protections corporatistes, davantage de méfiance à l’égard des investisseurs étrangers, davantage de repli. Les marchés le sanctionneraient immédiatement : les taux d’intérêt sur la dette française s’envoleraient, le coût du crédit exploserait, et les quelques marges de manœuvre budgétaires encore disponibles disparaîtraient dans les premiers mois du quinquennat. L’électeur qui vote RN pour en finir avec le déclin obtiendrait exactement l’inverse de ce qu’il espérait.
Victoire RN : le troisième tour dans la rue
Il est un autre danger que l’on tait trop souvent : celui du lendemain d’une victoire RN. Une fraction significative de la gauche radicale (LFI en tête) a clairement indiqué qu’elle ne reconnaîtrait pas la légitimité d’un tel résultat. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une déclaration d’intention réitérée. Jean-Luc Mélenchon l’a dit et répété : la rue serait convoquée. Les blocages commenceraient. Le pays entrerait dans une crise de gouvernabilité pire que celle que nous connaissons.
La France des gilets jaunes, des blocages de ronds-points, des violences de 2023 a déjà montré à quel point un pays fracturé peut se paralyser lui-même. Imaginez cette fracture portée à son paroxysme : une extrême gauche radicalisée qui organise un « troisième tour social », des manifs permanentes qui dégénèrent, des institutions soumises à une pression sans précédent. Le risque du chaos est bien réel. Ceux qui pensent qu’une victoire RN serait un choc salutaire et que l’ordre s’imposerait de lui-même font preuve d’une légèreté irresponsable face à la réalité de la gauche radicale française : l’une des plus violentes et des plus organisées d’Europe, comme la tragédie de Lyon vient de la rappeler.
La multiplication des candidatures : un suicide collectif annoncé
Seul un président issu de la droite républicaine, avec une majorité à l’Assemblée, semble en mesure de mener à bien un projet radical et libéral de redressement du pays. Les candidats sont nombreux à prétendre en être capable. David Lisnard, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Edouard Philippe… Demain d’autres encore. Chacun respectable. Chacun porteur d’une vision, de la droite de la droite à la gauche de la droite. Et chacun, s’il se présente seul contre les autres, contribuant mécaniquement à diviser un électorat qui ne peut se permettre de l’être. Dans un quadripartisme serré, 18% suffisent à se qualifier au second tour. Mais cinq candidats à 9% chacun ne font pas un finaliste : ils font cinq vaincus. La seule solution rationnelle, démocratique, et efficace est connue : une primaire ouverte, organisée tôt, avec des règles claires. Et il ne fait guère de doute que le plus à droite et le plus libéral la gagnera (je place une pièce sur David Lisnard), tant les Français sont plus lucides qu’on ne l’imagine sur le président dont ils ont besoin.
La primaire : le projet avant l’homme
Une primaire bien organisée n’est pas une faiblesse mais une démonstration de maturité démocratique. Ce serait l’occasion, pour des millions de Français de droite et du centre, d’entendre enfin la vision des uns et des autres, et de trancher en connaissance de cause. Quelles solutions pour libérer notre économie du carcan étatiste ? Comment délivrer l’école, la justice, l’audiovisuel public et la culture subventionnée de l’idéologie ? Comment rétablir l’autorité de l’État ? Comment réarmer la France dans un monde redevenu dangereux ?
La primaire doit être ouverte large — de l’UDI à Horizons, des souverainistes libéraux aux conservateurs réformistes — avec un seul critère d’entrée : adhérer à l’idée que la France a besoin d’un choc de liberté, pas d’un choc de dépense supplémentaire. Elle doit être organisée avant l’été 2026, pour laisser au candidat désigné le temps de construire sa légitimité, d’élargir son socle, et de se présenter au pays non comme le survivant d’une guerre civile de droite, mais comme son représentant légitime, choisi par les Français.
Les enjeux de 2027 sont simples à formuler, et vertigineux à mesurer. D’un côté, une gauche islamogauchiste qui, au pouvoir, enfoncera la France dans la spirale dépensière tout en alimentant les divisions identitaires. De l’autre, un RN dont le programme économique ne diffère de la gauche que par le drapeau qu’on agite dessus — et dont la victoire plongerait le pays dans une crise sociale et institutionnelle majeure. Entre ces deux impasses, la victoire en 2027 est possible pour une candidature de droite unique, lucide sur l’état de la France, et courageuse sur les politiques à mener pour redresser le pays.
Cette contribution s’étonne de l’écart entre le courage du colonel Picquart (1854-1914) dans l’Affaire Dreyfus et l’absence totale de remise en question actuelle autour de l’affaire Al-Durah. Aucun responsable politique n’a osé jusqu’à aujourd’hui contester publiquement la version médiatique officielle, sans doute par crainte de l’ostracisme.
Robert Badinter rappelait parfois que quelques mois avant les élections qui allaient conduire à la victoire le Front populaire, Léon Blum, loin de se limiter à la campagne qui s’annonçait, prit le temps de rédiger ce qui est devenu un classique : Souvenirs surl’Affaire. L’homme d’Etat notait en effet qu’avec le temps, l’affaire Dreyfus, qui avait déchiré la France cinquante ans auparavant, s’estompait et que le nom même de Dreyfus semblait oublié.
En réalité, on se souvient encore de son nom, et un peu plus. Mais qui sait encore ce que la manifestation de la vérité dut à un homme, le colonel Picquart ? Chef du bureau des statistiques – le service de renseignement – c’est lui qui, découvrant le télégramme déchiré d’Esterhazy qui accuse le capitaine Dreyfus, subodore un problème, y travaille, et après quelques péripéties, dénonce la supercherie : c’est le fameux petit bleu.
Imagine-t-on ce qu’il fallut de courage insensé pour un militaire, gradé, très bien noté et promis à de hautes fonctions, pour risquer de tout perdre juste par respect de la vérité ?
Se souvient-on qu’il fut d’abord muté en Tunisie puis sanctionné par sa hiérarchie de près d’un an de prison et réformé d’office ?
C’est à cette histoire que la lecture du dossier sur l’affaire Al-Durah m’a ramené.
Car le petit bleu répondait aux attentes du public nourri d’une certaine idéologie, antisémite et nationaliste, comme les images de France 2 répondent à un l’antisémitisme innervé par une sorte de « progressisme ».
L’absence de réaction dans les grands médias à ce dossier étayé m’a plus que surpris. Comme à ce jour, l’absence de protestation de la part des personnes, morales ou physiques, clairement visées. Et je ne parle même pas de réaction judiciaire…
Sans être « spécialiste » de cette affaire, il n’est pas difficile de se rendre compte qu’il y a un doute plus que sérieux sur la version officielle ; l’arrêt de la Cour de cassation ne tranche en rien le litige, fondé qu’il est sur un élément procédural inopposable à la vérité des faits. Et le refus de la justice de verser au débat les « rushs » qui suffiraient à accréditer la thèse de France 2 ouvre la voie à toutes les hypothèses alternatives. Et d’autres pourraient en dire bien plus, et l’ont d’ailleurs fait dans le dossier.
Mais quel courage faudrait-il aujourd’hui à un politique, à un journaliste, à un historien même de simplement poser la question : ce reportage sur la mort de l’enfant est-il possiblement un « fake » ? Qui dans la galaxie médiatique aurait le front de s’aliéner son environnement bien-pensant pour a minima poser la question ? Et puisqu’alors, nous aurions affaire au « fake le plus antisémite de notre génération » pour reprendre les termes du dossier de Causeur, cela ne jette-t-il pas un regard cru sur la partialité du service public ?
Ce courage, le colonel Picquart l’a eu. Il risquait bien plus qu’une mise au ban symbolique. Il a payé un prix certain, mutation, suspension, prison. Mais quelques décennies plus tard, il devint ministre de la Guerre sous Clemenceau.
Il n’est pas interdit de penser qu’il le doit aussi à une forme de détachement des honneurs, et d’humour devant les hochets de la République, dont témoigne la lettre jointe.
Quel journaliste ou politique se soucie suffisamment de la vérité et aurait assez de courage pour poser la question de la véracité de ce reportage ?
Les manifestants de la droite nationale étaient réunis hier après-midi place de la Sorbonne pour rendre hommage à Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, mort à Lyon samedi après son lynchage en marge d’une conférence de l’eurodéputée lfiste Rima Hassan. Les ministres de l’Intérieur et de la Justice pointent les responsabilités de l’extrême gauche dans le drame, et tous les regards se tournent particulièrement vers le groupe antifa La Jeune Garde. Dissous en juin 2025, le groupe assure avoir cessé ses activités, et être dans l’attente de la décision du Conseil d’Etat suite à un recours. Jacques-Elie Favrot, suspecté par les militants nationalistes d’avoir participé au lynchage, collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, clame son innocence et déclare être à son tour menacé de mort.
Près de deux mille personnes étaient rassemblées place de la Sorbonne, en ce dimanche pluvieux, pour rendre hommage à Quentin. La foule, dense mais disciplinée, se tenait sous une forêt de parapluies. Les visages étaient graves, l’émotion contenue, mêlée de colère et de cette tristesse froide qui accompagne les deuils politiques.
La conscience d’entrer dans une période dure
Au premier rang, quelques figures bien connues, comme Marion Maréchal (Identités Libertés) et Hanane Mansouri (UDR). Pierre-Romain Thionnet prendra la parole en sa qualité de chef du Rassemblement national de la jeunesse, ainsi qu’Hilaire Bouyé, de Génération Zemmour. Édouard Bina, de la Cocarde étudiante, en appelle au courage des troupes et rappelle les paroles du chant contre-révolutionnaire Les fantassins du Lyonnais / La Ligue Noire : « Quand on meurt pour la patrie, n’a-t-on pas assez vécu ? » « Si l’on commence à avoir peur de l’adversité dans les universités, alors on a perdu », nous assure-t-il.
Le RN Pierre-Romain Thionnet.
Dans la foule, l’émotion se mêle à la colère : les slogans « LFI assassin » et « Jeune Garde, Arnault assassins » sont repris par un chœur de poitrines viriles. La jeunesse, nombreuse dans ce rassemblement au cœur de Paris, lui confère une énergie particulière. Mais flotte aussi la conscience d’entrer dans une séquence plus dure.
Les personnes que nous avons interrogées confirment la crainte d’un retour de la violence politique. « L’État faillit à protéger les Français », déclare le député Julien Limongi. Son collègue, le député et ancien magistrat Mathias Renault, évoque quant à lui la sécurité collective : « Il y a 10 000 militants d’ultragauche repérés, et parmi eux 3 000 fichés S. Il existe une organisation, la Jeune Garde, que l’on peut suspecter d’être la reconstitution d’une association dissoute, Génération antifasciste. »
Plusieurs affaires ont déjà fait craindre un retour du terrorisme d’ultragauche : l’attaque de voies ferroviaires à la veille de l’ouverture des Jeux olympiques, ou encore les attaques coordonnées contre des prisons, accompagnées de slogans politiques durant l’été 2025. La menace terroriste d’extrême gauche serait-elle devenue plus dangereuse, alors que les autorités françaises concentraient leur attention sur la menace islamiste ? La question se pose. Certes, le Bataclan a fait des centaines de morts, tandis que le meurtre de Quentin n’a emporté qu’une seule vie. Mais Édouard Bina propose une analogie frappante : « Les accidents de voiture sont plus nombreux que les accidents d’avion, mais moins impressionnants. » La récurrence des violences liées à la mouvance antifa inquiète. On peut redouter l’émergence d’une violence politique intérieure, moins spectaculaire mais plus diffuse, qui n’aurait pas besoin d’être téléguidée depuis l’étranger.
Le jeune homme, converti au catholicisme, avait, dit-on, emmené sa famille dans la foi. Le responsable des jeunes du parti de Marion Maréchal invite l’assemblée à réciter un Je vous salue Marie. Ainsi Quentin est-il confié à l’éternité.
Le spectre des années de plomb
Parmi les orateurs, un intervenant italien, venu de Turin avec ses camarades, prend la parole. Et l’affaire Quentin replonge l’assistance dans une histoire transalpine relativement méconnue en France. En 1975, en Italie, au paroxysme des années de plomb, militants nationalistes du MSI et membres des Brigades rouges s’affrontent dans un climat quasi insurrectionnel. Sergio Ramelli, lycéen milanais de 18 ans, est lynché à l’entrée de son domicile par des militants d’extrême gauche. Il meurt après un mois de coma. La droite italienne en a fait un martyr de sa cause, honoré par des cérémonies régulières depuis un demi-siècle. Depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, ces commémorations ont pris un caractère plus officiel : dépôts de gerbes, présence de membres du gouvernement, discours sur la réconciliation nationale autour d’une figure issue de la droite dure.
Trente années de laxisme face à l’extrême gauche
« L’extrême gauche passe à l’intimidation physique, puisqu’elle a perdu le monopole de l’intimidation morale », analyse Jean-Yves Le Gallou. Nous lui demandons s’il ne s’agit pas plutôt des derniers coups de griffe de la bête traquée, à la veille de la victoire du camp national… Il répond sans détour : « Votre hypothèse est très optimiste. » Alerte sur les méthodes et coups bas de ses adversaires, l’ancien bras droit de Bruno Mégret redoute le pire : « Si le candidat du RN se trouve face à Jean-Luc Mélenchon au second tour, il faut s’attendre à une série de violences terribles, à des bourrages d’urnes. Il faudra être prêt. » Depuis son accession à la présidence du RN, Marine Le Pen a rompu avec les franges les plus radicales — un luxe que LFI ne s’offre pas à l’autre extrémité de l’échiquier politique.
« Personne ne devrait mourir pour un événement politique », bredouillait Éric Coquerel sur France Info cette semaine. Personne ne le conteste. Et pourtant, cela est arrivé.
La mort de Quentin referme peut-être la parenthèse de plusieurs décennies relativement pacifiées — du moins en dehors des attentats inspirés ou organisés depuis l’étranger. Les attaques islamistes de Toulouse en 2012, celles contre Charlie Hebdo ou le Bataclan en 2015, avaient déjà marqué une rupture et sorti les Français de leur torpeur post-tragique. Le 13 février nous ramène lui plutôt dans une ambiance de guerre civile, plus proche de l’Espagne des années 30 que des guerres de religion. Certains y voient l’aboutissement d’une tolérance prolongée à l’égard de mouvements d’ultragauche, présents depuis les années 1990, notamment dans certains milieux universitaires ou dans des zones de contestation comme Notre-Dame-des-Landes. Dans de nombreuses librairies, des ouvrages politiques radicaux, publiés par des maisons d’édition comme La Fabrique, occupent une place visible. Faudra-t-il, pour refermer cette parenthèse, renouer avec l’esprit des lois de 1893 et 1894, adoptées pour réprimer le mouvement anarchiste — fermeture de journaux, dissolution d’organisations, restriction de la propagande ?
Charlie Hebdo est accusé de mettre de l’huile sur le feu. Pour illustrer le drame du Constellation à Crans-Montana, incendie où 40 vies se sont éteintes, le dessinateur Salch s’est inspiré de la bande à Jean-Claude Dusse pour mettre à l’affiche : « Les brûlés font du ski ». Ce qui a provoqué sur les réseaux sociaux une avalanche de commentaires incendiaires et le dépôt, non pas d’une gerbe de fleurs, mais d’une plainte, par un avocat suisse, qui estime que la caricature dépasse les limites admissibles de la satire. Et un autre dessin, plus grinçant encore, a suivi : « La Rédaction de Charlie décimée par deux arbalétriers », qui évoque le 7 janvier 2015.
Un retour de flammes pour Charlie Hebdo qui est né sur les cendres encore chaudes d’un sinistre historique… Le 1er novembre 1970 dans l’Isère, l’incendie du 5-7 faisait 146 morts. Le 5-7 était ce qu’on appelait un « dancing », ou plus couramment un « bal », où les amoureux se rencontraient, comme dans Le Petit Bal perdu que chantait Bourvil. Le 9 novembre suivant, dans sa propriété de Colombey-les-Deux-Églises, le général de Gaulle passait l’arme à gauche. Le journal Hara-Kiri, du regretté professeur Choron, en référence au drame du bal du 5-7, titrait alors : « Bal tragique à Colombey : un mort ». On doute que cette insolence ait fait se retourner feu le général dans sa tombe, mais le ministre de l’Intérieur de l’époque faisait interdire la vente de l’hebdo aux moins de 18 ans… le privant ainsi du plus gros de son lectorat. Le journal bête et méchant se jouait de la censure en changeant de titre, en devenant… Charlie-Hebdo…
Maintenant, l’humour noir pratiqué par Charlie fait rire jaune certains pisse-vinaigre qui estiment indigne d’exploiter le malheur des autres, mais ne s’émeuvent pas de voir la même souffrance exploitée à la une au prétexte de compassion. Charlie a déjà prouvé, que même endeuillé, il ne mettait jamais son humour en berne. Le 5 novembre 1983, son dessinateur, l’inoubliable Reiser, âgé de 42 ans, succombait à un cancer. Charlie lui dédiait alors un numéro spécial avec à la une un dessin montrant un cercueil avec des baskets, ainsi légendé : « Reiser va mieux, il est allé au cimetière à pied ! »
La directive 2023/970 du 10 mai 2023 de l’Union européenne impose « la transparence » des salaires, il s’agit en outre de réduire l’écart moyen des salaires dans une entreprise à moins de 5% pour le même poste. La France a jusqu’au 7 juin 2026 pour la transposer. Il ne devrait pas en être question !
C’est non seulement la liberté de diriger son entreprise qui est atteinte mais avec elle la confidentialité des ressources des salariés. De surcroît c’est psychologiquement néfaste, car la suspicion et la jalousie vont être difficiles à gérer y compris par le département des ressources humaines lorsqu’il existe (ne parlons pas des PME). N’oublions pas qu’en France règne souvent un égalitarisme revendiqué et agressif. L’entrepreneur doit pourtant avoir le droit et même le devoir de récompenser à travers leurs salaires ceux qu’il estime travailler plus et mieux. Si les entreprises sont soupçonnées d’écarts volontaires et discriminatoires de salaires, des sanctions sont déjà prévues…
Aigreur et transparence
Les chefs d’entreprise craignent donc que l’aigreur et la baisse de motivation soient au rendez-vous de cette nouvelle transparence exigée, créant un mauvais climat ; libre aux salariés de comparer leurs salaires entre eux s’ils le souhaitent.
Par ailleurs, les critères du montant des salaires estimés par les dirigeants sont difficilement transcriptibles sur un index chiffré. Les rémunérations consistent à être justes et compréhensibles par ceux qui en bénéficient et dans les équipes, l’égalitarisme ne doit pas être un objectif. Les différences de salaires, qui heureusement existent, s’expliquent par différents éléments : des expériences différentes au cours des précédents postes (cette directive interdit par ailleurs de demander l’ancien salaire pendant le recrutement, quelle méfiance !), la revalorisation par exemple du niveau d’un diplôme au cours des années, une meilleure négociation à l’embauche par le salarié, une plus grande implication, de certains la disponibilité pour faire des heures supplémentaires, et bien sûr la bonne santé financière de l’entreprise, etc.
Tant que la fonction publique ne publiera pas les salaires de ses employés (rémunérés par le contribuable), pourquoi les entreprises privées devraient-elles le faire ?
Il se trouve aussi qu’il existe des conventions collectives dans chaque secteur d’activité (qui sont peu respectées), et elles sont parfois plus favorables que d’autres (citons par exemple celles de l’assurance ou de la banque) : personne ne s’en offusque.
Climat glacial à venir !
Cette question de la transparence des salaires est aussi particulièrement dangereuse dans un pays où l’on n’aime pas l’argent et où on l’affirme avec force, les syndicats les premiers, qui sont dans un état d’esprit en la matière proche du communisme. Transparence qui pourrait engendrer une menace relationnelle dans le climat de l’entreprise car seraient visés et ostracisés les mieux payés. Nous pourrions constater aussi la baisse de la cote de popularité des supérieurs hiérarchiques censés décider du salaire !
Et que dire des primes forcément injustes si pas généralisées ? puisque la prime « patron » dite « prime Macron » est devenue le mode de rémunération préféré des salariés et des RH puisque défiscalisées, elles bénéficient au pouvoir d’achat en évitant le surcoût des cotisations sur les salaires (les plus élevées du monde).
Nous sommes décidément très mal à l’aise vis-à-vis de l’enrichissement ou de l’argent tout simplement, surtout lorsqu’il s’agit de récompenser l’effort, le mérite, le dépassement de soi… alors n’en rajoutons pas. Une curiosité malsaine et revendicatrice existe déjà dans certains services sans cette directive de transparence salariale. Rappelons aussi que chaque contribuable peut, selon la loi française, consulter les avis d’imposition des habitants de son département…
Décidément, la méritocratie et la rémunération, quelle qu’elle soit, n’ont pas bonne presse. Nous sommes encore sous le coup d’une jalousie source d’une lutte des classes révolutionnaire qui s’est déplacée vers l’entreprise. Le concept franco-français des « signes extérieurs de richesses » fait encore le bonheur des esprits chagrins…
Philippe Bilger se réjouit de l’annonce de l’ancien ministre de l’Intérieur de se présenter à la présidence de la République.
Ce n’est pas au moment où Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 que je vais me priver d’écrire un billet sur cette excellente nouvelle, tant attendue. Je n’ai d’ailleurs pas aimé la manière dont cette information a été accueillie, comme si elle allait de soi et qu’elle ne constituait pas un événement.
Elu par 74% des adhérents LR en mai 2025
Pourtant, il me semble que Bruno Retailleau, pour se décider avec l’enthousiasme et l’énergie qu’une telle initiative impose, a dû obtenir l’assentiment familial et cesser d’invoquer « son devoir » comme si se présenter était une corvée.
En revanche, il est beaucoup plus audible et compréhensible lorsqu’il déclare « qu’il ne veut pas être président de la République par obsession du pouvoir mais par sens du devoir ». Il a pris conscience que les militants de LR n’espéraient qu’avoir l’opportunité de lui renouveler leur confiance après son élection triomphale à la tête du parti. Ce qui aurait dû faire de lui, tout de suite et sans l’ombre d’une discussion, le candidat naturel pour 2027, si Bruno Retailleau, par une sorte de pudeur politique, n’avait pas été effrayé par son succès même et par l’étendue du pouvoir qui en résultait.
Il me paraît donc essentiel, maintenant que cette annonce fondamentale a été faite, que Bruno Retailleau fasse valider et confirmer par eux tous sa légitimité à être le candidat de la droite pour 2027 et l’absolue justesse de son ambition.
Il ne se laissera plus entraver dans sa résolution par Laurent Wauquiez, dont certains propos laissent augurer, comme d’habitude, plus d’acidité à son encontre que de soutien ; mais il faudra balayer tout cela par le recours à une démocratie interne dont les décisions devront être respectées à la lettre.
Mon amicale fidélité politique à Bruno Retailleau tient, au-delà de ce que les promesses, les engagements et les projets ont parfois de conjoncturel au regard d’une réalité mouvante, à un double constat.
D’abord, il s’agit d’un homme qui n’a jamais flotté au gré des vents mauvais ou opportunistes : l’ensemble de son parcours, avant d’être sénateur puis ministre et président de parti, montre une constance dans ses choix et ses orientations fondamentales, une vision de la personne, de la société et du monde qui a toujours été conforme à ce que je nommerais un humanisme d’autorité et de courage.
Le second constat tient au caractère toujours irréprochable de son éthique personnelle et politique. La droite ne pourra plus être, avec lui, relativiste et complaisante à l’égard des transgressions morales, au prétexte qu’elles ne relèveraient pas de défaillances intimes, conjugales ou familiales, mais qu’elles seraient liées à tout ce qui se rapporte à la vie d’un parti et à la conquête du pouvoir. On ne pourra plus se permettre d’être vertueux à mi-temps et de se féliciter d’être applaudi et célébré malgré des turpitudes alléguées et des condamnations édictées.
Dans un entretien très fouillé que Bruno Retailleau a accordé au Figaro Magazine — sans doute par ironie médiatique, l’entretien suit un débat sur Donald Trump entre Éric Zemmour et Aquilino Morelle —, il énonce comme injonction centrale : « Je veux que la France se relève. »
Juges : une suggestion
En recommandant la lecture de ces échanges de haute volée, qui définissent un projet présidentiel clair, cohérent et novateur, je renvoie à la parfaite synthèse que la publication a donnée de cet entretien : « Les principaux axes de son projet : recours au référendum, réforme de la Constitution et des retraites, suppression des normes pénalisantes pour les entreprises et suppression du juge d’application des peines, état d’urgence pour les quartiers gangrenés… ».
Bruno Retailleau en fera ce qu’il voudra, mais j’ajouterais volontiers le juge des enfants à la volonté de faire disparaître le juge de l’application des peines. Ce n’est pas de la provocation : je suis prêt à soutenir que des magistrats qui participent davantage d’un désarmement pénal que d’une rigueur nécessaire devraient être exclus du processus judiciaire ordinaire. Ils affaiblissent plus qu’ils ne renforcent.
Puisque j’ai évoqué Donald Trump, je ne risquerais pas une comparaison détaillée entre celui-ci et Bruno Retailleau. L’un est caractériel, erratique et imprévisible ; l’autre, équilibré, cohérent et stable. Mais si le président américain est perçu aussi comme un homme d’action qui tient ses engagements, je ne doute pas que Bruno Retailleau, sur ce plan du caractère et du volontarisme, lui ressemblera en effet. Dire « Bruno Retailleau, enfin ! » n’est pas un mot vain, ni un titre superficiel. Mais l’expression d’une espérance incarnée.
La romancière Olivia Elkaim fait revivre Cécile Peretz, la mère de Georges Perec, assassinée à Auschwitz. La Disparition des choses, ou le livre que son fils n’a jamais pu écrire.
« Rien, jamais, ne sépare une mère de son enfant. » Et pourtant. Un matin froid de l’automne 1941 une femme accompagne son petit garçon de 5 ans gare de Lyon, où un convoi de la Croix-Rouge va l’emmener jusqu’à Grenoble. Ce petit garçon, c’est Georges Perec. Sa mère Cécile Peretz, dite Perec. La scène est déchirante. L’auteur des Choses qui obtient le Renaudot en 1965 la raconte dans W ou le Souvenir d’enfance. À partir de là, écrit-il, « je fus précipité dans le vide. Tous les fils furent rompus ; je tombai seul et sans soutien ». Ce que le petit garçon ne sait pas, en ce matin de l’automne 1941, c’est qu’il ne reverra jamais sa mère. Cécile sera internée au camp de Drancy deux ans plus tard puis déportée à Auschwitz. Elle y mourra. Orphelin de père depuis 1940, l’enfant est ensuite confié à sa tante. Plus tard il écrira : « Quand mon père est mort, j’étais trop petit pour m’en rendre compte. Quand ma mère est morte, je ne l’ai pas su. » Une double disparition inscrite au cœur de son œuvre tel un puits sans fond autour duquel Perec n’a eu de cesse de tourner. « Je n’ai pas de souvenirs d’elle mais j’écris pour que quelque chose d’elle demeure », confesse l’écrivain membre de l’Oulipo. Il y aura La Disparition, roman composé sans employer la lettre « e ». Et Les Revenentes,roman saturé, à l’inverse, de cette même lettre. Il y aura surtout la dédicace de W ou le Souvenir d’enfance : « Pour E ». Eux, c’est-à-dire son père André, sa mère Cécile et peut être le peuple juif. De Cécile Perec on ne sait rien. Ou presque. C’est autour de ce rien qu’Olivia Elkaim a composé son roman. Elle a lu et relu l’œuvre du fils dans l’espoir de glaner malgré tout quelques indices, a compulsé des archives, exhumé des photos, mené l’enquête auprès d’anciens amis de l’écrivain. Tous sont formels sur un point : Perec ne parlait jamais de sa mère. Loin d’être découragée par l’absence d’éléments, l’écrivaine choisit d’inventer, d’insuffler du romanesque là où il n’y a que du vide. Dans les moments de doute, les amis de l’écrivain sont là pour la soutenir : « Laissez-la advenir telle que vous l’imaginez, clament-ils en chœur, c’est ainsi que vous approcherez de sa vérité la plus profonde. » Dont acte. Cécile s’extrait des limbes de l’oubli. Silhouette frêle, cheveux noirs relevés en chignon. Elle se hâte pour rejoindre son domicile rue Vilin. Le soir sur le mur de sa chambre, elle marque d’une croix chaque nouvelle journée passée loin de son garçon. Elle le rejoindra bientôt. Elle veut y croire. Se fait faire de faux papiers. Part seule avec sa petite valise puis rebrousse chemin. Olivia Elkaim met ses pas dans les siens, tremble avec elle, espère avec elle. Ses obsessions sont les siennes : la peur pour son fils, l’effroi face à l’antisémitisme qui gagne. En 2017 elle avait publié Je suis Jeanne Hébuterne. La Disparition des choses est une manière de Je suis Cécile Perec. Un roman bouleversant avec lequel la romancière accomplit la prouesse de faire revivre un fantôme pour écrire le livre que Georges Perec n’a jamais pu écrire.
La Disparition des choses, Olivia Elkaim, Stock, 2026.
Notre chroniqueur revient sur le meurtre de Quentin, trop français pour le système, selon lui. Le procureur de la République de Lyon prendra la parole vers 15 heures. S’il s’avère que les meurtriers étaient bien membres de la Jeune Garde, le fameux groupe « antifa » dont Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse, est le cofondateur, le parti de Jean-Luc Mélenchon pourrait connaître une grave crise.
C’est reparti ! La perspective présidentielle attise les ambitions. Mais la valse des egos est surannée. Jeudi soir, sur TF1, c’est Bruno Retailleau (LR) qui a annoncé sa candidature, tandis que Quentin Deranque sombrait dans un coma mortel après son lynchage par des « antifas » à Lyon. « Je veux que la France se relève », explique aussi Retailleau dans le Figaro Magazine. Dans le même hebdomadaire, Éric Zemmour se présente comme « l’incarnation de cet immense mouvement en France » qu’est le réveil d’un peuple qui ne veut pas mourir. Mais sont-ce bien ces immodesties de sauveurs autodésignés qu’attendent les Français ? La prestation de Retailleau a fait partir 700.000 téléspectateurs, selon Le Parisien de samedi. Zemmour, que Sarah Knafo présente comme « l’homme de l’histoire », reste dans l’étiage des sondages.
Les craintes identitaires françaises délégitimées depuis trop longtemps
Rien de s’enclenchera tant que les oubliés ne seront pas appelés en renfort. Les «moi» et les «je» des prétendants, aussi brillants soient-ils, ne sont plus opérants. Les bernés ont suffisamment donné dans le registre de l’enflure. L’homme providentiel est une chimère. Il n’y aura pas de « moment gaullien » en 2027 car il n’y a plus de « Grands Hommes ». La Ve République offre un costume trop grand. D’ailleurs, Retailleau analyse cette situation quand il dit : « Je redonnerai au peuple le pouvoir de décider ». Cependant, promettre de « renverser la table » oblige à fédérer préalablement les colères françaises. Or la société éruptive, cette révolution conservatrice qui rebute la droite centriste et populophobe, reste laissée à elle-même. Avant d’entrer dans la course, le candidat devrait apprendre plus humblement à dire « nous ». La crise de la démocratie force à entendre le parti du peuple, ce « front populiste » appelé à co-écrire une histoire française avec des élites qui le suivent enfin.
Une guerre civile est à conjurer. Elle est l’autre éléphant dans le salon, à côté de l’immigration invasive. A force de délégitimer les craintes identitaires des autochtones et de s’attendrir sur les minorités agressives, les partis conformistes, Emmanuel Macron en tête, ont fait des nationaux des cibles à abattre. La partie molle des Républicains demeure dans cette débandade, quand ses membres refusent l’union avec Éric Ciotti ou Marine Le Pen.
C’est pourri, c’est LFI ?
Quentin Deranque, 23 ans, a été tué parce qu’il protestait contre la mainmise de la gauche totalitaire sur l’enseignement supérieur. Il protégeait les jeunes femmes occidentales du mouvement Némésis, venues dénoncer la présence de Rima Hassan à Sciences-Po à l’aide d’une banderole : « Islamo-gauchistes hors de nos facs ». Outre une militante brutalisée, Quentin a été tabassé, à terre, par des nervis de la députée LFI, antisioniste et anti-France.
La semaine dernière, c’est un djihadiste français, Brahim B., qui a été tué par la Garde Républicaine après s’en être pris, sous l’Arc de Triomphe, à des gendarmes qu’il voulait « flinguer ». Dans les deux cas, la terreur a des liens avec Jean-Luc Mélenchon et ses alliés de l’islam radical. La haine de la France française fédère les islamo-gauchistes, qui entendent faire pression sur les votes à venir. Aussi revient-il aux Français de se défendre, sans attendre le réveil des politiques. Pourquoi pas une manifestation de masse en souvenir de Quentin, tué pour avoir défendu son pays ?
Selon Randy Yaloz, Republicans Overseas, l’intervention du Secrétaire d’Etat de Donald Trump, samedi, était une invitation au réalisme transatlantique. La France doit saisir cette opportunité pour redéfinir un partenariat fondé non sur les habitudes du passé, mais sur les réalités du XXIᵉ siècle, estime-t-il.
Le discours du secrétaire d’État américain Marco Rubio à la Conférence de Munich sur la sécurité constitue un moment révélateur de l’évolution de la politique étrangère américaine sous la présidence de Donald Trump. Pour les dirigeants français et européens, il ne s’agit pas simplement d’une intervention diplomatique de plus, mais d’un signal stratégique sur la direction durable des relations transatlantiques. Ce discours n’était ni une rupture brutale ni un simple exercice de communication. Il s’inscrit dans une continuité idéologique avec les priorités du mouvement républicain actuel, tout en adoptant un ton plus conciliant que certaines déclarations précédentes. Rubio a insisté sur les racines communes entre l’Europe et les États-Unis, qualifiant l’Amérique « d’enfant de l’Europe », tout en maintenant des positions fermes sur l’immigration, le commerce et les institutions internationales.
Une doctrine plus réaliste et centrée sur l’intérêt national
Le message central de Rubio à Munich reflète une évolution vers une politique étrangère américaine plus réaliste et axée sur les intérêts nationaux. Selon plusieurs analyses, il a remis en cause l’idée que le libre-échange et l’ordre international libéral suffisent à garantir la paix et la prospérité. Cette vision marque une rupture avec les décennies d’internationalisme bipartisan qui ont caractérisé la politique américaine depuis la fin de la guerre froide. Rubio a également évoqué les effets négatifs de certaines politiques commerciales sur l’industrie américaine et a laissé entendre que les États-Unis pourraient agir de manière plus unilatérale si leurs intérêts fondamentaux étaient menacés.
Pour les Européens, cela confirme une tendance déjà perceptible : Washington continuera de privilégier ses priorités économiques et sécuritaires, même au prix de tensions avec ses alliés.
Un ton apaisant, mais des divergences persistantes
Si le fond du message est resté fidèle aux orientations de l’administration Trump, le ton adopté à Munich a été nettement plus conciliant. Plusieurs observateurs ont noté que Rubio cherchait à réparer une relation transatlantique fragilisée, notamment après des discours plus durs de responsables américains les années précédentes. Il a souligné que les États-Unis et l’Europe restent unis et a exprimé le souhait de renforcer la coopération, malgré les différends. Cependant, les réactions européennes ont montré une certaine méfiance. Des responsables de l’Union européenne ont rejeté les critiques américaines sur l’immigration et la prétendue « érosion civilisationnelle » du continent.
Cette dualité — ton amical, désaccords substantiels — caractérise désormais la relation transatlantique.
Un contexte de tensions structurelles
Le discours de Rubio s’inscrit dans un contexte où les relations entre les États-Unis et l’Europe ont été mises à l’épreuve par des désaccords sur le commerce, l’Ukraine, la défense et la souveraineté stratégique.
Depuis le début du second mandat de Donald Trump, Washington a adopté une approche plus transactionnelle envers ses alliés, notamment sur les dépenses de défense et les questions commerciales. Ces tensions ont poussé certains dirigeants européens à accélérer les discussions sur l’autonomie stratégique et le renforcement des capacités de défense européennes.
Ce que la France et l’Europe devraient comprendre
Pour la France et ses partenaires européens, quatre leçons principales se dégagent du discours de Munich. Premièrement, le changement américain est durable. La doctrine exposée par Rubio ne doit pas être perçue comme une parenthèse politique, mais comme l’expression d’un courant profond dans la société américaine. Une politique étrangère davantage centrée sur les intérêts nationaux, la souveraineté économique et la sécurité des frontières bénéficie d’un soutien électoral réel aux États-Unis. Deuxièmement, l’alliance transatlantique demeure, mais sous conditions. Rubio a clairement indiqué que Washington souhaite continuer à coopérer avec l’Europe. Cependant, cette coopération sera de plus en plus conditionnée à un partage des charges, à des politiques commerciales perçues comme équitables et à une convergence stratégique sur les grands enjeux. Troisièmement, l’Europe doit renforcer son autonomie sans rompre l’alliance. Le discours de Munich confirme que les Européens ne peuvent plus dépendre exclusivement du parapluie américain pour leur sécurité. Mais il ne justifie pas une rupture avec Washington. Au contraire, une Europe plus forte militairement et économiquement peut devenir un partenaire plus crédible et plus respecté aux yeux des États-Unis. Quatrièmement, la question iranienne reste un test stratégique majeur. Dans la vision républicaine actuelle, la stabilité du Moyen-Orient ne peut être assurée tant que le régime des mollahs à Téhéran poursuit une politique d’expansion régionale et de confrontation avec l’Occident. Une évolution interne de l’Iran, portée par une révolution du peuple iranien et l’émergence d’un gouvernement plus représentatif et moins idéologique, est perçue par de nombreux responsables américains comme un élément clé d’un nouvel équilibre régional. Dans cette optique, la politique étrangère de Donald Trump ne se limite pas à des accords ou à des sanctions ponctuelles, mais vise à créer les conditions d’un changement durable, qui bénéficierait non seulement aux Iraniens eux-mêmes, mais aussi à la sécurité de l’Europe et des États-Unis.
Une opportunité pour un nouveau réalisme transatlantique
Plutôt que d’interpréter le discours de Rubio comme une menace, la France et l’Europe devraient y voir une invitation à un nouveau réalisme transatlantique.
Les États-Unis n’abandonnent pas l’Europe, mais attendent d’elle qu’elle assume davantage de responsabilités et qu’elle prenne au sérieux les préoccupations américaines en matière d’immigration, de commerce et de sécurité. La relation transatlantique a toujours évolué avec les changements politiques de part et d’autre de l’Atlantique. Le discours de Munich montre que cette relation n’est pas terminée, mais qu’elle entre dans une phase plus pragmatique, plus exigeante et potentiellement plus équilibrée.
Pour la France, qui a toujours défendu à la fois l’indépendance stratégique et l’alliance occidentale, ce moment constitue une opportunité : celle de redéfinir un partenariat transatlantique fondé non sur les habitudes du passé, mais sur les réalités du XXIᵉ siècle.
Une vaste affaire mêlant accusations de pédocriminalité, réseau sexuel organisé et transmission volontaire du VIH provoque la stupeur au Sénégal. Plus d’une dizaine de personnes ont été arrêtées à Dakar, soupçonnées d’avoir participé à un réseau pédocriminel présumé, orchestré par un septuagénaire français. Derrière ce scandale judiciaire, c’est aussi la question explosive du traitement des droits LGBT qui ressurgit, révélant les profondes fractures d’une société musulmane qui passe son temps à pointer la prétendue responsabilité de l’Occident…
C’est une affaire qui a fait les principales manchettes des quotidiens sénégalais. Tous oscillant entre consternation et horreur face à l’ampleur des révélations étalées dans la presse locale.
Le 7 février 2026, la gendarmerie de Keur Massar, département situé dans la presqu’île du Cap-Vert, à l’est de Dakar, a révélé avoir procédé à l’arrestation d’une douzaine de personnes, issues de toutes les tranches de la société civile, dont deux célébrités locales : l’animateur de télévision de l’émission Quartier Général sur la chaine TFM, Pape Cheikh Diallo, ainsi que le chanteur Djiby Dramé.
Elles sont toutes accusées par la justice sénégalaise « d’association de malfaiteurs, actes contre-nature, transmission volontaire du VIH sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui », traduisez : coupables de fornication entre personnes de même sexe. Dans un communiqué rapidement publié sur ses réseaux sociaux, Stop Homophobie a exprimé ses inquiétudes après l’emprisonnement des incriminés, avant de dénoncer des arrestations jugées arbitraires et stigmatisantes, regrettant que les « relations sexuelles entre adultes consentant restent criminalisées » au Sénégal.
Une affaire internationale embarassante
Loin des cris d’orfraie de cette association bien connue, basée à Paris, la Division des investigations criminelles (Dic) a également arrêté 14 autres personnes. Toutes en lien supposé avec les premières interpellations dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Pierre R.», du nom de ce Français de 73 ans qui serait compromis dans ce dossier qui tient tout du sordide pour les commentateurs sénégalais. Présenté comme « un riche homosexuel », le quotidien Le Soleil affirme que ce Beauvaisien, ayant fait de fréquents séjours dans le pays, « aurait payé des Sénégalais pour contaminer d’autres homosexuels au VIH/Sida ». Désigné comme « la tête d’un réseau spécialisé dans la production des vidéos dans lesquelles des enfants étaient violés », comme le rapporte dans ses colonnes le Courrier Picard, ce serait plus de 150 enfants qui auraient été victimes de ce vaste système pédocriminel.
Selon la Deutsche Welle, « de jeunes garçons auraient été transformés en objets sexuels, contraints d’avoir des rapports non protégés, filmés et monnayés avec des hommes pour la plupart séropositifs ». Qualifiée de « bombe sanitaire et judiciaire » par le quotidien L’Info, l’affaire révèle des faits d’une extrême gravité qui perdurent depuis 2017. Connu de la justice, « Babtou Peter », le surnom donné à Pierre R., a été interpellé en France l’année dernière et mis en examen « pour traite d’êtres humains, proxénétisme aggravé et viol sur mineur de 15 ans », rapporte Le Monde. C’est dans le cadre de cette enquête menée sur le territoire français que des liens avec le Sénégal ont été établis, conduisant la justice sénégalaise à mener ce qu’elle décrit comme un vaste « coup de filet » anti-pédophile.
Une affaire particulièrement sensible qui a ravivé des tensions profondes dans le pays de la Teranga, où la confusion entre pédophilie et homosexualité est régulièrement entretenue par certains médias locaux, prompts à vouer à la vindicte populaire tout Sénégalais suspecté d’être « inverti ».
Une loi répressive datant du régime de Vichy
Le Sénégal dispose en effet de l’une des législations les plus sévères d’Afrique de l’Ouest à l’égard de l’homosexualité. L’origine de ce cadre juridique remonte à 1942, lorsqu’une loi réprimant les relations sexuelles entre personnes de même sexe fut instaurée sous le régime de Vichy dans cette colonie française, soumise à l’influence de leaders religieux musulmans et dans un contexte marqué par un fort conservatisme moral parmi les colons.
Au moment des indépendances, les nouvelles autorités sénégalaises ne remettent pas en cause cette législation, qui sera au contraire maintenue puis progressivement renforcée au fil des décennies. En 1966, agrémentée d’une forte amende, elle punit d’un an à cinq ans d’emprisonnement tout Sénégalais ou étranger surpris en train de commettre un « acte impudique ou contre-nature avec une personne du même sexe ».
Le sommet de l’État n’est pas en reste. En visite dans la ville de Guédiawaye, en pleine campagne en faveur de la révision constitutionnelle (2016), le président Macky Sall (2012-2024) profite de l’occasion pour rappeler ce qu’il pense de ceux qui appellent à une réforme du code de la famille : « Tant que je serais le président de la République, l’homosexualité ne sera jamais permise ici (…) car cela va à l’encontre des principes édictés par l’islam », déclare-t-il.
Depuis, tout militant LGBT est pourchassé dans le pays, promptement embastillé et les arrestations sont souvent médiatisées par une presse à scandale qui raffole des ragots en tout genre sur ces sujets. Une homophobie accentuée par divers leaders religieux qui se sont constitués en un Front islamique pour la défense des valeurs éthiques. Ils réclament même que la peine de mort soit mise en place pour toutes personnes reconnue coupable d’homosexualité, refusant toute idée de dépénalisation.
Le paroxysme a été atteint en octobre 2023[1] : un homme décédé, soupçonné d’avoir été homosexuel de son vivant, est promptement exhumé et livré à la vindicte populaire qui décide de le brûler. L’événement provoque un émoi sans que pour autant la chasse aux gays ne cesse. Plus récemment, une proposition de loi a été soumise au vote visant à porter à près de quinze ans de prison les peines encourues par les militants homosexuels. Le texte prévoit également une série de dispositions introduisant de nouveaux délits, incluant notamment la bisexualité, la transidentité, ainsi que des infractions assimilées à la nécrophilie et à la zoophilie…
Le Sénégal dénonce en permanence un agenda occidental pro-« LGBTQI+ »
Selon le député Cheikh Abdou Bara Dolly Mbacké, à l’origine de cette réforme (qui exprime une tendance sur le sujet en augmentation dans toute l’Afrique noire), il s’agit d’une volonté de « lutter contre la perversion des mœurs de notre société, contre ces valeurs culturelles immorales importées de l’Occident »[2], régulièrement pointé du doigt en Afrique pour sa permissivité.
Preuve s’il en est, en janvier 2024, le Dakar Times n’avait pas hésité à mettre en une de son journal, la photo du Premier ministre Gabriel Attal, avec ce sous-titre : « Le lobby gay prend le pouvoir en France ». En mai suivant, alors en conférence conjointe avec Jean-Luc Mélenchon, le Premier ministre Ousmane Sonko avait averti solennellement les Occidentaux qu’il considérerait comme « un casus belli » toute tentative de pression de leur part sur les questions de genre[3]. Une déclaration qui avait eu le don d’agacer immédiatement le leader de La France Insoumise (LFI). En guise de réponse, au cours de l’échange, Jean-Luc Mélenchon avait fait part de sa divergence avec le chef du gouvernement sénégalais, le comparant aux « pires réactionnaires et [aux] pires racistes qui se sont opposés à cette disposition légale[4] » [en France -ndlr][5].
Tant et si bien que face à cette recrudescence d’homophobie, la patrie de l’académicien Léopold Sédar Senghor a été retirée récemment de la liste des pays « surs » en raison de leur orientation sexuelle par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
Pour un pays qui revendique sa stabilité démocratique et sa tradition de dialogue depuis 1960, cette affaire agit comme un révélateur des fractures entre modernité juridique, souveraineté culturelle et respect des libertés fondamentales. Alors que la justice sénégalaise doit encore établir les responsabilités pénales de chacun des protagonistes et apporter des preuves de leur implication éventuelle dans le réseau pédocriminel ou du caractère répréhensible des activités dans lesquelles ils se sont engagés sexuellement, le traitement médiatique et politique de l’affaire pose déjà une interrogation plus large : celle de la capacité du Sénégal à distinguer la répression légitime des crimes sexuels de la stigmatisation globale d’une partie de sa population, à respecter les droits de ses minorités sexuelles sans pour autant trahir ses traditions pluriculturelles. Un échec jusqu’à présent.
Cette tribune plaide pour l’organisation d’une vaste primaire avant l’été 2026, pour laisser au candidat désigné le temps de construire sa légitimité, d’élargir son socle, et de se présenter au pays non comme le survivant d’une guerre civile de droite, mais comme son représentant légitime, choisi par les Français.
Regardons en face ce que cinq ans de hollandisme et dix ans de macronisme auront produit. Un État obèse qui se mêle de tout mais ne résout rien, une dette abyssale de 3200 milliards €, une école publique sinistrée, une insécurité chronique, une industrie en décrochage accéléré, une immigration de peuplement hors de contrôle, et le constat — partagé par une majorité de Français — que le pays s’enfonce dans le déclin. Le macronisme s’est vendu comme une révolution libérale. Il ne s’agissait que d’une énième nuance du social-étatisme, qui s’achève avec un grave déni de démocratie : le verrouillage systématique des institutions par des personnalités de gauche.
L’état catastrophique de la France nécessite une politique enfin courageuse et radicale. Pas un ajustement à la marge. Pas quelques coupes symboliques dans un budget hors de contrôle. Un choc de bon sens : Baisser les impôts sur le travail et la production. Alléger radicalement la charge réglementaire qui étouffe les entreprises et les artisans. Tailler à la tronçonneuse dans une dépense publique qui représente désormais 57 % du PIB — le record de l’OCDE. Redonner à l’école ses fondamentaux : l’exigence, la transmission, la discipline. Rétablir l’autorité de l’État dans les territoires perdus de la République. Investir dans les technologies du futur. Ce programme existe. Il est cohérent. Il est majoritaire dans le pays réel. Il n’attend qu’un candidat pour le porter avec clarté et courage.
Le RN : du socialisme sous emballage patriote
Voici où réside la première des impostures que la droite doit nommer sans ambages. Le Rassemblement national n’est pas un parti de droite au sens économique du terme. Son programme est structurellement socialiste. Protectionnisme tous azimuts, maintien de la retraite à 60 ans pour certaines catégories, indexation généralisée des salaires, méfiance viscérale envers l’entreprise et la concurrence. Derrière les drapeaux bleu-blanc-rouge et les discours sur l’identité, le logiciel économique du RN est celui de la gauche, celui-là même qui plombe l’économie française depuis des décennies.
Un président RN appliquant son programme ne produirait pas le redressement que la France attend : il produirait une accélération du déclin. Davantage de dépenses publiques, davantage de protections corporatistes, davantage de méfiance à l’égard des investisseurs étrangers, davantage de repli. Les marchés le sanctionneraient immédiatement : les taux d’intérêt sur la dette française s’envoleraient, le coût du crédit exploserait, et les quelques marges de manœuvre budgétaires encore disponibles disparaîtraient dans les premiers mois du quinquennat. L’électeur qui vote RN pour en finir avec le déclin obtiendrait exactement l’inverse de ce qu’il espérait.
Victoire RN : le troisième tour dans la rue
Il est un autre danger que l’on tait trop souvent : celui du lendemain d’une victoire RN. Une fraction significative de la gauche radicale (LFI en tête) a clairement indiqué qu’elle ne reconnaîtrait pas la légitimité d’un tel résultat. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une déclaration d’intention réitérée. Jean-Luc Mélenchon l’a dit et répété : la rue serait convoquée. Les blocages commenceraient. Le pays entrerait dans une crise de gouvernabilité pire que celle que nous connaissons.
La France des gilets jaunes, des blocages de ronds-points, des violences de 2023 a déjà montré à quel point un pays fracturé peut se paralyser lui-même. Imaginez cette fracture portée à son paroxysme : une extrême gauche radicalisée qui organise un « troisième tour social », des manifs permanentes qui dégénèrent, des institutions soumises à une pression sans précédent. Le risque du chaos est bien réel. Ceux qui pensent qu’une victoire RN serait un choc salutaire et que l’ordre s’imposerait de lui-même font preuve d’une légèreté irresponsable face à la réalité de la gauche radicale française : l’une des plus violentes et des plus organisées d’Europe, comme la tragédie de Lyon vient de la rappeler.
La multiplication des candidatures : un suicide collectif annoncé
Seul un président issu de la droite républicaine, avec une majorité à l’Assemblée, semble en mesure de mener à bien un projet radical et libéral de redressement du pays. Les candidats sont nombreux à prétendre en être capable. David Lisnard, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Edouard Philippe… Demain d’autres encore. Chacun respectable. Chacun porteur d’une vision, de la droite de la droite à la gauche de la droite. Et chacun, s’il se présente seul contre les autres, contribuant mécaniquement à diviser un électorat qui ne peut se permettre de l’être. Dans un quadripartisme serré, 18% suffisent à se qualifier au second tour. Mais cinq candidats à 9% chacun ne font pas un finaliste : ils font cinq vaincus. La seule solution rationnelle, démocratique, et efficace est connue : une primaire ouverte, organisée tôt, avec des règles claires. Et il ne fait guère de doute que le plus à droite et le plus libéral la gagnera (je place une pièce sur David Lisnard), tant les Français sont plus lucides qu’on ne l’imagine sur le président dont ils ont besoin.
La primaire : le projet avant l’homme
Une primaire bien organisée n’est pas une faiblesse mais une démonstration de maturité démocratique. Ce serait l’occasion, pour des millions de Français de droite et du centre, d’entendre enfin la vision des uns et des autres, et de trancher en connaissance de cause. Quelles solutions pour libérer notre économie du carcan étatiste ? Comment délivrer l’école, la justice, l’audiovisuel public et la culture subventionnée de l’idéologie ? Comment rétablir l’autorité de l’État ? Comment réarmer la France dans un monde redevenu dangereux ?
La primaire doit être ouverte large — de l’UDI à Horizons, des souverainistes libéraux aux conservateurs réformistes — avec un seul critère d’entrée : adhérer à l’idée que la France a besoin d’un choc de liberté, pas d’un choc de dépense supplémentaire. Elle doit être organisée avant l’été 2026, pour laisser au candidat désigné le temps de construire sa légitimité, d’élargir son socle, et de se présenter au pays non comme le survivant d’une guerre civile de droite, mais comme son représentant légitime, choisi par les Français.
Les enjeux de 2027 sont simples à formuler, et vertigineux à mesurer. D’un côté, une gauche islamogauchiste qui, au pouvoir, enfoncera la France dans la spirale dépensière tout en alimentant les divisions identitaires. De l’autre, un RN dont le programme économique ne diffère de la gauche que par le drapeau qu’on agite dessus — et dont la victoire plongerait le pays dans une crise sociale et institutionnelle majeure. Entre ces deux impasses, la victoire en 2027 est possible pour une candidature de droite unique, lucide sur l’état de la France, et courageuse sur les politiques à mener pour redresser le pays.
Dégradation d'Alfred Dreyfus, dégradation dans la Cour Morland de l'École militaire à Paris, une du supplément illustré du Petit Journal. 1895. DR.
Cette contribution s’étonne de l’écart entre le courage du colonel Picquart (1854-1914) dans l’Affaire Dreyfus et l’absence totale de remise en question actuelle autour de l’affaire Al-Durah. Aucun responsable politique n’a osé jusqu’à aujourd’hui contester publiquement la version médiatique officielle, sans doute par crainte de l’ostracisme.
Robert Badinter rappelait parfois que quelques mois avant les élections qui allaient conduire à la victoire le Front populaire, Léon Blum, loin de se limiter à la campagne qui s’annonçait, prit le temps de rédiger ce qui est devenu un classique : Souvenirs surl’Affaire. L’homme d’Etat notait en effet qu’avec le temps, l’affaire Dreyfus, qui avait déchiré la France cinquante ans auparavant, s’estompait et que le nom même de Dreyfus semblait oublié.
En réalité, on se souvient encore de son nom, et un peu plus. Mais qui sait encore ce que la manifestation de la vérité dut à un homme, le colonel Picquart ? Chef du bureau des statistiques – le service de renseignement – c’est lui qui, découvrant le télégramme déchiré d’Esterhazy qui accuse le capitaine Dreyfus, subodore un problème, y travaille, et après quelques péripéties, dénonce la supercherie : c’est le fameux petit bleu.
Imagine-t-on ce qu’il fallut de courage insensé pour un militaire, gradé, très bien noté et promis à de hautes fonctions, pour risquer de tout perdre juste par respect de la vérité ?
Se souvient-on qu’il fut d’abord muté en Tunisie puis sanctionné par sa hiérarchie de près d’un an de prison et réformé d’office ?
C’est à cette histoire que la lecture du dossier sur l’affaire Al-Durah m’a ramené.
Car le petit bleu répondait aux attentes du public nourri d’une certaine idéologie, antisémite et nationaliste, comme les images de France 2 répondent à un l’antisémitisme innervé par une sorte de « progressisme ».
L’absence de réaction dans les grands médias à ce dossier étayé m’a plus que surpris. Comme à ce jour, l’absence de protestation de la part des personnes, morales ou physiques, clairement visées. Et je ne parle même pas de réaction judiciaire…
Sans être « spécialiste » de cette affaire, il n’est pas difficile de se rendre compte qu’il y a un doute plus que sérieux sur la version officielle ; l’arrêt de la Cour de cassation ne tranche en rien le litige, fondé qu’il est sur un élément procédural inopposable à la vérité des faits. Et le refus de la justice de verser au débat les « rushs » qui suffiraient à accréditer la thèse de France 2 ouvre la voie à toutes les hypothèses alternatives. Et d’autres pourraient en dire bien plus, et l’ont d’ailleurs fait dans le dossier.
Mais quel courage faudrait-il aujourd’hui à un politique, à un journaliste, à un historien même de simplement poser la question : ce reportage sur la mort de l’enfant est-il possiblement un « fake » ? Qui dans la galaxie médiatique aurait le front de s’aliéner son environnement bien-pensant pour a minima poser la question ? Et puisqu’alors, nous aurions affaire au « fake le plus antisémite de notre génération » pour reprendre les termes du dossier de Causeur, cela ne jette-t-il pas un regard cru sur la partialité du service public ?
Ce courage, le colonel Picquart l’a eu. Il risquait bien plus qu’une mise au ban symbolique. Il a payé un prix certain, mutation, suspension, prison. Mais quelques décennies plus tard, il devint ministre de la Guerre sous Clemenceau.
Il n’est pas interdit de penser qu’il le doit aussi à une forme de détachement des honneurs, et d’humour devant les hochets de la République, dont témoigne la lettre jointe.
Quel journaliste ou politique se soucie suffisamment de la vérité et aurait assez de courage pour poser la question de la véracité de ce reportage ?
Les manifestants de la droite nationale étaient réunis hier après-midi place de la Sorbonne pour rendre hommage à Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, mort à Lyon samedi après son lynchage en marge d’une conférence de l’eurodéputée lfiste Rima Hassan. Les ministres de l’Intérieur et de la Justice pointent les responsabilités de l’extrême gauche dans le drame, et tous les regards se tournent particulièrement vers le groupe antifa La Jeune Garde. Dissous en juin 2025, le groupe assure avoir cessé ses activités, et être dans l’attente de la décision du Conseil d’Etat suite à un recours. Jacques-Elie Favrot, suspecté par les militants nationalistes d’avoir participé au lynchage, collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, clame son innocence et déclare être à son tour menacé de mort.
Près de deux mille personnes étaient rassemblées place de la Sorbonne, en ce dimanche pluvieux, pour rendre hommage à Quentin. La foule, dense mais disciplinée, se tenait sous une forêt de parapluies. Les visages étaient graves, l’émotion contenue, mêlée de colère et de cette tristesse froide qui accompagne les deuils politiques.
La conscience d’entrer dans une période dure
Au premier rang, quelques figures bien connues, comme Marion Maréchal (Identités Libertés) et Hanane Mansouri (UDR). Pierre-Romain Thionnet prendra la parole en sa qualité de chef du Rassemblement national de la jeunesse, ainsi qu’Hilaire Bouyé, de Génération Zemmour. Édouard Bina, de la Cocarde étudiante, en appelle au courage des troupes et rappelle les paroles du chant contre-révolutionnaire Les fantassins du Lyonnais / La Ligue Noire : « Quand on meurt pour la patrie, n’a-t-on pas assez vécu ? » « Si l’on commence à avoir peur de l’adversité dans les universités, alors on a perdu », nous assure-t-il.
Le RN Pierre-Romain Thionnet.
Dans la foule, l’émotion se mêle à la colère : les slogans « LFI assassin » et « Jeune Garde, Arnault assassins » sont repris par un chœur de poitrines viriles. La jeunesse, nombreuse dans ce rassemblement au cœur de Paris, lui confère une énergie particulière. Mais flotte aussi la conscience d’entrer dans une séquence plus dure.
Les personnes que nous avons interrogées confirment la crainte d’un retour de la violence politique. « L’État faillit à protéger les Français », déclare le député Julien Limongi. Son collègue, le député et ancien magistrat Mathias Renault, évoque quant à lui la sécurité collective : « Il y a 10 000 militants d’ultragauche repérés, et parmi eux 3 000 fichés S. Il existe une organisation, la Jeune Garde, que l’on peut suspecter d’être la reconstitution d’une association dissoute, Génération antifasciste. »
Plusieurs affaires ont déjà fait craindre un retour du terrorisme d’ultragauche : l’attaque de voies ferroviaires à la veille de l’ouverture des Jeux olympiques, ou encore les attaques coordonnées contre des prisons, accompagnées de slogans politiques durant l’été 2025. La menace terroriste d’extrême gauche serait-elle devenue plus dangereuse, alors que les autorités françaises concentraient leur attention sur la menace islamiste ? La question se pose. Certes, le Bataclan a fait des centaines de morts, tandis que le meurtre de Quentin n’a emporté qu’une seule vie. Mais Édouard Bina propose une analogie frappante : « Les accidents de voiture sont plus nombreux que les accidents d’avion, mais moins impressionnants. » La récurrence des violences liées à la mouvance antifa inquiète. On peut redouter l’émergence d’une violence politique intérieure, moins spectaculaire mais plus diffuse, qui n’aurait pas besoin d’être téléguidée depuis l’étranger.
Le jeune homme, converti au catholicisme, avait, dit-on, emmené sa famille dans la foi. Le responsable des jeunes du parti de Marion Maréchal invite l’assemblée à réciter un Je vous salue Marie. Ainsi Quentin est-il confié à l’éternité.
Le spectre des années de plomb
Parmi les orateurs, un intervenant italien, venu de Turin avec ses camarades, prend la parole. Et l’affaire Quentin replonge l’assistance dans une histoire transalpine relativement méconnue en France. En 1975, en Italie, au paroxysme des années de plomb, militants nationalistes du MSI et membres des Brigades rouges s’affrontent dans un climat quasi insurrectionnel. Sergio Ramelli, lycéen milanais de 18 ans, est lynché à l’entrée de son domicile par des militants d’extrême gauche. Il meurt après un mois de coma. La droite italienne en a fait un martyr de sa cause, honoré par des cérémonies régulières depuis un demi-siècle. Depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, ces commémorations ont pris un caractère plus officiel : dépôts de gerbes, présence de membres du gouvernement, discours sur la réconciliation nationale autour d’une figure issue de la droite dure.
Trente années de laxisme face à l’extrême gauche
« L’extrême gauche passe à l’intimidation physique, puisqu’elle a perdu le monopole de l’intimidation morale », analyse Jean-Yves Le Gallou. Nous lui demandons s’il ne s’agit pas plutôt des derniers coups de griffe de la bête traquée, à la veille de la victoire du camp national… Il répond sans détour : « Votre hypothèse est très optimiste. » Alerte sur les méthodes et coups bas de ses adversaires, l’ancien bras droit de Bruno Mégret redoute le pire : « Si le candidat du RN se trouve face à Jean-Luc Mélenchon au second tour, il faut s’attendre à une série de violences terribles, à des bourrages d’urnes. Il faudra être prêt. » Depuis son accession à la présidence du RN, Marine Le Pen a rompu avec les franges les plus radicales — un luxe que LFI ne s’offre pas à l’autre extrémité de l’échiquier politique.
« Personne ne devrait mourir pour un événement politique », bredouillait Éric Coquerel sur France Info cette semaine. Personne ne le conteste. Et pourtant, cela est arrivé.
La mort de Quentin referme peut-être la parenthèse de plusieurs décennies relativement pacifiées — du moins en dehors des attentats inspirés ou organisés depuis l’étranger. Les attaques islamistes de Toulouse en 2012, celles contre Charlie Hebdo ou le Bataclan en 2015, avaient déjà marqué une rupture et sorti les Français de leur torpeur post-tragique. Le 13 février nous ramène lui plutôt dans une ambiance de guerre civile, plus proche de l’Espagne des années 30 que des guerres de religion. Certains y voient l’aboutissement d’une tolérance prolongée à l’égard de mouvements d’ultragauche, présents depuis les années 1990, notamment dans certains milieux universitaires ou dans des zones de contestation comme Notre-Dame-des-Landes. Dans de nombreuses librairies, des ouvrages politiques radicaux, publiés par des maisons d’édition comme La Fabrique, occupent une place visible. Faudra-t-il, pour refermer cette parenthèse, renouer avec l’esprit des lois de 1893 et 1894, adoptées pour réprimer le mouvement anarchiste — fermeture de journaux, dissolution d’organisations, restriction de la propagande ?
Charlie Hebdo est accusé de mettre de l’huile sur le feu. Pour illustrer le drame du Constellation à Crans-Montana, incendie où 40 vies se sont éteintes, le dessinateur Salch s’est inspiré de la bande à Jean-Claude Dusse pour mettre à l’affiche : « Les brûlés font du ski ». Ce qui a provoqué sur les réseaux sociaux une avalanche de commentaires incendiaires et le dépôt, non pas d’une gerbe de fleurs, mais d’une plainte, par un avocat suisse, qui estime que la caricature dépasse les limites admissibles de la satire. Et un autre dessin, plus grinçant encore, a suivi : « La Rédaction de Charlie décimée par deux arbalétriers », qui évoque le 7 janvier 2015.
Un retour de flammes pour Charlie Hebdo qui est né sur les cendres encore chaudes d’un sinistre historique… Le 1er novembre 1970 dans l’Isère, l’incendie du 5-7 faisait 146 morts. Le 5-7 était ce qu’on appelait un « dancing », ou plus couramment un « bal », où les amoureux se rencontraient, comme dans Le Petit Bal perdu que chantait Bourvil. Le 9 novembre suivant, dans sa propriété de Colombey-les-Deux-Églises, le général de Gaulle passait l’arme à gauche. Le journal Hara-Kiri, du regretté professeur Choron, en référence au drame du bal du 5-7, titrait alors : « Bal tragique à Colombey : un mort ». On doute que cette insolence ait fait se retourner feu le général dans sa tombe, mais le ministre de l’Intérieur de l’époque faisait interdire la vente de l’hebdo aux moins de 18 ans… le privant ainsi du plus gros de son lectorat. Le journal bête et méchant se jouait de la censure en changeant de titre, en devenant… Charlie-Hebdo…
Maintenant, l’humour noir pratiqué par Charlie fait rire jaune certains pisse-vinaigre qui estiment indigne d’exploiter le malheur des autres, mais ne s’émeuvent pas de voir la même souffrance exploitée à la une au prétexte de compassion. Charlie a déjà prouvé, que même endeuillé, il ne mettait jamais son humour en berne. Le 5 novembre 1983, son dessinateur, l’inoubliable Reiser, âgé de 42 ans, succombait à un cancer. Charlie lui dédiait alors un numéro spécial avec à la une un dessin montrant un cercueil avec des baskets, ainsi légendé : « Reiser va mieux, il est allé au cimetière à pied ! »
La directive 2023/970 du 10 mai 2023 de l’Union européenne impose « la transparence » des salaires, il s’agit en outre de réduire l’écart moyen des salaires dans une entreprise à moins de 5% pour le même poste. La France a jusqu’au 7 juin 2026 pour la transposer. Il ne devrait pas en être question !
C’est non seulement la liberté de diriger son entreprise qui est atteinte mais avec elle la confidentialité des ressources des salariés. De surcroît c’est psychologiquement néfaste, car la suspicion et la jalousie vont être difficiles à gérer y compris par le département des ressources humaines lorsqu’il existe (ne parlons pas des PME). N’oublions pas qu’en France règne souvent un égalitarisme revendiqué et agressif. L’entrepreneur doit pourtant avoir le droit et même le devoir de récompenser à travers leurs salaires ceux qu’il estime travailler plus et mieux. Si les entreprises sont soupçonnées d’écarts volontaires et discriminatoires de salaires, des sanctions sont déjà prévues…
Aigreur et transparence
Les chefs d’entreprise craignent donc que l’aigreur et la baisse de motivation soient au rendez-vous de cette nouvelle transparence exigée, créant un mauvais climat ; libre aux salariés de comparer leurs salaires entre eux s’ils le souhaitent.
Par ailleurs, les critères du montant des salaires estimés par les dirigeants sont difficilement transcriptibles sur un index chiffré. Les rémunérations consistent à être justes et compréhensibles par ceux qui en bénéficient et dans les équipes, l’égalitarisme ne doit pas être un objectif. Les différences de salaires, qui heureusement existent, s’expliquent par différents éléments : des expériences différentes au cours des précédents postes (cette directive interdit par ailleurs de demander l’ancien salaire pendant le recrutement, quelle méfiance !), la revalorisation par exemple du niveau d’un diplôme au cours des années, une meilleure négociation à l’embauche par le salarié, une plus grande implication, de certains la disponibilité pour faire des heures supplémentaires, et bien sûr la bonne santé financière de l’entreprise, etc.
Tant que la fonction publique ne publiera pas les salaires de ses employés (rémunérés par le contribuable), pourquoi les entreprises privées devraient-elles le faire ?
Il se trouve aussi qu’il existe des conventions collectives dans chaque secteur d’activité (qui sont peu respectées), et elles sont parfois plus favorables que d’autres (citons par exemple celles de l’assurance ou de la banque) : personne ne s’en offusque.
Climat glacial à venir !
Cette question de la transparence des salaires est aussi particulièrement dangereuse dans un pays où l’on n’aime pas l’argent et où on l’affirme avec force, les syndicats les premiers, qui sont dans un état d’esprit en la matière proche du communisme. Transparence qui pourrait engendrer une menace relationnelle dans le climat de l’entreprise car seraient visés et ostracisés les mieux payés. Nous pourrions constater aussi la baisse de la cote de popularité des supérieurs hiérarchiques censés décider du salaire !
Et que dire des primes forcément injustes si pas généralisées ? puisque la prime « patron » dite « prime Macron » est devenue le mode de rémunération préféré des salariés et des RH puisque défiscalisées, elles bénéficient au pouvoir d’achat en évitant le surcoût des cotisations sur les salaires (les plus élevées du monde).
Nous sommes décidément très mal à l’aise vis-à-vis de l’enrichissement ou de l’argent tout simplement, surtout lorsqu’il s’agit de récompenser l’effort, le mérite, le dépassement de soi… alors n’en rajoutons pas. Une curiosité malsaine et revendicatrice existe déjà dans certains services sans cette directive de transparence salariale. Rappelons aussi que chaque contribuable peut, selon la loi française, consulter les avis d’imposition des habitants de son département…
Décidément, la méritocratie et la rémunération, quelle qu’elle soit, n’ont pas bonne presse. Nous sommes encore sous le coup d’une jalousie source d’une lutte des classes révolutionnaire qui s’est déplacée vers l’entreprise. Le concept franco-français des « signes extérieurs de richesses » fait encore le bonheur des esprits chagrins…
Philippe Bilger se réjouit de l’annonce de l’ancien ministre de l’Intérieur de se présenter à la présidence de la République.
Ce n’est pas au moment où Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 que je vais me priver d’écrire un billet sur cette excellente nouvelle, tant attendue. Je n’ai d’ailleurs pas aimé la manière dont cette information a été accueillie, comme si elle allait de soi et qu’elle ne constituait pas un événement.
Elu par 74% des adhérents LR en mai 2025
Pourtant, il me semble que Bruno Retailleau, pour se décider avec l’enthousiasme et l’énergie qu’une telle initiative impose, a dû obtenir l’assentiment familial et cesser d’invoquer « son devoir » comme si se présenter était une corvée.
En revanche, il est beaucoup plus audible et compréhensible lorsqu’il déclare « qu’il ne veut pas être président de la République par obsession du pouvoir mais par sens du devoir ». Il a pris conscience que les militants de LR n’espéraient qu’avoir l’opportunité de lui renouveler leur confiance après son élection triomphale à la tête du parti. Ce qui aurait dû faire de lui, tout de suite et sans l’ombre d’une discussion, le candidat naturel pour 2027, si Bruno Retailleau, par une sorte de pudeur politique, n’avait pas été effrayé par son succès même et par l’étendue du pouvoir qui en résultait.
Il me paraît donc essentiel, maintenant que cette annonce fondamentale a été faite, que Bruno Retailleau fasse valider et confirmer par eux tous sa légitimité à être le candidat de la droite pour 2027 et l’absolue justesse de son ambition.
Il ne se laissera plus entraver dans sa résolution par Laurent Wauquiez, dont certains propos laissent augurer, comme d’habitude, plus d’acidité à son encontre que de soutien ; mais il faudra balayer tout cela par le recours à une démocratie interne dont les décisions devront être respectées à la lettre.
Mon amicale fidélité politique à Bruno Retailleau tient, au-delà de ce que les promesses, les engagements et les projets ont parfois de conjoncturel au regard d’une réalité mouvante, à un double constat.
D’abord, il s’agit d’un homme qui n’a jamais flotté au gré des vents mauvais ou opportunistes : l’ensemble de son parcours, avant d’être sénateur puis ministre et président de parti, montre une constance dans ses choix et ses orientations fondamentales, une vision de la personne, de la société et du monde qui a toujours été conforme à ce que je nommerais un humanisme d’autorité et de courage.
Le second constat tient au caractère toujours irréprochable de son éthique personnelle et politique. La droite ne pourra plus être, avec lui, relativiste et complaisante à l’égard des transgressions morales, au prétexte qu’elles ne relèveraient pas de défaillances intimes, conjugales ou familiales, mais qu’elles seraient liées à tout ce qui se rapporte à la vie d’un parti et à la conquête du pouvoir. On ne pourra plus se permettre d’être vertueux à mi-temps et de se féliciter d’être applaudi et célébré malgré des turpitudes alléguées et des condamnations édictées.
Dans un entretien très fouillé que Bruno Retailleau a accordé au Figaro Magazine — sans doute par ironie médiatique, l’entretien suit un débat sur Donald Trump entre Éric Zemmour et Aquilino Morelle —, il énonce comme injonction centrale : « Je veux que la France se relève. »
Juges : une suggestion
En recommandant la lecture de ces échanges de haute volée, qui définissent un projet présidentiel clair, cohérent et novateur, je renvoie à la parfaite synthèse que la publication a donnée de cet entretien : « Les principaux axes de son projet : recours au référendum, réforme de la Constitution et des retraites, suppression des normes pénalisantes pour les entreprises et suppression du juge d’application des peines, état d’urgence pour les quartiers gangrenés… ».
Bruno Retailleau en fera ce qu’il voudra, mais j’ajouterais volontiers le juge des enfants à la volonté de faire disparaître le juge de l’application des peines. Ce n’est pas de la provocation : je suis prêt à soutenir que des magistrats qui participent davantage d’un désarmement pénal que d’une rigueur nécessaire devraient être exclus du processus judiciaire ordinaire. Ils affaiblissent plus qu’ils ne renforcent.
Puisque j’ai évoqué Donald Trump, je ne risquerais pas une comparaison détaillée entre celui-ci et Bruno Retailleau. L’un est caractériel, erratique et imprévisible ; l’autre, équilibré, cohérent et stable. Mais si le président américain est perçu aussi comme un homme d’action qui tient ses engagements, je ne doute pas que Bruno Retailleau, sur ce plan du caractère et du volontarisme, lui ressemblera en effet. Dire « Bruno Retailleau, enfin ! » n’est pas un mot vain, ni un titre superficiel. Mais l’expression d’une espérance incarnée.
La romancière Olivia Elkaim fait revivre Cécile Peretz, la mère de Georges Perec, assassinée à Auschwitz. La Disparition des choses, ou le livre que son fils n’a jamais pu écrire.
« Rien, jamais, ne sépare une mère de son enfant. » Et pourtant. Un matin froid de l’automne 1941 une femme accompagne son petit garçon de 5 ans gare de Lyon, où un convoi de la Croix-Rouge va l’emmener jusqu’à Grenoble. Ce petit garçon, c’est Georges Perec. Sa mère Cécile Peretz, dite Perec. La scène est déchirante. L’auteur des Choses qui obtient le Renaudot en 1965 la raconte dans W ou le Souvenir d’enfance. À partir de là, écrit-il, « je fus précipité dans le vide. Tous les fils furent rompus ; je tombai seul et sans soutien ». Ce que le petit garçon ne sait pas, en ce matin de l’automne 1941, c’est qu’il ne reverra jamais sa mère. Cécile sera internée au camp de Drancy deux ans plus tard puis déportée à Auschwitz. Elle y mourra. Orphelin de père depuis 1940, l’enfant est ensuite confié à sa tante. Plus tard il écrira : « Quand mon père est mort, j’étais trop petit pour m’en rendre compte. Quand ma mère est morte, je ne l’ai pas su. » Une double disparition inscrite au cœur de son œuvre tel un puits sans fond autour duquel Perec n’a eu de cesse de tourner. « Je n’ai pas de souvenirs d’elle mais j’écris pour que quelque chose d’elle demeure », confesse l’écrivain membre de l’Oulipo. Il y aura La Disparition, roman composé sans employer la lettre « e ». Et Les Revenentes,roman saturé, à l’inverse, de cette même lettre. Il y aura surtout la dédicace de W ou le Souvenir d’enfance : « Pour E ». Eux, c’est-à-dire son père André, sa mère Cécile et peut être le peuple juif. De Cécile Perec on ne sait rien. Ou presque. C’est autour de ce rien qu’Olivia Elkaim a composé son roman. Elle a lu et relu l’œuvre du fils dans l’espoir de glaner malgré tout quelques indices, a compulsé des archives, exhumé des photos, mené l’enquête auprès d’anciens amis de l’écrivain. Tous sont formels sur un point : Perec ne parlait jamais de sa mère. Loin d’être découragée par l’absence d’éléments, l’écrivaine choisit d’inventer, d’insuffler du romanesque là où il n’y a que du vide. Dans les moments de doute, les amis de l’écrivain sont là pour la soutenir : « Laissez-la advenir telle que vous l’imaginez, clament-ils en chœur, c’est ainsi que vous approcherez de sa vérité la plus profonde. » Dont acte. Cécile s’extrait des limbes de l’oubli. Silhouette frêle, cheveux noirs relevés en chignon. Elle se hâte pour rejoindre son domicile rue Vilin. Le soir sur le mur de sa chambre, elle marque d’une croix chaque nouvelle journée passée loin de son garçon. Elle le rejoindra bientôt. Elle veut y croire. Se fait faire de faux papiers. Part seule avec sa petite valise puis rebrousse chemin. Olivia Elkaim met ses pas dans les siens, tremble avec elle, espère avec elle. Ses obsessions sont les siennes : la peur pour son fils, l’effroi face à l’antisémitisme qui gagne. En 2017 elle avait publié Je suis Jeanne Hébuterne. La Disparition des choses est une manière de Je suis Cécile Perec. Un roman bouleversant avec lequel la romancière accomplit la prouesse de faire revivre un fantôme pour écrire le livre que Georges Perec n’a jamais pu écrire.
La Disparition des choses, Olivia Elkaim, Stock, 2026.