Cette tribune plaide pour l’organisation d’une vaste primaire avant l’été 2026, pour laisser au candidat désigné le temps de construire sa légitimité, d’élargir son socle, et de se présenter au pays non comme le survivant d’une guerre civile de droite, mais comme son représentant légitime, choisi par les Français.
Regardons en face ce que cinq ans de hollandisme et dix ans de macronisme auront produit. Un État obèse qui se mêle de tout mais ne résout rien, une dette abyssale de 3200 milliards €, une école publique sinistrée, une insécurité chronique, une industrie en décrochage accéléré, une immigration de peuplement hors de contrôle, et le constat — partagé par une majorité de Français — que le pays s’enfonce dans le déclin. Le macronisme s’est vendu comme une révolution libérale. Il ne s’agissait que d’une énième nuance du social-étatisme, qui s’achève avec un grave déni de démocratie : le verrouillage systématique des institutions par des personnalités de gauche.
L’état catastrophique de la France nécessite une politique enfin courageuse et radicale. Pas un ajustement à la marge. Pas quelques coupes symboliques dans un budget hors de contrôle. Un choc de bon sens : Baisser les impôts sur le travail et la production. Alléger radicalement la charge réglementaire qui étouffe les entreprises et les artisans. Tailler à la tronçonneuse dans une dépense publique qui représente désormais 57 % du PIB — le record de l’OCDE. Redonner à l’école ses fondamentaux : l’exigence, la transmission, la discipline. Rétablir l’autorité de l’État dans les territoires perdus de la République. Investir dans les technologies du futur. Ce programme existe. Il est cohérent. Il est majoritaire dans le pays réel. Il n’attend qu’un candidat pour le porter avec clarté et courage.
Le RN : du socialisme sous emballage patriote
Voici où réside la première des impostures que la droite doit nommer sans ambages. Le Rassemblement national n’est pas un parti de droite au sens économique du terme. Son programme est structurellement socialiste. Protectionnisme tous azimuts, maintien de la retraite à 60 ans pour certaines catégories, indexation généralisée des salaires, méfiance viscérale envers l’entreprise et la concurrence. Derrière les drapeaux bleu-blanc-rouge et les discours sur l’identité, le logiciel économique du RN est celui de la gauche, celui-là même qui plombe l’économie française depuis des décennies.
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Un président RN appliquant son programme ne produirait pas le redressement que la France attend : il produirait une accélération du déclin. Davantage de dépenses publiques, davantage de protections corporatistes, davantage de méfiance à l’égard des investisseurs étrangers, davantage de repli. Les marchés le sanctionneraient immédiatement : les taux d’intérêt sur la dette française s’envoleraient, le coût du crédit exploserait, et les quelques marges de manœuvre budgétaires encore disponibles disparaîtraient dans les premiers mois du quinquennat. L’électeur qui vote RN pour en finir avec le déclin obtiendrait exactement l’inverse de ce qu’il espérait.
Victoire RN : le troisième tour dans la rue
Il est un autre danger que l’on tait trop souvent : celui du lendemain d’une victoire RN. Une fraction significative de la gauche radicale (LFI en tête) a clairement indiqué qu’elle ne reconnaîtrait pas la légitimité d’un tel résultat. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une déclaration d’intention réitérée. Jean-Luc Mélenchon l’a dit et répété : la rue serait convoquée. Les blocages commenceraient. Le pays entrerait dans une crise de gouvernabilité pire que celle que nous connaissons.
La France des gilets jaunes, des blocages de ronds-points, des violences de 2023 a déjà montré à quel point un pays fracturé peut se paralyser lui-même. Imaginez cette fracture portée à son paroxysme : une extrême gauche radicalisée qui organise un « troisième tour social », des manifs permanentes qui dégénèrent, des institutions soumises à une pression sans précédent. Le risque du chaos est bien réel. Ceux qui pensent qu’une victoire RN serait un choc salutaire et que l’ordre s’imposerait de lui-même font preuve d’une légèreté irresponsable face à la réalité de la gauche radicale française : l’une des plus violentes et des plus organisées d’Europe, comme la tragédie de Lyon vient de la rappeler.
La multiplication des candidatures : un suicide collectif annoncé
Seul un président issu de la droite républicaine, avec une majorité à l’Assemblée, semble en mesure de mener à bien un projet radical et libéral de redressement du pays. Les candidats sont nombreux à prétendre en être capable. David Lisnard, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Edouard Philippe… Demain d’autres encore. Chacun respectable. Chacun porteur d’une vision, de la droite de la droite à la gauche de la droite. Et chacun, s’il se présente seul contre les autres, contribuant mécaniquement à diviser un électorat qui ne peut se permettre de l’être. Dans un quadripartisme serré, 18% suffisent à se qualifier au second tour. Mais cinq candidats à 9% chacun ne font pas un finaliste : ils font cinq vaincus. La seule solution rationnelle, démocratique, et efficace est connue : une primaire ouverte, organisée tôt, avec des règles claires. Et il ne fait guère de doute que le plus à droite et le plus libéral la gagnera (je place une pièce sur David Lisnard), tant les Français sont plus lucides qu’on ne l’imagine sur le président dont ils ont besoin.
La primaire : le projet avant l’homme
Une primaire bien organisée n’est pas une faiblesse mais une démonstration de maturité démocratique. Ce serait l’occasion, pour des millions de Français de droite et du centre, d’entendre enfin la vision des uns et des autres, et de trancher en connaissance de cause. Quelles solutions pour libérer notre économie du carcan étatiste ? Comment délivrer l’école, la justice, l’audiovisuel public et la culture subventionnée de l’idéologie ? Comment rétablir l’autorité de l’État ? Comment réarmer la France dans un monde redevenu dangereux ?
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La primaire doit être ouverte large — de l’UDI à Horizons, des souverainistes libéraux aux conservateurs réformistes — avec un seul critère d’entrée : adhérer à l’idée que la France a besoin d’un choc de liberté, pas d’un choc de dépense supplémentaire. Elle doit être organisée avant l’été 2026, pour laisser au candidat désigné le temps de construire sa légitimité, d’élargir son socle, et de se présenter au pays non comme le survivant d’une guerre civile de droite, mais comme son représentant légitime, choisi par les Français.
Les enjeux de 2027 sont simples à formuler, et vertigineux à mesurer. D’un côté, une gauche islamogauchiste qui, au pouvoir, enfoncera la France dans la spirale dépensière tout en alimentant les divisions identitaires. De l’autre, un RN dont le programme économique ne diffère de la gauche que par le drapeau qu’on agite dessus — et dont la victoire plongerait le pays dans une crise sociale et institutionnelle majeure. Entre ces deux impasses, la victoire en 2027 est possible pour une candidature de droite unique, lucide sur l’état de la France, et courageuse sur les politiques à mener pour redresser le pays.




