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Bruno Retailleau, enfin!

Le billet politique de Philippe Bilger


Bruno Retailleau, enfin!
Bry sur Marne, 6 novembre 2025 © JEANNE ACCORSINI/SIPA

Philippe Bilger se réjouit de l’annonce de l’ancien ministre de l’Intérieur de se présenter à la présidence de la République.


Ce n’est pas au moment où Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 que je vais me priver d’écrire un billet sur cette excellente nouvelle, tant attendue. Je n’ai d’ailleurs pas aimé la manière dont cette information a été accueillie, comme si elle allait de soi et qu’elle ne constituait pas un événement.

Elu par 74% des adhérents LR en mai 2025

Pourtant, il me semble que Bruno Retailleau, pour se décider avec l’enthousiasme et l’énergie qu’une telle initiative impose, a dû obtenir l’assentiment familial et cesser d’invoquer « son devoir » comme si se présenter était une corvée.

En revanche, il est beaucoup plus audible et compréhensible lorsqu’il déclare « qu’il ne veut pas être président de la République par obsession du pouvoir mais par sens du devoir ». Il a pris conscience que les militants de LR n’espéraient qu’avoir l’opportunité de lui renouveler leur confiance après son élection triomphale à la tête du parti. Ce qui aurait dû faire de lui, tout de suite et sans l’ombre d’une discussion, le candidat naturel pour 2027, si Bruno Retailleau, par une sorte de pudeur politique, n’avait pas été effrayé par son succès même et par l’étendue du pouvoir qui en résultait.

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Il me paraît donc essentiel, maintenant que cette annonce fondamentale a été faite, que Bruno Retailleau fasse valider et confirmer par eux tous sa légitimité à être le candidat de la droite pour 2027 et l’absolue justesse de son ambition.

Il ne se laissera plus entraver dans sa résolution par Laurent Wauquiez, dont certains propos laissent augurer, comme d’habitude, plus d’acidité à son encontre que de soutien ; mais il faudra balayer tout cela par le recours à une démocratie interne dont les décisions devront être respectées à la lettre.

Mon amicale fidélité politique à Bruno Retailleau tient, au-delà de ce que les promesses, les engagements et les projets ont parfois de conjoncturel au regard d’une réalité mouvante, à un double constat.

D’abord, il s’agit d’un homme qui n’a jamais flotté au gré des vents mauvais ou opportunistes : l’ensemble de son parcours, avant d’être sénateur puis ministre et président de parti, montre une constance dans ses choix et ses orientations fondamentales, une vision de la personne, de la société et du monde qui a toujours été conforme à ce que je nommerais un humanisme d’autorité et de courage.

Le second constat tient au caractère toujours irréprochable de son éthique personnelle et politique. La droite ne pourra plus être, avec lui, relativiste et complaisante à l’égard des transgressions morales, au prétexte qu’elles ne relèveraient pas de défaillances intimes, conjugales ou familiales, mais qu’elles seraient liées à tout ce qui se rapporte à la vie d’un parti et à la conquête du pouvoir. On ne pourra plus se permettre d’être vertueux à mi-temps et de se féliciter d’être applaudi et célébré malgré des turpitudes alléguées et des condamnations édictées.

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Dans un entretien très fouillé que Bruno Retailleau a accordé au Figaro Magazine — sans doute par ironie médiatique, l’entretien suit un débat sur Donald Trump entre Éric Zemmour et Aquilino Morelle —, il énonce comme injonction centrale : « Je veux que la France se relève. »

Juges : une suggestion

En recommandant la lecture de ces échanges de haute volée, qui définissent un projet présidentiel clair, cohérent et novateur, je renvoie à la parfaite synthèse que la publication a donnée de cet entretien : « Les principaux axes de son projet : recours au référendum, réforme de la Constitution et des retraites, suppression des normes pénalisantes pour les entreprises et suppression du juge d’application des peines, état d’urgence pour les quartiers gangrenés… ».

Bruno Retailleau en fera ce qu’il voudra, mais j’ajouterais volontiers le juge des enfants à la volonté de faire disparaître le juge de l’application des peines. Ce n’est pas de la provocation : je suis prêt à soutenir que des magistrats qui participent davantage d’un désarmement pénal que d’une rigueur nécessaire devraient être exclus du processus judiciaire ordinaire. Ils affaiblissent plus qu’ils ne renforcent.

Puisque j’ai évoqué Donald Trump, je ne risquerais pas une comparaison détaillée entre celui-ci et Bruno Retailleau. L’un est caractériel, erratique et imprévisible ; l’autre, équilibré, cohérent et stable. Mais si le président américain est perçu aussi comme un homme d’action qui tient ses engagements, je ne doute pas que Bruno Retailleau, sur ce plan du caractère et du volontarisme, lui ressemblera en effet. Dire « Bruno Retailleau, enfin ! » n’est pas un mot vain, ni un titre superficiel. Mais l’expression d’une espérance incarnée.

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Magistrat honoraire, président de l'Institut de la parole, chroniqueur à CNews et à Sud Radio.

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