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La transparence salariale, encore une «norme»?

Le coup de gueule de Sophie de Menthon


La transparence salariale, encore une «norme»?
Sophie de Menthon © IBO/SIPA

La directive 2023/970 du 10 mai 2023 de l’Union européenne impose « la transparence » des salaires, il s’agit en outre de réduire l’écart moyen des salaires dans une entreprise à moins de 5% pour le même poste. La France a jusqu’au 7 juin 2026 pour la transposer. Il ne devrait pas en être question ! 


C’est non seulement la liberté de diriger son entreprise qui est atteinte mais avec elle la confidentialité des ressources des salariés. De surcroît c’est psychologiquement néfaste, car la suspicion et la jalousie vont être difficiles à gérer y compris par le département des ressources humaines lorsqu’il existe (ne parlons pas des PME). N’oublions pas qu’en France règne souvent un égalitarisme revendiqué et agressif. L’entrepreneur doit pourtant avoir le droit et même le devoir de récompenser à travers leurs salaires ceux qu’il estime travailler plus et mieux. Si les entreprises sont soupçonnées d’écarts volontaires et discriminatoires de salaires, des sanctions sont déjà prévues… 

Aigreur et transparence

Les chefs d’entreprise craignent donc que l’aigreur et la baisse de motivation soient au rendez-vous de cette nouvelle transparence exigée, créant un mauvais climat ; libre aux salariés de comparer leurs salaires entre eux s’ils le souhaitent.

Par ailleurs, les critères du montant des salaires estimés par les dirigeants sont difficilement transcriptibles sur un index chiffré. Les rémunérations consistent à être justes et compréhensibles par ceux qui en bénéficient et dans les équipes, l’égalitarisme ne doit pas être un objectif. Les différences de salaires, qui heureusement existent, s’expliquent par différents éléments : des expériences différentes au cours des précédents postes (cette directive interdit par ailleurs de demander l’ancien salaire pendant le recrutement, quelle méfiance !), la revalorisation par exemple du niveau d’un diplôme au cours des années, une meilleure négociation à l’embauche par le salarié, une plus grande implication, de certains la disponibilité pour faire des heures supplémentaires, et bien sûr la bonne santé financière de l’entreprise, etc. 

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Et le talent ? il ne faut plus le rémunérer ?

Tant que la fonction publique ne publiera pas les salaires de ses employés (rémunérés par le contribuable), pourquoi les entreprises privées devraient-elles le faire ? 

Il se trouve aussi qu’il existe des conventions collectives dans chaque secteur d’activité (qui sont peu respectées), et elles sont parfois plus favorables que d’autres (citons par exemple celles de l’assurance ou de la banque) : personne ne s’en offusque. 

Climat glacial à venir !

Cette question de la transparence des salaires est aussi particulièrement dangereuse dans un pays où l’on n’aime pas l’argent et où on l’affirme avec force, les syndicats les premiers, qui sont dans un état d’esprit en la matière proche du communisme. Transparence qui pourrait engendrer une menace relationnelle dans le climat de l’entreprise car seraient visés et ostracisés les mieux payés. Nous pourrions constater aussi la baisse de la cote de popularité des supérieurs hiérarchiques censés décider du salaire !

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Et que dire des primes forcément injustes si pas généralisées ? puisque la prime « patron » dite « prime Macron » est devenue le mode de rémunération préféré des salariés et des RH puisque défiscalisées, elles bénéficient au pouvoir d’achat en évitant le surcoût des cotisations sur les salaires (les plus élevées du monde).

Nous sommes décidément très mal à l’aise vis-à-vis de l’enrichissement ou de l’argent tout simplement, surtout lorsqu’il s’agit de récompenser l’effort, le mérite, le dépassement de soi… alors n’en rajoutons pas. Une curiosité malsaine et revendicatrice existe déjà dans certains services sans cette directive de transparence salariale. Rappelons aussi que chaque contribuable peut, selon la loi française, consulter les avis d’imposition des habitants de son département…

Décidément, la méritocratie et la rémunération, quelle qu’elle soit, n’ont pas bonne presse. Nous sommes encore sous le coup d’une jalousie source d’une lutte des classes révolutionnaire qui s’est déplacée vers l’entreprise. Le concept franco-français des « signes extérieurs de richesses » fait encore le bonheur des esprits chagrins… 



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Chef d'entreprise, présidente du mouvement ETHIC.

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