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Un patron à l’Élysée? Mauvaise question

Faut-il un PDG pour sauver la République ? Elisabeth Lévy donne son avis dans sa chronique radio. Selon elle, la France n’est pas une entreprise. Nous vous proposons de l’écouter


Challenges, mai 2025.

Faut-il envoyer un patron à l’Elysée ? C’est la dernière idée à la mode. Puisque les énarques et autres professionnels de la politique nous ont emmenés dans le mur, il nous faudrait un patron, quelqu’un qui connait la réalité de l’entreprise, pour remettre de l’ordre dans la maison France. Selon un sondage OpinionWay/La Tribune Dimanche, pour 58 % des sondés, un entrepreneur ferait un bon président. Les Français ont déjà leurs favoris. Dans une autre enquête datant de février 2025, 43 % sont favorables à une candidature Michel-Edouard Leclerc, 34 % pour Bernard Arnault, 30 % pour François Pinault, 29 % pour Xavier Niel et 28 % pour Vincent Bolloré.

Si MM. Arnault, Pinault et Bolloré ne semblent pas tentés par l’aventure politique, préférant sans doute l’influence à l’exercice du pouvoir, d’autres sont prêts à faire don de leur personne à la France. « Je suis disponible pour la nation », disait Michel-Edouard Leclerc l’an dernier.  Xavier Niel en parlerait tous les jours, selon sa fille de 13 ans. Enfin, Matthieu Pigasse, le banquier de gauche, qui mène un combat culturel contre ce qu’il appelle l’extrême droite affirme que, par principe, il n’exclut jamais rien.

A ne pas manquer, Causeur #142: Affaire Al-Durah, 25 ans après: qui a tué la vérité?

Quand la confiance dans la politique est au plus bas, c’est peut-être une bonne idée, se dit-on. En réalité, c’est une idée aussi oiseuse que celle qui consiste à dire qu’il faut élire une femme, un immigré ou un handicapé. L’élection présidentielle n’est pas un casting ni un entretien de recrutement, c’est une rencontre entre un homme et un peuple. Et la vie d’une nation ne se réduit pas à des problèmes et des solutions. Ce qu’on attend du président de la République, particulièrement du prochain, c’est qu’il redonne au pays le goût et le sens de l’avenir, qu’il incarne ce qui fait de nous une communauté politique. Le boulot d’un patron c’est de faire du profit, celui du président, c’est de garantir l’intérêt général. Ça ne signifie pas qu’un patron ne peut pas avoir les qualités requises pour être président de la République. Mais qu’on ne dirige pas un pays comme une entreprise, même Donald Trump le sait contrairement à ce que répètent les commentateurs.

On a évidemment besoin d’un président qui comprenne les réalités économiques et financières, patron ou pas. Reste à savoir si les Français sont capables d’entendre ce que savent tous les chefs d’entreprise : on ne peut pas dépenser durablement beaucoup plus que ce qu’on gagne.

Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio

Donald Trump: le bourreau des légendes

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Canada, Europe, cuisine et dépendances


Inépuisable, inarrêtable, le Grizzli de Mar El Lago écrabouille tout sur son passage. Tout est négociable, à vendre, à acheter, tout doit disparaitre : les alliances, les alliés, les terres rares, les mythes et légendes aussi. Terminé l’ordre international qui garantissait la paix, fini l’émancipation par l’éducation, le doux commerce, le progrès par le libre-échange, la politique à la papa et Barbamama. Comment stopper le caïd de la récré ? Y a plus de dirlo !

Au fond de la classe, en grandes difficultés, Marianne est passée sous la moyenne européenne s’agissant du PIB par habitant. Sébastien Lecornu a tout lâché au PS. Le budget reste durablement plombé par l’hémorragie de la dette. Diagnostiqué TDAH, Emmanuel « Macron Transformation » met des lunettes de soleil. Avec un Stetson, c’est Melville, Bob le Flambeur, Le Doulos. La défaite est-elle définitive ? L’espérance doit-elle disparaître ? Non ! La France n’est pas seule ! Elle peut faire bloc avec les îles Éparses, le Groenland, le Canada, l’Europe.  

Une cabale au Canada

« Autour de moi, il y a la guerre ; La peur, la faim et la misère ; J’voudrais qu’on soit tous des frères ; C’est pour ça qu’on est sur la Terre ». Standing ovation à Davos pour Mark Carney, le Premier ministre canadien, moitié Robert Charlebois, moitié Martin Luther King. Un nouvel élan vers le monde d’après ? Pas de débat sur son constat : « Les forts agissent selon leur volonté, les faibles en subissent les conséquences ». Pour un Nouveau Monde, Carney met sur la table une « belle idée », une sorte de « Club Des cinq » des pays sympas. La carte moderne, libérale-libertaire, fusionne les saveurs du monde. « Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu ». Jésuite et un tantinet Tartuffe, le cuisinier canadien secoue les nouilles.

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« Les puissants ont leur pouvoir. Mais nous avons aussi quelque chose : la capacité de cesser de faire semblant, d’appeler la réalité par son nom, de renforcer notre position chez nous… Notre nouvelle stratégie repose sur le ‘réalisme fondé sur des valeurs’… Nous demeurons fidèles à nos principes quant à nos valeurs fondamentales… Nous sommes pragmatiques, car nous reconnaissons que les progrès sont souvent progressifs, que les intérêts divergent et que tous nos partenaires ne partagent pas nécessairement nos valeurs… Ces derniers jours, nous avons conclu de nouveaux partenariats stratégiques avec la Chine et le Qatar ». Business as usual.

Vaclav Havel, le « pouvoir des sans pouvoirs », les antimétaboles, c’est la déco pour pas désespérer les gogo, bobo, de Sciences Po, l’UQAM, Fort Smith, Davos et Bruxelles. La recette canadienne – traditionnelle et universelle – du pâté d’alouette, saveur « puissance moyenne » c’est : un cheval de réalisme-pragmatique et une alouette de valeurs… Des pistes vertueuses restent à explorer. Un troc triangulaire et équitable Mexique-Canada-France : guacamole-sirop d’érable-Camembert ; Contre l’aveuglement volontaire, une start-up de lunettes de soleil à verre progressistes, en Abitibi-Témiscamingue ; Transformer Saint-Pierre-et-Miquelon en Silicon Valley… « Le monde est plein d’honnête gens. On les reconnait à ce qu’ils font les mauvais coups avec plus de maladresse » (Péguy)… ou plus d’hypocrisie…

L’Europe se rebiffe

 « L’Europe a pas mal été dénigrée ces derniers jours, mais au fond c’est plutôt une bonne chose et nous devrions remercier ceux qui la dénigrent ». Ingrate, Christine Lagarde s’est éclipsée entre les profiteroles et la liqueur de poire, lors d’un dîner officiel à Davos, pendant le discours hostile du secrétaire américain au commerce.

Trop c’est trop ! La présidente de la Banque Centrale Européenne a lâché ses coups sur CNN : « L’Europe va faire une grande analyse « Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces » et décider de ce que nous devons faire pour être forts par nous-mêmes, pour être plus indépendants, pour compter sur le commerce interne, afin que nous ne puissions pas l’ignorer mais au moins préparer un autre plan B au cas où la relation normale ne serait pas rétablie ». Apparatchik galonné du Titanic Europe, Thierry Breton est raccord : « Ou bien on regarde en spectateur le conflit qui s’annonce […] entre les États-Unis et la Chine et on attend de voir qui va nous manger, qui vont être les prédateurs, comment nous allons devoir payer, ou bien nous prenons notre destin en main ». Les mots vivants soulèvent les montagnes, morts, ils les sapent. 

Côté dépendances, la messe est dite depuis longtemps et pour longtemps. Côté cuisine, l’Europe a des atouts, valeurs, saveurs à faire valoir. L’Europe, c’est l’« Oreiller de la Belle Aurore ». Inventé par Brillat-Savarin, récemment ressuscité par un charcutier lyonnais, ce plat d’exception est un assemblage délicat, nécessitant un savoir-faire hors normes : « C’est un mélange savant de viandes, volailles, gibiers. Le foie gras, les truffes et les champignons peuvent également intervenir. Il faut gérer la réduction des jus, la cuisson de la pâte, le montage de toutes les viandes, l’association des couleurs, les marinades. Tout cela est extrêmement technique et complexe » (Joël Mauvigney).

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Depuis deux générations, Coué qu’il en coule, l’Europe pédale dans la choucroute, la bureaucratie, l’irénisme, des directives ubuesques, la RSE, le gazeux. Les naufrageurs du pont supérieur, arrogants, paresseux, naïfs comme des rosières, n’ont rien vu venir, rien anticipé. Ils restent à la barre et donnent des leçons de navigation. La croisière s’abuse. En 2024, Mario Draghi a rendu sa copie pour relancer la croissance de l’UE : 400 pages, 170 propositions, trois axes: l’innovation dans les technologies numériques, la décarbonation et la réduction des dépendances en matières premières. Champion du monde, Mario !

Excursus… Bon sens, mais c’est bien sûr !

L’Europe ne s’affranchira pas des tutelles américaine, chinoise, russe, indienne bientôt, avec des concours d’éloquence, d’indignation, sophismes, avec des pétitions de grands patrons pour une « préférence européenne ». L’Europe ne sauvera sa peau qu’en travaillant plus et mieux, en protégeant sa jeunesse des réseaux sociaux qui lavent les cerveaux, en lui redonnant le goût de l’effort, du savoir, de la lecture, en cessant de financer le communautarisme islamique, en contrôlant ses frontières, en protégeant ses valeurs, la terre de nos aïeux, le droit à la continuité.

La libre circulation des capitaux, des réfugiés et des bons sentiments ne fait pas une Union. Les Eurocrates, « toutlemondistes », « anywhere », ne construiront pas l’Union Européenne contre les peuples, les « somewhere ». Il faut parler vrai, parler comme Fustel de Coulanges de communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances ; de femmes et des hommes qui veulent marcher, travailler, combattre, vivre et mourir ensemble, les uns pour les autres. L’Europe aujourd’hui, c’est une communauté réduite aux aguets. Pas de salut sans parrhésie, courage de dire les vérités déplaisantes, sans tempêtes, ni sacrifices.


« Ô Canada ! Terre de nos aïeux / Ton front est ceint de fleurons glorieux ! / Car ton bras sait porter l’épée / Il sait porter la croix ! / Ton histoire est une épopée / Des plus brillants exploits / Et ta valeur, de foi trempée / Protégera nos foyers et nos droits / Protégera nos foyers et nos droits » (Ô Canada, hymne national).

Ice crime

Après les drames survenus à Minneapolis, la police de l’Immigration et des Douanes est comparée à la Gestapo. Qu’il est bon de résister sans danger.


Quel est le point commun entre une nonagénaire niçoise effroyablement violée par un Tunisien sous OQTF et un infirmier américain tué par la police de l’Immigration et des Douanes, la désormais célèbre ICE ? A priori, aucun. On dirait même qu’ils appartiennent à deux réalités parallèles, deux sphères cognitives qui ne se rencontrent jamais. Chacun dans son couloir, chacun ses victimes. Sur CNews, on pense que le viol barbare est un fait de société et la mort d’Alex Pretti, un dramatique fait divers. Et sur France Culture, c’est le contraire. Enfin presque : les antennes publiques ont quasiment fait l’impasse sur le calvaire de la vieille dame, sinon pour s’indigner de son instrumentalisation par la droite. Bien entendu, quand la gauche brandit la dépouille d’Alex Pretti pour diaboliser le président américain, elle n’instrumentalise pas, elle analyse.

Un autre fil relie le jeune homme à la vieille dame. Tous deux sont victimes de la politique migratoire de leur gouvernement – trop laxiste à Nice, exercée brutalement et sans souci excessif du droit à Minneapolis. Seulement, si cette politique obtient des résultats notables aux États-Unis où la baisse spectaculaire du taux d’homicide accompagne la décrue de l’immigration clandestine (ce qui ne prouve pas que ceci explique cela mais ne l’exclut pas non plus), en France, enserrée dans les filets d’un État de droit qui n’accorde aucun droit aux États, elle ne parvient qu’à mettre en scène l’impuissance publique. Chacun sait en effet que quiconque réussit à mettre un pied sur le territoire a de bonnes chances de pouvoir y rester, même après avoir commis des délits ou des crimes. En dépit des promesses réitérées de réduire les flux migratoires, ce que réclament une majorité de Français, y compris de gauche, 385 000 titres de séjour ont été délivrés en 2025. Pour faire court, nos frontières sont des passoires.

En attendant, les deux drames de Minneapolis sont une divine surprise pour le camp du Bien. Entre les deux rives de l’Atlantique, on assiste à un impayable concours de vertu antifasciste. Le N-word (N comme nazi) est de sortie. Sur France Culture, mon très cher ami Guillaume Erner ressort sa subtile distinction entre « comparer à » et « comparer avec » pour conclure que, si le trumpisme n’est pas le nazisme, ça y ressemble beaucoup. Peu importe que l’ICE ait été créée par George Bush et qu’elle n’en soit pas, loin s’en faut, à sa première bavure. Les grandes âmes d’Hollywood affirment sobrement que, sous Trump, l’ICE, c’est la Gestapo, tandis que Tim Walz, le gouverneur démocrate du Minnesota, compare les enfants de Minneapolis terrés chez eux à Anne Frank. Dans l’Allemagne nazie, personne n’aurait osé dénoncer publiquement la Gestapo, mais c’est sans doute un détail.

À Paris, les Insoumis, que l’on connaît moins regardants sur les droits de l’Homme quand il est question de l’Iran ou de l’Algérie, exigent qu’on interdise l’accès du territoire européen aux policiers de l’ICE. Marine Tondelier risque courageusement sa coiffure (à défaut de sa vie) pour manifester contre le fascisme qui vient d’Amérique. « Après les États-Unis, la France peut être le prochain pays à basculer dans le fascisme », écrit-elle dans le Huff Post. Qu’il est bon de résister sans danger.  

On suppose que personne en France, même ceux qui rêvent d’une ICE à la française, ne souhaite de voir des innocents mourir sous les balles d’une police à la gâchette facile. Reste à savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller pour protéger les vieilles dames et les autres des méfaits commis par des clandestins incapables de s’acclimater à nos mœurs. Faut-il, par exemple, autoriser les arrestations collectives ? Peut-être, à condition de pouvoir procéder dans la foulée à des expulsions collectives. Une chose est sûre : si la force sans le droit est un fantasme de tyran, le droit sans la force est un rêve d’enfant.

Nos extrêmes gauchistes se fichent éperdument de l’ICE, de Renee Good et d’Alex Pretti. Ils veulent démontrer que toute politique visant à réduire et contrôler l’immigration mène inévitablement au pire. Entre grand remplacement et nazisme, il faut choisir. Le risque, c’est que les gens ordinaires, excédés et angoissés d’être culturellement minoritaires chez eux, finissent par penser que le nazisme, ce n’est pas si grave.

Faut-il vraiment fouiller dans les poubelles d’Epstein?

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La publication de millions de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein par le ministère américain de la Justice, vendredi 30 janvier, a provoqué une vague de réactions et plusieurs démissions à travers le monde. Donald Trump a, de son côté, estimé que ces nouvelles pièces l’« innocentaient ». Les relations qu’entretenaient de nombreuses personnalités politiques et économiques avec le prédateur sexuel, mort en prison en 2019, font aujourd’hui peser sur elles un soupçon diffus de pédophilie par association de M. et Mme tout le monde. Nous vous proposons d’écouter l’avis d’Élisabeth Lévy dans la matinale de Sud Radio.


La tempête Epstein fait des vagues en France. Des vaguelettes, si l’on songe à la démission de Peter Mandelson, hiérarque travailliste au Royaume-Uni, au scandale qui éclabousse la future reine de Norvège, ou encore au fait que les Clinton ont finalement accepté de témoigner devant le Congrès américain.

En France, Mediapart frétille, mais les conséquences restent limitées : la démission de Caroline Lang, fille de Jack Lang, de la direction du SPI, et Bruno Le Maire propulsé en trending topic sur X pendant plusieurs heures.

Avant de fouiller dans cette poubelle, il faut se demander si on y trouvera la vérité et la justice. Je suis sûre du contraire.

Curieusement, tous ceux qui s’indignaient du refus de l’administration Trump de divulguer ces 3,5 millions de pages s’indignent aujourd’hui qu’elle les balance sans filtre. C’est une stratégie de noyade, dit l’éditorialiste Françoise Degois. Non. La loi pour la transparence des dossiers Epstein a été votée en novembre par le Congrès. C’est ça, la transparence: le carburant d’une machine à ragots planétaire. Madame Michu, vous-et-moi, érigés en juges.

Mais on a bien le droit de savoir qui était en contact avec ce pédophile notoire !  me réplique-t-on. Ah, c’est écrit où ? Pour en tirer quelles conclusions ?

Jeffrey Epstein était riche, puissant, introduit partout. Il incarnait parfaitement les élites mondialisées. Le gotha mondial lui demandait faveurs et entremises. Bruno Le Maire ou Marine Le Pen apparaissent dans les fameux fichiers parce qu’ils auraient sollicité des financements pour leurs campagnes. Sans suite. Une intention, une idée sans lendemain est-elle une information ?

A lire aussi, éditorial: Ice crime

Or, désormais, le soupçon de pédophilie par association pèse sur toutes les personnalités citées. Jack Lang a reconnu qu’ils étaient amis. Est-ce un crime ? Une preuve qu’il savait ? Evidemment pas. Et pourtant, c’est ce qui restera dans la tête chez pas mal de gens. Tous des pédo-satanistes, ces puissants qui nous gouvernent !

En réalité, j’estime que ces documents n’auraient jamais dû être publiés. Seulement, depuis Julian Assange et Edward Snowden, le public adore les « leaks »(fuites), ces millions de documents secrets volés et publiés en vrac: les télégrammes diplomatiques et noms d’agents étalés dans la presse, il parait que c’est démocratique. Pourtant, non. Dans de nombreux domaines, le secret est sacré et protégé par la loi: vie privée, affaires, santé, sécurité nationale… Parce qu’entre l’information brute et le public, il y a besoin d’une médiation, il faut qu’une institution hiérarchise, interprète et évalue. Raison pour laquelle d’ailleurs les enquêtes judiciaires et policières sont également tenues au secret.

Non, le public n’a pas le droit de tout savoir des agissements des autres. N’oublions pas que les internautes ne sont pas un peuple de citoyens éclairés mais une meute qui se délecte avant tout de voir des puissants à terre. Et même avec le dernier iPhone 27 et l’aide de l’intelligence artificielle, des commères numériques restent des commères.


Cette chronique a été diffusée sur Sud radio


Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale au micro de Patrick Roger

Affaire Al-Durah, 25 ans après: qui a tué la vérité?

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Notre numéro de février est en vente. Découvrez le sommaire de notre nouveau magazine, disponible aujourd’hui sur le site et demain dans les kiosques.


Le 30 septembre 2000, France 2 diffuse un reportage présentant la mort du petit Mohamed Al-Durah sous les balles de Tsahal à Gaza. Ce scoop mondial est une aubaine pour les ennemis d’Israël, qui l’exploitent ad nauseam depuis 25 ans pour leur propagande antisémite. Mais incohérent et tronqué, il a aussi suscité les doutes de nombreux observateurs. Si l’un d’eux, Philippe Karsenty, a été condamné pour diffamation, la chaîne publique n’a toujours pas prouvé la véracité de ses images.Comme le dit Élisabeth Lévy en présentant notre dossier spécial : « L’affaire Al-Durah est aussi un cas d’école du fonctionnement du parti des Médias qui se dresse comme un seul homme contre quiconque menace l’intérêt supérieur du Parti. Les antidreyfusards et les communistes ne pensaient pas différemment ». L’enquête étayée de Karsenty montrait que l’image de Mohamed Al-Durah tué dans les bras de son père, qui est devenue une icône de la cause palestinienne et une justification de l’« antisionisme », était une mise en scène.

Retrouvez le numéro 142 dès maintenant dans le kiosque numérique, et mercredi dans les kiosques !

Interviewé par Gil Mihaely, Philippe Karsenty qualifie ce reportage de « plus grand faux antisémite de notre génération ». Michaël Prazan, se confiant à Élisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques, rappelle que l’accusation contre les Juifs de crime rituel apparaît dans l’Antiquité avant d’être à toutes les époques et sous tous les cieux le prétexte d’effroyables pogromes. Les avocats Gilles-William Goldnadel et Aude Weill-Raynal reviennent sur les neuf ans de procès qui se sont terminés par la condamnation de Philippe Karsenty. La Justice n’a pas remis en cause son analyse méthodique des images de France 2 mais a appliqué à la lettre le droit de la diffamation, un jugement « technique » qui ne sert pas la vérité historique. Juif de gauche et sioniste blessé, Claude Askolovitch continue de penser que le petit Mohamed est mort sous les balles de Tsahal. Mais plutôt qu’en faire un symbole ou l’étendard d’une cause, il veut lui rendre sa singularité. Pour Pierre-André Taguieff, les images trompeuses du « petit Mohamed » s’apparentent, par leur charge antisémite, aux « Protocoles des sages de Sion » et à l’affaire Dreyfus. Quant aux nombreux journalistes qui ont préféré les relayer sans distance critique, ils nous informent sur le corporatisme dévastateur de leur profession.

Dans son édito du mois, Elisabeth Lévy commente les opérations de l’ICE (la police de l’Immigration et des Douanes) aux États-Unis qui, de ce côté de l’Atlantique, suscitent des réactions opposées : louanges à droite, condamnation à gauche. De surcroît, la gauche en profite pour sortir le N-word (N comme nazi) et diaboliser le président Trump. Certes, personne ne souhaite voir des innocents mourir sous les balles d’une police à la gâchette facile, mais la France s’est montrée incapable de réduire les flux migratoires, de sorte que « nos frontières sont des passoires ». Conclusion : « si la force sans le droit est un fantasme de tyran, le droit sans la force est un rêve d’enfant ».

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En Iran, les manifestations massives contre le régime des mollahs ne l’ont pas renversé. Selon l’analyse de Gil Mihaely, outre une répression sanglante, la République islamique repose sur un système clientéliste qui bénéficie à près d’un quart de la population. S’ils pouvaient changer de régime en conservant leurs privilèges, ces millions d’Iraniens rejoindraient la contestation. Iraj Mesdaghi a connu les geôles de la République islamique. Torturé, il a été le témoin d’exécutions massives. Exilé en Suède, il a minutieusement documenté ces atrocités et fait condamner un tortionnaire. Se confiant à Gil Mihaely et à moi, il affirme aujourd’hui que, les Iraniens rejetant autant le régime que l’islam, le renversement de Khamenei entrainera l’effondrement de tout le système. Pour lui, « l’Iran est le cœur idéologique de l’islam politique depuis 1979. Si ce régime tombe, c’est tout l’édifice idéologique qui vacille, y compris dans le monde sunnite ». Selon Pierre Vermeren, la révolution iranienne de 1979 n’a pas été le point de départ mais l’aboutissement du rapprochement islamo-gauchiste dont les origines remontent à la guerre d’Algérie. Alors que le régime des mollahs vacille, c’est désormais vers la Turquie d’Erdogan que se tournent les partisans d’une alliance entre le drapeau rouge et le Coran. Omar Youssef Souleimane, journaliste et d’auteur des Complices du mal, explique à Gil Mihaely que la France est confrontée à la même menace qui a ravagé sa Syrie natale : la progression d’un islamisme politique qui tend à imposer la charia à toute la société. Des Frères musulmans qui infiltrent LFI au président syrien qui pratique la taqiya, c’est le même combat.

Certes, les mauvaises manières de Donald Trump scandalisent les Européens mais, selon mon analyse, il ne fait que perpétuer la vieille tradition américaine d’ingérences qui s’inscrit désormais dans une mondialisation des conflits. Les grandes puissances sont en concurrence sur tout et partout sur terre. Et le Vieux continent peine à s’adapter à ce nouveau désordre du monde. Alexandre Devecchio a grandi dans le 9-3 à une époque où la religion et la couleur de peau n’avaient pas d’importance, puis il a connu le basculement progressif vers le séparatisme. Son nouveau livre, Nous vivions côte à côte, est le récit de cette fracture démographique et idéologique qui a changé le visage de la France. Il en parle avec Élisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques. Didier Desrimais analyse la production de Radio Nova qui s’est spécialisée dans le recyclage des humoristes débarqués de l’audiovisuel public. Sous couvert de lutte contre l’extrême-droite, le milliardaire de gauche Matthieu Pigasse leur laisse carte blanche pour dérouler un programme indigéniste, islamo-gauchiste, décolonial et antisioniste. Prière de ricaner.

Parmi nos chroniqueurs, Olivier Dartigolles affirme que, si le débat national donne l’impression que l’imaginaire politique est au point mort, au niveau local, des élus proposent des idées innovantes qui améliorent la vie quotidienne des Français. Pour Ivan Rioufol, la France de Brigitte Bardot n’est pas morte avec son insolente guerrière. L’histoire invite les citoyens à reprendre les choses en mains : un pouvoir coupé des gens ordinaires est voué à s’effondrer. Emmanuelle Ménard est d’avis que l’année 2026 promet de nous réserver bien des surprises. Et à l’approche des élections municipales, les petites saloperies volent en escadrille. Haut les cœurs ! Enfin, Gilles-William Goldnadel propose la formule « privilège rouge » pour décrire l’indulgence du système médiatico-politique pour l’extrême gauche. Entrera-t-elle au dictionnaire ?

Sur bien des sujets, Alain Finkielkraut et Pierre Manent ne pensent pas la même chose. Le premier est un juif athée qui soutient la reconnaissance de la Palestine, le second est un chrétien convaincu qui n’a plus foi dans la solution à deux États. Cela n’empêche pas Manent de dire ici son admiration pour l’académicien « mécontemporain » qui vient de publier Le Cœur lourd. Sans son commentaire – nous explique Georgia Ray – l’œuvre d’art contemporain « conceptuel » n’existe pas. Le discours de l’artiste nourrit le verbiage, le marché et les institutions culturelles. Mais il existe un autre art contemporain empreint d’esprit et d’harmonie. L’exposition de Fabienne Verdier, à la Cité de l’architecture, en est la preuve. Jean-Marie Besset est un auteur dramatique qui, selon Jérôme Prigent, ne transige pas avec la langue, allant jusqu’à écrire sa nouvelle pièce, Katte, en alexandrins et en cinq actes. Un hommage aux maîtres classiques salvateur dans le paysage théâtral d’aujourd’hui. Dans Triompher en festins. Une histoire de France en vingt repas, Jonathan Siksou restitue des ripailles mémorables de Saint Louis à Emmanuel Macron. Vue des marmites, la vie politique fourmille d’anecdotes savoureuses et de repas fins. Pour le romancier, c’est un récit passionnant, de l’amuse-bouche au digestif.

Richard Millet salue la nouvelle traduction du Bruit et la Fureur de William Faulkner, par Charles Recoursé. Elle fait fi du wokisme en vigueur dans l’édition et restitue sans fausse pudeur l’histoire de la famille Compson, traversée par la folie, l’alcoolisme et l’inceste. Un roman méditatif et vertigineux. Emmanuel Domont recommande l’anthologie de Gilles Schlesser, Les Flâneries littéraires de Paris, qui permet d’arpenter les rues de la capitale aux côtés des plus grands écrivains ; Alexandra Lemasson, La disparition des choses de la romancière Olivia Elkaim, qui fait revivre Cécile Peretz, la mère de Georges Perec, assassinée à Auschwitz ; et Patrice Jean, le premier roman de Bruno Marsan, Underdog, livre en forme d’uppercut qui devrait mettre KO le monde des lettres. Jonathan Siksou rappelle à notre bon souvenir le génie de ce grand historien de la petite histoire, G. Lenotre (1855-1935). Enfin, Jean Chauvet trouve que l’énoncé des films du mois de février –Maigret, Saddam Hussein et un adepte des petits boulots – est comme un inventaire à la Prévert, improbable et alléchant. Si le sommaire de Causeur est alléchant, il n’y a pas d’incertitude : l’espoir du lecteur n’est jamais déçu.

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Boualem Sansal élu à l’unanimité à l’Académie française: vraiment trop aimable!

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Âgé de 81 ans, l’écrivain franco-algérien, gracié en novembre 2025 par les autorités algériennes après avoir passé un an en détention, a été élu au fauteuil numéro trois de l’Académie française, quai de Conti, à l’issue d’une campagne éclair. « Évidemment, je suis heureux, flatté, honoré : c’est immense. Devenir académicien, c’est entrer dans l’histoire de France », a-t-il déclaré sur les ondes du service public.


Boualem Sansal n’est pas un écrivain de salon. Il n’a pas l’odeur rassurante des consensus tièdes ni la langue molle des accommodements confortables. Il écrit comme on désobéit, il parle comme on rompt un silence complice. Il a regardé l’Algérie, son pays d’origine, sans fard, sans mythologie, sans cet attendrissement menteur que l’Occident confond souvent avec la générosité. À l’instar d’une obséquieuse Ségolène Royal en road-show à Alger, une certaine France préfère flatter les régimes autoritaires plutôt que d’affronter la vérité de leurs faillites. Chez Sansal, la littérature est un sport à risque, pas une activité de confort. Ce risque, il l’a payé comptant : menaces, isolement, exclusion, prison.

On l’a souvent qualifié d’excessif. Mot commode, recyclé à l’infini, utilisé quand on préfère la paix des lâches à la vérité des vivants. On l’a dit dérangeant, reproche rituel adressé à ceux qui refusent de dormir debout. Sansal n’a jamais demandé pardon de voir ce qu’il voit et de dire ce qu’il voit. Il n’a jamais accepté de réécrire le réel pour le rendre fréquentable dans les salons parisiens ni présentable dans les chancelleries occidentales. Il écrit contre l’amnésie organisée, contre la complaisance diplomatique, contre cette industrie de l’excuse qui sert d’alibi moral à l’impuissance politique.

A lire aussi, Alain Finkielkraut: Un président sans histoire

Car ce que Sansal met à nu, ce n’est pas seulement un régime, mais une imposture, celle d’un pouvoir qui gouverne par la mémoire trafiquée faute de gouverner par les faits, et celle d’un Occident qui, par culpabilité post-coloniale, abdique toute exigence critique. Là où certains multiplient les courbettes, les hommages creux et les génuflexions médiatiques (jusqu’à célébrer les bourreaux au nom du dialogue), Sansal choisit la solitude de celui qui parle vrai. Il rappelle que l’indulgence à l’égard des tyrannies n’est jamais de la générosité, mais de la lâcheté.

Son œuvre dérange parce qu’elle refuse la hiérarchie des victimes, parce qu’elle ne sacralise pas les récits officiels, parce qu’elle rappelle que la liberté n’est pas un supplément d’âme mais une ligne de fracture. Sansal écrit depuis un lieu que beaucoup ont déserté, celui de la responsabilité intellectuelle. Il ne demande pas l’indulgence, il exige la lucidité.

Que la France reconnaisse aujourd’hui Boualem Sansal, que sa voix trouve ici un écho, a valeur de symbole. C’est une revanche discrète mais décisive, celle d’un pays qui, l’espace d’un instant, cesse de s’excuser d’exister et se souvient que la littérature n’est pas faite pour caresser les puissants, mais pour les mettre en cause. 

Sansal n’est pas un écrivain aimable. Il est mieux que cela, un écrivain nécessaire.

Le français, parlons-en !

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Le bar-tabac, l’arme secrète du barrage républicain

Dans une brillante étude, Monsieur Subtil de l’université de Zurich démontre que la fermeture des bars-tabacs, considérés comme des lieux clés de sociabilité locale, est associée à une progression durable du vote d’extrême droite dans les communes françaises, en particulier en milieu rural, parce que la disparition de ces espaces réduirait les interactions sociales et nourrirait un sentiment d’abandon territorial.


Le site de La Chaîne Parlementaire (LCP) se faisait l’écho, ce lundi, d’une de ces études sociologiques dont on ne se lasse pas et que, très probablement, la terre entière nous envie. De ces études ubuesques dont, à les lire, on se surprend à se demander si elles ne relèvent pas en réalité de la tradition bien française, dont personnellement je suis un ardent défenseur, de la franche déconnade potache.

Or, il n’en est rien. Ce qui est proposé là l’est avec le plus grand sérieux.

Le chercheur dont le travail prodigieux a abouti à la publication en question a pour nom Hugo Subtil. Ce genre de rapprochement entre ce qu’induit le nom et la finesse de la production du concerné ne s’invente pas. Il y a là comme une marque de prédestination qui mérite attention.

Car, Mesdames, Messieurs, la subtilité la plus vive est bel et bien au rendez-vous. Jugez-en. Le site LCP, en titre, fait mine de s’interroger. Subtilité, vous dis-je : « La fermeture des bars-tabacs, un facteur de progression du vote d’extrême-droite en milieu rural ? » Et de poursuivre : « Selon une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (officine dont l’utilité ne saute pas immédiatement aux yeux mais qui, je le suppose, fonctionne grâce à l’argent public, le nôtre donc), la fermeture de ces « lieux de socialisation « participerait à la progression durable du vote en faveur du Rassemblement national. Un phénomène d’autant plus marqué dans les communes rurales. »

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Vous avez bien lu. Ce ne sont pas la disparition des services publics dans les bourgs et villages de nos campagnes, la désertification médicale, l’imparable progression des incivilités et de la délinquance, la désespérance croissante et mortifère de la paysannerie, la paupérisation avérée des populations, l’incurie, l’impéritie des élites technocrato-citadines, leur arrogance, leur mépris de classe, leur ignorance de la réalité profonde du pays, qui pousseraient les gens à glisser dans les urnes de plus en plus de bulletins Rassemblement national, mais tout simplement la fermeture du bar-tabac du coin, sacralisé pour la circonstance en « lieu de sociabilisation ». Il fallait y penser. Le sieur Subtil l’a fait.

Jusqu’à ce jour, on ne s’en doutait pas, mais maintenant nul ne peut plus l’ignorer. Derrière le ballon de rouge se profilait un vote à tendance de couleur identique. Ailleurs, le canon de rosé assurait probablement la survie d’une représentation politique de robe moins prononcée, en demi-teinte, centro-centriste pour tout dire. Le tout salué matin, midi et soir par la devise républicaine et consensuelle par excellence, sortie de tous les gosiers, assoiffés ou non : « Garçon, remettez-nous ça ! ».

Je pense que le chercheur Subtil a un bel avenir devant lui. Un ministère de la Sauvegarde du patrimoine à boire devrait lui échoir avant peu, avec au programme la réouverture de tous ceux des bistroquets qui ont été fermés ces dernières vingt années. Leur gestion pourrait être confiée à des personnes ayant fait leurs preuves dans le commerce-qui-tue, version contemporaine de l’Assommoir de M. Zola, je pense évidemment aux jeunes et dynamiques dealers dont la reconversion dans le pinard multi-couleurs ferait, qui plus est, le bonheur de la viticulture française.

Donc, oui, rouvrir les bistrots. Et dans les classes enfantines, organiser des ateliers récréatifs au sein de ces endroits, dans le but que l’électeur de demain en connaisse parfaitement le chemin et les attraits. Enfin, si la réouverture ces lieux de sociabilisation-là ne suffit pas, M. Le ministre-chercheur pourrait envisager celle des maisons-closes, inopportunément condamnées par Madame Marthe Richard en son temps. Là, c’était la sociabilisation de la notabilité des préfectures, sous-préfectures et chefs-lieux de canton qui s’opérait. Pour quel résultat électoral, au juste ? J’avoue l’ignorer. Attendons la prochaine étude du Centre de l’excellent M. Subtil qui, j’en suis certain, ne manquera pas de nous éclairer sur ce point.

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Royal!

Cette fabuleuse collection de 92 tapis de la Savonnerie pensée pour revêtir le sol de la Grande Galerie du Louvre sous Louis XIV en réunit ici une trentaine dans une débauche de couleurs d’un luxe tout royal.


L’immensité du Grand Palais suffit à peine à abriter cette interminable succession de tapis de la Savonnerie tissés au XVIIe siècle au cours d’une vingtaine d’années, en un temps où Louis XIV était jeune encore et plus prétentieux que jamais.  

Ils étaient 92 au moment de leur conception, destinés à revêtir, avec une somptuosité inégalée et sur une longueur de 460 mètres, le sol de la Grande Galerie du Louvre, plus joliment nommée Galerie du bord de l’eau, celle que Henri IV avait voulue pour relier le Louvre aux Tuileries. Ils ne sont plus que 42 aujourd’hui à avoir survécu aux vicissitudes de l’Histoire et à être en partie réunis pour créer cette immensité mordorée jamais exposée en près de quatre siècles d’existence.

Dans l’esprit des débordements baroques

C’est à l’aube du règne de Louis le Grand que naquit ce projet d’orner la Grande Galerie du Louvre d’une suite de 92 tapis de neuf mètres de largeur composant une surface de 4000 mètres carrés de couleurs éclatantes, de paysages, de figures allégoriques, de trophées, de rinceaux, de motifs ornementaux d’une richesse inégalée depuis et où chacun d’entre eux illustrait un thème glorieux. Jamais on n’avait conçu ensemble aussi considérable et aussi somptueux devant conduire de la Galerie d’Apollon au Pavillon de Flore où il était prévu d’installer le trône royal. Jamais non plus on ne s’y risqua une autre fois.

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Les dessins en avaient été évidemment confiés au Premier peintre du Roi, à Charles Le Brun. Et avec les membres de son atelier, celui-ci donna libre cours à une imagination foisonnante, bien dans l’esprit des débordements baroques. Les ateliers de la Couronne nouvellement créés à la Savonnerie allaient se charger de leur exécution durant une vingtaine d’années. Mais entretemps Louis XIV avait choisi Versailles comme lieu de résidence de la Cour, au grand dam de Colbert, son ministre, qui avait tout fait pour maintenir le siège de la monarchie dans la capitale. Et ce splendide projet s’écroula donc avant d’être né, cependant que des sommes mirifiques lui avaient été consacrées.

En France, que ce soit aujourd’hui ou sous l’Ancien Régime, le pouvoir a toujours su dilapider à profusion les deniers publics.

Les vicissitudes de l’Histoire

Ils ne sont donc plus que 42 tapis aujourd’hui à avoir triomphé du temps. Ils proviennent avant tout du Mobilier national où ils sont déposés désormais, mais aussi de collections publiques ou privées dispersées au Danemark, au Royaume Uni, en Italie, aux Etats-Unis, au gré des présents royaux, des ventes révolutionnaires, des vols et des rapines. Ils ont orné les palais de la République et ce sont désormais des pieds roturiers qui les foulent dans les ministères, les résidences présidentielles, les ambassades…  alors qu’ils étaient destinés à ravir les monarques, les princes du sang, les souverains étrangers, les ambassadeurs extraordinaires et tous ceux qui bénéficiaient des Honneurs du Louvre.

Bordant cette suite de tapis de la Savonnerie, quelques-unes des somptueuses tapisseries des Gobelins tissées pour illustrer l’Histoire du Roi sont exposées également au Grand Palais, renforçant ainsi cette débauche de luxe, d’art et de savoir-faire provenant des manufactures royales.

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Quel luxe également que cette spectaculaire exposition hélas éphémère, mais si remarquablement mise en scène, que de multiples commentaires apposés un peu partout enrichissent encore, cependant que des artistes du Mobilier national partagent un peu de leur savoir avec le public.

L’entreprise est admirable. Et la brièveté de l’exposition la rend plus précieuse encore. Plus irréelle aussi. Ceux qui en ont eu l’idée, ceux qui en ont conçu l’installation, tous ceux qui ont mené à bien cet éblouissant projet sont à saluer. Il y a peu ou pas de nations au monde assez prodigues pour savoir concevoir ce genre d’événement. Peu aussi à disposer d’un patrimoine aussi extraordinaire. Il ne manque à l’exposition que la diffusion de musiques de Lulli ou de Charpentier sous les voûtes spectaculaires du Grand Palais pour en achever l’enchantement.


Le Trésor retrouvé du Roi Soleil. Grand Palais. Jusqu’au 8 février

De 10h à 19h30, Le vendredi 6 février de 10h à minuit. Le dimanche 8 février de 10h à 16h. 8€ l’entrée

La foi sous le « calot » chirurgical: un accommodement déraisonnable

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Islamisation. L’infirmière de l’AP-HP qui refusait de retirer le calot chirurgical qu’elle portait en permanence pour voiler ses cheveux, est finalement suspendue huit mois.


Majdouline B, infirmière depuis 2018 à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, est licenciée le 10 novembre dernier, la direction lui reprochant de porter quotidiennement un calot (protection en tissu portée au bloc opératoire). La direction affirme que « la jurisprudence administrative rappelle que tout signe peut devenir religieux par la volonté de celui qui le porte et ainsi être considéré comme un ”signe religieux par destination” ». L’infirmière conteste et ne revendique pas d’appartenance religieuse – elle avait du reste signé la charte de laïcité lors de son embauche. Saisi en référé par l’infirmière, le tribunal administratif gèle le renvoi début janvier, dans l’attente d’un examen sur le fond. Verdict samedi 31 janvier : l’infirmière est suspendue pour huit mois, car le port du calot a déjà été remarqué comme une façon détournée de porter le voile, dans des affaires similaires.

Manquement aux obligations de l’agent public

Derrière cette bataille d’Hernani, se profile la question de la pratique de l’islam à l’hôpital. En effet, porter un voile rend-il l’infirmière inopérante ? Non, évidemment. Néanmoins, le législateur a tranché : le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations selon le principe de laïcité et de neutralité dans l’enceinte de l’établissement (Circulaire PM n° 5209 du 13 avril 2007 relative à la Charte de la laïcité dans les services publics).Saisie de la question de l’interdiction du port du voile, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, dans un arrêt du 26 novembre 2015, a même jugé que cette neutralité n’était pas contraire à l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

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Pour synthétiser le sujet, à l’hôpital, la patiente peut déambuler voilée dans les couloirs, mais pas le personnel soignant, sauf s’il travaille dans le privé : dans le cas d’un hôpital confessionnel, la sœur catholique peut arborer la coiffe traditionnelle ou une croix, et la musulmane le voile, si l’établissement n’est pas géré par l’État.

Des problèmes qui ne vont pas aller en diminuant

Du côté de la patiente, celle-ci doit montrer entre autres son cou et sa bouche, impérativement, d’où la nécessité de se dévoiler – a fortiori si elle est chez le dentiste ! Un refus de le faire peut constituer une impossibilité technique d’auscultation pour le praticien. Restent les cas de maris vétilleux : plusieurs exemples de musulmans rigoristes refusant que leur épouse ou sœur soit examinée par des hommes ont défrayé la chronique ces dernières années, mais en nombre finalement restreint, semble-t-il. Le Conseil de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique dispose ceci dès 1993 : « en règle générale, si une femme médecin spécialisée est disponible, il est obligatoire qu’elle se charge d’examiner la patiente. En l’absence d’une telle spécialiste, cette tâche sera confiée à une femme médecin non musulmane et digne de confiance (…) Le traitement de la femme par un homme doit se faire en présence d’un Mahram, de son époux ou d’une autre femme de confiance, évitant ainsi tout aparté »… Heureusement en France, ces règles n’ont pas lieu d’être retenues dans les hôpitaux, le principe de la laïcité tenant lieu de barrage républicain.

JO: c’est parti mon kiki!

Selon le journal Bild, augmenter temporairement la taille de leurs parties génitales afin d’obtenir une mesure de l’entrejambe plus importante lors des scans corporels servant à définir la taille des combinaisons serait une pratique de triche courante chez les athlètes de saut à ski.


Alors que les Jeux à la neige vont débuter (JO de Milan-Cortina du 6 au 22 février), une affaire secoue les membres de la Fédération de saut à ski, cette discipline où les skieurs dévalent un tremplin avant de s’envoyer en l’air pour atterrir le plus loin possible… Mi-janvier, le magazine allemand Bild a affirmé que certains concurrents procédaient à des injections pour augmenter le volume de leur pénis ! Le règlement imposant que les combinaisons enfilées par les athlètes soient sur-mesure, au poil près (car les dimensions du tissu améliorent la pénétration dans l’air), augmenter la taille du pénis permettrait, primo de gagner à l’entrejambe quelques centimètres carrés du précieux tissu, et secundo de baisser le centre de gravité ! Pour nous, cela ne signifie pas grand-chose, mais pour les spécialistes cela veut dire beaucoup. Sur RMC, Nicolas Dessum, entraîneur de l’équipe de France de la discipline, a reconnu qu’en théorie ce n’est pas farfelu: « Si un athlète gagne un centimètre dans cette zone il est content, ça change la donne pour lui… Cela modifie légèrement le centre de gravité et sa façon de voler pour gagner un à deux mètres pour un saut ».

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Et si personne ne pipe mot sur l’agrandissement de pénis, des langues se délient pour raconter que des athlètes bourrent leur slip de mousse ou de serviettes hygiéniques.

L’Autrichien Mika Vermeulen (26 ans), skieur de fond passé par le saut à ski, assure que des athlètes expérimentés mettent… de la pâte à modeler dans leurs sous-vêtements pour améliorer leurs performances. La nature humaine est ainsi faite. Pour tricher, l’imagination peut se nicher dans les endroits les plus improbables. En 1976, aux JO de Montréal, l’Allemagne de l’Ouest avait imaginé améliorer la position dans l’eau de ses nageurs en leur injectant via le rectum un gaz rare dans les intestins. L’affaire éventée, les Allemands s’étaient dégonflés, déballonnés… mais il se murmure que certaines nations auraient amélioré le procédé pour faire de leurs nageurs des poissons-volants et inscrire leurs noms dans les annales olympiques.

Un patron à l’Élysée? Mauvaise question

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Interrogé le 3 février sur une potentielle participation à l’élection présidentielle en 2027, le patron des supermarchés Michel-Edouard Leclerc a indiqué que "pas plus con qu'un autre", il n'excluait rien. Capture YT.

Faut-il un PDG pour sauver la République ? Elisabeth Lévy donne son avis dans sa chronique radio. Selon elle, la France n’est pas une entreprise. Nous vous proposons de l’écouter


Challenges, mai 2025.

Faut-il envoyer un patron à l’Elysée ? C’est la dernière idée à la mode. Puisque les énarques et autres professionnels de la politique nous ont emmenés dans le mur, il nous faudrait un patron, quelqu’un qui connait la réalité de l’entreprise, pour remettre de l’ordre dans la maison France. Selon un sondage OpinionWay/La Tribune Dimanche, pour 58 % des sondés, un entrepreneur ferait un bon président. Les Français ont déjà leurs favoris. Dans une autre enquête datant de février 2025, 43 % sont favorables à une candidature Michel-Edouard Leclerc, 34 % pour Bernard Arnault, 30 % pour François Pinault, 29 % pour Xavier Niel et 28 % pour Vincent Bolloré.

Si MM. Arnault, Pinault et Bolloré ne semblent pas tentés par l’aventure politique, préférant sans doute l’influence à l’exercice du pouvoir, d’autres sont prêts à faire don de leur personne à la France. « Je suis disponible pour la nation », disait Michel-Edouard Leclerc l’an dernier.  Xavier Niel en parlerait tous les jours, selon sa fille de 13 ans. Enfin, Matthieu Pigasse, le banquier de gauche, qui mène un combat culturel contre ce qu’il appelle l’extrême droite affirme que, par principe, il n’exclut jamais rien.

A ne pas manquer, Causeur #142: Affaire Al-Durah, 25 ans après: qui a tué la vérité?

Quand la confiance dans la politique est au plus bas, c’est peut-être une bonne idée, se dit-on. En réalité, c’est une idée aussi oiseuse que celle qui consiste à dire qu’il faut élire une femme, un immigré ou un handicapé. L’élection présidentielle n’est pas un casting ni un entretien de recrutement, c’est une rencontre entre un homme et un peuple. Et la vie d’une nation ne se réduit pas à des problèmes et des solutions. Ce qu’on attend du président de la République, particulièrement du prochain, c’est qu’il redonne au pays le goût et le sens de l’avenir, qu’il incarne ce qui fait de nous une communauté politique. Le boulot d’un patron c’est de faire du profit, celui du président, c’est de garantir l’intérêt général. Ça ne signifie pas qu’un patron ne peut pas avoir les qualités requises pour être président de la République. Mais qu’on ne dirige pas un pays comme une entreprise, même Donald Trump le sait contrairement à ce que répètent les commentateurs.

On a évidemment besoin d’un président qui comprenne les réalités économiques et financières, patron ou pas. Reste à savoir si les Français sont capables d’entendre ce que savent tous les chefs d’entreprise : on ne peut pas dépenser durablement beaucoup plus que ce qu’on gagne.

Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio

Donald Trump: le bourreau des légendes

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La présidente de la Banque centrale européenne à Davos, le 23 janvier 2026 © Markus Schreiber/AP/SIPA

Canada, Europe, cuisine et dépendances


Inépuisable, inarrêtable, le Grizzli de Mar El Lago écrabouille tout sur son passage. Tout est négociable, à vendre, à acheter, tout doit disparaitre : les alliances, les alliés, les terres rares, les mythes et légendes aussi. Terminé l’ordre international qui garantissait la paix, fini l’émancipation par l’éducation, le doux commerce, le progrès par le libre-échange, la politique à la papa et Barbamama. Comment stopper le caïd de la récré ? Y a plus de dirlo !

Au fond de la classe, en grandes difficultés, Marianne est passée sous la moyenne européenne s’agissant du PIB par habitant. Sébastien Lecornu a tout lâché au PS. Le budget reste durablement plombé par l’hémorragie de la dette. Diagnostiqué TDAH, Emmanuel « Macron Transformation » met des lunettes de soleil. Avec un Stetson, c’est Melville, Bob le Flambeur, Le Doulos. La défaite est-elle définitive ? L’espérance doit-elle disparaître ? Non ! La France n’est pas seule ! Elle peut faire bloc avec les îles Éparses, le Groenland, le Canada, l’Europe.  

Une cabale au Canada

« Autour de moi, il y a la guerre ; La peur, la faim et la misère ; J’voudrais qu’on soit tous des frères ; C’est pour ça qu’on est sur la Terre ». Standing ovation à Davos pour Mark Carney, le Premier ministre canadien, moitié Robert Charlebois, moitié Martin Luther King. Un nouvel élan vers le monde d’après ? Pas de débat sur son constat : « Les forts agissent selon leur volonté, les faibles en subissent les conséquences ». Pour un Nouveau Monde, Carney met sur la table une « belle idée », une sorte de « Club Des cinq » des pays sympas. La carte moderne, libérale-libertaire, fusionne les saveurs du monde. « Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu ». Jésuite et un tantinet Tartuffe, le cuisinier canadien secoue les nouilles.

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« Les puissants ont leur pouvoir. Mais nous avons aussi quelque chose : la capacité de cesser de faire semblant, d’appeler la réalité par son nom, de renforcer notre position chez nous… Notre nouvelle stratégie repose sur le ‘réalisme fondé sur des valeurs’… Nous demeurons fidèles à nos principes quant à nos valeurs fondamentales… Nous sommes pragmatiques, car nous reconnaissons que les progrès sont souvent progressifs, que les intérêts divergent et que tous nos partenaires ne partagent pas nécessairement nos valeurs… Ces derniers jours, nous avons conclu de nouveaux partenariats stratégiques avec la Chine et le Qatar ». Business as usual.

Vaclav Havel, le « pouvoir des sans pouvoirs », les antimétaboles, c’est la déco pour pas désespérer les gogo, bobo, de Sciences Po, l’UQAM, Fort Smith, Davos et Bruxelles. La recette canadienne – traditionnelle et universelle – du pâté d’alouette, saveur « puissance moyenne » c’est : un cheval de réalisme-pragmatique et une alouette de valeurs… Des pistes vertueuses restent à explorer. Un troc triangulaire et équitable Mexique-Canada-France : guacamole-sirop d’érable-Camembert ; Contre l’aveuglement volontaire, une start-up de lunettes de soleil à verre progressistes, en Abitibi-Témiscamingue ; Transformer Saint-Pierre-et-Miquelon en Silicon Valley… « Le monde est plein d’honnête gens. On les reconnait à ce qu’ils font les mauvais coups avec plus de maladresse » (Péguy)… ou plus d’hypocrisie…

L’Europe se rebiffe

 « L’Europe a pas mal été dénigrée ces derniers jours, mais au fond c’est plutôt une bonne chose et nous devrions remercier ceux qui la dénigrent ». Ingrate, Christine Lagarde s’est éclipsée entre les profiteroles et la liqueur de poire, lors d’un dîner officiel à Davos, pendant le discours hostile du secrétaire américain au commerce.

Trop c’est trop ! La présidente de la Banque Centrale Européenne a lâché ses coups sur CNN : « L’Europe va faire une grande analyse « Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces » et décider de ce que nous devons faire pour être forts par nous-mêmes, pour être plus indépendants, pour compter sur le commerce interne, afin que nous ne puissions pas l’ignorer mais au moins préparer un autre plan B au cas où la relation normale ne serait pas rétablie ». Apparatchik galonné du Titanic Europe, Thierry Breton est raccord : « Ou bien on regarde en spectateur le conflit qui s’annonce […] entre les États-Unis et la Chine et on attend de voir qui va nous manger, qui vont être les prédateurs, comment nous allons devoir payer, ou bien nous prenons notre destin en main ». Les mots vivants soulèvent les montagnes, morts, ils les sapent. 

Côté dépendances, la messe est dite depuis longtemps et pour longtemps. Côté cuisine, l’Europe a des atouts, valeurs, saveurs à faire valoir. L’Europe, c’est l’« Oreiller de la Belle Aurore ». Inventé par Brillat-Savarin, récemment ressuscité par un charcutier lyonnais, ce plat d’exception est un assemblage délicat, nécessitant un savoir-faire hors normes : « C’est un mélange savant de viandes, volailles, gibiers. Le foie gras, les truffes et les champignons peuvent également intervenir. Il faut gérer la réduction des jus, la cuisson de la pâte, le montage de toutes les viandes, l’association des couleurs, les marinades. Tout cela est extrêmement technique et complexe » (Joël Mauvigney).

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Depuis deux générations, Coué qu’il en coule, l’Europe pédale dans la choucroute, la bureaucratie, l’irénisme, des directives ubuesques, la RSE, le gazeux. Les naufrageurs du pont supérieur, arrogants, paresseux, naïfs comme des rosières, n’ont rien vu venir, rien anticipé. Ils restent à la barre et donnent des leçons de navigation. La croisière s’abuse. En 2024, Mario Draghi a rendu sa copie pour relancer la croissance de l’UE : 400 pages, 170 propositions, trois axes: l’innovation dans les technologies numériques, la décarbonation et la réduction des dépendances en matières premières. Champion du monde, Mario !

Excursus… Bon sens, mais c’est bien sûr !

L’Europe ne s’affranchira pas des tutelles américaine, chinoise, russe, indienne bientôt, avec des concours d’éloquence, d’indignation, sophismes, avec des pétitions de grands patrons pour une « préférence européenne ». L’Europe ne sauvera sa peau qu’en travaillant plus et mieux, en protégeant sa jeunesse des réseaux sociaux qui lavent les cerveaux, en lui redonnant le goût de l’effort, du savoir, de la lecture, en cessant de financer le communautarisme islamique, en contrôlant ses frontières, en protégeant ses valeurs, la terre de nos aïeux, le droit à la continuité.

La libre circulation des capitaux, des réfugiés et des bons sentiments ne fait pas une Union. Les Eurocrates, « toutlemondistes », « anywhere », ne construiront pas l’Union Européenne contre les peuples, les « somewhere ». Il faut parler vrai, parler comme Fustel de Coulanges de communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances ; de femmes et des hommes qui veulent marcher, travailler, combattre, vivre et mourir ensemble, les uns pour les autres. L’Europe aujourd’hui, c’est une communauté réduite aux aguets. Pas de salut sans parrhésie, courage de dire les vérités déplaisantes, sans tempêtes, ni sacrifices.


« Ô Canada ! Terre de nos aïeux / Ton front est ceint de fleurons glorieux ! / Car ton bras sait porter l’épée / Il sait porter la croix ! / Ton histoire est une épopée / Des plus brillants exploits / Et ta valeur, de foi trempée / Protégera nos foyers et nos droits / Protégera nos foyers et nos droits » (Ô Canada, hymne national).

Ice crime

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24 janvier 2026, Minneapolis (États-Unis) : des agents fédéraux et locaux se sont affrontés à des manifestants après la mort d'Alex Pretti © Holden Smith/ZUMA/SIPA

Après les drames survenus à Minneapolis, la police de l’Immigration et des Douanes est comparée à la Gestapo. Qu’il est bon de résister sans danger.


Quel est le point commun entre une nonagénaire niçoise effroyablement violée par un Tunisien sous OQTF et un infirmier américain tué par la police de l’Immigration et des Douanes, la désormais célèbre ICE ? A priori, aucun. On dirait même qu’ils appartiennent à deux réalités parallèles, deux sphères cognitives qui ne se rencontrent jamais. Chacun dans son couloir, chacun ses victimes. Sur CNews, on pense que le viol barbare est un fait de société et la mort d’Alex Pretti, un dramatique fait divers. Et sur France Culture, c’est le contraire. Enfin presque : les antennes publiques ont quasiment fait l’impasse sur le calvaire de la vieille dame, sinon pour s’indigner de son instrumentalisation par la droite. Bien entendu, quand la gauche brandit la dépouille d’Alex Pretti pour diaboliser le président américain, elle n’instrumentalise pas, elle analyse.

Un autre fil relie le jeune homme à la vieille dame. Tous deux sont victimes de la politique migratoire de leur gouvernement – trop laxiste à Nice, exercée brutalement et sans souci excessif du droit à Minneapolis. Seulement, si cette politique obtient des résultats notables aux États-Unis où la baisse spectaculaire du taux d’homicide accompagne la décrue de l’immigration clandestine (ce qui ne prouve pas que ceci explique cela mais ne l’exclut pas non plus), en France, enserrée dans les filets d’un État de droit qui n’accorde aucun droit aux États, elle ne parvient qu’à mettre en scène l’impuissance publique. Chacun sait en effet que quiconque réussit à mettre un pied sur le territoire a de bonnes chances de pouvoir y rester, même après avoir commis des délits ou des crimes. En dépit des promesses réitérées de réduire les flux migratoires, ce que réclament une majorité de Français, y compris de gauche, 385 000 titres de séjour ont été délivrés en 2025. Pour faire court, nos frontières sont des passoires.

En attendant, les deux drames de Minneapolis sont une divine surprise pour le camp du Bien. Entre les deux rives de l’Atlantique, on assiste à un impayable concours de vertu antifasciste. Le N-word (N comme nazi) est de sortie. Sur France Culture, mon très cher ami Guillaume Erner ressort sa subtile distinction entre « comparer à » et « comparer avec » pour conclure que, si le trumpisme n’est pas le nazisme, ça y ressemble beaucoup. Peu importe que l’ICE ait été créée par George Bush et qu’elle n’en soit pas, loin s’en faut, à sa première bavure. Les grandes âmes d’Hollywood affirment sobrement que, sous Trump, l’ICE, c’est la Gestapo, tandis que Tim Walz, le gouverneur démocrate du Minnesota, compare les enfants de Minneapolis terrés chez eux à Anne Frank. Dans l’Allemagne nazie, personne n’aurait osé dénoncer publiquement la Gestapo, mais c’est sans doute un détail.

À Paris, les Insoumis, que l’on connaît moins regardants sur les droits de l’Homme quand il est question de l’Iran ou de l’Algérie, exigent qu’on interdise l’accès du territoire européen aux policiers de l’ICE. Marine Tondelier risque courageusement sa coiffure (à défaut de sa vie) pour manifester contre le fascisme qui vient d’Amérique. « Après les États-Unis, la France peut être le prochain pays à basculer dans le fascisme », écrit-elle dans le Huff Post. Qu’il est bon de résister sans danger.  

On suppose que personne en France, même ceux qui rêvent d’une ICE à la française, ne souhaite de voir des innocents mourir sous les balles d’une police à la gâchette facile. Reste à savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller pour protéger les vieilles dames et les autres des méfaits commis par des clandestins incapables de s’acclimater à nos mœurs. Faut-il, par exemple, autoriser les arrestations collectives ? Peut-être, à condition de pouvoir procéder dans la foulée à des expulsions collectives. Une chose est sûre : si la force sans le droit est un fantasme de tyran, le droit sans la force est un rêve d’enfant.

Nos extrêmes gauchistes se fichent éperdument de l’ICE, de Renee Good et d’Alex Pretti. Ils veulent démontrer que toute politique visant à réduire et contrôler l’immigration mène inévitablement au pire. Entre grand remplacement et nazisme, il faut choisir. Le risque, c’est que les gens ordinaires, excédés et angoissés d’être culturellement minoritaires chez eux, finissent par penser que le nazisme, ce n’est pas si grave.

Faut-il vraiment fouiller dans les poubelles d’Epstein?

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© Yassine Mahjoub/SIPA

La publication de millions de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein par le ministère américain de la Justice, vendredi 30 janvier, a provoqué une vague de réactions et plusieurs démissions à travers le monde. Donald Trump a, de son côté, estimé que ces nouvelles pièces l’« innocentaient ». Les relations qu’entretenaient de nombreuses personnalités politiques et économiques avec le prédateur sexuel, mort en prison en 2019, font aujourd’hui peser sur elles un soupçon diffus de pédophilie par association de M. et Mme tout le monde. Nous vous proposons d’écouter l’avis d’Élisabeth Lévy dans la matinale de Sud Radio.


La tempête Epstein fait des vagues en France. Des vaguelettes, si l’on songe à la démission de Peter Mandelson, hiérarque travailliste au Royaume-Uni, au scandale qui éclabousse la future reine de Norvège, ou encore au fait que les Clinton ont finalement accepté de témoigner devant le Congrès américain.

En France, Mediapart frétille, mais les conséquences restent limitées : la démission de Caroline Lang, fille de Jack Lang, de la direction du SPI, et Bruno Le Maire propulsé en trending topic sur X pendant plusieurs heures.

Avant de fouiller dans cette poubelle, il faut se demander si on y trouvera la vérité et la justice. Je suis sûre du contraire.

Curieusement, tous ceux qui s’indignaient du refus de l’administration Trump de divulguer ces 3,5 millions de pages s’indignent aujourd’hui qu’elle les balance sans filtre. C’est une stratégie de noyade, dit l’éditorialiste Françoise Degois. Non. La loi pour la transparence des dossiers Epstein a été votée en novembre par le Congrès. C’est ça, la transparence: le carburant d’une machine à ragots planétaire. Madame Michu, vous-et-moi, érigés en juges.

Mais on a bien le droit de savoir qui était en contact avec ce pédophile notoire !  me réplique-t-on. Ah, c’est écrit où ? Pour en tirer quelles conclusions ?

Jeffrey Epstein était riche, puissant, introduit partout. Il incarnait parfaitement les élites mondialisées. Le gotha mondial lui demandait faveurs et entremises. Bruno Le Maire ou Marine Le Pen apparaissent dans les fameux fichiers parce qu’ils auraient sollicité des financements pour leurs campagnes. Sans suite. Une intention, une idée sans lendemain est-elle une information ?

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Or, désormais, le soupçon de pédophilie par association pèse sur toutes les personnalités citées. Jack Lang a reconnu qu’ils étaient amis. Est-ce un crime ? Une preuve qu’il savait ? Evidemment pas. Et pourtant, c’est ce qui restera dans la tête chez pas mal de gens. Tous des pédo-satanistes, ces puissants qui nous gouvernent !

En réalité, j’estime que ces documents n’auraient jamais dû être publiés. Seulement, depuis Julian Assange et Edward Snowden, le public adore les « leaks »(fuites), ces millions de documents secrets volés et publiés en vrac: les télégrammes diplomatiques et noms d’agents étalés dans la presse, il parait que c’est démocratique. Pourtant, non. Dans de nombreux domaines, le secret est sacré et protégé par la loi: vie privée, affaires, santé, sécurité nationale… Parce qu’entre l’information brute et le public, il y a besoin d’une médiation, il faut qu’une institution hiérarchise, interprète et évalue. Raison pour laquelle d’ailleurs les enquêtes judiciaires et policières sont également tenues au secret.

Non, le public n’a pas le droit de tout savoir des agissements des autres. N’oublions pas que les internautes ne sont pas un peuple de citoyens éclairés mais une meute qui se délecte avant tout de voir des puissants à terre. Et même avec le dernier iPhone 27 et l’aide de l’intelligence artificielle, des commères numériques restent des commères.


Cette chronique a été diffusée sur Sud radio


Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale au micro de Patrick Roger

Affaire Al-Durah, 25 ans après: qui a tué la vérité?

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© Causeur

Notre numéro de février est en vente. Découvrez le sommaire de notre nouveau magazine, disponible aujourd’hui sur le site et demain dans les kiosques.


Le 30 septembre 2000, France 2 diffuse un reportage présentant la mort du petit Mohamed Al-Durah sous les balles de Tsahal à Gaza. Ce scoop mondial est une aubaine pour les ennemis d’Israël, qui l’exploitent ad nauseam depuis 25 ans pour leur propagande antisémite. Mais incohérent et tronqué, il a aussi suscité les doutes de nombreux observateurs. Si l’un d’eux, Philippe Karsenty, a été condamné pour diffamation, la chaîne publique n’a toujours pas prouvé la véracité de ses images.Comme le dit Élisabeth Lévy en présentant notre dossier spécial : « L’affaire Al-Durah est aussi un cas d’école du fonctionnement du parti des Médias qui se dresse comme un seul homme contre quiconque menace l’intérêt supérieur du Parti. Les antidreyfusards et les communistes ne pensaient pas différemment ». L’enquête étayée de Karsenty montrait que l’image de Mohamed Al-Durah tué dans les bras de son père, qui est devenue une icône de la cause palestinienne et une justification de l’« antisionisme », était une mise en scène.

Retrouvez le numéro 142 dès maintenant dans le kiosque numérique, et mercredi dans les kiosques !

Interviewé par Gil Mihaely, Philippe Karsenty qualifie ce reportage de « plus grand faux antisémite de notre génération ». Michaël Prazan, se confiant à Élisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques, rappelle que l’accusation contre les Juifs de crime rituel apparaît dans l’Antiquité avant d’être à toutes les époques et sous tous les cieux le prétexte d’effroyables pogromes. Les avocats Gilles-William Goldnadel et Aude Weill-Raynal reviennent sur les neuf ans de procès qui se sont terminés par la condamnation de Philippe Karsenty. La Justice n’a pas remis en cause son analyse méthodique des images de France 2 mais a appliqué à la lettre le droit de la diffamation, un jugement « technique » qui ne sert pas la vérité historique. Juif de gauche et sioniste blessé, Claude Askolovitch continue de penser que le petit Mohamed est mort sous les balles de Tsahal. Mais plutôt qu’en faire un symbole ou l’étendard d’une cause, il veut lui rendre sa singularité. Pour Pierre-André Taguieff, les images trompeuses du « petit Mohamed » s’apparentent, par leur charge antisémite, aux « Protocoles des sages de Sion » et à l’affaire Dreyfus. Quant aux nombreux journalistes qui ont préféré les relayer sans distance critique, ils nous informent sur le corporatisme dévastateur de leur profession.

Dans son édito du mois, Elisabeth Lévy commente les opérations de l’ICE (la police de l’Immigration et des Douanes) aux États-Unis qui, de ce côté de l’Atlantique, suscitent des réactions opposées : louanges à droite, condamnation à gauche. De surcroît, la gauche en profite pour sortir le N-word (N comme nazi) et diaboliser le président Trump. Certes, personne ne souhaite voir des innocents mourir sous les balles d’une police à la gâchette facile, mais la France s’est montrée incapable de réduire les flux migratoires, de sorte que « nos frontières sont des passoires ». Conclusion : « si la force sans le droit est un fantasme de tyran, le droit sans la force est un rêve d’enfant ».

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En Iran, les manifestations massives contre le régime des mollahs ne l’ont pas renversé. Selon l’analyse de Gil Mihaely, outre une répression sanglante, la République islamique repose sur un système clientéliste qui bénéficie à près d’un quart de la population. S’ils pouvaient changer de régime en conservant leurs privilèges, ces millions d’Iraniens rejoindraient la contestation. Iraj Mesdaghi a connu les geôles de la République islamique. Torturé, il a été le témoin d’exécutions massives. Exilé en Suède, il a minutieusement documenté ces atrocités et fait condamner un tortionnaire. Se confiant à Gil Mihaely et à moi, il affirme aujourd’hui que, les Iraniens rejetant autant le régime que l’islam, le renversement de Khamenei entrainera l’effondrement de tout le système. Pour lui, « l’Iran est le cœur idéologique de l’islam politique depuis 1979. Si ce régime tombe, c’est tout l’édifice idéologique qui vacille, y compris dans le monde sunnite ». Selon Pierre Vermeren, la révolution iranienne de 1979 n’a pas été le point de départ mais l’aboutissement du rapprochement islamo-gauchiste dont les origines remontent à la guerre d’Algérie. Alors que le régime des mollahs vacille, c’est désormais vers la Turquie d’Erdogan que se tournent les partisans d’une alliance entre le drapeau rouge et le Coran. Omar Youssef Souleimane, journaliste et d’auteur des Complices du mal, explique à Gil Mihaely que la France est confrontée à la même menace qui a ravagé sa Syrie natale : la progression d’un islamisme politique qui tend à imposer la charia à toute la société. Des Frères musulmans qui infiltrent LFI au président syrien qui pratique la taqiya, c’est le même combat.

Certes, les mauvaises manières de Donald Trump scandalisent les Européens mais, selon mon analyse, il ne fait que perpétuer la vieille tradition américaine d’ingérences qui s’inscrit désormais dans une mondialisation des conflits. Les grandes puissances sont en concurrence sur tout et partout sur terre. Et le Vieux continent peine à s’adapter à ce nouveau désordre du monde. Alexandre Devecchio a grandi dans le 9-3 à une époque où la religion et la couleur de peau n’avaient pas d’importance, puis il a connu le basculement progressif vers le séparatisme. Son nouveau livre, Nous vivions côte à côte, est le récit de cette fracture démographique et idéologique qui a changé le visage de la France. Il en parle avec Élisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques. Didier Desrimais analyse la production de Radio Nova qui s’est spécialisée dans le recyclage des humoristes débarqués de l’audiovisuel public. Sous couvert de lutte contre l’extrême-droite, le milliardaire de gauche Matthieu Pigasse leur laisse carte blanche pour dérouler un programme indigéniste, islamo-gauchiste, décolonial et antisioniste. Prière de ricaner.

Parmi nos chroniqueurs, Olivier Dartigolles affirme que, si le débat national donne l’impression que l’imaginaire politique est au point mort, au niveau local, des élus proposent des idées innovantes qui améliorent la vie quotidienne des Français. Pour Ivan Rioufol, la France de Brigitte Bardot n’est pas morte avec son insolente guerrière. L’histoire invite les citoyens à reprendre les choses en mains : un pouvoir coupé des gens ordinaires est voué à s’effondrer. Emmanuelle Ménard est d’avis que l’année 2026 promet de nous réserver bien des surprises. Et à l’approche des élections municipales, les petites saloperies volent en escadrille. Haut les cœurs ! Enfin, Gilles-William Goldnadel propose la formule « privilège rouge » pour décrire l’indulgence du système médiatico-politique pour l’extrême gauche. Entrera-t-elle au dictionnaire ?

Sur bien des sujets, Alain Finkielkraut et Pierre Manent ne pensent pas la même chose. Le premier est un juif athée qui soutient la reconnaissance de la Palestine, le second est un chrétien convaincu qui n’a plus foi dans la solution à deux États. Cela n’empêche pas Manent de dire ici son admiration pour l’académicien « mécontemporain » qui vient de publier Le Cœur lourd. Sans son commentaire – nous explique Georgia Ray – l’œuvre d’art contemporain « conceptuel » n’existe pas. Le discours de l’artiste nourrit le verbiage, le marché et les institutions culturelles. Mais il existe un autre art contemporain empreint d’esprit et d’harmonie. L’exposition de Fabienne Verdier, à la Cité de l’architecture, en est la preuve. Jean-Marie Besset est un auteur dramatique qui, selon Jérôme Prigent, ne transige pas avec la langue, allant jusqu’à écrire sa nouvelle pièce, Katte, en alexandrins et en cinq actes. Un hommage aux maîtres classiques salvateur dans le paysage théâtral d’aujourd’hui. Dans Triompher en festins. Une histoire de France en vingt repas, Jonathan Siksou restitue des ripailles mémorables de Saint Louis à Emmanuel Macron. Vue des marmites, la vie politique fourmille d’anecdotes savoureuses et de repas fins. Pour le romancier, c’est un récit passionnant, de l’amuse-bouche au digestif.

Richard Millet salue la nouvelle traduction du Bruit et la Fureur de William Faulkner, par Charles Recoursé. Elle fait fi du wokisme en vigueur dans l’édition et restitue sans fausse pudeur l’histoire de la famille Compson, traversée par la folie, l’alcoolisme et l’inceste. Un roman méditatif et vertigineux. Emmanuel Domont recommande l’anthologie de Gilles Schlesser, Les Flâneries littéraires de Paris, qui permet d’arpenter les rues de la capitale aux côtés des plus grands écrivains ; Alexandra Lemasson, La disparition des choses de la romancière Olivia Elkaim, qui fait revivre Cécile Peretz, la mère de Georges Perec, assassinée à Auschwitz ; et Patrice Jean, le premier roman de Bruno Marsan, Underdog, livre en forme d’uppercut qui devrait mettre KO le monde des lettres. Jonathan Siksou rappelle à notre bon souvenir le génie de ce grand historien de la petite histoire, G. Lenotre (1855-1935). Enfin, Jean Chauvet trouve que l’énoncé des films du mois de février –Maigret, Saddam Hussein et un adepte des petits boulots – est comme un inventaire à la Prévert, improbable et alléchant. Si le sommaire de Causeur est alléchant, il n’y a pas d’incertitude : l’espoir du lecteur n’est jamais déçu.

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Les Complices du mal - La couverture peut varier

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Triompher en festins: Une histoire de France en vingt repas

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Boualem Sansal élu à l’unanimité à l’Académie française: vraiment trop aimable!

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L'écrivain Boualem Sansal photographié en 2026 en Italie © Marco Destefanis/IPA/SIPA

Âgé de 81 ans, l’écrivain franco-algérien, gracié en novembre 2025 par les autorités algériennes après avoir passé un an en détention, a été élu au fauteuil numéro trois de l’Académie française, quai de Conti, à l’issue d’une campagne éclair. « Évidemment, je suis heureux, flatté, honoré : c’est immense. Devenir académicien, c’est entrer dans l’histoire de France », a-t-il déclaré sur les ondes du service public.


Boualem Sansal n’est pas un écrivain de salon. Il n’a pas l’odeur rassurante des consensus tièdes ni la langue molle des accommodements confortables. Il écrit comme on désobéit, il parle comme on rompt un silence complice. Il a regardé l’Algérie, son pays d’origine, sans fard, sans mythologie, sans cet attendrissement menteur que l’Occident confond souvent avec la générosité. À l’instar d’une obséquieuse Ségolène Royal en road-show à Alger, une certaine France préfère flatter les régimes autoritaires plutôt que d’affronter la vérité de leurs faillites. Chez Sansal, la littérature est un sport à risque, pas une activité de confort. Ce risque, il l’a payé comptant : menaces, isolement, exclusion, prison.

On l’a souvent qualifié d’excessif. Mot commode, recyclé à l’infini, utilisé quand on préfère la paix des lâches à la vérité des vivants. On l’a dit dérangeant, reproche rituel adressé à ceux qui refusent de dormir debout. Sansal n’a jamais demandé pardon de voir ce qu’il voit et de dire ce qu’il voit. Il n’a jamais accepté de réécrire le réel pour le rendre fréquentable dans les salons parisiens ni présentable dans les chancelleries occidentales. Il écrit contre l’amnésie organisée, contre la complaisance diplomatique, contre cette industrie de l’excuse qui sert d’alibi moral à l’impuissance politique.

A lire aussi, Alain Finkielkraut: Un président sans histoire

Car ce que Sansal met à nu, ce n’est pas seulement un régime, mais une imposture, celle d’un pouvoir qui gouverne par la mémoire trafiquée faute de gouverner par les faits, et celle d’un Occident qui, par culpabilité post-coloniale, abdique toute exigence critique. Là où certains multiplient les courbettes, les hommages creux et les génuflexions médiatiques (jusqu’à célébrer les bourreaux au nom du dialogue), Sansal choisit la solitude de celui qui parle vrai. Il rappelle que l’indulgence à l’égard des tyrannies n’est jamais de la générosité, mais de la lâcheté.

Son œuvre dérange parce qu’elle refuse la hiérarchie des victimes, parce qu’elle ne sacralise pas les récits officiels, parce qu’elle rappelle que la liberté n’est pas un supplément d’âme mais une ligne de fracture. Sansal écrit depuis un lieu que beaucoup ont déserté, celui de la responsabilité intellectuelle. Il ne demande pas l’indulgence, il exige la lucidité.

Que la France reconnaisse aujourd’hui Boualem Sansal, que sa voix trouve ici un écho, a valeur de symbole. C’est une revanche discrète mais décisive, celle d’un pays qui, l’espace d’un instant, cesse de s’excuser d’exister et se souvient que la littérature n’est pas faite pour caresser les puissants, mais pour les mettre en cause. 

Sansal n’est pas un écrivain aimable. Il est mieux que cela, un écrivain nécessaire.

Le français, parlons-en !

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Le bar-tabac, l’arme secrète du barrage républicain

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DR

Dans une brillante étude, Monsieur Subtil de l’université de Zurich démontre que la fermeture des bars-tabacs, considérés comme des lieux clés de sociabilité locale, est associée à une progression durable du vote d’extrême droite dans les communes françaises, en particulier en milieu rural, parce que la disparition de ces espaces réduirait les interactions sociales et nourrirait un sentiment d’abandon territorial.


Le site de La Chaîne Parlementaire (LCP) se faisait l’écho, ce lundi, d’une de ces études sociologiques dont on ne se lasse pas et que, très probablement, la terre entière nous envie. De ces études ubuesques dont, à les lire, on se surprend à se demander si elles ne relèvent pas en réalité de la tradition bien française, dont personnellement je suis un ardent défenseur, de la franche déconnade potache.

Or, il n’en est rien. Ce qui est proposé là l’est avec le plus grand sérieux.

Le chercheur dont le travail prodigieux a abouti à la publication en question a pour nom Hugo Subtil. Ce genre de rapprochement entre ce qu’induit le nom et la finesse de la production du concerné ne s’invente pas. Il y a là comme une marque de prédestination qui mérite attention.

Car, Mesdames, Messieurs, la subtilité la plus vive est bel et bien au rendez-vous. Jugez-en. Le site LCP, en titre, fait mine de s’interroger. Subtilité, vous dis-je : « La fermeture des bars-tabacs, un facteur de progression du vote d’extrême-droite en milieu rural ? » Et de poursuivre : « Selon une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (officine dont l’utilité ne saute pas immédiatement aux yeux mais qui, je le suppose, fonctionne grâce à l’argent public, le nôtre donc), la fermeture de ces « lieux de socialisation « participerait à la progression durable du vote en faveur du Rassemblement national. Un phénomène d’autant plus marqué dans les communes rurales. »

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Vous avez bien lu. Ce ne sont pas la disparition des services publics dans les bourgs et villages de nos campagnes, la désertification médicale, l’imparable progression des incivilités et de la délinquance, la désespérance croissante et mortifère de la paysannerie, la paupérisation avérée des populations, l’incurie, l’impéritie des élites technocrato-citadines, leur arrogance, leur mépris de classe, leur ignorance de la réalité profonde du pays, qui pousseraient les gens à glisser dans les urnes de plus en plus de bulletins Rassemblement national, mais tout simplement la fermeture du bar-tabac du coin, sacralisé pour la circonstance en « lieu de sociabilisation ». Il fallait y penser. Le sieur Subtil l’a fait.

Jusqu’à ce jour, on ne s’en doutait pas, mais maintenant nul ne peut plus l’ignorer. Derrière le ballon de rouge se profilait un vote à tendance de couleur identique. Ailleurs, le canon de rosé assurait probablement la survie d’une représentation politique de robe moins prononcée, en demi-teinte, centro-centriste pour tout dire. Le tout salué matin, midi et soir par la devise républicaine et consensuelle par excellence, sortie de tous les gosiers, assoiffés ou non : « Garçon, remettez-nous ça ! ».

Je pense que le chercheur Subtil a un bel avenir devant lui. Un ministère de la Sauvegarde du patrimoine à boire devrait lui échoir avant peu, avec au programme la réouverture de tous ceux des bistroquets qui ont été fermés ces dernières vingt années. Leur gestion pourrait être confiée à des personnes ayant fait leurs preuves dans le commerce-qui-tue, version contemporaine de l’Assommoir de M. Zola, je pense évidemment aux jeunes et dynamiques dealers dont la reconversion dans le pinard multi-couleurs ferait, qui plus est, le bonheur de la viticulture française.

Donc, oui, rouvrir les bistrots. Et dans les classes enfantines, organiser des ateliers récréatifs au sein de ces endroits, dans le but que l’électeur de demain en connaisse parfaitement le chemin et les attraits. Enfin, si la réouverture ces lieux de sociabilisation-là ne suffit pas, M. Le ministre-chercheur pourrait envisager celle des maisons-closes, inopportunément condamnées par Madame Marthe Richard en son temps. Là, c’était la sociabilisation de la notabilité des préfectures, sous-préfectures et chefs-lieux de canton qui s’opérait. Pour quel résultat électoral, au juste ? J’avoue l’ignorer. Attendons la prochaine étude du Centre de l’excellent M. Subtil qui, j’en suis certain, ne manquera pas de nous éclairer sur ce point.

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Royal!

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© Didier Plowy pour Grand Palais Rmn, 2026

Cette fabuleuse collection de 92 tapis de la Savonnerie pensée pour revêtir le sol de la Grande Galerie du Louvre sous Louis XIV en réunit ici une trentaine dans une débauche de couleurs d’un luxe tout royal.


L’immensité du Grand Palais suffit à peine à abriter cette interminable succession de tapis de la Savonnerie tissés au XVIIe siècle au cours d’une vingtaine d’années, en un temps où Louis XIV était jeune encore et plus prétentieux que jamais.  

Ils étaient 92 au moment de leur conception, destinés à revêtir, avec une somptuosité inégalée et sur une longueur de 460 mètres, le sol de la Grande Galerie du Louvre, plus joliment nommée Galerie du bord de l’eau, celle que Henri IV avait voulue pour relier le Louvre aux Tuileries. Ils ne sont plus que 42 aujourd’hui à avoir survécu aux vicissitudes de l’Histoire et à être en partie réunis pour créer cette immensité mordorée jamais exposée en près de quatre siècles d’existence.

Dans l’esprit des débordements baroques

C’est à l’aube du règne de Louis le Grand que naquit ce projet d’orner la Grande Galerie du Louvre d’une suite de 92 tapis de neuf mètres de largeur composant une surface de 4000 mètres carrés de couleurs éclatantes, de paysages, de figures allégoriques, de trophées, de rinceaux, de motifs ornementaux d’une richesse inégalée depuis et où chacun d’entre eux illustrait un thème glorieux. Jamais on n’avait conçu ensemble aussi considérable et aussi somptueux devant conduire de la Galerie d’Apollon au Pavillon de Flore où il était prévu d’installer le trône royal. Jamais non plus on ne s’y risqua une autre fois.

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Les dessins en avaient été évidemment confiés au Premier peintre du Roi, à Charles Le Brun. Et avec les membres de son atelier, celui-ci donna libre cours à une imagination foisonnante, bien dans l’esprit des débordements baroques. Les ateliers de la Couronne nouvellement créés à la Savonnerie allaient se charger de leur exécution durant une vingtaine d’années. Mais entretemps Louis XIV avait choisi Versailles comme lieu de résidence de la Cour, au grand dam de Colbert, son ministre, qui avait tout fait pour maintenir le siège de la monarchie dans la capitale. Et ce splendide projet s’écroula donc avant d’être né, cependant que des sommes mirifiques lui avaient été consacrées.

En France, que ce soit aujourd’hui ou sous l’Ancien Régime, le pouvoir a toujours su dilapider à profusion les deniers publics.

Les vicissitudes de l’Histoire

Ils ne sont donc plus que 42 tapis aujourd’hui à avoir triomphé du temps. Ils proviennent avant tout du Mobilier national où ils sont déposés désormais, mais aussi de collections publiques ou privées dispersées au Danemark, au Royaume Uni, en Italie, aux Etats-Unis, au gré des présents royaux, des ventes révolutionnaires, des vols et des rapines. Ils ont orné les palais de la République et ce sont désormais des pieds roturiers qui les foulent dans les ministères, les résidences présidentielles, les ambassades…  alors qu’ils étaient destinés à ravir les monarques, les princes du sang, les souverains étrangers, les ambassadeurs extraordinaires et tous ceux qui bénéficiaient des Honneurs du Louvre.

Bordant cette suite de tapis de la Savonnerie, quelques-unes des somptueuses tapisseries des Gobelins tissées pour illustrer l’Histoire du Roi sont exposées également au Grand Palais, renforçant ainsi cette débauche de luxe, d’art et de savoir-faire provenant des manufactures royales.

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Quel luxe également que cette spectaculaire exposition hélas éphémère, mais si remarquablement mise en scène, que de multiples commentaires apposés un peu partout enrichissent encore, cependant que des artistes du Mobilier national partagent un peu de leur savoir avec le public.

L’entreprise est admirable. Et la brièveté de l’exposition la rend plus précieuse encore. Plus irréelle aussi. Ceux qui en ont eu l’idée, ceux qui en ont conçu l’installation, tous ceux qui ont mené à bien cet éblouissant projet sont à saluer. Il y a peu ou pas de nations au monde assez prodigues pour savoir concevoir ce genre d’événement. Peu aussi à disposer d’un patrimoine aussi extraordinaire. Il ne manque à l’exposition que la diffusion de musiques de Lulli ou de Charpentier sous les voûtes spectaculaires du Grand Palais pour en achever l’enchantement.


Le Trésor retrouvé du Roi Soleil. Grand Palais. Jusqu’au 8 février

De 10h à 19h30, Le vendredi 6 février de 10h à minuit. Le dimanche 8 février de 10h à 16h. 8€ l’entrée

La foi sous le « calot » chirurgical: un accommodement déraisonnable

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Image d'illustration.

Islamisation. L’infirmière de l’AP-HP qui refusait de retirer le calot chirurgical qu’elle portait en permanence pour voiler ses cheveux, est finalement suspendue huit mois.


Majdouline B, infirmière depuis 2018 à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, est licenciée le 10 novembre dernier, la direction lui reprochant de porter quotidiennement un calot (protection en tissu portée au bloc opératoire). La direction affirme que « la jurisprudence administrative rappelle que tout signe peut devenir religieux par la volonté de celui qui le porte et ainsi être considéré comme un ”signe religieux par destination” ». L’infirmière conteste et ne revendique pas d’appartenance religieuse – elle avait du reste signé la charte de laïcité lors de son embauche. Saisi en référé par l’infirmière, le tribunal administratif gèle le renvoi début janvier, dans l’attente d’un examen sur le fond. Verdict samedi 31 janvier : l’infirmière est suspendue pour huit mois, car le port du calot a déjà été remarqué comme une façon détournée de porter le voile, dans des affaires similaires.

Manquement aux obligations de l’agent public

Derrière cette bataille d’Hernani, se profile la question de la pratique de l’islam à l’hôpital. En effet, porter un voile rend-il l’infirmière inopérante ? Non, évidemment. Néanmoins, le législateur a tranché : le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations selon le principe de laïcité et de neutralité dans l’enceinte de l’établissement (Circulaire PM n° 5209 du 13 avril 2007 relative à la Charte de la laïcité dans les services publics).Saisie de la question de l’interdiction du port du voile, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, dans un arrêt du 26 novembre 2015, a même jugé que cette neutralité n’était pas contraire à l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

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Pour synthétiser le sujet, à l’hôpital, la patiente peut déambuler voilée dans les couloirs, mais pas le personnel soignant, sauf s’il travaille dans le privé : dans le cas d’un hôpital confessionnel, la sœur catholique peut arborer la coiffe traditionnelle ou une croix, et la musulmane le voile, si l’établissement n’est pas géré par l’État.

Des problèmes qui ne vont pas aller en diminuant

Du côté de la patiente, celle-ci doit montrer entre autres son cou et sa bouche, impérativement, d’où la nécessité de se dévoiler – a fortiori si elle est chez le dentiste ! Un refus de le faire peut constituer une impossibilité technique d’auscultation pour le praticien. Restent les cas de maris vétilleux : plusieurs exemples de musulmans rigoristes refusant que leur épouse ou sœur soit examinée par des hommes ont défrayé la chronique ces dernières années, mais en nombre finalement restreint, semble-t-il. Le Conseil de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique dispose ceci dès 1993 : « en règle générale, si une femme médecin spécialisée est disponible, il est obligatoire qu’elle se charge d’examiner la patiente. En l’absence d’une telle spécialiste, cette tâche sera confiée à une femme médecin non musulmane et digne de confiance (…) Le traitement de la femme par un homme doit se faire en présence d’un Mahram, de son époux ou d’une autre femme de confiance, évitant ainsi tout aparté »… Heureusement en France, ces règles n’ont pas lieu d’être retenues dans les hôpitaux, le principe de la laïcité tenant lieu de barrage républicain.

JO: c’est parti mon kiki!

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© Ulrich Wagner/DPA/SIPA

Selon le journal Bild, augmenter temporairement la taille de leurs parties génitales afin d’obtenir une mesure de l’entrejambe plus importante lors des scans corporels servant à définir la taille des combinaisons serait une pratique de triche courante chez les athlètes de saut à ski.


Alors que les Jeux à la neige vont débuter (JO de Milan-Cortina du 6 au 22 février), une affaire secoue les membres de la Fédération de saut à ski, cette discipline où les skieurs dévalent un tremplin avant de s’envoyer en l’air pour atterrir le plus loin possible… Mi-janvier, le magazine allemand Bild a affirmé que certains concurrents procédaient à des injections pour augmenter le volume de leur pénis ! Le règlement imposant que les combinaisons enfilées par les athlètes soient sur-mesure, au poil près (car les dimensions du tissu améliorent la pénétration dans l’air), augmenter la taille du pénis permettrait, primo de gagner à l’entrejambe quelques centimètres carrés du précieux tissu, et secundo de baisser le centre de gravité ! Pour nous, cela ne signifie pas grand-chose, mais pour les spécialistes cela veut dire beaucoup. Sur RMC, Nicolas Dessum, entraîneur de l’équipe de France de la discipline, a reconnu qu’en théorie ce n’est pas farfelu: « Si un athlète gagne un centimètre dans cette zone il est content, ça change la donne pour lui… Cela modifie légèrement le centre de gravité et sa façon de voler pour gagner un à deux mètres pour un saut ».

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Et si personne ne pipe mot sur l’agrandissement de pénis, des langues se délient pour raconter que des athlètes bourrent leur slip de mousse ou de serviettes hygiéniques.

L’Autrichien Mika Vermeulen (26 ans), skieur de fond passé par le saut à ski, assure que des athlètes expérimentés mettent… de la pâte à modeler dans leurs sous-vêtements pour améliorer leurs performances. La nature humaine est ainsi faite. Pour tricher, l’imagination peut se nicher dans les endroits les plus improbables. En 1976, aux JO de Montréal, l’Allemagne de l’Ouest avait imaginé améliorer la position dans l’eau de ses nageurs en leur injectant via le rectum un gaz rare dans les intestins. L’affaire éventée, les Allemands s’étaient dégonflés, déballonnés… mais il se murmure que certaines nations auraient amélioré le procédé pour faire de leurs nageurs des poissons-volants et inscrire leurs noms dans les annales olympiques.